- Speaker #0
Comptez sur ses proches, le podcast pour parler budget. Épisode 5, la vie en habitat collectif, les habitants nous en parlent.
- Nina
Moi c'est Nina.
- Claire
Et moi c'est Claire.
- Nina
Nous sommes toutes les deux conseillères en économie sociale familiale à l'atelier budgétaire.
- Claire
Vous avez été nombreux à écouter les deux saisons de Comptez sur ses proches où nous abordions les impacts financiers quand vos proches vieillissent ou perdent de l'autonomie. D'ailleurs, elles sont toujours disponibles à l'écoute.
- Nina
Claire, c'est le cinquième et dernier épisode de la troisième saison de Comptez sur ses proches. où nous avons exploré la question de l'habitat via le maintien à domicile, les établissements comme l'EHPAD,
- Claire
mais aussi les autres types d'habitats. Toutes les questions que cela soulève, les soutiens possibles, humains, professionnels, financiers. Et pour clôturer cette saison immersive, où les informations nous ont été apportées par les professionnels, les aidés et leur entourage, nous avions à cœur de donner la parole à ces hommes et ces femmes qui vivent au quotidien ces formes d'habitat.
- Nina
Retour sur notre immersion à Blanquefort. et notamment à la résidence Autonomie. Nous y avons rencontré Eliane et Robert, un couple de non-ingénieurs qui vit à la résidence depuis 6 mois et qui nous a insufflié une énergie positive.
- Claire
Ah oui, quelle belle rencontre avec ce couple passionné qui part en camping-car tous les dimanches pour aller danser, en amoureux, et qui trouve à la résidence la réponse à leurs besoins de sécurité du moment et d'indépendance.
- Nina
Alors, écoutons-les !
- Claire
Qu'est-ce qui vous a décidé à venir vivre ici en résidence autonomie ?
- Speaker #3
Parce qu'il fallait qu'on parte de là-bas. Et on ne voulait pas prendre une grande maison. On nous en a proposé des grandes. Trois chambres. Comme je dis, on n'a pas besoin de ça, nous, à notre âge. Alors, c'est pour ça qu'on a fait une demande ici et qu'on est venus là. Puis, on est bien contents d'être là maintenant. Voilà. Oui, parce qu'on ne voulait pas. Ma fille me dit « Maman, papa, vous n'avez plus besoin de conduire » .
- Claire
C'était pas dans le projet ?
- Speaker #3
Non. Il dit « Tant qu'on peut conduire, qu'on peut aller au bal, on ne va pas rester renfermé » . Je dis « Quand même, c'est vrai » . Alors, tant qu'on pourra faire, on ira.
- Claire
En tout cas, le fait d'être ici en résidence autonomie, on sent qu'il y a une liberté pour poursuivre ses activités.
- Speaker #3
Voilà, Là, maintenant, si on a besoin, on va demander s'il y a quelque chose.
- Claire
Et ici, au niveau de la résidence, qu'est-ce qui vous plaît le plus ?
- Speaker #4
Pour vous ? Il n'y a rien qui me déplaît. Quand ça me déplaît, je le dis.
- Speaker #3
Ah oui, je n'ai pas peur de dire.
- Speaker #4
J'ai assez de wawa pour ça.
- Speaker #3
Autrement, l'autre fois, il y avait un repas pour Noël, il y a eu un repas dansant, c'était bien. Et là, vous avez dansé ? Un peu, oui, pas beaucoup parce que ça ne glissait pas.
- Claire
Nous avons aussi rencontré Monique, qui vivait en appartement et qui vit depuis plusieurs années maintenant en résidence autonomie.
- Nina
Et comme beaucoup de personnes, elle avait au départ une idée assez différente de ce que pouvait être une résidence autonomie.
- Claire
Aujourd'hui, elle y a trouvé ses habitudes, ses activités et un réseau de relations qui compte beaucoup pour elle.
- Nina
Elle nous raconte son expérience.
- Monique
Je ne suis pas allée dans une résidence autonomie dès le départ. Ça fait 11 ans que je suis sur Blanquefort. Mais j'étais déjà dans un appartement parce que mon mari est décédé. Et donc finalement, j'ai su rester 5 ans dans un appartement. Et puis, il n'y a rien que... Comme je n'avais jamais visité ces appartements, je me faisais une autre idée de ce que c'était.
- Claire
Et quelle image vous aviez avant ? Vous dites, j'en avais une image, probablement pas forcément positive. C'était quoi l'image que vous avez dit ?
- Monique
C'est-à-dire que du fait qu'on ne voit pas l'intérieur, on ne se figure pas comment c'est situé, comment c'est placé. Et puis la première fois que j'ai vu, j'ai dit mais ça me plaît. Et c'est à partir de là que tout s'est enchaîné. Ici, on peut faire beaucoup d'ateliers. Moi, j'ai fait tous les ateliers qu'on peut se présenter. Sauf le yoga du rire, ça je ne peux pas. Je n'ai pas pu, mais tout le reste, je fais tous les ateliers qui peuvent se présenter.
- Claire
Ce matin, vous étiez à la chorale.
- Monique
Oui, la chorale, la gym, l'atelier mémoire, tout ce qui est... J'aime ça.
- Claire
Et est-ce que vous avez aussi des loisirs en dehors de la résidence ? Parce que là, c'est le programme d'animation de la résidence, mais est-ce que vous avez aussi d'autres...
- Monique
Pas trop, parce qu'il faut connaître quand même les personnes. Moi, je pense que des personnes qu'on connaît, on ne les connaît jamais assez, suffisamment. Non, pas trop. Mais bon, moi, je pense qu'ici, il y en a suffisamment.
- Claire
Ça vous convient bien. Ça vous permet d'être à la fois en sécurité et garder un lien comme ça. Tout à fait. Une vie sociale.
- Monique
Voilà, c'est ça. Non, non, on a une vie, on peut faire ça. Demain, on fait ça. Le soir, par exemple, l'hiver, j'ai une amie que souvent je fais beaucoup pour elle aussi. Mais le soir, c'est vrai que maintenant, les jours allongent, mais jusqu'à présent, le soir, j'ai dit tu veux qu'on fasse du trio ? Mais non, j'aime beaucoup les jeux de société et je fais du scrabble. Ça, j'adore, mais c'est surtout ça. Moi, il me faut quand même un lien. Je ne pourrais pas rester seule chez vous toute la journée.
- Speaker #0
Non.
- Monique
Oui, j'en ai des amis. Parce que je vous dis, ça fait un moment qu'ils me connaissent aussi. Comprenez ? Et que je les connais. J'en connais pas mal aussi. Oui.
- Nina
Dans cette résidence autonomie, il y a aussi un restaurant ouvert 5 midis par semaine aux habitants. Mais pas seulement.
- Claire
Oui, c'est vrai. Les habitants du quartier peuvent aussi venir y déjeuner. Et pour certains, c'est devenu un vrai rendez-vous.
- Nina
C'est le cas de Gilbert. Lui, il n'habite pas dans la résidence. Mais il vient régulièrement manger ici.
- Claire
Pour lui, c'est à la fois un lieu convivial. et une façon de rompre l'isolement.
- Nina
Écoutons-le.
- Speaker #6
On en fait beaucoup de connaissances aussi. Et si vous voulez, pour les gens, même qui habitent dans la résidence, il y en a qui ne sortent pas de chez eux. Et ils se retrouvent quand même ici avec des connaissances. Ça parle beaucoup pendant le repas. Ça leur fait une sortie, en plus d'avoir le repas.
- Nina
Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi vous venez ici au restaurant ? Qu'est-ce qui a fait que vous avez décidé de venir ?
- Speaker #6
Personnellement, le moins possible chez moi. Je viens ici, c'est une question aussi de prix. On s'en est rendu compte au moment du Covid où le restaurant était fermé. On a eu beaucoup plus de frais de repas. Je fais partie de la commission des repas, ce n'est pas toujours évident. Mais comme je dis, pour 5 euros maximum, on a deux entrées l'été. Le plat principal, le fromage, le dessert et le café. Et l'hiver, on a un potage et une entrée. Donc c'est quand même... Bon, il y a des gens qui n'aiment pas, mais comme on reçoit bien avant les menus, il y a certains jours où quelqu'un peut dire ça, j'aime pas, je viendrai pas. Et le jour où on a des frites, on n'a plus de monde.
- Speaker #7
Personne dans la salle ?
- Speaker #6
Une soixantaine. Et des fois, on monte jusqu'à 70. Vous voyez, il y a des tables qui ne sont pas occupées. Des fois, on est 12 là-bas. C'est surtout le jeudi qu'il y a du monde.
- Speaker #3
Parce que le mercredi,
- Speaker #6
les vieilles personnes gardent les petits-enfants. Donc, vous voyez quoi ? Oui, c'est souvent le jeudi.
- Nina
Après la résidence autonomie, je suis allée à l'Estiaque, dans l'entre-deux-mers, pour découvrir un autre type d'habitat porté par l'association Territoires des Possibles.
- Claire
Ah oui, nous en avions parlé dans l'épisode précédent avec Laetitia, la co-fondatrice de cette initiative d'habitat partagé en ruralité.
- Nina
Cette fois, j'ai pu rencontrer celles et ceux qui y vivent au quotidien.
- Claire
Et tu m'avais dit que la rencontre s'était faite très simplement.
- Nina
Oui, autour de la table de la salle à manger commune. La discussion a duré plus d'une heure. On a parlé de leur parcours, de leur arrivée ici, de ce qui les fait tenir ensemble au quotidien.
- Claire
Et moi, ce que j'ai ressenti en écoutant l'enregistrement, c'est l'ambiance joyeuse et bienveillante.
- Nina
Oui, beaucoup de rire, de spontanéité et surtout une vraie envie de partager leur expérience.
- Claire
Alors, commençons par les présentations.
- Speaker #0
Je vous laisse commencer, Françoise. Je préfère que ce soit Michel. Michel,
- Nina
alors.
- Speaker #0
Michel, le seul homme, c'est bien. Vas-y, tu te présentes.
- Nina
Je vais juste vous présenter, je vais avoir votre prénom.
- Speaker #8
Michel, j'ai 84 ans, j'habite du natif de la région, je suis né à Rion, j'ai habité 50 ans, ou 60 ans, presque à l'angoisse.
- Nina
André,
- Speaker #9
alors je suis André. Je vais avoir 82 ans, c'est ça ? C'est ça. 19 mars 44, ça fait bien 82. Voilà. Donc, j'ai habité Villeneuve-de-Rion depuis 1975 et j'habite ici à l'Estiaque, l'habitat partagé, depuis le 4 juillet 2022. Parce que ce n'était pas tout à fait fini, l'habitat, le studio où je devais habiter. Donc j'ai couché ici. Sur le canapé ? Sur le canapé. Comme je couche quand je vais dans des endroits d'accueil bénévole. Voilà.
- Nina
Suzanne ?
- Speaker #10
Bien, moi, j'habitais dans la région. Parce que je suis revenue... J'habitais d'abord dans la région parisienne. Et je suis descendue rejoindre ma fille il y a maintenant 23 ans. Et j'étais dans le... C'est quoi où j'habitais avant ?
- Speaker #8
Le Nintendon.
- Speaker #10
Saint Quentin de Baron. Mais j'avais toujours un pied par ici. Je venais au club à Rionce. Et donc, c'est ce côté-là qui m'attirait le plus. J'ai 82 ans, je vais sur 83, bien sûr. Et puis, j'habite la maison depuis la même date que ces messieurs-dames. Très bien.
- Speaker #0
Bonjour, je suis Françoise, je suis née à Capian, qui est un petit village tout près d'ici, de l'Estiaque. Je suis revenue sur la région Girondine en 2020, après le Covid. J'ai habité et travaillé dans des villes de l'Aquitaine et de l'Occitanie. Le choix de revenir ici, effectivement, c'était un choix familial, amoureux, enfin tout ce qu'on peut dire. Je ne sais plus si je l'ai dit, j'ai 66 ans.
- Claire
Ils ont tous des parcours différents, mais un point commun, le choix de venir vivre ici, dans cette maison partagée.
- Nina
Prenons le temps de les écouter. Alors moi,
- Speaker #8
sur l'habitance, j'avais connu ça. Très jeune, parce que je suis parti de chez moi, j'avais 17 ans, 17 ans et demi, je suis parti à Paris tout seul, comme un grand, et je vivais en foyer, les gens. Donc je savais ce que c'était que partager. C'est pas toujours facile, surtout à 17 ans, quand vous avez des gens de 25 ou 27 ans du temps, mais bon, ça apprend à vivre. Et ça apprend à écouter et à respecter les gens.
