- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent. Un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des pas qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité. Une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Merci pour votre soutien incroyable depuis le lancement de Cerveau Puissant. Likez, commentez, partagez et boostez sur YouTube. C'est comme ça qu'on va continuer à grandir avec vous. J'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Aujourd'hui, je reçois Solène Saint-Gilles.
- Speaker #1
Bonjour Pierre.
- Speaker #0
Solène est responsable de programmes culturels chez France Télévisions. Elle travaille... au cœur des récits, des œuvres, des images, de tout ce qui nous relie, nous élève, nous dérange parfois et nous rend profondément humain. C'est exactement pour ça que j'avais envie de l'inviter. Parce qu'aujourd'hui, tout va vite. L'intelligence artificielle transforme nos métiers, nos façons de créer, de penser, d'apprendre, de décider. Elle nous fascine autant qu'elle nous inquiète. Mais la vraie question est peut-être ailleurs. Qu'est-ce qui, en nous, restera irremplaçable ? Notre capacité à ressentir, à imaginer, à douter, à être touché, à faire un lien que personne n'avait vu avant nous, à penser avec notre cerveau, mais aussi avec notre mémoire, notre sensibilité et notre part d'ombre. Avec Jean-Philippe Zappa, Solène publie Intelligence artistique. Intelligence artistique, I.A. Un livre qui tient sur une conviction simple. La culture n'est pas un luxe, ni un décor, ni un privilège réservé à quelques-uns. C'est une force qui transforme les entreprises, les équipes et chacun de nous. Elle réveille l'attention, aiguise l'esprit critique, élargit le regard. Mais ces choses-là ne tiennent pas toutes seules, ça se cultive ou ça s'éteint. Et peut-être qu'à l'heure où les machines savent produire, calculer, optimiser et répondre, notre plus grand enjeu sera de rester capables de ce qu'elles ne sauront jamais faire à notre place, sentir, créer, transmettre. Avec Solène, on va parler de culture, d'intelligence artificielle, de beauté, de lien, mais surtout de ce qui fait encore de nous des êtres vivants et uniques. Solène, je suis honorée de te recevoir aujourd'hui.
- Speaker #1
Ça va être un plaisir. Quelle belle introduction, franchement. Là, c'est vraiment une mise en avant des qualités irremplaçables. C'est-à-dire que la machine n'aurait pas pu écrire un aussi joli texte. Ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Exactement. C'est pour ça que j'avais très, très envie de te recevoir et on va développer pourquoi. Alors, chez Sao Pissant, on commence toujours de la même manière, par une phrase que tu as envie de nous partager.
- Speaker #1
Alors des phrases, j'en ai pas mal parce que je suis très moi sur les mots. Il y a une phrase que je partage beaucoup avec ma fille, elle a 8 ans, donc c'est une petite phrase, mais en même temps je trouve qu'elle est hyper, même pour des adultes, on est tous des grands enfants, c'est sourire à la vie et la vie te sourit. Et je trouve que c'est une façon d'appréhender la vie. Je lui dis tout le temps, tous les matins, c'est sourire à la vie et la vie te sourit. Et en fait ça fonctionne très bien, y compris sur nous tous en fait. Et après moi j'ai une citation que j'aime bien qui est la vie est trop courte pour être petite. C'est un truc qui m'accompagne. J'ai aussi le secret d'action, c'est de s'y mettre. Enfin, tu vois, beaucoup de choses qui sont tournées.
- Speaker #0
Tu es régie par des mantras dans ton quotidien.
- Speaker #1
Oui, mais par des mantras qui parlent d'action, qui parlent d'avancer, d'enthousiasme. J'aime bien ces petits mantras qui te donnent un petit coup au réveil et te font passer une belle journée. Après, tu sors, il pleut, mais ça te met dans une belle énergie.
- Speaker #0
Alors, ce qui est vrai, et on va le voir dans tout notre échange, c'est que tu as une énergie incroyable. Ce n'est pas par hasard que tu t'occupes depuis... Ça fait combien d'années que tu es chez France Télévisions ?
- Speaker #1
Ça fait longtemps que je suis chez France Télévisions. En fait, France Télévisions, c'est un écrin parfait pour moi parce qu'on est dans les médias, donc très diffusion large. Moi, j'aime bien impacter. Donc, effectivement, le média est d'impact, il impacte largement. On touche des millions de téléspectateurs, parfois moins, mais on touche beaucoup de monde. Et en même temps, moi, je suis très sensible au sens. Donc, l'avantage de France Télévisions, c'est que c'est une entreprise de service public qui a beaucoup de sens, c'est-à-dire que nos programmes... C'est pas juste des programmes de télé lambda, c'est des programmes qui apportent toujours un petit plus. Il faut toujours qu'il y ait un petit plus dans tous nos programmes, y compris d'ailleurs dans les jeux et les divertissements, et en particulier dans la culture. Donc vraiment, j'ai pas trouvé mieux aujourd'hui en termes de structure, ou alors il faudrait que je sors des médias, un média qui, enfin voilà, d'avoir un espace qui soit à la fois impactant avec du sens, France Télévisions c'est ma maison en fait, et donc effectivement ça fait 20 ans. Alors c'est marrant parce que moi je suis quelqu'un qui, tu vois, je suis toujours beaucoup dans l'action, j'adore bouger, etc. Et parfois, quand je regarde dans le rétroviseur, je me dis, mais c'est fou parce que ça fait 20 ans que je suis à France Télévisions. C'est complètement improbable. Et en même temps, comme France Télévisions est un très grand groupe avec beaucoup d'entités. Je me rends compte que j'ai quand même eu un parcours où tous les trois ans à peu près, j'ai pu évoluer. Alors avec quand même une grande ligne directrice qui est la culture, parce que c'est mon truc. Mais toujours en évoluant, ne serait-ce que devant les personnes avec qui je travaille. C'est très important quand même les personnes avec qui tu travailles. Et puis les émissions qu'on lance et qui s'arrêtent, on en relance d'autres. Enfin, on est quand même dans des métiers...
- Speaker #0
Un interne recommencement en fait.
- Speaker #1
Tous les jours, on a quand même la sanction de l'audience. Ou le plaisir, ça dépend, parfois on le vit plus ou moins bien. Alors même si sur la culture, ce n'est pas le critère principal, l'audience en fait, il y a plein d'autres critères, c'est-à-dire qu'encore une fois, la notion de sens est encore plus importante, mais il n'empêche qu'on fait quand même des programmes parce qu'on a envie qu'ils soient vus. Donc on est quand même sensible à l'audience qu'on peut faire. Et donc tous les matins, c'est rare quand même les métiers où tous les matins, on a un retour sur ce qu'on a fait. Direct. Oui, direct. Et direct, puisque je rebondis sur le mot du direct, ce que j'adore moi plus que tout en télé, il n'y en a pas tant que ça, c'est les émissions en direct, évidemment. C'est comme ce qu'on vit là.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce qui t'a amenée dans la culture ?
- Speaker #1
Alors, moi, j'ai quand même baigné dans un milieu culturel. C'est-à-dire qu'il y avait beaucoup de livres à la maison, je suis allée assez tôt voir des spectacles. J'ai une maman, une grand-mère qui était peintre. Donc, j'ai toujours beaucoup évolué dans la culture. Donc, je dirais que j'ai quand même eu un parcours. J'ai toujours préféré lire des livres qu'aller faire du sport, par exemple. Aujourd'hui, j'essaie de faire les nœuds. Mais bref, j'ai toujours ébéné dans la culture. Donc, c'est vrai que le chemin s'est tracé assez naturellement. Mais aujourd'hui, j'ai quand même une vision que j'ai développée assez vite dans mon parcours, qui est vraiment de rendre cette culture accessible au plus grand nombre, parce que j'ai quand même tout à fait conscience que j'ai eu... Alors, je n'ai pas eu spécialement... Mais si, j'ai quand même grandi dans un espace privilégié. Parce qu'encore une fois, grandir dans un espace où il y a de la culture, c'est une privilégié. Parce que je pense qu'en fait, le privilège, il n'est pas tant au niveau de l'argent, même si l'argent, ça compte. Mais d'être dans du beau, d'être en contact avec du beau, avec de l'intelligence, avec de l'émotion, c'est quand même une chance. Donc moi, ce que j'essaye assez vite en intégrant France Évisions, vraiment mon souci, ça a été de rendre la culture accessible au plus grand nombre. Je trouve ça pas du tout intéressant. de faire de la culture un entre-soi, je trouve que c'est intéressant, c'est justement d'a diffuser largement, et y compris dans des milieux ou des secteurs qui sont un peu moins privilégiés de ce point de vue-là. Parce qu'il y a des gens qui sont éloignés des lieux culturels. L'éloignement géographique, c'est presque ce qui est le plus important. Le principal frein à la consommation culturelle n'est pas tant l'argent, bizarrement. Les études le prouvent, parce qu'il y a quand même une politique de tarification en France qui fait qu'aujourd'hui...
- Speaker #0
On essaie de rendre la culture accessible.
- Speaker #1
Les jeunes peuvent aller au théâtre pour pas grand-chose. La comédie française, par exemple, ça ne coûte pas très cher, etc. En revanche, l'éloignement géographique, et moi, je suis très sensible, je travaille beaucoup sur les zones rurales, parce qu'effectivement, quand on est loin, quand il faut faire une heure de voiture pour aller au théâtre, évidemment, on se pose la question, on se dit que c'est plus sympa de rester devant sa télé. Donc, voilà. Et d'ailleurs, à la télévision, c'est pour ça qu'on fait des captations d'oeuvres de théâtre, ou de spectacles, de ballets et d'opéras, pour pouvoir l'offrir justement aux gens qui ne peuvent pas se déplacer. Après, jamais en télévision, on n'arrive à transmettre ce qu'on vit dans une salle. Bien sûr. C'est la même émotion. Mais non, parce que dans une salle, en fait, on vit un moment collectif d'émotions partagées. C'est-à-dire qu'on a des voisins qu'on ne connaît pas, et à un moment donné, on vit avec eux une émotion forte. Donc, c'est quelque chose qu'on ne peut pas... Mais après, en télévision, on arrive quand même... Alors aujourd'hui, on réfléchit à des nouvelles façons de capter. justement, pour essayer vraiment de se rapprocher au plus près de l'émotion. En fait, il y a une époque où on captait nos spectacles en posant vraiment quelques caméras et puis on était en chant contre chant, etc. Là, aujourd'hui, on essaye d'aller un peu plus près des émotions, mais rien ne remplace l'émotion en salle, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux me donner ta définition de la culture ?
