- Speaker #0
Bonjour, bonsoir, salut à toi, cher auditeur, chère auditrice, cher être humain prêt à célébrer Noël. Bienvenue dans un nouvel épisode du podcast Cinétoch. Je m'appelle Georgia et aujourd'hui, on va plonger dans un genre cinématographique que l'on adore détester ou que l'on dévore sans modération à chaque mois de décembre. Je parle bien sûr du film de Noël, qu'il soit romantique, familial, comique ou fantastique. Le film de Noël possède une grammaire très précise, un ensemble de codes que l'on reconnaît instantanément et qui font tout son charme. Je propose tout d'abord de nous pencher sur trois points essentiels. Les thèmes récurrents, la construction narrative typique et les codes visuels qui créent cette atmosphère si particulière, offrent au film de Noël. Ensuite, pour s'amuser, je propose de décliner le film de Noël en passant en revue un modèle exemplaire. Un anti-film irrévérencieux à souhait, un film qui détourne le genre, et enfin un film qui s'invite aux festivités et devient un classique malgré lui. Installe-toi avec ton chocolat chaud, car on va parler de Love Actually, Le Père Noël est une ordule, Gremlins, et l'incontournable Die Hard, piège de cristal. Mais tout d'abord, qu'est-ce que le film de Noël ? Les films de Noël ne sont pas seulement des histoires situées en décembre. Ils reposent sur un ensemble de valeurs universelles, reconnaissables au premier coup d'œil. J'en ai dégagé quatre pour passer en revue, mais peut-être que tu penses à d'autres qui pourraient être ajoutées à la liste. Première valeur qui est aussi le cœur du film de Noël, c'est le lien. À commencer par le lien familial et la notion de réconciliation. En effet, on va voir des relations de famille abîmées, des retrouvailles, le pardon et la reconstruction. Noël agit comme un catalyseur émotionnel. C'est le moment où tout peut changer. Mais il y a aussi le lien amoureux, romantique ou non. Je pense à ces tropes successives où on voit une rencontre improbable, deux personnages opposés, un quiproquo, un rapprochement autour d'un sapin ou d'une tempête de neige. Mais au-delà du couple, c'est souvent l'amour des autres, l'amour de soi, l'amour de la vie qui est mis en avant. C'est pour ça que j'ai précisé que le lien amoureux peut être romantique ou non. Deuxième valeur sur laquelle reposent les films de Noël, c'est celle de la magie et de la croyance. Cette magie peut être explicite à travers la figure du Père Noël, des miracles et des souhaits réalisés, mais elle peut aussi être métaphorique. Je parle ici des rencontres providentielles, de ces hasards qui changent tout. L'idée centrale, c'est qu'il faut croire pour voir. Troisième valeur mise en avant par les films de Noël, c'est celle de la générosité et de la solidarité. La communauté, l'entraide, la seconde chance et la transformation personnelle sont des notions qui vont porter le récit. Et le message est clair. Pendant Noël, on peut être meilleur que le reste de l'année. Enfin, une quatrième valeur qui est importante dans les films de Noël, c'est cette notion de retour à l'essentiel. Beaucoup de films vont opposer la vie moderne stressante récentes à une vision simple et chaleureuse du bonheur. C'est souvent la carrière versus la famille, la grande ville versus la petite ville, la performance versus l'authenticité. Le film de Noël va toujours valoriser la simplicité heureuse. Parlons maintenant un peu de la construction narrative. Telle une mécanique bien huilée, on reconnaît un film de Noël à sa structure dramatique très codifiée. En guise d'ouverture, on va avoir la vie en déséquilibre. Le ou la protagoniste travaille trop, a perdu le sens de la magie, est en rupture avec quelqu'un ou traverse une crise personnelle. L'idée, c'est de montrer ce qui manque dans sa vie. L'incident déclencheur va être l'arrivée de Noël ou un événement lié aux fêtes de Noël. Par exemple, un voyage, une tempête, une invitation, un défi, un miracle. Bref, quelque chose qui va forcer notre protagoniste à sortir de sa routine. Ce qui suit sont les rencontres. et les petites transformations. C'est le cœur du film où notre protagoniste va trouver une communauté inspirante, une personne inattendue, un enfant ou un aîné qui dit la vérité. Un événement symbolique comme la mise en place du sapin, le marché de Noël ou la répétition d'un