- Speaker #0
Bonjour à toutes et bonjour à tous et bienvenue sur ce nouvel épisode de podcast, épisode avec invité comme la plupart du temps. Et je me réjouis de vous présenter mon invité d'aujourd'hui pour cet épisode de rentrée qui va être haut en couleurs, totalement à son image. Et dans quelques minutes, vous allez rapidement comprendre pourquoi. Juste avant, un petit mot quand même pour vous dire que c'est le troisième mois de septembre de ma vie. que je passe avec vous à vous proposer du contenu et surtout des invités qui ont des parcours qui, je le vois, puisque les chiffres en témoignent, vous inspirent, vous amènent, j'espère, à vous mettre aussi en action sur des choses qui vous tiennent à cœur. Alors merci de la confiance que vous me réitérez, car j'ai pu constater cet été que les épisodes de mes premiers invités en 2024 continuent d'accumuler de l'écoute, tout comme mes petits derniers fraîchement sortis, qui n'en finissent plus d'exploser en termes de popularité. Merci. pour la confiance que vous me faites et merci de croire que je suis capable absolument de vous dénicher des profils qui, je pense et je le crois, puisque je le vis moi-même, vous inspirent. Mon invitée d'aujourd'hui, je vous préviens, est toute quelque chose. Elle a appris à tomber avant d'apprendre à parler en public. Et vous allez comprendre pourquoi. C'est le cirque qui lui a forgé sa résilience si particulière. Elle a travaillé des années pour des numéros de quelques minutes. Elle est tombée souvent, et elle en a fait son métier, tombée même devant tout le monde, quand nous, on se cache tranquillement dans l'ombre. Elle se relève parce qu'elle sait qu'au fond, c'est la seule option. Cette logique, mon invité l'a portée avec elle bien au-delà de la scène. Elle a fondé sa première entreprise à 18 ans dans la production de spectacles. Elle a dirigé des équipes sous pression sur certaines des plus grandes scènes du monde, notamment avec le Cirque du Soleil, mais pas que. Puis un jour, il a fallu qu'elle change de voix. Suite à un accident, mais aussi peut-être parce qu'il était temps pour elle de passer de la performance à la transmission. Et ça demande une vraie déconstruction. Défaire une identité qu'on a bâtie pendant des années, pièce par pièce, pour en assembler une nouvelle. Il a été question de ça avec Andréane. On a parlé de tout ça ensemble, de ce que le cirque nous apprend sur le risque, sur le rebond, d'apprendre à tomber en ayant la foi qu'évidemment, tout finit toujours par passer. de cette déconstruction, de ce qu'elle a de plus joyeux aussi, parce qu'évidemment, Andréane est joyeuse et Andréane milite pour la joie, de se faire confiance quand on ne sait pas encore ce qui s'en vient, et de choisir malgré tout de passer à l'action. Cette conversation est fabuleuse, parce qu'elle nous ouvre aussi les portes d'un monde qui, pour ma part, je ne connaissais pas. Je vous invite donc à sauter et vous relever, prendre votre souffle en cette rentrée, avec nul autre que la génialissime Andréane Quintal. Salut Andréane.
- Speaker #1
Salut Claire, ça va bien ?
- Speaker #0
Ça va bien et toi ?
- Speaker #1
Très bien, merci beaucoup de me recevoir.
- Speaker #0
Je suis tellement contente que tu aies accepté l'invitation. Merci à toi. Je me réjouis de la discussion qu'on va avoir, donc merci de prendre le temps et de venir t'ouvrir un peu plus finalement au micro. Est-ce que c'est ton premier podcast, Andréane ?
- Speaker #1
C'est mon deuxième à vie, mais je te dirais que j'avais même oublié que j'en avais fait un, donc je te laisse imaginer le stress que j'avais en m'en venant ce matin. matin, mais c'est correct. Comme ça, les gens ne verront pas que j'ai des spots en dessous des bras. Donc, c'est bon.
- Speaker #0
L'émission n'est pas filmée, j'adore. Mais je n'aurais pas cru qu'une femme comme toi serait stressée, par exemple, parce que c'est quand même ton métier aussi d'intervenir en public. Donc, c'est intéressant que tu nommes que finalement, ça s'est habité un peu ce matin.
- Speaker #1
Oui, mais pour moi, le stress, c'est une bonne chose. Donc, j'aime être stressée. Ça serait vraiment plate si je n'étais pas stressée. Puis... Moi, toutes les choses nouvelles vont me stresser, c'est juste que je le sais que, bien premièrement, tu m'as rassurée avant qu'on commence l'enregistrement, mais c'est quoi le pire qui peut arriver là ? Ça va, j'ai confiance. Andréanne,
- Speaker #0
je te laisse dans tes mots te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas et qui vont être à l'écoute de l'épisode.
- Speaker #1
C'est une question simple que tu demandes, mais je suis encore dans ma vie à me poser un peu la question comment que je me présente, parce que je vais en être avec toi pendant plus de 20 ans. Je me suis présentée comme productrice de spectacles de cirque, artiste de cirque. J'ai été une pionnière dans la discipline du trampoline-mur. Donc ça, c'était... Vous avez peut-être vu ça dans le Cirque du Soleil, c'est des grands murs, on colle des trampolines là-dessus, puis on fait des pirouettes. Donc, mon identité a été ça pendant des années, puis même avant ça, j'étais une fille de compétition de gymnastique de trampoline. Je me suis présentée comme ça pendant très longtemps, et maintenant, depuis quelques années, j'ai eu une transition de carrière, puis j'ai démarré mon entreprise, Liane Formations, donc je donne des conférences et des formations en leadership, courage d'agir. prise de parole. Donc, c'est fou que je donne des formations en prise de parole, puis je vous dis que je suis stressée, mais c'est normal, puis c'est correct.
- Speaker #0
Probablement que c'est qu'on a à cœur ce qu'on fait aussi. Je pense que le stress aussi est un vecteur. Tu sais, j'ai envie de bien faire. C'est aussi une marque de respect. Moi, je suis toujours un peu stressée quand je reçois quelqu'un au micro. Mais c'est beau. Parce que je me dis, il faut que je sois à la hauteur de l'échange puis de la personne que j'ai invitée sur le micro puis qui me fait cadeau de son temps. J'avais le stress commun avec toi ce matin.
- Speaker #1
En fait, je trouve ça beau ce que tu dis, parce que donner un spectacle, donner une formation, les gens se déplacent pour venir te voir. Les gens vont payer pour venir te voir. En spectacle, moi, je disais souvent à mes artistes, « Hey, n'oubliez pas que la famille, parfois, ça va être leur premier spectacle de cirque qu'ils vont voir. Ils vont avoir payé le restaurant, le parking, la gardienne. Donc, si toi, ça ne te tente pas de faire un spectacle aujourd'hui, si ça ne te tente pas d'aller travailler, bien, il y a des gens qui ont payé pour venir t'applaudir. » Puis j'ai eu la chance d'avoir un métier où j'ai été applaudie toute ma vie. Ma mère, qui est dans mon entreprise, c'est mon administratrice depuis plusieurs années, est très bonne pour me le rappeler, cette chance-là, parce qu'elle a été 35 ans à Hydro-Québec en ressources humaines. Puis elle me dit, Andréane, rappelle-toi la chance que t'as. Toi, là, tu fais ton travail, là, puis t'es applaudie. Les gens viennent te voir après pour te prendre en photo. Ils me connaissent pas, là. Souvent, les artistes de cirque, moi, je dis qu'on est des « unfamous superstars » . Les gens ne nous connaissent pas dans la rue, mais on se fait applaudir. Ils viennent nous voir comment ça leur fait du bien de passer un moment dans un spectacle. On leur a fait oublier le temps d'une journée, les collègues avec qui ça ne va pas, le stress de la journée. Donc, j'ai eu une chance inouïe de faire ce métier-là. Je veux vivre jusqu'à 120 ans, ça fait qu'il me reste à peu près 80 ans pour continuer. À développer ça, ça ne sera plus sur une trampoline. Maintenant, c'est en entreprise que je fais ça. Mais pour moi, le temps des gens est très, très important. Un boss va décider d'arrêter son entreprise, d'envoyer toute sa gang. Des fois, je vais avoir 80 personnes, 40 personnes. Puis ils vont se dire, moi, je trouve que ça vaut la peine de former mon entreprise pour que l'entreprise rayonne plus. Puis là, moi, je leur donne cette formation-là. C'est fou, en fait, que j'ai la confiance de ces gens-là. Je veux être la meilleure au monde, comme je voulais être la meilleure au monde en trampoline. Je veux que les gens repartent en se disant « Hey, on va faire la différence. On va être capables d'avoir une meilleure communication entre nous. Ça va m'inspirer pour avoir un meilleur leadership. » Bref, ainsi de suite. Donc, pour moi, c'est vraiment... C'est important que le temps soit bien managé.
