Speaker #0Bonjour à toi, cher auditeur, auditrice, curieux ou curieuse qui viens me rejoindre dans ce podcast. Je t'invite aujourd'hui dans ma tannée, un lieu sûr, au coin du feu, pour se reconnecter à soi. Dans l'épisode du jour, on va parler du doute. Le doute, c'est souvent quelque chose qui est très présent dans nos vies, à plein de moments, à plein d'échelles. Qui d'entre nous n'a jamais douté ? Qui n'a jamais été saisi de cette incapacité à choisir, à discerner quel est le bon chemin, quel est le chemin qui fera sens pour nous, et celui où peut-être on ne se trompe pas ? Parfois le doute, il nous prend, nous tiraille, il nous épuise. On ne sait plus quoi en faire. On lutte et on voudrait même parfois qu'ils disparaissent. On voudrait être sûr de nous, on voudrait être sûr de nos décisions, on voudrait arrêter de se poser mille questions. Surtout dans un monde qui va à mille à l'heure et où on a l'impression que tout va plus vite que nous, qu'il faudrait prendre des décisions encore plus vite, travailler encore plus efficacement. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me file un sacré vertige. Pour tout vous dire, moi je suis quelqu'un qui doute énormément. J'ai toujours... adoré me questionner, d'ailleurs je fais ce podcast, donc j'adore me questionner, j'adore interroger le pourquoi du comment des choses j'aime beaucoup me poser des questions me remettre en question, j'aime remettre en question les choix que je fais les positions que je prends j'aime bien vraiment cette cet exercice du doute même si parfois je pense que je peux vraiment m'enfermer dans ce doute et c'est aussi pour ça que je voulais creuser ce sujet aujourd'hui parce que je me pose une vraie question de fond et je voulais y répondre avec vous en tout cas réfléchir à ce sujet avec vous sur est-ce que le doute est notre ennemi ou notre allié ? Parce que moi depuis que je me suis lancée dans l'entrepreneuriat je sais que moi qui ai beaucoup de casquettes, qui aime faire plusieurs choses très différentes et J'ai parfois du mal à tout réconcilier et à choisir, vraiment choisir un seul cap. Donc des fois je me dis, ah ben ça, ça va être mon cap. Et en fait, je change d'avis parce que je remets en question. Et jusqu'où le doute est souhaitable et à quel point il faut le faire disparaître, à quel point il faut l'accueillir dans sa vie et lui faire de la place. Moi, c'est une vraie question que je me pose. Et donc, je vous propose aujourd'hui qu'on suive un peu mon fil de réflexion sur le sujet. et qu'on essaye de répondre un peu à la question. Pour commencer, si vous avez déjà écouté mes précédents épisodes, j'adore commencer par une définition, parce que je trouve que c'est ce qui nous ramène le plus justement au sens du mot doute. Donc je me suis posé la question, qu'est-ce que le doute ? Et du coup j'ai cherché un peu une définition, et le doute, il est défini comme une expérience subjective de l'incertitude. Le doute, il se définit comme un mouvement intérieur qui suspend l'adhésion à une idée, à une croyance, à une décision ou à une perception. C'est un état d'incertitude de l'esprit, une hésitation à adhérer pleinement à une idée qu'on se fait. Et donc l'incertitude, c'est l'état que l'on ressent quand on est dans l'expérience du doute. Et elle s'oppose à la certitude. Donc quand on est dans le doute, on est... pas dans la certitude. Donc ça s'oppose à la certitude vu qu'on est dans l'incertitude. Bref, jusque là, je pense que vous avez suivi et que ça vous semble cohérent, logique et qu'il n'y a pas trop anguille sur oeuf. Ce qu'on peut dire aussi, c'est que souvent l'incertitude désoriente là où la certitude rassure. Et le doute, c'est un peu comme le mouvement entre les deux. Parce que souvent, avant que le doute soit là, on était souvent dans une certitude ou dans une... posture où on ne se posait pas beaucoup de questions, puis vient un doute ou quelque chose qui va se manifester dans notre vie, qui va amener le doute, qui va nous faire passer dans l'incertitude, qui va durer une certaine durée jusqu'à ce qu'on prenne une décision et qu'on soit un peu plus sûr de notre idée, notre jugement, d'un choix, d'une action à faire, d'une position à tenir. Donc voilà, le doute c'est vraiment cet espace entre la certitude et l'incertitude. d'incertitude. qui me permet de passer de l'état de l'un à l'autre. Donc le doute en fait c'est vraiment quelque chose qui est en mouvement. C'est quelque chose qui est assez vivant, c'est pas quelque chose de figé ou de statique. C'est quelque chose qui met en action d'une certaine manière. Mais pas de toutes les