- Speaker #0
On les appelle CEO, on les admire, on les écoute, on les cite, mais on oublie souvent que derrière le titre, il y a une personne, une vie et une histoire. Faites de choix pas évidents et de peur qu'on ne partage pas. CEO Recto Verso, c'est le podcast qui explore ces deux faces. Au recto, l'image publique, l'expertise, les réussites. Au verso, ce qu'on sait et ce qui nous forge vraiment. Je suis Lola Latar, fondatrice de l'agence de communication Kerencia. Et dans chaque épisode, je tends le micro à celles et ceux qui dirigent un projet, une entreprise ou un mouvement. On y parle communication, stratégie, décision. mais aussi doute, solitude, virage et conviction. Parce que derrière chaque réussite, il y a ce qu'on ne montre pas. Et c'est souvent là qu'il y a le plus à comprendre et à apprendre. Alors bonne écoute ! Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Jean-Baptiste Baron, sur CEO Recto Verso. Bonjour Jean-Baptiste.
- Speaker #1
Bonjour Lola.
- Speaker #0
Avant qu'on démarre, est-ce que tu pourrais, pour celles et ceux qui ne te connaissent pas, te présenter et nous dire un petit peu ce que tu fais comme métier ?
- Speaker #1
Oui, j'ai un métier qui est extrêmement simple, c'est celui de consultant. Mais en fait, c'est pas... Mais non, mais c'est consultant, c'est consul apostrophe T-E-M-P-S.
- Speaker #0
Ah oui, ok, j'ai compris.
- Speaker #1
Non, c'est ça la petite blague. Non, je suis consultant, c'est-à-dire que j'accompagne des dirigeants d'entreprise, des indépendants, des entrepreneurs, des professions libérales, sur tout ce qui est question de gestion de temps, d'organisation. avec deux volets principaux. Il y a un volet qui est très technique, on va dire. C'est, ok, je t'apprends à te servir de ton agenda, à te servir des outils qui te permettent de bien gérer ton temps. On va dire que c'est le 20% de mon métier. Et le 80% de mon métier, c'est plus côté psychologie et vie interne de ce qui se passe dans ton cerveau. Et je t'aide à comprendre comment tu prends des décisions. Parce que le temps, en fait, c'est ça. Je me sers de ce temps pour prendre des décisions, pour aller au bout de ces décisions, pour aller chercher des résultats. Et une décision ne vient pas sans un besoin préalable. Ça fait bête dit comme ça, mais en fait, c'est très logique. Et quand on ne sait pas ce que sont les besoins qui nous animent, forcément, on prend des décisions qui vont nous emmener un petit peu dans le fossé. Et le but de l'opération, c'est de comprendre ce que sont nos besoins, ce que sont les meilleures décisions possibles pour répondre à ces besoins-là et donc pour éviter de perdre du temps un peu trop souvent.
- Speaker #0
Hyper clair. Et c'est justement cette approche qui mixte... la gestion du temps, mais aussi une grosse partie de prise de décision, de psychologie, que je trouve hyper intéressante dans ton approche, parce que c'est vrai que le temps, on a tous, on est tous sur le même pied d'égalité, on a tous 24 heures dans la journée, c'est vrai que... Zéro débat là-dessus, on ne peut pas changer ça, et qu'est-ce qu'on fait de son temps ? C'est vrai que ça demande... beaucoup de clarté et en fait, ça dépend d'un individu à l'autre. Et je crois que la phrase que j'entends le plus, surtout quand on est dirigeant, quand on est entrepreneur, c'est « j'ai pas le temps » . Qu'est-ce que t'en penses, toi, de cette phrase ?
- Speaker #1
Oui, personne n'a le temps. Je vais même aller un peu plus loin. Je pense que la deuxième phrase, la pire que j'entends de moi, c'est « ouais, le temps, c'est de l'argent » .
- Speaker #0
Ah non, ça s'achète pas.
- Speaker #1
Et en fait, c'est faux. Voilà, exactement, le temps ne s'achète pas. C'est-à-dire que tu l'as très bien dit, on est absolument... tous égaux de ce point de vue-là, on a tous 24 heures par jour. Alors, ok, les 24 heures, c'est une convention et on pourrait s'en passer, mais en fait, une seconde est égale à une seconde pour absolument tout le monde et on ne peut pas acheter de temps. On peut acheter des services qui nous permettent de faire autre chose de notre temps, ça c'est vrai, mais on ne peut pas acheter du temps supplémentaire. On ne peut pas se dire à la fin de notre vie, ah ouais, tiens, vu que j'ai mis un milliard de dollars de côté parce que j'ai bossé comme un gros con toute ma vie, je pourrais acheter du temps en plus pour... pouvoir continuer à profiter de ta vie. Ça, ça ne marche pas. Même en science-fiction, à un moment donné, le lecteur te dit « Ouais, mais là, je ne te suis pas. » Voilà. Donc, les gens qui vont dire « Je n'ai pas le temps » , à la fois, je compatis, parce que je comprends très bien ce qu'ils sont en train de dire, et à la fois, j'ai envie de leur dire « Ok, qu'est-ce qui fait que tu t'en es retrouvé à cet état-là ? » Est-ce que c'est parce que vraiment, tu as dit « Oui » à beaucoup trop de projets et tu es complètement enseveli ? Est-ce que t'es juste peut-être mal organisé par rapport à un tout petit niveau ou nombre de choses qui te font être coincé à ce moment-là ? Est-ce que c'est une manière un peu dédaigneuse de dire « En fait, ton sujet m'emmerde et je n'ai pas envie de te le dire frontalement, donc je vais juste te dire que je n'ai pas le temps poliment. » C'est possible aussi. Il n'y a pas de mal à le dire aussi. Il y a toujours plein de raisons qui font qu'à un moment donné, on se retrouve à se dire « Mince, je n'ai pas le temps. » point de fois où j'ai pas le temps. Quand mon gamin me dit « Non, non, mais en fait, je veux rester jouer avec mes chaussettes devant la porte d'entrée au lieu d'aller à l'école » , je dis « Ben non, en fait, j'ai pas le temps, là, il faut que je termine à l'école parce que j'ai des rendez-vous derrière » . C'est normal. Donc il y a le côté vie réelle qui doit attraper versus l'organisation qui fait qu'on se retrouve coincés. Et on se balade beaucoup entre les deux.
- Speaker #0
Oui, et puis obligations qu'on a toutes et tous, plus ou moins. Alors après, il y a des obligations qui sont effectivement, on est vraiment obligé de le faire.
- Speaker #1
Et c'est chiant.
- Speaker #0
Mais il y a des choses aussi qu'on choisit de faire. Tu vois, quand tu dis, enfin, tu vois, dans ce que tu dis, il y a aussi la priorisation, il y a aussi la délégation, il y a la gestion de l'agenda, etc. Mais c'est... Qu'est-ce que je choisis ? Qu'est-ce que je ne choisis pas ? Qu'est-ce que je priorise ? Qu'est-ce que je ne priorise pas ? Et tu vois, moi, j'ai souvent entendu tout ce qui est matrice d'Eisenhower ou les choses comme ça. Ouais, et moi, j'ai jamais compris. Et pourtant, j'ai essayé d'être appliquée là-dessus. Mais tu vois, le truc qu'il faut que tu catégorises, qui est prioritaire, urgent, non urgent, machin et tout. Moi, j'ai jamais trop su comment faire. Qu'est-ce que tu penses de ce genre de méthode ? Je pense que j'ai compris d'ailleurs le fond de ta pensée avec ta réaction. Et pourquoi, selon toi, ça a ses limites ? Ou en tout cas, ça ne fonctionne pas aussi bien que d'autres méthodes ?
