- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent. Un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des peurs qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité, une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent une boussole, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Et j'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication SORC. Alex, tu es entrepreneur et créatrice. Il y a plus de 15 ans, tu as fondé M-Stone, une marque indépendante que tu as construite dans la durée, avec une identité très affirmée, une vraie liberté et une exigence constante. M-Stone a toujours été un projet profondément personnel. Une marque nourrie par ton regard, ton rapport à la matière, à la création, au rythme des saisons, mais aussi par tes expériences de vie, tes voyages et ton immense ouverture au monde. Tu n'as jamais cherché à suivre les tendances, mais à rester fidèle à une seule chose, ta vision. Parfois d'ailleurs, à contre-courant, mais toujours exigeante. Ton parcours est aussi extrêmement marqué par l'international, et tu vas nous en parler. Tu as vécu à l'étranger, évolué dans différents environnements culturels, ce qui a façonné ta manière de travailler, de créer et de penser la réussite. Cette ouverture t'a donné un rapport plus sous-plotant à l'effort et à l'équilibre de vie. Aujourd'hui, tu es à un moment de ton chemin où tu regardes ce que tu as construit avec lucidité. Sans renier M-Stone, sans le figer non plus, à un moment où l'on accepte que les trajectoires évoluent, que certaines choses se ferment pour en ouvrir d'autres. Dans Cerveau Puissant, j'avais envie de t'inviter pour parler de ces 15 années, de ce qu'elles t'ont réellement appris sur la créativité, l'effort, la résilience et sur l'art de dire non. Bienvenue chez Cerveau Puissant.
- Speaker #1
Waouh ! Merci Claire pour cette présentation très... Très dense et très riche. Merci beaucoup.
- Speaker #0
À ton image. Alors, on commence toujours de la même manière pour le podcast. Avant de parler de toi et de toutes tes aventures, est-ce que tu as des phrases, des convictions, des idées qui t'ont toujours accompagnée ou qui t'accompagnent en ce moment que tu aurais envie de nous partager ?
- Speaker #1
Oui, alors j'en ai plusieurs et j'en ai notamment une. qui a toujours résonné en moi. C'est une phrase que mon père nous a dit depuis qu'on est tout petit, qui a résonné un peu à la période de l'adolescence. Et encore aujourd'hui, c'est vraiment une phrase qui m'aide à prendre des décisions et à avancer, puis surtout à me recentrer un petit peu sur les choix qu'on est tous amenés à faire à un moment dans notre parcours. Et donc mon père nous a toujours dit qu'on était responsable de nos choix, qu'on était responsable des décisions qu'on prenait. Au même titre qu'on a été responsable des gens dont on tombait amoureux, des amitiés qu'on décidait d'avoir, et en fait de l'entourage et quelque part de la vie qu'on se créait. Alors ça peut paraître assez dense parce que c'est vrai que du coup, tout d'un coup, ça enlève toute la partie victimisation et c'est pas de ma faute, etc. Nous, on a toujours été élevés vraiment avec ce principe de voir la réalité en face et puis de prendre action. de choisir notre entourage et de dire si on a décidé d'être avec les mauvais amis qui nous influencent mal et qui font qu'on n'est pas bien dans nos pompes, c'est pas vraiment de leur faute, c'est notre responsabilité, c'est notre faute de les avoir accueillis dans nos cercles. Et en fait, ce que j'aime dans cette phrase-là, c'est qu'elle répond à beaucoup de questionnements qu'on peut avoir tout au long d'une vie, un moment avec des amitiés, avec une relation sentimentale, avec un job, avec des choix et des décisions. Donc, ça m'accompagne vraiment depuis, je pense, une bonne trentaine d'années.
- Speaker #0
En fait, on attire à nous ce en quoi on croit.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Et l'estime aussi qu'on a de nous-mêmes.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Mais est-ce qu'aujourd'hui, tu as l'impression que c'est devenu une force ? Parce que là, évidemment, entrepreneurie accomplie, est-ce que tu as toujours été comme ça ? Est-ce qu'à 20 ans, tu savais très rapidement faire ces choix ou tu as appris de plus en plus à éliminer les choses qui t'étaient toxiques, nocives, qui te ralentissaient ?
- Speaker #1
Non, je pense que je l'ai appris au fur et à mesure des années parce que moi, j'étais très, très timide et donc très vulnérable quand j'étais petite. Je n'avais pas du tout les armes que j'ai aujourd'hui. Donc, je pense que ça se construit. Je pense qu'on se construit aussi beaucoup avec un coup de marteau. Donc, forcément, ça a un impact. Mais non, je pense qu'il n'y a pas d'évolution possible sans passer par un peu de souffrance, de remise en question. Et donc évidemment, cette phrase-là aujourd'hui résonne très clairement en moi. Mais je sais que quand mon père me l'a dit la première fois quand j'avais 10 ans, parce que j'avais dû m'embrouiller avec une copine à l'école, évidemment que ça ne résonnait pas de la même manière, mais elle est toujours restée. Et c'est marrant parce que ce n'est pas une phrase qu'il nous répète dans le quotidien. Mais c'est une phrase, en tout cas, qui nous a marquées, je pense, parce qu'il y avait plein de manières différentes de la lire et de se l'approprier. Donc du coup, c'est un adage sacré. Oui, exactement.
- Speaker #0
Alors, ce qui est vrai, c'est que là, on te voit, tu es rayonnante. Mais les coups de marteau, ça nous intéresse aussi. Et chez Cerveau Puissant, on considère évidemment, comme tu l'as dit, que c'est aussi parfois dans la douleur qu'on apprend les plus grandes leçons de nous-mêmes et de la vie. Est-ce que tu peux nous raconter quelques coups de marteau, nous partager des moments qui t'ont fait grandir ?