- Speaker #0
C'est une marque de respect, finalement.
- Speaker #1
Pour moi, oui.
- Speaker #0
Oui, j'adore. Jamais reçu, moi, d'artiste international de cirque au micro. J'ai une question qui fait résonance évidemment avec ce que je vis moi. Comment tu as accepté de déconstruire ton identité justement quand après des dizaines d'années, tu n'étais plus finalement juste ça ? Comment, un, tu as trouvé la nouvelle identité vers laquelle tu voulais aller ? Par quoi tu es passé ? Parce que moi, je le vis actuellement. On sait que je me suis présentée 7 ans. Oui, je suis la fondatrice de Boréali. Et du jour au lendemain, tu ne l'es plus. Ce n'est pas tout à fait du jour au lendemain. C'est un processus, c'est long. Oui, mais soudainement, à la rentrée, tu vas faire des événements, puis tu ne te présentes plus comme ça. Tu oses dire « je ne sais pas » . Et le « je ne sais pas » n'est pas du tout une réponse qu'en ce moment, on trouve glamour, mais en même temps, elle est très vraie. Donc, par quoi toi, tu es passée, puis comment tu as... Est-ce que tu te souviens de comment tu as reconstruit ta nouvelle identité ? Est-ce que c'était évident que tu avais donné des formations ? Pas du tout.
- Speaker #1
Avant de parler de moi, c'est parce que je pense que ça peut faire écho à beaucoup de personnes qui nous écoutent. peut-être ce que tu dis. Tu sais, quand tu dis que c'est pas glamour de dire « je le sais pas » , bien moi, j'ai le goût de te dire dans un événement networking de réseautage, en fait, ça peut peut-être t'amener des vraies discussions. Il y en a que ça va faire frire. C'est sûr de dire « hey, je le sais pas, je viens de vendre mon entreprise, je passe à autre chose » , mais il y en a d'autres que ça va faire. « Ah, mais OK, pourquoi t'as vendu ? C'est quoi ? T'es où dans ta vie ? » Donc, ça peut développer vraiment des belles discussions, des belles réflexions. Puis justement, c'est ce genre de réflexions-là et de discussions qui va t'amener à cheminer. Donc, c'est d'oser de se montrer vulnérable, mais c'est sûr que ça sera pas bien pris par tout le monde. Pour revenir à la question... Non,
- Speaker #0
mais j'adore, parce que c'est vrai que c'est vulnérabilisant parce qu'on est dans une société où on dit ce qu'on fait, on sait où on s'en va, on a des objectifs. Et bien parfois, tu as des carrefours de vie où finalement, c'est peut-être un luxe de ne pas savoir d'ailleurs, parce que je veux dire, je sais que je suis dans une position privilégiée où tout le monde n'a pas ce parcours-là. Mais il n'en demeure pas moins qu'assumer un je-ne-sais-pas quand tu n'as que des gens qui se sont déplacés pour éventuellement signer des contrats. Et toi, tu arrives comme une fleur. Eh bien écoutez, je ne sais pas. Effectivement, ça dépend de l'écoute qui est en face de toi, mais c'est vrai que ça peut donner, et ça a déjà donné lieu à de belles discussions, mais d'assumer de ne pas savoir finalement, c'est... Moi, ça m'a demandé un petit peu d'effort.
- Speaker #1
Mais c'est normal. Mais c'est épeurant, c'est de l'incertitude, c'est de se dévoiler. Puis on en a parlé en pré-entrevue. Tu sais, c'est à quel point, justement, lors d'un balado, on veut se dévoiler aussi. Puis à quel point on veut parler des difficultés. On est beaucoup dans la génération vulnérabilité en ce moment. Puis c'est bien, mais jusqu'où on peut aller ? Qui va écouter ça ? Avec qui je vais être vulnérable aussi ? C'est pas avec tout le monde que je veux montrer cette vulnérabilité-là. le assurément. pas, que ça amène plein de questions. Et je pense que, justement, quand on transitionne de carrière... Moi, j'ai transitionné carrière, vraiment, d'un bout à l'autre. Mais même quand on reste dans le milieu des affaires, puis on change d'entreprise, c'est... Je sais pas comment toi, tu l'as vécu. Moi, ça a été un deuil, premièrement. Bien, puis tu l'as dit, c'est un processus. Je me suis pas réveillée du jour au lendemain. À 18 ans, moi, j'ai fini l'École nationale de cirque, OK ? Puis, OK, je te compte ça.
- Speaker #0
Je veux...
- Speaker #1
Parfait. Moi, mon but dans la vie, depuis que j'étais toute petite, j'avais 4 ans, j'ai vu le premier show du Cirque du Soleil, je savais que c'était ça que je voulais faire dans la vie. Toute ma vie a été bâtie parce que je voulais travailler au Cirque du Soleil. J'ai fait de la compétition de gym, trampo, je vais à l'École nationale de cirque au cégep. Je finis ça et là, je passe mes auditions au Cirque du Soleil. La grande bâtisse dans le nord de la ville. Je suis prête. Mon niveau de trampo, il est fort. J'ai tout fait. La musculation, les chin-ups qui demandent mes splits, mes oversplits, ça veut dire que mes jambes vont par-dessus ma tête.
- Speaker #0
« T'as quel âge ? »
- Speaker #1
« Je dois avoir 17 ans et demi,
- Speaker #0
genre. »
- Speaker #1
Je me suis fait dire non. Je coupe le bout que mon père vient me chercher parce que j'habitais à Sarive-Sud. J'ai pleuré ma vie. Ma vie était finie à ce moment-là. Le recruteur du cirque est bien venu me consoler dans les toilettes. Je pense que ça ne serait plus acceptable aujourd'hui. Mais il a vraiment été gentil, puis je lui ai demandé pourquoi je n'ai pas été prise. Puis il me l'a dit, en gros, il m'a dit, ton niveau n'est pas assez haut. Puis à ce moment-là, vous devez savoir, on remonte à il y a presque 25 ans, l'Estée du Soleil prenait beaucoup les champions du monde, ceux qui allaient aux Olympiques. Puis là, j'ai fait, OK, fait que j'ai pleuré ma vie pendant peut-être 4 heures. Puis là, après ça, j'ai fait, OK, je fais quoi ? Bien, je vais me trouver ma propre job. J'ai appelé mon coach de trampo. qui m'avait donné ma première chance. Il m'avait amené faire des shows dans l'Ouest canadien, dans les foires agricoles, avec les cow-boys et tout ça. Puis j'ai dit, « Hey, on se part un duo, on part une compagnie. » Fait que j'ai 18 ans, on s'est acheté des remorques, des trampolines, puis j'ai appelé tout le festival de la patate, le festival du cochon, le festival de jazz. On les a toutes faites. On a fait tous les festivals au Québec. Longue histoire courte, éventuellement, on s'était fait approcher par quelqu'un d'autre pour monter un mur montable-démontable. Puis c'est vraiment avec cet appareil-là qu'il n'existait pas. En fait, ça existait seulement dans un spectacle très fixe, donc qui ne bougeait pas en Floride avec le Sourire du soleil. Puis nous, on a été les premiers à le rendre montable-démontable. Donc, on pouvait mettre ça dans des containers. Mobile. Exact. Exactement. Puis là, on mettait nos trampos, on faisait les carnathéas, c'est genre les passeports. Bref, on s'en allait en Azerbaïdjan faire des shows, en Italie, à Istanbul.
- Speaker #0
Mais t'as une jeune vingtaine à ce moment-là.