- Speaker #1
Évidemment, je suis très catégorique dans ma réaction à un outil comme la matrice Eisenhower. Je le suis autant pour à peu près tous les autres outils.
- Speaker #0
Oui, à peu près tous, etc. Voilà.
- Speaker #1
En fait, le fond, la limite de ces outils, c'est de dire « Oui, oui, nous marchons, donc il faut que ça marche pour tout le monde. » C'est un peu le mythe du Miracle Morning il y a quelques années ou de la douche glacée au réveil. C'est cool, ça a marché pour toi, ô inventeur de la douche glacée, qui n'est pas l'inventeur de la douche glacée, parce qu'il y a forcément plein de gens avant toi qui y ont pensé, mais c'est toi qui l'as... démocratisé ou qu'il l'a vulgarisé, et c'est cool, mais en fait, c'est pas parce que ça marche pour toi, et c'est pas parce que ça marche pour 90% de la population, que ça doit être placé comme horizon non dépassable de la gestion du temps et des outils de gestion du temps. Tu vois, ce serait un peu trop facile si ça pouvait se résoudre de cette manière-là. Alors, pour rappel, la matrice des anowers, c'est un outil tout con qui te dit que tu peux séparer en 4 catégories toutes les tâches que tu peux avoir, selon qu'elles sont hurlantes ou non, et Merci. importante ou non. Et tu vois, pas plus tard qu'hier, je suis tombé sur un post sur LinkedIn, enfin un post intelligent à propos de la matrice d'Azenauer qui dit que ça ne fonctionne pas parce que dans l'état d'esprit d'un dirigeant, tout est urgent. Absolument, tout est urgent. Et que parce que tout est urgent, on ne sait plus catégoriser le niveau d'importance de nos fameux sujets, y compris quand ce sont des sujets qui ne sont pas nécessairement urgents mais qui sont extrêmement importants. pour la vitalité de notre entreprise. Et comme on est des espèces de rats de laboratoire complètement shootés à la dopamine, et ce n'est pas une critique ou un jugement, c'est un état de fait, le cerveau est complètement shooté à la dopamine, on va se concentrer beaucoup plus volontiers sur les sujets urgents qui nous font nous donner une petite valeur à instanter maintenant tout de suite. Mais alors par contre, dès que c'est un sujet qui est vraiment très important, mais qui n'est pas nécessairement urgent, parce que notre vie, elle n'est pas... suspendu à la réalisation de cette tâche-là. Par contre, sur le long terme, la vie de notre entreprise peut l'être, là, on va moins avoir envie d'y aller, parce qu'on a la flemme, parce que le shot de dopamine est beaucoup moins intéressant, parce que il faut demander de l'aide à quelqu'un d'autre, et puis, ouais, alors, soit j'ai pas envie, soit j'ai la flemme, soit la considération que je vais avoir par rapport à mon égo va faire dire, ouais, mais en fait, si je vais le voir, je vais peut-être me dévaloriser, donc je vais pas le faire. Il y a toutes ces histoires, en fait, qu'on se raconte, dont on ne se rend pas forcément compte. Mais on se la raconte quand même. Et encore une fois, ce n'est pas un jugement, c'est un état de fait. Je suis le premier à me dire, quand je dois demander de l'aide à quelqu'un, « Ouais, mais peut-être qu'il va me déconsidérer, et donc je vais moi-même mal me sentir si je sens qu'il me déconsidère. » Et puis, comme en plus je me raconte cette histoire, je n'ai même pas besoin qu'il me déconsidère vraiment, je vais me déconsidérer par le prisme du regard que j'ai de moi-même à travers lui. Tu vois, c'est des espèces d'effets billards et d'effets ricochets qui sont très vicieux. Bon, ça ne... Ça ne peut pas marcher, cet état de je sépare l'urgent ou l'important, parce qu'il y a tous ces biais de cerveau-là. Il faut, pour que ça fonctionne, avoir une volonté de faire, et la volonté, c'est un réservoir qui se vit très vite, où il faut avoir énormément de moyens. Quand on est un mec comme Eisenhower, qui, avant d'être président des États-Unis, était quand même général d'armée, qui a organisé le débarquement allié en Normandie, etc., qui a failli shooter la France. complètement dépendante de la volonté des Etats-Unis. Bon, ça, c'est la petite parenthèse politique.
- Speaker #0
Historique.
- Speaker #1
Mais ce mec-là, il avait tout pouvoir sur une armée entière de mecs. Donc, c'est extrêmement facile de dire, ça, c'est important, je le fais maintenant. Ça, c'est urgent, mais ce n'est pas très important, je peux le déléguer. Je ne recommande jamais à mes clients d'apprendre à déléguer. C'est une connerie monumentale. Il ne faut jamais apprendre à déléguer avant quoi que ce soit d'autre. Pour en revenir à la matrice, ce n'est pas un très bon outil quand on est habitué à être sous le feu, quand on est habitué à gérer beaucoup de choses soi-même et quand on a un rapport à la délégation et au management qui est très bancal. Donc, ce n'est pas du tout quelque chose que je peux recommander. Et je remercie cet auteur dont j'ai oublié le nom d'avoir... pris le pas de ce que je suis en train d'essayer de faire depuis des années, à dire arrêtez de vous appuyer sur des outils comme la matrice des anawars pour décider. Ça tient un peu, mais c'est pas quelque chose sur lequel il faut s'appuyer sur le long terme, c'est pas possible.
- Speaker #0
Ouais, tu vois, et puis, enfin, moi, dans ma posture de dirigeante, c'est vrai que, effectivement, pour moi, tout est urgent et limite tout est urgent important, et dans l'urgent important, il peut y avoir un truc qui est au-dessus. qui est plus important, plus urgent. Mais si ça me fait profondément chier, pardonne-moi l'expression, de le faire, en fait, même si c'est important, urgent, que je l'ai mis dans ma case de ma matrice, ça ne marchera pas. Moi, j'ai un cerveau qui... Oui, non, mais c'est ça. Mais moi, j'ai un cerveau, en fait, si je n'aime pas, si ça me... Je n'y vais pas, en fait. Et du coup, je délègue. Mais du coup, tu disais qu'il ne faut pas apprendre à déléguer. C'est quoi ta position là-dessus ?
