- Speaker #0
Bienvenue dans Confidence d'entrepreneur. Ici, on vous dévoile de l'intérieur ce qu'un entrepreneur traverse lors d'une opération marquante de son parcours. Je suis Thomas Fertin, entrepreneur et surtout dirigeant du cabinet de fusion et acquisition Conseil, Finance et Transmission. Chaque premier mardi du mois, nous revenons avec un invité entrepreneur sur son parcours tout en faisant un zoom sur une problématique ou une opération qu'il ou elle a dû traverser. Cela peut être une reprise familiale, une transmission, un dépôt de bilan ou bien même le retournement d'une entreprise. Aujourd'hui, nous rencontrons Romain Thiberguin, cofondateur et associé de la boîte à moustiques. Nous allons discuter ensemble de son parcours d'entrepreneur et de son utilisation massive des structures d'accompagnement qui l'ont aidé tout au long de son développement et d'ailleurs qui l'aide toujours à développer sa boîte alors qu'elle marche sur deux pieds parce que son co-associé fondateur est à l'autre bout de la France avec l'autre moitié de l'équipe. Nous allons donc étudier quels sont les bons usages à préconiser pour être accompagné dans son développement et comment est-ce qu'on constitue une société à 55 lattes avec son meilleur pote. alors qu'il habite à 500 km et qu'aucun des deux n'a envie de déménager. Je vous recommande chaudement cet épisode parce que Romain donne plein d'astuces pour le créateur, mais aussi pour ceux qui veulent s'associer. Je vous souhaite une bonne écoute. Bonjour Romain.
- Speaker #1
Bonjour Thomas,
- Speaker #0
bonjour à tous. Merci de nous accueillir ici à Toulouse au sein de tes bureaux à 10 jours de Noël. Merci beaucoup d'être libéré.
- Speaker #1
Ouais, écoute, avec plaisir en tout cas, ça me permet aussi moi de me poser. Donc très content de t'accueillir ici.
- Speaker #0
C'est l'objectif. Et je tiens à remercier Jérôme Forest pour la mise en relation. Jérôme, on le rappelle, c'est l'épisode 4 sur le retournement d'entreprise que je conseille à tout le monde d'écouter parce qu'il donne énormément d'astuces de gestion dans le retournement de l'entreprise mais également de la gestion de projet et gestion de la vie du manager où c'est pas toujours rose et il y a des trucs que je mets moi-même en pratique depuis qu'on a enregistré cet épisode il y a presque un an, à Toulouse aussi On est là pour parler de toi, de ta société La Boîte à Moustiques, qui va changer de nom
- Speaker #1
Absolument, tout à fait
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te présenter, déjà pour commencer s'il te plaît
- Speaker #1
Alors moi du coup, Romain Je suis marié, j'ai trois enfants, je suis ingénieur de formation, je suis lillois d'origine. Donc j'en parle parce que je pense que ça a aussi impacté mon parcours d'entrepreneur. J'ai eu un parcours plutôt dans des positions de leadership, dans un environnement assez industriel, dans des environnements de transformation, principalement dans le groupe Airbus, historiquement. Et depuis, j'ai monté une société qui s'appelait Ma Boîte à Moustique, qui va s'appeler InvaScience. sur, en gros, on vient proposer des solutions. respectueuse de l'environnement face aux enjeux des espèces invasives.
- Speaker #0
On va y revenir largement dans le détail. Avant de rentrer plus dans le détail justement, comment tu résumerais ton parcours en une phrase à ce stade ?
- Speaker #1
C'est un parcours fait d'aventures, d'aventures humaines, de challenges, d'apprentissages et je dirais aussi de prises de recul et d'écoute.
- Speaker #0
Pas mal, pas mal, j'aime bien.
- Speaker #1
Ça fait beaucoup de choses en une phrase, mais je pense en tout cas que c'est ce qui me vient instantanément quand on en parle.
- Speaker #0
Et à tes enfants, donc tu as trois enfants, comment tu leur présentes ? Qu'est-ce qu'ils font papa ?
- Speaker #1
Alors avant, c'était hyper simple. Parce que je disais, papa, il fait des fusées ou papa, il fabrique des avions. Maintenant, je leur dis, mais ils le savent très bien parce qu'ils sont aussi embêtés, papa, il fabrique des pièges à moustiques.
- Speaker #0
Pas mal.
- Speaker #1
Peut-être le seul point commun, c'est en effet que ça vole. Voilà, c'est très différent. Sinon, en tout cas.
- Speaker #0
Alors, j'allais y venir parce que tu dis qu'il n'y a rien en commun. Tu as un profil ingénieur, tu viens d'une boîte d'aéros. Donc, il y a quand même de la technicité. pour le compte. D'ailleurs, ça me fait penser Pascal Rouex, qui est l'épisode 10 de notre podcast Confidence d'entrepreneur, était lui aussi ingénieur du monde de l'aéro. Alors lui, il a repris une entreprise, mais toi, tu as créé. Et c'est de ça dont on va parler, c'est de la création d'entreprise et également de l'accompagnement de toutes les cellules, organismes qui existent autour du créateur d'entreprise, de l'entrepreneur, d'ailleurs. Tu as commencé ta carrière dans l'aéro. Quand on a préparé cet entretien, tu m'as dit « Alors, c'est une énorme boîte dans laquelle tu étais. Et malgré tout, tu t'es senti l'âme du développement en intrapreneuriat, donc l'entrepreneuriat au sein même d'une entreprise. Est-ce que tu peux nous développer un petit peu ton parcours justement au sein de ce groupe ? Et comment tu en es arrivé à te dire finalement je veux me lancer ?
- Speaker #1
Moi, j'étais un passionné enfant. J'habitais près d'un aérodrome, les avions me fascinaient. J'avais aussi l'envie de découvrir une entreprise d'abord par l'humain et par le terrain. C'est pour ça que j'ai démarré en production dans un environnement industriel. Et j'ai travaillé dans un environnement fascinant, c'est-à-dire dans l'ouest parisien, chez Airbus Defence Space, qui est devenu en effet Ariane Group aujourd'hui. Et là-bas, en effet, j'ai eu très vite pas mal de responsabilités. D'abord en charge du contrôle qualité d'une unité mécanique, puis ensuite je suis passé dans une unité composite où j'étais responsable de prod. Mais c'était une entité où on livrait des produits un peu partout dans le monde, à haute technicité, et je me suis absolument régalé. Et j'avais finalement pas mal d'autonomie. de capacité à faire bouger les choses avec une équipe et du coup le sentiment d'être déjà une forme d'intrapreneur. Et je suis arrivé ensuite à Toulouse sur la partie commerciale du coup au bord de cette très belle usine de Saint-Éloi chez Airbus où finalement c'était pareil. Je me suis rendu compte que ce que j'appréciais moi c'était l'aventure, c'était de faire bouger les lignes avec une équipe et avec une capacité aussi à moi me mettre dans des situations d'inconfort en tout cas pour aller chercher. pour apprendre et en tout cas me faire bouger, me mettre en mouvement. Et du coup, chez Airbus, j'étais en charge de m'occuper de la montée cadence, du ramp-up, du 3-20, le fameux single-hale, ce qu'on appelle le monocouloir, la 3 places, 3 places. Et moi, je m'occupais en effet de la partie industrielle du mad-reacteur, donc d'une partie de l'avion. Et c'était vrai que c'était un formidable challenge industriel où il fallait changer pas mal de choses, faire évoluer pas mal de choses en embarquant une équipe assez large. Et du coup, cette dimension d'intrapreneur où on vient écrire une histoire qui n'existe pas encore, où il va falloir embarquer un collectif, embarquer des partenaires industriels, embarquer des clients. C'est quelque chose que j'utilise énormément aujourd'hui, cette expérience-là. Et aussi sur la compréhension de, finalement, qui j'étais au tout début de ma carrière et qui, finalement, j'étais après cette première expérience dans le spatial. Et après, cette deuxième expérience dans l'aéro, côté commercial, m'a beaucoup permis d'évoluer personnellement et d'en faire quelque chose aujourd'hui en tant qu'entrepreneur, entrepreneur maintenant, chez ma boîte à musique, maintenant, InvaScience.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui t'a conduit à, finalement, prendre du risque et à quitter Airbus ? Alors que tu étais quand même à un poste à responsabilité, avec j'imagine un bon salaire, des projets intéressants. C'est l'idée que tu as eue, c'est l'idée de travailler en solo sur ton propre projet. Comment tu es passé de directeur projet, on va dire ? Enfin, ce n'est pas le bon terme, j'imagine, mais je m'en vais et je vais créer ma boîte.
