- Speaker #0
Comptez sur ses proches, le podcast pour parler budget. Épisode 4, quels sont les autres habitats collégiens ?
- Speaker #1
Moi c'est Nina.
- Speaker #0
Et moi c'est Claire.
- Speaker #2
Nous sommes toutes les deux conseillères en économie sociale familiale à l'atelier budgétaire.
- Speaker #0
Vous avez été nombreux à écouter les deux saisons de Comptez sur ses proches où nous abordions les impacts financiers quand vos proches vieillissent ou perdent de l'autonomie. D'ailleurs, elles sont toujours disponibles à l'écoute.
- Speaker #1
Dans les trois premiers épisodes de cette troisième saison, Nous avons parlé de la limite du maintien à domicile, jusqu'à quand c'est possible, à quels signaux être attentif, mais aussi qui contacter pour trouver du soutien. À travers des témoignages de professionnels et de résidents, nous avons mieux compris le fonctionnement d'un pôle ressources, d'un accueil de jour et d'un EHPAD.
- Speaker #0
Aujourd'hui, nous ouvrons une autre porte, celle des habitats alternatifs. Parce que vieillir sereinement, ce n'est pas forcément rester à domicile à tout prix. Changer de lieu de vie, c'est aussi gagner en sécurité, en lien social et en qualité de vie.
- Speaker #1
Dans cet épisode, nous partons à la découverte de certains de ces habitats collectifs. Résidence autonomie, habitat partagé, habitat participatif.
- Speaker #0
Quand on parle d'habitat et de vieillissement, beaucoup de personnes pensent immédiatement à deux options. Rester à domicile ou entrer en établissement.
- Speaker #1
Mais entre ces deux alternatives, il existe toute une palette de solutions intermédiaires, souvent mal connues, parfois mal comprises.
- Speaker #0
Ces habitats ont un point commun, qu'on prône l'isolement. Ils répondent aussi aux besoins de sécurité, de participation, de partage et de rencontre, tout en préservant l'intimité de chacun.
- Speaker #1
Nous avons commencé notre immersion par une résidence autonomie de la ville de Blanquefort.
- Speaker #0
Oui, c'est un modèle encore méconnu, souvent confondu avec l'EHPAD, mais qui fonctionne autrement et qui ne s'adresse pas au même public.
- Speaker #1
Pour comprendre ce qui fait sa spécificité, nous avons posé la question directement à l'éducateur. à la directrice Delphine. Écoutons-la.
- Speaker #3
La grosse différence aussi, c'est que les gens qui sont accueillis ici ont chacun leur appartement. Ce n'est pas une chambre dans un établissement. On est toujours un établissement médico-social, comme les EHPAD, mais on se distingue aussi par le fait que les personnes ont accès à un logement autonome. Donc, ils peuvent y faire ce qui les enchante. En fait, ils peuvent recevoir du monde, ils peuvent... ne pas participer aux activités collectives lorsqu'elles sont proposées. Il y a un restaurant qui est ouvert et accessible, sans qu'aucune sorte d'obligation ne soit imposée aux gens pour venir y manger par exemple. La seule contrainte qu'on pourrait y voir par rapport à un logement autonome lambda, et c'est ce qui nous différencie d'une résidence d'habitation classique, C'est qu'on est un établissement médico-social, que les personnes sont soumises à un règlement de fonctionnement et qu'on est soumis à l'autorisation du département aussi pour pouvoir rester ouvert. Quand ils prennent possession des lieux, les appartements sont vides, sont nus, il n'y a rien. Donc effectivement, chacun doit amener de quoi meubler. de pouvoir vivre au sein de l'appartement. Alors, l'idée aussi pour nous au sein de la résidence, c'est de faire une résidence ouverte, alors sécurisée, c'est sûr. On est un peu dans cette dichotomie entre l'idée de faire une résidence sécurisée, mais aussi ouverte en fait. On ne veut pas rester dans de l'entre-soi. Donc, il y a le restaurant dont on a parlé qui est d'abord un support pour pouvoir permettre l'ouverture. à l'ensemble de la collectivité, mais on accueille aussi de nombreuses activités au sein de la résidence qui sont parfois ouvertes aux résidents et aux extérieurs, comme la gym qui a lieu quatre fois par semaine. Mais aussi des activités, on accueille des activités de la CEPT, on accueille des activités des ateliers de la CDF, de la conférence des financeurs. pour les énormes familiaux, etc. En fait, on a beaucoup d'activités de l'extérieur qui se font au sein de la résidence et toujours dans un but d'ouverture.