manières justement, on va voir ça par la suite. Je voulais ensuite, du coup dans mon raisonnement, questionner quels étaient les différents types de doutes. Et là, moi j'en ai identifié quatre qui sont les plus logiques. Il y aurait déjà le doute de soi, le doute qui est en soi. qui est à l'intérieur de soi, le doute dans nos choix, le doute dans nos relations et ensuite le doute dans le monde. Le doute qu'on peut rattacher au doute en soi, c'est souvent un doute qui nous fait questionner nos valeurs, notre identité, nos compétences. C'est vraiment un doute, je pense que vous le connaissez tous, moi je le connais bien, qui est assez intime et silencieux. C'est la petite voix qu'on va se répéter sur nous-mêmes quand on manque de confiance, d'estime de soi. Est-ce que je suis assez bien ? Est-ce que je vaux vraiment quelque chose ? Est-ce que je suis légitime ? On se remet en cause. Est-ce que je suis capable de faire ça ? Est-ce que je suis vraiment capable ? Et est-ce que c'est vraiment ma place ? Vraiment, ça va questionner quelque chose de très en profondeur. souvent ça va toucher à à des insécurités profondes, ça va toucher à des peurs. C'est le doute en soi, c'est souvent aussi celui qui est derrière ce fameux syndrome de l'imposteur et qui peut même parfois cacher aussi des traumas. Donc c'est un doute qui peut vraiment fragiliser, qui peut fragiliser quand on doute de sa valeur, l'estime de soi, quand on doute de ses compétences. Ça va fragiliser plutôt la confiance en soi, notre capacité à passer à l'action et à croire dans le fait qu'on est capable de faire les choses. Et après, des fois, ça va questionner vraiment notre identité, qui je suis vraiment, notre légitimité, des fois un ancrage identitaire. Et là, ça va jouer un peu sur les deux, sur l'estime de soi et la confiance en soi. Et ça remet vraiment en cause des choses profondes. Ce doute peut parfois être hyper dur, il peut parfois être très profond, et c'est vraiment un état un peu introspectif quand on est dans ce type de doute. Mais je trouve à la fois que douter de soi, ça peut être très positif, donc il peut avoir pour moi quelque chose de positif, c'est que c'est parfois le fait de douter de soi, c'est aussi une force motrice. pour aller construire et pour rechercher les ressources en soi qui vont être solides. On va se questionner en profondeur sur des choses fondamentales en nous et on va aller chercher les points d'ancrage qui vont être les plus solides. Donc parfois on construit notre identité sur certains éléments et puis en grandissant à l'âge adulte, on sent que ces éléments-là se fragilisent. Et par exemple, une bande d'amis, ouais, mais alors moi, je suis plutôt ça, je traîne avec des gens comme ça. Et puis on évolue et puis on sent qu'on change. Et du coup, ça remet en question la manière dont on s'identifie, ce qui nous tient vraiment à cœur. Parce qu'on ne sait plus si on est encore vraiment attaché à cette identité-là. Mais d'aller se questionner en profondeur sur ce qui est vraiment solide en nous, ça permet aussi de parfois enlever des couches. superficielles ou enlever des couches qui ne nous appartiennent plus pour aller s'ancrer sur des choses plus solides en nous et qui vont être encore plus profondes dans nos valeurs fondamentales et dans ce qui nous ancre vraiment. Donc ce doute-là, il permet aussi parfois de renforcer sa sécurité intérieure, de faire la paix avec nos fragilités et d'accepter que parfois qui l'on est en mouvement et même un peu fragile et même parfois dans l'incertitude. Et dans le changement et l'évolution, ça suffit. On n'a pas besoin de faire plus ou de prouver plus. Et donc, il peut aussi être utile. Par contre, quand ce doute s'immisce trop en boucle, etc., parfois c'est là aussi qu'on peut aller travailler avec un psychologue, par exemple. Bon, même si... Sur tous les types de doutes, on peut faire ça. Sur celui-ci, ça permet de réaxer des choses profondes. Donc ensuite, il y a le doute par rapport à nos choix. Donc c'est souvent un doute qui précède l'action. Quand on doit prendre une décision, quand on doit faire un choix, c'est du coup celui qui fait appel à la peur de... se tromper, de regretter, de prendre de mauvaises décisions ou au mauvais moment. Souvent quand on doit passer à l'action, on va imaginer plusieurs types de scénarii, on va se faire des films dans nos têtes de « mais si ça se passe comme ça, et si ça se passe comme ça, et si ça se passe comme ça » et en fait ça va ouvrir des pensées parfois négatives vers des peurs. C'est parce que plus naturellement le cerveau il va vers du négatif ou vers de la peur. plutôt que de la confiance. Et donc ce doute, il est parfois un peu redoutable, et c'est celui-là qui est un peu paralysant. Parfois on va tellement douter et tellement ressasser qu'on va tourner en boucle et pas réussir à passer à l'action. Donc on va être dans l'immobilisme et on va être paralysé. Donc comme un petit hamster dans sa cage, j'aime bien l'image, qui va tourner vraiment en boucle, en boucle, en boucle, et qui va s'empêcher d'agir. Mais le fait de douter avant de passer à l'action, c'est aussi quelque chose de positif parce que ça nous montre un certain degré de responsabilité par rapport à nos actions et par rapport à l'impact qu'elles vont avoir sur notre vie. Donc ça montre aussi que nos choix sont importants, qu'ils nous tiennent à cœur et qu'ils comptent pour nous. Donc ça veut aussi dire qu'on ne les prend pas à la légère. Et c'est aussi symbole de responsabilité. Donc, c'est toujours à double tranchant jusqu'où on laisse la place aux doutes pour qu'ils nous permettent de prendre la bonne décision et qu'ils nous permettent de bien questionner tout ce qu'il faut questionner avant et de ne pas foncer tête baissée. Et du coup, moi, je trouve que c'est aussi beau de douter dans nos choix parce que nos choix définissent notre expérience de vie. il nous façonne et c'est eux qui nous permettent de nous incarner. Ensuite, c'est comment on sort de la boucle en se disant « même si je me trompe, j'ai le droit à l'erreur » . Donc à un moment, il faut aussi trouver des mécanismes pour sortir du doute et pour réussir à prendre des décisions. On en parlera dans un prochain épisode. Mais en tout cas, je trouve que c'est important de distinguer ces différents types de doutes et notamment ceux avant de passer à l'action. Ensuite, il y a le doute dans nos relations. Je suis sûre que vous connaissez bien cette petite voix qui dit « est-ce que je peux vraiment lui faire confiance ? Est-ce que j'ai ma place dans ce groupe ? Est-ce que je compte à ses yeux ? » Vous savez, toutes ces petites questions qu'on vient se poser par rapport au regard de l'autre. Souvent, le doute dans nos relations, il touche à la confiance, il touche à la reconnaissance et au sentiment d'appartenance. Et ce doute-là, il naît souvent de nos blessures d'attachement. Donc selon comment on a été élevé tout petit et des blessures qu'on a ressenties en étant enfant. Donc c'est aussi lié à notre sensibilité. Et ça touche aussi à des peurs profondes, mais qui sont liées à la relation avec l'autre. La peur d'être trahi, rejeté, abandonné, humilié. Et donc, ce doute-là, il peut parfois fragiliser nos relations et notre... capacité à tisser des liens. Parfois, il peut créer de la distance, alors que nous, on va chercher à créer de la proximité, parce que plus on doute de quelqu'un, plus on doute de pouvoir lui faire confiance. Par exemple, dans un couple, au début, quand on se met en couple avec quelqu'un, on ne connaît pas forcément très bien, jusque dans l'intimité, on a besoin de construire une confiance, et donc forcément, on est dans une espèce de... d'entre deux qui ouvrent des grandes places de doute. Et parfois, c'est là que la jalousie peut s'exprimer. C'est là qu'on veut vouloir posséder l'autre. On voudrait connaître tous ses faits et gestes pour savoir si vraiment on va avoir mal, si on peut ouvrir notre cœur. Donc, ça touche aussi à des choses très profondes, notamment la reconnaissance et le sentiment d'appartenance. Il ne faut pas oublier que nous sommes des animaux sociaux avant tout et que nous avons besoin de l'autre et de la tribu, de la communauté pour survivre. Donc le doute dans nos relations, il peut parfois être compliqué à gérer quand il prend trop de place parce qu'on peut tomber dans la méfiance ou dans la jalousie ou dans l'hyper contrôle. Mais aussi parfois dans la fuite. ou dans l'incapacité à prendre sa place dans un groupe par trop peur d'être rejeté ou autre. En fait, il existe plein de mécanismes, mais le doute, on va le voir après, parfois, il attise la peur. Cependant, ce doute dans nos relations, il a aussi parfois un rôle précieux. Parce qu'imaginez un monde où tout le monde ferait confiance aveugle à tout le monde. Bon, enfin, si tout le monde se faisait confiance et avait raison de se faire confiance, ce serait cool. Mais il s'avère que ce n'est pas le cas. Donc, en général, ceux qui font confiance aveuglément, on dit souvent, vous connaissez l'expression, trop bon, trop con. Donc, c'est un peu les bonnes poires, ils vont se faire avoir à chaque fois. on va les utiliser et ce n'est pas forcément gratifiant pour un être humain. Donc la méfiance ou en tout cas le doute dans nos relations, il permet aussi de mettre à l'épreuve nos liens. Il permet de aussi les renforcer ou de faire le tri. Et ce n'est pas forcément une mauvaise chose parce qu'on évolue tout au long de notre vie et une relation qui va traverser des phases de doute, elle peut ressortir beaucoup plus claire, plus sincère, plus solide. Et même parfois, si les chemins s'éloignent, il peut y avoir eu beaucoup plus de clarté entre temps. On projette parfois beaucoup sur nos relations et c'est aussi une chance de nettoyer ces relations, c'est une chance de sortir de l'illusion et distinguer ce qui est vraiment vrai sur ce qu'on a projeté et ce qui ne l'est pas. Parce que parfois on a des besoins, en amitié on va se dire « ah ouais, moi je veux vraiment des amis comme ci, comme ça » . Puis dès qu'on va rencontrer quelqu'un et que ça va être hyper fort, on va avoir l'impression qu'il coche toutes les cases. Mais c'est un peu un biais de confirmation, c'est-à-dire qu'on va aller chercher tous les arguments qui nous font croire qu'eux. Mais en apprenant à creuser et sur la durée, on va voir que peut-être tout n'est pas comme on aurait espéré. Et est-ce qu'il y a assez de choses qui font qu'on peut continuer dans cette amitié ou pas ? Pareil dans tout type de relations et même parfois les relations familiales. C'est vrai qu'on n'ose pas forcément remettre en doute nos relations familiales ou en tout cas nos liens familiaux. Mais pourtant, parfois, et il y a aussi des périodes de vie, souvent au début de l'âge adulte, on remet en question nos parents, on remet en question leur jugement. On a toujours des phases d'opposition. On le voit aussi avec juste les enfants qui apprennent à dire non, etc. Et qui se mettent à douter de leurs parents. Et bien... c'est ce qui permet aussi d'avancer et ensuite de définir ce que l'on accepte, ce que l'on n'accepte pas, ce qu'on est prêt à accueillir ou non, et donc de créer des liens plus alignés et plus justes. Ensuite, on a le doute face au monde. Donc là, c'est un doute beaucoup plus vaste, qui va au-delà de nous et de nos petites histoires personnelles. C'est vraiment un doute qui touche plutôt à l'avenir. au sens de la vie, à la réalité. C'est un doute qui va nous amener à nous poser des questions. Quel est le sens de la vie ? Où va le monde ? À quoi ça sert de continuer ? C'est souvent un doute existentiel qui est très vertigineux et qui nous fait sentir tout petits. Ce doute-là qui nous met face au monde, il nous met face à tout ce que l'on ne contrôle pas et ce qui est plus grand que nous. Il nous met face au mouvement du monde, au mouvement de nos sociétés. Il nous met face à l'avenir incertain, aux crises politiques, écologiques, climatiques, économiques, sociales. Il nous met face à parfois une énorme montagne qui est trop grande pour nous. Et il crée un grand sentiment d'impuissance. Je ne sais pas si vous le connaissez, mais moi qui aime beaucoup me questionner sur le monde, J'ai traversé, je traverse régulièrement des phases où je me sens vraiment écrasée par ce doute existentiel. Je me dis mais quelle est ma place dans ce monde ? Quelle est notre place en tant qu'être humain ? Comment on peut détruire la nature comme ça ? Comment on peut continuer à aller dans un sens et à vivre au quotidien tout en sachant que ce que l'on fait, fait du mal au monde ? et et ne lui rend pas toute la beauté qu'il nous donne la beauté de cette vie et en fait des fois moi ça m'amène dans des réflexions très deep et qui vont me faire beaucoup souffrir parce que j'ai pas de prise là dessus je ressens un très grand sentiment d'impuissance et parfois on sait pas trop quoi en faire de ce sentiment c'est très écrasant on se sent tellement petit on se on se sent tellement impuissant et on sait pas comment en sortir. C'est comme un puits sans fond parce qu'on n'aura jamais les réponses et on n'a pas le contrôle sur ces choses-là. Et donc ça crée vraiment un très très grand vertige. Mais là où il est également écrasant est quand on arrive à traverser. C'est cette espèce de vide profond qui nous met face... qui nous met finalement... En fait, si je devais donner une image, c'est comme si on se sentait nu au milieu d'un désert, et hyper vulnérable, et qu'on peut courir sans s'arrêter, mais sans pouvoir jamais s'échapper. On se sent hyper faible, on se sent tout petit, vraiment, vraiment impuissant. Mais à la fois, je pense que quand on arrive à traverser ce désert, ... et à remonter sur une dune, on se rend compte qu'on prend conscience. On prend conscience de notre place en tant qu'être humain, on prend conscience à quel point on est petit, on prend conscience aussi parfois de notre responsabilité, on prend conscience de ce sur quoi on peut agir. Donc je trouve que ce doute très existentiel, il permet aussi un chemin vers l'humilité. Du coup, il permet d'accepter vraiment qu'on ne peut pas tout contrôler, mais il nous remet vraiment à notre place en voyant aussi où est-ce qu'on peut agir à son échelle et qu'on peut aussi se responsabiliser sur ce sur quoi on a un pouvoir d'action, même dans l'incertitude. Et il permet aussi du coup de définir quel sens on veut donner à notre vie et d'orienter aussi nos choix à plus grande échelle, parce que si on se positionne face au monde, Alors on se positionne plus facilement dans notre vie, face aux autres, face à notre boulot, face à nos choix, à nos actions et aussi face à nous-mêmes. Et du coup ce doute, peu importe où il s'exprime, que ce soit en soi, dans nos choix, avec les autres ou face au monde, parfois il nous fragilise, souvent il nous fragilise parce qu'il nous sort de nos certitudes, mais il nous met aussi en mouvement. Ils fissurent nos ancrages et ils fissurent nos certitudes pour trouver des appuis toujours plus solides. Souvent ce doute, il est associé à la peur. On le fait passer comme mauvais, négatif, quelque chose à combattre et à dépasser, comme il faudrait dépasser ses peurs, il faudrait dépasser le doute, il faudrait être sûr de soi, il faudrait avancer tête baissée. et foncée, etc. Il y a beaucoup d'injonctions à ça dans notre société. Donc moi, je voulais me poser la question, quelle est la place de la peur face au doute ? Quid de la poule ou l'œuf ? Qui vient en premier ? Est-ce que c'est la peur ou le doute ? Est-ce qu'ils sont forcément liés ? Donc c'est vraiment la question que je me suis posée ensuite dans mon cheminement. Et donc en réfléchissant, j'ai vu plusieurs options. Déjà, prenons l'option où la peur précède le doute. Le doute naît de la peur. Parfois, la peur, elle surgit d'elle-même, telle une ombre, impalpable mais viscérale. On la ressent au fond de nous, avant même de mettre des mots ou des idées dessus. Par exemple, on n'a pas de nouvelles de son enfant, on va avoir d'abord peur. Ensuite, vont venir tous les doutes, toutes les questions. On va se dire, mais est-ce qu'il n'a plus de batterie ? Est-ce qu'il lui est arrivé quelque chose ? Est-ce qu'il a raté son bus ? Est-ce qu'il aurait pu... Et là, voilà, on va imaginer tous les scénarios, mais le doute vient après la peur. D'abord, on a peur. Donc, au départ, vient l'émotion, et ensuite, on rationalise une forme de doute et on l'entretient. Mais du coup, je me suis aussi posé la question, est-ce que le doute peut précéder la peur ? Et en fait, complètement, parce que le doute, c'est quoi ? C'est une ouverture intellectuelle qui amène à se questionner. et à explorer. Donc en fait quand on doute, on active l'imagination et cette imagination, elle peut réveiller des peurs en fonction des situations que l'on imagine. Imaginons que l'on fasse une présentation pour le travail, on a fini notre présentation, quand on l'a finie, on était à peu près sûr de nous et tout, et puis on y repense le lendemain et on se met à revoir tous les points et à se dire ok du coup ma trame c'est ça, ça, ça, donc partie 1. Et à se dire, ah ouais, mais en fait, et si j'avais mis dans l'autre sens ? Et si j'avais nanin ? Et si j'avais... Et en fait, d'un coup, ça ouvre tellement de questions et d'imagination qu'on se dit, mais en fait, je suis complètement à côté de la plaque, j'aurais pu faire complètement autrement. Et du coup, on se dit, mais si j'avais mal fait ? Et si en fait, il ne s'attendait pas du tout à ça ? Et en fait, là, ça vient créer de la peur. Parce qu'à force d'entretenir ce doute et de réfléchir et d'ouvrir son imagination, on va imaginer d'autres scénarios qui vont activer nos peurs et qui vont aller chercher et titiller tous les endroits où on a des insécurités. Finalement, en fait, du coup... Poule ou l'œuf, la peur ou le doute, on se rend compte que, un peu comme la poule ou l'œuf, c'est un cercle rétroactif infini. Donc si on s'insère dans la brèche sans trouver une issue, on peut le nourrir à l'infini. Parce que si on nourrit un imaginaire négatif avec des hypothèses négatives, on va pouvoir recréer, activer des peurs, des nouvelles peurs, puisque les peurs, on les connaît, on en a plein. Je pense que ça, on n'a aucun mal à en trouver. La confiance, c'est un autre sujet. Mais du coup, voilà. Donc, en fait, la place de la peur face au doute, ça peut devenir vraiment un cercle qui se nourrit mutuellement. On a peur, on doute, on doute, on a peur, et on peut passer par toutes les peurs possibles et imaginables, tel le hamster dans sa cage, comme on disait tout à l'heure. Mais du coup, la vraie, vraie question, c'est... Est-ce qu'il peut y avoir du doute sans peur ? Ça, c'est une vraie question, je trouve. Franchement, avant de réfléchir un petit peu à cet épisode de podcast, ce n'est pas une question à laquelle j'avais vraiment répondu. Et en fait, la réponse, quand je me suis posée la question, m'est venue vraiment comme une évidence. Parce que, bien sûr qu'il peut y avoir le doute sans peur. Le doute, il peut être complètement neutre. et exploratoire sans être aucunement traversé par la peur. Notamment quand on parle du doute scientifique, le doute cartésien que vous connaissez bien, ou encore le doute créatif qui est plus exploratoire. Imaginons, j'en sais rien, quand on fait un logo, ok, on peut utiliser cette typo, mais on peut aussi utiliser celle-ci, mais on peut aussi utiliser celle-ci, on peut utiliser telle palette de couleurs, et on peut aussi utiliser celle-ci, on peut utiliser telle tournure, mais aussi celle-ci. Là, il n'y a pas de peur. Pourtant, on doute. Quel est le bon choix ? On va explorer tous les champs des possibles. Donc ça, c'est un doute plus exploratoire, créatif. Le doute plus scientifique, c'est un doute qui remet en question des choses, qui pose des questions et qui met des hypothèses. Donc ce doute-là, c'est un doute qui n'est pas menaçant, mais qui est fécond. En fait, quand on y pense vraiment plus profondément, notre société moderne, nos technologies, nos institutions scientifiques, elles reposent toutes sur une même posture. celle du doute. Non pas sur une croyance aveugle, mais sur la vérification et la mise à l'épreuve. Et sans doute pas de science, sans science pas de progrès, pas de technologie, pas de médecine telle qu'on la connaît. Finalement le doute c'est un peu comme l'architecture invisible de notre monde. Et donc dans la démarche scientifique, la vérité tient, une vérité admise tient, jusqu'à ce qu'un doute mieux formulé la dépasse. et amène d'autres questionnements. Et moi, je trouve que c'est assez magique de se dire que tout ce qui crée, en fait, parfois nos certitudes de ce qu'on a appris à l'école, etc., est quand même basé sur du doute et n'est pas complètement avéré, parce que dans la science, il peut être mis en question à tout moment par une nouvelle découverte. Et moi, je trouve ça hyper beau, en fait, de se souvenir tout le temps de ça. Même quand on croit avoir des certitudes, même quand on a vu un documentaire sur ça, même quand on a appris telle ou telle chose à l'école, en fait, parfois tout peut être chamboulé, même parfois dans l'histoire. On voit aujourd'hui que des archéologues et des climatologues travaillent ensemble pour en fait remettre en question plein d'hypothèses qui avaient été faites sur l'histoire et sur l'effondrement de l'âge du bronze ou d'autres choses, d'autres éléments historiques. et qu'en fait le climat aurait pu agir de telle manière. Donc en fait, au fur et à mesure des découvertes, on remet en question pas mal de choses qui avaient quand même été à peu près prouvées, mais qui n'étaient pas avérées comme une vérité indubitable. Du coup, ce doute, je trouve qu'il est vecteur d'une lucidité qui nous garde en éveil, qui laisse toujours ouvert une forme de curiosité. Et il nous protège aussi des illusions, du dogmatisme, des certitudes rigides qui veulent juste nous rassurer mais qui finissent par nous enfermer et par nous écraser. Le doute, je trouve, qui nous rappelle que rien n'est jamais définitivement acquis. Et ce doute, il ouvre la voie à l'une des choses que je trouve les plus importantes dans la vie, c'est la nuance, l'esprit critique. que faire preuve de nuance et d'esprit critique dans sa vie c'est garder une posture ouverte, ça permet vraiment l'élévation. Et la croissance collective et individuelle, le doute, il permet le progrès, il permet de s'élever, se dépasser, se réinventer. Alors, bien sûr, parfois, rester enfermé dedans, comme on l'a vu, ça nous fige, ça nous enferme. On peut rester piégé dans l'indécision, dans l'angoisse, dans l'immobilité, dans la fuite, l'incapacité à choisir, et finalement rester prisonnier de sa vie pendant des années. à cause d'un doute qui vient du cercle vicieux du doute et de la peur et qui vient s'auto-nourrir. Et donc c'est hyper important aussi de savoir en sortir. Et à la fois la grande question c'est comment on en sort ? Comment on sort du doute quand on est piégé dedans ? Donc ça c'est une vraie question. Moi par exemple je trouve que je suis vraiment quelqu'un qui a une relation un peu toxique des fois avec le doute. J'aime tellement me questionner que... que j'aime tellement remettre en question les choses et parfois je sais que c'est quelque chose de positif que de se remettre en question et tout, mais des fois trop remettre en question, trop remettre en question nos choix, ça empêche de se positionner. Et typiquement, moi c'est quelque chose je pense qui m'a fait un peu défaut dans ma vie d'entrepreneur, c'est-à-dire à force de me poser trop de questions, j'ai du mal à choisir un seul cap, à m'y tenir et à dérouler, parce que j'ai tout le temps envie de changer de plan d'action. Alors... C'est paradoxal parce que j'arrive vraiment bien à aider mes clients à définir un cap, à le tenir, à définir des stratégies, mais intelligentes, qui sont toujours en mouvement, qui peuvent évoluer, sur lesquelles on ne reste pas figé. parce que je trouve que c'est le plus important quand on fait une stratégie de communication, même stratégie business trop figée, on ne prend pas en compte que... Tout est en mouvement et ça doit marcher avec le monde et avec notre écosystème, notre environnement. Mais par contre, dès qu'il faut l'appliquer pour moi, c'est beaucoup plus compliqué parce que je doute énormément et parce que je remets beaucoup de choses en question et parce que je suis vraiment plurielle dans ma manière de penser et dans ce que je propose dans mon travail. Et donc, parfois un peu du mal à réconcilier tout ça parce que ça ne rentre pas dans des cases. Donc le doute, il peut nourrir quelque chose qui va m'empêcher de passer à l'action ou en tout cas de déployer cette vision que j'ai en moi et me faire confiance. Donc aujourd'hui, j'ai envie de nous poser à tous des questions pour se remettre en cause et pour finalement questionner un peu nos doutes. Donc déjà, je voulais vous demander combien de fois est-ce que vous avez identifié dans votre vie, vous avez laissé un doute vous immobiliser ? Est-ce que vous avez des situations en tête ? Vous pouvez les noter par exemple, je trouve que c'est un bon exercice à faire. Combien de projets que vous aviez en tête n'ont jamais vu le jour parce que vous doutiez trop de vous-même ? A l'inverse, combien de relations ou de situations se sont figées aussi parce que vous étiez trop sûr de vous, trop enfermé dans vos certitudes ? Une autre vraie question que je trouve très puissante c'est, est-ce que vous doutez vraiment pour chercher la vérité et pour chercher du discernement ? ou parfois pour éviter de choisir ? Moi, je sais déjà répondre à cette question pour moi, c'est que souvent, je trouve que le doute, c'est un endroit confortable et qui nous empêche de nous confronter. C'est comme dans le premier épisode où je parlais de la peur. Et quand on n'agit pas et qu'on réfléchit trop, on reste dans une zone de confort et ça nous empêche de nous confronter à ce que pourrait vraiment être l'issue. si on se confrontait vraiment et si on osait. Une autre question aussi, c'est est-ce que vos certitudes vous donnent de la force ou est-ce qu'elles ne sont qu'une armure qui cache vos peurs ? Parce que moi, j'en rencontre tellement des gens. Alors malheureusement, je dirais que c'est très masculin, mais pas que, mais masculin, les femmes peuvent avoir du masculin aussi. Mais souvent, les hommes, de manière générale, en tout cas c'est mon ressenti de femme, ont besoin d'être sûrs d'eux, toujours, d'être sûrs de ce qu'ils avancent, etc. Et au fond, parfois, c'est aussi une armure, c'est aussi quelque chose qui les protège et qui les protège de la vulnérabilité, qui les empêche aussi de se confronter à leurs propres insécurités et leurs zones d'ombre et les zones où ils ne sont pas parfaits, et c'est ok. Je pense au fond qu'on se débat tous avec certains doutes, avec certaines peurs aussi, et des doutes qui amènent des peurs, des peurs qui amènent des doutes. Et on a tous en tête des relations où on s'est un peu trop accrochés à nos certitudes, où on était un peu trop sûrs de nous, également aussi des relations... ou peut-être qu'on n'a pas assez douté de l'autre et où on s'est fait avoir, ou on n'a pas assez remis les choses en question. Je pense qu'on a tous plein d'exemples de situations où le doute nous a desservis, mais où aussi avoir des certitudes nous a desservis, et où parfois nous a été utile, et que d'avoir certaines certitudes nous a été utile. Donc je pense que le doute allié ou ennemi, Quelle est vraiment la réponse à cette question ? Moi je dirais quand même que le doute, il est avant tout un allié, mais qu'il faut savoir l'utiliser à bon escient. Tant que l'on évite de rentrer dans une relation toxique avec lui, où il nous permet de rester bien à notre place, au chaud, confortable, mais à la fois très inconfortable, parce qu'on n'ose jamais rien faire et on n'ose jamais passer à l'action, je pense que le doute il peut être... Il est très utile et c'est un super allié qui nous permet tout le temps de naviguer entre incertitude et certitude, qui nous permet de nous questionner et d'avancer en fait, d'élever notre conscience, d'élever notre manière de penser, de mettre des nuances dans les choses, juste en les requestionnant. Donc je pense que le doute, c'est vraiment un outil, il faut le voir comme un outil, mais pas comme quelque chose qui va nous contrôler. Et je pense que ça c'est hyper important et donc d'essayer toujours de naviguer sur cette ligne de crête entre certitude et incertitude et donc d'utiliser le doute comme outil constant dans tous les aspects de notre vie. En tout cas je pense que ce doute nous rend souvent plus conscients, plus lucides, plus vivants. Mais parfois cette posture de doute, on l'a dit, c'est pas une posture qui est rassurante. Donc elle est assez inconfortable. Et par conséquent, elle peut demander beaucoup plus de courage parce que ça demande vraiment de se confronter et de faire face tout le temps au vertige de l'inconnu, au vertige du fait qu'on n'a pas toujours les bonnes réponses, qu'on peut être mis en cause. mais à la fois je trouve que vous savez à quel point si vous avez écouté les précédents podcasts, j'aime la notion de douceur, je trouve qu'on y trouve un vrai espace de douceur parce que quand on navigue dans ce doute on... C'est pas qu'on ne sait plus rien, mais d'une certaine manière, on accède à cet espace d'humilité où on accueille beaucoup plus facilement les opinions différentes, où on accueille beaucoup plus facilement les certitudes des autres, où on accueille beaucoup plus facilement aussi les phases de faiblesse des autres. Et moi, je trouve que c'est un espace assez doux de rester dans le doute parce que ça nous amène à toujours nous questionner, toujours nous remettre en question. Mais à la fois, là où je trouve très intéressant... Après, l'épisode commence à être un petit peu long, donc je vais conclure. Mais à la fois, là où je trouve que c'est intéressant, c'est que de rester dans cet espace d'accueil, ça peut aussi nous plonger dans l'inaction, dans cet espace de douceur où on accueille tout, on est d'accord avec tout. Alors, ce n'est pas être d'accord avec tout, mais ça peut nous empêcher de nous positionner. Et je trouve que c'est hyper important d'apprendre à se positionner aussi, malgré le doute et malgré le fait. qu'on ait ce vertige existentiel, qu'on ne connaisse pas forcément quel est le sens de notre vie, quelle est notre place dans la société, qu'on pourrait toujours la requestionner à l'infini, qu'on pourrait requestionner tous nos choix à l'infini. Moi je trouve qu'une fois qu'on a ouvert le doute, c'est quelque chose que je trouve très difficile, d'ailleurs que je travaille avec mon kinésiologue, de réussir à faire des choix. D'où aussi je fais mon cheminement sur ce sujet, c'est aussi pour ça que je vous partage ... Je vous partage ces sujets-là parce qu'ils prennent de la place à des instantés dans ma vie et donc je me penche dessus. Et je pense que parfois on peut avoir du mal à se positionner. Et donc ce que j'aimerais qu'on creuse dans un prochain épisode, c'est comment on sort de ce doute tout en restant dans ce doute. Et ça c'est une vraie question que je trouve très très intéressante. Et pour moi la réponse... pour vous donner une petite ouverture, elle se trouve dans la notion de confiance. Donc comment on arrive à se connecter à la confiance pour naviguer à travers doute et certitude. Voilà, donc en tout cas, je vous dis merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout, si vous avez écouté jusqu'au bout, parce que ça fait un peu long. Et je vous dis merci, si ça vous a plu, comme d'habitude, vous pouvez... me laisser un commentaire, ça me fait toujours hyper plaisir. Et je vous dis en tout cas à très bientôt pour un prochain épisode au coin du feu. Salut ! Et n'oublie pas, si cet épisode t'a plu, le meilleur moyen de me soutenir, c'est de venir t'abonner sur la plateforme de ton choix. Mais aussi, si le cœur t'en dit, de me laisser une petite note. Ça me fera super plaisir et ça m'encourage vraiment à vous concocter de nouveaux sujets de confidence au coin du feu. À bientôt !