- Speaker #1
Alors, je pense qu'en tout cas, pour moi, j'avais ça dans mon ADN. Je pense que moi, j'étais en tout cas impacté par... Voilà, forcément de manière positive, mais mon enfance, je suis né à Lille, dans une famille d'industriels, avec des entrepreneurs, mes grands-parents, mes parents, mon père notamment. Et du coup, c'est quelque chose que je ressentais avoir en moi, et du coup que j'ai d'ailleurs pu développer d'abord chez Airbus. Mais quand je me suis arrêté, notamment à la fin de mon expérience dans le spatial, je me suis dit « attends, qu'est-ce que tu veux vraiment ? » Et à chaque fois, je revenais sur la dimension en effet de porter un projet avec une équipe, une aventure, prendre du risque. C'est ce qui me fait lever le matin en tout cas. Et j'ai pu développer ça chez Airbus, mais très vite en tout cas. Chez Airbus, je me suis rendu compte que j'ai développé cette dimension d'entreprenariat. Et après, l'entreprenariat, ça m'est tombé dessus. Mais assez naturellement, c'est-à-dire que c'est d'abord une balade dans les Pyrénées avec un très bon pote. Et on se retrouve dans la même bagnole au retour. Nos femmes sont finalement dans leur voiture aussi de leur côté. Et là, on écrit une... Un début de cette histoire de ma boîte à moustiques, moi en partageant finalement le fléau du moustique-tigre dans l'environnement toulousain où je venais de déménager. Et lui, avec son expertise dans le biogaz qui venait de chez Air Liquide, on se dit mais attends, il y a quelque chose à faire. Au début, c'était une blague et finalement de cette blague est né un projet. Et en fait, on s'est rendu compte qu'on apprenait énormément parce qu'on a commencé à se retrouver tous les midis, juste à la pause café pendant nos vacances, pour se dire attends, mais est-ce qu'on pourrait faire ça ? Est-ce qu'on pourrait faire ça ? On a commencé à créer un prototype finalement dans notre garage. À un moment donné, ce prototype, je l'ai mis chez moi. Puis derrière, chez des amis qui m'ont dit « Attends, Romain, je veux le garder. » Et puis derrière, ils nous ont dit « Mais il faut créer quelque chose. » Donc, on a une forme de prise de conscience à ce moment-là, de se dire « Attendez, il y a peut-être quelque chose à faire. » Et il y a un peu le sentiment de l'imposteur au début, quand on crée aussi un produit. Et ensuite, on s'arrête avec Guillaume et on se dit « Waouh ! » En fait, il y a quelque chose. On se rend compte qu'à titre personnel, on est en train d'apprendre beaucoup de choses et très rapidement, sur nous-mêmes, avec une vraie volonté d'entreprendre. Est-ce qu'on va plus loin ou pas ? Et là, on s'est dit tous les deux Pourquoi pas aller plus loin, mais on s'entoure. Et ça, ça a été vraiment un moment clé à deux. On s'entoure et on s'entoure d'abord pour se dire comment on va se poser à deux en termes d'association. Parce qu'on est d'abord des potes et des très bons potes. C'est quand même mon témoin de mariage. Donc, on se pose ici avec nos femmes. Parce que Guillaume est aussi marié à des enfants. Et du coup, on a un enjeu de protéger aussi la relation qu'on avait ensemble. Et du coup, très vite, on s'est entouré. On a rencontré un mec super. Il s'appelle Philippe Jobert. Donc, on a cherché dans nos réseaux d'école, etc. Donc, il a un incubateur dans le Gers. et c'est une personne en tout cas qui tout de suite nous a posé les bonnes questions. Nous, on était prêts à l'écouter. Oui, pardon, je te laisse réagir Thomas parce que là, je suis parti. Oui, oui. Tu m'as arrêté.
- Speaker #0
Tu es parti comme un V2, comme on dit. Tu es parti un peu vite. On va y revenir. Oui, oui, bien sûr. On va y revenir sur le Gers. Mais au début, lui aussi, il est dans la même boîte que toi ou il est toujours chez Air Liquide au moment où vous commencez à avoir cette idée, etc. Non.
- Speaker #1
Lui, moi, je suis chez Airbus. Lui, chez Air Liquide. Moi, je suis à Toulouse. Lui, à Grenoble. Donc, vraiment rien à voir. On se retrouve juste dans les Pyrénées parce qu'on est bons potes.
- Speaker #0
OK. Et donc, le projet commence, on va dire, c'est un side project. Je n'aime pas trop les anglicismes, mais voilà. C'est un projet à côté. Vous le développez. Donc, vous avez ce premier prototype que tu testes, etc. Déjà avec une idée de se dire on va le vendre et on va en faire quelque chose.
- Speaker #1
Au début, je pense qu'il y a forcément une petite flamme en nous, une lumière en tout cas, où on se dit, attendez, il y a peut-être quelque chose à faire. Mais au début, c'est d'abord moi à titre perso pour mon confort. Et parce que j'aime bien aussi toucher des mains le produit. J'aime bien développer. Et je pense avec Guillaume, on peut faire quelque chose. Mais vite, on se rend compte qu'il y a un gros potentiel.
- Speaker #0
Mais tu avais déjà créé quelque chose de tes mains, un peu en mode je vous trouve tout ? Non,
- Speaker #1
c'était vraiment la première fois. Par contre, j'avais des discussions avec des réseaux d'amis, etc. assez proches, qui étaient aussi dans une phase où il y avait eu diverses expériences et qui étaient dans une phase où ils cherchaient à entreprendre, à reprendre. Et donc, j'avais quand même déjà allumé pas mal de lumières, en tout cas en moi, je pense. Et j'étais finalement, je pense, prêt. en termes de maturité pour pouvoir lancer un projet en tant qu'entrepreneur. J'avais été aussi sur un sujet avec mon père qui avait proposé de reprendre la boîte familiale et sur lequel je m'étais dit, bah non, pas encore, parce que ce n'est pas forcément ce que je recherchais à ce point-là.
- Speaker #0
Tu me tentes beaucoup trop de branches. D'après toi, est-ce qu'il y a un moment où on est prêt ? Est-ce qu'il faut être prêt dans sa tête ou est-ce qu'il faut être prêt dans son organisation pour entreprendre ? Parce que tu vois, moi, j'ai plein de gens autour de moi qui me disent, ouais, j'aimerais bien entreprendre, mais on a un enfant à bas âge ou on a envie d'avoir un enfant il faudrait qu'on déménage, etc. Et en gros, ils pensent être prêts dans leur tête et peut-être qu'ils se trouvent des excuses. Toi, ta famille, tes enfants étaient petits, etc. Qu'est-ce qui fait que tu t'es dit, allez, cette fois-ci, les planètes sont en lignée, c'est parti ?
- Speaker #1
Je pense qu'il n'y a pas une histoire, mais il y a des histoires. Il y a en effet une notion de quand même bien se connaître. Et après, il y aura une dimension aussi de... On peut se cacher parfois, mais à un moment donné, il faudra plonger. Il y a une dimension aussi de risque. Quel niveau de risque on est prêt à prendre ou pas ? Moi, je suis... plutôt je suis capable de prendre des boris, mais je suis aussi vraiment en gestion derrière. Donc en fait, par responsabilité pour ma famille, etc. Et j'ai été aussi, derrière moi, bien accompagné par ma femme, qui m'a dit à un moment donné, on n'a qu'une vie, enfin voilà, fonce. Donc je pense qu'il y a tout un écosystème qui fait que vous en interne, vous allez être relativement mûrs pour lancer un projet, mais derrière, attention, ça va se mûrir au fur et à mesure, et il faut que votre écosystème, il puisse vous suivre, et que vous soyez prêts aussi, à un moment donné, à avoir des vraies portes qui se ferment. et quand même à les ouvrir. Et donc ça, ça ne se décrète pas. Je pense que ça se découvre. Il y en a qui vont le découvrir au bout d'une, deux, trois expériences. Il y en a qui ne vont jamais le découvrir, même s'ils vont avoir l'intention. Il y en a qui vont beaucoup en parler. Il y en a qui vont le faire, oui.
- Speaker #0
Et combien de temps vous avez tenu en poste avant de décider de partir pour vous mettre à 100% sur le projet ?
- Speaker #1
Donc Guillaume s'est d'abord lancé. Moi, j'avais en effet... Voilà, je suis aussi construit par des valeurs. Et du coup, vis-à-vis d'Airbus, j'adorais mon job. Je ne suis pas parti parce que je suis frustré du groupe. J'adore ce groupe-là. Et du coup... Moi, j'étais engagé en tout cas pour porter une transformation et porter un job pour une durée. Et du coup, mon but, c'était vraiment de respecter ça avant de pouvoir basculer, en tout cas dans cette aventure entrepreneuriale. Donc, Guillaume a basculé, lui, début 2022. C'est ça, je me remets un peu en arrière. Ça veut dire qu'il a vécu à peu près un an avec ce projet en parallèle de son job, peut-être un peu moins. Et moi, j'ai vécu deux ans avec ce projet en parallèle de mon job. Ce n'est pas ce que je recommande forcément, parce qu'il faut être prêt à charger quand même. parce que pour moi c'était... J'avais une vraie responsabilité chez Airbus et il était vraiment question que je la tienne pleinement. Mais il était vraiment question que je sois aussi avec Guillaume dans les temps off, c'est-à-dire le week-end, etc. pour supporter cette partie développement de boîte. Mais forcément, je n'avais pas les mains dans le cambouis comme lui les avait au début sur la partie industrielle.