- Speaker #1
Alors... J'ai une position qui est extrêmement tranchée, là encore, et je vais m'habituer de fouiller les auditeurs au fait que je sois tranché là-dessus. Je ne vais pas la nommer parce que, pour le coup, elle, j'ai son nom en tête, mais je ne veux pas lui faire du tort. Je vais parler, encore une fois, d'une publication que j'ai lue sur une nana qui se dit « Ouais, moi, c'est cool, je délègue » . Et elle a un biais d'entrée sur cette question qui est un peu malheureux, à mon sens. Et ce n'est pas de l'antiféminisme primaire de ma part. Parce qu'elle, elle dit... Moi, comme je suis une dirigeante et que je suis en plus une mère de famille, forcément, j'ai un million de trucs à penser. Et je reconnais qu'il y a des considérations qui font qu'on peut avoir plus de choses à penser que d'autres. Et sa stratégie, c'est de dire, à l'époque, c'était Noël. En fait, moi, j'ai beaucoup de cadeaux de Noël à acheter pour mes enfants, pour les cousins, pour les neveux, pour les nièces, pour les tatas, les tontons, etc. Donc, qu'est-ce que je fais ? Je vais déléguer ça à ma collaboratrice. Elle n'a pas ouf. Elle est en train de me dire que trois femmes... t'es chargé de charge mentale à prendre des cadeaux, donc tu vas déléguer ça à une autre nana, ça ne peut pas marcher. C'est-à-dire que oui, techniquement, mathématiquement, le fait de te dire je vais lâcher quelque chose pour que quelqu'un d'autre le fasse à ma place, ça va me décharger moi. Oui, ok. Mais sauf que si ta charge, tu la donnes telle qu'elle à quelqu'un d'autre, la charge n'a pas disparu pour autant. Donc déjà, la première question à se poser, c'est qu'est-ce que la tâche que je dois faire ou que je vais faire faire ? va solutionner comme problème ou pour moi, ou pour mon entreprise, ou éventuellement pour le client ou pour le bien de l'humanité, si tu veux. Mais si ton problème, c'est d'acheter des cadeaux, ce n'est pas une question de charge mentale, c'est une question d'organisation. C'est une question de savoir, est-ce que c'est à moi de le faire ? Est-ce que c'est à mon mari de le faire ? Est-ce que c'est à ma femme de le faire ? Est-ce que c'est à ma maman de le faire ? Est-ce que c'est à mon fils de le faire ? Je ne sais pas. Mais ce n'est pas une solution en tant que telle que de dire c'est quelqu'un d'autre qui va le faire à ma place, parce que ça reste un problème. déjà si on mesure est-ce que ce problème il est vraiment pour moi ou est-ce qu'il est pour quelqu'un d'autre si il est pour moi ça n'a pas vraiment de vertu ou de valeur de le faire faire à quelqu'un d'autre quitte à ce que ce soit mon assistante et qu'elle soit payée pour ça qu'elle soit payée très cher pour ça on revient à le temps c'est de l'argent c'est pas parce que t'es très très bien payé pour faire un job de merde que ça veut dire que ça a plus de valeur ça reste un job de merde donc tu vois je suis très prudent sur ce que je dis et en même temps assez cassant parce que c'est pas comme ça que ça doit marcher Dans le cadre d'un fonctionnement d'entreprise, quand tu délègues, qu'est-ce que tu fais ensuite ? Est-ce que tu es complètement au clair sur le fait que la personne à qui tu délègues, elle est qualifiée pour ça et elle ne va pas venir te péter les pieds avant pour être bien sûre de « est-ce que c'est bien bien comme ça, comme ça, comme ça que je dois le faire ? » Et après, « est-ce que j'ai vraiment bien fait ? » etc. Et est-ce que toi, tu ne vas pas venir l'emmerder à dire « ouais, mais en fait, moi, je l'aurais fait comme ci. Ouais, mais là, en fait, tu as fait ça qui n'était pas bien. » Et puis là, le paragraphe 3, il va falloir que tu me le réécris parce que c'est pas du tout comme ça que je l'aurais voulu. En fait, tu ne l'as pas délégué, tu as sous-micro-managé un truc sur lequel tu as passé beaucoup plus de temps avant et après que juste je le délègue et je fais confiance entièrement à la personne. Et ça, c'est du management. Et ça, il y a très peu de gens qui savent le maîtriser vraiment. C'est pour ça que je ne parle jamais de délégation.
- Speaker #0
Ok, ok. Donc, je comprends mieux la subtilité. Mais c'est vrai que, tu vois, moi, effectivement, je délègue des tâches à une équipe. Moi, dans mes recrutements, j'étais très claire sur la fiche de poste avec les éléments que je voulais déléguer parce que justement, moi, je ne voulais pas micromanager. C'est-à-dire que je ne vais pas être là à changer la virgule et machin et truc à chaque fois. Par contre, je recrute. C'est mon critère de recrutement numéro un, c'est que je recrute des personnes qui sont meilleures que moi sur les sujets.
- Speaker #1
C'est le seul critère de recrutement qui vaille.
- Speaker #0
Voilà, parce que je me dis, en fait, si... Alors là, je ne me jette pas des fleurs, mais si je peux faire mieux, il n'y a pas de raison que je délègue. Bon, après, c'est chacun qui voit midi à sa porte, mais en tout cas, si c'est délégué pour micromanager derrière...
- Speaker #1
Ça n'a aucun intérêt.
- Speaker #0
En fait, ça rajoute encore des blocs de temps dans ton agenda.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
En plus de la charge mentale.
- Speaker #1
Et il est là, le piège. Et en fait, tu peux recruter quelqu'un qui n'est pas forcément meilleur que toi au départ, mais si tu délègues bêtement, entre guillemets, il ne va jamais devenir meilleur que toi. L'intérêt, ce n'est pas d'apprendre à déléguer à ces gens-là, c'est d'apprendre à faire en sorte qu'ils soient meilleurs que toi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Tu as les quatre étapes du management qui sont extrêmement bêtes. Je fais pour, je fais avec, je fais faire et ensuite je laisse faire. Beaucoup de gens veulent aller dans le laisser faire tout de suite, mais se rendent compte que comme c'est de la délégation au lance-pierre, ils sont obligés de revenir à du faire pour. Et c'est pour ça qu'il y a une relation de management qui est extrêmement désagréable et qui est... qui n'est pas du tout vertueuse en termes de gestion de temps, ni même en termes de gestion de la tâche en elle-même. Alors que si au début, on est avec du faire-pour, et qu'on se dit, ok, c'est parce que je vais faire pour le collaborateur et lui montrer comment on fait, que je vais peut-être le faire avec, une fois que je vais faire avec lui, il va de plus en plus prendre l'autonomie sur le poste, je vais pouvoir lui faire faire des choses, peut-être vérifier de temps en temps, et après, la confiance va se créer, et je vais donc pouvoir lui laisser faire ces choses-là. Ça, c'est des choses que je peux déployer avec beaucoup de plaisir. plus de précision dans l'accompagnement que je vais proposer à mes clients quand ils sont concernés par ce type de problème-là. Mais ces étapes-là, elles sont extrêmement simples. Mais si on va trop vite, on casse tout. Et ce n'est pas bon.