- Speaker #1
Oh my God Vie de rockstar.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Pour vrai, ma vie, c'était de faire des shows de trampos. Là, ma mère, elle n'aimera pas ça, mais c'était de faire le party, c'était de voyager. Puis je faisais ça avec mes amis. J'ai vécu de ma passion pendant tellement longtemps. J'ai eu cette chance. J'ai fait le choix, mais j'ai aussi eu la chance de vivre de ça parce qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui ont cette chance-là. J'ai adoré ça. Artiste de cirque, tu te blesses, il y a des blessures. Ça fait partie du métier. Je le disais à mes étudiants, j'enseigne la gestion de carrière à l'École nationale de cirque. Je leur dis, ce n'est pas de savoir quand est-ce que tu vas te blesser, c'est tu vas te blesser. C'est comment tu vas gérer ça. Donc, on est beaucoup dans la résilience. On sait que lorsque tu es artiste de cirque, tu le sais qu'il y a des étapes à l'apprentissage. Tu sais que tu vas te planter. On se plante tout le temps. Quand tu apprends à faire un double back, un double flip, mettons, il y a des étapes à ça. Tu ne pars pas du jour au lendemain en te pitchant, en te disant « je vais faire un double flip » . Donc, il y a des étapes. C'est vraiment des apprentissages extraordinaires. J'ai eu la chance de travailler avec des personnes de partout sur la planète. Puis au fil du temps, je suis devenue... metteur en scène, directrice, productrice. Puis j'ai géré des équipes partout sur la planète. Andréane, de 27 ans, qui se retrouve à gérer une équipe de 15 Européens de l'Est, des Russes, des Ukrainiens, oui, oui, toutes dans la même équipe, des Polonais, des Biélorusses. Puis on a juste quelques jours pour monter un show. Puis je suis la seule femme dans l'équipe. Comment je vais les gérer ? Comment je vais les influencer ? C'est ceux-là. Fait que c'est toutes des choses que j'ai apprises. J'ai adoré ça. J'ai tellement aimé ça que je suis allée me chercher des certificats Harvard en pouvoir et influence.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
C'est vraiment, c'est de la gestion humaine, mais c'est pas juste de la gestion humaine. C'est ça de l'humain, c'est de comment communiquer. Fait que moi, que je sois dans un cirque ou chez Hydro-Québec, je dis souvent aux entreprises, chaque entreprise a son propre cirque à gérer.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
C'est de l'humain qu'on gère. Que tu fasses des pirouettes ou que tu sois TI, tu vas avoir des objectifs. Tu vas tomber dans la répétition. Tu peux t'emmerder. Il va falloir que tu gères le collègue que tu n'aimes pas. Il va falloir que tu gères la pression. Donc, j'ai eu cette chance-là.
- Speaker #0
La sous-question, quand je t'entends parler, puis après, on va arriver à ce que tu as lu des cons. C'est fascinant parce que c'est rare qu'à 18 ans, je rencontre des gens qui sont aussi déterminés que ce que tu as pu l'être. C'est tes parents qui t'ont enseigné ça ? C'est le cirque que tu as commencé très tôt qui t'a enseigné ça ? C'est un mélange des deux ? Cette détermination de... Bah si la p... porte est fermée, je vais bien trouver une fenêtre. Si la fenêtre est fermée, je prendrais la cheminée. J'ai quand même l'impression que...
- Speaker #1
Mais le...
- Speaker #0
Force en toi qui est incroyable quand même.
- Speaker #1
Bien, le premier mot qui me vient en tête, c'est naïveté. C'est de pas savoir dans quoi je m'embarquais. Pour moi, dans ma tête, moi, j'allais faire des spectacles de trampolines dans la vie. C'était ça que j'allais faire, peu importe. Puis ça a fait que j'ai dû créer une entreprise, ça a fait que j'ai dû acheter du matériel, ça a fait que j'ai dû m'entourer d'une équipe, ça a fait que j'ai... commencé à gérer du monde. J'ai géré des payes, j'ai géré des contrats, j'ai commencé à négocier. Si quelqu'un m'avait dit ça à 15 ans, j'aurais fait non. Je voyais ma mère à Hydro-Québec faire toutes les personnes qui se font engager, les personnes qui quittent. Je me disais que je ne ferais jamais ça. C'est ça que j'ai fait finalement. J'ai grandi dans une famille de parents qui m'ont... J'ai eu... Ça, c'est vraiment une chance inouïe. Ils m'ont toujours supportée. Donc, aux compétitions, mes parents, que je gagne ou pas, on allait manger au Giorgio après. Ils lisaient le 7 jours pendant mes compétitions. Mes parents, ils voulaient juste que ma soeur et moi, on soit heureuses. Puis moi, j'ai suivi ma soeur parce que ma soeur faisait de la gym, tu sais. Je suis comme la petite soeur typique qui a suivi sa grande soeur, puis que les parents, ils ont été là. Puis ils étaient comme, bien, il faut que tu fasses ce que t'aimes, Andréa.
- Speaker #0
T'as baigné là-dedans, puis naturellement, ça a le fil à dérouler, en fait.
- Speaker #1
Bien oui, puis c'était juste parce que moi, je le savais que je ne m'en ferais pas donner de la job. C'était beaucoup en trampoline à ce moment-là, c'était beaucoup les hommes. Le trampoline n'était pas autant développé à ce moment-là que maintenant. Si je me rappelle bien, ce n'était pas encore aux Olympiques, ou ça venait de sortir aux Olympiques.
- Speaker #0
Incroyable quand même.
- Speaker #1
Bien là, j'ai l'impression de sonner comme un dinosaure, mais oui. Non, Andréanne n'a pas 80 ans de vécu peut-être seulement. Je ne savais pas dans quoi je m'embarquais, mais pour moi, c'était inconcevable. J'ai eu la chance de travailler avec des gens exceptionnels. Puis, pour la petite histoire, finalement, j'ai eu la chance de faire beaucoup de compétitions de cirque en Europe. C'est très, très populaire, ça. Puis, avec une de mes équipes, on a gagné plusieurs prix au Festival de cirque de Monte-Carlo. Le recruteur du Cirque du Soleil était juge. Celui qui m'avait dit non. Puis, on a gagné... On a été l'entreprise canadienne qui a gagné le plus de prix. En fait... lors de cette compétition-là. Puis il est venu me voir après pour me dire, « Andréane, je suis tellement contente de ne pas t'avoir pris au Cirque du Soleil parce que t'as fait rayonner cette discipline-là à travers le monde. Puis finalement, ils m'ont pris au Cirque du Soleil et je n'ai pas eu à passer d'audition. »
- Speaker #0
Non, mais j'adore. C'est incroyable.
- Speaker #1
C'est un beau parcours. Et là, tu vas me dire, « Mais là, c'est si le fun que ça. Qu'est-ce qui s'est passé ? »
- Speaker #0
Oui. Ta prise de décision de terminer finalement, ne m'étant pas en cette carrière-là, c'était quoi ?
- Speaker #1
Comme tu as dit, c'est des processus. J'ai eu un gros accident. C'est le genre d'accident qu'on ne mettait pas sur Facebook. En tout cas, dans le temps, on n'en parle pas en cirque quand tu te blesses vraiment parce que tu vas perdre la job, en fait. Ça va faire peur aux gens, puis les gens vont t'oublier. Je suis tombée en bas d'une trampoline en Allemagne. Je me suis blessée à la tête assez gravement. J'ai vécu beaucoup de relents de commotion. Puis j'ai continué à performer puis à gérer mes équipes. Ça a été très difficile, mais dans ma tête, je ne voyais pas. Je sais qu'est-ce que je vais faire si je ne fais pas ça. Puis, je vais même aller, c'était au point, dans le temps que la CSST ne couvrait pas vraiment les artistes de cirque. Tu sais, on retourne à il y a quelques années, mais ce n'était pas le même filet de sécurité. Donc, ça, ça a été la première étape. Puis, après ça, on en a parlé un petit peu hors d'onde, mais moi, j'avais créé mon entreprise pour créer des spectacles. C'était ça. Moi, je voulais produire des spectacles partout sur la planète. Puis, finalement... j'ai fini par seulement gérer de l'humain.
- Speaker #0
Gérer l'entreprise.
- Speaker #1
Gérer l'entreprise. Gérer les payes, les billets d'avion, les artistes qui vont manquer leur avion, ceux qui, finalement, quittent le contrat, les chicanes. Puis en fait, ça a pris une trop grosse ampleur pour moi. Puis à un certain point, je me suis dit, mais je ne veux plus ça. Ça ne me tente plus. C'est trop. En fait, j'ai pu... Je comprends qu'un travail, ce n'est pas toujours le plaisir, mais là, ça a pris une trop grosse ampleur. Puis en plus, je ne pouvais plus faire de trampoline. Fait que mon petit bonbon... La raison finalement pourquoi je faisais ça, bien, je ne l'avais plus.
- Speaker #0
Le fameux « why » finalement pour toi, il était étend.
- Speaker #1
Ah, mais complètement, là. Donc, ça a donné... En fait, j'ai pris ma décision juste avant la pandémie. Donc, ça m'a donné un petit moment pour réfléchir à la suite. Puis en fait, c'est là que je me suis dit, OK, le problème, c'était que j'étais tannée de gérer des artistes qui ne lisaient pas leur contrat. En gros, il arrivait en... en contrat, puis il était fâché parce que, mettons, les conditions n'étaient pas comme il pensait. Puis j'étais, oui, mais si vous aviez lu vos contrats, vous avez signé. Puis là, je me suis dit, hey, je vais monter avec un de mes amis, on a monté une formation qui s'appelait Avoir su pour aider les artistes justement à mieux gérer leur vie d'artiste. Tu sais, le fameux artiste entrepreneur, parce que c'est ça, si tu veux vivre de ta passion. Je m'excuse, mais n'importe quel artiste, ce n'est pas juste parce que tu es artiste que tu vas payer ta maison. Donc, comment on fait pour payer sa maison ? Comment on fait pour négocier ? Comment on fait pour faire du réseautage, justement ? Comment on fait pour se démarquer, puis se faire réengager, gérer des blessures ? Bon, je suis tombée en amour avec ça. J'ai adoré ça. Puis, finalement, je me suis faite approcher pour des conférences. Puis, c'est là que j'ai fait, OK, mais qu'est-ce que j'ai à dire, moi ? Clairement, tu le vois, j'ai beaucoup de choses à dire. Moi, je le savais depuis que je t'ai vue la première fois parce que j'ai eu l'occasion de t'apercevoir en 15 minutes il y a deux ans à la Jeune Chambre de commerce de Montréal.
- Speaker #0
J'ai compris, je savais. Ce n'était pas compliqué. Je t'ai parlé 15 minutes et on a pris le lunch ensemble. Mais il y a des gens comme ça où tu sais.
- Speaker #1
J'adore, c'est quand tu es bien à une position et je sais que j'apporte. quelque chose aux gens. Pour moi, c'est le meilleur des deux mondes. Donc, tout mon petit côté show-off, le côté que j'aime être sous les projecteurs, ça, moi, je l'assume. J'ai gagné ma vie en me faisant applaudir, en brillant sur scène. Je suis comme, OK, je l'ai, cette force-là. J'ai cette confiance-là. What else ? Ça prend plus que ça. Qu'est-ce que je peux apporter aux gens ? Moi, mon expérience d'avoir géré des équipes partout sur la planète pendant 20 ans, bien, ça, je l'ai. Ça, je vais vous le transmettre. Puis apprenez de mes erreurs. Moi, c'est souvent ça que je dis au monde. Regardez les erreurs des autres. Parce que quand tu vois quelqu'un tomber à côté d'une trampoline, crois-moi que tu ne referas pas la même erreur que la personne. Tu apprends bien plus vite des erreurs des autres. Parce qu'on va en faire de toute façon.
- Speaker #0
On va en faire de toute façon. Donc, tu as eu le déclic de boîte à outils, de finalement transmettre ce que tu avais, tout ce bagage-là. Et puis tu as monté. Il y a une formation à ce moment-là.
- Speaker #1
Exactement. Puis ça m'a... J'avais passé mon deuil, tu sais, de trampoline. Tantôt, on a parlé des constructions. Tu sais, oui, c'est un deuil de changer de carrière, de changer d'identité aussi, parce que quand tu passes d'artiste de cirque productrice, il y a de la magie. Tu dis le mot « cirque » , là, c'est magique, le cirque. C'est sûr que quand tu dis « Ah oui, je donne des formations » , t'es un petit peu moins glamour.
- Speaker #0
Parce qu'on t'a pas vu. Parce que quand on t'a vu, on sait à quelle fois ça peut être glamour, absolument. Mais oui, oui.
- Speaker #1
Bien oui, mais c'est des choix. Puis encore là, tu sais, tu parles d'identité. Puis je suis encore, moi, dans cette recherche-là. Puis je pense que je vais l'être encore pendant... longtemps parce que j'aime essayer des nouvelles chances puis je reviens encore à c'est quoi le pire qui peut arriver ? Moi, là, je tomberai plus en bas d'une trampoline. C'est quoi le pire qui va arriver ? Que je vais bafouiller devant du monde ? Qu'il y a du monde qui vont dire des méchancetés sur moi, sur les réseaux sociaux ? C'est pas le fun. J'ai jamais dit que c'était le fun. Est-ce que c'est vraiment grave ? Je pense que j'ai connu pire. Fait qu'il y a peut-être ce côté-là de me dire j'ai connu pire. C'est pas grave, là.
- Speaker #0
Non, c'est pas grave. Puis souvent, c'est ça, c'est le courage d'oser. Tu as parlé que tu as une déformation sur le courage d'agir, et ça, je veux vouloir qu'on y revienne. Mais là, puisqu'on a beaucoup dit le mot trampoline, j'ai quand même envie de...
- Speaker #1
Regarde, tu vois, c'est ça aussi. J'ai de la misère à me décoller de ça, encore. C'est qui ? C'est tellement gros dans ma vie, c'est tellement... ça fait partie...
- Speaker #0
C'est la moitié de ta vie, Andréane.
- Speaker #1
C'est ça, exactement.
- Speaker #0
Et c'est ce de quoi tu tires tes enseignements aujourd'hui pour transmettre aux autres. Fait que moi, j'ai aussi appris à... dans la déconstruction de qui on est, c'est pas parce qu'on déconstruit qu'on doit plus être et plus emmener avec nous la personne qu'on a été. Et je pense qu'au début, quand j'ai pris ma décision que j'allais vendre l'entreprise, c'est parce qu'il fallait que je sois une autre personne. Mais en fait, ça n'existe pas. C'est comme un buvard. L'encre, elle coule tranquillement, elle se dissout, elle est moins nette, mais tu l'emmènes avec toi. Et je pense que quand on dit déconstruire, je suis quand même à vie la fondatrice de cette entreprise-là. Oui,
- Speaker #1
puis tu vas l'être à vie, puis c'est ça qui est spécial. Parce que quand tu changes, C'est un gros changement, là. Tu sais, on parle de changement. Quand j'ai parti Lyon, je me suis entourée de plein de gens ultra intelligents, créatifs, c'était le fun. Puis là, t'as l'avis de tout le monde. Puis là, on va parler de confiance un peu. Puis en trampoline, moi, je vais te le dire, je le savais, ce que les gens aimaient dans la salle. Je savais quoi faire, je savais quelle musique mettre, quel costume, quel... OK, pour ce public-là, on va faire ça, pour ce public-là, OK. Je le savais que de Zurich à Rome, avec mon trailer à 80 km à l'heure, parce qu'il y a des limites en Europe, ça allait me prendre 14 heures me rendre là. Je le savais qu'il fallait que je prenne une pause après 7 heures de route. Mon équipe allait vouloir arrêter. Je connaissais tout ça. Quand j'ai commencé Lyon, j'étais « OK, comment je gère ça ? Le monde du cirque là-dedans ? » Il y en a qui m'ont dit « Non, c'est ton identité. » Il y en a d'autres qui m'ont dit « Non, décolle-toi de ça. Tu ne seras pas crédible. » Quand tu pars un nouveau projet, j'ai pas la même confiance, mais je suis en train de la développer, cette confiance-là. Puis c'est correct, c'est le processus. Tu deviens pas meilleure au monde du jour au lendemain. Puis c'est plus ça mon but non plus. Mais je sais que cette confiance-là, ça va revenir. C'est déjà mieux que là, 5 ans. C'est déjà mieux que l'année passée. Mais il faut s'entourer des bonnes personnes. Tantôt, tu parlais de courage d'agir. Une des premières choses, c'est de s'entourer. Parce qu'être tout seul, c'est difficile.
- Speaker #0
C'est difficile.
- Speaker #1
Ce n'est pas impossible, mais c'est difficile.
- Speaker #0
Oui, et le courage d'agir, c'est aussi... J'ai un rêve. Comment je fais pour faire descendre ce rêve dans la matière ? Parce que tu aurais pu pelleter du nuage encore longtemps sur... Peut-être qu'un jour, je pourrais être conférencière, je pourrais donner des formations. Mais finalement, OK, mais ça serait qui mon premier client ? Puis on descend, puis qu'est-ce que j'ai à offrir ? De papier, crayon ? OK, mais je dirais quoi ? Tu débutes dans ce nouveau chapitre. Et je trouve que dans la déconstruction, ce qui est parfois difficile, c'est d'accepter de se remettre dans une posture d'apprenant. Finalement, quand on a été... Moi, je n'étais pas la science infuse dans l'industrie, vraiment pas, mais je la maîtrisais. Et là, tu repars volontairement en déséquilibre à te dire, eh bien, vas-y ! Je me remets dans une posture d'apprenant, je me remets dans un jour 1, je suis une éternelle étudiante parce que curieuse et parce que je le sais que même le nouveau chapitre que j'aborde là, c'est pas mon chapitre final. Donc il y a quand même quelque chose de complètement fou de se dire, mais j'en attame un autre, ça c'est vrai, mais je sais en fait, je sais même pas, j'ai pas la garantie, je sais que je sais d'avance que dans 8 ans, 9 ans, peut-être moins que ça, je vais refaire le même processus parce que c'est ma nature. Mais c'est bousculant.
- Speaker #1
Oui, mais c'est le fun aussi parce que je trouve ça beau. Moi, je pense que ça m'enlève un stress, justement, de me dire, OK, pendant 20 ans, 25 ans, j'ai été dans ce domaine-là. Ça m'a amenée où je suis aujourd'hui. OK, si je me rends à mes 60-65 ans en faisant ça, bien, premièrement, je suis comme, wow, toutes les connaissances, toutes les gens exceptionnellement brillants que je rencontre. Tu sais, plus je découvre des choses, plus je trouve que je ne connais rien. Mais ça, c'est normal.
- Speaker #0
Puis on adore.
- Speaker #1
Mais oui, c'est le village.
- Speaker #0
C'est un privilège de réaliser qu'on ne sait pas plein de choses.
- Speaker #1
Exactement. Pour moi, je suis comme, OK, mais c'est ça la vie. Dans 20 ans, je vais être rendue ailleurs, mais c'est correct. C'est ça le chemin. On grandit là-dedans. Puis honnêtement, quand je me fais dire, tu te vois où avec Lyon et tout ça, puis avec mon entreprise Lyon Formation, puis je suis comme, bien... Honnêtement, quand je l'ai partie, il y a environ cinq ans, j'avais un but super clair. Elle a tellement changé depuis parce que je découvre tellement de possibilités. Je rencontre des entreprises, des modèles d'entreprises qu'honnêtement, je ne connaissais pas. Donc là, je découvre ça. Je découvre des types de personnalités. Je travaille avec des psychologues, avec des profs en didactique à l'université. Moi, je faisais de la trampoline en envie. Tu sais, c'est ça, je montais des shows. Moi, ma job, c'était de donner un bon show au monde. Les gens payaient 60 euros, mettons, pour aller voir un spectacle en Allemagne. Puis moi, c'était de leur donner le meilleur show. Là, je veux leur donner la meilleure conférence. Bien là, ça me prend une gang avec moi.
- Speaker #0
Puis c'est le fun, puis ils m'apprennent plein d'affaires. Je suis tellement chanceuse. Je n'ai pas dit que c'était facile, by the way.
- Speaker #1
Non, mais je pense qu'on a une tolérance. Je dis, il y a des traits que je reconnais chez toi, mais comme on aime apprendre et qu'on aime aussi se mettre en déséquilibre un peu, de non, je ne sais pas le faire, mais en fait, il n'y a aucune raison du monde que je ne sache pas le faire dans X temps. Ben go, vous pouvez me donner les moyens d'eux. Puis on apprend tellement des autres, en fait. On ne se rend même pas compte que ça s'infuse naturellement. Ce n'est pas juste prendre un livre ou suivre un cours en ligne, je ne sais où. Apprendre, c'est une conversation comme ça. Moi, je vais avoir pris quand on va raccrocher tantôt.
- Speaker #0
Bien, on est d'accord complètement. Puis il y a quelque chose de beau que tu as dit tantôt, parce que moi, je me le répète, c'est un mantra pour moi, mon émotif. Si c'était facile, tout le monde le ferait. Moi, ça, ça me drive énormément. Ça me rappelle que je suis comme, ben non, c'est pas facile d'avoir son entreprise, mais c'est aussi pas facile d'être salariée. C'est juste pas les mêmes difficultés. Je vois ma soeur être prof d'éducation physique, puis donner des cours à des jeunes aux primaires, à tous les jours. Puis des fois, je vais donner des ateliers de cirque avec elle, puis je la vois, puis elle donne tellement d'énergie à ces jeunes-là. Je suis comme, mais comment tu fais ? Comment tu fais pour faire ça depuis 20 ans, 25 ans qu'elle fait ça ? Je trouve ça extraordinaire.
- Speaker #1
Puis j'aime que tu mentionnes effectivement que ce n'est pas le propre des entrepreneurs. En fait, on peut tous se sentir concernés, effectivement, et que moi, j'ai plein de salariés qui m'écoutent. Et le mantra et cette philosophie-là de se muscler, à muscler parfois, que oui, je peux le faire, mais c'est valable en entreprise aussi. Il y a la faute d'aller chercher la promotion dont on a toujours rêvé et de changer de secteur parce que... Finalement, on veut changer, on est dans le public, on va être dans le privé, ou l'inverse. C'est pas l'apanage des entrepreneurs, et c'est important de le dire, parce que souvent, on a l'impression qu'on tient des propos qui sont juste de femmes qui ont entrepris, mais c'est pas vrai, c'est universel quand même.
- Speaker #0
C'est universel, puis je pense qu'il y a un gros élément que les gens oublient, parce que là, ça revient un peu plus, mais c'est que tu sois salarié ou que tu sois, je retourne, artiste de cirque, tu te fais engager au Cirque du Soleil, puis tu te fais... 400 shows dans ton année. Moi, il y a des journées que je faisais 3-4 shows par jour. C'est la même chorégraphie, les mêmes costumes, les mêmes petits pas de danse, le même petit « salut » que tu vas faire au même moment, le même flip à la même seconde. Tu fais ça 400 fois dans ton année, c'est long. J'ai beau faire du cirque, j'ai beau vivre de ma passion, c'est très, très redondant. Donc, c'est de trouver la créativité là-dedans, le plaisir. J'ai entendu, c'est la directrice de l'école de l'humour, qui disait d'amener le rire, mais c'était pas juste le rire, d'amener l'humour, mais elle disait, tu sais, dans le travail. Puis j'avais trouvé ça beau, parce qu'elle avait dit, tu sais, d'amener de l'humour dans le travail, c'est pas juste de donner des shows, puis c'est pas juste de dire des blagues, mais c'est de comment amener le sourire au travail, de comment amener...
- Speaker #1
Une liberté.
