- Christine Ramadier
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast « Comment se réaliser » . Je suis Christine Ramadier, coach professionnel certifié, et dans ce podcast, je vous propose de mieux comprendre ce qui se joue en vous pour avancer plus sereinement, un pas après l'autre. Aujourd'hui, nous allons parler de cette petite voix intérieure que nous entendons tous, souvent en continu, et qui influence bien plus de choses que nous l'imaginons. Je suis accompagnée par Elsa qui va poser les questions qui nous guideront au fil des épisodes. Bonjour Elsa.
- Elsa Trinquesse
Bonjour à tous. Oui, on va parler de cette voix qui doute, qui critique, qui anticipe, qui imagine parfois le pire. Alors Christine, pourquoi c'est si important d'y prêter attention ?
- Christine Ramadier
Alors Elsa, j'ai décidé de parler de ce sujet du discours intérieur, en fait parce que nous sommes le résultat de ce que nous avons pensé. Dixit Bouddha. De comprendre à quel point nous n'avons pas besoin de notre entourage ou d'ennemis pour nous auto-saboter, car très souvent, nous le faisons tout seuls dans notre petite tête.
- Elsa Trinquesse
Comme des grands.
- Christine Ramadier
Absolument.
- Elsa Trinquesse
Comment est-ce que tu pourrais la décrire, cette petite voix intérieure dont on parle souvent ?
- Christine Ramadier
Il faut savoir que nous avons à peu près 60 000 pensées par jour.
- Elsa Trinquesse
Rien que ça.
- Christine Ramadier
Et que parmi ces pensées, il y a ce fameux dialogue intérieur. Ah, je n'ai pas fait ça, et t'es nulle. Ou, j'ai encore oublié cela, quelle idiote. Est-ce que tu peux entendre des phrases comme celle-ci, des fois dans ta tête ? Oh, que oui ! Eh bien, moi aussi. Parce que les cordonniers, les coachs, sont les plus mal chaussés, et les coachs, pareil. Il faut savoir aussi, c'est que notre cerveau passe beaucoup de temps à créer des scénarios. Et à 90%, ces scénarios, ils ne se produisent jamais. Donc en fait, nous sommes en train de perdre de l'énergie et du temps à s'auto-saboter, à s'auto-critiquer, des fois extrêmement durement pour certains d'entre nous. Et puis, nous sommes aussi en train de perdre du temps et de l'énergie à faire des scénarios. Par exemple, ce week-end, j'ai peut-être eu une brouille avec quelqu'un. Et puis, depuis hier, je suis en train de me refaire le scénario. Et si j'avais su, j'aurais dit ceci, j'aurais dit cela. Et en fait, ce qui se passe, c'est que ce scénario ne se reproduira jamais. Je suis en train de perdre du temps et de l'énergie et faire monter mon taux de cortisol, donc l'hormone du stress, sur des situations fictives. Et la problématique est que mon cerveau ne fait pas la différence entre la fiction et la réalité. Donc quand je suis en train d'avoir cette petite voix qui m'autocritique ou bien que je suis en train de me faire des scénarios... catastrophe par rapport à comment va se dérouler ma semaine, ça va être compliqué, ça va être ceci, ça va être cela. Eh bien, mon corps est en train de réagir au stress que j'ai dans mes pensées. Donc c'est pour ça que j'ai décidé d'avoir tout de suite ce thème important pour chacune et chacun, d'avoir des clés pour améliorer son discours intérieur et être vigilant à ce qui se passe dans notre tête. Parce que ça a des répercussions au quotidien sur notre corps,
- Elsa Trinquesse
sur notre état d'esprit et sur notre mise en action. Et justement, comment tu expliques que ce discours intérieur, il peut devenir aussi critique, aussi exigeant envers nous-mêmes ?
- Christine Ramadier
Alors, ça va vraiment dépendre de nos croyances, de notre entourage familial, l'entourage éducatif que nous avons pu avoir,
- Elsa Trinquesse
de nos comportements. Quel signe montre que notre dialogue intérieur manque de bienveillance et qu'il commence à nous tirer vers le bas du coup ?
- Christine Ramadier
Eh bien, c'est quand vous commencez à vraiment... et après cet épisode, vous allez le faire, c'est de prêter attention à vos pensées et plus vous allez vous entendre dire « je suis nulle » , « je n'ai aucune logique » , « j'ai toujours été comme ça » , « je ne suis pas capable de… » ou « je suis toujours en retard » . À partir du moment où vous allez commencer à entendre la récurrence de ces phrases qui sont… Alors, quand on les dit une fois de temps en temps, ça va, mais quand c'est répété quotidiennement… ça peut vraiment commencer à avoir un effet néfaste sur nos actions et sur notre confiance en nous, voire notre estime de nous-mêmes.
- Elsa Trinquesse
Parce qu'on finit par les croire.
- Christine Ramadier
Absolument.
- Elsa Trinquesse
Est-ce que du coup, il y a des phrases, des manières de se parler qui doivent vraiment nous alerter ?
- Christine Ramadier
Absolument. Dès que je commence à m'insulter dans ma tête, à avoir des mots qui généralisent tout le temps. Je suis toujours, je n'ai jamais réussi, je suis incapable de. À partir du moment où vous entendez des phrases avec une connotation très forte, négative par rapport à vous-même, c'est toujours important que ça tire une sonnette d'alarme.
- Elsa Trinquesse
On fait quoi dans ces cas-là ?
- Christine Ramadier
Ça va être de les contextualiser en fait. À un moment donné, je ne suis pas toujours en retard. Ça va être d'aller chercher les exemples où, justement, je suis à l'heure. Ça va être d'aller chercher, ok, par exemple, nous avions un échange tout à l'heure où tu me parlais des puzzles, de ne pas avoir la logique pour faire des puzzles. Maintenant, dans ton métier de journaliste, de podcasteuse, tu as une certaine logique, tu as une cohérence dans ton questionnement. Donc, voilà, on n'a peut-être pas la logique des puzzles, mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas de logique du tout. Est-ce que tu es d'accord ?
- Elsa Trinquesse
Du coup, vu sous cette angle, en effet, oui. et et Comment est-ce qu'on peut faire du coup la différence justement entre se parler avec lucidité et s'auto-saboter ?
- Christine Ramadier
Se parler avec lucidité, c'est quand je suis capable de dire, ok, là, sur cette journée, c'est vrai que j'aurais pu gérer mon temps différemment. Je constate avec preuve à l'appui, j'ai été voir que j'ai passé trop de temps sur les réseaux sociaux, alors je n'ai pas pu... terminer le questionnaire que je voulais ou la préparation des podcasts. Là, j'ai raté ma recette alors que d'habitude, je la réussis. C'est comment est-ce que je peux aller contextualiser. C'est que c'est factuel. Ce que je suis en train de me reprocher avec lucidité, ce sont des choses factuelles et j'ai des exemples concrets. Alors que quand je suis en train de m'auto-saboter, c'est là où j'ai des mots qui viennent de généralisation et qu'en gros, il y a un jugement sur ma propre personne. Dans ma tête à moi déjà. On parlera une prochaine fois des autres.
- Elsa Trinquesse
Et du coup, c'est quoi les premières étapes pour adoucir cette petite voix critique et la transformer en quelque chose qui peut être plutôt du soutien ?
- Christine Ramadier
Déjà, la première chose que je vais conseiller à toutes les auditrices et les auditeurs, c'est déjà d'apprendre à se lâcher la grappe. C'est-à-dire de s'accepter tel que nous sommes et pas tel que nous voudrions être. Vous savez quoi ? Il y a une très belle citation d'Oscar Wilde. qui dit « Soyez vous-même, les autres sont déjà pris » . C'est qu'à un moment donné, on ne peut pas être parfait. Moi, je ne connais personne au monde qui est parfait. Nous avons tous des qualités et les défauts de nos qualités. Mais c'est déjà s'accepter tel que nous sommes et se dire que nous faisons de notre mieux. Et là, je renvoie aux quatre accords Toltec. Faire de son mieux, c'est déjà se dire « Ok, peut-être que je n'ai pas une logique pour faire des puzzles. » Soit j'ai envie de travailler là-dessus, soit je n'ai pas envie de travailler là-dessus. Mais maintenant, je me reconnais la logique de structurer des articles ou de structurer un questionnement. Donc, c'est ne pas vouloir être parfait dans tout, s'accepter tel que nous sommes et se lâcher la grappe. J'adore cette expression-là parce que c'est vraiment ça. Et puis, j'en ai une qui... m'est propre depuis des années et tout mon entourage te dira que je le répète régulièrement, c'est stop aux injonctions. Je vais inviter tout le monde à arrêter avec les il faut et je dois. Quand c'est des choses qui me concernent moi personnellement. Nous devons nous arrêter au feu rouge et je dois laisser passer les piétons. Ça, c'est des règles extérieures. Quand c'est quelque chose qui me touche moi, Par exemple, je veux m'améliorer dans la réalisation de puzzles pour ne pas parler d'autre chose. Ou je veux faire évoluer ma pratique au niveau professionnel. Ce n'est plus il faut ou je dois. C'est j'ai besoin. J'ai besoin de faire évoluer ma prise de parole en public. J'ai envie d'évoluer vers un nouveau poste. Ce n'est pas il faut que j'évolue vers un nouveau poste. Et je vais vous inviter, chers auditeurs, auditrices, à vous-mêmes faire l'exercice. essayez de dire, il faut que je fasse telle chose, et à la place, remplacer par j'ai besoin ou j'ai envie, ou si c'est vraiment une motivation très profonde et que ça peut avoir un impact sur votre santé, sur votre équilibre personnel, dites à la place, je me dois. Je me dois d'apprendre à gérer mes émotions. Essayez en mettant vos mains de chaque côté de votre corps et dites, il faut que je gère mes émotions, et dites de l'autre côté, peut-être que... côté gauche pour certains, dites je me dois d'apprendre à gérer les émotions. Et vous allez voir à quel point une phrase est plus importante que l'autre, à quel point l'une va être plus impactante que l'autre.
- Elsa Trinquesse
À quel point elle va nourrir et pas détruire.
- Christine Ramadier
Exactement Elsa.
- Elsa Trinquesse
Et du coup, est-ce que tu pourrais nous partager un exercice simple que chacun peut essayer dès aujourd'hui ?
- Christine Ramadier
Tout à fait. J'ai un exercice que j'ai découvert il y a une vingtaine d'années dans un livre de Louise Hay. La force est en vous, que je recommande fortement. Je vais vous inviter à prendre un élastique. Vous savez les élastiques marrons en caoutchouc ? Voilà.
- Elsa Trinquesse
Qui tirent les cheveux.
- Christine Ramadier
Vous allez chercher cet élastique, vous le mettez autour du poignet. Et pendant 24 heures, à chaque fois que vous allez prononcer une phrase très critique envers vous-même, ou critique, voire insultante envers vous-même, je vais Envers vous-même, pas envers les autres pour l'instant. Je vais vous inviter à claquer l'élastique sur votre poignet. Et vous allez voir qu'en fonction de la manière dont vous vous parlez, pour certains, au bout d'une demi-heure, le poignet peut potentiellement être déjà tout rouge. Et c'est comme ça en fait. C'est en prenant, en réalisant à quel point, quand vous vous écoutez, vous prenez conscience de la toxicité de vos propres pensées, que vous allez pouvoir en prendre conscience et commencer à vouloir travailler dessus. Quelles sont vos dernières pensées vis-à-vis de vous-même le soir quand vous vous endormez ? Comment est-ce que vous vous parlez au moment de dormir et au moment de vous réveiller ? Quelle est votre manière de vous parler à vous-même dans votre tête pour la journée à venir ? Simplement pour prendre conscience déjà, est-ce que vous avez un bon dialogue avec vous-même, un dialogue qui est aidant ou est-ce qu'au contraire vous avez un dialogue qui est plutôt rabaissant, extrêmement critique et qui vous déconcerte en fait, plus qu'autre chose ?
- Elsa Trinquesse
Ça me parle, en effet.
- Christine Ramadier
Et donc, du coup, quels résultats pouvons-nous attendre, c'est ça, de se parler positivement ? Vous allez découvrir, renforcer votre confiance en vous. Le fait de pouvoir vous dire, OK, à l'inverse de, je ne sais pas, gérer mes émotions, de dire, si, je sais gérer mes émotions dans telle et telle situation, OK, comment est-ce que je fais ? Ah oui, c'est vrai que quand je vis une situation difficile... Je pense à respirer, je pense à faire ceci, à faire cela. Ok, maintenant, comment est-ce que je peux systématiser cela ? Et donc du coup, ça va te permettre de te rendre compte que tu sais faire par moment et te dire comment est-ce que je vais pouvoir continuer à le faire sur d'autres moments. Nous avons tous des choses à améliorer et le but c'est d'être clair avec soi-même, d'être transparent et authentique.
- Elsa Trinquesse
Et du coup, pour toutes celles et ceux qui nous écoutent, comment est-ce qu'ils peuvent savoir qu'il est temps de travailler sur cette petite voix intérieure ?
- Christine Ramadier
C'est en voyant déjà l'exercice que j'ai proposé. C'est vraiment, il y a besoin d'avoir une vraie prise de conscience, de vraiment être en mode audit de son cerveau pendant au moins 24 heures. Parce que notre cerveau nous trompe aussi. Sur beaucoup de choses, nous en reparlerons dans l'épisode prochain. Mais on a toujours l'impression, mais non, moi je me parle bien et tout ça. Mais quand on commence réellement à s'écouter, à observer ses pensées, d'une manière vraiment factuelle et sans jugement, objective, on se rend compte qu'en réalité, on peut très vite tomber dans des excès. Donc, c'est ça l'objectif. Et puis, ce que j'aime bien dans ces épisodes, c'est à chaque fois poser des questions qui peuvent faire réfléchir nos auditeurs et auditrices. C'est par exemple, quelle est la phrase qui revient le plus souvent dans mon discours intérieur ? Quand est-ce que je suis le plus dur avec moi-même ? À quel moment ? Est-ce que c'est le matin, le soir ? Est-ce que c'est au boulot ? Est-ce que c'est dans la vie perso ? Et si je parlais à quelqu'un d'autre que moi-même, est-ce que j'emploierais le même ton et les mêmes mots que ce que je suis en train de me dire à moi-même ? Et enfin, quel serait le discours plus juste pour moi, qui me soutiendrait davantage ? Quelle est peut-être la phrase, mantra qui m'aiderait à me sentir mieux instantanément ?
- Elsa Trinquesse
Très intéressant tout ça. Merci beaucoup Christine pour tous ces éclairages. On comprend donc que notre discours intérieur, ce n'est pas juste un fond sonore, c'est un véritable filtre qui colore notre vision de nous-mêmes et du monde. Merci Christine pour cet épisode très clair. Dans deux semaines, nous parlerons des raccourcis mentaux que nous utilisons tous sans le savoir. Je crois qu'on appelle ça les biais cognitifs.
- Christine Ramadier
Merci Elsa et merci à vous pour votre écoute. Si cet épisode vous a aidé, pensez à vous abonner, laisser une note ou un commentaire, c'est précieux pour soutenir ce podcast. Vous pouvez aussi me suivre sur les réseaux sociaux sur Comment Se Réaliser ou sur mon site pour découvrir les prochains épisodes et poser vos questions et partager vos avancées. Et je vous laisse avec cette dernière question. Quelle est la phrase que je me répète le plus souvent ? Est-ce qu'elle m'aide vraiment à avancer ? ou pas. Quel serait cette semaine un petit changement dans la façon de vous parler ? Partagez-moi vos réflexions, j'adore vous lire.