- Nina
D'accord. Je trouve que c'est bien de venir habiter comme ça parce qu'on n'est pas seul déjà ça décharge les enfants les enfants ils savent qu'on est bien qu'on est en sécurité ça les rassure aussi peut-être savoir que vous n'êtes pas seul c'est ça et
- Speaker #8
puis le fait de vivre en groupe même si c'est que des dames ça ne me gêne pas du tout
- Speaker #0
En plus il a raison il n'y a aucun Moi, je n'ai jamais ressenti de différence entre Michel et... Michel, c'est un homme, mais on le... Michel, je ne veux pas te... Ce n'est pas un homme. Pour nous, c'est un être comme nous.
- Speaker #8
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Il n'y a pas de... On est tous pareils. On ne fait pas de différence. Chacun, on va tirer les poubelles. Chacun, on va faire ci. Chacun, on va faire là. Il n'y a pas de...
- Nina
Il n'y a pas de différence. Il n'y a pas de différence.
- Speaker #0
Par exemple, là... chaufferie à côté, c'est pas Michel plus particulièrement qui y va, c'est moi parce que je suis la plus jeune, je peux le plus facilement tirer le cendrier, faire des... Voilà. On s'est peut-être plus attribué une certaine taille en fonction de nos capacités. Voilà. Et ça s'est fait naturellement. Et c'est pas... Enfin, moi, ce que je sens, c'est pas un poids pour qui que ce soit parce que c'est fait les autres... Enfin, l'autre L'autre partie de la collectivité respecte ce que celui qui le fait, fait. Je crois que le mot respect, c'est aussi un mot important dans notre mode de vie.
- Speaker #9
C'est un projet que j'avais depuis longtemps, puisque étant jeune, on a vécu une communauté de vie chez moi. mais trois, trois, trois, deux filles et un garçon. Alors le garçon venait juste pour les week-ends. Donc on a vécu pendant deux ans comme ceci, lorsque j'ai pris ma retraite. On avait décidé que notre maison serait aussi pour accueillir des personnes de notre âge qui avaient un peu le style de vie comme nous avions. Malheureusement, Régis est parti, donc je suis veuve. Et donc, ça me taraudait quand même. J'en parlais aux enfants, il faudrait que... Je vais au vallon de l'Artoli et on me dit, Florence, mets en place quelque chose. Et voilà. Et je suis partie là-dedans. Et j'ai co-construit. J'ai rencontré Suzanne.
- Speaker #10
Oui, c'est parce que ça fait sept ans et demi qu'on est...
- Speaker #9
J'ai rencontré Suzanne.
- Speaker #10
Ça a commencé il y a sept ans et demi.
- Speaker #9
Et quand on a vu arriver Michel, Monique. Alors, quand j'ai vu arriver Franck-Paul. Oh, le jeune ! Elle va s'occuper de l'informatique. Je pense que c'est à l'informatique, moi, qui suis fatiguée.
- Speaker #10
Oui, on a eu tendance à mettre des étiquettes.
- Speaker #9
Je voyais ça, moi, et puis sa jeunesse. Voilà. Et c'est vrai que...
- Speaker #0
Ils n'ont pas dit la mauvaise humeur.
- Speaker #9
Non, non, mais on s'adapte. On s'adapte. On connaît pas les personnes. Je peux les aimer comme elles sont. Accepter aussi, ces mots comme ça.
- Speaker #0
C'est le mot respect et acceptation ici, dans une maison comme ça.
- Speaker #10
Alors moi,
- Speaker #0
je n'ai pas eu de problème avec la vie en collectivité, parce que je suis l'aînée d'une fratrie de sept enfants. Donc la vie en collectivité, je l'ai connue très tôt. Après, j'étais interne pendant trois ans, ma vie de lycéenne. Dans un dortoir au lycée de Libourne, il y avait plus de 50 lits. La vie en collectivité, ça ne me faisait pas peur. Après, ici, on a une vie collective. Mais moi, j'ai besoin de me ressourcer. Et quand on a parlé de respect tout à l'heure, elles savent que si je n'ai pas envie de venir...
- Speaker #8
Si on ne va pas prendre 24 heures ou 48 heures, on ne s'inquiète pas. On ne s'inquiète pas. On regarde à ce que les volets sont ouverts ou les fenêtres sont ouverts.
- Speaker #0
On surveille de l'oeil parce qu'il y a des petits codes. Là, on sait. Ouais, respect.
- Claire
Il n'y a pas d'un autre. Respect.
- Speaker #0
Quand elle a envie de venir, elle viendra. Ce qui est bien,
- Speaker #10
c'est qu'on a notre bulle. On peut rester chez soi si on a...
- Nina
Oui, parce que vous avez envie. Votre petit appart, c'est comme un appartement.
- Speaker #0
C'est un studio.
- Nina
Un studio.
- Speaker #10
Un studio. Donc, on peut faire nos repas. Chez nous, comme Michel et Cathy font en bas, c'est en fonction de la praticité. Parce que comme je suis au premier étage, ça me serait très difficile de faire l'aller-retour sans arrêt de cuisine.
- Nina
Vous avez une cuisine commune ? Oui,
- Speaker #0
équipée entièrement.
- Nina
D'accord. Et vous mangez tous ensemble ?
- Speaker #0
On mange tous ensemble. Pari va.
- Nina
Oui, parce que vous voulez votre vie à gamin.
- Speaker #0
Quelquefois, mais il faut un sujet particulier. Sinon, j'aime bien. Après, je ne mange pas à la même heure, forcément. Et je ne veux pas me mettre des contraintes. Parce que je me dis que si je me mets une contrainte, ça ne va pas aller. Donc, je préfère y aller quand j'ai envie. Et comme ça, on est tous avec le sourire. Que si c'est une contrainte.
- Claire
C'est vrai que la question de la vie en collectif est au cœur du sujet.
- Nina
Vivre ensemble. partager des espaces, organiser la vie quotidienne.
- Claire
Tout cela demande de trouver un équilibre entre la vie commune et l'intimité de chacun.
- Speaker #0
Les habitants qui vivent ensemble depuis 4 ans nous expliquent comment cela fonctionne pour eux, au quotidien, avec tous les réajustements qu'ils ont dû mettre en place.
- Nina
La première année, ce n'était pas comme ça. Non,
- Claire
non, non.
- Nina
Oui, ok ? Pour une adaptation. Non, mais voilà. Et on a éliminé les sujets à friction. Le sujet à friction, c'était vraiment de la friction. Le nettoyage des espaces communs. Parce qu'on a essayé plein de choses. Et on a pris une société extérieure. Et c'est parfait. Parce qu'à 80 ans, mais même moi, quand on est 66, je n'ai aucune envie de me taper deux heures de ménage. Voilà. Il faut éliminer les sujets de friction. Et on les a éliminés. Le jardin, c'est pareil. Le jardin, il y a un jardinier qui vient, on n'est pas embêté.
- Speaker #0
Donc ça, par contre, c'est à vos frais, tout ça ? Oui. Ça, c'est quelque chose que vous décidez ensemble.
- Nina
C'est très mutualisé. C'est du tout la même chose que quand vous vivez à la maison et que vous faites votre jardinier. Oui, bien sûr.
- Speaker #0
C'est comme des charges de copropriété.
- Nina
C'est ça. Des charges communes, en fait. Des charges communes, tout à fait.
- Claire
Mais on a fait quelques petits aménagements devant, quand même. Là, ça commence seulement à... J'ai désherbé.
- Speaker #3
Elle a désherbé. C'est vrai.
- Claire
Et puis... Le jardinier, c'est le fils de Michel, donc il est venu tomber. C'est tout beau.
- Speaker #3
Puis là, ce matin, j'ai commandé tout le matériel pour les étagères.
- Nina
Et ça, c'est des travaux en commun sur les espaces communs, avec une prise en charge du matériel par le territoire des possibles. Mais ce n'est pas possible de faire ça la première année ?
- Speaker #4
Non.
- Nina
Il faut du temps.
- Speaker #4
Il faut du temps. Réfléchir.
- Claire
Les idées viennent au fur et à mesure.
- Speaker #4
Au tout départ, j'avais parlé d'un pot commun qui s'est venu après.
- Nina
Oui, c'est ça, c'était trop tôt.
- Speaker #4
C'était trop tôt. Moi, j'avais l'habitude de ce genre de trucs, de cette manière de faire dans les groupes où j'étais.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut dire que l'habitat des possibles, du coup, c'est comme une colocation ?
- Nina
Non. C'est une famille. La colocation, ce n'est pas une famille. Là, c'est une... Moi, je prendrais ça pour une grande famille.
- Speaker #3
C'est ça.
- Nina
Enfin, dites-moi. Oui,
- Speaker #3
oui. Une famille au temps de l'âge, mais... Oui, oui, une grande famille, voilà, c'est ça. Une grande famille.
- Nina
Ah, c'est ça.
- Speaker #0
Ok. Donc, des gens qui ne se connaissent pas au début, qui viennent vivre ensemble, qui créent des liens et qui sont une famille.
