- Speaker #0
Bonjour, bienvenue chez Cerveau Puissant, un podcast nid d'une intuition, rien ne commence jamais comme on l'imagine. Ni par une réussite, ni même par une décision, mais plus souvent par une faille. Et aussi, et heureusement, des prises de conscience qui transforment. Ici, les trajectoires de nos invités ne sont pas là pour nous impressionner, non pas du tout. Elles sont là pour comprendre et pour se rappeler surtout que tout peut se transformer. que tout peut toujours tout changer.
- Speaker #1
Bonjour Xavier Demoulin. Bonjour Elsa.
- Speaker #0
Merci d'être avec nous aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci de me recevoir.
- Speaker #0
Ok, on y va. Ok, vas-y, vas-y. Vous êtes Xavier Demoulin, allez ! Bah alors ! Bah alors, 25 ans de télé, 16 ans de JT, une voix dont tout le monde parle, des chevaux dont tout le monde parle parce que vous êtes fan de chevaux, la nature, tout le monde vous en parle parce que vous adorez la nature. La forêt, elle est partout dans ce livre que j'ai d'ailleurs adoré. Polar, fable, plein de choses. On a plein de trucs à se dire. On a tellement de choses à se dire que je ne sais plus quoi vous dire.
- Speaker #1
On commence par quoi alors ?
- Speaker #0
Je ne sais pas.
- Speaker #1
Vous voulez que je vous pose des questions ?
- Speaker #0
Non, j'aimerais bien que vous ayez envie de parler de quoi ?
- Speaker #1
Moi, je peux parler de forêt, de nature, de... Si on parlait de compostelle,
- Speaker #0
du chemin de compostelle. Alors justement, j'ai une question.
- Speaker #1
Je voudrais bien faire le chemin de compostelle. Je pense que vous êtes dans un état... à faire le chemin de Compostelle. Parce que je sens votre énergie.
- Speaker #0
Et elle est comment mon énergie ?
- Speaker #1
Elle est très bien. Mais je pense que le chemin de Compostelle, ça peut éventuellement vous donner encore... Peut-être un peu plus de réponses aux questions que vous semblez vous poser. Comme vous dites, j'ai plein de questions, je n'arrive pas à commencer à comment bien les articuler. Compostelle, ça sert à ça ?
- Speaker #0
Ah bon ? Alors attendez, on va commencer. Hop, on rembobine un petit peu s'il vous plaît. Ok, d'accord.
- Speaker #1
Vous ne me demandez pas que je me parle et que je vous mette pour le chemin de Compostelle. Si, c'est bien.
- Speaker #0
Non mais justement, le chemin de Compostelle, parce que le chemin des gens perdus, ça part du chemin de Compostelle. Que vous avez fait avec votre fille Bianca ? Moi, deux questions. Pourquoi faire le chemin de compostelle et pourquoi avec votre fille ?
- Speaker #1
Alors, je vais commencer par répondre à la deuxième question. Pourquoi avec ma fille ? Parce que ma fille, normalement, pour les 12 ans, j'ai trois filles. Pour les 12 ans des filles, les deux aînés, je les ai emmenées aux Etats-Unis monter à cheval.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Dans un ranch, on a amené une dans le Montana et une dans le Wyoming.
- Speaker #0
Ouais, moi j'aurais bien aimé faire ça. Et vous, vous me proposez le chemin de composé, moi j'aime bien le ranch ! Ma fille,
- Speaker #1
un jour vient me voir, Bianca, me dit « Papa, je t'adore et tout, mais avec tes chevaux là, tu vas me lâcher la grappe, parce que j'aime pas ça, j'ai peur. Et moi, si je monte à cheval, c'est parce que je veux que tu m'aimes. Mais je suis terrorisée. » Je dis « Bah alors, ça n'a rien à voir ! » Donc en fait, elle avait très, très peur des chevaux. Je l'avais senti avant que ça allait être compliqué. Donc elle me dit, tu m'oublies sur le voyage des 12 ans. Trouve autre chose. Je dis, OK, très bien. Et ma fille, c'est une grande lectrice. Et elle écrit beaucoup, beaucoup, beaucoup de nouvelles aussi. J'ai une idée. On va faire le chemin des écrivains. La route des écrivains entre San Francisco et Los Angeles. OK, très bien. Sauf que tombe le Covid. Et après, les prix aux Etats-Unis étaient complètement stratosphériques. Le projet s'annule. Elle me dit, c'est comme on va où ? Papa, alors ? Papa, alors on va où ? Et là, j'ai une élimination. Je rencontre une fille qui revient de Compostelle et qui me dit, ce chemin, c'est dingue, etc. Et puis moi, ça fait un moment... Que ça m'intrigue, cette voie de Compostelle. J'ai une idée.
- Speaker #0
Ça veut dire quoi, ça m'intrigue, cette voie ?