- Speaker #0
Et il te restait des temps off, justement ?
- Speaker #1
Non, c'est une paire de... Alors si j'avais des moments de respiration, parce que je sais que moi, pour bien fonctionner, j'ai besoin de dormir. J'ai besoin de passer du temps avec mes enfants, mes proches et j'ai besoin de sport. Mais je ne peux pas dire que j'avais un temps de dingue. Et il y a eu des moments où j'ai des formes d'alerte d'un point de vue usure qui ont pu exister. Effectivement. Et ça, il faut... Heureusement que moi, dans mon projet, je n'étais pas seul, mais on était à deux.
- Speaker #0
Alors ça, c'est un point sur lequel je voulais t'entendre. Donc, Guillaume est à Grenoble, toujours. Il n'a pas bougé de Grenoble. Toi, tu es à Toulouse, toujours. Tu n'as pas bougé de Toulouse. Comment tu arrives à créer une boîte en étant en activité dans un job qui n'est pas fonctionnaire ? Enfin, je n'ai rien contre les fonctionnaires, mais tu devais te taper des bonnes journées. Avec un associé à l'autre bout de France, Grenoble est quand même particulièrement inaccessible quand on est dans le sud-ouest. J'ai fait un an d'études là-bas, donc je suis un peu au courant. La route est longue. Comment est-ce que vous avez réussi à maintenir le dynamisme, maintenir le tempo, maintenir la motivation, maintenir l'esprit d'équipe, alors que vous êtes à 700 kilomètres l'un de l'autre ?
- Speaker #1
Je pense que la clé pour nous deux, c'est... Déjà, je ne pensais pas entreprendre avec Guillaume, parce qu'en fait, on venait de la même école d'ingé aussi. Donc, on peut se poser la question de la complémentarité. La réalité, c'est qu'on s'est découvert une vraie complémentarité et un socle de confiance. On a une base en termes de valeur et de confiance mutuelle qui est... En tout cas, moi, j'ai parti en confiance en Guillaume. Je pense que ça nous a permis de bien avancer et aussi de se protéger mutuellement dans cette phase-là. Et donc, clairement, quand Guillaume... Enfin, on était l'année 2022, c'est vraiment lui qui l'a porté. Et du coup, moi, j'étais là pour l'aider sur certains points. mais avec toutes les limites parce que j'étais pleinement engagé dans mon travail chez Airbus. Et lui a trouvé aussi des supports locaux, notamment expérimentés, qui sont venus l'aider dans son expérience pour l'épauler aussi.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il a fait d'expérimenté ?
- Speaker #1
Expérimenté, c'était notamment quelqu'un qui s'appelle Jean-Luc, qui est venu l'aider à prendre du recul sur la partie industrielle, parce qu'on lançait la partie industrielle au niveau de la boîte. Et c'est quelqu'un qui avait été entrepreneur avant. En parallèle de ça, nous, dans les années 2022-2023, on était déjà lauréat finalement de réseau d'entreprendre. Et du coup, on avait aussi un accompagnement à deux par un membre du réseau à la suite du parcours à mon. On pourra peut-être revenir dessus, mais ces moments à deux avec un entrepreneur qui s'appelle Arnaud, c'est génial. C'est-à-dire que c'est qu'une heure, mais il va vous poser les bonnes questions et vous allez repartir vous avec plein de questions. pour vous permettre aussi de vous aligner à deux et de mettre les vrais sujets sur la table, c'est-à-dire, est-ce que tu vas bien ? Enfin voilà, est-ce que Romain, tu vas bien ? Est-ce que Guillaume, tu vas bien ? Quels sont vos sujets ? Et du coup, nous permettre de réfléchir. Et ça, cet ADN aussi, à deux, d'avancer avec d'autres et d'aller prendre du feedback des autres et d'accepter de se faire aider, d'une certaine manière, ça a été clé pour nous.
- Speaker #0
Comment vous avez fait pour le réseau Entreprendre ? Alors là, c'est purement technique. Vous êtes, encore une fois, très espacé géographiquement. Il y en avait un des deux qui venait. C'est le réseau Entreprendre Toulouse déjà ou Grenoble ?
- Speaker #1
Alors, c'est Réseau Entreprendre Toulouse. Donc, la société a été créée à Toulouse. C'est vraiment l'écosystème toulousain qui nous a énormément aidé et de la région. Et du coup, au tout début, on est passé en effet par Réseau Entreprendre Occitanie-Garonne. Et Guillaume se déplaçait. Ou on a eu des moments aussi en visio. En tout cas, on a pitché ensemble au tout début. On a fait tout notre parcours à Mont aussi ensemble. Mais là, c'était à distance, ça se faisait bien au téléphone. C'est vrai qu'on a appris aussi à travailler à distance, ce qui est aujourd'hui une force dans la boîte.
- Speaker #0
Alors. On va le préciser aussi, mais la boîte aujourd'hui marche sur deux jambes. Tu as des bureaux à Toulouse, là où nous sommes là ce matin, et tu as également des bureaux à Grenoble. Donc, tu as deux équipes finalement.
- Speaker #1
Oui, alors je dirais que oui, on a deux équipes, mais la boîte, ce n'est pas juste Grenoble-Toulouse. C'est finalement une entreprise que j'appellerais étendue. C'est-à-dire qu'on a plein de partenaires industriels, on a plein de partenaires distributeurs, on a plein de partenaires de recherche et la boîte, elle doit savoir travailler à distance et créer un vrai sentiment d'appartenance. Et aujourd'hui, c'est une vraie force pour nous que d'avoir ces deux bureaux, parce qu'on est bien implantés localement, mais surtout, on a fait en sorte que nos équipes arrivent à travailler ensemble, aussi à distance, et du coup arrivent à travailler avec les partenaires. Et ça, c'est aujourd'hui vraiment une force, alors que pas mal de personnes au début de la création de la boîte l'ont vu comme un risque. Et ça permet aussi d'avoir des moments de respiration et aussi des périmètres bien gérés entre Guillaume de son côté, moi du bien. Guillaume va être plutôt sur une partie industrielle, opération et recherche, quand moi je vais être plutôt sur une partie voilà euh commercial marketing, même si ce n'était pas mon métier historiquement. Mais ça permet, je ne pense pas qu'en fait, travailler au quotidien ensemble, ça aurait peut-être été plutôt un sujet de besoin d'alignement permanent, alors que là, on prend vraiment plaisir à avancer ensemble. On a des besoins de se retrouver aussi pour réfléchir sur la stratégie moyenne interne de la boîte ou s'aligner sur des vrais sujets entre guillemets. On prend plaisir à se faire accompagner. Là, on est dans un booster côté aussi réseau d'entreprendre. On a ces besoins-là, mais c'est plutôt une vraie force pour la boîte. Et c'est peut-être quelque chose à découvrir pour certains aussi. d'avoir deux entités avec des associés à distance, mais qui arrivent à travailler ensemble.
- Speaker #0
Et en termes d'équipe, comment tu fais ? Il y a la boîte à moustiques Gornom, la boîte à moustiques Toulouse, il n'y a qu'une seule boîte à moustiques ?
- Speaker #1
Non, il n'y a absolument qu'une seule boîte à moustiques. Donc maintenant, Invascience. Voilà, il y a deux sites, mais il pourrait y en avoir un troisième demain à l'étranger ou autre. Ce ne serait pas un sujet. On va avoir une organisation, évidemment, aujourd'hui, qui va être plutôt centrée sur le commercial, le marketing, la partie un peu service client et pour partir aider sur Toulouse. la partie voilà opération, maîtrise de toute la partie supply chain, etc. Et la partie R&D aussi labo va être sur Grenoble. Mais je dirais qu'aujourd'hui, quelqu'un de notre équipe dit je suis à Grenoble, je bascule à Toulouse, il n'y a aucun problème, et vice-versa. Et ça, c'est plutôt une force.
