- Christine Ramadier
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast « Comment se réaliser » . Je suis Christine, coach professionnel certifié, et dans ce podcast, je vous propose de mieux comprendre ce qui se joue en vous pour avancer plus sereinement, un pas après l'autre. Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet simple en apparence, mais souvent très compliqué à vivre, dire non.
- Elsa Trinquesse
Bonjour chers auditeurs et auditrices. Oui. Dire non sans se justifier, sans culpabiliser, sur le papier ça paraît facile. Pourtant, pour de vrai, combien de fois on dit oui alors qu'en fait on rêve de dire non ? Alors Christine, pour introduire, j'aimerais bien que tu nous expliques ce que tu entends d'abord par dire non.
- Christine Ramadier
Ce que j'entends par là, c'est bien sûr ça ne veut pas dire de dire non au travail quand on vous confie des émissions qui sont dans votre fiche de poste, ça ne veut pas dire de dire non constamment. Mais c'est que, par exemple... Quand tu as, Elsa, cette invitation à dîner où tu es fatiguée après une semaine et que tu n'as vraiment pas envie d'y aller, de oser dire non, de ne pas y aller juste pour faire plaisir. C'est à un moment donné de se remettre en avant et de faire passer ses besoins de repos, de prise de temps pour soi au premier plan.
- Elsa Trinquesse
Oui, alors ça, ok, très bien. Mais pourtant, au quotidien, je me rends compte que ce n'est pas si facile. Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi ?
- Christine Ramadier
Eh oui ! Ce n'est pas facile parce qu'il y a différentes choses en jeu, dont notamment la peur de décevoir son entourage familial ou amical, la peur du conflit, que les autres ne comprennent pas pourquoi nous ne souhaitons pas y aller. Il y a le besoin d'être aimé et reconnu. Donc si on déçoit son entourage, on a peur qu'il ne nous réinvite pas. Nous avons peur également potentiellement qu'il discute. sur nous, ne comprennent pas les raisons pour lesquelles nous ne sommes pas allés à cette invitation. C'est aussi culturel, familial, les habitudes avec lesquelles nous avons été élevés potentiellement, qu'il fallait toujours honorer une invitation ou toute autre croyance qui a pu y avoir inculqué dans les familles.
- Elsa Trinquesse
En quoi c'est important d'apprendre à dire non ?
- Christine Ramadier
C'est une question qui est essentielle et que je travaille beaucoup en coaching avec mes clients. c'est que Ce qui est important de comprendre, c'est quand je dis non à l'autre, je me dis oui à moi-même. Si je prends du temps pour moi, si je refuse cette invitation, ce compromis qu'on m'a demandé ou toute autre chose, alors ça veut dire que je suis en train de dire oui à moi et mes besoins. Et non, ce n'est pas de l'égoïsme. Je vous entends, les auditeurs, dans votre tête, en train de vous dire que c'est égoïste. Non, c'est à un moment donné, bien sûr que vous faites chacune et chacun plein de choses pour les autres au quotidien. Maintenant, est-ce que parfois, vous n'auriez pas plutôt envie d'aller faire une marche au parc ou aller faire du sport ou simplement rester sur le canapé à bouquiner ? ou scroller, bon ça c'est pas bien, mais qu'est-ce que vous auriez envie de faire là à l'instant T au lieu d'aller à telle ou telle invitation ? C'est ça en fait, c'est de se dire qu'à un moment donné, à vouloir faire plaisir tout le temps à tout le monde, à s'occuper des uns et des autres, à quel moment je suis en train de m'occuper de moi en tant que femme, en tant qu'homme, en tant qu'épouse ou ainsi de suite ? Est-ce que je suis en train de faire passer mes rôles en premier et les autres en premier ? Ou bien est-ce que parfois c'est ok de m'occuper de moi ?
- Elsa Trinquesse
Et si jamais ça m'arrive de dire oui alors qu'en fait je pense non, est-ce que ça a des conséquences du coup ? Et si oui, lesquelles ?
- Christine Ramadier
Bien sûr que ça a des conséquences. Parce que quand on dit oui alors que fortement on pense non, qu'on le veuille ou pas, qu'on en ait l'impression ou pas, inconsciemment, nos actes, nos paroles, nos comportements sont conditionnés. par le fait qu'on n'avait pas vraiment envie d'être là. Alors, forcément, ça génère de la frustration, on se fatigue, il y a cette surcharge mentale où on se dit, oh là là, j'ai accepté de faire cet enregistrement de post-cast aujourd'hui alors que je n'en avais pas envie. Et du coup, ça peut provoquer un ressentiment. Je vous rassure, ce n'est pas du tout le cas. Mais c'est comme ça que je suis en train de perdre de l'énergie et de me mettre en mode surcharge mentale. Parce qu'il y a des moments, je sais que je suis en train de faire des choses que je ne devrais pas être en train de faire. D'accord ? Donc ça, ça a des conséquences et sur moi et sur les autres.
- Elsa Trinquesse
Est-ce que, justement, j'en arrive aux autres, est-ce que si je ne le dis pas et que, par exemple, imaginons toujours ce podcast, je n'avais pas envie de venir le faire, mais je suis quand même venue, est-ce que du coup, ça va se ressentir au niveau de la relation à l'autre ?
- Christine Ramadier
Oui, ça va se ressentir parce que... que tu le veuilles ou pas, inconsciemment, la posture, ta gestuelle, ton visage, les sourcils froncés, peut-être une manière de communiquer plus abrupte ou toute autre chose peut surgir. Donc c'est là où on ne pense pas, mais en réalité, on arrive à décrypter l'autre. Et c'est pour ça que des fois, il y a des situations où on se dit, j'aurais mieux fait de ne pas y aller, parce que finalement, ça ne s'est pas passé comme je voulais. mais c'est parce que c'est ce qu'on appelle une prophétie. autoréalisatrice, je me suis dit que je n'avais pas envie d'y aller, alors, à cette soirée par exemple, alors je me comporte d'une certaine manière, et comme j'ai un biais cognitif qu'on a vu la semaine dernière, à un moment donné, je vais me convaincre que de toute façon, il n'y a rien qui va dans cette soirée. Tu vois ce que je veux dire ?
- Elsa Trinquesse
Alors Christine, du coup, c'est très beau tout ça, mais comment est-ce qu'on fait pour pouvoir dire non réellement de façon respectueuse ?
- Christine Ramadier
Ça va vraiment être de s'écouter. déjà se dire, ok, cette soirée, j'ai envie d'y aller. Qu'est-ce qui fait que je n'ai pas envie d'y aller ? Vraiment déjà d'être au clair soi-même. Est-ce que c'est parce qu'il y a quelqu'un qui me dérange ? Est-ce que c'est parce que c'est loin ? Est-ce que j'ai passé toute la semaine à faire des heures et des heures de transport et je n'ai vraiment pas l'énergie d'y retourner ? C'est quoi exactement ? Déjà, moi, avec quoi je ne suis pas au clair par rapport à cette invitation ? Je parle beaucoup d'invitation parce que c'est notamment ça. Et c'est de se dire, qu'est-ce qui, moi... me convient pas et qu'est-ce que mon corps a besoin et moi, ma santé mentale, mes émotions, qu'est-ce qu'ils me disent ? Et quand je suis au clair, ça va être de dire, ok, là, je suis vraiment très fatiguée. J'ai eu, par exemple, une mauvaise nouvelle ou j'ai quelque chose à gérer lundi et je préfère m'octroyer un moment de repos. Et ça va simplement être d'appeler la personne. Et là, je vous conseille de le faire par verbalement et pas par écrit parce que quand on veut dire non à quelqu'un, moi, je vous invite plutôt à le faire de manière verbale. pour que vous puissiez vraiment dire à la personne, écoute, là, j'aurais adoré venir, mais là, clairement, ce n'est pas le bon moment pour moi. Par rapport à mes besoins, ma fatigue, je préférais ne pas venir cette fois-ci.
- Elsa Trinquesse
Donc, plutôt un appel qu'un SMS.
- Christine Ramadier
Oui, moi, personnellement, je... Et franchement, les appels, ça marche très bien. Et pas un vocal non plus. Laissez la chance à la personne de pouvoir vous poser une question et qu'elle entende l'intonation de votre voix, que réellement, ce n'est pas que vous n'avez pas. envie, mais c'est que là, vos besoins sont prioritaires. Et 9 fois sur 10, la personne, elle va comprendre. Si elle ne comprend pas, là, c'est intéressant de vous interroger sur quelles sont ses motivations réelles à ce que vous soyez là. Est-ce qu'elle aussi, elle a un besoin de soutien et qu'elle ne l'a pas clairement formulé ? Bref, c'est pour ça que je conseille qu'il y ait un échange verbal, que vous puissiez comprendre quelles sont les motivations de l'autre. L'important, c'est que des fois, j'ai des clients qui me disent, oui, mais là, j'ai l'impression de me justifier. Alors, dire non à quelqu'un de manière abrupte, non, je ne viendrai pas samedi, c'est sûr que ça peut être assez tranchant.
- Elsa Trinquesse
Brutal.
- Christine Ramadier
Voilà. Maintenant, moi, je ne dis pas qu'il faut se justifier et rentrer dans des grandes histoires, mais c'est simplement dire là, pour moi, ce n'est pas le bon moment ou je suis fatiguée. Ou simplement, des fois, d'expliquer aussi que cette invitation à ce restaurant-là, ce n'est pas dans vos moyens actuellement parce que vous avez un autre projet en cours. Et que peut-être vous n'avez pas le budget. Et ça, aujourd'hui, ça devient un vrai frein. Et donc, peut-être que d'en parler, tout simplement, et de dire, écoute, moi, j'aimerais bien qu'on se voit. Mais là, en ce moment, je préférais qu'on fasse une dînette à la maison plutôt que d'aller au restaurant. Tu vois, c'est ça aussi. Oser dire non, c'est des fois simplement d'expliquer que là, ce qu'on vous a proposé, ce n'est pas dans vos conditions du moment. Est-ce que c'est clair ?
- Elsa Trinquesse
Oui, c'est clair. C'est très, très clair. Est-ce que pour terminer, Christine, tu pourrais nous conseiller ? à nous et à tous les auditeurs et auditrices un livre, une lecture ?
- Christine Ramadier
Absolument. Il y a un livre qui est fantastique qui s'appelle Cessez d'être gentil, soyez vrai, de Thomas D'ansembourgque vous pouvez retrouver en librairie et aussi sur Youtube. Il fait beaucoup de vidéos, de podcasts aussi. Et vraiment, je vous le conseille parce qu'il va vous donner des situations du quotidien et rentrer davantage dans les explications. Et je vous assure que Thomas, c'est vraiment quelqu'un qui est spécialiste de la communication non violente. Et justement, il vous permettra de déculpabiliser par rapport à comment formuler ce fameux nom et surtout vous dire oui à vous-même.
- Elsa Trinquesse
On mettra toutes les infos dans la description de l'épisode. Très bien, merci beaucoup Christine. Dans deux semaines, nous parlerons de communication. Pourquoi nous ne nous comprenons pas alors que nous échangeons beaucoup ?
- Christine Ramadier
Un vaste sujet. Merci Elsa et merci à tous pour votre écoute. Si cet épisode vous a aidé, pensez à vous abonner, laisser une étoile ou plusieurs, ou un commentaire, c'est précieux pour soutenir ce podcast. Vous pouvez me retrouver et me suivre sur les réseaux « Comment se réaliser » ou sur mon site internet « commencerealiser.com » Et je vous laisse avec cette dernière question. À quoi ai-je dit oui récemment, alors qu'au fond, j'aurais dû dire non ? Et comment je vais m'y prendre la prochaine fois ? Faire passer mes besoins en priorité. Quel serait un nom juste que vous pourriez poser pour vous respecter davantage ? Partagez-moi vos retours, j'adore les lire sur les réseaux.