- Speaker #1
Alors, moi, je n'ai pas de définition de la culture. En fait, déjà, de base, je n'aime pas enfermer les choses. J'aime pas, par exemple, si je devais décrire quelqu'un...
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce que ça englobe pour toi,
- Speaker #1
le mot culture ? En fait, la culture, pour moi, c'est tout ce qui élève, enrichit, rapproche. Ça rapproche et en même temps, ça singularise. En fait, la culture, c'est justement ça qui est génial. C'est-à-dire que ça peut toucher chez chacun quelque chose de différent. donc il n'y a pas de définition de la culture à proprement parler mais j'ai quand même cette notion d'élévation et puis d'émerveillement et de ressenti et encore une fois de rapprochement je pense qu'on se rapproche énormément moi je suis très sensible pourquoi j'aime autant la culture déjà parce que moi ça me fait du bien ça m'a toujours fait beaucoup de bien dans des moments quand j'ai un petit coup de mou je trouve que d'aller voir une belle oeuvre d'aller voir un film au cinéma d'aller voir une pièce de théâtre ça permet de sortir de soi Et en même temps, ça permet de sortir de soi et en même temps de se retrouver. C'est-à-dire que...
- Speaker #0
C'est une respiration. Oui,
- Speaker #1
une respiration. Et on a besoin de respirer quand même.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr. Et le podcast aussi est une forme de respiration. Et on pourrait dire que c'est un média culturel. C'est sûr. C'est sûr. C'est pour ça qu'on est ravis de t'avoir aujourd'hui pour parler de tout ça. Alors, toi, dans ton livre, tu parles du choc de l'IA. Et tu commences avec cette question. Qu'est-ce qui, en nous, demeure irremplaçable ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui, pour toi, est irremplaçable ?
- Speaker #1
En fait, déjà, tu l'as compris, je suis très sensible aux imaginaires positifs. Donc là, on est parti du point de départ qu'effectivement, on est quand même dans une époque où l'avenir est quand même un peu excursi, qu'il y a une espèce de clôture des futurs. On a l'impression que tout vire à la catastrophe. Et l'IA est quand même une crainte pour beaucoup de gens et pour beaucoup d'artistes. Ça, c'est un fait. Donc, on s'est dit, on ne peut pas... Moi, je déteste être fataliste et j'aime... pas l'idée de se dire, d'uniquement subir les choses. Donc l'IA, elle existe, elle est là, on l'utilise tous. Mais voilà, comment on peut transcender ça et essayer de trouver quelque chose de positif là-dedans ? Donc on est parti effectivement de l'intelligence artificielle qui nous envahit et on s'est dit mais qu'est-ce qui fait de nous des êtres irremplaçables ? Et ce qui fait de nous des êtres irremplaçables, pour le moment, c'est quand même notre capacité, on parlait de l'émotion, nos émotions, notre capacité d'émerveillement, notre empathie, notre esprit critique. Notre imagination, notre humour même. Il faut demander à Alia de faire une blague, franchement. C'est toujours un côté de la plaque. Donc les humoristes, par exemple, ils sont moins inquiets que d'autres. Un esprit un peu plus divergent, une façon de penser un peu contre soi. Parce que quand même, là où l'intelligence artificielle uniformise, l'algorithme, la machine, elle uniformise. C'est-à-dire que nous, ce qu'on souhaite développer, c'est l'intelligence artistique. Donc tout ce qui singularise. Moi, je suis très sensible à l'idée de se singulariser. Et je pense qu'aujourd'hui, demain, aujourd'hui déjà, ce qui fera de nous des êtres irréversibles, c'est d'être vraiment nous-mêmes, en fait, de s'affirmer dans notre singularité. Et là, c'est un livre qui s'adresse plutôt aux chefs d'entreprise en disant, vos salariés, si vous voulez développer un avantage compétitif fort, ça peut être basé aussi sur vos salariés, et donc de développer chez eux leur intelligence artistique, et cette intelligence artistique, elle peut se développer avec le contact avec l'art et la culture. Donc, on veut introduire dans l'entreprise l'art et la culture.
- Speaker #0
Alors, toi, tu cites cette étude. 83% des gens sont incapables de se rappeler une phrase qu'ils venaient d'écrire.
- Speaker #1
Alors, ça, c'est fondamental parce qu'on mélange souvent. Moi, je pense que ce qui est important dans la vie, en général, c'est le chemin plus que le résultat. C'est le chemin qu'on... Après, c'est toujours plus sympa quand le résultat est positif. Le problème avec l'IA, moi je le vois, je passe mon temps à faire des recherches, c'est qu'en fait, il n'y a pas ce chemin-là. On pose une question, en deux secondes on a une réponse. Alors je ne veux pas avoir l'air vieille, mais moi à l'époque, quand je faisais une recherche, quand on était enfant, on allait se faire des encyclopédies énormes, on allait rechercher le truc. Et donc en fait, la recherche, le chemin qu'on prend pour trouver une information, c'est en fait cet effort, il permet de mieux retenir l'information. Et c'est vrai qu'en chopant une information en deux secondes, En fait, on la retient effectivement instantanément, mais vraiment, le lendemain, elle est perdue. Et donc, le livre, on l'a nourri aussi de beaucoup d'études scientifiques parce qu'on a un propos, on a une approche forte, on a cette idée d'intelligence artistique, on a une conviction là-dessus. Mais c'était important pour nous de la nourrir d'études et de la nourrir aussi de chiffres. Par exemple, là, on va développer un héroïde de la culture avec le MEDEF, Patrick Martin, qui préface le livre. C'est-à-dire qu'il ne suffit pas de dire aux entreprises « Investissez dans la culture, ce sera super pour vos salariés, ils seront moins stressés, ils seront plus heureux au travail, ils seront plus intelligents » . Non, il faut aussi leur dire « En fait, vous investissez dans la culture, ça vous rapporte tant » . Et c'est ça le ROI, c'est en fait, c'est le retour sur l'investissement. Et à un moment donné, c'est important de nourrir un propos avec des chiffres. Les concepts, c'est une chose, les chiffres, c'est autre chose. Et cette étude, elle est intéressante pour ça. Mais comme il y a d'autres études qui montrent que le QI n'a jamais été aussi faible qu'actuellement. Tu appelles ça,
- Speaker #0
dans le livre, tu dis que ça s'appelle le délestage cognitif.
- Speaker #1
Alors oui, le dérèglement cognitif, le délestage cognitif, il y a plein de mots, mais en fait c'est tout ce qui effectivement affecte toutes ces capacités cognitives.
- Speaker #0
Tu le ressens toi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Tu veux dire à titre personnel ?
- Speaker #0
À titre personnel, chez France Télévisions, sans citer personne.
- Speaker #1
Non mais, alors, le ressentir... En tout cas, moi, j'ai la chance d'évoluer quand même avec beaucoup d'artistes. Et je le ressens peu chez eux parce que justement, ils développent beaucoup leur intelligence artistique, de fait. Mais c'est vrai que moi, vraiment, ça m'attriste. que par exemple, ces communautés, tous ces niches qui sont nées de l'algorithme, c'est-à-dire que tu aimes ça, donc on te propose ça. Et en fait, tu restes très vite enfermée dans un... Et tu manques complètement de bataille à déployer. Et ça, ça m'attriste vraiment chaud. Et quand même, effectivement, j'en fréquente pas trop parce que j'ai la chance, et je pense qu'on a tous cette chance-là, de choisir aussi qui nous entoure. C'est important de choisir son entourage. Donc moi, je ne m'entoure pas de gens qui sont enfermés. J'aime bien m'entourer de gens qui sont... qui ont une ouverture d'esprit, mais quand même, on est toujours confronté à des gens que je trouve effectivement plus enfermés. Et je pense que ça, c'est la machine qui renforce ça. C'est-à-dire qu'il y a des natures plus ou moins curieuses, mais l'algorithme nous conforte dans nos goûts. Et moi, je pense qu'il ne faut surtout pas se conforter dans ses goûts. Il faut penser contre soi. Il faut aller s'ouvrir à d'autres choses auxquelles on n'aurait pas forcément pensé. Il faut s'intéresser à d'autres choses, parce que ça n'a pas d'intérêt, effectivement. L'affaiblissement cognitif, il passe aussi par là, en fait, d'être juste dans son petit monde et ne pas en sortir.
- Speaker #0
Alors, tu vas plus loin parce que tu reprends Harari et tu dis même les artistes ne seront pas à l'abri de ce délestage cognitif.
- Speaker #1
Oui, en fait, les artistes sont très inquiets globalement par l'intelligence artificielle. Alors moi, comme je suis une enthousiaste née, je suis convaincue. Et c'est marrant parce que j'en discutais avec quelqu'un l'autre jour. J'avais un petit déjeuner avec quelqu'un. On a parlé d'intelligence artificielle. Ce système-là va finir par exploser. Bon, je ne sais pas si ça ira jusque-là, mais même, moi, je pense qu'il faut vivre avec et qu'en revanche, je n'arrive pas à croire, moi, que, encore une fois, cette intelligence artistique, c'est-à-dire cette intelligence vraiment humaine, elle puisse ne pas être une valeur ajoutée, en fait, par rapport à la machine. Je ne crois pas non plus, moi, à l'effacement. Mais il n'empêche que, et puis la machine, il faut bien la nourrir. Bien sûr.
- Speaker #0
Alors, tu l'as déjà dit, mais moi, j'aime beaucoup ça. Tu expliques ? Je voudrais qu'on y revienne. Tu dis que l'émerveillement se cultive, qu'il n'est pas inné. Et c'est vrai que c'est aussi cette notion d'accessibilité. Comment est-ce que toi, par exemple, tu cultives ton émerveillement ?
- Speaker #1
Alors moi, je suis une émerveillée de nature. Ça se voit, ça se voit. Après, ça se cultive effectivement l'émerveillement. Et l'émerveillement, il se cultive en ouvrant les yeux, en observant, en regardant, en s'intéressant. Il y a quand même des jours où on est moins émerveillé que d'autres. Mais c'est important justement de se ramener toujours, de se reconnecter toujours à sa capacité d'émerveillement. C'est-à-dire que, encore une fois, le monde, il existe autour de nous. Mais ce qui compte surtout, c'est le regard qu'on porte sur ce monde. Une journée où il pleut, je peux baisser la tête et me dire « Ah mon Dieu, il pleut ! » Et en même temps, je peux danser sous la pluie.
- Speaker #0
Oui, c'est aussi que derrière chaque artiste ou derrière chaque message, une émission... de l'art, enfin n'importe quoi, il y a des messages et certains messages peuvent nous toucher à des moments de notre vie. Et en fait, comme tu l'as dit, quand on est connecté, on est capable de capter que dans ce film, on se reconnaît dans la petite fille du film ou le petit garçon, j'en sais rien. Et en fait, on a plein d'aides pour là où ça nous touche, c'est parfois là où on doit travailler des choses.
- Speaker #1
Et ce qui est fou dans l'art, de manière générale, c'est que plus les artistes parlent de choses personnelles, plus c'est universel. Et en fait, plus ils vont chercher des situations personnelles. Dès qu'ils s'ouvrent au plus profond d'eux-mêmes,
- Speaker #0
ça touche le plus grand nombre. Je crois que ce n'est pas que les artistes. C'est une grande forme de leadership hyper développée aux Etats-Unis. Le leader américain, et en France on n'y est pas encore, mais on va y venir, il se montre très vulnérable et très authentique. C'est comme ça qu'il entraîne ses équipes.
- Speaker #1
On en parlait juste au préalable. C'est vrai que la vulnérabilité nous rapprochent beaucoup plus que la puissance. Même si on est avec les cerveaux puissants. Et d'ailleurs, la vulnérabilité nourrit la puissance.
- Speaker #0
Exactement. Et tu l'as très bien dit, c'est ce qui nous rapproche.
- Speaker #1
On est tous vulnérables. On est tous avant tout vulnérables. Et puis après, si on arrive à transformer cette vulnérabilité en puissance, c'est-à-dire si on arrive à en faire quelque chose de cette vulnérabilité, enfin en faire quelque chose, c'est-à-dire à l'accueillir et à la transformer, Moi, j'adore, tu sais, cet art japonais qu'est le kintsugi. C'est-à-dire que dès qu'on arrive à mettre un peu d'or dans les failles, c'est magique. Et peut-être qu'en fait, la puissance naît de la vulnérabilité, d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est ce qu'en tout cas...
- Speaker #1
On est des robots.
- Speaker #0
Exactement. Et chez Sao Puissant, on a reçu tellement d'invités qui nous expliquent qu'en fait, des ténèbres naît la lumière. C'est à travers les failles que la lumière passe. Enfin, encore tout à l'heure, on était avec une coach incroyable à site de Ballon et qui... qui nous a parlé de tout ça. Donc, ouais, non, nous, c'est vraiment... En tout cas, moi, c'est mon point de bascule. C'est que souvent, dans les pires moments, on est des choses incroyables. Et c'est drôle parce qu'en fait, toi, ta définition de culture est assez rapprochée de ce qu'on dit de manière générale dans l'événement personnel sur la vulnérabilité. Toi, tu dis même, la culture est l'un des derniers remparts à... L'archipélisation, parce qu'elle fait partager des émotions communes. C'est comme la vulnérabilité.
- Speaker #1
Exactement. Mais c'est ce que je te disais tout à l'heure, c'est-à-dire qu'effectivement, vivre des émotions communes, ça rapproche. En fait, j'ai une petite obsession du rapprochement, moi. Mais c'est normal parce qu'en ce moment, on sent bien que tout le monde, tout le temps, a nous séparé, a nous éloigné, pas que les écrans. C'est-à-dire qu'on est dans un monde extrêmement polarisé où effectivement, chacun dans sa petite communauté. Donc tout ce qui peut rapprocher, tout ce qui peut créer du lien, Euh... pour moi, est hyper important. Et effectivement, la culture par essence, quand on vit une émotion commune, ça rapproche de son... On parlait, on est dans une salle, le voisin ne le connaît pas, on ne sait pas d'ailleurs, il ne vient pas... Et de vivre une émotion commune, ça rapproche.
- Speaker #0
Alors, toi, un de tes contributeurs dans le livre parle, comme on aime l'espoir, d'une génération avec une faim de sens, une soif d'émotion. Parce que tu dis qu'on est très sollicités, mais en même temps, moi... Et on est beaucoup à sentir cette quête d'authenticité et d'émotion.
- Speaker #1
Alors, je crois qu'elle est encore plus grande. C'est pour ça qu'on sensibilise les chefs d'entreprise là-dessus. Chez les jeunes générations, c'est-à-dire que par exemple, il y a des générations qui sont rentrées dans le monde de l'entreprise, il y avait moins cette quête de sens. Aujourd'hui, elle existe beaucoup plus. Et la nouvelle génération qui rentre sur le marché du travail, évidemment, est très sensible au sens d'un travail. aux valeurs d'une entreprise. Donc, c'est pour ça que ça s'inscrit complètement, d'ailleurs, dans les avantages compétitifs des entreprises pour demain. C'est aussi d'attirer des jeunes publics, enfin, en tout cas, des jeunes générations qui sont aujourd'hui très exigeantes là-dessus, en fait.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux concrètement expliquer qu'est-ce que ton livre, enfin, voilà, qu'est-ce que tu recommandes dans ton livre et qu'est-ce que ça veut dire pour une entreprise investie dans l'art ?
- Speaker #1
Alors, investie dans l'art. Alors, déjà, ce qui est intéressant, déjà, c'est qu'on a beaucoup de contributeurs dans le livre. Donc, le livre est préfacé. par Patrick Martin et Anne Roumanoff. À chaque fois, on met en parallèle des gens d'entreprise et des gens de la culture. Je veux dire que Medef, il nous aide beaucoup parce qu'en fait, c'est évidemment une courroie de transmission formidable pour tous les entrepreneurs. Et on a 30 contributeurs dans le livre. C'est une petite communauté de départ. C'est-à-dire que c'est vraiment les pionniers d'intelligence artistique. Et l'idée, en fait, c'est que derrière, on ouvre à une communauté plus large.
- Speaker #0
C'est comme un manifesto.
- Speaker #1
En fait, c'est un manifeste. Et d'ailleurs, là, on a rédigé une première tribune qui a été publiée dans les échos. Là, on vient d'en rédiger une autre qui va être publiée aussi. dans un journal économique. En fait, encore une fois, c'est un manifeste. On essaie d'infuser cette idée. Et la prochaine étape, ça va être vraiment de créer un think tank, un club entreprise et culture qui intégrera beaucoup d'entreprises et de gens de culture. Et puis, on travaille avec Jean-Philippe sur des petits modes d'emploi, effectivement, assez concrets pour les entreprises. C'est-à-dire, je suis chef d'entreprise aujourd'hui, je suis convaincue par la télévision artistique parce que ça, je vois dans les rencontres que je fais déjà, les gens adhèrent assez spontanément à la télévision artistique. Parce que pour eux, c'est enfin un imaginaire positif. Je parlais d'imaginaire positif. Tiens, un truc un peu positif à développer et qui peut rapporter en plus. Oui,
- Speaker #0
il y a un vrai investissement en plus.
- Speaker #1
En fait, l'idée, c'est un vrai avantage compétitif, mesurable, avec ce ROI qui va être présenté à la REF du MEDEF en août. Donc, en revanche, souvent, la question qu'on nous pose, c'est comment, oui, finalement, comment je mets ça en œuvre dans mon entreprise ? Sachant que nous, on ne s'adresse pas qu'aux grosses entreprises qui font du mécénat, etc. Non, encore une fois, c'est toutes les... petites et moyennes entreprises qui peuvent investir dans la culture. Ça commence par des choses très simples. On parlait de ralentir tout à l'heure. Moi, je suis très sensible à ça parce que moi, je vais trop vite. Par exemple, mon challenge, c'est vraiment de ralentir. Mais dans un monde où, effectivement, tout va très vite, où les salariés sont sous pression, etc., avoir tout d'un coup un club de lecture dans une entreprise, trouver un moment pour les salariés, pour qu'ils se posent, qu'ils ralentissent, qu'ils prennent un temps un peu plus long.
- Speaker #0
Avoir combien, avoir un club de lecture ?
- Speaker #1
Ça ne coûte rien, en fait. C'est des investissements qui sont pas...
- Speaker #0
Ça veut dire combien ?
- Speaker #1
En fait, ça ne coûte rien. Tu as des livres, tu as un salaire et des livres. Et tu consacres un petit espace de temps. Mais en fait, ce temps, ce une heure, par exemple, que le salarié va passer à lire des livres, et puis après, il y a des échanges, etc. C'est vraiment... Il y a une réserve.
- Speaker #0
Maintenant, chacun dépose le bouquin qu'il a lu. En fait, ça n'a même pas besoin d'investir dans le livre.
- Speaker #1
juste une salle et d'ailleurs ça m'est même beaucoup plus sympa d'avoir des gens qui déposent des livres parce que ça fait une démarche de circulation d'échange mais ça peut être ça mais ça peut être aussi des œuvres d'art dans un hall d'entrée et encore une fois on n'est pas obligé d'investir dans un Picasso on évite d'investir dans une croûte aussi mais l'idée c'est que ça suscite en fait plutôt que de parler de la pluie et du beau temps dans l'ascenseur les gens auront vu une œuvre avant donc déjà ça suscite la créativité et puis encore une fois le lien, l'échange en fait la semaine prochaine Un club de théâtre, pareil, ça favorise l'éloquence. Il y a des gens qui peuvent être timides, qui peuvent se révéler, donc ça révèle aussi des personnalités. Dans le livre, on a beaucoup de témoignages d'artistes qui interviennent dans l'entreprise. Et en fait, l'artiste qui intervient dans l'entreprise, ce n'est pas juste... Un complément de salaire, etc. Évidemment, ça compte aussi. Mais il n'y a pas que ça. Pour eux, c'est aussi une nouvelle vision. C'est-à-dire qu'ils se confrontent à une autre vision. Il y a Laurent Couson, par exemple, qui témoigne et qui est un chef d'orchestre. En fait, lui, parfois, il échange avec des chefs d'entreprise. Un chef d'entreprise, c'est un chef d'orchestre. Enfin, un chef d'orchestre, c'est un chef d'entreprise. Anne Romanoff, elle raconte aussi ça. Caroline Vigneault, qui intervient en entreprise. Enfin, voilà, c'est où ils font... en fait, par l'humour.
- Speaker #0
On embrasse Anne Roumanoff, que je connais bien.
- Speaker #1
Ah ouais, qui est super, qui a préféré assez de livres. Et elle, elle raconte, effectivement, quand elle intervient en entreprise, dans des séminaires, elle arrive à désamorcer des conflits parfois, parce qu'en fait, par l'humour, elle arrive à passer des messages qui sont... Mais ça peut être accueillir une troupe de théâtre, ça peut être... En fait, il y a plein. Et nous, ce qu'on souhaite, c'est-à-dire que tout ça doit être au service des valeurs de l'entreprise.
- Speaker #0
De l'humain.
- Speaker #1
Alors, de l'humain, évidemment, ça, c'est la base. Mais pour l'entreprise, il faut que ça soit au service de ses valeurs et de ses ambitions. Donc, en fait, encore une fois, on voudrait aller plus loin avec Jean-Philippe pour vraiment proposer du sur-mesure, en fait. Voilà, vous avez telle problématique, voilà ce qu'on peut apporter.
- Speaker #0
C'est passionnant. Alors, j'ai complètement oublié dans l'intro de l'édition, mais c'est quand même un truc hyper important. Tu as quand même été nommée parmi les 100 femmes de culture. Je pense que là, ça y est, c'est bon, on a compris pourquoi. Qu'est-ce que ça représente pour toi en tant que femme ?
- Speaker #1
Alors moi, je suis très investie sur... J'ai la culture, ça c'est vraiment très important pour moi, l'art et la culture. Mais je suis très investie aussi sur les femmes. Moi, j'adore les femmes en général. J'ai beaucoup travaillé avec des femmes qui m'ont toujours inspirée. Je trouve beaucoup plus d'inspiration en général chez les femmes. Par exemple, toi, tu peux m'inspirer. Enfin vraiment, j'ai plein de femmes qui m'inspirent. Toutes les femmes m'inspirent. Il y a des hommes qui m'inspirent aussi, mais des femmes m'inspirent encore plus. Je suis partie de plusieurs associations, le Média Club L. Ce matin, j'étais encore avec des femmes, femmes et culture. Donc, il y a des 100 femmes de culture. En fait, je suis très sensible à ce qui est... Les femmes ont été beaucoup invisibilisées dans la culture. Beaucoup invisibilisées. D'ailleurs, je suis très heureuse de voir qu'aujourd'hui, il y a des expositions qui remontent des peintres femmes. Au cinéma, pareil, on essaye de mettre bien en avant les femmes compositrices, les femmes réalisatrices, etc. Mais les femmes ont été invisibilisées. Donc, moi, je travaille beaucoup à ce... qu'on rende les femmes plus visibles devant et derrière les écrans.
- Speaker #0
Et pour toi, quelle est ta définition d'une entreprise cultivée ?
- Speaker #1
Alors, une entreprise cultivée, c'est déjà une entreprise, effectivement, qui a des salariés. Ce n'est pas vraiment comme question. On ne m'a jamais posé cette question. Mais une entreprise cultivée, ce serait une entreprise avec un, comment dire, déjà avec des valeurs fortes, un engagement fort, du sens. Et puis, une entreprise, c'est quoi ? C'est ses salariés, en fait. Donc, en fait, encore une fois, c'est avec des salariés qui ont cette curiosité. Il y a quand même des entreprises qui favorisent plus, bien sûr, ne serait-ce que, par exemple, pour une entreprise, moi, je n'ai rien contre le sport. Au contraire, je pense que les deux sont liés. C'est une tête bien faite dans un corps bien fait. Mais pour autant, on peut faire le choix, par exemple, d'investir, d'offrir à ses salariés des places pour aller voir un match de foot. On peut aussi leur offrir des places pour la comédie française. Je reviens à la comédie française, mais ça peut être dans un... Donc, voilà, ça, c'est des choix. D'ailleurs, on peut faire une année de foot,
- Speaker #0
une année... On peut faire les deux, d'ailleurs. On peut faire les deux. Non, alors, moi, c'est un très bon point. Parce que c'est bientôt, d'ailleurs, la fin de l'année. Et parfois, il y a des... Tu sais, pour réunir les équipes, ils font du penwall, du... Alors là, moi, pour le coup, j'ai tout le temps... Mais faites quelque chose qui vous élève.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Non pas... que ce n'est pas sympa, mais il y a tellement de choses à faire, ne serait-ce qu'en développement personnel ou culture. Je suis complètement d'accord avec toi.
- Speaker #1
Ça, c'est un choix.
- Speaker #0
C'est pour ça que ton livre est très brillant, parce qu'en fait, les gens, souvent, ça leur manque de temps. Donc, on se dit, tiens, on n'a qu'à aller là. Qu'est-ce qui peut accueillir 80 personnes ? Alors qu'en fait, comme tu le dis, il y a plein de choses un peu plus accessibles. Il suffit... Je pense que ton livre a ouvert un très joli débat. Sur la responsabilité de tout un chacun.
- Speaker #1
Je sens que... Et on en est les premiers sur... pris, je sens vraiment qu'il est arrivé au bon moment. C'est-à-dire que c'est toujours la même chose. On peut avoir une bonne idée, mais si elle arrive trop tôt, ça ne marche pas. Si elle arrive trop tard, ça ne fonctionne pas non plus. Et là, j'ai vraiment l'impression, comme il y a une inquiétude très forte dans l'intelligence artificielle, qu'à un moment donné, proposer une alternative positive, je vois qu'il y a une adhésion, parce qu'on fait beaucoup de rencontres. Moi, j'adore ça. Alors, c'est marrant parce que j'ai rencontré aussi bien des écoles. Les plus jeunes que j'ai rencontrés, c'était des quatrièmes. Et en même temps, on voit aussi des chefs d'entreprise. Et on sent qu'en fait...
- Speaker #0
Encore une fois, l'intelligence artistique, ça impacte autant la jeune génération que des grands patrons. Enfin voilà, le terme impacte et c'est déjà super positif. Et après, encore une fois, il va falloir le traduire en action parce que c'est toujours la même chose. Il ne faut jamais que les choses restent des concepts. Le plus difficile, c'est de transformer. C'est de l'appliquer. Oui, voilà.
- Speaker #1
Alors, dernier petit exercice. Je suis un dirigeant d'une très grande entreprise. Je suis très rationnelle. Je suis une dirigeante, d'ailleurs, je suis plutôt en dirigeant.
- Speaker #0
Tu es une dirigeante.
- Speaker #1
Oui, je suis une dirigeante et je suis très rationnelle. Il faut que tu me convainques d'intégrer la culture dans mon entreprise.
- Speaker #0
Alors, c'est là où notre ROI, j'en reviens là-dessus. C'est-à-dire que moi, je pense que le premier...
- Speaker #1
Est-ce que tu peux me faire l'exercice de dire que tu me crois en compétitivité ? Non,
- Speaker #0
mais le premier argument, c'est l'avantage compétitif. C'est-à-dire que moi, je vous propose de gagner en compétitivité. Je vous propose un avantage concurrentiel fort, en fait. Les premiers qui vont se positionner sur l'intelligence artistique, c'est-à-dire les premiers qui vont comprendre qu'en fait, développer l'intelligence artistique chez les salariés, c'est un avantage compétitif fort, auront déjà une longueur d'avance en fait. Ils auront déjà une longueur d'avance. Donc, c'est ça que je propose. Moi, en fait, je propose de la valeur culturelle. Encore une fois, trop souvent, on se dit que la culture, c'est pas que ça n'a pas de valeur, mais... Oui,
- Speaker #1
ça vient en dernier.
- Speaker #0
Non, mais on le monétise. pas, en fait. Alors qu'en fait, moi, j'ai aucun souci à monétiser la culture, en fait, à dire ce que ça rapporte. C'est pas juste un supplément d'âme, la culture, en fait. C'est vraiment... Et d'ailleurs, c'était drôle parce que j'étais dans un débat avec Gaëtan Sainte-Marie qui a contribué au livre La Darfa. On parlait de ce qu'allait rapporter la culture et il me disait, mais surtout, il faudrait aussi qu'on mesure, si on n'investit pas dans la culture, ce qu'on y perd, en fait. C'est-à-dire qu'encore une fois, des cerveaux un peu affaiblis, voilà, qu'est-ce que ça va faire à l'entreprise ? Donc en fait, le discours pour un dirigeant, je pense quand même qu'il doit passer dans un premier temps par vraiment l'avantage compétitif. Je pense que c'est quand même ça.
- Speaker #1
C'est vrai que le livre est très bien construit.
- Speaker #0
Et après, quand même développer évidemment tous les arguments. Mais la première chose, c'est l'avantage compétitif de la culture.
- Speaker #1
Oui, mais c'est pour ça que le livre est bien fait. C'est que c'est important et ce n'est pas que ésotérique. Je veux dire dans le sens où la culture, c'est bien. Tu l'as dit dès le début. En tout cas... On comprend pourquoi tu es femme de culture. Vu ton énergie et ton enthousiasme, je suis sûre que tu iras très loin. On sera ravis de te recevoir pour le second tome.
- Speaker #0
Pour le tome 2.
- Speaker #1
Non, mais parce que tu as raison, je pense que c'est un sujet passionnant et on en a besoin. Et je pense que la demande ne va cesser d'augmenter. Merci mille fois, Solène, d'être venue chez Cerveau Puissant. Merci beaucoup. Si tu as aimé ce podcast, abonne-toi pour ne rien manquer des prochains épisodes. Soutenir Cerveau Puissant et suivre toutes les actualités. les échanges à venir et les contenus que je prépare pour continuer à nourrir, ce qui fait vraiment la différence.