- Speaker #0
Ce qui nous a intéressés ensuite, c'est de comprendre pourquoi les personnes font le choix d'entrer en résidence autonomie.
- Speaker #1
Est-ce un choix anticipé ? Une réponse à l'isolement ? À l'évolution des besoins ?
- Speaker #0
Et peut-on y rester si la perte d'autonomie s'aggrave ?
- Speaker #1
Delphine, la directrice, nous explique comment cela fonctionne concrètement.
- Speaker #3
Beaucoup sont venus par choix. En fait, les deux sont quand même intimement liés parce que beaucoup de personnes qui sont arrivées ici, pour certaines, c'était aussi dans l'objectif de rompre l'isolement qu'elles pouvaient avoir dans le cadre de leur vie antérieure en maison ou autre. Pour d'autres, il y a eu un souhait de rapprochement aussi familial. Et pour certains, c'était aussi la possibilité d'avoir un appartement adapté à ses besoins. Quand vous avez rendu visite aux personnes, vous avez pu voir que la salle de bain était adaptée, en fait que le logement est adapté pour faciliter au maximum la vie des personnes. Alors, ceux qui sont accueillis. Pour une primo-accession, comme je vous le disais précédemment, il faut être en gire 5 ou 6. pour pouvoir accéder et bénéficier d'un appartement. Cependant, on sait bien qu'avec l'avancée en âge, la dépendance s'accroît ou peut s'accroître en tout cas. Et si tous les moyens possibles peuvent être mis à disposition, pour limiter ou en tout cas pour pallier les problématiques de dépendance inhérentes à l'âge. Alors, je pense à des services d'aide à domicile, des services infirmiers, un service de portage de repas ou autre. À partir du moment où la personne reste dans des conditions de sécurité à son domicile et n'est pas dans une dépendance qui la mettrait en danger, elle le peut tout à fait même si elle elle bascule, alors j'aime pas trop ce terme mais elle bascule en gire 4, 3, 2 voire un, même si on serait quand même sur un cas très très extrême, peuvent rester au sein de l'établissement.
- Speaker #1
Évidemment, quand on parle d'habitat alternatif, la question du coût se pose.
- Speaker #0
Comment cela se finance ? Qu'est-ce qui est compris ? A quelles aides peut-on prétendre ?
- Speaker #1
Nous avons demandé à Delphine de nous détailler ce que paient les résidents chaque mois.
- Speaker #3
Alors, il y a une redevance. qui est payé chaque mois par les résidents. À l'intérieur de cette redevance, on trouve le loyer ainsi que les charges. Parmi les charges, il y a l'eau, le chauffage et la fameuse téléassistance. C'est un marché qui a été pris par la résidence autonomie et qui est refacturé par ce biais aux résidents accueillis. Et sur cette redevance, évidemment, les gens... font des demandes au niveau de la CAF ou de la MSA pour percevoir une aide au logement.
- Speaker #0
Dans ces lieux de vie, l'autonomie est importante, mais la dimension collective l'est tout autant.
- Speaker #1
Alors nous avons voulu comprendre comment la solidarité se crée au quotidien.
- Speaker #3
Entre les personnes, alors je ne sais pas si les nouveaux arrivants, ceux qui sont... tout juste entrés, qui n'avaient jamais vécu en résidence autonomie auparavant, ont ce sentiment-là encore, ou peut-être pas. Mais en effet, pour les anciens résidences qui étaient déjà à Corbeil, il y avait cette forme de solidarité quand même entre résidents. Avec la collègue, l'animatrice, Mme Bouillé, qui lorsqu'elle propose des sorties, je veux dire, au cinéma ou au théâtre, Alors nous, on peut proposer effectivement un moyen pour être véhiculé pour ceux qui n'ont pas de voiture, mais demande systématiquement et en tout cas coordonne le covoiturage, par exemple, pour aller sur une sortie qui est organisée. et du coup ça participe à ce sentiment aussi de solidarité en fait. On fait des propositions, qui veut adhère et on va faire un maximum de choses pour que… les personnes qui seraient empêchées, soit physiquement, soit cognitivement, puissent participer si elles le souhaitent. Mais c'est toujours garder en tête et de toujours aller, non pas vers ce que nous on pense être bien, mais vers ce que la personne a envie pour elle-même.
- Speaker #1
D'autres formes d'habitat existent aussi, portées directement par des citoyens. Tu te rappelles Claire que nous sommes allés à l'habitat partagé à l'Estiaque-sur-Garonne.
- Speaker #0
Oui, je m'en souviens bien. C'est l'association Habitat des Possibles qui est née d'un constat, le manque d'alternatives pour les retraités, notamment en milieu rural.
- Speaker #1
Sa co-fondatrice, Laetitia, nous raconte comment ce projet est né.
- Speaker #4
L'association Territoire des Possibles, anciennement dénommée Habitat des Possibles, est basée à Bégaie en Gironde. Elle a été créée en septembre 2016 par une dizaine de citoyens. issus de trois familles de métiers, Habitat social BTP, Travail social et l'économie sociale et solidaire. Et donc le constat de départ qui a été porté à la création de l'association soulignait le manque de réponses d'alternatives en termes d'habitat et surtout des réponses qui soient adaptées vraiment aux besoins mais aussi aux désirs des retraités, et notamment dans les territoires ruraux, et surtout pour les personnes qui recherchaient des lieux de vie qui avaient du sens, où on pouvait compter sur l'entraide, la convivialité, le partage, etc. à la création de l'association. Donc, fin 2016, il a été convenu en 2017 de mener un travail de recherche et concertation, où il est ressenti à ce moment-là que les retraités, donc on avait interrogé les retraités du territoire, on va dire, sur le territoire de l'ancien vallon de l'Artholie. Voilà, et donc on leur avait demandé si on devait créer un habitat partagé, à quoi ça devrait ressembler. Et ce qui était ressorti de cette phase, c'était que les personnes recherchaient plutôt un équilibre entre intimité et autonomie. avec besoin vraiment de logements indépendants où on peut, si on le souhaite, cuisiner chez soi, etc. Et en même temps, un lieu de vie qui permette l'ouverture, l'appartenance et également de pouvoir être soutenu, accompagné dans cette vie partagée, donc avec un besoin d'espace partagé, mais qui soit aussi accompagné. Et avec cette vraie envie d'être acteur, actrice de sa vie et d'être décideur et décider de comment on a envie de vivre dans ce lieu de vie. L'idée de départ et d'emblée, ça a été que pour l'association, ce seraient des projets qui seraient faits de façon participative, dans une démarche participative, qui soient des projets co-construits pour et avec les retraités eux-mêmes.
- Speaker #0
Mais concrètement, qui choisit de vivre dans un habitat partagé ?
- Speaker #1
À quel moment de la vie fait-on ce choix et pour quelles raisons ?
- Speaker #4
Cette proposition d'habitat partagé, on nous demande souvent à qui ça s'adresse. Finalement, maintenant de l'expérience qu'on a depuis 10 ans cette année, ce sont les 10 ans de l'assaut, on s'est dit qu'en fait, on ne peut pas vraiment prédisposer qui sera attiré par l'habitat et finalement, qui ira vraiment revivre dans ce type d'habitat. En tous les cas, ce qu'on peut dire, c'est souvent des personnes qui sont soit à un moment un peu charnière de leur vie, qui viennent se passer quelque chose, ou des personnes qui sont aussi dans une recherche d'une alternative au domicile individuel. qui ont envie de rester libres et indépendants, mais en souhaitant aussi avoir un peu plus vraiment dans leur quotidien des moments conviviaux avec leurs voisins. Et avec ça aussi, pourquoi pas de soutien, d'entraide et de partage ? Donc ça, c'est quand même des choses que l'on voit. Et ce qui est intéressant à souligner, c'est que finalement, les personnes qui viennent vers les projets d'habitat partagé, c'est des personnes qui, quel que soit leur âge, parce que ça peut être des personnes qui ont 60 ans, comme des personnes qui ont 88, voire 92 ans. et que pour les raisons qui leur sont propres finalement par rapport à leur histoire, ils vont se donner à vivre de nouvelles aventures. L'habitat partagé tel que porté par notre association relève du logement de droit commun. C'est du logement ordinaire, on n'est pas dans une institution médico-sociale. Et donc comme en domicile individuel, les personnes qui en ont besoin peuvent recourir à des aides à domicile, des aides-soignants, des infirmières en cas de problème de santé, de perte d'autonomie. Et c'est en fond, c'est les personnes qui décident. Les professionnels, c'est eux, elles, qui les choisissent. Voilà. Donc, en fait, ce n'est pas une alternative à l'EHPAD. Souvent, il y a des personnes qui disent que c'est vraiment une alternative au domicile individuel. Et donc, voilà, du coup, comme à la maison, les limites, elles sont les mêmes. Et quand on a besoin d'aide, on a bien sûr, chacun a le droit d'avoir recours aux professionnels, aux ressources, aux dispositifs, aux caméras. Ils ont le droit.
- Speaker #1
Vivre ensemble ne s'improvise pas forcément.
- Speaker #0
Oui, c'est pour cela que dans ce type d'habitat, il existe un accompagnement pour organiser la vie collective.
- Speaker #4
Du coup, effectivement, nous, on assure ce qu'on appelle l'accompagnement à la vie partagée. Et en gros, en quoi ça consiste ? C'est avant de rentrer dans la maison, c'est important que les personnes préparent la vie dans la maison. Et donc, en fait, nous, dans nos ateliers avant ouverture... On travaille le vivre ensemble, mais plus précisément, on prépare dans le projet de vie sociale et partagée, qui va être composé d'une charte de valeurs, mais aussi d'un peu tout ce qui est l'organisation, très pratico-pratique. Ça va de comment on s'organise pour le ménage, puisque c'est une autogestion accompagnée. L'idée, c'est que les personnes s'autogèrent au maximum dans la maison, mais s'il y a besoin, nous, on donne des outils, on propose des espaces pour traiter des sujets. Il y a des sujets qui sont très simples. Et au fur et à mesure du temps, on voit que les habitants, maintenant, sont prêts en autonomie sur certains sujets. Puis, il y a d'autres sujets, on ne sait pas pourquoi, mais c'est plutôt de chier. Et donc, du coup, justement, le rôle de Christelle, c'est d'être là pour proposer des espaces d'échange. Et puis, parfois, il y a des sujets où on doit prendre des décisions à plusieurs, puisque dans l'autogestion accompagnée, c'est finalement les habitants sont en co-responsabilité. Ils sont chez eux, mais dans ces espaces partagés, comment on s'entend pour leur entretien, mais aussi faire vivre l'esprit. Donc, il y a des repas partagés, etc. L'accompagnement dans la durée, c'est que ce collectif puisse évoluer et perdurer dans la durée. Ça peut être sur les relations, la qualité de la communication, des choses comme ça. amener des outils aussi de communication, mais ça peut être aussi outiller un peu plus sur la prise de décision collective. Et on voit vraiment, déjà ça fait pratiquement 4 ans maintenant qu'ils habitent dans la maison, ils habitent en Estiaque, qu'ils ont vraiment acquis une vraie maturité de coopération, de discussion, mais toujours en disant que c'est important d'avoir le soutien et l'appui de l'association et donc de Christelle.
- Speaker #0
L'association ne se limite pas à accompagner la vie collective.
- Speaker #1
Et oui, tu as raison. Elle joue aussi un rôle... concret dans la gestion du logement et fait le lien avec les ressources du territoire.
- Speaker #4
L'autre rôle de l'association, c'est aussi tout ce qui est autour de la gestion locative, puisque je vous l'avais dit, on a donc l'agrément d'intermédiation locative, donc ça va être tout ce qui est autour des baux, de l'attribution, des démarches administratives liées à la gestion locative. Et puis aussi, on facilite la co-gestion locative, donc ça, c'est aussi une spécificité, c'est plutôt prendre des décisions... nous-mêmes liés à la gestion des charges, par exemple, c'est une gestionnaire locative, qui s'appelle Julie, et qui va être là pour amener le collectif pour discuter sur les arbitrages, sur les charges, les choses comme ça, qu'est-ce qu'on priorise cette année, il faut faire l'entretien, etc. C'est vraiment aussi important d'associer le collectif dans tout ce qui est co-gestion, puisqu'il y a vraiment, comme je vous le disais tout à l'heure, l'idée aussi de favoriser l'auto-gestion au maximum. L'autre chose aussi importante dans... La place de l'association, c'est que plus individuellement, s'il y a un besoin X ou Y, on doit pouvoir être justement bien ancré dans le territoire et connaître les partenaires locaux, les ressources locales et s'il y a un besoin plus individuel en termes d'accès aux droits, d'accès aux services ou autres. Du coup, Christelle travaille ce maillage territorial, ce lien avec les partenaires pour pouvoir donner la bonne information et orienter l'habitant ou l'habitante vers les ressources qui lui conviennent. C'est important et c'est pour ça qu'on travaille aussi cette dynamique partenariale locale et de réseau.
- Speaker #1
Nous avons aussi rencontré des habitants engagés dans un projet d'habitat participatif.
- Speaker #0
À la Traverse, les futurs habitants ont construit le projet, des valeurs jusqu'à l'organisation du lieu.
- Speaker #1
Anne nous raconte comment cette aventure collective a commencé.
- Speaker #5
La Traverse est un lieu de vie coopérative. multigénérationnel et d'expérimentation qui favorise l'harmonie avec son environnement naturel et humain. La traverse porte les valeurs de solidarité, de tolérance, d'ouverture et de partage. Donc c'est ça qui a réuni les gens qui sont venus. C'est bien d'être parti sur une base. On est parti de là. Ça me convenait très bien. Et après, au fur et à mesure qu'on s'est rendu compte chacun qu'il y avait un travail, que ça n'allait pas tomber du ciel. qu'il fallait nous écrire, écrire les statuts de la coopérative, écrire la charte de fonctionnement, les modalités de décision, donc le consentement. Qu'est-ce qu'on a écrit encore ? On a commencé une charte de fonctionnement, on ne l'a pas finie, on l'a élaborée. Une charte de la vie sociale, qu'est-ce qu'on voulait partager ensemble ? Et puis on a travaillé avec l'architecte. qui est venu à toutes nos réunions, on a travaillé sur les plans, co-construit vraiment concrètement nos appartements, en fonction du terrain, qui est un terrain pas facile, qui est un terrain tout en dénivelé.
- Speaker #0
Pour faire vivre ce type de projet, il faut aussi un modèle juridique.
- Speaker #1
Ce n'est pas facile à comprendre, c'est pour ça qu'à la Traverse, les habitants ont choisi de créer une coopérative.
- Speaker #0
Anne, présente depuis les prémices du projet, nous explique ce que cela signifie concrètement.
- Speaker #5
Une coopérative, c'est un mode juridique. C'est une société d'action simplifiée, SAS, qui permet de sortir de la spéculation et qui permet aussi de transmettre son appartement. C'est-à-dire qu'on n'est pas propriétaire. C'est la coopérative qui a acheté un terrain, tous ensemble avec une mise de départ. Nous avons le terrain qui est actuellement, avec la maison commune qui est dessus. Donc la coopérative, c'est ça, c'est mettre à disposition des logements pour des coopérateurs, qui sont des usagers. On peut dire locataires, mais ce n'est pas tout à fait ça. C'est entre la location et la propriété individuelle. Un modèle intermédiaire qui permet surtout... une sorte de démocratie puisque peu importe l'argent que vous avez mis au départ, vous avez une voix. Chacun de nous a une voix décisionnelle. Voilà, donc la coopérative donne des parts sociales qu'on reprend quand on part et on paye une redevance comme un loyer en fonction de la surface de l'habitat. Ça va servir à rembourser les emprunts puis à entretenir les bâtiments. Voilà. Il n'y a pas de spéculation. C'est-à-dire que si je revends mes parts, si je cède mon appartement, ça sera au prix du marché. On ne va pas faire de plus-value là-dessus. C'est dans l'idée aussi de transmettre à des personnes qui vont adhérer à ce projet-là, pour que le projet continue. C'est une espèce de transmission. Derrière ces projets,
- Speaker #1
il y a une question très concrète. comment bien vieillir chez soi oui comment continuer à vivre ensemble le plus longtemps possible même lorsque les besoins évoluent anne nous explique comment cette question a été pensée dès le départ avec tous les autres habitants ça
- Speaker #5
a été évoqué très vite puisque parmi nous les plus anciens on a posé la question du vieillissement c'est une des motivations pour lesquelles on On adhère à la traverse, à ce projet. Et il y avait vieillir le plus longtemps possible chez soi. Donc ça s'est venu très très vite. L'architecte a tout de suite pris en compte. Et dans les salles de bain, il y a une coulison mobile qu'on peut enlever pour pouvoir accueillir un fauteuil roulant qui puisse tourner, comme dans les toilettes aussi. Ça a été vu dès le départ. Et comme on était quand même cinq seniors, on a répondu à des appels à projets des caisses de retraite. Il fallait aussi, dans la logique des choses, que les... que ça soit accessible. Et l'aspect social, l'aspect vie sociale compte énormément pour éviter l'isolement, l'isolement social, la précarité, etc. sociale. Ça, ça a été un gros travail pour moi, en tout cas, de sortir de la propriété personnelle, de son petit appartement à soi jusqu'au bout. Là, il y a plusieurs cas de figure. Il y a une famille d'accueil qui a trois chambres. Le jour où ils seront à la retraite, ils ne vont pas garder cet appartement de trois chambres. Donc, ça pourra être une autre famille où on pourra dire que ceux qui vieillissent et qui sont en perte d'autonomie, justement, vont rejoindre cet appartement qui sera un appartement de colocataire vieillissant. C'est-à-dire, on aurait chacun notre chambre, une cuisine commune, etc. Et on aurait des exilières de vie qui viendraient nous accompagner. Ça, c'est vraiment un modèle qui nous... qui est pertinent pour nous, ceux qui vieillissent. Dans l'idée d'être là ensemble, dans les valeurs, dans les écrits qu'on a faits, il y a cet aspect-là, de vieillir jusqu'au bout, autant que faire se peut. Il ne s'agit pas de mettre en danger la coopérative et d'être qu'il y en ait un de nous qui soit trop handicapé pour gêner l'organisation, se mettre en danger soi et les autres. Évidemment, on le sait, mais quand même, c'est l'idée de vieillir là, le plus tard possible.
- Speaker #0
Au fil de nos rencontres, on voit bien qu'il n'existe pas une seule façon de vivre autrement quand on avance en âge.
- Speaker #1
Résidence autonomie, habitat partagé, coopérative d'habitants, ces lieux ont chacun leur fonctionnement, mais ils ont souvent un point commun.
- Speaker #0
Oui, ils cherchent tous à trouver un équilibre entre autonomie, sécurité et vie sociale.
- Speaker #1
Et surtout... Il montre qu'il existe aujourd'hui des alternatives entre le domicile isolé et l'entrée en établissement.
- Speaker #0
Tu as raison. Il existe d'autres initiatives que celles que nous avons présentées. Des solutions encore méconnues, qui peuvent répondre aux envies et aux besoins de certaines personnes et de leurs proches aidants.
- Speaker #1
Dans le prochain épisode, place à la parole des habitants pour comprendre leur expérience au quotidien.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté cet épisode de la saison 3 de Comptez sur ses proches, le podcast pour parler budget. Nous vous rappelons que vous pouvez toujours accéder aux deux autres saisons sur toutes les plateformes d'écoute. Elles vous permettront d'en savoir plus sur les sujets abordés par Nina et Claire dans cette troisième saison. Pour aller plus loin, toutes les ressources de l'épisode sont disponibles dans le descriptif. Notre association L'Atelier budgétaire remercie les partenaires qui rendent ce podcast possible. Merci au département de la Gironde et à la Commission des financeurs, Malakoff Humanis. la Carsat d'Aquitaine et la MSA Gironde, la MSA Dordogne et Lotte-et-Garonne. Sans oublier l'association Bonjour les Girondelles Média pour la réalisation. Si vous avez apprécié cette écoute, n'hésitez pas à la partager avec vos proches et avec tous ceux qui en auraient besoin. Vos commentaires sont toujours les bienvenus et grâce à vos clics sur les réseaux, vous soutiendrez la diffusion du programme. On compte sur vous ! A bientôt pour le prochain épisode, la vie en habitat collectif, les habitants nous en parlent.