spectacle, toutes ces expériences ne changent pas encore notre protagoniste, mais ça commence. Puis arrive le conflit ou la crise. Quelques jours avant Noël, Tout part mal. Notre protagoniste doute, fuit ou se fâche. C'est le moment où l'on croit que la magie n'opère pas. Mais c'est là qu'on a le coup de faire. Climax du film, cet acte de foi. Le film atteint son sommet lorsque le personnage fait son choix courageux, admet ce qu'il ressent, se reconcilie, retrouve sa famille ou accomplit un acte généreux. La magie apparaît, symboliquement ou littéralement. Enfin, on a la résolution qui montre que Noël réunit, apaise et transforme. On termine par un repas, une étreinte, un baiser, un miracle, un paysage enneigé. Le cycle est complet. Le personnage a trouvé un sens, un amour, une vérité, une famille, un de cela ou tout cela. Parlons maintenant un peu des codes visuels du film de Noël. Il s'agit d'une esthétique reconnaissable entre mille. Même sans le son, on reconnaît qu'il s'agit d'un film de Noël. Les images elles-mêmes portent la magie. Sur le plan des couleurs, on est dans le triptyque rouge, vert, or. Les films de Noël utilisent une palette très précise. Des rouges chaleureux, des verts profonds, des dorés lumineux et parfois un bleu glacé ou argenté pour le contraste. Ce code couleur crée immédiatement une ambiance festive. Puis la neige devient un personnage secondaire indispensable. Même dans les pays où il ne neige pas, le cinéma s'arrange pour en rajouter. La neige va symboliser la pureté, la transformation, la douceur, l'arrêt du temps. Elle semble presque blanchir les émotions. La lumière est chaude avec un surplus de guirlandes, bougies, vitrines illuminées, reflets dorés. L'éclairage est toujours diffus, doux et enveloppant. Il donne une sensation de cocoon. À cela s'ajoute le décor avec des maisons chaleureuses et des petites villes rêvées. On va retrouver souvent des cheminées, des cuisines conviviales, des salons décorés, des marchés de Noël, des rues piétonnes pleines de charme. Même la ville la plus froide devient vivable pendant Noël. au moyen de symboles visuels comme le sapin, les boules, les cadeaux, les biscuits. Chaque accessoire renforce la notion du « on est ensemble » . Pour finir, parlons de la mise en scène qui privilégie l'émotion. Beaucoup de films de Noël adoptent les ralentis doux, les gros plans sur les visages, la musique en crescendo et les cadres serrés pour créer de la proximité. Le film cherche avant tout à nous faire sentir, pas à nous impressionner.
- Speaker #1
C'est à moi que vous pouvez avoir des cadeaux.
- Speaker #2
C'est un amour. Il n'y a rien que je ne peux faire. C'est un amour. C'est un amour. C'est un amour.
- Speaker #1
C'est un amour. C'est un amour. C'est un amour. C'est un amour. Tout ce que j'ai voulu pour Noël, c'est vous.
- Speaker #3
Il me semble que l'amour est partout. Si vous le regardez, vous trouverez un sentiment de douleur que l'amour est en fait tout autour.
- Speaker #0
Maintenant qu'on a passé en revue les caractéristiques du film de Noël, parlons de Love Actually. Film devenu quasiment l'ADN du cinéma de Noël moderne, Love Actually est sorti en 2003 et est réalisé par Richard Curtis. C'est simple, pour certains, Noël ne commence pas tant qu'ils n'ont pas revu Love Actually. Un peu comme installer le sapin ou sortir les décorations, c'est un rituel. Et ce n'est pas un hasard, Love Actually n'est pas seulement un film romantique, c'est un film qui... qui condense à lui seul tous les codes du film de Noël, tout en apportant quelque chose d'unique. Il combine magnifiquement l'esthétique des fêtes, la structure du film choral et des émotions universelles. Il parle d'amour sans naïveté, montre Noël sans cynisme et parvient à toucher chaque spectateur différemment parce que justement il propose des histoires différentes. Commençons par comprendre pourquoi Love Actually incarne parfaitement le film de Noël. Tout d'abord, le film ne se contente pas d'utiliser Noël comme décor. Noël est le catalyseur émotionnel qui va changer les personnages. La période va agir comme un révélateur dans chaque histoire. On va enfin oser dire « je t'aime » , on va avouer ses sentiments, on va prendre des risques, on va pardonner et on va réparer. Noël devient le moment où les barrières tombent. Ensuite, dans ce film, l'amour est décliné dans toutes ses formes. Love Actually n'est pas une histoire d'amour, c'est huit histoires d'amour. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne tente même pas de proposer un synopsis. Les amours qui sont mis en scène sont très différentes. Il y a l'amour romantique, l'amour familial, l'amour impossible, l'amour qui débute, l'amour qui s'éteint, l'amour maladroit, l'amour non partagé, l'amour amical. Le film incarne l'idée que Noël rassemble, même quand les relations sont imparfaites et qu'au fond, ce qu'on veut tous pendant les fêtes, c'est aimer et être aimé. Mais à part l'amour, aucun film de Noël n'est complet sans une bonne dose d'émotion. Et ici, les grandes émotions sont amplifiées par la période festive qui permet les déclarations, les déceptions, les surprises et les retrouvailles. Tout est pensé pour créer ce mélange unique de sourire, de chaleur et parfois de petites larmes. Et c'est exactement ce que le public vient chercher en décembre. Le film propose ainsi une vision chaleureuse, optimiste et un brin idéalisé du monde et notamment une version romancée de Londres. D'ailleurs, le film déborde de signes visuels. Lumières chaudes, rues décorées, sapins, marchés, flocons, guirlandes, couleurs rouges, verts et ors. Les décors eux-mêmes racontent Noël et chaque scène pourrait être une carte postale. Et dans cette version idéalisée de la ville, les rencontres improbables sont possibles. Les gestes sincères font effet et tout le monde semble capable d'un acte d'amour. C'est exactement le contrat du film de Noël. Offrir une réalité plus douce, plus belle, plus tendre que celle du quotidien. Mais parlons un peu technique. Sous ses airs de comédie romantique facile, Love Actually est en réalité un film extrêmement maîtrisé. Richard Curtis dirige huit histoires parallèles et parvient à les équilibrer et les rendre toutes émouvantes. C'est un vrai défi structurel. Pour cela, Curtis utilise un montage fluide, des transitions thématiques, des scènes miroirs, des instantanées visuelles et une montée en intensité qui converge vers la veille de Noël. Le résultat est un système narratif cohérent, sans temps mort. D'un point de vue scénaristique, le film est construit comme un puzzle. Chaque histoire est suffisamment courte pour ne jamais lasser, suffisamment profonde pour marquer et subtilement liée aux autres. Les arches narratives respectent toutes les étapes du genre qu'on a vues plus tôt. Déséquilibre, rencontres ou conflits, tensions, climax émotionnel et résolution lors de Noël. À cela s'ajoute un casting exceptionnel et équilibré. Emma Thompson, Hugh Grant, Alan Rickman, Keira Knightley, Liam Neeson. On parle de la réunion de la crème des acteurs britanniques du début des années 2000, au sommet de leur jeu. Le film fonctionne grâce à une distribution où chaque acteur a un acteur. apporte une nuance spécifique. D'ailleurs, le montage alterné du film fonctionne comme un métronome d'émotions où on passe de l'humour à la tendresse, la mélancolie, le romantisme et les moments musicaux. Cette alternance crée un rythme quasi-musical qui est essentiel à la réussite du film. Et en parlant de musique, la bande originale de All I Want For Christmas Is You à God Only Knows joue aussi un rôle capital au succès commercial du film. Ce qui est sûr, c'est que si tu n'as pas encore vu le film, tu l'as sûrement entendu.
- Speaker #4
Une serpillière, c'est formidable Thérèse, je suis ravi, écoutez.
- Speaker #5
Non Pierre, c'est un gilet.
- Speaker #4
Ah oui ? Ah ben bien sûr. Ah ben alors, bien sûr que c'est un gilet, il y a des trous plus grands pour les bras. Je suis ravi, Thérèse. Je suis vraiment, je suis ravi.
- Speaker #5
Et point de vue coloré, parce que j'avais pensé à joli quai à maillot de bleu marine, comme je sais que vous aimez bien, puis je me suis dit, dans ces temps-là, ça changera.
- Speaker #4
Vous avez tout à fait raison, Thérèse, parce que le gris et le bordeaux, ça va avec tout. Alors, ne risquiez pas de vous tromper.
- Speaker #5
Puis, c'est une chose qui n'est pas commune et que vous ne verrez pas chez tout le monde. Ah,
- Speaker #4
mais j'espère bien, Thérèse, j'espère bien. Écoutez, si vous saviez ce que ça tombe bien, Je me disais encore hier soir qu'il manquait quelque chose pour descendre les poubelles. Je suis ravi.
- Speaker #0
Du feel-good film de Noël, passons au pur anti-film. Je parle bien entendu d'un monument de l'humour français, une comédie devenue culte, intemporelle et totalement politiquement incorrecte. Le Père Noël est une ordure, réalisé par Jean-Marie Poiret et sorti en 1982. Un film de Noël complètement à l'envers. Alors que la plupart des films de fête misent sur la magie, la douceur, l'amour et les guirlandes scintillantes, adoptent une stratégie opposée, celle de démolir les codes, dévoiler l'hypocrisie, exposer le chaos et rire du pire. Et paradoxalement, c'est exactement ce qui en fait un classique des fêtes en France. Commençons par le synopsis où Noël devient le décor du cauchemar social. Ici, il n'y a pas de neige romantique, pas de dîner chaleureux, pas de bisous sous le gui. On est dans un bureau SOS détresse amitié minable avec deux bénévoles à la limite Merci. de l'exaspération, un père Noël alcoolique, un couple toxique venu régler ses comptes et un travesti mélancolique. Le film transforme Noël en laboratoire du malaise où tout ce qui devrait rapprocher les gens les pousse en réalité à s'engueuler encore plus. Le film est une satire de l'hypocrisie festive. Il met au jour ce qu'on cache souvent sous les lumières et les festivités, la solitude, la détresse, la misère sociale, les relations toxiques, l'agacement et surtout l'absurdité de la bonne volonté forcée. À Noël, on est censé être joyeux. Dans le film, tout le monde souffre, hurle ou s'énerve. Et c'est de là que naît le comique. Le Père Noël est une ordure et l'un des rares films de Noël a assumé un humour noir comme antidote à la mièvrerie. Il est cruel, grinçant, absurde, emprunt de cynisme et plein de second degré. Ça change du sucre et des guirlandes. Mais derrière le chaos apparent et les répliques cultes, il y a en fait une construction extrêmement maîtrisée, héritée du théâtre. Le film opte pour une mise en scène théâtrale assumée puisqu'il s'agit de l'adaptation d'une pièce du Splendide. Et on retrouve cette énergie avec un décor quasi fixe, l'appartement bureau, des entrées et sorties millimétrées, un timing comique parfait, un rythme qui s'accélère jusqu'à l'absurde. Le cadre devient une salle de pression où chaque nouveau personnage aggrave la situation. L'écriture est basée sur l'escalade du conflit. Tout est construit pour faire monter la tension, faire dégénérer les situations et provoquer le rire par la catastrophe. est plus folle que la précédente, avec un poulet aux hormones, un pistolet, un père Noël violent, un bébé illégitime, une tentative de suicide, des coups de pelle. On est dans du vaudeville, mais version trash. Chaque personnage est une caricature. Pierre est le faux bien-pensant coincé. Thérèse est la gentillesse étouffante et naïve. Katia est la sensibilité marginalisée. Zezette est la misère extrême, mais décomplexée. Félix est la toxicité brute. Et le Père Noël drogué est le symbole du mythe décomposé. Ce ne sont pas des personnages réalistes, ils deviennent des archétypes par cette exagération. Et c'est précisément ce qui crée les répliques cultes. Le rythme comique renvoie au théâtre de boulevard. Il utilise la répétition, les répliques absurdes, le timing impeccable, les retournements improbables et les collisions de malheurs successifs pour mettre en scène un chaos chorégraphié. Et pour ce qui est de la direction artistique, elle est diamétralement contraire au film de Noël américain. Il n'y a pas de tapis rouge, pas de manteau parfait, pas de lumière scintillante. Tout est sombre, mal décoré, étriqué, kitsch, presque oppressant. Mais cette laideur sert à révéler l'envers du décor des fêtes. En effet, Le Père Noël est une ordure est un film qui exprime une vérité souventue. Noël ne résout pas tous les problèmes. Parfois il les amplifie, parfois il expose nos failles et nous épuise. Et dans cette vision, le film devient paradoxalement un film de Noël extrêmement honnête. Il dit que les fêtes n'ont rien de magique par nature, que l'humain est imparfait, que les relations sont compliquées, mais que le rire peut nous sauver. C'est un film trash et cruel, mais c'est pour ça qu'on revient vers lui chaque année. Il permet de souffler. de rire du pire et de décompresser face aux trop pleins d'esprit de Noël. Passons maintenant à Gremlins, réalisé par Joe Dante en 1984. C'est un film qui a marqué les années 80 et qui est devenu un classique culte, mais pour des raisons assez surprenantes. A première vue, c'est un film de Noël. Il y a de la neige, le décor festif, les cadeaux, les familles réunies. Mais Gremlins n'est pas un film de Noël classique. Il prend les codes chaleureux, rassurants et joyeux du genre et les retourne complètement. Le film commence... exactement comme un film de Noël. Une petite ville enneigée, des lumières scintillantes, une famille qui fait des cadeaux, un commerce local chaleureux, des guirlandes et sapins partout. Mais très vite, cette atmosphère charmante se transforme en chaos. Les gremlins, créatures espiècles puis maléfiques, vont semer la panique dans cette ville soi-disant idyllique. Le contraste entre la magie de Noël et le carnage crée un humour noir et une tension constante. C'est ce qu'on appelle le détournement du genre. Noël n'est plus un refuge, mais un terrain de jeu pour l'horreur et l'absurde. Gremlins mélange la comédie, l'horreur et le fantastique. C'est un film hybride qui joue avec nos adeptes. On croit regarder un film familial de Noël alors qu'on est face à un film de monstre plein de tensions et de gags noirs. Au-delà du spectacle, Gremlins critique certains aspects de la société américaine comme la consommation accessible avec le commerce de gadgets et de cadeaux, la banalisation du chaos urbain et les conventions sociales artificielles de Noël. Un peu dans l'esprit du Père Noël est une ordure, Noël devient une scène d'observation ironique. Tout ce qui est supposé être chaleureux et rassurant est détourné en comédie noire. Mais pourquoi Kremlins, qui n'est pas un film d'horreur ou d'épouvante à proprement parler, fonctionne si bien ? Je pense que cela est dû à la maîtrise parfaite du rythme du film hybride que le réalisateur arrive à faire. Il sait alterner les moments calmes et chaleureux, les scènes de tension et de peur et les passages comiques et absurdes. Autant que spectateur, on est constamment surpris, jamais complètement détendu. On ne sait pas à quoi s'attendre et c'est cette oscillation entre genres qui rend le film unique. Mais le film est aussi célèbre pour ses créatures animatroniques. Les mogwais sont d'abord mignons et attendrissants, puis se transforment en gremlins maléfiques. Cette transformation visuelle joue sur le choc émotionnel. Ce qui est adorable devient terrifiant. Et face à cette créature de Noël, étrangement pervertie, on retrouve l'emploi symbolique des personnages. Par exemple, Billy, le héros, représente l'innocence et la morale. Il doit contenir le chaos alors que les adultes oscillent entre indifférence, panique et absurdité, amplifiant l'effet comique. Mais les Gremlins sont eux-mêmes des personnages à part entière. Leur intelligence et leur malice créent une dynamique narrative fascinante. Du point de vue esthétique et de mise en scène, on retrouve cette notion d'équilibre entre genres. Les décors de Noël sont omniprésents. Les lumières, les sapins, les guirlandes, mais ils sont filmés de manière à accentuer le contraste avec la violence qui survient. La caméra joue souvent sur des angles larges pour montrer la destruction et des plans serrés pour accentuer la tension et la surprise. Et les couleurs vives et saturées renforcent à la fois l'aspect festif et l'absurde du chaos. Même chose avec la bande-son de Jerry Goldsmith qui combine des mélodies douces et festives avec des passages inquiétant et décalé. La musique devient un outil de contraste entre le Noël classique et l'intrusion du chaos pour amplifier l'effet comique et horrifique. Car en effet Kremlins veut nous rappeler que Noël n'est pas toujours tendre et chaleureux et que la perfection festive est souvent un mythe. En mélangeant les genres, il permet de réinventer le cinéma de Noël. Il détourne les codes classiques, ajoute des éléments d'horreur et de comédie noire et se transforme en un film de Noël subversif. qui amuse, surprend et fascine, tout en nous faisant réfléchir sur l'idéalisation des faits.
- Speaker #6
Il va avoir le plus de sécurité.
- Speaker #0
Die Hard, le film qui divise les cinéphiles à chaque fin d'année. C'est un film réalisé par John McTiernan et sorti en 1988, avec Bruce Willis dans le rôle emblématique de John McLean. À première vue, il s'agit d'un film d'action pur et dur. Explosions, fusillades, cascades spectaculaires. Alors pourquoi tant de gens le considèrent comme un film de Noël ? Et qu'est-ce qui fait que cette combinaison improbable fonctionne si bien ? Die Hard est considéré comme un film de Noël malgré lui, tout d'abord parce qu'il utilise Noël comme décor et contexte. Tout commence avec un simple détail. Le film se déroule la veille de Noël, lors d'une fête organisée dans le gratte-ciel Nakatomi Plaza à Los Angeles. On a des décorations de Noël omniprésentes, des chants de Noël en fond, des cadeaux et des célébrations organisées dans le lieu de travail. Ces éléments situent clairement l'action dans un contexte festif, même si l'intrigue est centrée sur une prise d'otages et une attaque terroriste. Ainsi Noël est là, mais par contraste, il devient l'arrière-plan ironique de la violence et du chaos qui en suit et qui est tout à fait attendu dans un film d'action, mais complètement inattendu dans un film de Noël. Toutefois, du point de vue de sa structure narrative, le film curieusement suit un schéma très proche des films de Noël classiques. John McClane, notre protagoniste, cherche à réparer sa relation avec sa femme. Il est isolé dans un environnement hostile, il sauve ses proches et finit par réunir la famille à la fin. Autrement dit, sous le masque du film d'action, c'est une histoire sur la famille, l'amour et la réconciliation. Thème typique des films de Noël. Mais ce qui est marrant, c'est la manière avec laquelle Die Hard subvertit complètement le genre du film de Noël traditionnel. Il n'y a pas de sapin satillant en plan principal, mais des explosions à côté. Il n'y a pas de musique douce, mais des bastons et des tirs. Il n'y a pas des dialogues chaleureux, mais des répliques sarcastiques et mémorables. C'est précisément ce mélange qui crée une expérience unique où Noël est complètement désacralisé sur le plan formel. John McTierney Ternan transforme un lieu unique, le Nakatomi Plaza, en terrain de jeu dramatique et allaitant. Il utilise des plans larges pour montrer le désastre et la verticalité du bâtiment, des plans serrés pour les combats et les tensions et des mouvements de caméra fluide pour alterner entre poursuites, fusillades et moments comiques. Le réalisateur joue sur la verticalité du gratte-ciel, le transformant en un personnage à part entière, ce qui amplifie le suspense et l'action. Quand à John McClane, il n'est pas un héros invasible, il est vulnérable, blessé, fatigué, stressé, il parle avec humour et sarcasme, il agit sous pression et improvise constamment. Cette humanité rend le personnage attachant et ajoute une dimension émotionnelle inattendue pour un film d'action. Il devient un héros de Noël par sa persévérance et son rôle protecteur. Sur le plan esthétique, l'artificiel est très vite mis en avant. John McLean, flic de New York. voyage à Los Angeles pour y retrouver sa femme qui y travaille. Nous sommes dans la ville de l'artifice. Du coup, la neige est artificielle, les guirlandes et les lumières créent une ambiance de Noël truqué. Même la bande-son joue sur ce contraste. Des classiques de Noël comme Let It Snow ou Winter Wonderland sont réinterprétés pour accompagner l'action, créant un décalage amusant entre la violence et l'esprit festif. Pareil pour les explosions et les répliques type Ho Au fond, Die Hard nous rappelle que l'esprit de Noël n'est pas toujours doux et tranquille. Noël peut être le décor d'épreuves et de défis, mais les thèmes essentiels restent la famille, le courage, la réconciliation et l'amour. Et c'est peut-être pour ça que le film est devenu un classique culte des fêtes. Il détourne certes les codes traditionnels, mais il conserve l'essence de ce que Noël représente pour beaucoup. On a vu que les films de Noël peuvent sembler prévisibles, parfois kitsch, souvent sucrés, mais c'est précisément pour ça qu'on revient vers eux chaque année. Ils offrent un refuge émotionnel, une promesse de douceur, une histoire où les gens se réparent, se retrouvent, se choisissent. En les observant du point de vue thématique, narratif et visuel, on voit à quel point ce genre est en réalité maîtrisé, codifié et intentionnel. Mais cela n'empêche pas au cinéma de tenter de le détourner, de vouloir y semer un peu de noirceur et de chaos. pour finalement mieux révéler sa véritable nature. En tournant les codes du film de Noël en dérision, certains films dynamitent la morale traditionnelle et montrent une humanité grotesque, mais finalement très réelle. Alors, cher auditeur, chère auditrice, es-tu un fan des films de Noël ? As-tu déjà vu ces quatre films ? Quel est ton film de Noël préféré ? Et quels films proposes-tu pour inclure dans cette thématique ? Merci d'avoir suivi cet épisode du podcast Ciné Talk. Je m'appelle Georgia. Si tu aimes ce contenu, retrouve Ciné Talk sur les réseaux sociaux, abonne-toi, partage et souviens-toi. Parfois, Noël peut être tout sauf tranquille.