- Speaker #1
En fait, ce chemin, cette voie, j'y pense depuis longtemps. Et je rencontre cette fille qui en vient, et je me dis, voilà, j'ai une idée. Je t'emmène... T'aimes pas les chevaux ? OK, viens, j'ai trouvé une autre idée. Ah bon, faire quoi ? Viens voir, je t'emmène. Et on s'est retrouvés à marcher 30 morts par jour, elle m'a détesté au début, et après elle a adoré. Donc les gens me disaient, mais comment un père et une ado sur le chemin de Compostelle, mais comment vous avez fait pour emmener ma fille ? Et ma fille répondait, il ne m'a pas demandé mon avis. Et c'est exactement ce que j'ai fait, je n'ai pas demandé mon avis, et son avis, et donc le lapsus. Et au début elle marchait derrière, elle tirait vraiment, elle tirait la gueule. Et puis, au bout de deux jours, elle s'est recommencée à se rapprocher. Et puis, nous deux, on est ultra complices, mais on se parle énormément. Donc, on a eu des grandes conversations. Et puis, on a rencontré des tonnes de gens. Et à la fin, elle était devant, avec des groupes de gens qu'on avait rencontrés la veille, avec moi, qui ont marché depuis longtemps. Et plus du tout avec vous. Elle était hyper heureuse, hyper épanouie. Elle chantait. J'ai la photo d'elle à son arrivée de l'étape. Elle a le souvenir jusqu'à là. Et après, c'était tellement bien qu'on est repartis. Mais pas la même saison. On a commencé l'été. On est partis au printemps, avec des changements de température et tout. Là, c'était un peu plus haut. On s'est perdus. Pour se faire raconter, peut-être qu'il faut vraiment être dans son... Dans son stade de grande rêverie. Parce que c'est un mal... Un chemin qui vous emmène dans le stade de grande rêverie.
- Speaker #0
Mais alors pourquoi vous avez commencé cette interview en me disant vous, je vous vois bien vers ça ?
- Speaker #1
Parce qu'en fait j'ai croisé, c'est votre énergie qui me fait dire que vous êtes quelqu'un qui posez des questions mais qui vous posez aussi beaucoup de questions. Et quand on se pose beaucoup de questions, le chemin de Camposelle c'est un bon moyen pour obtenir certaines réponses aux questions qu'on se pose à un certain moment dans sa vie. Et quand je suis parti avec ma fille, j'ai rencontré plein de femmes de tout âge. qui marchaient sur ce chemin-là parce qu'elles étaient à des croisements de vie, des crises de milieu de vie parfois. Non mais Kévin, vous êtes en crise de milieu de vie.
- Speaker #0
Il a marqué Ménopause sur ma tête. Mais pas du tout !
- Speaker #1
Absolument pas, je ne permettrai pas. Juste, elles étaient là et finalement une femme qui marche seule va vite se faire une copine, elles vont créer un binôme, puis après elles vont rencontrer une troisième, elles vont former un groupe, puis une quatrième, elles vont former une bande, et au fil de la marche... Elles ont tissé des relations assez dingues et on a rencontré comme ça des tonnes de gens. Il y avait beaucoup de femmes seules qui formaient des groupes, il y avait aussi des hommes, mais moins quand on y était et on a rencontré des gens passionnants. Et à un moment du chemin, ma fille me regarde et on parle avec les gens très vite, sur Compostelle, quand vous croisez une personne, vous la sentez ou vous ne la sentez pas, vous la recroisez, vous vous saluez, vous dites tiens salut, et au bout de la troisième fois, la conversation s'enclenche.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ça a été une épiphanie dans notre vie à ma fille et à moi, avec les gens qu'on a rencontrés. Et à un moment, ma fille se retourne et me dit « Qu'est-ce qu'il y a comme gens perdus sur ce chemin dans leur vie ? »
- Speaker #0
Et vous, est-ce que vous l'avez fait parce que vous vous sentiez perdu à ce moment-là ?
- Speaker #1
Absolument pas, je me sens... J'avais besoin peut-être de me nourrir autrement d'autres choses, et ça a été la bonne réponse à cette envie-là. Et puis aussi, j'avais envie de partager un moment assez unique avec ma fille. Et pour partager un moment unique, ce chemin, c'est une très très bonne réponse en fait.
- Speaker #0
Et c'est là-bas aussi que vous avez rencontré... un personnage ?
- Speaker #1
Si je n'avais pas fait ce chemin, le livre n'existerait pas.
- Speaker #0
C'est impossible.
- Speaker #1
Justement, quand ma fille me dit qu'est-ce qu'il y a comme gens perdus sur ce chemin, je me dis, le chemin des gens perdus, on inverse la phrase. Ça veut dire que quand même,
- Speaker #0
pour vous, j'ai l'air un peu perdu. À nous, non mais...
- Speaker #1
Et après, au deuxième tronçon, la deuxième fois qu'on part... Dans une étape, on dort dans des gîtes. Et là-bas, c'est vraiment le tirage au sort. On ne sait pas sur qui on va tomber. Et là, il y avait un petit patable. Et nous. Je descends les escaliers et je vois ce gars qui s'appelait Antoine. Ce n'est pas l'Antoine du livre, c'est plus le personnage de Pierre. C'est un mélange. Et je le vois, on discute. Je vois sur lui... Une fissure existentielle, mais XXL, qui me touche énormément, qui a de peine à verbaliser, mais qui confie quand même un peu. Et quand on est écrivain, on est des buvards, donc on ressent un peu les énergies des gens. Et on passe une soirée à parler de lui. de pourquoi il est là, de là où il en est dans sa vie, etc. Et je sais à ce moment-là précis qu'un jour j'écrirai un livre là-dessus et qu'il sera un des personnages. En tout cas, il a inspiré un des personnages et le premier chemin avec ma fille, le deuxième avec elle, plus cette rencontre avec ce garçon, ça a donné, les éléments ont commencé à se mettre en place pour écrire ce livre qui n'est pas un livre sur Compostelle.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
pas du tout. Mais qui est un livre sur un chemin et une traversée et Compostelle, c'est un chemin et une traversée. Mais quand je vous recommande ça, c'est parce que je vous sens bien aussi. Je ne me permettrais pas de... C'est une bonne idée. Je pense que c'est quelque chose de simple. Enfin simple,
- Speaker #0
c'est 30 km par jour.
- Speaker #1
Oui, on peut le faire en 25, on peut le faire en 15, on peut décomposer, on peut... Moi, j'ai fait des rencontres incroyables. Je me souviens d'un gîte où je suis arrivé là, dans une ferme, vraiment, avec une dame qui ressemblait vraiment à... À la mer de Nîmes, à l'époque, vous voyez, c'était vraiment les deux mains sur les hanches, le tablier, limite carte postale, quoi. Et on arrivait là-dedans. On partait tôt parce qu'on aimait bien partir au lever du soleil pour éviter la chaleur, quoi. Et on est arrivés les premiers sur le gîte. C'était vraiment route, ça. Je me suis dit, voilà, ça va être long, là. Je ne sais pas sur qui on est tombés. On est arrivé, une deuxième, une troisième, on était 25 à la fin, j'ai passé une des meilleures soirées de ma vie, 25 à table avec cette femme qui délégeait sa ferme d'une main de maître et elle avait une telle intelligence sociale, une telle empathie avec les gens, une telle manière de vous scanner qu'elle a mis un truc. truc dans la salle qui faisait qu'à la fin tout le monde était... c'était une communion avec des gens qui ne s'étaient jamais rencontrés.
- Speaker #0
Mais est-ce que justement ce que vous racontez, ça me fait penser à vous, parce que vous, vous êtes quand même issu d'une famille de sept enfants, vous étiez neuf à la maison, vous avez vécu aussi dans une mixité totale dans votre quartier, Meudon-la-Forêt, voilà. Est-ce que justement il n'y a pas ce truc-là de... D'avoir un rapport facile avec les gens, d'être toujours curieux, d'aimer le groupe.
- Speaker #1
Non, il y a surtout, depuis le départ chez moi, en tout cas, c'est comme ça que j'ai été éduqué, où ce que font les gens, c'est accessoire, ce qui nous intéresse, c'est qui ils sont.
- Speaker #0
C'est qui ils sont, c'est ça.
- Speaker #1
Et en fait, au lieu de demander à quelqu'un ce qu'il fait dans la vie, à lui demander qui tu es. Et c'est vrai que Compostelle, là-dessus, c'est quelque chose qui m'a énormément plu, parce qu'il y a un code qui fait qu'on ne demande jamais la première fois à quelqu'un ce qu'il fait dans la vie. ni pourquoi il est là.
- Speaker #0
Donc il faut trouver autre chose.
- Speaker #1
Alors moi je vais vous demander, mais qui vous êtes vraiment, Xavier ?
- Speaker #0
Eh bien, c'est une question, je pense qu'il faut une vie pour essayer de le comprendre. Moi je pense que je suis quelqu'un d'assez multiple. Et en fait, je suis quelqu'un qui fonctionne avec des cercles. J'évolue dans différents cercles, à peu près cinq cercles. C'est déjà beaucoup ! Mais trois, je suis un être de passion, multiple, qui aime se démultiplier. Je pense avoir un léger syndrome d'hyperactivité, mais c'est pas un truc que je vais mettre en avant, ça me saoule. Tout le monde a son TDAH, là ça va, c'est fini, tout ça, on s'en fout. C'est pas la question. Mais c'est juste pour exprimer que je revendique le droit à des vies multiples. Cercle professionnel, le journalisme, l'écriture, les chevaux. C'est trois cercles. Donc je vais dans le journalisme, puis dans la littérature, puis dans les chevaux, puis un cercle nourrit l'autre. En fait, on s'est rendu compte, je me suis rendu compte que... Beaucoup de gens qui souffrent aujourd'hui dans la vie, c'est qu'ils se font chier. L'ennui, c'est terrible. Et l'ennui, il est aussi lié à un syndrome qu'on trouve, que moi je qualifierais de paresse. L'ennui naît de la paresse, la paresse provoque l'ennui, et ainsi de suite.
- Speaker #1
Vous trouvez les gens paresseux aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je trouve qu'il y a une sorte de syndrome de la paresse, pas par rapport à la notion de travail, pas par rapport à la notion de... d'embrasser la vie. Par exemple, être tributaire du temps qui fait, c'est déjà pour moi une certaine forme de paresse, intellectuelle. Pour éviter cet enfermement qui amène à l'aigreur, à l'état un peu bad, et comment dirais-je... qui finit après, la première étape, c'est d'en vouloir aux autres et d'en vouloir à son prochain. J'ai besoin, moi, d'aller me nourrir.
- Speaker #1
D'aller vous nourrir, oui.
- Speaker #0
Donc je suis à la fois multiple et je suis assez nourricier et j'ai besoin d'être nourri aussi. Et donc ces cercles-là, de passer d'un cercle à l'autre, ça m'alimente.
- Speaker #1
Parce que moi, du coup, je comprends ce que vous dites. Alors moi, je me faisais une image de vous et je me disais en fait, cet homme, il maîtrise tout. Il se lève à 5 heures pour aller faire du cheval. On sent que vous faites attention à vous, à ce que vous mangez, parce qu'on vous sent en forme. Je me suis même dit, mais à quelle heure fait-il l'amour ? Je vous jure, je vous ai posé cette question ! Mais comment fait-il l'amour ? Mais quand ? Parce que vous avez fait le JT tous les jours depuis 16 ans, vous sortez 13 livres, un livre par an. Enfin, je ne sais pas, il y a une espèce de boulot. Non,
- Speaker #0
mais ce n'est pas une forme de contrôle, c'est une envie de vivre pleinement. Cette vie, ce passage sur terre avec intensité, avec la reconnaissance quotidienne d'avoir mes deux bras et mes deux jambes, et je dis ça sans démagogie, et en état de conscience. Et donc, quand on aime ce qu'on fait et quand on est passionné par ce qu'on fait, on ne subit pas la douleur ou le poids du travail. Ce qui fait qu'on travaille en continu en réalité. Mais quand on est en conscience de ça, quand on est là... Si je suis avec vous, je suis avec vous. Si je fais mon JT, je fais mon JT. Si j'écris, j'écris. Si je monte la fave, je monte à cheval. Mais ce n'est pas une question de contrôle, c'est une question aussi d'organisation. Et moi, par exemple, je trouve énormément de liberté et de créativité dans la discipline.
- Speaker #1
Ah c'est ça, vous êtes très discipliné.
- Speaker #0
En fait, la discipline, c'est un truc qui a très mauvaise presse, peut-être que ça n'est pas très rock'n'roll, mais moi je m'en fous. La discipline, c'est hyper vertueux, parce que ça ouvre des portes et ça permet une libération et une créativité, et moi ça me rend parfaitement libre. Et en fait... Quand on s'ennuie, pour revenir à ça, quand on est dans un seul cercle, on voit des barrières. Les barrières, en fait, elles sont mentales. Si vous arrivez à comprendre que ces barrières, c'est vous qui vous les mettez, c'est pas les autres, ni le système, ni votre patron, ni... Voilà, mais ça vient juste de votre regard sur les choses. La barrière, elle peut reculer. Puis, si vous allez dans un autre cercle à côté, vous vous décalez, et bien là, elle a disparu, la barrière. Et vous ouvrez un autre champ des possibles. Et un troisième cercle, ce qu'ils demandent. Mais pour aller d'un cercle à l'autre, il faut une organisation de vie. Donc, de la discipline.
- Speaker #1
Ah là, moi, vous m'avez déjà... Vous m'avez perdu, là.
- Speaker #0
Mais non, mais sans discipline...
- Speaker #1
Mais je comprends.
- Speaker #0
Vous ne pouvez pas faire tout ce que vous avez envie de faire. Les gens, la phrase que j'entends le plus, c'est... Je ne sais pas comment... Moi, je n'ai pas le temps. Je n'ai pas le temps de faire du sport, je n'ai pas le temps d'écrire, je n'ai pas le temps, je n'ai pas le temps. Le temps, c'est un super sujet, subjectif. on peut le créer ce temps. Vous voyez ? Si vous êtes dans l'intention à ce que vous faites, et vous pouvez créer du temps pour faire des choses que vous aimez, à condition aussi de mesurer vos ambitions. Si c'est de faire tout, tout de suite, ben c'est mort.
- Speaker #1
C'est quoi vos ambitions ?
- Speaker #0
Mais si vous faites un peu... Chaque jour, par exemple, si vous écrivez un peu chaque jour, la stratégie du petit part, mais quand je dis un peu chaque jour, il y a chaque jour et un peu, vous avez d'un coup le temps. Mais si j'attends que ma femme soit ok, que mes enfants soient casés, que je sois seul, pour faire les choses, ça ne marche pas.
- Speaker #1
Ça ne marche pas. Alors justement... c'est pas du contrôle c'est de la discipline non mais j'ai bien compris quand vous parliez d'ambition il y a une chose que vous avez dit c'est que j'ai donc regardé 120 vidéos sur vous c'est beaucoup trop je vous avoue j'étais perdue parce que vous m'intéressez parce que en fait j'ai lu aussi un autre livre de vous dont j'ai oublié le titre mais que j'avais adoré et puis ce livre aussi m'a intéressée parce que Parce que j'aime la nature, parce que c'est des personnages qui se perdent dans la forêt. Et parce que, je vous le répète, parfois on se fait une image d'un homme qu'on va interviewer, et puis tout d'un coup on se dit, mais il y a peut-être un loup quelque part. Cet homme me paraît trop parfait.
- Speaker #0
Je ne suis pas parfait du tout.
- Speaker #1
Et en fait, je cherchais, en regardant des vidéos de vous, peut-être le loup. Je ne sais pas, mais je ne l'ai toujours pas trouvé d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est intéressant que métaphore le loup, pour qu'il n'y ait rien de loup. Je ne sais pas, non,
- Speaker #1
mais après, je... Oui, je ne sais pas. Vous voyez, c'est intéressant. Le loup, ça veut dire pour moi que tout d'un coup, vous montrez une image un peu de vous qui est toujours comme ça, mais effectivement très disciplinée, assez parfaite. Mais je pense que ça vient de la télévision, du JT. Déjà, pour moi, de me dire que ça fait 25 ans que vous faites de la télé alors que je trouve que c'est un univers extrêmement toxique, je me dis waouh !
- Speaker #0
Mais il y a tous les univers professionnels qui peuvent devenir toxiques. Après, ça dépend quel rapport vous avez à la réception de la toxicité. Est-ce que si vous êtes toxique avec moi, c'est parce que je ne le tolérais pas aussi ? Si je vois que vous êtes toxique avec moi ou que quelqu'un est toxique avec vous, vous avez deux options. Bien sûr, mettre des barrières.
- Speaker #1
Ça fait des limites en fait.
- Speaker #0
Faut-il encore être capable de mettre des limites ? Vous pouvez aussi mettre une limite. Et puis d'un coup, tous les milieux sont toxiques. si on va chercher... par là, il n'y a pas de...
- Speaker #1
On ne va pas parler de moi. Moi, ce que je voulais vous dire, c'est que tout à l'heure, vous parliez de l'ambition. Et justement, vous avez dit une chose dans les 120 vidéos que j'ai regardées. Vous dites « Je suis arrivée à faire ce que je voulais faire déjà tout petite, déjà à 10 ans. Je voulais être journaliste et écrivain. » Donc, quand déjà, on est arrivé à ça, c'est quoi après ?
- Speaker #0
En fait, le après, c'est quoi maintenant ? Vous savez, le futur, c'est du présent mis en ordre. Saint-Exupéry qui disait ça, le présent c'est du futur mis en ordre. Donc l'après, on ne sait pas si on sera là demain. C'est très arrogant de dire que vous allez vous réveiller demain. Moi je trouve.
- Speaker #1
J'espère qu'on va se réveiller demain. Moi aussi.
- Speaker #0
Mais ce que je ne dirais pas là, prévoir l'après, pour moi l'après c'est une abstraction. J'ai une notion du temps très particulière. Je suis très très très dans le moment. C'est-à-dire qu'en fait...
- Speaker #1
Vous êtes très dans le moment. moi, excusez-moi, je vous écoute.
- Speaker #0
Le JT, par exemple, ça vous met dans le moment. En gros, hier, c'était il y a mille ans, et demain, c'est dans cent ans. Donc, on essaie d'être à ce qu'on fait là. Donc, l'après, l'au-delà, je ne sais pas, moi, l'après, ce qui va se passer.
- Speaker #1
Je sais que quand vous parlez du temps, vous parlez souvent du JT, mais moi, à chaque fois, je suis obligée de vous en parler, mais moi, ça me fait penser à votre sœur que vous avez perdue, parce qu'est-ce qu'il n'y a pas une notion aussi de temps, quand à 19 ans, tout d'un coup, on perd sa sœur dans un accident, le temps, il devient plus le même ?
- Speaker #0
Déjà, la vie, c'est plus la même. Donc, c'est à delà du temps, c'est le temps de se reconstruire de ça. Moi, ça m'a pris 15, 16 ans, je pourrais même dire 20 ans, voire ça me prend encore du temps de me remettre de ça. Et d'ailleurs, c'est pas pour rien qu'il y a un homme qui cherche sa soeur disparu dans la forêt.
- Speaker #1
Ouais, et il dit une phrase, il y a une phrase, ton frère qui t'aime.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de phrases. Comme ça, ou à chaque fois, je vous assure, j'ai pleuré, moi. C'est vrai ? Mais oui, j'ai eu plein d'émotions.
- Speaker #0
C'est bien, je suis content si vous avez eu des émotions.
- Speaker #1
Mais ouais, parce qu'en fait, j'avais l'impression que vous parliez, enfin, vous mettiez beaucoup de vous dans ce livre. En fait,
- Speaker #0
dans tous mes livres, je mets beaucoup de moi. Oui, dans tous vos livres. On me demande souvent, il y en a qui disent, mais non, j'ai un ventre. Non, moi, ce n'est pas du tout une autobiographie du tout. Non, non. Ce n'est pas ça que je dis, mais il y a une sorte de ratio entre 70-30, il y a 32 mois au départ. Et après, ça met les bûches dans le feu. Et après, l'idée, c'est d'essayer de tendre, d'essayer vers une certaine forme d'universalité pour que les lecteurs se reconnaissent. Mais il y a dans chaque personnage des petits bouts de moi. Ils sont choisis comment ? Beaucoup par mon inconscient, quand même. Il faut aussi le laisser s'exprimer. Et puis, après, voilà. L'idée, c'est qu'après, ça se dilue dans le récit et donc dans la fiction et dans l'histoire.
- Speaker #1
Et la phrase « Ton frère qui t'aime » , alors ?
- Speaker #0
Bah c'est à dire qu'en fait... Et alors, elle dit, elle éclaire cette phrase. Qu'est-ce que vous voulez que je vous explique sur cette phrase ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, je l'ai trouvée tellement émouvante.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'en fait, il ne se résout pas à la mort de sa sœur. ne l'acceptent pas. Donc, comment accepter la mort de quelqu'un quand il meurt si jeune et qu'on est si jeune en réalité ? Moi, en ce qui me concerne, ça m'a pris énormément d'énergie, de temps, de colère, de... De souffrance, de révolte, de chagrin, et tout ça mis bout à bout, ça redéfinit aussi un rapport à la vie après, pour justement ne pas être sûr de se réveiller le lendemain, donc il faut y aller à fond dans la vie. Et puis le réel, c'est pas qu'il est étroit, la vie n'est pas étroite, mais si on peut l'élargir... En la démultipliant, en vivant plusieurs journées dans une, les chevaux c'est très tôt le matin, mais une fois que vous êtes monté à l'entraînement, vous arrivez au boulot, vous avez déjà vécu une première journée, et la deuxième, vous allez faire entrer deux journées en une, c'est sympa. En termes d'endorphine, c'est génial. En termes de satisfaction, c'est top. Et puis, c'est deux mondes, deux cercles qui ne se connaissent pas et qui s'ignorent l'un et l'autre. Mon entraîneur, il s'en fout que derrière, j'ai le JT. Le JT, ce n'est pas leur sujet. Deux secondes que j'ai eu pogné le matin. Mais moi, en revanche, j'y trouve mon compte dans ma réalisation.
- Speaker #1
Et vous trouvez vos comptes aussi dans la forêt, parce qu'il y a aussi beaucoup de forêt dans ce livre, dans la nature. Et puis, quand on parlait de votre soeur, il y a aussi un truc, c'est que dans ce livre, il y a... Une forme de passage, alors on ne va pas le raconter, mais il y a qu'en fait on meurt ou on ne meurt pas. Oui,
- Speaker #0
il y a une théorie, c'est une thèse, il y a une théorie qui dit un peu, il ne faut pas confondre le corps mort avec la fin de la vie des gens. Voilà, mais attention, c'est dans le contexte du livre, il ne faut pas que ça... Je ne minimise pas la perte et la mort physique, mais la mort physique c'est quelque chose, mais après il peut y avoir des correspondances, et la nature c'est un terrain de correspondance. La nature est un temple de vivants piliers, il ne laisse pas faut échapper de confus de paroles, c'est Baudelaire qui chante ça, et il a raison de célébrer la nature si on l'écoute. Elle est, je pense, émetteuse de signes, de voix, de certaines formes de luminosité, la magie juste d'une forêt. Il y a deux manières de traverser une forêt, c'est comme la vie. Vous pouvez traverser votre forêt en gardant vos pieds ou en gardant les arbres.
- Speaker #1
Moi, il y a juste un truc que j'ai adoré. Vous dites, à un moment, j'ai pensé que la forêt toussait. C'est rien cette phrase, mais j'ai trouvé ça très beau. Effectivement, parce que ça veut dire qu'elle vit, elle tousse.
- Speaker #0
Pour moi, c'est un mécanisme d'être vivant. La forêt, d'ailleurs, c'est le personnage principal du livre. Et quand on se promène en forêt, quand on prend le temps de l'observer, de s'asseoir, de l'écouter, il y a une vie, il y a quelque chose qui se passe. Et après, la correspondance, je vais même ne pas dire que je citais vite fait comme ça, juste pour dire que...
- Speaker #1
Vous parlez vite, vous avez le temps, vous savez. Non,
- Speaker #0
mais c'est juste pour vous dire que... Cette nature, elle se parle, les arbres parlent entre eux, ça c'est pas moi qui l'ai inventé, c'est scientifiquement prouvé.
- Speaker #1
Et ça m'est même déjà arrivé, de ressentir des racines comme ça, tout le monde s'est moqué de moi. Je l'ai dit, mais je vous assure que c'est vrai.
- Speaker #0
C'est une question de perception, puis c'est une question aussi de disponibilité. C'est une question, il y a des moments dans sa vie où on n'est pas du tout disponible, et puis il y a des moments en cas d'énormes traumas, de grands chagrins, de grands désespoirs. On entend un mec vous dire à la forêt, à peu de parler, il va dire que t'es gentil. J'ai mal, donc je ne peux rien entendre ni écouter. Puis un jour, on se réveille, et d'un coup, on est sensible à un réel lunaire. un chant, un bruit, un murmure et on est saisi par la beauté de quelque chose.
- Speaker #1
Et vous vous êtes saisi par la beauté de votre femme qui est aussi votre meilleure amie vous l'avez dit ça dans une vidéo par la beauté de la forêt. La beauté des chevaux qui vous ont sauvés. Vous dites que les chevaux vous ont sauvés. Et puis de mes filles aussi. Alors vous avez Bianca...
- Speaker #0
Gaïa et Tosca. Gaïa, Tosca et Bianca. Que des prénoms de pizzerias. Chez moi, si c'est que des A. On a monté une pizzeria et puis on a pris une Gaïa et une Tosca. Non, non, non. Oui, c'est des jolis prénoms. Mais c'est des belles âmes, mes filles. Je suis fier de ça.
- Speaker #1
C'est vrai ? Pourquoi vous dites que c'est des belles âmes ?
- Speaker #0
Parce que je trouve que... Elles ont une certaine forme de verticalité. Moi, c'est ce que je recherche chez les gens. C'est la verticalité.
- Speaker #1
C'est quoi pour vous la verticalité ?
- Speaker #0
C'est l'inverse du progrès technologique.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
On a énormément progressé. Évidemment, les progrès technologiques sont absolument hallucinants, mais les progrès humains dans l'état des gens aujourd'hui, on voit bien que c'est ceux qui aiment être... sont à la recherche de choses qui sont un peu plus grandes qu'eux, qui les dépassent, qui sont ouverts à une certaine forme de particularité, un peu comme un arbre, en fait. de ce qui peut relier le prosaïque et puis le sacré.
- Speaker #1
Et vous, vous êtes ça aussi.
- Speaker #0
Moi, je tends à ça. Ma femme, elle est comme ça. On est comme ça chez nous. Mais c'est parce que je n'envisage pas un rapport ultra horizontal et plat à la vie pour uniquement consommer la vie.
- Speaker #1
Ça veut dire quoi ?
- Speaker #0
Ça veut dire que c'est la différence qu'il y a entre être et avoir. Vous prenez le verbe avoir et le verbe être.
- Speaker #1
Où vous êtes ?
- Speaker #0
Moi je suis plus dans le verbe être que dans le verbe avoir. Et puis voilà, on nous fait croire que le bonheur c'est d'avoir, d'avoir plein de tiroirs. Tout ça moi je... J'ai plus tendance à mettre ça un peu plus éloigné de moi, et puis en revanche à être plus dans la quête de l'être, de soi, des autres, de la verticalité, d'une certaine forme de lien.
- Speaker #1
C'est vrai que vous êtes très à l'écoute des autres ? Même j'ai l'impression dans votre journal, dans votre JT, alors que vous parlez de sujets qui parlent du monde, mais j'ai l'impression que même, j'ai regardé hier le JT, je sentais une grande générosité, ce qu'on ne sent pas en général en des présentateurs.
- Speaker #0
L'empathie pour moi c'est hyper important, c'est-à-dire qu'on ne peut pas rêver avec un camion de poubelle chez les gens tous les soirs à déverser toutes les horreurs du monde comme une machine quoi. Donc l'idée c'est d'essayer d'accompagner les gens dans quelque chose, de les enrober, en tout cas j'essaye, avec le plus de douceur possible pour leur parler de la beauté et l'été du monde. Et d'ailleurs ça me fait penser que quand je vais défendre mes livres en salon du livre, je voyage beaucoup dans toute la France.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de gens d'ailleurs, quand vous allez dans les salons du livre, j'ai vu des images, il y a des queues entières.
- Speaker #0
Il y a des gens qui viennent me voir et puis qui me disent, ils me disent, vous savez... Vous faites partie de la famille. On dîne avec vous tous les soirs. Vous êtes dans notre maison. Ça me touche énormément. Et c'est vrai que c'est un lien très particulier. Et quand on se rend dans les salons, ça permet justement de rencontrer les autres. Moi, j'ai le goût des autres. C'est ça, l'être. Plus que l'avoir plein de tiroirs.
- Speaker #1
Vous voyez, je ne me rendais pas compte. Je ne pensais pas ça. Je pensais que vous étiez beaucoup dans le paraître.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
je vous assure. C'est dingue ce qu'on dégage. Il y a un problème de Matrix. Non mais je ne devrais pas du tout dire ça.
- Speaker #1
Ça ne se dit pas, je ne sais pas.
- Speaker #0
Vous n'avez pas le droit de dire ce que vous pensez. Il y a peut-être des gens qui disent c'est quoi ce connard. Mais honnêtement, ça leur appartient. Moi, je... Voilà, ce que les gens pensent de moi...
- Speaker #1
Ça vous touche, ce que les gens pensent de vous, justement ? Parce que quand on fait ce métier, on est quand même...
- Speaker #0
Oui, quand on se fait menacer de mort, démonté au cri, ou insulté, voilà, ça dépend d'où ça vient, mais c'est vrai que c'est toujours plus agréable d'avoir des gens qui te disent, ben oui, j'aime votre sensibilité, j'aime votre écriture, et je sais que, voilà... Mais je peux comprendre que ce soit bizarre, un mec qui présente le JT, qui écrit des romans, qui est monté chevaux... C'est qui le gars en fait ? Dans une société où on aime bien mettre les gens dans des cases et puis c'est hyper important qu'il soit rangé dans un dossier sur tel ordinateur, dans telle racine. Moi j'ai choisi de vivre autrement ma vie. Donc c'est vrai que quand vous voyez le mec du JT qui arrive en costard, comme ça, avec l'air un peu sérieux, on se dit pas qu'on va aller marcher à Compostelle avec lui. Je peux comprendre ça.
- Speaker #1
Moi maintenant je veux bien faire Compostelle avec vous. C'est vrai,
- Speaker #0
peut-être qu'on pourrait essayer d'en monter un groupe avec d'autres gens.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a quelque chose que vous avez envie de dire que vous n'avez jamais dit ?
- Speaker #0
En fait non parce que...
- Speaker #1
Vous avez déjà tout dit.
- Speaker #0
Non j'ai jamais tout dit, on peut rester encore deux heures ensemble, c'est pas le sujet. Mais je ne prouve pas un besoin. dingue de dire un truc que j'ai jamais dit parce que je me souviens pas de ce que j'ai dit enfin j'ai pas de...
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des choses que vous avez envie de partager avec les gens en tout cas ?
- Speaker #0
Bah là déjà on a mis... on a bien partagé des choses, si je peux leur communiquer que la vie c'est un mystère formidable à explorer Et que si une vie ne suffit pas, on peut essayer de la démultiplier pendant la vie qu'on a, en ayant des passions. Avoir des passions, c'est quand même un formidable moteur d'exploration et ce n'est pas à l'abri de vous rendre heureux d'avoir des passions. Que peut-être quand quelque chose vous traverse et que vous remettez en cause les autres, il y a un truc qui s'appelle la responsabilité. qui n'est pas idiote à remonter en vous et à interroger. Et peut-être que c'est tout simplement parce que vous vous faites, que vous vous ennuyez, et interrogez-vous sur le pourquoi de l'ennui. L'ennui, ça a une vertu, quand on en prend conscience, c'est qu'on en sort.
- Speaker #1
faut-il encore en prendre conscience moi je m'ennuie jamais voilà j'ai pas mal vous aimez être seule ou pas ? j'adore être seule ça nous fait deux points communs on s'ennuie jamais on adore être seule ouais et la nature aussi trois points communs et nos filles s'appellent Bianca quatre points communs quatre points communs dites donc on va pouvoir partir à marcher en revanche quand je marche je parle pas tout le temps non moi j'aime pas trop parler pas comme pas comme là
- Speaker #0
On fait silence, hein ?
- Speaker #1
Ouais. Mais vous, vous êtes speed, hein ?
- Speaker #0
Ça dépend.
- Speaker #1
Ah bon ? Bah là, vous me paraissez un peu speed.
- Speaker #0
Speed ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Je sais pas si je suis speed ou si je suis content de partager avec vous des choses.
- Speaker #1
Ah, ça, ça me fait plaisir, en tout cas.
- Speaker #0
Et que j'essaie de vous mettre, ouais, un élan vital.
- Speaker #1
Vous confondez mon élan vital avec... Un élan vital de Bergson, vous citez Bergson ! Carrément !
- Speaker #0
On a cité qui ?
- Speaker #1
Baudelaire, Saint-Exupéry, Bergson et Souchon. Ah !
- Speaker #0
Tout ça en format... C'est vrai, parce qu'en plus,
- Speaker #1
tous vos livres partent d'une phrase, d'une chanson de Woulzy de Souchon. C'est laquelle ? Oui, alors, non, oui... D'un petit...
- Speaker #0
Un grand moteur narratif, c'est... Tout a été dit dans cette chanson de Laurent Fouzy, il y a toujours un garçon et une fille au désespoir. Et c'est vrai que quand vous ouvrez un livre, vous avez toujours... Vous regardez un film de cinéma, il y a toujours un garçon et une fille au désespoir, souvent.
- Speaker #1
Et vous, vous écrivez pour eux ? En tout cas, vous partez de ça.
- Speaker #0
Moi, je pars, c'est souvent là. En tout cas, quand j'ai rencontré Laurent Bouzy sur cette émission, parce que vous faites référence à ça, je lui ai parlé de ça, ça l'a fait marrer et tout. Mais oui, c'est quelque chose qui me... Je ne pars pas de ça spontanément, mais j'y pense tout le temps. Quand on écrit des histoires, on cherche tout le temps des histoires. On va à la pêche aux histoires. Et en fait, on se rend compte d'un truc important, c'est que ce n'est jamais vous qui choisissez l'histoire. C'est toujours l'histoire qui vous choisit. D'ailleurs, là, je parlais de ce garçon que j'ai rencontré dans un gîte. Pierre. Qui est devenu Pierre. Voilà, il a dû se poser sur mon épaule. Ce n'est pas moi qui l'ai choisi. Mais il y avait toujours un garçon et une fille de désespoir.
- Speaker #1
Moi, j'avais juste une dernière question. C'est que je me demandais si vous lui parliez à votre sœur.
- Speaker #0
Tous les jours ?
- Speaker #1
Oui. Parce que vous parlez beaucoup de spiritualité aussi.
- Speaker #0
Moi, je parle tous les jours à ma sœur. Je pense qu'on parle assez des fins. D'abord, on n'est pas à l'abri qu'ils nous répondent.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Alors on me dit, qu'est-ce qu'il raconte encore ? Non, mais je viens essayer. Et puis, vous verrez qu'il y a différentes manières de répondre. Et puis, c'est entretenir un dialogue. C'est aussi les maintenir en vie, quoi. Donc, tant qu'on leur parle. il y a de la vie. Et parfois, ils répondent, parfois, ils ne répondent pas. Parfois, ils envoient des signes. Après, c'est ce qu'on veut bien interpréter. Attention, et une fois de plus, ça n'engage que moi. Je n'ai pas de prosélytisme, je ne dis pas assez la vérité. Je dis juste que ça vaut le coup quand on a un chagrin d'un disparu. On peut se rendre compte que de temps en temps, ils peuvent aussi nous amener à nous faire marrer, à nous faire sourire, à nous surprendre. Il faut juste essayer.
- Speaker #1
C'est beau ce que vous dites. C'est rare.
- Speaker #0
C'est vrai, je pense.
- Speaker #1
Je vais essayer. Je vais essayer. Merci beaucoup. Merci beaucoup, les amis de Moulin. Ça s'est bien passé. Ouais, c'était top. C'était top, oui. Si tu as aimé ce podcast, abonne-toi pour ne rien manquer des prochains épisodes, soutenir Cerveau Puissant et suivre toutes les actualités, les échanges à venir et les contenus que je prépare pour continuer à nourrir ce qui fait vraiment la différence.