- Claire
C'est pour ça que les ateliers étaient faits.
- Speaker #0
Pour savoir si dans l'ensemble la mayonnaise prenait. Oui.
- Nina
Oui,
- Speaker #0
c'est important.
- Nina
Il y a un travail en amont de territoire des possibles qui est hyper important. Et voilà, si...
- Claire
Pour savoir si on a fait des restaurants avant d'habiter ici, tout ça. Pour voir s'il y a des unités. Pour savoir la facilité de communiquer.
- Speaker #0
Pour voir si ça passe avec les personnes, tout simplement, en fait. Voilà,
- Claire
c'est ça.
- Nina
Dis donc Nina, c'était...
- Monique
pas un peu provocateur la question sur la colocation ?
- Speaker #0
Oui, non, ce n'était pas le bon terme, mais je voulais qu'ils définissent eux-mêmes comment ils vivent.
- Monique
Et moi, j'ai remarqué aussi qu'au fil de la discussion, un autre mot revenait plusieurs fois, le mot liberté.
- Speaker #0
La liberté d'avoir choisi de venir vivre ici et la liberté de continuer à organiser sa vie comme on l'entend.
- Monique
C'est aussi un choix de vie qui rassure les proches.
- Speaker #0
Et qui, selon Suzanne, change la façon de vieillir. André, elle, conseille à ses amis qui vivent seuls de se renseigner sur ce type d'habitat.
- Speaker #4
Ce que j'ai rajouté, moi, par rapport à mes divers engagements, c'est que lorsque je rencontre des personnes qui sont célibataires, proches de la retraite ou qui sont retraitées, ils me demandent comment je vis ma vie, alors je leur dis, ils me disent, mais ça serait bien, alors bien sûr, là où ils sont, c'est paumé. Mais j'ai dit, il suffit peut-être de voir avec M. le maire, de voir s'il y a des maisons inhabitées, à réhabiliter, ou des choses comme ça, pour faire peut-être, pas comme Habitat des Possibles, mais des structures, parce que moi j'en ai visité pas mal dans la Bigorre, au Pays Basque, etc. C'est vrai qu'il y a beaucoup d'habitats partagés, mais avec une différence.
- Claire
Ce qu'il y a d'important aussi, c'est qu'on est libre.
- Speaker #4
Oui, voilà. On est libre d'avoir son tout mini, tout ça.
- Claire
Et on a fait notre propre choix. C'est nous qui avons choisi de venir tout en en parlant aux familles, bien sûr.
- Monique
C'est la première chose.
- Claire
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et le fait d'avoir choisi...
- Claire
Oui, comme disait Michel tout à l'heure, les enfants se rassurent parce qu'ils savent qu'on n'est pas tout seul, etc. Et c'est important.
- Speaker #0
Est-ce que le fait, justement, d'avoir choisi d'être venu ici, est-ce que vous pensez que vous vieillissez mieux ? Certainement.
- Claire
À chaque fois que quelqu'un vient ici, ils nous disent, qu'est-ce que vous faites jeune ? Qu'est-ce que vous paraissez jeune ? Il y a quand même un effet impulse.
- Monique
Pour terminer ce parcours des habitats alternatifs, nous sommes allés découvrir un autre projet, l'habitat participatif de la Traverse à Créon.
- Speaker #0
Dans l'épisode précédent, nous avions rencontré Anne, qui fait partie du groupe d'habitants à l'origine de ce projet.
- Monique
Elle nous avait expliqué comment cette initiative s'organise.
- Speaker #0
Aujourd'hui, le projet est encore en construction. Une première maison existe déjà, mais les futurs logements doivent encore voir le jour.
- Monique
Nous avons donc voulu comprendre ce qui motive à s'engager dans une aventure comme celle-ci. qui peut parfois prendre plusieurs années avant de se concrétiser.
- Speaker #0
Anne vit aujourd'hui seule dans une grande maison. Écoutons-la nous expliquer son cheminement.
- Speaker #6
Je suis actuellement dans une maison. Au départ, j'ai toujours vu grand parce que j'avais six enfants, donc j'étais incapable de me projeter dans du petit. J'ai une maison de 130 mètres carrés toute seule. Je voulais pouvoir accueillir tous les enfants, petits-enfants, donc ça, c'est chouette. J'ai un étage que je n'utilise pas. ordinairement, sauf quand ils viennent. Mais pour autant, la maison, le terrain, 4 000 m², que de la forêt, que des... Tout en hauteur, tout en dénivelé important, l'année dernière. Non, déjà avant, quand il y a eu la guerre en Ukraine, je me suis dit, c'est indécent d'avoir une grande maison comme ça, pour toi toute seule. Ça m'a sauté aux yeux, que c'était inapproprié. Donc là, ça a commencé à cheminer pour un autre type d'habitat. Au lieu de chercher un petit pavillon toute seule, je me suis dit, de toute façon, il y a longtemps que tu es dans... J'ai beaucoup travaillé sur Ivan Illich, l'utopie et tout ça. Donc je me suis dit, voilà, tes projets de vie collectif, tu peux peut-être commencer à t'y pencher. Et comme j'ai vu aussi les adultes âgés que j'accompagnais tellement démunis de se retrouver en EHPAD quand ils n'ont pas choisi, ce qui est de moins en moins fréquent maintenant. Je me suis lancée dans la recherche d'un habitat collectif. Je suis tombée sur une annonce à la librairie de Cadiac, les Jeux de Monde, où ils cherchaient des futurs habitants. Je suis participée aux réunions, ça doit dater de 2021, 2020, les premières réunions.
- Monique
Je lui ai demandé si se projeter dans un mieux vieillir était un élément déclencheur dans sa prise de décision.
- Speaker #6
Oui, ça a été un des éléments, pas que quand même, mais quand même, vu mon état qui se détériore physiquement, vu l'ampleur du terrain ici, de ce que ça représente comme énergie, que je n'ai plus quoi. Toute seule, enfin encore, je serais en couple, ça serait différent. Moi, je porte ça toute seule, c'est énorme. Donc, je suis assez costaud, mais je l'ai fait jusque-là. Mais là, je vois bien que ça me met en difficulté. En fait, je suis dans l'inquiétude. Je suis presque dans la peur, parfois, de ne pas pouvoir assumer. Et ça me met en difficulté de voir la maison se dégrader. Parce que c'est un cercle vicieux. Je travaille pour... pour pouvoir faire quelques petits travaux, mais maintenant, je ne vais pas travailler jusqu'à 70 ans. Enfin, il y a un moment, là, je me dis, Anne, c'est bon, quoi. Mais en même temps, du coup, la maison, elle se dégrade. Et donc, moi, ça, ça me met mal. Ça, c'est le premier point, mais en même temps, il y a aussi le point de vie collective, quoi, du partage, du soutien entre soi, de l'attention à l'autre, de la vigilance. Je pense que ça, je l'ai toujours eu, en fait. Ce n'est pas que de maintenant, mais là, ça prend tout son sens, en fait. Et puis, il y avait l'aspect de maintien de l'autonomie. Ça, c'est quelque chose qui m'apporte beaucoup, par le fait d'être acteur, co-constructeur d'un projet. Donc, du coup, on développe des compétences intellectuelles, enfin, on entretient des compétences intellectuelles, parce que moi, j'ai beaucoup participé aux appels à projets, donc il faut des montages de dossiers. Donc au niveau, comme j'ai fait des études de philo, au niveau écriture, moi j'ai pas de problème de rédaction. Donc ça aussi c'est très important entre nous, c'est qu'on a chacun des compétences différentes. Et donc mis tout ça en commun, on est arrivé à construire des documents qui tiennent la route. Parce que chacun a apporté sa compétence. Et donc il y a la question de maintien des facultés cognitives. Et comme j'ai beaucoup travaillé, j'aime beaucoup l'éducation populaire, c'est très important que toute personne, si âgée soit-elle, puisse encore apprendre, avancer, grandir, découvrir des choses qu'elle n'aurait pas découvertes dans son petit milieu fermé. Donc là, on découvre des personnalités différentes, des centres d'intérêt. Il y en a un qui se passionne de l'astrologie. Moi, je ne connaissais pas. Il y a des tas de domaines qu'on découvre. Il y a des acrobates parmi nous, des jongleurs, des choses comme ça. Des jeux de société, ils sont complètement fans de jeux de société. Donc je découvre des tas de jeux que je ne connaissais pas. Donc voilà, il y a une ouverture d'esprit. Évidemment, quand on est plusieurs, c'est plus riche peut-être que quand on est seul.
- Speaker #0
Et justement, cette question de la solitude, Anne en prend conscience maintenant.
- Speaker #6
la solitude aussi. Moi, je suis très bien avec moi-même. Je ne souffre pas de solitude. Enfin, ces derniers temps, quand j'ai eu des difficultés là, j'ai quand même senti la solitude. C'est la première fois. Je me suis sentie un peu seule dans cette grande maison. Et là, je me dis, si on a envie d'aller prendre un café, si on peut inviter le voisin, si on voulait instaurer aussi de manger ensemble une fois par semaine, on verra deux fois par semaine pour pouvoir partager des moments sympas. des soirées de jeux de société, des films. Moi, je suis très cinéphile, donc organiser des ciné-clubs, des choses comme ça. Donc voilà, la solitude va certainement, à mon avis, se poser de plus en plus. Quand on perd ses moyens, on a besoin de ne pas être seule, c'est sûr.
- Monique
Et pour conclure cet entretien avec Anne, nous lui avons demandé comment elle considère ce projet. Et ces mots sont très forts.
- Speaker #6
C'est un engagement, c'est un projet audacieux, c'est un projet utopique. On est dans l'utopie, parce qu'aujourd'hui, tout notre environnement ne va pas du tout dans ce sens, de la non-propriété, de la tolérance. Aujourd'hui, on voit bien que c'est difficile de s'écouter, de se parler. Et tout ça, du coup, on le développe dans le collectif. Ça, c'est important. Mais oui, c'est un engagement, c'est évident. En tout cas, pour moi, pour mes enfants, j'y tiens beaucoup.
- Monique
Avant de refermer cet épisode, nous voulions remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont accepté de partager un peu de leur histoire avec nous. Merci à Eliane et Robert, à Gilbert et à Monique pour leur accueil à la résidence Autonomie de Blanquefort. Merci aussi à Michel, André, Suzanne et Françoise. qui nous ont fait découvrir la vie quotidienne dans leur habitat partagé à l'Estiaque. Et merci à Anne, qui nous a parlé de son engagement dans le projet d'habitat participatif de la Traverse. A travers leurs témoignages, on comprend que ces lieux sont bien plus que des logements. Ce sont aussi des espaces de rencontres, de solidarité et parfois même de nouveaux projets de vie.
- Speaker #0
Avec cet épisode, nous clôturons la troisième saison de Comptez sur ses proches. Au fil des rencontres, nous avons essayé de mieux comprendre ce qui se joue autour de la perte d'autonomie. Les questions que se posent les proches, les solutions qui existent sur les territoires, mais aussi les différentes façons d'imaginer la suite quand rester chez soi devient plus compliqué. Nous avons rencontré des professionnels engagés, visité des lieux d'accueil, découvert des initiatives parfois méconnues, et surtout, écouté celles et ceux qui y vivent au quotidien.
- Monique
Toutes ces rencontres nous rappellent qu'il n'existe pas une seule manière de vieillir. Les choix de vie dépendent de l'histoire de chacun, des envies, des capacités, mais aussi des possibilités offertes autour de soi. L'important est peut-être avant tout de savoir que des alternatives existent entre le domicile isolé et l'entrée en établissement, et qu'il est possible d'en parler, de s'informer et d'y réfléchir ensemble.
- Speaker #0
Merci de nous avoir suivis tout au long de cette saison de Comptez sur ses proches.
- Speaker #7
Merci d'avoir écouté cet épisode de la saison 3 de Comptez sur ses proches, le podcast pour parler du vieux. Nous vous rappelons que vous pouvez toujours accéder aux deux autres saisons sur toutes les plateformes d'écoute. Elles vous permettront d'en savoir plus sur les sujets abordés par Nina et Claire dans cette troisième saison. Pour aller plus loin, toutes les ressources de l'épisode sont disponibles dans le descriptif. Notre association L'Atelier budgétaire remercie les partenaires qui rendent ce podcast possible. Merci au département de la Gironde et à la Commission des financeurs, Malakoff et Manis, la Carsat d'Aquitaine et la MSA Gironde, la MSA Dordogne et l'Hôtel-Garonne. Sans oublier l'association Bonjour les hirondelles médias pour la réalisation. Si vous avez apprécié cette écoute, n'hésitez pas à la partager avec vos proches et avec tous ceux qui en auraient besoin. Vos commentaires sont toujours les bienvenus et grâce à vos clics sur les réseaux, vous soutiendrez la diffusion du programme. On compte sur vous !