- Speaker #0
Oui Puis ça, que tu sois salarié ou entrepreneur, on l'oublie. Puis ça change vraiment, vraiment, vraiment de sourire en allant travailler, de savoir que tu vas travailler avec la personne qui te fait rire. Elle avait donné un exemple, elle avait travaillé dans une entreprise qui faisait des jeux, je pense, une fois par mois, un questionnaire, mettons. Puis c'est juste qu'elle avait acheté des klaxons de voiture pour répondre. Elle a dit, je sais que c'est un exemple drôle, pas drôle justement, c'est très simpliste ce que je donne comme exemple. Mais l'homme, il était motivé à faire aller les klaxons, il riait. Bien, c'est ça. On peut-tu ramener un peu ça ? Parce que c'est pas tout le monde qui a la chance de travailler dans un métier de bonheur, de passion. Mais même quand on fait ça, moi, je te le dis, là, quand j'étais menstruée en haut de mon mur, puis je venais de débarquer de l'avion d'Istanbul, je m'en allais faire un TV show en Allemagne, je débarque de l'avion, j'ai à peine le temps de mettre mon costume, je suis en train de me vider de mon sang sur le top de mon mur. Avec mon équipe de gars qui ne comprennent pas que je suis en train d'avoir les plus grosses crampes au monde, puis il faut que je saute sur une trampoline en allant sexy puis cute, en sachant qu'il y a des millions d'Allemands qui vont me regarder, puis que ça se peut qu'on pogne un X parce que notre numéro n'est pas assez bon pour un juge qui ne connaît pas la trampoline. Ça ne me tentait pas. Mais il y a d'autres moments que ça me tentait énormément. Ce n'est pas pour se plaindre, c'est une réalité que, peu importe le travail,
- Speaker #1
Il y a des moments où c'est moins fun, puis c'est ok. Tout le monde ne vibre pas tous les jours dans son travail, qu'on soit salarié ou pas. L'entrepreneur libre est super heureux, la fleur au fusil. Non, non, non, ce n'est pas ça nos journées, en fait. Mais de ramener de la légèreté dans une société qui s'alourdit, qui est sérieuse tout le temps. Je pense aussi que c'est ça qui fait que ta prestance à la mémorale, tu réveilles. Et en fait, on s'aperçoit que, et j'en parlais hier soir avec une amie, c'est que la légèreté, le rire, l'auto-dérision vont devenir des niches qui vont faire que les gens vont se souvenir de nous. Parce qu'on est tous en train de se trouver la vie pénible, lourde, qui coûte cher, qui est fatigante. Mais toutes ces personnes qui arrivent avec leur énergie, on y a accès. Oh waouh, en fait, merci du rappel, c'est qu'on devrait juste respirer un coup. Et rire, vraiment, de ne pas toujours penser à la to-do liste des choses à faire.
- Speaker #0
De rire, de mettre de la couleur dans sa vie. Je vais même à la couleur-couleur. J'animais une journée aux affaires sur le design d'intérieur. Il y a eu une, j'ai oublié le nom de la personne, mais c'était une spécialiste couleur. Ah oui,
- Speaker #1
Marie-Chantal Millette.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Petit monde.
- Speaker #0
J'ai adoré l'écouter, puis justement, à parler comment la couleur influence psychologiquement. nous, comme humains, à en parler avec passion, avec fougue. C'est le même fait que j'ai repeinturé mon bureau en vert, parce que clairement, le vert, c'est la couleur de la nature, c'est la couleur qui fait du bien au cerveau. Donc, c'est aussi ça, quand tu parles de mes vêtements, là, je voulais pas tomber là-dedans, parce qu'on est deux femmes, on parle de vêtements, mais je suis comme, pourquoi pas ? Moi, j'en dois pas d'or avoir des costumes. Pour moi, c'est mes costumes de madame, c'est mes costumes quand je vais dans des 5 à 7 avec mes amis, c'est mes costumes de filles qui... qui court, qui fait du ski. J'aime ça, je trouve ça beau. Tantôt, on parlait de confiance. Je suis comme, si pour toi, d'avoir confiance, c'est de mettre ton beau chemisier avant une entrevue, si c'est de mettre ton beau rouge à lèvres qui donne un petit éclat, si c'est de mettre juste un mascara, ou encore, c'est de t'écrire ta liste de pourquoi, qu'est-ce qui te fait rayonner ce matin, juste avant d'aller en entrevue pour un nouveau poste, bien, fais-le. Peu importe c'est quoi qui te donne confiance, fais-le.
- Speaker #1
J'adore. Désolée, du coup, on va rester sur le trampoline parce que là, c'est trop facile de faire le pont et tu vas comprendre avec ma question.
- Speaker #0
De sauter au prochain sujet.
- Speaker #1
Sautons au prochain sujet. On a quelle transition ? Non, ton métier a été de faire confiance à la chute. Tu peux tomber.
- Speaker #0
Mais on va tomber.
- Speaker #1
Tu vas rebondir.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Puis tu vas réatterrir. Si on prend cette image, puis ce mouvement que tout le monde a en tête, j'imagine en ce moment, quand est-ce que t'es tombée ? dans la vie et que peut-être ton expérience de cirque t'a fait dire « Non, non, mais en fait, il y a un rebond, forcément. »
- Speaker #0
Lorsqu'il y a quelques années, j'ai fait un burn-out. Puis tantôt, c'est ça, tu disais, tu sais, c'est quoi dans le processus de ma réflexion que j'ai eue avec mon travail. Je suis vraiment tombée physiquement malade. J'avais une tournée qui roulait en Suisse. J'en avais une autre qui tournait aux États-Unis en même temps. Donc, j'étais sur les deux continents, mais je... tout le temps, tout le temps dans les valises. Puis c'était quand même... J'avais beaucoup de gestion. Avec les artistes, c'était des tournées difficiles. Il y en avait une qui était en caravane dans un vieux cirque traditionnel. C'était un gros cirque aux États-Unis. Puis bref, il y avait beaucoup d'enjeux de sécurité là-bas. Donc ça a été difficile à ce moment-là. Mon corps a lâché, en fait. J'étais plus capable. Je voyais mon ordinateur, je vomissais. Bien sûr, quand tu tombes malade, bien, tu le caches à tout le monde. Mes artistes ne le savaient pas, mes clients ne le savaient pas. Il y a mes parents qui me voyaient et qui étaient comme « arrête, arrête » . J'étais « oui, mais j'arrête, c'est qui qui va gérer mes artistes ? C'est qui qui va gérer ? C'est quoi le next après ma tournée, quand la tournée va se finir ? C'est quoi la prochaine ? C'est pas moi qui s'en occupe. Tu ne sais pas quoi faire. Hier, je parlais à un de mes amis qui est en arrêt de travail dû à un épuisement professionnel. Il était comme, oui, mais si je ne reviens pas au travail, qui va prendre soin de mes dossiers ? Il dit, il n'y a plus personne. Ils ont mis tout le monde dehors dans l'entreprise. Puis j'ai lâché prise.
- Speaker #1
Tu as fait prendre soin du dossier ou prendre soin de toi ?
- Speaker #0
Bien, c'est ça. Puis honnêtement, physiquement, ça ne marchait juste plus. Puis j'ai eu un docteur qui m'a juste expliqué. Elle m'a dit, là, je dois dire que moi, je n'ai pas d'enfant. Donc, je sais que c'est différent pour les personnes avec des enfants. Elle m'a dit, là, bien, tu vas te coucher. Parce que j'avais encore des relents de... de commotion cérébrale. Puis pour ceux qui en ont eu, c'est quand même... C'est très dur, là. Puis elle m'a dit, là, tu vas te reposer. Tu vas arrêter de prendre l'avion. Tu vas manger. Puis tu dors. Donc c'est ça que j'ai fait pendant quelques semaines. J'ai guéri des bobos physiques, là, que j'avais des blessures, des grosses blessures. Puis après ça, elle m'a dit, fais des choses que t'aimes. Elle dit, là, tu recommences pas à travailler, là, tout de suite. Puis j'habitais à Zurich à ce moment-là. Fait que j'ai juste recommencé à aller marcher dans la montagne. Là, je courais pas, je faisais... Pour vrai, j'avais même pas l'énergie de prendre mon paddleboard, d'aller sur le lac de Zurich, là. C'était juste, t'sais, d'aller faire mon épicerie, là, limite, là. Pis après ça, j'allais me coucher. 5 heures, pis... Je le savais que c'était un moment. C'est comme une séparation. C'est pas le fun. C'est horrible, même. Mais ça va passer. Des blessures en cirque, même quand tu te dis « Hey, je peux pas faire ce contrat. » Je me souviens, à un moment donné, le circuit m'avait engagé pour faire un contrat, puis je m'étais faite opérer au genou juste avant. Fait que j'avais dû refuser. Puis j'étais comme « Bien, je peux pas le faire là. » Mais il y en a eu d'autres après, tu sais. On guérit de nos blessures. En cirque aussi, j'ai des amis qui n'ont pas guéri de leurs blessures. Parce que le cirque, c'est un métier très dangereux. Donc, j'ai des amis qui sont décédés ou qui sont quadriplégiques, puis ils ont quand même fait d'autres choses après. C'est inspirant de cette façon-là de se dire comme, hé, si lui, il a été capable de produire des spectacles, même en ne pouvant pas bouger ses bras et ses pieds, bien, moi, je vais être capable de le refaire. Il faut juste que je prenne soin de moi avant. Moi, c'est beaucoup de l'inspiration. Je m'inspire beaucoup, beaucoup des gens. Ça me donne du gaz. Ça veut dire que ça...
- Speaker #1
Le nuage passe toujours.
- Speaker #0
Ça passe. Des fois, c'est long. Des fois, il est horrible. Des fois, c'est une tornade. J'ai eu la chance d'avoir un mari, des parents extraordinaires, une famille extraordinaire qui m'ont supportée là-dedans.
- Speaker #1
Est-ce que maintenant, tu prends plus soin de toi ? Est-ce que c'est après avoir... Ton corps a été ton outil de travail, finalement, une bonne partie de ta vie. Là, il y a eu cet épisode. Puis merci de la confiance d'épuisement. Est-ce que c'est des points de non-retour où tu sais qu'il y a des choses où, OK, non, je ne retournerai pas là parce que je me fais la promesse de me faire passer en premier ?
- Speaker #0
Oui. Je vais te citer un proverbe que j'ai oublié le nom de l'auteur. On le retrouvera. Oui, c'est ça. L'auteur japonais, c'est un ultra-marathonnier. Puis il disait que la douleur est inévitable, mais la souffrance n'est pas nécessaire. Puis je suis beaucoup là-dedans. Moi, maintenant, tu sais, les gens, je suis entourée beaucoup de... Tu sais, souvent, les entrepreneurs, c'est des... ultramarathonien. Moi, ça m'inspire. Je trouve ça beau. Ils vont monter des montagnes. Ils vont monter. Ah, moi, j'ai fait 3 8000 m en Himalaya. Moi, je suis comme, pour vrai, juste le fait d'aller courir mon 2-3 kilomètres, pas deux fois par semaine, d'aller au gym une fois de temps en temps, moi, je ne veux plus avoir mal. J'ai eu mal tous les jours de ma vie. Quand tu es un athlète dans la vie, tu as mal. Tu as tout le temps mal. Puis pour arrêter d'avoir mal, il faut que tu continues de t'entraîner. Parce que si t'arrêtes de t'entraîner, t'as mal aussi. Donc moi, c'est beaucoup la douleur. Je ne veux plus être dans la douleur physique. Et pourtant, j'ai encore plein de petites blessures, mais c'est ça, faire 25 ans de trampoline. Mais je ne veux plus être dans la douleur. Je suis plus à l'affût quand même de mes limites. Mais on est encore dans un environnement, je trouve que c'est difficile quand on dit nos limites. de ne pas être jugé. Parce qu'il y en a pour ça ne sera jamais assez pour certaines personnes.
- Speaker #1
On en parlait un petit peu off, mais on apprend à mettre ses limites et ce n'est pas toujours naturel. Je pense que ça fait partie aussi de l'amour qu'on se porte, mais d'une forme de leadership aussi, d'être capable de dire non à certaines choses parce que ça ferait plaisir aux gens, mais toi, concrètement, ça ne t'apporte pas grand-chose ou tu peux faire, mais autrement, sans y dédier quatre heures de ton temps. C'est chouette que tu l'apprennes après avoir tant d'années, avoir tant donné au public finalement.
- Speaker #0
Il faut bien qu'on apprenne de nos erreurs aussi. J'ai eu la chance d'être la présidente de la Chambre de commerce Canada aux Suisses pendant les deux dernières années, à mon retour au Québec. J'ai été une quinzaine d'années en Europe. Quand je suis revenue au Québec, j'ai découvert cette chambre-là. Vu que j'avais été à Zurich pendant des années avec un mari suisse, pour moi, ça faisait beaucoup de sens d'être impliquée dans l'organisation. Puis justement, c'est un choix que j'ai fait de me retirer, de prendre un pas de recul. Puis là, je commence mon année en étant vice-présidente. Puis ça a été vraiment une grosse réflexion parce que j'adorais faire ça. J'adorais l'équipe. J'adorais la mission. C'est un pays qui me fait vibrer. Je voulais donner la chance aux gens qui ont eu le même rêve que moi de s'exporter en Suisse. Je suis comme, bien moi, je vais vous aider. Je l'ai fait. Je vous comprends. Puis il y a toute une organisation, c'est pas juste Andréane. C'est extraordinaire d'avoir ça, mais de faire un certain point. OK, mais Andréane, en fait, là, il faut que tu prennes soin de toi. Une séparation plus tard, je veux prendre soin de mon entreprise aussi. Donc, je l'aime, cette organisation-là, mais c'est ça, c'est d'attendre à prioriser.
- Speaker #1
Accepter de laisser partir des choses qui sont pas forcément pas bonnes, c'est juste que c'est plus... le temps.
- Speaker #0
C'est ça. Je choisis de mettre mon temps à des endroits de se faire un peu son tort.
- Speaker #1
Comment tu regardes l'industrie du cirque après toutes ces années dedans, maintenant avec le pas de recul majeur que t'as, mais est-ce que t'es encore émerveillée ? Est-ce que tu nous encourages tous et toutes à franchir les portes d'un cirque ?
- Speaker #0
À Montréal, nous sommes un hub créatif exceptionnel, y compris pour les arts du cirque. On a, bien sûr, le Cirque du Soleil, mais on a plein d'autres belles compagnies, les Cédois de la Main, Cirque Éloise, Cirque Alphonse. Bref, il y en a mille, je n'en nommerai pas toutes. Ne soyez pas fûts contre moi, ceux que j'ai oubliés. Mais on a cette chance-là, on a un bassin d'artistes inouïs. On a la chance d'avoir encore un taux de la vie. Je sais que ça l'a monté, mais comparé à d'autres pays, c'est encore acceptable. Je pense que... Pour moi, le cirque va toujours rester l'art le plus extraordinaire au monde parce que je trouve que ça inclut beaucoup de choses. Autant la musique que la performance physique, acrobatique, mais aussi on va être touché par le cirque, on va rire, on va pleurer, on va avoir peur. Moi, j'aimais ça, donner des frissons aux gens. Moi, mon but, je montais un show, puis je voulais que les gens ne soient même pas capable de manger leur popcorn tellement qu'ils ont des frissons sur les bras. C'est beau, ça Fais oublier la grisaille aux gens. C'est extraordinaire, ça. T'es même pas obligé d'aller voir un médecin pour avoir des pilules. Va voir une pièce de théâtre, va voir un spectacle de musique, va voir du cirque, ça va te changer les idées. On est chanceux d'avoir cette offre-là au Québec. J'ai eu la chance d'exporter beaucoup de cirques à l'international. Ça, c'est vraiment de mes fiertés, honnêtement, d'avoir fait travailler autant d'artistes. artistes aussi pendant aussi longtemps. Il faut que les gens aillent voir du cirque. Ça fait du bien. Je n'ai pas d'autres mots à dire. Ça fait du bien. Les gens sont émerveillés. Il faut continuer. Allez acheter des billets. C'est extraordinaire. On a la TEU qui offre du cirque à l'année longue. On a la plus grande école de cirque au monde. Moi, je vais dire la plus grande avec l'École nationale de cirque. On est très choyés. On n'entrera pas dans ce sujet-là, mais c'est très, très, très difficile en ce moment. Depuis l'après-pandémie, c'est très, très, très, très dur pour les artistes. Donc, je pense que la façon de supporter ça, c'est d'acheter des billets. C'est pas juste pour le supporter, c'est que ça va vous faire du bien.
- Speaker #1
Oui, en plus.
- Speaker #0
En plus. C'est de nom, de nom. C'est pas juste les enfants qui aiment ça, le cirque.
- Speaker #1
Venez avec votre œil d'enfant, du coup. Vous aurez été merveilleux aussi.
- Speaker #0
J'adore. Oui, puis j'ai le goût de dire, si vous n'avez pas aimé un spectacle de cirque, allez en voir un autre. Pour moi, c'est comme quelqu'un qui dit « j'aime pas les pâtes » . Oui, mais il y en a plein de sortes de pâtes. J'adore. Tu sais, « allez » , c'est comme « j'aime pas la musique » . Y a-tu quelqu'un qui dit ça, « j'aime pas la musique » dans la vie ? Non, non, « allez en voir » . « Allez en voir » , hein ?
- Speaker #1
« Allez en voir » .
- Speaker #0
Ouais, essayez.
- Speaker #1
La curiosité, on a dit. C'est une grande valeur qui mérite d'être largement plus infusée. J'adore, j'adore. Je pense que je vais m'appliquer à ta propre médecine et je vais y aller moi-même. J'y suis pas allée cet été. Quel chemin tu marches en ce moment, Andréane ? Qu'est-ce qu'on a envie de te souhaiter ? Il y a lieu une formation ? Est-ce qu'il y a des formations qui sont dans un coin de ta tête qui ne sont encore pas sur papier ? Ça serait quoi ton idéal dans les prochaines années ? Qu'est-ce que tu as envie de faire vraiment pour continuer d'être pleinement vivante comme tu l'es et tu l'incarnes si bien ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a différents volets à ça. Professionnellement, ce qui me fait vibrer en ce moment et où je pense que je peux apporter. Être à mon meilleur, lorsque je donne des conférences, leadership, courage, on en a parlé tantôt, persévérance, ça fait partie de ma vie. Je l'ai incarnée pendant des années. Mes formations, j'aime beaucoup, beaucoup partager avec les gens. J'aime les outiller. ça me fait... Il y a des gens qui... Je pense qu'on appelle ça des... Je sais pas c'est quoi en français, des givers. Des gens qui... Je suis comme ça. J'aime beaucoup, beaucoup donner. Donc moi, ça me remplit de bonheur. Je rentre chez moi, puis ça me fait... je vais vraiment bien. En fait, je brille, ça me fait briller beaucoup. Donc ça, c'est de continuer ça, assurément. Personnellement, de continuer à être amoureuse. J'ai quelqu'un de formidable dans ma vie en ce moment. J'ai une famille. Tu sais, d'être entourée de gens inspirants, donc c'est d'avoir une famille. J'ai la chance d'avoir une belle famille, d'avoir vécu une... Une magnifique séparation. On a fait ça comme des champions, puis on est encore dans la vie l'un de l'autre. Donc, c'est un gros morceau que ça, j'ai réussi. Donc, de continuer à réussir ça, pour moi, c'est d'être allumée, de continuer à être allumée, de continuer à être curieuse, puis de continuer à me rappeler que même quand je me plante, il y a un après. Ça fait que ça, c'est pas... Tu sais, ça a l'air d'être facile pour moi, mais non, non, il faut quand même... Quand je me plante, je me plante, puis j'aime pas ça, moi non plus. Donc, c'est de me rappeler que ça va passer. Bien,
- Speaker #1
on est permanent.
- Speaker #0
Oui, puis je vais rebondir.
- Speaker #1
J'ai une question que ça fait longtemps que je n'ai pas posée au podcast, et je ne sais pas pourquoi, parce que c'est ma question signature à la base, mais c'est quand la dernière fois que tu as fait quelque chose pour la première fois, Andréane ?
- Speaker #0
Ça ne fait pas longtemps. J'ai l'impression que dans les dernières années, je fais juste ça, des nouvelles choses. Hier, j'ai pris un cours de tango. Non J'adore Oui, puis en ce moment, je suis dans une nouvelle relation, donc je fais beaucoup de nouvelles choses. Puis il y a quelque chose de très excitant à ça. Donc j'ai fait de l'escalade, j'ai pris des cours de tango, je sors de ma zone de confort en ce moment, puis j'aime ça. Ça me fait du bien. Ça fait du bien aussi, dans les dernières années, j'ai eu beaucoup de premières fois d'animés. première fois j'ai animé des conférences, première fois j'ai animé des spectacles, première formation, première conférence. Si vous saviez comment je ne dormais pas, là maintenant ça commence à se stabiliser. Dans le sens, mon stress, je gère. En fait, ce n'est plus du stress, c'est maintenant de l'excitation. C'est ça, donc c'est vraiment, ça ne m'empêche plus de dormir la nuit. J'ai pris confiance à ça, donc ça me donne de l'espace pour essayer d'autres choses. Puis là, je suis plus rendue dans ma vie personnelle à essayer d'autres choses de nouveau. Puis ça me fait beaucoup de bien. Je vais bien. Ça fait du bien.
- Speaker #1
On adore, on adore. Qu'est-ce que t'as envie de partager comme message final sur cette discussion ou sur des... Peu importe, en tout cas des choses qui t'habitent en ce moment et qui, tu penses, peuvent faire du bien aux gens.
- Speaker #0
Je le sais, qu'est-ce qui m'habite Claire en ce moment, c'est un peu mon mantra des dernières semaines. C'est « dégage, syndrome de l'imposteur » . Tu sais, de se dire que je ne suis pas assez, parce que ce matin, je me disais ça, je suis qui, moi, pour aller sur un balado comme ça ? Puis là, j'ai fait « Andréane, dégage, syndrome de l'imposteur » . Tu sais, à un certain point, de faire, si toi, tu as la confiance que tu dis « hé, ça fait du sens » , puis Andréane a confiance en toi. Tu sais, même moi, je me le dis, j'ai l'air d'avoir bien gros confiance sur Lincoln. quand vous me voyez sur scène, j'ai mes moments en boule dans mon lit. En ce moment, je suis beaucoup là-dedans. Dégage, syndrome de l'imposteur. Donc, dites-vous ça quand vous doutez de vous. Ça ne veut pas dire de sauter dans l'inconnu les yeux fermés. C'est juste de dire, ok, fonce, entoure-toi, va chercher les bons outils. Go, fais-le.
- Speaker #1
Eh bien voilà, vous l'avez entendu. Puis là, on ne parle pas de le prendre par la main et de lui faire un bisou sur le front. Ça, même dans l'imposteur, on lui met un coup de pied aux fesses. On n'en veut pas. Mais ça résonne énormément avec mon été, puis beaucoup de gens autour de moi qui vivent ça de s'empêcher, finalement. On n'a plus envie. On n'a plus envie de s'empêcher. On veut casser ces liens invisibles qui nous tiennent et qui, souvent, sont mis par nous-mêmes.
- Speaker #0
Mais oui, exactement. C'est pas Einstein qui dit... Ça, c'était l'année passée, je pense, les fameuses résolutions. Moi, c'était plus des... Je suis beaucoup dans les mantras aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il dit Einstein déjà ? Il dit que... Il a changé les façons de faire si on veut des résultats différents. Donc, c'est un peu ça. Je suis comme, OK, il y a des choses que j'ai faites toute ma vie. Il y en a qui ont fonctionné, qui n'ont pas fonctionné. Bien sûr que ça n'a pas fonctionné. Change-les donc, tes méthodes. Puis, au pire, ça ne marchera pas encore, mais essaye au moins quelque chose de différent. Donc, je suis là-dedans.
- Speaker #1
Ma dernière question, peut-être intrusive et on ne la mettra pas sur l'épisode, mais 10 de cœur dans ton téléphone.
- Speaker #0
Sur mon téléphone, j'ai une carte à jouer, un 10 de cœur. Puis en fait, c'était à mon anniversaire de 40 ans, j'ai un ami qui est magicien. Je ne sais pas si vous savez ça, mais en fait, les magiciens dans la vie vont acheter des trucs de magicien. Puis ce monsieur-là, on le salue, c'est Stéphane Bourgoin, il crée des tours de magie. pour les magiciens. Donc, je nommerai pas les magiciens du Québec, mais entre autres pour David Copperfield. Il est... C'est comme un ingénieur. C'est un inventeur exceptionnel. Puis il avait créé un nouveau tour de magie, le fait à ma fête. C'est le tour de magie le plus exceptionnel que j'ai vu. Puis j'ai gardé la carte.
- Speaker #1
Incroyable. Donc, tu portes avec toi la magie dans ton... Bien, ça en prend un peu.
- Speaker #0
Sinon, c'est plate, là.
- Speaker #1
D'accord. Incroyable. Quel beau mot de la fin. Andréanne, merci infiniment. tu étais à ta place, il n'y a pas de doute sur le podcast merci d'avoir accepté l'invitation merci à toi Claire,
- Speaker #0
merci de ton ouverture et c'était le fun de te parler, merci pour tout merci,
- Speaker #1
à bientôt, bye bye et voilà chers amis, l'épisode touche à sa fin, j'espère que vous avez pu en tirer quelques pépites qui feront potentiellement un bout de chemin avec vous merci sincèrement pour votre écoute il ne me reste qu'à vous laisser avec quelques suggestions d'usages pour faire de cette saison 1 un succès mais surtout permettre le rayonnement maximum des personnalités invitées à mon micro. N'hésitez pas, pour ce faire, à nous laisser un commentaire sur la plateforme d'écoute de votre choix, à en parler autour de vous, à le partager sur vos différents réseaux sociaux. Ce sera super apprécié. Je compte sur vous et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode.