Speaker #0Bienvenue dans Coeur vulnérable, un espace où la vulnérabilité devient un chemin pour se relier, s'apaiser et se révéler. Je suis Lydie, et ici on prend le temps de ressentir, d'explorer ce qui vibre et de mettre des mots sur ce qui nous traverse. Ensemble, créons un espace de reconnexion. Hello, bienvenue ! Dans ce deuxième épisode, j'ai envie d'aborder d'un peu plus près le thème de l'expression de soi. Je ne parle pas ici de ce que tu penses, de ce que tu supposes ou tout ce qui est très mental. Je te parle réellement de ce que tu ressens, ou en tout cas ce que tu crois ressentir, parce que tu n'es pas sûr de trouver les mots qui correspondent à tes ressentis. Pour commencer, dis-moi à quoi tu penses quand tu entends ça, et si tu osais enfin dire ce que tu ressens à ceux que tu aimes, qu'est-ce qui te passe par la tête ? À qui penses-tu ? Qu'aimerais-tu lui dire ? Peut-être que tu as pensé à quelque chose de positif ou bien à quelque chose de négatif. Dans les deux cas, ça te fait peur et tu n'oses pas dire ces choses à cette personne en particulier. Avant d'aller plus loin, j'aimerais qu'on s'arrête sur les termes positif et négatif. Quand je dis positif, je pense à quelque chose comme dévoiler ses sentiments, amoureux, amical, dire je t'aime. Ou en tout cas dire des choses de prime abord agréables. Peut-être que la potentielle réaction de la personne en face te terrifie. Et du coup, c'est quelque chose qui est difficile pour toi. Quelque chose que tu as du mal à faire. Mais en tout cas, ça reste quelque chose d'agréable. C'est des compliments, des mots d'amour. En revanche, quand je dis le terme négatif, je pense à des choses... Et bien plutôt désagréable, comme dire à quelqu'un que tu n'as pas aimé son comportement, que quelque chose te dérange, que tes sentiments ont changé par exemple. En tout cas vraiment quelque chose qui est difficile et qui n'est pas très agréable. Dans cette société, on apprend qu'il y a positif, négatif, bien et mal. Mais en réalité c'est bien plus subtil que ça. Ce qui est agréable n'est pas forcément positif, n'est pas forcément bien. Et inversement. Connais-tu l'intention ? L'intention, c'est la motivation qui conduit à agir. C'est une disposition, un état d'esprit, une direction qu'on choisit de donner à une action précise. Par exemple, si tu fais un compliment à quelqu'un, avec l'intention d'obtenir quelque chose derrière, eh bien, c'est peut-être un geste positif, parce que tu fais un compliment, la personne le reçoit agréablement, mais ce n'est pas forcément une action qu'on pourrait décrire comme bien, comme positive, parce que quelque part, il y a de la manipulation derrière. Donc, tout ça pour dire... Je t'invite à t'interroger sur ton discours et à observer quand tu utilises les termes positifs, négatifs, bien ou mal. Est-ce que ça a sa place ? Est-ce que c'est juste ? Qu'est-ce que toi tu veux dire ? Est-ce que c'est bien pour toi, selon tes valeurs, ta vision des choses ? Est-ce que c'est positif selon toi ? Je t'invite vraiment à observer et à te poser cette question. Bon, maintenant, on va rentrer dans le vif du sujet. Pourquoi c'est plus difficile d'exprimer ses ressentis à ses proches ? Eh bien, plusieurs raisons. Parce qu'il y a la peur du conflit, il y a la peur de déranger, la peur de blesser, la peur d'être blessé. Ça peut être également des problèmes de confiance en soi, d'estime de soi. De ne pas se sentir vraiment... digne ou légitime de s'exprimer, de dire telle chose ou telle chose. Ça peut être à cause des différentes expériences passées. Forcément, s'il y a déjà eu une expérience douloureuse, il y en a... pas forcément envie de la réitérer, et du coup on a peur et on appréhende et on recule. Et ça peut être également à cause de notre histoire familiale, que ce soit notre éducation, donc ce qu'on nous a enseigné directement, que ce soit nos parents ou les personnes qui nous ont élevés, c'est-à-dire les valeurs, les règles, les injonctions, ce qu'on nous a dit explicitement. Par exemple, eh bien, tiens-toi droit, ne pleure pas en public, tout ce qu'on t'a répété, c'est-à-dire se taire à table, demander la permission pour s'exprimer, ne pas contredire un adulte. Aussi, ce pourquoi tu as été récompensé ou ce pourquoi tu as été puni. Tout ça, ça fait partie de l'éducation, c'est la partie vraiment visible de l'iceberg. En fait, c'est tout ce qu'on t'apprend volontairement. Avec des mots, avec des attentes très claires. Mais ça peut aussi venir de la culture familiale. Qu'est-ce que c'est la culture familiale ? C'est tout ce que tu as absorbé inconsciemment. C'est l'ambiance émotionnelle, relationnelle. Tout ce que tu as ressenti, tout ce que tu as vu, observé. Comment tes parents ont géré leurs conflits. Est-ce qu'ils criaient ? Est-ce qu'ils évitaient les conflits ? Comment ils s'exprimaient ? Comment exprimer les émotions, les besoins, les désirs ? Comment on valorise l'effort, la réussite, la vulnérabilité, le rapport au corps, le rapport à l'intimité ? En fait, la culture familiale, c'est vraiment la partie immergée de l'iceberg, c'est ce qui est caché. Et c'est quelque chose que tu... intègre, sans compte le disent clairement, vraiment, mais juste en observant, en ressentant l'atmosphère autour de toi. Donc tout ça, l'héritage familial, l'éducation, avec tous ces noms dits, ces phrases blessantes, et du coup, toutes ces peurs d'exister émotionnellement, de s'exprimer, d'être qui on est, qui on a envie, comme on a envie. Eh bien, on a dû apprendre à taire cette partie de nous à cause de tout ça. Et du coup, ça a créé vraiment un paradoxe. Parce qu'on a envie d'être aimé pour ce que l'on est, mais en même temps, on n'ose pas se montrer tel que l'on est. On n'ose pas s'exprimer clairement. On n'ose pas dire ce que l'on ressent. Du coup, ça crée une contradiction. On a envie que l'autre nous aime tel que l'on est, du coup nous voit tel que l'on est, et en même temps, ça nous fait peur. Avec nos proches, il y a vraiment un enjeu qui est bien plus important qu'avec d'autres personnes. S'exprimer, dire ce que l'on ressent. Si jamais c'est interprété, mal interprété ou interprété différemment, On a tellement peur que la relation s'arrête, que la personne ne nous aime plus en retour, qu'en fait ça nous bloque complètement. Pourtant, on pourrait croire qu'avec nos proches c'est plus facile. Mais comme je disais tout à l'heure, finalement c'est bien plus difficile parce qu'il y a bien plus d'enjeux. Parce qu'on a tellement peur du conflit, on a tellement peur d'être rejeté, d'être critiqué par nos proches, et du coup d'être abandonné. ou d'être humilié par... C'est encore plus difficile par quelqu'un qui, quelque part, nous connaît d'une certaine manière depuis longtemps, voire depuis toujours. En fait, pour pouvoir réussir à exprimer ce que l'on ressent, on a besoin d'être en sécurité. C'est quoi la sécurité émotionnelle, en fait ? C'est quand on peut être soi-même, vulnérable, Exprimer ce que l'on ressent sans être ridiculisé, rejeté ou ignoré, c'est quand les émotions sont prises en compte. Même si ça peut paraître irrationnel, même si c'est des tsunamis, même si ce n'est pas très logique, même si ce n'est pas agréable. En fait, la sécurité émotionnelle, on a besoin de sentir que l'autre... ne va pas fuir, ne va pas attaquer. ou minimiser ce qu'on va dire. La sécurité émotionnelle, c'est vraiment un climat que l'on crée, un climat intérieur, où en fait, c'est comme une petite voix qui dit « Là, tu as le droit d'être comme tu es, à cet endroit-là, à ce moment-là, avec cette personne. C'est OK de ressentir. » Et cette sécurité-là, elle est... essentielle. Parce que sans ça, eh bien du coup, tu gardes pour toi tout ce qui peut te blesser ou tout ce qui peut, eh bien, te déranger. Des fois, tu t'endosses même à jouer un rôle pour essayer de maintenir la relation, pour essayer du coup de ne pas provoquer de conflits, pour que la relation soit harmonieuse, en tout cas en apparence. Mais en fait, ça, ça crée des Merci. tension intérieure constante. Alors qu'avec la sécurité émotionnelle, tu peux être authentique, même si tu as peur, tu peux quand même te sentir authentique, tu peux traverser les conflits sans te sentir complètement menacée, sans que la relation soit menacée. Ça ne veut pas dire sans peur. Mais ça veut dire que tu sais que tu peux exprimer ce que tu ressens, et que même si ce n'est pas facile, même si ça peut déranger, tu sais que tu peux le faire parce que la relation ne va pas être remise en question, parce que l'autre est réellement là pour t'écouter, et il y a vraiment une sécurité. Tu te sens vu, entendu, accueilli, et c'est ça qui permet de créer des liens profonds. Et ce qui est difficile, du coup, avec certains proches, alors quand c'est des frères et sœurs, et bien normalement on a à peu près les mêmes codes, et encore, même avec nos frères et sœurs, même si on a eu la même éducation, et bien la culture familiale et les expériences de vie font que les codes peuvent être un petit peu différents. Alors avec des personnes qui n'ont pas vécu sous le même toit, qui ne sont pas en douceur. ou qui n'ont pas vécu sous le même toit, parce que ça peut être frères et sœurs ou d'autres personnes, les codes sont encore plus différents. Même si ces personnes sont proches, ça peut être des amis de longue date, des collègues de longue date et qu'on considère comme amis, etc. Eh bien, les codes sont différents. Quand je parle des codes, c'est justement comme j'expliquais, par l'éducation. Par la culture familiale, les codes, c'est moi, dans mon enfance, j'ai beaucoup entendu « il ne faut pas pleurer » , par exemple. Du coup, le code que j'ai enregistré, c'est qu'on m'a dit qu'il ne fallait pas pleurer. Donc, peu importe la situation, je ne vais pas pleurer, je n'ai pas le droit, ce n'est pas normal, ce n'est pas autorisé. Donc, c'est ce que j'ai enregistré. Ça, c'est mon code à moi. Mais peut-être que mon ami n'a pas du tout le même code. Du coup, la communication est plus difficile parce qu'on n'a pas les mêmes codes et qu'en plus, si on n'arrive pas à communiquer sur ces codes qui sont différents, ça peut créer vraiment des quiproquos. Et donc, le fait d'exprimer ce que l'on ressent est encore plus difficile et donc la peur encore plus grande. Il y a vraiment des règles invisibles dans tout ça que si on dit ce qu'on ressent... eh bien, on va faire du mal aux autres. Et ce n'est pas bien. Si on pleure, c'est comme si on est faible. Et donc, on va éviter. On va éviter de pleurer et de dire ce que l'on ressent. Donc l'expression émotionnelle, exprimer ce que l'on ressent, ça peut être vraiment très complexe et risqué. Mais en fait, c'est important. C'est important de se rééduquer sur ça, sur déjà prendre conscience qu'on n'a pas les mêmes codes, qu'on n'a pas la même éducation, qu'on n'a pas la même culture familiale, qu'on n'a pas la même expérience de vie. Et donc qu'on peut créer une sécurité émotionnelle pour pouvoir s'exprimer, pour sentir qu'on peut s'exprimer dans un espace, dans un lieu, dans une relation, avec une personne où c'est... OK ou exprimer ses ressentis, ses valorisés. Je préfère que tu t'exprimes, même si c'est difficile, même si ce n'est pas très agréable pour moi, je préfère que tu me dises ce que tu ressens réellement pour qu'on puisse avancer, pour qu'on puisse créer du lien profondément et rester en lien. Si ça, ça ne te plaît pas, eh bien, voir comment je peux faire pour qu'on puisse mieux communiquer, comment je peux adapter mon comportement, comment ça peut fonctionner entre nous. Mais si tu ne le dis pas, on ne peut pas faire ces ajustements, on ne peut pas créer du lien profond, on ne peut pas avancer ensemble dans la même direction. C'est essentiel de pouvoir exprimer ce que l'on ressent. Et encore plus avec ses proches, avec qui peut-être qu'on a des projets de vie, des projets professionnels, des projets personnels, peu importe. C'est essentiel de pouvoir sentir. cette sécurité, de créer cette sécurité pour pouvoir s'exprimer, oser être soi et se sentir vivant, se sentir reconnu, vu, entendu. Donc évidemment pour que ça marche, il faut comprendre et apprendre comment s'exprimer. Ce n'est pas exprimer ce que l'on ressent, comme ça vient. La forme est importante, autant que le fond. Il y a une manière de s'exprimer, il y a une manière d'aborder les choses. Il y a vraiment une différence entre s'exprimer et accuser. Si on veut dire quelque chose de désagréable à quelqu'un, en tout cas dire, dénoncer que ce comportement, cette chose ne nous plaît pas, c'est important de réfléchir et de réussir à s'exprimer de façon à ce que l'autre entende ce qu'on a à dire. Et à partir du moment où on accuse l'autre en le pointant du doigt, l'autre a quand même beaucoup plus de mal à réellement entendre et à se dire « D'accord, j'entends, qu'est-ce que je peux faire ? Explique-moi plus en détail, etc. » Si on accuse l'autre, la première réaction, c'est la défense. Et du coup, là, ça ne peut pas être une discussion, une conversation, ça ne peut pas être un partage riche, ça ne peut pas... Être un vrai échange. C'est comme si on ne cherche pas de solution, on cherche juste à dire, eh bien voilà ce que tu as fait, eh bien tu, tu, tu, accusé, c'est pas comme ça qu'on avance. Donc c'est apprendre la différence entre s'exprimer et accuser, parce que ça a un réel impact sur la qualité du lien. Ce qu'on a envie de créer quand on a envie d'exprimer ce que l'on ressent, eh bien c'est plus de vérité, plus d'écoute, et donc de la réciprocité. Je vais donner un exemple. Un jour, j'ai eu une amie. J'étais chez elle pendant quelques jours. Et pour me faire plaisir, le matin, pendant que moi, je prenais ma douche, elle m'a préparé le petit déjeuner. C'était une attention adorable. Ça m'a fait super plaisir. Je me suis dit, waouh, c'est trop mignon. Et quand j'ai commencé à manger mes petites tartines, à boire ma tisane, eh bien, je me suis dit, ah, c'est un petit peu gênant parce que, eh bien, la tisane, elle a mis du sucre. Ah ! La tartine, elle a mis un peu trop de beurre, un peu trop de confiture, de je ne sais quoi. Et je me suis dit, mince, l'attention, elle est super. En plus, elle était heureuse de me faire ça. J'étais heureuse aussi. On a pris le petit-déj ensemble. Mais comment lui dire que c'est adorable, mais ce n'est pas comme ça que j'aime mes tartines. Ce n'est pas comme ça que j'aime ma tisane. Et du coup, ça me dérange un petit peu. La première fois, je n'ai pas osé lui dire. Je me suis dit, bon, quand même, voilà, elle m'a fait plaisir. C'est pas grave, je prends sur moi, c'est pas grand-chose. C'est un petit peu trop sucré, c'est pas très grave. Sauf que là où je ne m'étais pas rendue compte, c'est que là, je ne lui ai pas dit. Donc elle, elle s'est dit, ça lui a fait plaisir, ça lui a plu. Donc elle, elle a enregistré. Pour une prochaine fois, elle me refera la même chose. Et donc ça n'a pas loupé. Le lendemain, pareil, elle me refait le petit-déj, elle me refait exactement la même chose. Et je me dis... « Oh, mais dis donc, t'es vraiment adorable, etc. » C'est une très belle attention. Sauf que du coup, je me suis dit « Mince, hier, je lui ai pas dit que j'aurais aimé que ça soit moins sucré. » Si je lui dis aujourd'hui, elle va me dire « Bah mince, pourquoi je lui ai pas dit hier ? Qu'est-ce qui s'est passé entre hier et aujourd'hui ? » Du coup, j'ai rien dit. C'est pas grave. Voilà. Mais à la fin du repas, je me suis quand même dit « Imagine, elle me refait la même chose le lendemain. Je peux pas rester comme ça. » Il faut que je lui dise. Ce n'était pas facile pour moi parce que j'avais vraiment peur de la vexer. Et que du coup, elle me dise, je ne ferai plus jamais quelque chose pour toi parce que c'est comme ça que tu me remercies. En fait, j'avais tellement peur que je ne sais pas, que je me suis imaginé quelque chose. Mais en même temps, je me suis dit, il faut que je lui dise parce qu'en vrai, ce n'est pas grand-chose. C'est des tartines et une tisane. Je peux bien lui dire que là, je prends ma tisane sans sucre. Donc, j'ai fini par lui dire, merci pour l'attention. Ça me fait vraiment très plaisir, ça me touche. Mais si je peux te dire quelque chose, c'est que vraiment, je préfère ma tisane sans sucre. C'est comme ça que je la bois en général et ça me dérange. Du coup, je n'aime pas trop le matin manger trop sucré. Mais voilà, en tout cas, merci pour l'attention. Donc elle m'a dit, ah bah mince, je suis désolée. Donc elle s'est un petit peu, elle était un petit peu mal à l'aise. Elle ne savait plus trop où se mettre. Ah bah hier, en plus, je te l'ai fait, je te l'ai refait aujourd'hui. Je lui ai dit, non, non, mais c'est de ma faute. j'aurais dû te le dire hier J'avais tellement peur de te vexer que j'ai préféré rien dire et finalement, voilà, je te le dis aujourd'hui, excuse-moi pour ne pas te l'avoir dit avant, ça aurait évité ce petit malaise. Et du coup, je me suis exprimée avec vulnérabilité, j'ai dit ce que je ressentais, j'ai même exprimé ma peur de m'exprimer de base. Et au final, elle a compris, elle a compris et elle m'a dit, d'accord, bon, il n'y a pas de souci. pour la prochaine fois, je souris, et puis on a fini de déjeuner tranquillement, toutes les deux dans la joie et la bonne humeur, et on a passé une super journée. Donc je te raconte ça, pourquoi ? Parce qu'on se fait des fois une montagne de quelque chose de tout petit, et qu'en fait, une fois qu'on dit les choses, et bien sans accuser l'autre, mais juste ce que l'on ressent, ce qu'on préfère, nos besoins, nos désirs, finalement l'autre peut être en mesure de l'accueillir. Et c'est ça qu'il faut réussir à garder en tête pour pouvoir dépasser sa peur de s'exprimer avec ses proches, pour pouvoir en fait être dans plus de vérité et plus d'écoute, et en tout cas de créer cette opportunité-là, d'ouvrir cette opportunité. La personne en face après fait le choix d'y répondre, d'y rentrer ou pas. Et ça c'est quelque chose que l'on ne contrôle pas. Par où commencer ? Eh bien, ça commence par dire « je » au lieu de « tu » , par nommer ce que l'on ressent, même si c'est flou. Comme je disais au tout début, des fois, on a envie d'exprimer ce que l'on ressent, mais on ne sait même pas trop comment, parce que nous-mêmes, on ne trouve pas forcément les bons mots. Alors des fois, il y a des mots qui sortent, et en le disant, on se dit « ben, c'est pas exactement ça, mais c'est le mot qui me vient » . C'est peut-être pas au plus juste de ce que je ressens là tout de suite, mais pour essayer de tuer un peu une idée. on peut très bien le faire comme ça. On n'est pas obligé d'attendre d'avoir le mot juste sur ce que l'on ressent. Parce que parfois, ça met un peu de temps avant de trouver, c'est difficile. Et surtout quand on n'a pas l'habitude d'exprimer ce que l'on ressent. Au début, on cherche nos mots, on est un petit peu perdu. C'est aussi se renseigner sur c'est quoi les émotions, c'est quoi les sentiments, les nuances. Dans la joie, dans la peur, il y a plein de nuances. La joie, la gaieté, ça peut être l'excitation, ça peut être juste, eh bien, là, je suis bien. Déjà, entre ces trois mots, entre être bien, être excité et être gai, eh bien, c'est trois niveaux différents de la joie. C'est aussi se renseigner un petit peu sur ça, apprendre au fur et à mesure, accepter de se tromper au début. Et en tout cas, essayer, tester, prendre le temps. S'il faut même commencer par écrire avant de parler, de faire des pauses avant de s'exprimer, d'essayer de ralentir, de faire une pause et de se dire « Ok, là, qu'est-ce que je ressens ? Est-ce que c'est ça ? Je ne sais pas. » Je vais l'écrire, je vais laisser un petit peu de temps et voir « Ok, là, ça résonne. » Donc maintenant, je peux aller voir la personne et du coup, m'exprimer et dire « Bah voilà, là, j'ai pas pu. » faire telle action où je n'ai pas pu continuer cette conversation parce que voilà ce que je ressentais. Je n'ai pas pu te le dire à ce moment-là parce que moi-même, je ne savais pas vraiment, j'avais besoin de temps. Ça peut être ça. Ça peut être l'écrire et l'envoyer à l'écrire à la personne ou lui lire au début. En fait, c'est se rappeler qu'on n'est pas dans une performance. Ce qu'on a envie, c'est de créer du lien avec l'autre et un lien plus profond avec nos proches. Donc c'est faire un pas vers soi et faire un pas vers l'autre. Donc l'outil que j'utilise moi pour communiquer, pour m'exprimer dans toutes mes relations. et encore plus avec mes proches. En fait, c'est comme ça que j'ai appris à faire. Avant, j'avais du mal vraiment à m'exprimer. J'avais tellement peur de blesser les autres que du coup, je gardais pour moi ce que je ressentais, en tout cas ce qui me dérangeait. Je me disais, bon, c'est juste une petite chose. Moi, ça ne change rien à l'amour que j'ai pour cette personne. Donc finalement, est-ce que j'ai réellement besoin de lui dire que ça, ça me dérange ? Non, parce que c'est minime, c'est pas grave. Sauf qu'une petite chose minime, plus une autre, plus une autre, et bien finalement ça s'accumule. Et au final, l'autre n'est même pas au courant que ces petites choses nous dérangent. On n'en fait pas toute une affaire, mais si la personne était au courant, peut-être qu'elle ferait plus attention. Mais comme on ne le dit pas, on ne peut pas le savoir. Et moi j'étais vraiment dans ce schéma-là. Je n'avais aucun mal à dire je t'aime, à dire les compliments quand je ressens quelque chose de positif, en tout cas d'agréable. C'était assez facile pour moi de l'exprimer, mais dès que c'était quelque chose qui me dérangeait un petit peu, eh bien j'avais beaucoup de mal, j'avais tellement peur que la relation s'arrête, que la personne ne m'aime plus, que du coup je préférais ne rien dire et garder. Jusqu'au jour où j'ai compris que ça crée des quiproquos. Finalement, ça m'éloigne plus de cette personne qu'autre chose. C'est ça en fait, ça m'éloigne plus de cette personne qu'autre chose. Et ça, c'était la clé. Et je me suis dit, non, moi, ce que je veux, c'est vraiment créer une connexion encore plus profonde avec mes proches. Tu ne peux pas rester dans ce schéma-là. Donc, j'ai appris à comprendre mon fonctionnement, à me connaître, à voir qu'est-ce que c'est les émotions, à chercher les définitions, justement, des mots, des émotions, des synonymes. de comprendre un petit peu plus tout ça. Puis j'ai découvert la communication non-violente, et donc une autre façon de m'exprimer. Et petit à petit, j'ai changé mon discours. Ça n'a pas été facile, ça ne s'est pas fait d'un coup. Encore aujourd'hui, je me trompe. Encore aujourd'hui, des fois j'arrive dans des conflits, mais j'arrive à les surmonter. Mais parfois, je dis tu, j'accuse. Ça m'arrive encore. Je me trompe. Et c'est ok. Mais beaucoup moins parce que j'apprends, parce que j'expérimente, parce que je teste et je reteste et je continue. Et donc la communication non-violente, qu'est-ce que c'est ? En fait, c'est en plusieurs étapes. Donc la première étape, c'est déjà de pouvoir nommer ses émotions, de s'exprimer avec un jeu face à une situation. Qu'est-ce que je ressens ? Est-ce que je me sens triste ? Est-ce que je me sens dépassée ? Est-ce que je me sens stressée ? Au lieu de dire tu me stresses, c'est non, moi je me sens stressée face à cette situation. Quand toi tu dis ça, dans cette situation, moi je me sens stressée. Ensuite, c'est faire une demande claire. C'est, j'aurais besoin que tu m'écoutes. Quand je veux justement exprimer ce que je ressens, j'aimerais avoir vraiment de l'écoute. Que tu ne sois pas sur ton téléphone, par exemple. Et c'est ensuite aussi accueillir l'émotion de l'autre, lui laisser la parole. Qu'est-ce que tu en dis ? Qu'est-ce que toi tu ressens quand je te dis ça ? Parce que la sécurité, ça se construit à deux. L'écoute est mutuelle, ça va dans les deux sens. Même si on a des façons de parler différentes, même si on a des codes différents, on peut créer cette sécurité émotionnelle et cette communication. en bienveillant. On peut instaurer un espace de parole, on peut créer un environnement, créer un moment, se créer nos propres codes également. Pour ça, il faut s'exprimer, il faut discuter, il faut échanger, il faut dépasser sa peur. C'est à partir du moment où on dit ce que l'on a besoin qu'on peut se sentir en confiance. Faut pas attendre de se sentir en confiance pour pouvoir dire ce que l'on a besoin. C'est en disant ce que l'on a besoin que l'on peut se sentir en confiance. En fait, ce qui est difficile, on n'a pas appris à se communiquer nos codes, nos codes de confiance, nos codes de communication. C'est peut-être de commencer par là. Commencer par dire, voilà moi mes codes, voilà moi ce que j'ai appris. Voilà ce que j'ai compris, voilà comment moi je communique, voilà ce dont moi j'ai besoin. Et toi ? Quels sont tes codes ? En fait, ça permet d'ouvrir un espace au lieu de se renfermer sur soi. Ce que j'aimerais que tu comprennes... C'est que ce que tu ressens a de la valeur. Et que exprimer ce que tu ressens, c'est exprimer une façon d'aimer. C'est une façon d'aimer. Et si tu veux aller un petit peu plus loin, dans cette exploration, j'ai créé un e-book où justement, je parle un petit peu de ça, je propose des rituels courts, des rituels doux. pour pouvoir aborder justement ce sujet-là, d'exprimer tes ressentis. Exprimer ce que tu ressens, ce n'est pas créer un conflit, c'est créer une connexion. Et si tu osais enfin dire ce que tu ressens à tes proches ?