- Speaker #0
C'est quoi, selon toi, le jour 1 de ton aventure entrepreneuriale ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. C'est une très bonne question. Je pense quand même la rencontre avec Philippe Jobert, qui nous a vraiment posé la question Merci. de l'association à deux. En fait, notre aventure entrepreneuriale, c'est d'abord une aventure humaine. Il y a un deuxième point qui me revient forcément, c'est la première vente aussi.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, on est des ingés et d'ailleurs, nos coachs côté raison d'entreprendre, ils nous ont énormément poussé sur le fait de dire, les gars, c'est bien, vous savez développer des produits, etc. Vous les avez testés d'un point de vue efficacité par des autorités indépendantes, vous savez gérer des projets, etc. Mais maintenant, il va falloir vendre, il va falloir vendre, il va falloir savoir vendre. Et du coup, je pense qu'on nous a bien mis ça dans le crâne et je pense que c'est aussi le but de ce type d'accompagnement. C'est d'arriver à finalement d'avoir l'effet miroir permanent par différentes personnes qui vont vous permettre de grandir et de prendre conscience de où vous en êtes et ce que vous allez encore écrire.
- Speaker #1
Bon allez, on va ouvrir le chapitre sur les structures d'accompagnement. Je reviendrai sur mes autres questions plus tard, mais la perche est trop belle pour ne pas être saisie. On l'a dit, vous n'étiez pas tout à fait du monde de l'entrepreneuriat et de la gestion d'entreprise. Vous avez tout de suite voulu vous adosser à des structures d'accompagnement. Donc il y a des incubateurs, on y reviendra plus tard. plus tard, mais il y a aussi le réseau d'entreprendre, le CJD, l'APM, etc. Peut-être qu'on peut revenir sur l'histoire de l'incubateur dans le Gers, parce que Toulouse, Grenoble, Gers, ça commence à faire beaucoup de destinations géographiques. Est-ce que tu peux nous expliquer comment ça vous a aidé à vous structurer, à vous lancer au départ, ce fameux incubateur, et ce rôle de coach, c'est quoi son rôle ?
- Speaker #0
En effet, je parle du Gers, parce que je me rappelle de ce premier déplacement avec Guillaume, pour aller rencontrer, je crois, un samedi matin, du coup, Philippe Jobert, qui avait son petit incubateur, en effet, dans le Gers. Il nous a d'abord expliqué que c'était globalement le centre de la France, qui vivait en plus dans la capitale du Gers. Mais le but, c'était d'abord une rencontre pour nous, pour se dire qu'on a besoin d'avoir un peu l'effet miroir d'un entrepreneur qui accompagne et qui a accompagné les structures pour nous dire voilà où on en est et nous aider à réfléchir. Mais ce n'est pas Philippe Jobert, finalement, c'est quasi un coach, une belle rencontre, mais ce n'est pas encore un incubateur. Par contre, il nous a permis de cheminer sur principalement l'association. sur sortir notre premier produit d'un point de vue industriel, nous pousser à commencer à le vendre, à réfléchir à ça, à le tester de manière indépendante, en tout cas nous faire réfléchir pour passer les premières étapes et surtout derrière nous dire, les gars, maintenant, si vous voulez vous faire entourer, il faut passer côté, par exemple, Réseau Entreprendre. Et lui était au Réseau Entreprendre et du coup, nous a préconisé en tout cas de faire le parcours à Monts, ce qu'on a fait. Et derrière, ça nous a permis en effet d'avoir encore plus d'écho sur notre projet, dans le parcours à Monts. Et derrière le parcours L'Oréal, c'est à la fois un parcours avec des entrepreneurs qui sont en train de vivre une histoire différente, mais sur plein d'aspects similaires à ce que tu vis en tant qu'entrepreneur. Et en plus, une phase de deux ans où vous avez un entrepreneur qui a vécu plein d'expériences avant vous et qui va vous aider, pas à trouver des solutions, mais à vous poser des questions, et souvent les bonnes, qui vont être très pertinentes par rapport à où vous en êtes, et en même temps avec beaucoup de bienveillance. Parce que parfois, quand vous êtes un peu plus dans le dur, il va savoir aussi trouver les mots, en tout cas donner de l'énergie. Mais il va aussi savoir mettre des vrais sujets sur la table pour nous permettre d'avancer. Nous, c'était Arnaud Lecoeur, notamment, qui nous a permis d'avancer. D'ailleurs, merci à lui, parce que cette phase-là, elle était précieuse.
- Speaker #1
Alors, je continue l'auto-promo. J'en profite. Mais il y a un épisode spécial dédié au Réseau d'Entreprendre dans l'émission hors-série La Boîte à Outils. N'hésitez pas à aller l'écouter. On parle pendant une vingtaine, trentaine de minutes du Réseau d'Entreprendre. On le présente avec Sébastien. Pour ceux qui veulent plus de renseignements sur le Réseau d'Entreprendre. Donc, finalement, vous avez été incubé. Alors, je ne parle pas du Gers, mais de manière générale, où vous avez démarré directement avec le réseau d'entreprendre plus l'incubateur. Comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
La première étape, en fait, pour nous, c'est qu'on a cherché à chaque fois à se dire par rapport à où on en était, quels étaient les outils à notre disposition et comment, en fait, on avançait avec d'autres et pas seuls. La première étape pour nous, c'était en effet créer une boîte, créer un premier business case, prendre aussi ce côté effet miroir par des entrepreneurs. Et là, le réseau d'entreprendre est formidable pour ça. vous permet déjà... Il faut être prêt à l'accepter quand même, il faut être prêt à écouter réellement, à se mettre un peu à nu, mais il vous permet d'avancer et personnellement et à deux en tant qu'associé et de faire progresser aussi votre boîte par rapport à où elle en est, de la faire monter en maturité. Ensuite, l'étape d'après pour nous, ça a été de se dire, ok, mais clairement, on ne sait pas vendre, on n'a pas ce modèle-là. Et là, il y a un incubateur sur la dimension innovation en région et notamment à Toulouse qui est l'incubateur nouveau qui nous a permis vraiment de faire un coup de boue sur la partie market et commercial. C'est-à-dire que l'incubateur Nugo est... a vraiment cette capacité, nous a permis en tout cas nous qui étions ingénieurs, de vraiment travailler cette dimension à la fois financière, commerciale et marketing, avec des experts et des mises en relation. Et cette phase-là était importante pour nous, elle a été conclue par une première levée de fonds, qui n'était pas une grosse levée de fonds, mais où derrière nous, quand vous recevez votre première LOI, que vous ne captez absolument rien, et que vous avez l'impression un peu de vous faire avoir aussi, en fait il y a quelqu'un à côté de vous qui va savoir vous coacher, ou vous orienter vers les bonnes personnes pour dire comment j'avance sur ces dimensions-là. Et ça, ça a été aussi un moment clé pour nous, cette première incubation chez Nouveau. On a fait, on le verra, une accélération aussi chez Nouveau derrière et on a aussi été accompagné par Occitanie Invest. Donc finalement, on a passé les différentes marches qu'on peut nous proposer, en tout cas en Occitanie, sur l'écosystème de l'innovation et chaque étape, en fait... Chaque coaching ou incubateur nous a permis de grandir sur une dimension en particulier.
- Speaker #1
On a parlé également du CJD, de l'APM. Est-ce que pour toi, c'est pareil des organismes, des associations qui te font évoluer, toi en tant que dirigeant ou ton entreprise ?
- Speaker #0
Les incubateurs, les accélérateurs, etc. tels que Nubo, Occident Any Invest, ces mécanismes-là, c'est très orienté sur la partie business au sens large. à 360 degrés. Il y a un peu d'introspection, mais quand même moins que ce qu'on va retrouver côté CJD et APM.
- Speaker #1
Et réseau Entreprendre.
- Speaker #0
Et réseau Entreprendre. Réseau Entreprendre, c'est vraiment la première brique qui permet de poser où on en est, où est-ce qu'on veut aller ensemble, etc. Le CJD, finalement, alors moi, je ne fais pas partie du CJD, mais Guillaume, mon associé, voilà, on fait partie. Je pense que ça lui permet de relire une partie de son parcours, une partie de son mode de fonctionnement au quotidien et de grandir avec d'autres entrepreneurs. par des principes de co-développement, etc. Moi, au niveau de l'APM, ce que je suis venu chercher après 50 boîtes, c'est de se dire que la boîte se développe, j'ai besoin d'avoir des moments de respiration à titre personnel pour réfléchir sur des thématiques qui peuvent être diverses, mais qui vont alimenter à la fois ma dimension parfois personnelle, mais aussi ma dimension personnelle. Typiquement, on va avoir des experts sur la dimension parfois géopolitique, mais qui peuvent influencer le monde dans l'entreprise. Mais on va avoir aussi des experts sur des dimensions très personnelles liées à la psychologie. qui permet une introspection assez profonde sur notre vie personnelle et professionnelle.
- Speaker #1
Quand on a préparé cette interview, tu m'as dit, et ça m'intéresse, c'est pour ça que je vais te citer, quand on a une idée ou un nouveau business pour l'entreprise, la première question qu'on se pose, c'est qui on va aller voir pour discuter du sujet ?
- Speaker #0
Oui, alors ça, peut-être que j'ai une chose à transmettre aujourd'hui, c'est une rencontre à l'époque que j'avais faite chez Airbus, où on m'avait dit, Romain, c'est quoi l'entraide pour toi ? Et c'était une réflexion qu'on avait eue en équipe. Et en fait, l'on traîne... La majeure partie du temps, moi, a priori, la première fois quand on me dit l'entraide, c'est aider l'autre. Et du coup, toute la réflexion a été de dire oui, mais aider l'autre, finalement, c'est assez simple. D'ailleurs, quand on parle d'entraide, on dit je vais aller aider la personne à côté de moi qui peut galérer, etc. Non, l'entraide, en fait, c'est aussi accepter de demander de l'aide et de lever la main. Et en fait, je pense que dans l'entreprenariat, ça demande aussi de mettre sa fierté de côté. Et je pense que pour moi, en tout cas dans mon parcours, pour avancer, évidemment, il faut savoir prendre des décisions. On va pas avoir les mêmes réactions. il y a un incendie, il faut réagir vite et là, il n'y a pas de question de prendre du recul, de réfléchir, etc. Non, ce n'est pas la question. La question, il faut savoir aller vite. Mais il y a des moments où on va réfléchir sur la stratégie de la boîte ou sur des métiers qu'on ne maîtrise pas. Par exemple, moi, le commercial, je ne maîtrise pas bien. Comment je vais structurer ma partie commerciale ? Il faut que je puisse m'entourer. Il faut que je puisse aussi accepter de dire, là, je suis en butée et peut-être que je ne suis pas la bonne personne pour réfléchir seul là-dessus. Et du coup, avec Guillaume, je pense qu'on a vraiment cette capacité d'aller très vite sur certains sujets, mais aussi, on a appris, je pense. à écouter et à se dire qu'on avait besoin de ça pour avancer. Ce qui fait que là, par exemple, on est maintenant dans le booster de réseau d'entreprendre. Beaucoup nous auraient dit, attendez, pourquoi vous avez besoin de ça ? Vous êtes fait accompagner par finalement réseau d'entreprendre, puis Créalia, le fonds d'amorçage, puis Nubo, puis etc. Non, à ce moment de la vie de la boîte, on est sur un vrai projet de croissance où on va encore découvrir de nouvelles étapes qu'on ne connaît pas. Et en fait, c'est comment on nous aide à finalement voir ces étapes et à réfléchir sur ces étapes-là qui vont nous arriver dans la gueule. en collectif, ou en tout cas nous amener le côté effet miroir. Parce que tous les jours, en tant qu'entrepreneur, quand vous êtes salarié, finalement, vous avez des petites perturbations, vous apprenez à les gérer, elles sont de plus en plus grosses, etc. Quand vous êtes entrepreneur, franchement, d'un point de vue émotionnel, vous pouvez monter hyper haut, mais descendre très bas en 24 heures. Et donc ça, c'est toujours bien de pouvoir relire ces expériences avec d'autres.
- Speaker #1
Tu penses que c'est se protéger que de ne pas accepter de se faire secouer ? Tu vois, par exemple, quand tu es très haut et très bas, finalement tu peux arriver à atteindre une certaine stabilité si tu te fais pas challenger tu vois ce que je veux dire, il y en a qui pour s'auto-protéger, faut accepter d'aider mais de se faire aider il y a quand même plein de gens qui ne veulent pas se faire aider pour s'auto-protéger c'est pas sous le bon angle je pense mais ne souhaitent pas justement se faire challenger je
- Speaker #0
veux pas être donneur de leçons moi en tout cas là dessus, parce que je pense que chacun aussi a son propre besoin je pense que c'est une vraie, par contre une vraie erreur de se dire j'avance seul et encore plus j'avance seul quand ça va bien quand ça va bien c'est aussi le bon moment pour justement aller prendre de l'accompagnement à droite à gauche, s'entourer pour des phases plus complexes parce que dans les phases plus complexes c'est encore plus dur d'aller demander de l'aide et donc moi je suis convaincu pour une boîte vivre bien et puisse écrire ses prochaines étapes il faut que l'entrepreneur ne soit pas seul et qu'il puisse réellement s'entourer dans des véritables salles de confiance mais ça veut dire qu'il doit avoir la capacité de lever la main, et ça je pense que c'est le plus dur.
- Speaker #1
Par exemple, tu vois ton changement de nom. La boîte à moustiques, c'est facilement identifiable. C'est marqué dessus. Donc, c'est facile de comprendre ce que vous faites. Je suis conseil finance et transmission. Je suis de la même équipe. Là, vous changez pour un nom un peu plus technique. C'est pour des vertus d'export. Mais tu vois, par exemple, est-ce que tu as challengé le changement de nom auprès des différents organismes avec lesquels tu travailles aujourd'hui ?
- Speaker #0
Oui, absolument. Alors, ça ne veut pas dire qu'à un moment donné, tu vas avoir différents avis. et d'ailleurs il faut accepter aussi la contradiction et il faut aussi savoir à un moment donné, je le disais tout à l'heure, décider il faut que tu saches décider en tant qu'entrepreneur ça veut pas dire attendez on se pose 20 000 questions on avance pas, c'est sur un nom de marque ça a été franchement des gros sujets pour nous parce que avec pas mal d'avis et parfois des avis divergents et à un moment donné tu arrives en me disant bah j'ai pris différents avis et là il faut que je tranche et que j'avance finalement c'est un conseil d'administration externalisé quoi oui C'est une bonne question pour nous, parce qu'aujourd'hui, au niveau de la boîte, on a aussi un board. Du coup, on a différents investisseurs, parce qu'on a fait deux levées de fonds. Donc, une première avec un investisseur à succès dans le vélo électrique, notamment, qui avait à partager, en tout cas, son expérience industrielle. Et là, en fait, la boîte est à l'équilibre, mais décide d'investir fort en R&D, quasiment un million d'euros sur trois ans. Et du coup, pour faire effet de levier dans cette phase-là, on a décidé de faire une seconde levée de fonds. Aujourd'hui, je dirais qu'on a un board d'investisseurs. Notre enjeu aujourd'hui, c'est comment on fait passer ce board d'investisseurs à un comité stratégique. Et est-ce que finalement, je pense que la bonne réflexion pour nous, c'est est-ce que les deux, c'est la même chose ? Est-ce que la boîte doit évoluer là-dessus et le booster de réseau d'entreprendre est notamment là pour nous donner ce côté effet miroir et nous faire grandir sur ces dimensions-là ?
- Speaker #1
Ça serait un sujet intéressant d'arriver à les faire évoluer comme ça.
- Speaker #0
Oui, c'est des sujets intéressants et je n'ai pas encore la clé. Avec Guillaume, on n'a pas encore la clé. Et d'ailleurs, dedans, évidemment, on est décisionnaire à la fin. Mais c'est aussi quelque chose sur lequel on doit avancer pour aller chercher de l'efficacité. Ou nous, on doit grandir. C'est-à-dire, est-ce que notre mode de fonctionnement avec le board est le bon ? Je pense qu'on a déjà pas mal de chemin, nous, à faire avant de dire on écrit la prochaine page.
- Speaker #1
Tu vois, ma femme que j'adore plus que tout, qui est expert comptable, qui a éventuellement des formations professionnelles liées à ses études et à son parcours. Dès que je lui parle d'une de mes idées, elle l'identifie instantanément. C'est un certain talent que je lui reconnais. les limites les freins, les risques, etc. Parfois, est-ce que tu ne penses pas que de confronter toujours tes idées à des gens qui ne sont pas forcément de ton secteur, ça ne peut pas tuer des bonnes idées dans l'œuf ?
- Speaker #0
Encore une fois, il faut savoir qui on est. Je pense que la clé, c'est cette capacité un peu de relecture interne, de se dire, OK, qui je suis aujourd'hui ? Est-ce que j'ai vraiment conscience d'une partie de mon inconscient ? Je pense qu'au fur et à mesure de notre carrière, on apprend un peu plus à comprendre réellement qui on est. Mais j'ai encore plein de choses à découvrir. Moi, je sais que j'ai une capacité à avancer. Guillaume aussi avec une grosse agilité et à décider. Et je pense qu'on a une vraie dimension entrepreneur au sens, on est capable d'écrire une histoire, il faut plutôt qu'on arrive, nous, à se focus sur certains sujets. Donc moi, ça ne va pas être mon sujet. Mon sujet personnel, j'ai une capacité d'entreprendre, de prendre des risques, etc. Mais j'ai ce besoin, en tout cas à titre personnel, de relire certaines expériences et aussi à des moments de décider. Des avis, je peux en avoir plein. Ce qui est important, c'est qu'à la fin, j'ai une forme d'alignement sur ma décision. Parfois, c'est entre une mauvaise ou une très mauvaise. au moins je sais pourquoi j'ai pris la mauvaise et je suis aligné avec la décision que j'ai prise et je sais passer à la suite. Je n'ai pas de regrets derrière sur ce que j'ai fait et je peux faire des erreurs et en fait c'est ok.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu différencies un réseau associatif d'un accompagnement classique, d'un cabinet de conseil ou d'un coach par exemple ? Est-ce que vous faites appel à des coachs d'ailleurs ou des cabinets de conseil ?
- Speaker #0
Pour moi, la clé ça reste l'objectivité. Comment on va chercher une vraie objectivité ? Et le côté associatif, en fait la personne n'est pas investie dans votre boîte, elle est là pour donner de son temps. Après, il y a des dimensions d'ego aussi, en fonction des personnes qu'on va rencontrer, mais ça, je pense qu'on arrive à le sentir. En général, c'est des personnes aussi à qui on a donné à l'époque et qui ont envie de transmettre, mais qui transmettent par plutôt une approche de coaching ou de questionnement, etc., parce qu'elles sont passées par là. Là, je pense que c'est le plus puissant et le plus efficace. Les approches de conseils, je ne les oppose pas. Les approches de, par exemple, on va avoir aussi parfois du conseil externalisé sur telle ou telle méthodologie, ça va vous permettre de passer un step. sur un sujet en particulier plus technique. Mais par rapport à vous-même, où vous en êtes, je trouve que le côté objectivité est très intéressant.
- Speaker #1
Et justement, est-ce que tu penses qu'il y a un cap que tu n'aurais pu ne pas franchir sans avoir fait appel au préalable à toutes ces associations et organismes ? Est-ce que tu penses que... Alors, l'histoire aurait été différente, mais si tu n'avais jamais rencontré le raison de reprendre, etc. Est-ce que tu penses qu'il y a un cap que vous n'auriez jamais réussi à franchir ?
- Speaker #0
Alors, je crois profondément à la résilience qu'on a avec Guillaume, à deux. des gens en tant qu'équipe, puisqu'il y a un socle de confiance, etc. Je pense plus qu'on aurait mis plus de temps et qu'on serait planté, par exemple, sur le début de l'association, sur le début de notre pack d'associés. Enfin voilà, on aurait fait plus d'erreurs qui nous auraient plus handicapés. Et à un moment donné, c'est peut-être notre santé aussi physique ou mentale qui aurait pu être impactée plus tôt ou plus rapidement. Donc ça, je ne sais pas le réclame, mais je crois quand même profondément à notre présidence. Et quand on a ça en tant qu'entrepreneur, c'est juste, je pense, du temps qu'on aurait vraiment perdu. Et après, les incubateurs, vraiment, il y a la dimension, voilà, conseil sur la dimension personnelle et la partie technique. Je pense que l'incubateur nouveau sur la partie vente nous a vraiment permis de passer un step, parce que c'était notre besoin, parce qu'on n'avait pas du tout ça dans l'ADN. Mais là, on est un peu plus sur la dimension technique, finalement.
- Speaker #1
Tu vois, il y a un discours d'Emmanuel Macron qui m'avait marqué à l'époque, en juin-juillet 2017, il me semble, quand il y a eu l'inauguration de Station F à Paris. Il avait fait tout un discours sur, justement, l'accompagnement des startups, qui est extraordinaire. Il y a un écosystème incroyable en France, beaucoup mieux que dans d'autres pays, Startup Nation, etc. et il disait que c'est à la fois une force mais ça peut éventuellement devenir une faiblesse également parce que les startups sont extrêmement aidées et à partir du moment où elles atteignent certains stades notamment le stade de la PME généralement elles se retrouvent toutes seules il n'y a plus rien pour les aider et finalement elles se retrouvent assez diminuées et c'est ce qui fait qu'on a un taux de casse au-delà de 3 à 5 ans des startups qui est assez important est-ce que tu partages cet avis ? alors c'est un discours de 2017 donc il est un peu vieux maintenant mais est-ce que tu es d'accord avec cet avis du fait qu'il manque peut-être quelques organismes pour continuer le tremplin au-delà d'un startup ou pas du tout ?
- Speaker #0
Je pense déjà que, en tout cas pour nous, une des clés, c'est de se dire, on est associé à une startup mais en fait, on est une PME. Du coup, dès le début, on a posé assez fort avec Guillaume qu'on veut construire une boîte qui ne dépend pas en permanence de fonds et qui attend son seuil de rentabilité. Et je pense qu'on a été bien aidés par aussi les incubateurs pour prendre conscience de ça, mais c'est quelque chose qu'on pose très fort et qu'on a posé très fort dans la boîte aussi avec les équipes. On ne veut pas vivre de levée de fonds en levée de fonds. Notre vision, elle est aussi d'avoir une vraie autonomie financière. Et typiquement, en 2024, on était déjà chez nous, en tout cas, à l'équilibre. Si on a fait une nouvelle levée de fonds, c'est simplement pour renforcer les fonds propres et préparer la boîte à continuer d'investir en R&D. Mais sur notre business géré de vente, on a déjà notre rentabilité associée. C'est simplement parce qu'on porte un projet de croissance qu'on va aller plus loin. Je pense qu'il y a une vraie attention à dire, est-ce que les business plans, moi, j'ai quand même vu beaucoup de boîtes, notamment dans l'écosystème, où je me suis dit quand on me présentait le business plan et les ambitions je me dis franchement j'y crois pas j'ai du mal et moi j'ai besoin de me raccrocher à du concret et je pense aussi que la partie qu'on appelle start-up nation sur certains points il faut aussi qu'on atterrisse et qu'on ait une forme de recherche de la rentabilité du point d'équilibre plus rapide que ce qu'on a eu fait ça j'en suis persuadé et sur la partie accompagnement moi je pense que aujourd'hui en tout cas mon point il serait finalement sur notre boîte on a besoin maintenant d'accès sur la partie internationale Merci. On a eu des premiers outils, mais c'est plutôt des propulseurs dans le cadre de BPI qui étaient très bien. Mais finalement, on aurait besoin de cette partie accompagnement un peu structuré, où là, ça va plutôt être un écosystème de plein de consultants, je dirais, mais c'est moins le besoin que j'en ai. Et je n'ai pas trouvé finalement le bon incubateur sur un, deux, trois ans dans la durée sur la partie internationale. Et là, c'est un vrai besoin qu'on pourrait avoir.
- Speaker #1
Tu travailles avec Atoufrance ou pas encore ?
- Speaker #0
Alors, Atoufrance, je suis en tout cas lié à Business France, oui. à tout l'écosystème. C'est peut-être le nouveau nom.
- Speaker #1
À l'époque, j'étais en Chine et en Australie. Je travaillais un peu avec Atoufrance, qui était une sorte d'ambassade pour les entreprises françaises pour pouvoir s'implanter dans un pays. Ils étaient implantés partout et ils aidaient les entreprises françaises à s'implanter.
- Speaker #0
Nous, on a interfacé avec la team France Export. Je pense qu'il y a eu un travail pour essayer de regrouper les acteurs. Maintenant, je trouve que par rapport à un incubateur, par exemple sur l'innovation, qui va bien nous aider à passer une étape où il y a un début et une fin, Là, j'ai trouvé par exemple le propulseur était bien pour la mise en réseau, pour prendre conscience de comment je devais structurer la boîte. Mais ce n'est pas un accompagnement par des entrepreneurs dans la durée. Et du coup, aujourd'hui, on doit piocher dans un écosystème qui est très riche en France, mais qui n'est pas encore suffisamment structuré pour aider une boîte comme la nôtre. Peut-être qu'on ne le connaît pas suffisamment non plus, mais en tout cas, dans l'écosystème, typiquement, on va s'approcher des CCE. On va s'approcher en effet de BPI France, on va s'approcher de la Team France Export. Mais je pense qu'il y aurait quelque chose à faire sur ces dimensions-là pour être plus fort.
- Speaker #1
Est-ce que tu es impliqué dans des associations ? Est-ce que tu es aujourd'hui membre du Réseau d'Entreprendre, par exemple, pour redonner un peu de ce que tu as eu ?
- Speaker #0
Je suis toujours chez Réseau d'Entreprendre, mais là, on est encore dans un parcours de formation, donc le booster, c'est-à-dire dans le cadre d'un projet de croissance qu'on porte avec Guillaume. Donc, on est accompagné encore dans cette phase d'accompagnement. Mais évidemment, j'ai vocation d'aller la transmettre. Je pense que je prendrai beaucoup de plaisir dans cette phase-là. Et pour moi, ça fait partie de l'ADN de Réseau. Je pense qu'on n'a même pas besoin de le dire, en fait. Moi, j'ai envie de le faire parce que j'ai vu tout ce qu'on m'a permis, en tout cas, de prendre conscience. Et c'était clairement un accompagnement clé. Et aujourd'hui, je fais partie aussi, en effet, de l'APM. Et c'est le début pour moi dans cette phase de découverte des experts et de mon groupe APM, mais qui permet aussi de relire certaines situations personnelles.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux présenter rapidement l'APM ? Parce qu'on ne l'a pas fait.
- Speaker #0
L'APM, je ne suis certainement pas la meilleure personne pour en parler puisque j'ai démarré, moi, il y a six mois. L'APM, finalement, c'est une association qui permet à des managers de rencontrer un certain nombre d'experts sur différentes thématiques pour continuer de progresser en tant que manager, pour mieux comprendre en tout cas sa dimension perso, pour mieux comprendre l'écosystème dans lequel on évolue et aussi pour continuer de maintenir une dimension de co-développement. C'est-à-dire qu'on va avoir des groupes d'une vingtaine de personnes, je pense qu'il y en a cinq à Toulouse. Ça va être en général des entrepreneurs qui vont avoir une boîte avec un certain nombre de salariés. et qui vont chercher eux-mêmes aussi à relire leurs expériences, à comprendre où ils en sont et à progresser en collectif.
- Speaker #1
C'est l'association pour le management ?
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Voilà. Et moi, je l'avais recommandé à l'époque quand mon père était encore en activité, d'y adhérer. Je l'ai poussé, poussé et il m'a amplement remercié en disant que c'était génial. Il y a des formateurs de très, très haut niveau et je pense que tous les mois, tu apprends un truc qui te fait évoluer et avancer.
- Speaker #0
Exactement. Par exemple, des sujets... Là, moi, je sors d'une session où c'est de la peur au courage. Avec quoi on va ressortir sur cette dimension-là ? Mais on va aller chercher des sujets un peu profonds, mais qui peuvent impacter notre dimension professionnelle et notre dimension personnelle naturellement.
- Speaker #1
Je ferai un épisode spécial sur la PM.
- Speaker #0
Ça marche.
- Speaker #1
Je ferai un épisode spécial.
- Speaker #0
Il y a plein de personnes, à mon avis, géniales à rencontrer sur ce sujet.
- Speaker #1
Pour revenir un peu plus sur vous, vous en êtes à quelle phase de votre développement ? Là, vous investissez un million d'euros sur de la R&D. Vous commencez à partir à l'étranger, à l'export, vous en êtes où ?
- Speaker #0
Alors en fait, la société est créée en 2021. 2022, premier exercice, on fait une centaine de milliers d'euros. On met un produit, finalement, on fait tester un produit. Donc ce qu'on appelle un piège à CO2, c'est quoi ? C'est grosso modo, c'est le principe du biomimétisme. Donc on va copier le comportement d'un humain pour attirer des moustiques. Juste pour expliquer le contexte initial. Donc au début, la boîte, c'est un monoproduit. Et du coup, c'est quelques premières ventes via des distributeurs. En 2024, on est passé de 100 000 euros à un peu plus de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires. Maintenant, on a deux marques, deux réseaux de distribution, un réseau pro et un réseau retail. On va distribuer nos solutions avec vraiment une dimension d'accompagnement, puisque le moustique-tigre, c'est complexe. Et aujourd'hui, la société, comment elle se projette finalement ? On a vocation à devenir un leader pour proposer des solutions innovantes et responsables sur les espèces invasives et en particulier le moustique-tigre, en développant nos marques pas seulement sur le marché français, mais en Europe et dans le monde, et puis avec des monoproduits, mais des gammes de solutions pour les espèces invasives et en particulier pour le moustique tigre. Donc aujourd'hui, la société, elle fait 2,5 millions de chiffres d'affaires, elle se développe fort et les priorités à l'étranger, c'est la Suisse, l'Italie, l'Espagne, mais d'abord les pays européens ensuite.
- Speaker #1
Pour vous deux qui veniez du monde de l'industrie à faire du B2B, enfin oui, techniquement un avion, tu le vends à une compagnie, est-ce que ce n'est pas très compliqué de passer à un produit Merci. quasi de grande distribution, de grande consommation, en B2C. Parce que finalement, le client final, c'est... Alors, il y a des municipalités. C'est vrai qu'on n'a pas présenté la société, mais tu as deux clients types. C'est les municipalités qui veulent chasser le moustique-tigre et le particulier slash professionnel restaurateur qui veut profiter de sa terrasse ou de sa piscine. Quelles étaient les difficultés que vous avez eues, vous, à passer au quasi B2C ?
- Speaker #0
Ce qui est très important, l'incubateur, typiquement, Nubo a joué tout son rôle en disant clairement, nous accompagnons... pas les sociétés B2C. Et du coup, ça a été posé très clairement, c'est-à-dire que nous, on est d'abord une société B2B2 quelque chose. Et ça, c'est important parce que ça a vraiment structuré la boîte dans son approche commerciale, à qui on vend, à qui on parle. Évidemment, il faut parler au client final, mais il faut parler d'abord à son distributeur et il faut structurer un modèle de distribution. Ça, on était incapables de le faire seul. Et donc, l'incubateur nouveau nous a permis de prendre conscience de ça et on s'est aussi fait accompagner sur des dimensions commerciales par... parfois des commerciaux externalisés qui avaient cette expérience forte, mais qu'on ne savait pas encore complètement payer, pour permettre de structurer cette partie distribution, et on a avancé par étapes. On n'avait pas cette compétence, ni cette expérience, clairement.
- Speaker #1
Oui, parce que c'est vrai qu'on ne l'a pas dit, mais aujourd'hui, vous vendez à des installateurs ou des magasins type Leroy, Leroy Merlin, etc. Vous n'êtes pas en contact direct avec les clients, finaux.
- Speaker #0
Non, on n'a pas vocation à être en contact direct avec les clients finaux, c'est-à-dire qu'on a deux marques, une marque pro qui est maintenant la marque, enfin anciennement ma boîte est aussi qui s'appelle Igno, et là où on va en fait passer via des installateurs qui peuvent être des spécialistes anti-nuisibles, des paysagistes et qui vont être formés par notre structure pour utiliser nos produits et bien les implanter et amener le bon niveau de service parce que le moustique c'est complexe. Et sur la partie en effet retail ou je dirais distribution généralisée, on va passer par des acteurs comme... En effet, le Roi Merlin, Castorama, les jardineries, boulangers, etc. Et on va nouer en effet des partenariats de distribution pour distribuer nos produits. Et le client final, comment il va être conseillé ? Lui, via une application.
- Speaker #1
Et comment tu te découvres le marché de la grande consommation ? Parce qu'il s'agit de ça quand même. Passer d'un produit purement industriel à un produit avec un utilisateur final, de nombreux utilisateurs finaux.
- Speaker #0
Je pense que dans la société à l'avance, on apprend au fur et à mesure. Au début, on était un petit peu en contact avec les clients finaux naturellement. Ensuite, on est passé par distributeur. Et ensuite, on s'est bien posé aussi en relisant ce qu'on était en train de vivre avec d'autres. Et on s'est dit quel est le cœur de la boîte ? Je pense que la clé, c'est ça. Et le cœur de la boîte pour nous, c'est la recherche, c'est le développement de produits. C'est du coup l'innovation, ce qu'on va amener comme solution sur le marché demain. C'est l'accompagnement, le service client, l'accompagnement de nos partenaires. Donc en fait, référencer en direct avec un acteur comme le Roi Merlin, et savoir animer ce type de point de vente, ça on ne sait pas faire. Et du coup, une des clés, c'est les partenariats. Et donc, on a noué notamment dans l'univers du retail, sur le marché français, par exemple, pour la partie plutôt jardinerie et la partie en effet GSB, donc grande surface de bricolage, on a noué un partenariat avec Evergreen Garden Care qui référence notre produit et eux, leur métier, c'est justement finalement de référencer dans cet univers de la grande distribution. Donc en fait, la clé dans notre développement et dans notre scale-up là, c'est aussi de se poser la question qu'est-ce qu'il y a de la valeur en interne et qu'est-ce qui est vraiment notre métier ? Et ce sur quoi en fait c'est moins notre valeur et comment du coup on noue les bons partenariats pour qu'on puisse être à succès sur ce métier-là.
- Speaker #1
Est-ce qu'aujourd'hui vous avez internalisé la ligne de prod ou vous vous traitez ?
- Speaker #0
Au tout début c'est pareil, je l'ai dit du coup juste avant en disant Thomas tu as vu, je n'ai pas cité la notion de production comme étant cœur dans la boîte. C'est vrai qu'aujourd'hui la boîte c'est quand même 90% de cadre dans les profils. Ce qui est clé c'est la recherche, le développement, l'industrialisation, la mise en série. Historiquement. tous nos produits étaient assemblés dans notre atelier. Maintenant, vu qu'on accélère fortement, notre métier, c'est en effet d'industrialiser, de mettre en série, de maîtriser le niveau de qualité et de s'appuyer sur des partenaires industriels. Pour les produits à valeur ajoutée, on passe en France. Donc, on les fait monter en puissance. On double source. Et ça, c'est aussi notre expérience industrielle qui permet de le faire. Parce que dans une scale-up, OK, il y a la dimension innovation, il y a la partie partenariat commercial, mais la partie industrielle, c'est un véritable enjeu dans notre métier.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui te passionne le plus aujourd'hui dans ton métier ?
- Speaker #0
Alors moi, ce que j'adore... d'or, mais depuis le début, c'est finalement le côté ce qui me fait lever le matin. D'ailleurs, je n'ai pas de problème pour me lever le matin, j'ai toujours plaisir à venir au boulot, mais ça va être de vivre une aventure avec des véritables challenges, avec une équipe, et l'équipe ce n'est pas juste la boîte, c'est l'ensemble des partenaires à la fois de recherche, industrielle, mais aussi nos partenaires distributeurs. Ça, c'est une formidable aventure française qu'on est en train d'écrire. Je veux dire, quand on se dit, tiens, c'est cool, tiens, c'est un ESA de celui de Sivert en Occitanie, en Lauser, qui fabrique notamment le piège. Malheureusement, les auditeurs ne peuvent pas le voir, mais le piège qui est derrière nous, qui est fait dans une tollerie à cet endroit-là, c'est fantastique. Il est fabriqué aussi par un industriel franchi à Agen et qu'on arrive à embarquer tous ses partenaires autour de nous. C'est vrai que c'est hyper chouette parce qu'on peut écrire des belles histoires, en effet, entrepreneuriales encore en France.
- Speaker #1
Tu as toujours voulu entreprendre, je pense. C'est depuis tout petit.
- Speaker #0
Alors tout petit, c'est pas le moustique qui vole, c'est l'avion qui vole. Donc c'est la passion d'abord pour les avions et l'aéro. Par contre, avec une vraie dimension déjà de comprendre l'entreprise par le terrain. Donc, je pense que j'avais... Je ne me suis pas dit, tiens, en école d'ingé, tiens, il y a une dimension entrepreneuriale, je vais lancer ma boîte et j'y vais tout de suite. Non, ça, ce n'était pas mon sujet. Vraiment, j'étais très attiré par l'aéronautique. Mais dans tout ce que j'ai appliqué, j'ai vraiment développé, on l'a évoqué, la dimension de l'intrapreneuriat. C'est comment, avec une équipe, porter un projet. Voilà, cool, mais en effet aussi très challenging pour arriver à écrire une histoire ensemble. La dimension de l'impact, elle est forte.
- Speaker #1
Finalement, tu arrives à créer des moustiques qui volent. Parce que je suis arrivé ce matin et j'ai vu qu'il y avait une naissance d'un bébé qui faisait 0,02 grammes. Et tu m'as expliqué que vous aviez votre première naissance de moustique en interne. Peux-tu nous expliquer ce que vous avez fait ? Il y en a suffisamment dans la nature.
- Speaker #0
Non, non. Alors en fait, on peut récupérer en effet des œufs. En fait, les œufs se trouvent malheureusement sur le moustique partout dans la nature. Il est arrivé en 2004. Maintenant, quasiment toutes les régions françaises sont concernées. En fait, on peut prélever juste à côté de nos locaux. en fait. Un œuf, alors il faut savoir le voir, c'est pour ça qu'on est des entomogistes dans l'équipe, des spécialistes de l'insecte, en tout cas du vivant. Et en effet, l'œuf, en fait, au contact de l'eau et dans certaines conditions, va générer une larve. Cette larve va suivre son cycle larvaire pour devenir une nymphe. La nymphe, c'est un peu comme la chrysalide pour le papillon. Et ensuite, on va avoir le moustique adulte, femelle ou mâle, qui va naître. Et du coup, pour nous, c'est en effet très important, au-delà de cette naissance, de bien comprendre le vivant pour développer les meilleurs produits et surtout pour pouvoir éduquer. parce que La clé sur le moustique avant les produits, c'est d'abord la pédagogie et la prévention. Et du coup, pour nous, on doit être, on se sent responsable d'être le vecteur de cette dimension-là pour qu'on puisse lutter tous ensemble avec des solutions plus responsables.
- Speaker #1
Parce qu'on n'en a pas parlé, mais ton million d'euros de développement de R&D, il est sur quel sujet ? C'est sur la capture, la prévention ?
- Speaker #0
Alors, on investit beaucoup de champs. On investit des champs sur la dimension d'efficacité, c'est-à-dire que nos pièges vont permettre d'abaisser le niveau de pression d'à peu près, on dit, 70% d'un rayon de 10 mètres, 10 à 15 mètres. Donc forcément, on voit aussi que quand on était piqué une dizaine de fois, si le produit est bien positionné, on va être piqué encore trois fois. Donc ça veut dire qu'il y a un potentiel d'innovation qui existe derrière. Et après, ça peut être aussi au niveau de l'usage, mais forcément, il y a des dimensions confidentielles associées à ces développements. Ce qui est sûr, c'est qu'on a un écosystème de partenaires qui travaillent avec nous et nous, on va être un architecte. On va nouer des partenariats, comme on le faisait chez Airbus, avec plein de partenaires français pour arriver à amener des solutions innovantes et de rupture sur le marché en France et à l'étranger demain.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu retires de ton expérience jusqu'à maintenant ?
- Speaker #0
Chez ma boîte à moustiques Slash Invascience ou chez toi ? Pour moi, à titre personnel, c'est d'abord un véritable épanouissement personnel. Quand j'étais chez Airbus sur une dimension opération, mon enjeu, c'était vraiment de découvrir ce que je valais aussi dans d'autres environnements, sortir de ma zone de confort. et toute la partie finalement très orientée commerciale, finance, juridique, gestion d'une entreprise, etc. C'était quand même assez éloigné et ça m'a permis de me reconnecter vraiment avec le terrain, la réalité des chiffres et aussi toute la difficulté que représente la réseau, le cash, etc. Mais aussi de découvrir une dimension juridique dans des univers complètement différents. On parlait de la grande distribution, on va nouer des contrats de partenariat, etc. Pour moi, ça a été un apprentissage sur plein de dimensions d'un point de vue technique et gestion d'une entreprise, mais aussi sur moi. en tant que personne, de quoi j'avais vraiment besoin, qu'est-ce qui était mon fuel. Je pense que j'ai encore plus de convictions aujourd'hui sur ce qui m'alimente, ce qui me permet d'avancer. Et en effet, je sais que mon socle, ma famille, un certain nombre de basiques sont clés pour que je puisse être bien. Et ensuite, j'ai une forme de liberté, même si on n'est jamais vraiment libre quand on est entrepreneur, il faut être très clair, mais qui me permet de découvrir plein de choses. Là, on rentre dans la partie internationale, c'est fascinant parce qu'on se prend des murs, mais on voit aussi des belles choses. du coup... Je pense que là, je suis dans une phase où je peux réussir à exprimer mon plein potentiel. Le point de vigilance, c'est d'arriver à bien me connaître pour aussi comprendre mes limites et m'entourer pour réussir à passer les prochains steps.
- Speaker #1
C'est quoi ton plus gros succès ?
- Speaker #0
C'est l'association avec Guillaume. Parce qu'en fait, on est d'abord amis. On est d'abord très potes aussi en tant que famille. Et du coup, on a dit qu'il faut absolument qu'on préserve ça et qu'on trouve une forme d'équilibre et des pas de nouillissement tous les deux. Et aujourd'hui, on... J'ai beaucoup de chance d'avancer avec lui en tant que personne. Mais surtout, je trouve que notre manière d'avancer est très puissante et efficace. Du coup, je peux avancer sereinement avec quelqu'un comme Guillaume.
- Speaker #1
Quel est le conseil que tu donnerais à quelqu'un qui se lance dans l'entrepreneuriat ?
- Speaker #0
Ce serait tout de suite s'entourer et ne pas hésiter à s'exposer. S'exposer parfois à des critiques, s'exposer à d'autres avis. En tout cas, vraiment les écouter. On n'arrivera pas à tout écouter, mais je pense qu'avec son expérience, avec nos expériences en tant qu'entrepreneurs, Si on est capable de se regarder dans le miroir, je pense qu'on peut aller très loin.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu dis à ceux qui ont peur de la copie ?
- