Speaker #0Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans la chronique d'un jeu oublié, le podcast dédié à ces jeux vidéo qui mérite une seconde chance auprès de vous. On parle de leur développement, de leur mécanique principale sans trop vous spoiler avant d'aborder ce qu'est devenu le studio derrière le jeu. On évoque également la réception autour du titre, en quoi il est toujours intéressant à découvrir aujourd'hui, et le tout accompagné par sa bande originale. Si le format vous plaît, pensez à vous abonner, à le noter sur votre plateforme d'écoute ou à le partager pour le faire connaître. Vous pouvez aussi suivre l'émission sur Instagram, où j'y poste des teasers pour les épisodes à venir et autres actualités sur le podcast. Aujourd'hui, plongeons ensemble dans l'univers d'une bande dessinée. Plus exactement, rendons-nous dans un Londres du XIXe siècle, où l'ingénierie à vapeur est reine. Sous une belle matinée, alors que le Royaume-Uni allait inaugurer un pont flambant neuf, une horde d'aliens se met à envahir la Terre. Et pour l'affronter, une unité d'élite se met en place. C'est parti pour... Codename Steam. Pour se tourner vers les origines de Codename Steam, il faut se tourner vers Nintendo et plus particulièrement vers le studio Intelligent Systems. A l'origine, il s'agit d'une équipe de développeurs japonais mise en place en 1983 au sein du studio Recherche et Development One de Nintendo. L'équipe en question travaille alors à produire des titres pour la Famicom, la NES japonaise. En ressortiront des jeux comme Mario Bros, Tuck Hunt, Donkey Kong 3 ou encore Metroid. En 1986, l'entreprise est officiellement fondée même si elle reste très étroitement lié à Nintendo, travaillant presque exclusivement pour le constructeur japonais. Son premier fait d'arme éclatant, et qui en fait un studio aujourd'hui connu, arrive en 1990, lorsqu'un certain Shouzou Kaga et son équipe sortent Fire Emblem, Shadow Dragon et The Blade of Light. Il s'agit là du premier titre de la licence Fire Emblem qui perdure encore de nos jours, et reste aux mains d'Intelligence System, qui commence à se forger un nom. Une de ses forces est aussi sa capacité à produire de nombreux outils pour les consoles de Nintendo, ce qui en fait un studio très connaisseur des limites techniques des machines. Travaillant sur plusieurs projets en parallèle, Intelligent Systems développe de nombreux jeux et séries marquantes du jeu vidéo. On leur doit des jeux comme Mario Paint, SimCity ou Mario Kart Super Circuit, mais aussi des séries comme celle des Wars avec notamment Advance Wars. Le studio est également responsable des Paper Mario qui reprenait la base de Super Mario RPG ainsi que des WarioWare, cette série de party game déjantée. En soit donc, Intelligent Systems est une entreprise essentielle à Nintendo pour fournir un catalogue de jeux de qualité à toutes ses consoles. Avec le temps et le coût de production des jeux qui augmente, elle passe d'une moyenne de 4 jeux par an entre 1984 et 2009 à 2 jeux par an après 2010. Si bien qu'elle se focalise sur ses licences à succès, dont Fire Emblem, Paper Mario et WarioWare. Cependant, elle garde encore des opportunités pour des plus petites productions, comme la série de puzzle games téléchargeables de la 3DS appelée Blocks, aujourd'hui disparue avec la fin de l'eShop sur 3DS. Mais la dernière production importante et originale à sortir avant de nombreuses années, c'est évidemment le jeu du jour, Codename Steam, présenté en juin 2014 durant une table ronde de l'E3 par l'équipe de développement est prévue sur 3DS. Alors, pour faire un rapide rappel sur la console, la 3DS est la dernière console portable de Nintendo qui a succédé à la DS et son succès phénoménal. Sortie en 2011, la console a apporté beaucoup plus de puissance que la DS tout en reprenant les idées de son succès. Un double écran de meilleure résolution, dont un tactile accompagné d'un stylet, la faculté de pouvoir fermer la console pour la mettre en veille, la rendant très facile à utiliser dans toutes les situations. Elle possédait également un accéléromètre, deux caméras et un podomètre. Une console si pratique qu'en 2012, le musée du Louvre en commande 5000 exemplaires pour remplacer les audio guides et offrir de nouvelles façons de visiter le musée. Une machine donc très populaire et en plus, Intelligent Systems est à l'aise pour développer des titres dessus, en témoigne Fire Emblem Awakening ou Paper Mario Sticker Star. Codename Steam finit par sortir en mars 2015 en Amérique et mai 2015 dans le reste du monde. Et pour comprendre encore mieux en quoi consiste le jeu, on peut s'attarder sur son sous-titre japonais, Lincoln vs Aliens. Avant de s'attarder sur les mécaniques du jeu, mettons d'abord du contexte autour de son histoire et son univers. Notre aventure se déroule dans une bande dessinée dépeignant un monde steampunk alternatif en 1865. Ce choix d'un univers dans une bande dessinée offre deux éléments clés à l'identité du jeu. Premièrement, cela permet d'offrir des scènes cinématiques avec des images fixes et peu de mouvements. L'action passe d'une case de BD à une autre pour changer de plan et donc très peu coûteux pour une console portable. Deuxièmement, la direction artistique peut se permettre de piocher allègrement dans les références du genre et notamment la période de l'âge d'argent des comics qui s'est déroulée entre 1956 et 1970. Mais elle s'inspire également d'artistes plus récents comme Bruce Timm à qui on doit les séries animées de chez DC Comics du début des années 2000 ainsi que Mike Mignola, le créateur de Hellboy. Ces références sont clairement imprégnées dans le jeu et notamment sur les personnages qui ont tous des styles très marqués, les rendant identifiables en quelques secondes. De ce fait, on a le droit à un titre en 3D avec de forts contrastes de couleurs, la majorité de nos héros ayant plutôt des couleurs chaudes, comme le jaune et le rouge, avec quelques contrastes tournés vers le bleu. A l'inverse, les ennemis du jeu seront principalement teintés de couleurs froides, comme le violet ou le bleu, les yeux serviront de contrastes avec du jaune ou du rouge. L'environnement, lui, du coup, On peut en profiter pour jouer avec ses codes visuels pour rendre les différents espaces de jeu lisibles et compréhensibles sur une 3DS dont l'écran de jeu principal possède une résolution minimale de 400x240 pixels à l'ordre de 800x240 pixels pour les modèles plus grands. Un véritable défi technique avec le nombre plutôt faible de polygones que peut gérer la console. Sur un ordinateur, pour vous donner un aperçu de l'affichage rendu, je vous invite à prendre une vidéo sur YouTube, de passer la qualité en 240p, puis de réduire la qualité. taille de la fenêtre jusqu'à ce que l'image apparaisse de façon nette. Maintenant que le cadre visuel est posé, revenons au jeu. Son histoire démarre donc sur cette bande dessinée au même nom que le jeu qui s'ouvre sur un Londres lors de l'inauguration d'un pont qui tourne vite au cauchemar. Nous suivons le capitaine Henry Fleming surveillant la cérémonie depuis son dirigeable. Soudainement, une attaque venue d'une force étrangère fait régner à la terreur et le dirigeable s'écrase. On récupère le héros au sol. observant le chaos généralisé et les soldats complètement dépassés. Henry n'a même pas le temps de comprendre ce qu'il se passe, qu'il se fait lui-même attaquer par une immense créature aux multiples yeux et nombreux tentacules, répondant au nom légèrement cliché de Devastator. Devant cette menace contre laquelle nous ne pouvons nous défendre, notre soldat reçoit un appel radio qui va nous guider pour nous sortir de ce pétrin. Commence alors le tutoriel des mécaniques principales du jeu. Si vous avez joué à des jeux comme XCOM ou Valkyria Chronicles, vous pouvez voir Codename Steam comme une version plus accessible de ces mécaniques, ce qui était une volonté de l'équipe de développement. Mais on va détailler tout ça ensemble pour que vous puissiez vous projeter. Le jeu appartient au genre du tactical au tour par tour. Ainsi, l'ensemble se découpe par phases. D'abord la nôtre, celle du joueur, puis celle des ennemis, dans la plus pure tradition que maîtrise le studio. Chaque mission du jeu se déroule sur une carte en 3D divisée en cases à parcourir, remplies d'obstacles et d'ennemis. Nous pouvons contrôler jusqu'à 4 personnages différents. Évidemment, pour démarrer, nous nous faisons la main en contrôlant Henry sans armes pour se familiariser avec les déplacements. Contrairement aux autres titres d'Intelligent System qui donnent une caméra vue du dessus du champ de bataille, ici, elle est à la troisième personne. perchée sur l'épaule du personnage que l'on contrôle. On peut l'orienter depuis l'écran inférieur de la 3DS en utilisant le stylet, ce qui permet d'observer ce qui nous entoure, et c'est ici la seule manière de collecter des informations. En effet, pas de carte ou d'option de jeu pour voir la position de nos ennemis, il faut aller prendre l'information sur le terrain. Pour ce faire, on va pouvoir se déplacer sur le dernier du niveau en consommant notre jauge de vapeur. Chaque déplacement sur une nouvelle case qui nous éloigne de notre point de départ compte pour un point de vapeur. Son usage n'est confirmé que si on réalise une action irréversible comme attaquer ou sauter d'un rebord. Ainsi, en début de tour, nos héros peuvent utiliser leur point de vapeur pour s'aventurer sur la carte et prendre de l'information sur la position des ennemis. La visibilité pouvant être difficile, le jeu a l'intelligence d'utiliser le doublage pour nous avertir. Car en effet, si on a le malheur de trop avancer, les ennemis peuvent nous attaquer en réaction, ce qui a aussi pour effet de nous faire perdre les précieux points de vapeur utilisés pour s'avancer. Surtout que cette vapeur est aussi cruciale pour attaquer. Chaque personnage dispose d'une arme principale qui définit son style de jeu et une arme secondaire que l'on peut choisir parmi une gamme disponible avant chaque mission. Ces armes consomment nos points de vapeur à chaque utilisation. Ainsi, Henry possède son flingue de l'aigle, qui est une arme à feu tirant trois coups successifs, lui permettant de s'occuper facilement d'un ennemi en un contre un. Son arme utilise trois points de vapeur à chaque usage. Autre exemple avec le deuxième personnage que l'on recrute, John, qui utilise le lance-grenade de l'ours permettant de gérer les groupes d'ennemis et les disperser en utilisant 4 points de vapeur. Jusque là, il n'y a pas de grande surprise dans les mécaniques. Là où les décisions prennent leur importance, c'est qu'il est possible de conserver ces points de vapeur pour le tour suivant et surtout profiter des particularités de chaque héros. Certaines armes offrent l'opportunité au personnage d'attaquer à vue les aliens passant devant leur champ de vision mais sous réserve d'avoir... conserver assez de vapeur pour cela. On en revient alors à l'importance de la prise d'informations qui permet de nous placer en embuscade pour abattre nos assaillants. D'autant que lors de la préparation de mission, on peut choisir une arme secondaire qui nous permettra de pallier aux contraintes de notre arme principale. Toutefois, présenté ainsi, le gameplay semble avoir une stratégie particulièrement facile et c'est à ce moment que la structure des missions rentre en considération. Codenames Team se découpe en 16 chapitres, chacun composé de 3 missions. Dans la majorité des cas, l'objectif va être d'atteindre une zone donnée et donc nous forcer à aller de l'avant, empêchant une stratégie lente et défensive. Et pour s'assurer que vous n'allez pas abuser de cette stratégie, le jeu va régulièrement faire apparaître des ennemis derrière vous ou depuis les hauteurs pour vous prendre en tenaille. L'autre paramètre qui va jouer, c'est l'objectif secondaire de finir votre mission en un minimum de tours. Si vous y parvenez, vous obtenez de l'argent supplémentaire qui vous permet de débloquer de nouvelles armes secondaires. Enfin, un autre challenge qui s'ajoute à cet ensemble, c'est la collecte des engrenages. Chaque carte en cache 3 et vous permet de débloquer des packs de vapeur. Ces packs sont un équipement à choisir en début de mission pour vos personnages qui modifient l'attaque et la défense ainsi que la quantité de vapeur récoltée à chaque tour, de quoi adapter sa stratégie globale à son style de jeu. Revenons à l'histoire désormais. Merci. Après avoir appris à utiliser les mécaniques de base du jeu, nous faisons la rencontre de l'actuel président américain Abraham Lincoln, venu à Londres pour avertir de la menace extraterrestre qui a fini par arriver en même temps que lui. Il nous recrute alors dans son unité spéciale, le STEAM, pour Strike Team Eliminating the Alien Menace, ou bien en français, Équipe d'Intervention pour Éliminer la Menace Alien. Sous ce jeu de mots amusant avec le mot STEAM, qui signifie vapeur en anglais, on comprend vite que le scénario se prend assez peu au sérieux, virant parfois au nanar. Il n'empêche que notre objectif principal va désormais être de bouter les aliens hors de la planète. Au cours des 16 chapitres qui vont consister à sauver la reine d'Angleterre, retrouver le Necronomicon ou encore libérer Boston, nous allons recruter un total de 12 personnages. A travers eux, on sent de nombreuses références à la culture littéraire, notamment américaine. Le héros Henry Fleming est le protagoniste du livre La Conquête du Courage qui raconte une histoire à travers la guerre de Sécession en 1863, soit à la même époque que les événements du jeu. On a également Tom Sawyer du livre éponyme ou encore Dorothy Gale de l'univers du magicien Doze. D'ailleurs si douze personnages n'étaient pas assez, sachez que vous pouvez profiter des amiibo, ces figurines créées par Nintendo pour pouvoir interagir avec vos jeux et faire venir en renfort des héros de Fire Emblem. Vous pouvez aussi ajouter Mars. Ike, Lucina et Robin à votre équipe qui dénotent du coup complètement avec leur arsenal médiéval fantastique dans cet univers steampunk. Nos ennemis ne sont pas en reste car directement inspirés de l'univers de HP Lovecraft pour nous proposer une flopée d'ennemis au design difforme et disgracieux. Un design toutefois rapidement compréhensible permettant d'identifier ce qui rend notre ennemi dangereux. D'ailleurs, le Devastator que l'on rencontre au début de l'histoire partage de nombreuses ressemblances visuelles avec l'ancien Mentorok du jeu éternel d'Arknes dont on a parlé lors de la saison 2. Comme dit précédemment, chaque héros a son arme principale qui lui est propre, donnant son style de jeu pour agir à sa manière sur le champ de bataille. Ils ont également un type de pack propre, entre léger, moyen et lourd, en fonction de leur gabarit, mais aussi une compétence passive et une attaque spéciale unique. Ainsi, chaque personnage est suffisamment différent pour apporter une vraie différence sur le terrain. Et si cela peut paraître difficile de composer son équipe à mesure que l'on progresse, le jeu nous offre l'option de composer automatiquement l'équipe adaptée à la mission à venir, allégeant ainsi la réflexion sur la préparation de notre équipe. Il est un personnage dont on parle assez peu jusque-là, Abraham Lincoln, le président américain. Véritable pilier central autant dans la narration que dans la fondation même de l'équipe, il est celui qui donne nos objectifs principaux et nous envoie en mission. Il agit toujours de façon territoriale, illustré à merveille par le découpage en bande dessinée des cinématiques, sans parler de ces jeunes mots réguliers avec la vapeur. Mais si son nom apparaît dans le sous-titre japonais, ce n'est pas seulement pour intriguer le consommateur, on finit réellement par jouer Abraham Lincoln. Devant des menaces gigantesques que notre équipe ne peut pas combattre, le président américain va monter à bord d'un robot géant à son effigie. Si l'image que vous vous en faites prête à rire, cela permet tout de même de créer des phases de gameplay exotiques. Merci. En gardant l'usage de la vapeur comme mécanique centrale, on sort du tour par tour et on passe en temps réel. Changement également du côté de la caméra qui se met en vue à la première personne et c'est parti pour affronter la menace extraterrestre. Derrière la bande originale de Codename Steam, on retrouve un des vétérans d'Intelligent System, Yoshito Hirano. Sorti d'une formation de composition à l'école de musique d'Osaka, il commence par Nintendo Puzzle Collection sorti en 2003. Il participe à plusieurs bandes originales en collaboration avec d'autres artistes du studio sur des titres comme Paper Mario et la Porte Millénaire ou les jeux Fire Emblem de 2003 à 2007. Mais il est également seul à la barre pour composer sur Advance Wars 2 et sa suite sur DS. En 2007, il quitte le studio pour se lancer en freelance pour la télévision. Cela ne dure que 4 ans et il retourne chez Intelligent System en 2011. A la même période, il se marie et prend le nom de sa femme, Shika Sekigawa, une ancienne compositrice d'Intelligent System qui fut à l'œuvre sur Super Paper Mario et Fire Emblem Radiant Down. Yoshito Hirano devient désormais Yoshito Sekigawa. Il participe aux effets sonores sur plusieurs projets du studio comme Paper Mario Sticker Star ou Fire Emblem Echoes Shadows of Valencia, mais il passe directeur de la musique et des sons pour Codename Steam, puis plus récemment sur la série Paper Mario avec The Origami King et le remaster de la Porte Millénaire. Sur notre jeu du jour, Yoshito Sekigawa est particulièrement productif avec plus d'une centaine de pistes produites dont une vingtaine qui sont des variations plus intenses en fonction de la situation. En voici un exemple avec trois extraits à la suite de la même musique. Générique Du côté du doublage, on retrouve beaucoup de noms américains bien connus. Parmi les plus imposants, on peut remarquer Fred Tatasioré, un homme crédité dans près de 700 oeuvres multimédia, dont 300 jeux, une centaine de films et 200 séries animées. Il double notamment Hulk pour les productions Marvel, Damon Baird dans la série Gears of War, ainsi que Soldat 76 dans Overwatch. Pour Codename Steam, il a le droit au rôle d'un des personnages jouables, Leon, ainsi que celui du discret narrateur.
Speaker #0qui avait été la voix du personnage principal dans Eternal Darkness, qui prend ici un rôle secondaire pour des briefings de mission via le personnage de Catherine. Mais le personnage qu'on entend le plus au cours du jeu, c'est évidemment Abraham Lincoln, doublé ici par l'acteur Will Wheaton qui s'est fait connaître à la fin des années 80 avec la série Star Trek, la nouvelle génération. Sa carrière ne décolle jamais réellement et il enchaîne surtout les second rôles ou figurations dans les films et séries où il participe. Dans le domaine du jeu vidéo, les joueurs ont pu entendre sa voix dans la radio de la série GTA depuis l'épisode San Andreas où il joue le journaliste Richard Burns. Merci. Mais l'acteur est surtout un auteur et est à l'origine de nombreux ouvrages, dont un mémoire sur sa vie nommé Just a Geek. En incarnant le président américain, l'homme donne tout le sérieux dont a besoin le personnage pour représenter sa fonction et la gravité de la situation. En ce qui concerne le studio Intelligent System, son avenir se concentre notamment autour de la série des Fire Emblem qui devait prendre fin originellement avec l'épisode Awakening sorti sur 3DS en 2012. Mais le succès fulgurant de ce dernier a permis de relancer la machine avec un nouvel opus tous les 2 à 3 ans ainsi qu'une version mobile Fire Emblem Heroes. Composé d'environ 150 employés, le studio co-développe certains de ses projets pour pouvoir produire plusieurs titres en parallèle. Intelligent System sort ainsi de nouveaux titres des sagas Paper Mario et WarioWare. Toujours actif, le studio a récemment sorti son dernier titre, Fire Emblem Fortune's Weave sur Nintendo Switch 2. Parmi les visages de l'équipe de développement de Codename Steam, deux profils se démarquent. D'abord celui de Paul Patrascu, un artiste d'origine roumaine qui travaille chez Intelligent System depuis 2006. On connait assez peu de choses sur ce personnage discret, mais c'est bien son nom qu'on retrouve à la direction créative et caractérisant la vision du titre pour en faire un XCOM grand public. Un rôle de designer qui ne reprendra pas, revenant à son travail d'artiste tout en restant chez Intelligent Systems. On trouve également Takako Sakai, une artiste arrivée chez Intelligent Systems en 2004 pour travailler sur Fire Emblem Path of Radiance et qui, ici, se retrouve directrice artistique. un rôle qu'elle occupe que pour ce jeu avant de retourner sur des aspects plus spécifiques de ses projets. Si ces deux profils s'avèrent notables, c'est qu'ils soulignent à eux deux le signe de l'opportunité donnée à une équipe modeste d'un peu plus de 50 personnes pour créer une licence dans un studio bien rodé. Dernière production originale de chez Intelligent Systems à exister au format physique, nul doute que les espoirs étaient hauts pour Codename Steam. Une de ses références, XCOM Enemy Unknown, sorti sur PC en 2012, avait été un important succès commercial d'après son éditeur, sans pour autant donner de chiffres particuliers. Mais sa suite, XCOM 2, sorti en 2016 quelques mois après Codename Steam, fera plus de 500 000 ventes en 5 jours uniquement sur PC. Un marché donc bien réel que Intelligent Systems et Nintendo ont tenté de séduire avec leurs titres. Le jeu réalise au final près de 220 000 copies dans le monde. Un succès commercial qu'on devine mitigé puisqu'il n'a pas motivé de suite malgré les éléments présents dans le jeu qui nous font comprendre qu'elle était prévue. Il faut dire que le retour critique n'est pas aussi élogieux qu'à l'accoutumée. S'arrêtant à une note de 69% sur le site Metacritic qui réunit les avis de la presse, il passe à 78% sur les avis des joueurs. La presse reconnaît une expérience solide offrant un titre à la fois accessible et suffisamment intéressant pour les joueurs de stratégie chevronnés, notamment avec les modes de difficultés supplémentaires. On y voit un mélange de Fire Emblem, XCOM et de Valkyria Chronicles avec son univers steampunk bien à lui avec son casting de héros varié tant visuellement que dans les mécaniques de jeu. Mais il lui sera reproché son scénario qui n'accroche pas avec tout le monde, ses ennemis moins généreux en détails visuels et surtout... tous sonores ainsi que le level design parfois basique. Le rythme lent des tours ennemis ralentissant le jeu est également un aspect qui lui fait défaut mais qui sera corrigé dans une mise à jour un mois après la sortie permettant d'accélérer le tour des ennemis. La presse aurait également souhaité avoir davantage d'options pour anticiper les actions ennemies et avoir une vue d'ensemble de la carte. Le jeu propose un mode multijoueur mais qui s'avère peu intéressant et il est depuis désactivé. Dans le fond, une partie de la critique reproche au titre de ne pas être aussi poussée qu'ils auraient aimé venant du studio derrière la licence Fire Emblem. Une position compréhensible, mais qui aurait signifié une bien plus grande prise de risque pour cette licence toute nouvelle, alors que l'épisode actuel pose au contraire les bases pour construire une série. Mais pour le moment, cette licence semble destinée à rester à l'état de tentative. Intelligent System en possède toujours les droits, mais est concentrée sur ses productions les plus porteuses, surtout dans un écosystème où les productions deviennent de plus en plus complexes et risquées. Pour trouver un exemplaire du jeu, vous pouvez trouver des versions physiques entre 5 et 20 euros, la version digitale n'est malheureusement plus disponible. Le pari initial de Codename Steam, c'était tout de même de proposer une expérience plus accessible qu'un XCOM ou un Valkyria Chronicles, deux jeux de stratégie complexes et impitoyables avec leurs joueurs. Utilisant le savoir-faire du studio, l'équipe est parvenue à faire rentrer ce défi dans la Nintendo 3DS avec un certain succès pour une expérience d'à peu près 20 heures. Si on s'attarde uniquement sur l'aspect gameplay, le titre propose une expérience suffisamment diversifiée pour que chaque mission apporte son lot de challenges, notamment avec la gestion de la caméra et la verticalité de son level design. Chaque décision prise peut radicalement renverser la situation, que ce soit en notre faveur ou non. Certes, l'approche lente et méthodique est plus efficace, mais elle peut vous punir. puisque vous n'obtiendrez pas de nouveaux équipements et cela rendra votre style de jeu moins adapté à toutes les situations. On peut lui reprocher de manquer de certaines mécaniques comme l'option d'une meilleure vue d'ensemble, mais ce serait aussi permettre aux joueurs de trop anticiper chaque tour et action des ennemis. Dans sa proposition actuelle, Codename Steam parvient à être suffisamment complexe pour des néophytes qui s'essaieraient au genre et assez intéressant pour des joueurs confirmés qui seraient bousculés dans leurs habitudes de jeu. Son univers steampunk teintait de multiples références à la culture américaine et lovecraftienne. lui donne une identité qui reste dans les mémoires malgré un scénario bien plus qu'oubliable tant il en est nanardesque. Mais pour le seul plaisir de pouvoir jouer aux côtés du président Abraham Lincoln et repousser des hordes d'aliens, il faut dire que la proposition de Codename Steam donne envie à elle seule. C'est tout pour cet épisode de la chronique d'un jeu oublié. Merci encore d'être là. Si vous aimez ce podcast, je vous invite à lui laisser une note, à partager votre avis sur votre plateforme d'écoute. Vous pouvez aussi suivre l'émission sur Instagram, les informations sont dans la description. Et si l'épisode vous a plu, partagez-le avec vos amis fans de bande dessinée steampunk, mais surtout, jouez à Codename Steam. A bientôt pour le prochain épisode. Salut !