- Speaker #0
Oui, non, mais c'est ça. En tout cas, à l'agence, quand il y a une nouvelle personne dans l'équipe, il y a l'onboarding, on fait un point au bout d'une semaine, on fait un point au bout d'un mois, trois mois, six mois. Et pendant le premier mois, là, justement, je vais relire, faire des feedbacks, etc. Par contre, j'ai des filles qui, ça fait un an qu'elles sont là. Bon, ben, voilà. Si elles ont besoin, si elles ont une question, je suis là. Mais en tout cas, je ne vais pas... L'idée, c'est justement que ça me décharge. Et toi, tu es formée à la psychologie, enfin, il me semble, à la psychologie, aux neurosciences, etc. Est-ce que c'est pour ça, du coup, que tu mixes 80 % de ton travail sur ces notions-là ? Qu'est-ce que tu as... Ma question, c'est plutôt qu'est-ce que tu as remarqué sur le terrain avec les clients que tu accompagnes et qui t'a montré que ces 80%-là de psychologie, etc., étaient indispensables pour résoudre cette problématique de gestion du temps ?
- Speaker #1
En ce moment, on est en train de s'émerveiller devant les prodiges de l'IA. Et on en est même à se dire, il y a énormément de choses que je peux déléguer à l'IA. En tout cas, je peux laisser l'IA le faire à ma place. Et la remarque que je fais, c'est qu'on a un excellent marteau, le meilleur marteau du marché. On peut tout faire avec ce marteau. Oui, sauf que si au bout du compte, on ne s'est pas demandé est-ce que j'ai besoin d'un marteau ou est-ce que j'ai besoin d'un tournevis pour résoudre mon problème, on est en train de confier notre capacité à faire quelque chose à un marteau, alors qu'on ne s'est pas posé la question de savoir si c'est vraiment d'un marteau dont on a besoin. Et le côté neurosciences et psychologie dont tu parles, il est exactement en train de répondre à cette question. C'est de quoi j'ai besoin ? Ça ne sert à rien de se précipiter sur le meilleur outil du marché qu'on vous a vendu tel quel, si vous ne vous êtes pas posé la question au préalable de savoir est-ce que j'en ai vraiment besoin ? Et c'est un peu con parce que c'est exactement ce que je dis à mes gamins quand je fais les courses avec eux, qui me disent « Ouais papa, papa, je veux ce truc-là » . Je dis « Bah ouais, mais en fait, est-ce que t'en as vraiment besoin ? » Alors, je suis un peu... de père con et cassant avec mes enfants de ce point de vue-là, je le reconnais, mais c'est aussi pour les habituer à se poser une question de « est-ce que c'est beau et ça me plaît et je le veux ? » ou « est-ce que c'est beau et ça me plaît et je le veux ? » Et en plus, je me suis assuré d'en avoir besoin. Parce que si c'est beau et ça me plaît et je le veux, ça va traîner dans un placard au bout de deux minutes. Alors que si c'est beau et ça me plaît et en plus j'en ai besoin, vous allez devoir l'utiliser toute votre vie. C'est très différent. Ça dépend de ce que vous acheter dans le magasin, évidemment. Mais c'est ça l'esprit, c'est de se dire, à partir du moment où j'utilise la neurosciences et la psychologie pour comprendre... comment mes clients fonctionnent, pour les aider à comprendre comment ils fonctionnent, ils sont ensuite autonomes dans les choix qu'ils vont faire. Ils ne dépendent plus d'une espèce de croyance de « bah ouais, mais c'est la fatalité et comme je suis chef d'entreprise, je suis obligé d'en chier » . Ça, ça n'a pas du tout. Ils vont dépendre de « je sais de quoi j'ai besoin, je sais quelle est la vision que je veux incarner dans mon entreprise, et quand je fais la jonction entre les deux, je sais ce que je peux utiliser sur le marché ou dans mes propres ressources pour obtenir ce résultat-là. » C'est beaucoup plus puissant, c'est beaucoup plus satisfaisant, et on dort beaucoup mieux. Et tous mes clients le disent.
- Speaker #0
J'ai aucun doute là-dessus. Mais tu vois, il y a aussi quand finalement notre, enfin je veux le dire clairement, quand notre agenda il dégueule et que du coup, en fait, tu te retrouve à 19h le soir et en fait t'as même pas commencé les tâches que tu devais faire moi ça m'étonne c'est une mauvaise journée c'est une sacrée mauvaise journée que tu rentres et puis après t'as le côté perso qui prend le dessus et du coup t'es un peu dans cette insatisfaction permanente et du coup cette notion aussi, je vais aller plus loin mais cette notion d'avoir l'impression de sacrifier une partie de toi Exactement. Moi, des journées comme ça, ou pareil, j'avais mon agenda qui partait dans tous les sens, où je me faisais des journées à rallonge, j'avais l'impression réellement de sacrifier ma vie pour ma boîte. Après, ça s'ajuste, ça se modifie, ça se travaille, mais il y a cette notion de sacrifice pour moi aussi.
- Speaker #1
Et c'est un des plus gros pièges dans lequel on peut tomber. Parce que c'est un mot qui revient tous les jours dans... dans mes accompagnements et dans les rencontres que je peux faire avec des dirigeants vraiment de tous les horizons. Il y a à la fois un modèle qui nous vient il y a très très très très longtemps et à la fois quelque chose qui a l'air de persister malgré le fait que justement on a des outils de bouche, on a une informatique de plus en plus puissante. Je fais une mini-parenthèse. Il y a 70 ans, nos grands-parents, produisait en moyenne, en une heure, trois fois moins de richesses que nous. On est en mesure, en une heure, de produire trois fois plus de richesses que nos grands-parents à l'époque. Donc, grosso merdo, on devrait travailler trois fois moins qu'eux. Grosso merdo, hein. On va pouiller à me près. Allez, deux fois moins qu'eux pour être très généreux. C'est le cas ?
- Speaker #0
Ah non, je ne pense pas. Mais tu vois, il y a...