- Speaker #1
Il y en a plusieurs qui sont sur des chemins de vie qui sont assez particuliers. Nous, on a toujours grandi avec beaucoup d'amour, etc. Mais j'ai eu un frère qui a été très gravement malade petit. Et du coup, on a appris assez rapidement qu'il fallait qu'on vienne en aide à nos parents qui souffraient énormément de la situation, qu'en fait, il y avait un... Des temps dans la vie qui n'étaient pas forcément focus sur nous. Je dis souvent nous parce que j'ai une sœur jumelle du coup, donc je dis souvent nous dans le même sac. Mais ça, ça a été une épreuve vraiment compliquée parce qu'en fait, ça nous a appris que la vie n'était pas forcément un long fleuve tranquille et qu'on avait beau avoir de la chance dans la vie, d'avoir les parents qu'on avait, d'avoir la vie qu'on avait, mais on a vraiment grandi pendant plusieurs années à la façon assez dure. Quand mon frère a tombé malade, nous on avait 7 ans avec ma sœur. Ça a été très compliqué jusqu'à nos 20 ans. Et en fait, c'est vrai qu'on n'a pas vraiment eu le temps d'avoir une crise d'adolescence ou quoi que ce soit. C'était tout de suite...
- Speaker #0
Tu as grandi.
- Speaker #1
Voilà, on a grandi vite, on a eu tout de suite des responsabilités. On a eu tout de suite cette compréhension que nos parents, leur job, c'était pas forcément que de s'occuper de nous, mais qu'il fallait qu'on leur rende un peu l'appareil. Donc ça, je pense que ça m'a beaucoup façonné dans aussi la compréhension. Je pense que ce qui a changé aussi, c'est que le fait d'avoir eu un frère malade, et que ça ne se voit pas forcément au premier abord, ça permet de créer une certaine empathie, et de se dire quand on s'adresse aux gens, quand on n'est pas d'accord, qu'en fait eux-mêmes traversent des périodes qui sont très compliquées, et qui ne seront peut-être pas complètement en phase avec ce qu'ils nous disent à des moments où on a été blessé. Donc ça, ça a été vraiment d'un point de vue personnel, mais je sais que si je n'avais pas eu cette expérience de vie, d'avoir eu mon frère malade, Je pense que je ne serais pas aussi résiliente parce que la résilience de mon frère a été le meilleur exemple pour toute notre famille d'être autour de lui. Et puis après, il y a eu plein de sujets, mais je pense que les plus gros coups de marteau, ça a été évidemment de commencer ma vie d'entrepreneur. J'avais 23 ans quand j'ai monté Aimstone. Et puis, à 23 ans, je sortais du pays des bisounours. Je suis rentrée dans un monde qui est beaucoup plus rugueux et beaucoup plus challengeant et sur lequel on n'a pas le temps de se victimiser et d'attendre que les choses passent. Je suis bélié de signe astrologique, donc je fonce tout droit tête première dans le mur sans aucun problème. J'ai des grosses cordes, donc je peux me prendre le mur plusieurs fois avant de décider de changer. Mais c'est vrai que le monde entrepreneurial n'est pas le même que quand j'ai commencé il y a 19 ans. ça a été des portes qui se ferment ça a été des égaux mon égo qui a été froissé ça a été des jugements, ça a été des incompréhensions des grands moments de joie mais je pense quand même qu'on grandit plus dans l'adversité et dans la dureté de ce qu'est la vie je pense vraiment que la vie est assez féroce et qu'elle peut ne pas pardonner à plein de moments Et en même temps, ça a été les périodes les plus enrichissantes de ma vie. En fait, j'ai plus de souvenirs de l'adversité que les moments de joie, parce qu'en fait, on n'apprend rien dans le succès. On a une sorte de réconfort de pouvoir se poser, de se dire on est là, mais on sait que ça ne va pas durer, parce qu'on sait que le lendemain, il y a tout qui peut chavirer de nouveau. Et donc, c'est ça aussi qui nous garde en éveil et qui garde la petite flamme qui fait qu'on continue et qu'on persévère et puis qu'on continue à grandir et à avancer.
- Speaker #0
Oui, en fait, ce qui définit vraiment un entrepreneur, c'est le fait de s'adapter à sortir de la zone de confort de manière perpétuelle. Ça, c'est une réalité qu'on oublie souvent. Oui,
- Speaker #1
complètement.
- Speaker #0
Les gens voient les succès ou, je ne sais pas, l'algorithme ou une collection ou une campagne à un moment. Mais en fait, déjà, pour en arriver là, il y a énormément d'échecs et on ne se rend pas forcément compte de tout ce que ça représente. et comme quand tu es entrepreneur, tu es ta propre image de marque. On ne raconte pas, enfin maintenant c'est peut-être un peu plus vrai avec le contexte, tu as raison, mais il y a des années, on ne racontait pas les soucis financiers, les soucis de salariés, de recrutement, d'association. Est-ce que tu as envie de nous partager des choses qui t'ont blessée sur ce sujet ?
- Speaker #1
Juste sur ce que tu dis, d'ailleurs le mot entrepreneur, c'est un mot qui est arrivé très très récemment dans les conversations. Parce que moi, quand j'ai monté Amstone, les dix premières années, quand on me disait ce que je faisais, j'ai jamais dit « je suis entrepreneur » . Je disais « j'ai monté une boîte, je fais des vêtements » . Mais le mot « entrepreneur » est arrivé beaucoup plus tard avec tout le côté hyper enjolivé de l'entrepreneur. C'était le côté très indépendant, autonome où on prend sa vie en main et on décide de voler de ses propres ailes.
- Speaker #0
Et presque, c'est mieux que le salariat. Et en fait, on a tous envie de faire la même chose. c'est important aussi de rappeler que C'est loin d'être une partie de plaisir au quotidien.
- Speaker #1
C'est sûr que c'est vraiment... Moi, j'ai vraiment le sentiment que là, les 19 dernières années, je ne m'en plains pas parce que c'est ce que j'aime. J'aime le challenge, j'aime me prendre des portes, j'aime devoir contourner le chemin, ouvrir une autre porte, etc. Donc, je ne m'en plains pas. Mais la réalité, c'est que quand je me réveille le matin, je me demande à quelle sauce je vais être mangée. C'est vraiment, je sais que... C'est comme si on était tout le temps sur un espèce de sable mouvant. Il y a des moments où on trouve une zone de stabilité, mais on sait que ça ne durera pas. Et ce qui est dingue, c'est que quand on vient régler des problèmes, et alors moi, ma passion, c'est vraiment de régler les problèmes. Tu sais, moi, dans ma famille, quand tu as ma mère qui a tous ses colliers avec les chaînes qui sont emmêlées, c'est à moi qu'on vient donner le tas de chaînes à venir détricoter. C'est vraiment, je viens détricoter les problèmes et tout. mais ça reste une réalité c'est que tu te lèves tous les matins et tous les matins, moi j'ai vraiment ma sensation c'est que tous les matins je pars au front peu importe à quel degré j'étais dans la croissance de la boîte et les différents challenges que j'avais,
- Speaker #0
la réalité c'est que tu pars au front au front tout le temps même quand t'étais à des moments au top, en croissance c'est vrai que souvent les gens pensent qu'en croissance tout va bien mais non c'est beaucoup plus stressant Oui,
- Speaker #1
parce que le challenge est beaucoup plus gros et que du coup, ta prise de risque a des répercussions qui sont beaucoup plus importantes. Donc, quand tu fais, je te dis n'importe quoi, 500 000 ou 1 million de chiffres, tu plantes une capsule que tu lances, bon, ça ne va pas avoir un impact. Quand tu commences à monter à des 5-6 millions, tu as des grosses productions, tu n'as intérêt à ne pas te planter sur le choix de tes tissus, ton storytelling, etc. C'est juste que proportionnellement, ça a un impact qui est complètement différent. Et du coup, c'est un impact complètement différent aussi sur ta gestion du stress, parce que tu te rends compte que tout d'un coup, quand tu fais 5-6 millions de chiffres, tu n'as plus 3 personnes dans ta boîte. Tu es responsable de 25 personnes. Tu n'as pas le droit à l'erreur, en fait. Puis c'est aussi un peu marche ou crève, c'est-à-dire que tu as une réalité de cashflow et de trésorerie qui a un énorme stress aussi de l'entrepreneur. On vit quand même avec un stress assez prononcé de... d'être bankrupt du jour au lendemain. Moi, j'ai toujours vécu avec ce stress-là. Toujours. Parfois complètement à tort, mais j'ai toujours su que même quand on était au top, je connais la réalité, je sais qu'en trois mois, il y a tout qui peut s'effondrer. C'est aussi une manière de...
- Speaker #0
La bascule est toujours là, en fait. Elle est au coin de la rue et on ne sait jamais, comme tu l'as dit, à quelle sauce on est mangé. Et alors, à quel moment tu as compris qu'il fallait quelque chose de change ? Enfin, que tu t'es dit, ça y est, donc tu es bélié, tu ne lâches rien. ça se voit d'ailleurs dans ta manière d'être Et puis à un moment, tu t'es rendu compte que t'étais plus tellement heureuse. C'était peut-être moins aussi de te lever le matin avec devoir toujours tout solutionner. À quel moment t'as senti que t'arrivais au bout d'un chapitre ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si j'ai pas eu ce truc-là de me dire, de me réveiller un matin en me disant « ça ne me plaît plus de faire ça » parce qu'en fait, je me suis construite comme ça. Donc je ne connais pas autrement. qu'avec ma to-do list qui est toujours trop longue, comme tout entrepreneur, avec tous les stress du quotidien, gérer tout ce qu'on a. Je connais pas ma personne sans le stress, je connais pas ma personne de partir en vacances sans avoir à gérer des emails, des machins, parce que même si on se dit, bon bah Noël, par exemple, tout le monde est en vacances, mais en fait, non, moi je suis en train de bosser sur mes budgets, le lancement, le truc, est-ce qu'on a... Donc ça s'arrête jamais. Et ce qui est très excitant, c'est le moment où tu peux décider que tu mets ça sur... pause pendant un instant et du coup de redécouvrir qui tu es. Ça, ça arrive un petit peu plus tard. Je trouve que ce qui permet de faire un point de bascule, c'est en fait de réussir à trouver l'alignement entre moi, mon esprit qui est quand même très combatif et je suis une éternelle optimiste. Ça veut dire que Un business model qui ne fonctionne pas, mais je peux te le remettre au goût du jour, mais 10 fois, 15 fois, 20 fois, etc., ça fait partie de... Enfin, je peux faire ça comme je change de chemise, en fait, tu vois, c'est un automatisme. Néanmoins, il y a un moment, et moi, ça a été vraiment le point de bascule, c'est de se rendre compte aussi de ce qui se passe actuellement dans le monde et de venir, en fait, avec une décision lucide par rapport à la situation économique d'un pays. Enfin, moi, en tout cas, c'est avec ce qui se passe aussi en... en France, et de se rendre compte qu'on est face à un problème qui est plus gros et malheureusement qui est plus entre mes mains. C'est-à-dire la baisse de pouvoir d'achat qu'il y a en France, le climat géopolitique, etc. Toutes les tensions qu'on vit actuellement ont évidemment un impact sur la vie des entrepreneurs, surtout quand on vend du produit, parce que M-Stone, malheureusement, n'est pas un produit de grande nécessité. Mais c'est vraiment cette espèce de point de bascule entre moi, ce que je veux, et ma capacité à continuer à persévérer. Et en fait, un moment d'arriver à une espèce de réalité, de se dire est-ce que ce n'est pas justement le moment, un message qu'on m'envoie, que l'univers m'envoie, de me dire que c'est le moment de passer à autre chose et tourner la page d'un grand chapitre.
- Speaker #0
Oui, et puis finalement, au-delà de l'entrepreneur, c'est l'être humain, en fait, il n'est jamais aussi plus heureux quand il est capable d'être flexible, de s'adapter. Et en fait, ce qui est vrai, c'est qu'il y a un moment où il faut savoir se dire bon, voilà, ça, c'est une partie de ma vie. J'ai adoré, j'ai énormément appris. et puis en fait, on en rouvre plein. On sent d'ailleurs que tu as cette souplesse de dire que tu peux te réinventer.
- Speaker #1
Complètement. Je n'ai vraiment aucune peur par rapport à ça. J'ai l'impression d'avoir gagné tellement en confiance en moi, de maîtriser tellement les sujets. Je sais gérer des périodes de crise. Je suis très bonne dans les périodes de crise. Et souvent, les changements dans la tête des gens sont associés à une période de crise. C'est tout de suite la panique, la peur, parce qu'on va vers l'inconnu. Et du coup, on a peur de se projeter de ça. Ma flexibilité vient du fait que je n'ai pas peur de me jeter dans la gueule du loup parce que je l'ai fait depuis mes 24 ans de manière complètement automatique. Comment ça te gère une félicité ?
- Speaker #0
Concrètement, que ce soit une crise familiale, une crise de tes mamans de deux enfants, une situation compliquée, quelle est ta manière de faire face au stress ?
- Speaker #1
Je suis très dans la communication. Et je pense que quand on exprime soit sa frustration dans une situation, soit un désaccord avec quelqu'un, on vient régler déjà une grande partie du problème parce que je trouve qu'on a déjà 50% de la charge qu'on a éloignée. L'autre reçoit le message, même s'il ne le prend pas bien. En tout cas, il y a une graine qui est plantée. Je crois aussi, je pars du principe qu'il y a un moment où il y a le temps qui fait bien, qui fait plutôt bien les choses. Mais il y a vraiment un... un sujet d'exprimer dans un premier temps et après de laisser le temps faire les choses et de se mettre justement un peu en retrait. Je pense que moi, c'est vraiment la plus grande stratégie. Enfin, je suis en train d'essayer de réfléchir en même temps que je te parle, mais c'est vrai que... C'est marrant parce que j'ai vraiment cette croyance qu'une grosse partie des problèmes du monde sont liés à un problème de communication entre des gens qui pensent que chacun a son égo. chacun pense que l'autre s'est mis dans les pontes de l'un et l'autre et que du coup, ils ont une vision d'ensemble. En fait, pas du tout. De temps en temps, on se rend compte qu'il y a tellement de quiproquos.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, on n'a pas expliqué de dire, en fait, quand tu fais ça, ça vient réveiller une colère en moi, par exemple. En fait, tant qu'elle n'est pas exprimée, l'autre ne peut pas agir et on a tendance à en vouloir aux autres. sans savoir ce qu'eux nous font du mal. Lorsqu'on ne l'a pas exprimé, l'autre ne peut pas deviner qu'en appuyant sur ce bouton-là, tu me...
- Speaker #0
Bien sûr. Tu voulais en parler, justement. Tu voulais en parler de cette importance de l'écoute. On l'a évoqué dans un autre podcast, où on se dit que les gens ne sont pas capables d'écouter parce qu'on peut ne pas avoir les mêmes opinions politiques, économiques, ne pas venir du même milieu. Mais il y a des gens où on se sent diamétralement opposés en opinion. Mais on peut être d'accord sur plein de sujets, sauf un. Et en fait, il suffit juste qu'on en discute et on se rend compte qu'on a plein de points communs, mais on ne peut pas être d'accord avec tout le monde. Toi, c'est vrai que pour toi, l'écoute, ça a toujours été extrêmement important.
- Speaker #1
Oui, l'écoute est important, mais je pars aussi du principe qu'on n'a pas besoin de penser les mêmes choses et d'avoir les mêmes opinions pour s'aimer et pour bien s'entendre.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ce qui fait une grande différence, c'est que ma meilleure amie, on aimait diamétralement opposer, mais on s'aime comme des âmes sœurs. Mais ça veut dire qu'on n'a pas du tout la même manière d'appréhender le monde, de vivre nos vies, mais pourtant, on s'aime profondément. Et en fait, souvent, les gens, parce que ça rassure aussi d'être, faire face à des personnes qui sont pareilles que soi et qui pensent la même chose. Et c'est pour ça aussi que je pense que j'aime tant l'étranger et la mixité culturelle. C'est que j'adore ce déracinement d'être dans un endroit qui, à premier abord, ne me ressemble pas ou être avec des gens qui ne me ressemblent pas. Mais en fait, trouver en eux cette petite chose qui va moins me faire évoluer parce que je ne l'ai pas moi en moi. Tu vois ce que je veux dire ? Et pour moi, c'est vraiment des différences entre les gens. qu'on grandit et qu'on se développe nous-mêmes, qu'on développe nos psychismes, qu'on développe une meilleure appréhension, une meilleure écoute à l'autre.
- Speaker #0
Ce qui est drôle sur l'étranger, tu as un mari australien, vous parlez anglais à la maison. Moi, ce qui m'a surpris, c'est que ça fait des années que vous êtes en France. Vous avez passé beaucoup de temps en France et vous ne parlez qu'anglais à la maison et ton mari ne parle pas très bien le français. En tout cas, il le comprend, mais il n'a pas forcément envie de parler. Donc c'est vrai que t'as vraiment cette ouverture aussi naturelle. T'as vécu à l'étranger, est-ce que tu peux nous parler un peu de toute cette expérience et de tout ce que ça a ? à ta porte aujourd'hui ?
- Speaker #1
Moi, je trouve que ce qu'on a là où on est, c'est extraordinaire parce que c'est notre foyer, mais je trouve que ce qu'il y a de l'autre côté de la porte est beaucoup plus excitant et beaucoup plus enrichissant. Donc nous, on a toujours été complètement axés sur l'étranger. Bizarrement, mes parents aussi, en fait. Donc ça vient aussi quand même, je pense qu'on a un peu ça en nous. Mon mari, lui, c'est la même chose qu'il est donc australien, mais d'origine turque. Donc, il parle turc. Il a une grosse partie de la famille en Turquie. Donc, lui, il est aussi très dans la mixité culturelle parce qu'il y a vraiment un stretch entre clairement la culture et australienne. Et je me suis toujours sentie bien avec des gens qui sont différents, qui pensent différemment. J'adore ne pas parler ma langue à la maison juste parce que je suis... du coup tout le temps dans un effort supplémentaire de ma personne et du coup je dois prendre plus de temps pour trouver les bons mots, pour essayer de progresser pour me faire comprendre dans une langue qui n'est pas la mienne même si je suis complètement bilingue, c'est pas vraiment le sujet mais c'est quand même un effort supplémentaire surtout quand tu rentres dans la journée, que t'es éclatée de te gérer et tout et en fait j'adore parce que du coup ça me met dans un espèce de travail permanent avec moi-même et c'est pour ça que j'adore vivre à l'étranger parce que quand tu vis à l'étranger, tu n'es pas chez toi et donc du coup t'es beaucoup plus challengée Merci. sur la manière dont tu t'adresses aux gens, sur la manière dont tu te présentes, sur plein de sujets, en fait. Tu es en perpétuelle adaptation, redécouverte, et puis tu essaies de t'adapter dans une culture avec des gens qui peuvent être d'une religion différente, qui peuvent être d'origine complètement différente, et ça, je trouve que c'est absolument fascinant.
- Speaker #0
Et à nouveau, on attire à nous ce en quoi on croit. Donc, en fait, tu as ce mari, vous parlez d'autres langues, est-ce que c'est ce dont toi, tu as besoin, c'est ce que tu as visualisé ? Et ce qui te rend heureuse et qui fait évidemment tes forces.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors, tu l'as dit tout à l'heure, tu as une sœur jumelle. Est-ce que ta sœur jumelle est exactement comme toi sur les caractéristiques que tu nous as décrites ou pas du tout, vous êtes différente ?
- Speaker #1
Alors, la base est vraiment la même. C'est-à-dire qu'on a vraiment les mêmes principes de vie, mais on a deux manières assez différentes de vivre nos vies. On a quand même deux personnalités très, très différentes. De toute façon, nos parents nous ont toujours... ont toujours tout fait pour vraiment nous dissocier. Moi, j'ai toujours été très artistique, j'ai toujours beaucoup peint, dessiné. Ma sœur est, elle, beaucoup plus cérébrale. Elle était au planning stratégique, dans la pub. Elle a fait des études de sociologie. Elle est très réfléchie, très posée. Elle est aussi, évidemment, très artiste. Mais nos parents nous ont laissé vraiment prendre de voies complètement différentes. Mais après, on a quand même un parcours qui se ressemble beaucoup. Déjà, ma sœur a habité pendant 15 ans aux États-Unis. Son mari est américain. Ses enfants sont du coup aussi bilingues. On est toutes les deux entrepreneurs. On est toutes les deux aussi hyper artistes.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de points communs.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de points communs, mais il y a quand même une manière de gérer les choses du quotidien qui sont assez différentes. On n'a pas la même sensibilité forcément aux choses et aux gens.
- Speaker #0
T'as pas l'impression justement que le fait d'avoir cet amour évident, éternel avec ta sœur jumelle, c'est aussi une énorme force qui peut-être aussi te différencie d'autres personnes ?
- Speaker #1
Moi je pense que la jamellité est la chose la plus extraordinaire qui existe au monde. Ça veut dire déjà que tu es née avec un bouclier. Parce que tu sais, il y a plein de gens au cours de ma vie qui me disaient « mais je me sens hyper seule » , etc. Et en fait, moi c'est un sentiment que j'ai jamais eu de me sentir seule, parce que j'ai jamais... Je suis seule physiquement, je peux partir complètement seule, je peux aller dîner seule avec moi-même sans aucun problème, mais je sais que j'ai mon bouclier qui est à côté. Et surtout, d'avoir une soeur jumelle, c'est quelque chose qui est assez extraordinaire aussi dans la quête d'avancer et de progresser dans sa vie. C'est qu'en fait, c'est le miroir de moi-même qui me connaît profondément. je sais que tout ce qu'elle va me dire ne sera jamais pour me heurter pour me jalouser donc il y a une espèce de confiance de pouvoir se livrer et en même temps c'est la seule personne qui va être capable de me dire mes vérités sans que je retourne la table sur la tête mais tu vois c'est quand même assez parfait vous avez un pouvoir l'une sur l'autre et l'une et l'autre ensemble qui est incroyable je peux lui demander, déjà lui poser des questions très très embarrassantes que personne n'ose poser c'est toujours un degré de... de communication et d'échanges qui nous permet d'évoluer vraiment sur des sujets. On a tous des sujets hyper tabous, où on ne sait pas à qui en parler, parce qu'avec son mari, on a quand même envie de garder un peu le mystère, avec sa copine, etc. Moi, je n'ai pas ça, parce que du coup, je peux vraiment parler de tous les sujets, de tout ce qui me passe par la tête sans avoir honte. Mais ça, c'est extraordinaire, c'est une force, je sais que... Le fait d'être née à deux, c'est extraordinaire. Après, ça vient avec beaucoup de souffrance aussi parce que tu es tout le temps inquiète pour l'autre et la souffrance de ma sœur devient la même. Ça prend aussi émotionnellement beaucoup de place.
- Speaker #0
Ça t'en donne beaucoup, ça t'en prend. C'est comme ton enfant. C'est une charge mentale en plus. Ça t'apporte. C'est toujours le yin et le yang. Tu en tires autant. de bonheur et de plénitude que, évidemment, de t'es pas seule, vous êtes deux. Non, mais c'est touchant et c'est beau. Et puis, comme c'était mes questions, d'ailleurs, quelle est ta plus grande qualité ? Peut-être aussi d'avoir autant d'amour. Et quelle est ta plus grande frangélité ? C'est la même, en fait. Oui,
- Speaker #1
je pense que c'est vraiment le... Oui, je pense que... C'est marrant parce que ça évolue. Moi, j'ai l'impression que, même au cours de la dernière année, j'ai l'impression que je suis quand même au cours des trois derniers mois pour être... précise. J'ai l'impression que je suis plus là, j'ai l'impression que j'ai fait peau neuve. J'ai l'impression qu'il y a vraiment une partie de moi, pas que j'ai laissé à la porte, mais une partie de moi qui, naturellement, tu vois, fait place.
- Speaker #0
Une nouvelle peau. Et donc,
- Speaker #1
du coup, avec d'autres fragilités, avec d'autres, j'espère... Enfin, point positif, tu vois, sur ma personnalité. Mais c'est vrai que moi, j'ai l'impression que je suis en mue permanente. En tout cas, je me laisse assez facilement la possibilité de changer. Je trouve que c'est extraordinaire de dire qu'on a une vie et qu'en fait, je peux être 15 personnes différentes.
- Speaker #0
Non, mais comme tu es ouverte à ça, l'univers t'envoie aussi. Vu que tu ouvres le canal, c'est OK pour les messages, en fait.
- Speaker #1
Oui, oui. Et le truc que je viens de voir dans le changement, c'est de pouvoir du coup se réinventer. Et puis en fait, d'ailleurs, c'est un jeu qu'on a avec mon mari quand on va à des dîners où on ne connaît pas les gens. c'est de se dire, tu sais les dîners de boulot un peu corporate, c'est du coup on s'invente des personnalités pour entrer dans un rôle. Donc lui il y a un moment où c'est un footballeur raté, moi je vais être une ancienne gynécologue. Non mais c'est tellement drôle parce que du coup ça fait énormément travailler la créativité et du coup de voir ce qu'on se met vraiment dans ces rôles-là. C'est tellement drôle.
- Speaker #0
Mais après les gens ça ne rend pas compte.
- Speaker #1
C'est des gens qu'on ne reverra plus jamais d'autres vies. Ah d'accord. On a vraiment une vie passée complètement, tu vois, qu'on s'invente comme ça.
- Speaker #0
Oui, t'es vraiment, t'as un côté artiste. Déjà, t'es très proche de ton mari, ça fait longtemps que vous êtes ensemble. Vous êtes un couple hyper uni.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Très soudé avec aussi tes filles. Ça, c'est drôle parce qu'on a interrogé, on a fait deux podcasts sur l'amour. Et donc, toi, c'est quoi justement ton concept ? Là, j'ai l'impression que c'est la créativité, mais... pour rester amoureuse de ton mari et lui de toi ?
- Speaker #1
C'est vraiment quelque chose que j'ai appris de mon mari, ce que je ne peux pas dire que je l'avais forcément à ce point-là avec mes autres petits amis. C'est que mon mari a déjà une grande sensibilité féminine, donc il est très sensible à comment on se sent et comment ce qui se passe dans ma tête, ce qui se passe dans mon cœur, etc. Il est très à l'écoute et surtout il y a... aucun rapport au conflit d'égo parce qu'on travaille énormément ensemble tous les deux on est tous les deux très créats et en même temps très stratégiques on est entrepreneurs depuis 20 ans tous les deux, mais il a un profond respect sur moi, ma plus-value qui valorise énormément et moi au du coup aussi sur sa plus-value et donc si tu vois on n'a pas de terrain, parce qu'on travaille vraiment ensemble quotidiennement on n'a pas de vraiment de terrain de conflit et on se supporte l'un l'autre, ça veut dire que moi je sais que sa zone de confort elle est là ... je vais pas perdre du temps à essayer de lui prouver que je peux faire mieux que lui c'est à dire ok t'es à l'aise là dedans et ça je pense que de savoir lâcher avec son mari et de pas être dans un espèce de rapport de comptabilité de ce qui fait mieux il y a des trucs pour lesquels il est complètement nul et en fait c'est normal au même titre que moi et je me rendais compte que moi je pouvais m'agacer à des moments sur des sujets sur lesquels il était nul et que lui en fait il s'agassait jamais sur mes sujets nuls Il essayait plutôt de me mettre dans une zone de confort pour m'accompagner, etc. Et ça, c'est extraordinaire. Je n'ai jamais eu ça avant avec mes autres petits copains. Et lui, il a vraiment cette espèce de générosité humaine, mais parce qu'il est aussi dans une quête permanente de persévérer, d'être bien, d'être bien dans ses pongs. Donc, il y a cette espèce d'énergie aussi très dynamisante qu'on a dans notre couple parce qu'on regarde dans la même direction. de manière un peu différente parce qu'on n'a pas la même sensibilité sur les choses.
- Speaker #0
Mais on avance vraiment côte à côte, ce qui est assez extraordinaire.
- Speaker #1
C'est génial. Selon toi, qu'est-ce qui met le plus les êtres humains en difficulté ?
- Speaker #0
Le regard des autres. Le regard des autres, écouter ce que les autres disent, poser trop de questions, demander trop d'avis. C'est le plus grand frein à la quête personnelle de son propre chemin. C'est vraiment... Et moi, je l'ai vécu avec Hemstone quand j'étais plus jeune. Et du coup, tout le monde y met un peu de sa patte en disant, attends, tu fais toutes ces couleurs. Mais en fait, si tu faisais des vêtements noirs, tu en vendrais dix fois plus. Je suis là, mais je ne sais pas faire un vêtement noir. Ça ne me parle pas. Ce n'est pas une couleur. Je ne la vois pas. Et vraiment, ça m'a coûté bien, je pense, deux, trois ans en tout de mon business. Ce n'est pas du tout des gens qui avaient des mauvais conseils, parce qu'évidemment, tous les conseils que j'ai reçus étaient des conseils pour m'aider. Mais moi, en tout cas, la manière dont je les recevais, ça me faisait complètement me décentrer de ce que j'avais moi au fond de moi et qui était du coup vraiment mon instinct et vraiment ce que j'avais envie de faire de ma marque. Et en fait, du coup, ça m'a un peu perdue à un moment, tu vois, de ne plus savoir du coup qu'est-ce que j'aime, qu'est-ce qui marche, tu vois.
- Speaker #1
En fait, ton conseil, c'est s'écouter soi.
- Speaker #0
complètement, s'écouter soi.
- Speaker #1
L'intuition.
- Speaker #0
Parler beaucoup aux autres pour comprendre, mais pas parler du sujet qu'on a forcément en soi ou le questionnement qu'on a. Par contre, je me nourris évidemment beaucoup de l'expérience des gens, de ce qu'ils ont à raconter, de comment est-ce qu'ils appréhendent les choses. Et j'étais une timidité maladive quand j'étais petite et j'ai passé, je pense, les 20 premières années silencieuses. En fait, je passais mes dîners à écouter les gens. J'étais incapable de prendre parti dans un... Un débat où j'avais trop peur de ça. Donc j'ai passé beaucoup de temps à écouter, à analyser les gens, à essayer de comprendre.
- Speaker #1
Et comment t'as arrêté d'être timide ? Parce que là, c'est vrai, quand on te voit,
- Speaker #0
c'est dur à réfléchir. J'ai arrêté d'être timide le jour où j'ai monté Amestone, avant les trois ans. Parce qu'en fait, tout d'un coup, j'avais plus le choix. Et j'étais beaucoup moins timide. D'ailleurs, je suis restée timide longtemps, socialement. Mais j'étais beaucoup moins timide professionnellement. Parce que professionnellement, en fait, je pouvais être quelqu'un d'autre. les gens ne le connaissaient pas avec le bagage timide
- Speaker #1
c'est que moi qui te connais dans la vie personnelle il doit peut-être te rester saine ce petit truc où en fait t'es pas du tout timide et t'es hyper ouverte, très humaine enfin là on le ressent dans toute notre discussion ouverte, tolérante et parfois peut-être que justement ta timidité, on pourrait te croire comme souvent d'ailleurs les gens très intelligents mais tu vois un peu hautaine c'est ta timidité qui fait ça parce qu'en fait dès que tu m'entouffes t'es un vrai soleil non mais je peux être,
- Speaker #0
parce que quand je Quand je suis timide, j'ai envie de disparaître. Donc du coup, quand t'as envie de disparaître, t'es évidemment plus fermée de tout, même de visage, etc. Mais c'est juste qu'il y a des moments où je préfère juste la fermer parce que j'ai rien à dire qui va venir apporter quelque chose. Et ce bruit, moi, ça me fatigue. Tu sais, je suis très introvertie, donc le monde social peut vraiment me... m'épuiser, me vider de mon énergie. Je suis nulle pour les small talk. Un dîner ou un apéro sur les trucs qu'on a beaucoup avec nos métiers d'entrepreneurs, je choisis ce où je vais parce que ça me vide de mon énergie. Ça ne m'apporte rien.
- Speaker #1
Justement, qu'est-ce que tu fais quand tu doutes encore aujourd'hui, même si là, on sait que tu es très heureuse ? C'est quoi ta technique pour...
- Speaker #0
Quand je doute, j'essaie de définir si c'est un doute qui est lié à mon égo ou si c'est un doute parce qu'il y a une prise de risque, ce qui est très différent. Si c'est un doute lié à mon égo, c'est assez facile de mettre le doigt dessus. Je le sais, je me dis, attends, on met ça de côté. Est-ce que tu as vraiment envie de le faire ? On y va. Si c'est un doute que j'ai, qui est lié à une grosse prise de décision, je dors déjà avant de prendre une décision. Je fais du sport, j'ai un rythme assez particulier là-dessus. Je trouve beaucoup de réponses à mes questionnements et j'arrive à résoudre beaucoup de problèmes en dormant. Donc je me couche très tôt, je me lève aussi très tôt, mais je me couche très tôt. Mais le sommeil pour moi, c'est vraiment un point d'ancrage de trouver des solutions.
- Speaker #1
On prend des meilleures décisions quand on a dormi.
- Speaker #0
Ah oui, c'est sûr. De toute façon, il y a des règles. On ne prend jamais de décision après une gueule de bois. ou après avoir fait une insomnie on aime en
- Speaker #1
24h quand quelque chose nous brusque parce que souvent la colère nous fait pas forcément toujours prendre le bon positionnement on demande pas la vie aux autres parce qu'on va le trouver toute seule
- Speaker #0
T'en as d'autres,
- Speaker #1
on pourrait faire un petit manuel.
- Speaker #0
Non, et puis surtout, on s'écoute, on a quand même un corps qu'on oublie beaucoup dans nos vies, mais on a quand même un corps qui est très très intelligent, et je sais pas, je suis sûre que tu l'as déjà eu, mais quand tu sais que tu es en train de prendre une décision qui sent pas bon, en général, tu le sens. Et là, c'est le moment où il est temps d'un peu rétropédaler. Mais après, je veux dire, je suis comme tout le monde, j'ai fait des... tonnes d'erreurs, j'ai pris des décisions qui n'étaient pas les bonnes. Ça fait partie de la vie et c'est ce qui fait aussi, tu vois, qui donne un petit peu la texture de ce qu'on fait de nos métiers. Mais j'ai fait des erreurs toute ma vie. J'en fais encore quotidiennement, tu vois, de prendre des mots. Tu sais, c'est un truc sur lequel je suis nulle pour prendre une décision, mais c'est genre lunaire. D'ailleurs, ma sœur me dit à chaque fois, non mais, j'ai un sens de l'orientation, mais catastrophique. Et donc, littéralement, si je suis dans la rue avec ma sœur et qu'on va quelque part et qu'elle me dit « Attends, mais c'est où le restaurant ? » Je dis « Mais Caro, c'est là-bas et on tourne à gauche. » Elle me dit « Ok, donc demi-tour, c'est là-bas et on tourne à droite. » Mais c'est vraiment hallucinant. Je suis incapable de… C'est toujours des mauvaises décisions. Du coup, ça crée un stress. Parce que je suis persuadée dans ma tête que j'ai compris. Enfin, je sais où je vais. Et en fait, à chaque fois, je me plante.
- Speaker #1
Non, mais on ne peut pas avoir toute égalité. Non, mais il y a des instants qu'il ne faut pas suivre.
- Speaker #0
Voilà, c'est parti à l'instant. Moi,
- Speaker #1
j'ai un réel réaction, mais je ne te l'explique pas. C'est-à-dire que j'ai une capacité de me géolocaliser et mon mari, c'est pareil que toi. Et en fait, dès qu'il dit un truc, je dis, mais ce n'est sûrement pas là où on va prendre. Et c'est devenu une blague entre nous.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Donc, chacun ses forces et chacun ses qualités. Aujourd'hui, toi, tu es une éternelle optimiste. Tu nous as quand même dit, tu as pris une décision d'arrêter Emstone en France. vous êtes actuellement parti à l'étranger vous n'êtes plus en France Quelle est ta vision du monde optimiste des prochaines années ? Tu nous as dit que tu étais une éternelle optimiste.
- Speaker #0
C'est dur parce que c'est marrant d'ailleurs ce que je dis, parce que je suis en effet une éternelle optimiste, mais je suis très pessimiste sur la situation du monde. J'ai vraiment beaucoup de... Pour plein de raisons, toutes les crises géopolitiques bien sûr, mais les réseaux sociaux pour moi c'est vraiment... catastrophique pour les générations à venir. Je travaille beaucoup avec l'intelligence artificielle, mais je comprends aussi les méfaits et les dangers de l'intelligence artificielle. Le point optimiste là-dedans, et qui est d'ailleurs sûrement une des choses qui m'aide à prendre les décisions, c'est que notre bonheur et notre liberté, aujourd'hui, je pense qu'elle est très individuelle. Et ce qui, moi, me reheureuse aujourd'hui, est très personnel avec mes choix de vie. et qu'il faut vraiment, je pense aujourd'hui, on a été dans un monde où on veut tout lisser, on veut que tout le monde fonctionne en communauté, etc. Je pense malheureusement qu'aujourd'hui, il faut être assez centré sur quel est son bonheur pour soi, penser à ça avant de pouvoir aider et partager. La collectivité. Oui, exactement. Mais sur le monde, dans la collectivité, je pense que là, on est arrivé à un point un peu compliqué. Je pense qu'il y a des gros changements qu'on a besoin d'opérer. et c'est aussi que les gens ont besoin de se retrouver un peu je pense qu'on est complètement se retrouver pour nos téléphones les gens sont plus là tu regardes dans le métro il n'y a plus de conversation les gens ne se parlent plus, on a parlé juste avant de l'importance de communiquer et ça je pense que c'est vraiment le gros fardeau de notre de notre génération et que du coup c'est très très compliqué d'avoir des façons, on voit tous on n'est pas d'accord avec notre voisin c'est tout de suite de la classivité tu n'en as plus le droit d'être pour... D'être gris, j'adore cette zone grise, cette zone de flou. Aujourd'hui, il n'y a personne qui accepte qu'on soit dans une zone de flou. Il faut être noir ou blanc, mais la zone de flou grise, elle est compliquée actuellement.
- Speaker #1
Est-ce que toi, tu es heureuse aujourd'hui ?
- Speaker #0
Hyper heureuse. Hyper heureuse, pourtant j'ai vraiment traversé des 24-36 mois vraiment compliqués. Mais je suis heureuse parce que j'ai pris action sur ma vie et sur les choses qui me... qui du coup me faisait souffrir. Et puis, en fait, il y a un problème qui est minime. Si on ne le règle pas tout de suite, au bout d'un moment, ça devient très lourd. Et ça peut prendre vraiment le poids sur...
- Speaker #1
Ta santé mentale.
- Speaker #0
Sa vie sur la santé mentale, sur la santé mentale aussi des enfants, parce que ça a forcément une répercussion là-dessus. Et donc là, aujourd'hui, je suis mais... Libérée. Non, mais... Je me sens libre et je me sens... Alors, c'est sur un instant T. Je pense qu'il y a plein d'autres choses qui vont arriver. Mais en fait, j'ai vraiment une espèce de fierté d'avoir fait les choix que j'ai faits, qui n'ont pas été des choix faciles. Et puis, de m'être toujours regardée en face en me disant « En fait, si tu veux ça, tu peux décider d'appuyer sur le bouton stop. » Mais ça demande du courage d'appuyer sur le bouton stop, surtout quand ça fait 19 ans qu'on est... Heimstone, c'est l'extension de moi-même. C'est une grosse page. Je suis très fière de ça. J'ai toujours été heureuse. Mais là, je sais que j'ai un sentiment que je n'ai jamais connu avant. Je suis très heureuse en ce moment.
- Speaker #1
Bravo, tu as dit stop Heimstone pour ouvrir un nouveau chapitre de ta vie avec toute ta famille. On ressent aujourd'hui ce sentiment de liberté. C'est très inspirant. Merci pour toutes tes confidences. Je pense qu'on pourrait encore parler des heures ensemble. Mais tu reviendras. pour qu'on découvre les autres étapes que tu vas toi-même découvrir. Merci mille fois, Aline.
- Speaker #0
Merci mille fois, Claire.
- Speaker #1
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