Speaker #0Bienvenue dans Coeur Vulnérable, un espace où la vulnérabilité devient un chemin pour se relier, s'apaiser et se révéler. Je suis Lydie, et ici on prend le temps de ressentir, d'explorer ce qui vibre et de mettre des mots sur ce qui nous traverse. Ensemble, créons un espace de reconnexion. Hello, bienvenue dans ce troisième épisode. Il sera un petit peu particulier, je vais parler d'un sujet qui paraît léger, mais qui en réalité est bien plus profond. Et si tu n'étais pas là pour plaire ? Cette question, l'air de rien, cache en vérité une autre question. Et si tu pouvais enfin être... juste toi, sans devoir correspondre à ce qu'on attend de toi. Je vais le répéter encore une fois. Et si tu pouvais enfin être juste toi, sans devoir correspondre à ce qu'on attend de toi. Dans cet épisode, je vais te parler d'image de soi, du regard des autres. du besoin d'être aimé et validé à travers l'apparence, et du chemin de libération vers une présence plus juste et plus libre. Je vais te faire une confidence. C'est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, et jusqu'à maintenant, je n'avais pas pris la parole pour exposer ma vision. Si tu me suis régulièrement sur les réseaux, j'ai parfois évoqué des malaises. que j'ai vécu par rapport à mon image, et plus précisément, mes cheveux. Mais il y a toute une histoire derrière qui m'a profondément marquée, et je n'osais pas me positionner clairement. Aujourd'hui, plus que jamais, j'ai envie d'ouvrir cette porte et de partager un bout de mon histoire, mais aussi ce que j'ai appris et compris, et que j'enseigne dans mon accompagnement feeling. Car aujourd'hui, je n'ai plus envie d'avoir à me cacher pour avoir la paix. Je n'ai plus envie d'être réduite à mon physique. J'ai envie d'être entendue et vue au-delà de mon apparence. Et je sais que je ne suis pas la seule, alors je décide de prendre le lead. Et c'est pour cela que je décide de réaliser cet épisode différemment. Je vais te raconter un peu mon histoire et, de fil en aiguille, tisser le chemin de ma libération. Pour te mettre dans le vif du sujet, je vais partir de quelques phrases que j'ai beaucoup entendues. Non mais toi ça va, ça passe. T'es pas vraiment noire, t'es métisse. Tu as de la chance. Ou bien, ça va aller de toute façon, tu es jolie donc tu peux avoir ce que tu veux. Ou encore, c'est plus facile pour toi parce que t'es jolie. Est-ce qu'on peut s'arrêter deux secondes sur ces mots, please ? Ok. Ce que j'ai compris à force d'entendre tout ça, c'est que j'ai de la chance et que mon principal atout, c'est mon fils. En plus, j'ai toujours adoré tout ce qui touche à la beauté, à l'art, à la mode, aux vêtements, aux accessoires. Donc ça a vraiment amplifié l'effet. Je suis devenue cette petite fille que l'on remarque, qui attire, qu'on veut séduire, mais c'était bien loin de ce que je cherchais. Je n'ai jamais cherché à être au centre de l'attention. Surtout qu'étant plus jeune, ma couleur de peau faisait déjà que j'étais différente, à part et remarquée. Je cherchais plutôt à me fondre dans la masse, tout en exprimant ma personnalité. J'ai déjà exprimé que le besoin d'être écoutée, d'être entendue, de porter ma voix est important pour moi. Parce que dans mon enfance, je n'ai pas pu le faire comme je l'aurais voulu. Il y avait d'autres facteurs qui entraient aussi en compte. C'est le fait qu'on me disait de moi que j'étais jolie, mais pas aussi intelligente ou sportive ou drôle ou je ne sais quoi que d'autres personnes. Alors j'ai développé un complexe. Oui, oui, un complexe. Car quand je voulais m'exprimer, on ne m'écoutait pas, on me disait de me taire. Et quand j'étais sage et que je ne disais rien, j'avais le droit à des « oh qu'elle est mignonne » conséquences. Depuis plusieurs années, j'ai aussi entre me cacher pour ne pas attirer trop l'attention, les regards et éviter les compliments sur mon apparence, et exprimer tout de même ma créativité et mon goût pour l'esthétisme. Mais j'ai fini par remarquer que... Même en me cachant, on me trouve. Sans que je demande rien, j'ai droit à des remarques. Oui, oui, je dis bien remarques et pas compliments exprès. J'ai droit à des remarques et à des attentes, des fantasmes que je n'ai absolument pas demandé ni cherché. Jusqu'à récemment, à plusieurs reprises, dans la rue et même... à mon travail, j'ai été victime de harcèlement. Le mot est fort. J'osais même pas vraiment le dire, en fait. Mais je me rends compte aujourd'hui, avec le recul, que c'est le mot qui convient. Si tu fais partie des personnes qui sont inscrites à ma newsletter, j'en ai parlé un petit peu. Et c'est pourquoi cet épisode est bien particulier. Alors, j'ai plusieurs choses à déduire de ce premier partage. Premièrement, l'image de soi, c'est ce que l'on perçoit de nous, que ce soit notre propre image ou l'image que les autres perçoivent de nous. On ne maîtrise absolument pas ce que l'autre projette sur nous. Que ce soit de l'admiration, de la jalousie, du fantasme ou du mépris. Deuxièmement, le regard de l'autre est souvent un jugement, qu'il soit bienveillant ou non. Dire « tu es belle » peut vite devenir une étiquette, autant que dire « tu es nulle » . On ne se rend pas compte, mais ça sous-entend aussi tout ce que l'autre ne dit pas. Moi, par exemple, j'ai entendu maintes fois que j'étais belle, mais très rarement que j'étais intelligente. Et même si je n'ai pas le souhait de valoriser cette qualité-là chez moi, le fait que je sois jolie, et d'ailleurs c'est très subjectif, l'autre me fait comprendre, à force de répétition, que c'est ce à quoi je devrais me rattacher. En fait, je me suis construite avec ce que les autres disaient de moi. Et d'ailleurs, on se construit avec ce que les autres nous renvoient. Mais en fait, ça c'est un piège. Troisièmement, on a tous besoin d'être acceptés et intégrés. Et parfois on en vient à se conformer à l'image que l'autre projette sur nous. Et tout ça pour quoi ? Pour rester en lien ? Et c'est là que ça crée une dissonance. Parce que du coup, ouais je suis acceptée mais finalement pas vraiment pour qui je suis vraiment. Entre perception, projection... et désir d'appartenance, il y a vraiment une pression. On a l'impression qu'on doit répondre aux attentes des autres et surtout garder ces attentes comblées pour pouvoir garder le lien. Et on ne se rend pas compte de tous ces mécanismes. En fait, on devient une image et pas une personne. C'est assez violent quand même. On attend qu'on se conforme, on attend de toi que tu te conformes à ce qu'on voit en toi. Et pas à ce que toi tu veux exprimer, à ce que tu as envie d'être, à qui tu es. En tout cas, je n'ai pas envie d'être regardée pour ce que je représente. J'ai envie d'être écoutée pour ce que je suis. Et malheureusement, le regard extérieur... nous façonnent, parfois même nous figent en fait. Moi ce que j'ai appris et ce que j'ai compris, c'est que ben ok, quand on plaît, on devient un objet d'interprétation. On n'est pas vraiment une personne qu'on a envie de rencontrer et de creuser, de connaître. Et du coup... C'est plus je suis regardée, moins je suis écoutée. C'est le paradoxe qui est bien douloureux et qui est lié à la visibilité. Pour être honnête, c'est un sujet qui me touche profondément. C'est un sujet qui provoque en moi beaucoup d'émotions. Beaucoup d'émotions, comme la colère déjà. La colère d'être réduite à une simple image, à s'arrêter à mon apparence. De la tristesse aussi. La tristesse parce que finalement je ne me suis pas sentie vraiment reconnue. Ça m'a amené également beaucoup de doutes. J'ai énormément douté de moi depuis... j'allais dire mon enfance, en tout cas mon adolescence, préadolescence, jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à il y a peu. Et encore, même aujourd'hui, ça m'arrive parfois encore de douter. Finalement, je me demande, est-ce qu'on m'écoute ou est-ce qu'on me regarde seulement ? J'ai vu encore des situations aujourd'hui où j'ai l'impression que quand je parle, on ne m'écoute pas. Je vois le regard et finalement quand je pose la question, derrière, je vois que la personne n'a écouté que la moitié. Et que finalement elle n'est pas réellement intéressée par ce que je dis. Elle était trop occupée à m'observer. Et c'est horrible. C'est horrible parce que j'ai dû développer une stratégie de camouflage. Et de dire ça même, je me dis que c'est vraiment lunaire en fait. J'ai dû changer. Enfin, j'ai dû. En tout cas, pour moi, déjà, c'était presque inconscient. Il y avait une partie consciente et une partie inconsciente. En fait, éviter d'attirer les regards. Donc, il fallait que je change mon style, ma posture, mon énergie pour passer un peu inaperçu, pour ne pas trop attirer. Et cette stratégie ne me rend pas heureuse. Et c'est ce que je disais au début de l'épisode, j'ai passé mon temps à osciller entre me cacher, me camoufler, et des moments où ma personnalité ressort, j'ai envie de m'exprimer, de déborder ma créativité, et mon goût pour l'esthétisme, et simplement de profiter de la vie, d'être heureuse et du coup de ne pas me cacher. Mais c'est vrai que... Et bien dès que j'étais comme ça, ça ne durait pas très longtemps parce qu'après je me rappelais vite à l'ordre que attention, là il y a danger, j'attire un peu trop les regards, donc je vais me calmer. Si je veux avoir la paix, je n'ai pas le choix. Voilà ce que j'ai développé au fur et à mesure de ces années au travers du regard des autres. Et c'est une stratégie qui ne me convient pas du tout. qui est quand même une zone de confort quelque part. Parce qu'au moins, on me fout la paix. C'est fou, hein ? Mais c'est vrai. Quand je me camoufle et quand je me cache, on me fout la paix. Le problème, c'est que certes, j'ai une part de moi qui est plutôt timide, réservée. Mais j'ai plus envie de dire finalement aujourd'hui, plutôt calme, posée. Mais c'est pas pour ça que ça me convient de me cacher. Ça ne reflète pas l'entièreté de qui je suis. Et c'est comme si je me privais, c'est pas comme si, mais je me privais, et je privais aussi d'autres personnes, de qui je suis réellement. Mais j'ai développé cette stratégie parce que pour moi c'était une question de survie. Et je sais que je ne suis pas la seule ici. Je sais qu'il y a beaucoup de femmes dans ce cas-là qui se reconnaîtront. Qui ont elles aussi dû adapter leur apparence ou leur attitude pour s'intégrer, pour être aimées, pour éviter les conflits. En fait, plaire devient presque une stratégie relationnelle. Et du coup, on ne sait plus vraiment si les gens nous aiment pour qui on est ou pour ce qu'on joue. Et ça crée une énorme confusion intérieure, une perte de repère. Parce que moi, personnellement, c'était plus me cacher. Mais à d'autres personnes, c'est plus, justement, se maquiller pour se sentir forte. Moi, c'était plus m'effacer pour être tranquille. Mais dans tous les cas, c'est deux stratégies qui créent énormément de confusion, de doute et de... Ouais, de perte de sens et d'identité. En tout cas, je pensais réellement que c'était plus simple de devoir m'adapter, de devoir changer un peu. Eh bien... ma personnalité ou en tout cas mon comportement face aux regards insistants. Mais à quel prix en fait ? À quel prix ? J'ai appris à me cacher, à me faire discrète, à maîtriser mon image pour survivre socialement. En fait, c'est vraiment une charge mentale énorme, un effort qui... qui ne se voit pas, qui est invisible en fait. Et ça réduit complètement ma liberté. Pourquoi devrait-on choisir ? Pourquoi on ne peut pas être belle et intelligente, créative et vulnérable, brillante, sensible, naturelle, forte, sophistiquée ? Pourquoi on ne peut pas être tout ça à la fois ? On est libre et on a le droit d'être complexe. On est... des êtres humains. On est tous complexes. Pourquoi nous, moi, eh bien je dois me cacher, cacher une partie de moi pour avoir la paix. Ça a été vraiment un souci pour moi parce que j'ai douté fortement de ma légitimité. Je me suis demandé est-ce que je suis crédible. Parce que oui, on me trouve jolie, mais au final, professionnellement, je ne suis pas là pour me mettre en avant. Je ne suis pas là pour qu'on me dise que je suis jolie. Quand je me suis lancée dans l'entrepreneuriat, d'ailleurs, j'ai commencé par créer mon blog. C'était vraiment un début pour commencer à me faire connaître. Et c'était une façon justement d'expliquer ce que j'avais vécu, de ressortir un petit peu les leçons que j'avais apprises et pour expliquer. Là où j'en suis aujourd'hui, enfin là où j'en étais quand j'ai commencé du moins. Et j'utilisais du coup des photos de moi et je mettais mes textes en dessous, en légende ou dans un post en carousel, voilà. Ou même en réel. Et j'ai remarqué que, d'ailleurs là où j'avais le plus de likes, de commentaires, etc., c'était sur les photos de moi. Parce que j'alternais avec du texte. et des images plus, j'ai envie de dire, du quotidien, de paysages, etc. Et là où j'avais le plus de retours, c'était les photos de moi. Mais ce n'était pas pour les textes que j'avais écrits, c'était pour l'image. Et ça m'a beaucoup fait douter. Je me suis dit, mais en fait, encore une fois, je suis vue, ok, mais je ne suis pas entendue. Finalement... Là, je vais commencer à parler un peu de mes offres professionnelles, de mes services. Ben, est-ce que je vais être crédible ? J'ai même une anecdote à ce sujet. J'ai participé à une formation pour entrepreneurs et... Et on pouvait partager nos sites internet, nos pages, nos réseaux sociaux, pour que la formatrice nous fasse un retour, pour nous aider dans notre communication, dans le développement de notre entreprise. Et là, je me rappelle, elle m'a fait un retour en me disant « Mais Lydie, c'est pas du tout professionnel, est-ce que tu fais du mannequinat ou tu proposes un business ? » Et je me suis dit « Waouh, ok ! » D'accord, alors donc elle s'est arrêtée simplement aux photos et elle n'a pas lu. Et il n'y avait pas que des photos de moi non plus, mais le fait qu'il y ait quelques photos de moi, c'est tout ce qu'elle a retenu. Et franchement, ça m'a piqué. Ça m'a piqué parce que je me suis dit, mais encore une fois, il n'y a que l'apparence qui compte. Alors je me suis dit, bah finalement... Peut-être que je vais enlever les photos de moi, je ne vais plus mettre de photos de moi et je vais juste mettre de l'écrit. Et peut-être que là les gens me liront. Mais c'est fou comme on enferme rapidement les gens dans des cases. Moi elle a vu les photos, elle m'a dit voilà je fais du mannequinat, je ne fais pas du business. Ok, d'accord. Mais en fait je ne mettais pas des photos de moi pour montrer que je suis jolie, que je suis belle ou mettre ça en avant. Je mettais des photos de moi parce que c'était pour montrer qui je suis, pour qu'on puisse voir mon énergie, qu'on puisse voir ce que j'ai à transmettre, et de pouvoir connecter avec moi, et pour moi, ça fait partie de ça. C'est aussi important mon énergie que ce que je dis. Et l'intention dans laquelle j'avais mis ces photos-là n'était pas du tout perçue. Puisqu'on s'est encore une fois arrêté à mon apparence. J'ai maintenant envie de poser ces mots et te demander ce que ça t'évoque. En anglais, on dit « the dark side of pretty privilege » . En français, le terme qui correspond, c'est « la charge de la beauté » . Autrement dit, la face cachée du privilège de la beauté. Est-ce que tu en avais déjà entendu parler ? Est-ce que tu as conscience que ça existe ? Comme je le disais, ce sujet me tient particulièrement à cœur, et ça fait un petit moment que j'ai envie d'en parler. Mais je ne savais pas vraiment comment, par où commencer. Et il y a tellement de choses sur ce sujet que... je ne savais pas trop comment aborder les choses. Et en fait, il y a quelques semaines ou quelques mois, je ne sais plus, je suis tombée sur un post sur Facebook, et donc c'était en anglais, et c'était cette fameuse phrase « The dark side of pretty privilege » . Et ensuite, elle avait donc listé tous les mauvais côtés, ou en tout cas toute la face cachée du fait d'être perçue comme jolie. Et quand j'ai lu son post, j'ai retrouvé vraiment ce que moi je pensais. Et je me suis dit, ok, ça existe, déjà il y a un terme pour désigner ça, je ne savais même pas. Et je me suis dit, bon, je pense qu'il est temps que je prenne la parole et que j'exprime ce que je ressens sur ce sujet. Alors, qu'est-ce que c'est la charge de la beauté ? En fait, c'est l'idée... d'être perçue comme jolie dans la société, comme un avantage. Mais ce n'est pas qu'un avantage, c'est aussi porter un poids. C'est être exposée régulièrement, c'est recevoir des injonctions, gérer le regard des autres, les projections, les attentes, les désirs, les jalousies. En fait, concrètement, J'ai fait quelques recherches pour trouver les mots parce que la première fois que j'ai abordé, mais on va dire légèrement, ce sujet, j'avais utilisé le terme de discrimination positive parce que pour moi c'était de la discrimination. Mais ce n'est pas la discrimination comme on l'entend parce que c'est vrai que c'était un peu à l'inverse et je ne savais pas trop comment exprimer ça. Et du coup, j'ai fait mes petites recherches pour trouver les bons mots, ce qui correspond. Et je suis tombée sur plusieurs phrases, comme l'objectification. C'est qu'on parle du corps avant de parler de la personne en elle-même. C'est qu'on pense qu'on a un droit d'accès, que ce soit par le regard, les commentaires, de la drague, des contacts physiques. et C'est une réduction de la valeur à l'apparence. En fait, il y a des attentes contradictoires. Alors, tu dois être belle. Donc, normalement, tu es belle. Mais pas trop non plus. Parce que si tu l'es un peu trop, du coup, tu cherches. Tu cherches les autres. Tu attires, tu fais ça pour récolter quelque chose. Tu dois être souriante et tu es du coup souriante, douce, polie, même quand les autres dépassent tes limites. C'est, tu mets en valeur ta beauté, mais du coup, tu es quand même un peu superficiel. Et en même temps, quand tu ne le fais pas, on te dit que tu gâches ton potentiel. Il y a vraiment des attentes contradictoires. Il y a même une sexualisation. On est vu comme un fantasme, une tentation. Quand on dit non, eh bien, c'est mal reçu. On peut devenir facilement la cible de harcèlement. Et en fait... Là où moi j'avais du mal à prendre la parole sur ce thème, c'est parce que j'avais peur. J'avais peur qu'on me dise « mais t'exagères, tu devrais être flattée et toi t'es là, tu te plains » . Et quelque part j'ai déjà entendu ça. J'ai entendu une fois et je me suis dit « ok, je vais plus en reparler » . Parce que finalement on va pas me comprendre et je suis perçue comme presque ingrate. Mais c'est horrible. C'est horrible et je me suis sentie longtemps seule avec ça. Et aujourd'hui, je commence à voir que les personnes qui prennent la parole sur ce sujet, qui expriment ce que j'exprime là aujourd'hui. Et ça m'a donné vraiment le courage de me dire, je suis lancée, je suis dans ce chemin de libération. Ces derniers mois, ça a été aussi un grand sujet, comme je l'expliquais au début. J'étais victime de harcèlement au travail par des clients. Et ça a été très difficile. Mais c'est ce qui m'a permis aujourd'hui de poser des mots sur tout ça. De revoir tous les mécanismes que j'ai expliqués dans cet épisode. Et donc d'en parler aujourd'hui. Et ça me tient vraiment à cœur parce que j'ai envie de partager ça. Du coup on m'a beaucoup dit... que pour moi j'avais de la chance, que c'était facile. Mais en fait, pas du tout. À l'intérieur de moi, c'est beaucoup de doutes, beaucoup de remises en question sur mon corps, mon apparence, sur mon look, mon comportement. J'ai une hyper vigilance. Il y a des moments où je me cache et je ne veux pas en faire trop, donc je fais attention à ce que je mets, comment je m'habille, comment je me maquille, tout ça. Et des moments où j'y pense moins et je me dis, allez, je me fais plaisir, là j'ai envie de mettre ça parce que c'est l'énergie que j'ai aujourd'hui. Et donc ça correspond et c'est ça que j'ai envie de mettre parce que quand je le mets, je me sens on fire, je me sens bien ou je me sens simplement en paix ou naturelle ou à l'aise. Et bien à partir du moment où je sors dans la rue et que je commence à avoir les regards sur moi, dans ma tête c'est plein de doutes, plein de remises en question. Mais pourquoi t'as mis ça aujourd'hui ? Tu n'aurais peut-être pas dû, peut-être que tu devrais rentrer te changer. Bon allez, ce n'est pas grave, on y est, on y va. Je me sens bien de base, donc j'essaye d'occulter les regards, j'essaye de... Waouh, waouh, c'est fatigant, c'est très fatigant. Ça fait maintenant 4 ans que je suis dans l'entrepreneuriat et que je développe aussi mon activité sur les réseaux. J'ai eu des phases où j'ai utilisé mon image pour me mettre en avant et des phases où au contraire j'ai supprimé mon image pour pouvoir mettre mes services en avant. J'ai eu plein de doutes, plein de questionnements, plein de revirements. Et aujourd'hui, j'ai simplement envie de reprendre ma liberté. J'ai simplement envie d'habiter mon image librement. En fait, je ne cherche pas à plaire. Je ne cherche pas à plaire, je ne cherche pas à me défendre, je ne cherche pas à me justifier. Je veux juste me sentir alignée, présente. J'ai le droit... et besoin d'être visible sans être dérangé. J'ai le droit d'exister sans vouloir séduire. Ce que j'aimerais vraiment faire passer comme message, c'est que tu n'es pas ton image. Tu n'es pas ce que les autres pensent voir. Tu es ce que tu ressens. Tu es ce que tu vis et ce que tu choisis de montrer ou non. Et le plus beau rayonnement, C'est bien quand on ne cherche pas à plaire, mais juste à être. Et quand je me suis connectée à ça, souvenue, et quand j'ai commencé à intégrer, j'ai réussi à poser des limites beaucoup plus claires, beaucoup plus visibles, à être plus ancrée, à dire non, à refuser les faux compliments, les sous-entendus, les blagues. les blagues déplacées. J'ai repris la parole, j'ai redéfini un cadre, et j'ai arrêté de me rendre disponible et de rester passive. J'ai repris ma liberté, et je me suis reconstruite. J'ai reconstruit mon identité, je l'ai élargie, et aujourd'hui, j'avance vers plus de libération. Je me crée un espace intérieur sacré. protégée. Je pratique des méthodes d'ancrage, de recentrage. Je travaille sur la dissociation de mon apparence et de ma valeur. Je refuse aussi la stratégie de la gentille et jolie fille. J'ose, eh bien, ne pas toujours être agréable ou disponible et j'accepte de déplaire. Et surtout, je casse le silence. Je reprends la narration sur mon image et ça m'aide à retrouver ma liberté. Et à revenir à ma propre définition de la beauté, à ma propre définition de la vie, de comment j'ai envie de la vivre. Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas en me cachant. Et même si j'ai longtemps cru que... j'étais juste là pour plaire et que c'était comme ça et que je devais m'y faire et que finalement je n'étais peut-être pas si intelligente et que c'était comme ça. Aujourd'hui, je crois que je ne suis pas là pour plaire. Je suis vraiment là pour être présente, entière, libre et pour qu'on m'écoute. Et toi ? Et si tu n'étais pas là pour plaire ? Merci pour ton écoute.