- Speaker #1
on bosse presque Deux fois plus qu'eux, parce qu'on va ramener les mails à la maison, on va continuer de bosser en vacances, on va regarder un petit truc vite fait avant de s'endormir le soir, etc. Ça ne pouvait pas exister chez eux. Ça ne pouvait pas du tout exister. Et le samedi et le dimanche, c'était relativement sacré. Alors ok, tu avais des entrepreneurs qui bossaient aussi le samedi et le dimanche, mais qu'il y avait une notion de la séparation entre le pro et le perso qui était beaucoup plus claire que la nôtre. Alors, le fait est que du point de vue du cerveau, il n'y a pas de séparation entre le pro et le perso. Ce qu'on fait dans le perso et ce qu'on fait dans le pro, c'est exactement la même chose, c'est-à-dire continuer de... de prendre des décisions pour continuer de garantir la survie. Le cerveau, il n'a qu'une obsession, c'est « je dois garantir la survie de mon porteur à instant T » . Ce qui va se passer dans une semaine ou même dans une heure, j'en ai rien à carrer. Je veux la survie maintenant, donc je dois prendre une décision maintenant. Je perds un peu le fil de ce que tu voulais dire, mais plus on va noyer cette distinction et se dire « oui, mais c'est pas grave, j'y reviens » . je vais faire ça aujourd'hui parce que c'est un mal nécessaire ou peut-être un bien nécessaire en termes de sacrifice pour mon entreprise, là peut-être qu'on se pose pas la bonne question. Un sacrifice c'est quoi ? C'est un engagement, au sens religieux du terme, avec une divinité qui va nous donner ce qu'on veut en échange de ce qu'on va accepter de sacrifier. Je vais accepter de me séparer de quelque chose qui est peut-être important pour moi. en échange d'autres choses de la part de la divinité. Genre, j'ai une poule dans mon poulailler, je vais sacrifier ma poule pour que le dieu là-haut puisse lâcher de la pluie parce que mon champ est en train de mourir. En contre, le côté random de la pratique, il est un petit peu ouf, mais sauf que ça a marché dans l'esprit des gens pendant des milliers et des milliers et des milliers d'années. Et dans le monde de l'entreprise, c'est de se dire, en fait, je suis OK, je vais sacrifier ma vie de famille, je vais sacrifier ma vie sociale, je vais sacrifier ma santé. pour qu'en échange, j'ai une entreprise pérenne. Moi, je ne sais pas, mais quand tu le dis comme ça, tu te dis qu'on est complètement taré. On est complètement taré de penser des choses comme ça. Je le dis avec un peu d'humour, mais en fait, on est complètement fou. D'autant plus, et j'y reviens, qu'on est capable de fabriquer trois fois plus de valeur et de richesse en une heure que nos grands-parents. Donc, cette notion de sacrifice, elle aurait dû disparaître complètement. Pourquoi la fête disparaît ?
- Speaker #0
Je pense que déjà, il y a 70 ans, il n'y avait pas cette question du droit à la déconnexion. Il n'y avait pas cette connexion H24. Je pense que ça, ça peut être une des pistes. Après, on est quand même dans cette... sur stimulation quotidienne et dans ce toujours plus, tu vois. Bien sûr. Et en fait, tu as des milliers de stimuli à la seconde, en fait, dans ta journée. Et je pense que du coup, ça nous empêche d'être focus à un certain moment, tu vois.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est ce sujet focus qui est un des problèmes à lever. C'est-à-dire qu'à partir du moment où ton travail, c'est de gérer l'urgence, tu n'es plus focus sur ta vision. La vision, c'est quoi ? C'est de se dire, qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui qui va servir la semaine prochaine ? Qu'est-ce que je vais faire la semaine prochaine qui va servir le mois prochain ? Qu'est-ce que je vais faire le mois prochain qui va servir l'année prochaine ? Etc. C'est-à-dire que si tu n'as pas dans ton filtre de décision un focus sur aujourd'hui, la semaine prochaine, le mois suivant, etc. Jusqu'à peut-être, qu'est-ce que va être ma boîte dans 100 ans ? Un peu surréaliste, mais c'est bien aussi de se dire, ça va être quoi ma boîte dans 100 ans si je fais ça ? tu prends une autre... La manière de regarder ce que c'est que le problème, de ce que c'est que l'urgence, les dirigeants, et malheureusement qu'ils sont très nombreux à courir derrière toutes les urgences tout au long de la journée, qui éteignent des incendies tout au long de la journée, ils n'ont plus le focus sur ce qui va être à la fin de l'année. Ils attendent la fin de l'année en se disant « Oh, c'est cool, on a survécu et on s'en est bien sortis, mais à quel prix ? » Je perds mes idées à mesure qu'on parle et je te prie de m'excuser.
- Speaker #0
Non, non, je parle plus. Mais tu vois, ce sujet de sacrifice, on a compris. Mais concrètement, être toujours dans l'urgence, ça nous empêche d'être focus sur notre vision long terme. Mais tu vois, une fois qu'on a dit ça, il se passe quoi ? C'est-à-dire concrètement, je suis dirigeante, j'ai ma vision, mais du coup, je n'arrive plus à la voir tellement je suis dans... dans la gestion quotidienne de l'urgence, c'est quoi concrètement ? Est-ce que tu as une méthode un peu ? Je ne suis pas le hack magique miraculeux, ça ne marche pas comme ça. Oui, genre hack, oui. Mais tu vois, peut-être des questions à se poser. Parce que moi, je sais que j'ai été cette dirigeante qui gérait l'urgence en permanence, en plus d'être du coup insatisfaite d'elle-même en permanence. Et bon. Heureusement, fort heureusement, j'ai réussi à changer, mais je n'ai pas l'impression d'avoir appliqué des choses extraordinaires. Est-ce que toi, avec ton expérience avec les dirigeants, les entrepreneurs que tu accompagnes, est-ce que tu as des petites recos ?
- Speaker #1
En fait, je ne peux pas avoir de recos tout de fait, parce que je ne sais pas ce qui se passe, je ne sais pas ce que vous avez en tête. Et quand bien même je me base sur ce que vous me dites, je ne peux pas savoir ce qu'il y a vraiment dans votre tête, mais je vais quand même me baser sur ce que vous me dites. Je te donne un exemple. d'un agent général d'assurance. Il y a quelques collaborateurs avec lui. C'est un type qui est assez connu dans le bled où il est. Dès qu'il y a un problème, les gens se tendent vers lui parce que c'est lui qui règle le problème du point de vue de l'assurance. C'est toujours très valorisant, n'est-ce pas ? Ce qui est très rigolo, c'est que il m'est recommandé. Je ne le connais pas forcément. Je n'ai jamais tellement parlé avec lui avant un premier rendez-vous. Et vraiment, la minute du début de ce rendez-vous, je perçois un truc chez lui qui me fait me dire, c'est marrant parce que lui, je ne l'aurais jamais vu, agent d'assurance. Je ne sais pas l'expliquer. Mais je me dis, ce mec-là, c'est un peu une poule au milieu d'un zoo de léopards. C'est très bizarre. Ce n'est pas tellement le tempérament d'une poule, mais c'est l'image qui m'est venue. Et donc, je le fais parler. de « Ok, qu'est-ce qui vous arrive ? Comment je peux vous aider ? Qu'est-ce que vous voulez obtenir ? Qu'est-ce qui fait que si on bosse ensemble, vous vous diriez « J'ai bien fait de venir à UJBB parce que là, c'est bon, je dors mieux, je suis plus satisfait de mon entreprise, etc. » Et il m'explique que, je la fais très courte, mais en gros, quand il est au bureau, il regrette de ne pas être à la maison. Et quand il est à la maison, il regrette de ne pas être au bureau parce qu'à la maison, il y a ses enfants qui l'emmerdent, il y a... Il y a tout un tas de trucs qu'il aimerait faire, mais que dès qu'il le fait, soit il est dans l'auto-culpabilisation, soit il est dans le reproche de la part de ses enfants ou de sa femme. Et donc, en fait, il est heureux nulle part. Donc, ce n'est pas spécialement le meilleur plan de carrière ou le meilleur plan de vie qu'on puisse imaginer. Mais comme il se sent coincé où qu'il aille, il n'est bien nulle part. Et moi, ma stratégie, ça a été de le faire creuser sur qu'est-ce qui l'anime au plus profond. de quoi il a besoin au plus profond, et comment est-ce qu'il...
- Speaker #0
prend entre guillemets la responsabilité de ses besoins, non pas pour envoyer chier sa femme, mais pour aussi lui dire, en fait, moi j'ai besoin de ça, je fonctionne comme ça, et c'est parce que je vais réussir à nourrir positivement ce besoin-là que je vais être d'autant plus efficace dans le reste. C'est-à-dire que si moi je ne suis pas heureux au boulot, et puis qu'en plus à la maison je me fais engueuler, je ne vais pas pouvoir être dans une relation positive avec toi. Par contre, si je suis dans un univers où je peux à peu près me nourrir correctement de mes besoins et où je fais mon boulot correctement, je deviens forcément beaucoup plus positif à la maison. Parce que je sais que j'ai coché toutes les cases et que je vais continuer de le faire grâce à toi. Tu vois, c'est pas seulement ce qui se passe au bureau qui se loue, c'est ce qui se passe dans la tête, ce qui se passe à la maison, ce qui se passe dans toutes les croyances qui vont nous animer. Moi, je suis persuadé que ce mec-là, même si c'est un excellent assureur général, c'est un monsieur qui a beaucoup plus de qualité à être dans le spectacle, à être dans le... dans la relation, dans la spontanéité, dans quelque chose qui n'est pas aussi sérieux que ce qu'est un agent général. Il faut des agents généraux, mais lui, il n'était pas prédestiné à ce monde-là. Je ne sais pas comment il y est arrivé, je ne sais pas ce qui l'a motivé à arriver là, mais n'empêche qu'au départ, il ne fait pas partie de ce moule-là. Et ce n'est pas grave. Ce qui est grave, c'est de s'entêter dans quelque chose qui ne correspond pas à qui on est. Ce qui est grave, c'est de croire que c'est parce qu'on n'est pas de ce moule-là qu'on ne peut pas y rester. Il peut y rester, mais s'il nourrit d'abord positivement ses besoins de contact, d'amusement, de fun et de spontanéité. Et c'est possible dans le monde de l'assurance, si tu veux. Mais si lui, il se rattache à « ouais, mais un assureur, ça doit faire ci, un père de famille, ça doit faire ça, et un entrepreneur, ça doit faire ça » , ça ne va forcément pas passer. Ça ne va Et c'est parce qu'il a entendu ça qu'il s'est donné les moyens de « Ok, tiens, je l'organise ça comme ça. J'apprends à utiliser mon agenda en fonction de ce qui je suis, de ce dont j'ai besoin. Ça va beaucoup mieux, je dors beaucoup mieux. »
- Speaker #1
Oui, c'est ça en fait. C'est vraiment revenir. Mais tu vois, ça m'a fait écho quand tu disais « C'est quoi mes besoins ? » Et c'est vrai qu'au moment où moi, j'avais l'agenda qui partait dans tous les sens et du coup, où je n'étais pas heureuse ni en perso ni en pro parce que du coup, j'avais toujours l'impression de faire le grand écart entre les deux. J'étais en train de faire une thérapie et elle m'avait fait faire, alors je ne sais plus le nom, mais je crois qu'il y a sept éléments, social, perso, finance, etc. Et tu dois évaluer entre 0 et 10, comment tu te suis sur cette sphère-là. Et après, ça fait une représentation et tu vois un peu, il y a le professionnel aussi dedans, et tu vois un peu les déséquilibres. Et du coup, tu arrives à identifier plus facilement, ok bah en fait Là, je ne me sens pas forcément bien parce qu'il y a un énorme déséquilibre sur le perso, sur la famille, sur peu importe. Du coup, ça te permet de prendre les choses petit à petit et de ne pas entamer tout le chantier. Mais de ce que je comprends, en tout cas de ce que tu dis, il y a quand même un travail d'introspection à faire avant de se pencher sur l'agenda. Et c'est vrai que l'introspection, c'est quelque chose qu'il y en a beaucoup qui...
- Speaker #0
On n'a pas le temps.
- Speaker #1
Je n'aurais pas dit mieux. Je n'aurais pas dit mieux.
- Speaker #0
On n'a pas le temps, j'ai mieux à faire, j'ai un sanglier sur le feu, etc. Et à la fois, je le déplore et à la fois, c'est normal. Maintenant, c'est comme quand tu veux gagner un million d'euros. Si tu veux gagner un million d'euros, tu es peut-être obligé d'en investir un petit peu au début, peut-être de faire un emprunt à la banque pour avoir les 10 000 premiers. Et c'est parce que tu bosses intelligemment sur ces 10 000 premiers euros que tu as investis que tu vas réussir à décrocher un million. Le temps n'est pas de l'argent, mais il fonctionne un peu de la même manière. Tu ne peux pas gagner du temps si tu ne prends pas un peu de temps pour faire le travail au départ. C'est pas possible. Et c'est pour ça que les hacks magiques...
- Speaker #1
Ah, ça marche pas. Non, mais dans n'importe quelle sphère de la vie. De toute façon. Les hacks, moi, dès qu'il y a hack, recette miracle, je me dis, ok, bullshit. Et est-ce que... Tu dirais que bien gérer son temps, c'est réussir à faire tout rentrer dans sa journée.
- Speaker #0
Non. Bien gérer son temps, c'est le fait de te dire à la fin de ta journée, j'ai fait le pas dans la bonne direction. Tu peux avoir des journées catastrophiques, où t'as effectivement que des emmerdes. Est-ce que t'as bien géré ces emmerdes ? Est-ce que t'as fait le minimum vital ? Est-ce que t'as fait un pas dans la direction de ta vision pour... que cette journée, elle serve à cette semaine, que cette semaine serve à ce mois-ci, etc. T'as des journées où tu vas te dire, vraiment, j'ai fait tout petit pas, mais tu l'as fait dans la bonne direction. T'as un peu subi ta journée, mais t'as pas lâché le manche. Ok, t'as bien géré ton temps. Parce que gérer son temps, c'est aussi gérer ce qui se passe dans la vie réelle autour de nous. Et on a des journées de merde quand on est dirigeant. Mais il y a une différence entre c'est la même journée de merde qui se répète et que je subis en permanence et ah bah ouais, là aujourd'hui c'était un peu chaud, mais ok, on s'en est sorti, on a mis en place ce qu'il fallait pour demain, pour le reste de la semaine, et ça va bien se passer. C'est pas la même chose du tout.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Non, mais... Je réfléchissais parce qu'en t'écoutant, ça a l'air d'être tellement limpide dans ta tête. Mais tu me diras en même temps, c'est logique, c'est ton métier, c'est ce que tu fais au quotidien.
- Speaker #0
Excusez-moi.
- Speaker #1
Mais du coup, ça a toujours été le cas. C'est-à-dire, avant d'être entrepreneur, il me semble que tu étais salarié. Est-ce que quand tu étais salarié, tu avais une gestion du temps qui était... Comment tu te situais par rapport à tes collègues ? Est-ce que tu avais des journées à rallonge ?
- Speaker #0
C'était catastrophique. Non mais pas dans le sens auquel tu peux t'attendre, mais c'était quand même catastrophique. Tu as deux choses qui se complètent. La première, c'est qu'on est lundi. Et mon manager vient me voir et me dit « Tiens, j'ai tel sujet, tel appel d'offres à bosser, tel truc. Tu peux finir ça d'ici mercredi soir ? » Mercredi soir, ok, pas de problème. Je vais toquer à la porte de mon manager mercredi soir. « Non mais attends, excuse-moi, je n'ai pas le temps, on peut voir ça demain ? » Le lendemain, je dis « Non mais en fait, on peut voir cet après-midi ? » « Ouais, en fait, non, là, demain, je serai en réunion avec le codire toute la journée, on voit ça lundi. » En fait, je passais plus de temps à attendre que mon manager puisse débriefer la tâche qu'il m'avait donnée que de la faire. C'était un peu mal barré. Et puis, mes collègues directs, Euh... Bah je... Je ne sais pas pourquoi, mais ils ramenaient du boulot à la maison le soir, ils bossaient le week-end. Moi, j'avais fini mes journées à 14h, je commençais à m'emmerder sérieusement. Donc, je vivais assez mal le temps passant en entreprise. Je lisais des bouquins en PDF sur mon ordi.
- Speaker #1
On ne dira pas, moi, je faisais exactement la même chose. À partir de 12h, je faisais des bouquins. Voilà.
- Speaker #0
Donc, il y avait des moments un peu chauds. dans le sens où, oui, OK, là, il faut que je sois beaucoup plus concentré et pas diffus dans ma manière d'être et dans ma manière de faire, mais c'était extrêmement rare. Et c'est justement parce que ces managers n'étaient pas toujours très dispo quand ils disaient de l'être que je me suis posé la question de comment est-ce que les gens décident, comment est-ce que la hiérarchie va avoir un rôle d'exemple plus ou moins délétère auprès de leur... collaborateurs et leurs subordonnés. Et donc, il y a six ans, j'ai proposé un regard à un dirigeant que je connaissais. J'en ai proposé ça à un deuxième, un troisième, etc. Et puis, six ans et quelques plus tard, ça tient la route. Je suis là.
- Speaker #1
Et donc, il n'y a jamais un moment dans ta vie où tu t'es senti débordé ?
- Speaker #0
Je ne suis pas débordé. Je manque de temps, mais je ne suis pas débordé. C'est-à-dire que être débordé, c'est avoir accepté trop de choses en même temps. Je peux te raconter ça, mais je veux faire la différence entre être débordé et manquer de temps. Moi aujourd'hui, je regrette d'avoir peu de temps pour lire autant que je le voudrais, pour regarder autant de films que je le voudrais, pour jouer à autant de jeux vidéo que je voudrais, pour parler à autant de gens que je voudrais, etc. Mais on a 24 heures par jour. Être débordé, c'est... je pars du principe que je vais réussir à faire tout ce que je veux, style lire tous ses bouquins, etc. Mais dans le cadre du travail, c'est oui, bien sûr, je vais écrire tous ses mails, oui, bien sûr, je vais appeler tous ses clients en prospection, oui, bien sûr, je vais aller à tous ses salons, etc. Et rappelle-toi ce que je te disais tout à l'heure, comme le cerveau se fiche de savoir ce qui va se passer dans une demi-heure ou même dans une minute, il oublie très, très, très vite qu'on n'a que 24 heures par jour. Et donc... Si j'ai la tendance à ne pas trop m'appuyer sur mon agenda, si j'ai la tendance à ne pas trop cadrer le temps que je vais prendre pour chacune de ces tâches, si je n'ai pas l'habitude de m'arrêter quand j'ai décidé que j'allais m'arrêter parce que ça fait une heure que je suis sur ce sujet et que j'avais dit que j'y passerais une heure, etc. Alors en fait, dans notre tête, ça je peux, bien sûr que je peux. Ça je peux, ça bien sûr que je peux. Et en fait, je fais des listes à rallonge de tout ce que je veux faire jusqu'à ce que je me rende compte que, oh bah merde, il est déjà 23h. j'ai bossé toute la journée et en même temps je n'ai pas forcément eu le sentiment d'avoir beaucoup avancé Mais c'est normal que tu n'aies pas le sentiment d'avoir beaucoup avancé. Parce que tu fais la différence entre tout ce que tu as prévu versus ce que tu as réellement fait. Le gap, il est énorme. Donc, tu as l'impression d'avoir rien foutu.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Alors que si tu te dis, en fait, non, je n'ai vraiment que 24 heures. Là, aujourd'hui, de 8h à 10h, j'ai prévu ça. De 10h à 11h, j'ai ça. De 11h à 12h30, j'ai ça. J'aimerais bien faire ça en plus. Mais là, aujourd'hui, ce n'est pas possible. Est-ce que je le mets dans un coin et j'y repenserai un jour ou est-ce que je le programme un peu plus tard dans mon agenda ? Et là, c'est structuré. Et là, mon cerveau n'a plus besoin d'y penser. La charge mentale, c'est tout ce que je mets en suspens dans mon cerveau en espérant pouvoir m'en rappeler un peu plus tard. On a des outils qui sont merveilleux pour ça et c'est un truc qui existe depuis 300 000 ans, ça s'appelle un agenda. On n'a pas besoin d'IA pour nous délester de la charge mentale. On a juste un agenda. Je ferai ça de telle heure à telle heure demain. C'est tout. Je peux être débordé parce qu'à un moment donné, quelqu'un m'appelle à un autre moment où je suis entre deux trucs, etc. C'est un débordement qui est hyper momentané. Mais le débordement constant, c'est d'abord une question de comment est-ce que je me comporte avec mon organisation et avec ma vision d'entrepreneur. Et ça, ça se corrige. Et ce n'est pas très compliqué. Ce n'est vraiment pas compliqué.
- Speaker #1
Oui, et puis tu vois, je pense qu'il n'y a pas de... Il n'y a pas de modèle organisationnel qui aille à tout le monde.
- Speaker #0
Impossible.
- Speaker #1
Je pense que déjà, il faut introspection, donc se connaître, savoir de quoi on a besoin, être claire sur ses objectifs et ensuite, après, tester. Moi, je sais que j'ai un cerveau qui part beaucoup dans tous les sens. Donc, je n'arrive pas à... Il y en a qui font des deep work, donc des blocs de temps de 3-4 heures. Moi, c'est un truc, ce n'est pas possible pour moi. Moi, je fais des blogs de une heure et demie où je suis focus sur un sujet. Et après, voilà. Mais l'agenda est un outil merveilleux, clairement.
- Speaker #0
Et il n'y a pas besoin de plus. Il n'y a vraiment pas besoin de plus.
- Speaker #1
Ah oui. Moi, dès que j'ai un truc en tête où je me dis qu'il faut que je fasse ça, je dois faire ça, je le note sur une toutou. Parce que moi, écrire me permet de sortir de mon cerveau. Et ensuite, à la fin de la journée, ou même normalement une fois par semaine, je me dis, OK, il y a tout ça. Comment je peux regrouper des mêmes tâches dans un bloc de temps, etc. Mais encore une fois, ce n'est pas une méthode qui marcherait pour tout le monde.
- Speaker #0
Pas forcément, non.
- Speaker #1
Il faut tester.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Jean-Baptiste, pour des dirigeants qui nous écoutent, qui sentent que l'agenda déborde, mais qui continuent quand même sur la lancée. qu'est-ce qui selon toi Quelles questions il faut qu'ils se posent et qu'est-ce qu'ils doivent regarder en face, là maintenant, même si ça pique un peu ?
- Speaker #0
Une question qui pique un peu, c'est qu'est-ce que tu veux faire de ton entreprise à la retraite ? Je m'explique. On est en train de se diriger vers un marché de la reprise qui est extrêmement tendu. Il y a de plus en plus de boîtes qui vont être de plus en plus à reprendre avec de moins en moins de repreneurs. donc les repreneurs ils vont se poser la question de la rentabilité réelle de l'entreprise qu'ils sont en train d'acheter. Un patron qui est indispensable dans son entreprise concentre sur lui-même toute la valeur de la boîte. Ce qui veut dire que la boîte ne vaut rien. Et donc il ne pourra pas la revendre au prix espéré. Plus vous organisez votre indispensabilité, parce que vous savez tout, parce que vous faites tout, moins votre boîte vaut sur le marché de la reprise. Donc la question que vous devez vous poser c'est Est-ce que c'est vraiment ce que je veux pour ma boîte ? Et est-ce que c'est vraiment ce que je veux pour mon plan de retraite ? Parce qu'il n'y a pas d'autres questions qui valent. Vraiment.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Après, encore une fois, il n'y a pas forcément un objectif de faire racheter sa boîte, mais ça permet quand même de se dire, OK, qu'est-ce que je peux venir ajuster, modifier dans ce que je fais au quotidien, d'un point de vue pro, et d'ajuster.
- Speaker #0
Et d'ajuster, exactement.
- Speaker #1
Est-ce que, Jean-Baptiste, avant qu'on clôture cet épisode, est-ce qu'il y a une question que je ne t'ai pas posée et que tu aurais aimé que je te pose ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que j'ai mangé la nuit ?
- Speaker #1
Si tu veux. Je ne suis pas sûre que nos auditeurs soient très intéressés par ça. Ah,
- Speaker #0
mais ça donne des idées, tu ne sais pas. Non, non, non. On n'a pas parlé, par exemple, du rapport à la solitude. On n'a pas parlé des rapports d'associés. Parce que ça aussi, c'est des choses assez intéressantes qui viennent se saupoudrer sur mon travail de temps en temps. Parce que c'est très rigolo quand il y a un associé qui vient me voir et qui me dit « en fait, je n'ai pas le temps et je ne peux pas prendre d'accompagnement avec vous parce que mon associé ne veut pas signer » . C'est horrible.
- Speaker #1
Ah ok, dans ce sens. Donc en fait, tu as un associé qui est débordé et qui veut faire appel à toi, mais tu as l'autre qui ne veut pas qu'il fasse appel à toi.
- Speaker #0
qui veut pas qu'il fasse appel à moi parce qu'il estime que ça coûte trop cher, et puis parce que comme lui est très bien organisé, forcément, c'est nécessairement parce que l'autre est un idiot. Et bon, c'est très joyeux comme type de relation. Voilà, ça peut être des choses comme ça qu'on pourra aborder une prochaine fois.
- Speaker #1
Et juste revendique, parce que je suis curieuse, quand tu dis la solitude, c'est quoi le rapport entre la solitude, enfin pour toi, tu vois, la solitude et le rapport, la gestion du temps ? Parce que du coup, moi, j'arrive pas, autant les associer, j'arrive bien à voir, autant la solitude,
- Speaker #0
je sais pas. J'ai très bien compris tes questions. Derrière le principe de la solitude, il y a une petite histoire qu'on peut se raconter qui est de dire, je dois tenir le coup, je dois tenir bon quoi qu'il arrive. Et quand on est dans une situation de débordement, qu'est-ce qu'on doit se dire ? On doit se dire « il faut que je tienne le coup » . Et donc, comme on se dit que je dois tenir le coup, forcément, je vais beaucoup plus rapidement couper les ponts avec les gens qu'il y a autour de moi pour justifier ce débordement et pour justifier cette attitude de « je dois tenir le coup » . C'est un espèce de cercle vicieux, c'est pas l'un qui génère l'autre, c'est les deux se nourrissent l'un l'autre. Et donc, ce rapport à la solitude, c'est quelque chose qu'on voit beaucoup chez les dirigeants, d'autant plus quand ils sont débordés. De manière générale, les gens sont toujours tout seuls à décider. Mais quand en plus il y a cet effet de débordement, ça se voit encore plus. C'est de toute façon, je ne peux pas en parler à mes collègues parce que peut-être qu'ils vont se moquer de moi ou peut-être qu'ils ne vont pas comprendre. Je ne peux pas en parler à ma femme parce que je n'ai pas envie de l'inquiéter, etc. Donc je contiens tout et je coupe petit à petit les ponts avec les autres. Et ça, c'est quelque chose qui s'observe très régulièrement.
- Speaker #1
Tu vois, je n'y avais même pas pensé. j'y avais même pas pensé mais du coup c'est aussi source de de mal-être et même, j'irais plus loin, c'est un enjeu de santé mentale, quoi. Exactement. Des dirigeants. Et ça, ça se solutionne ? Tu as des solutions pour ça, Jean-Baptiste ?
- Speaker #0
Je n'ai pas des solutions miracles, idéales, etc. Oui, bien sûr. Ça se solutionne. Mais c'est d'autant plus difficile à solutionner que comme je dois tenir le coup et que je dois tenir la... Forcément, demander de l'aide pour le faire, c'est compliqué.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que j'allais dire. Il faut accepter. Il faut accepter cette posture de vulnérabilité et de se dire, là, j'ai besoin d'aide sur X, Y, Z sujets. Et ça, c'est un peu le cas dans beaucoup de domaines de vie et de sphères. En tout cas, merci beaucoup, Jean-Baptiste. Si nos auditeurs, nos auditrices veulent faire appel à toi, où est-ce qu'ils peuvent te retrouver ?
- Speaker #0
Alors, ils peuvent me retrouver sur mon site internet www.barronconseil.fr Ils peuvent me retrouver sur LinkedIn, Jean-Baptiste Baron, et c'est déjà pas mal. Vous pouvez accéder à mes contenus que je publie sur LinkedIn, vous pouvez accéder via mon site internet à ma newsletter. Je publie environ toutes les deux semaines, et voilà.
- Speaker #1
Très bien. De toute façon, tous les liens seront dans les notes de cet épisode. Merci à toi. Merci beaucoup Jean-Baptiste, et puis on se dit à plus tard.
- Speaker #0
A bientôt, merci Lola.
- Speaker #1
Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode de CEO Recto Verso. Si cette conversation vous a inspiré, touché ou donné matière à réfléchir, pensez à lui laisser une note 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée ou à le partager autour de vous, car c'est ce qui aide le podcast à grandir et c'est aussi une belle manière de soutenir mon travail. Vous pouvez également me retrouver sur LinkedIn ou sur notre site internet agence-clientia.com. On se retrouve très vite pour un prochain épisode et je vous dis à bientôt.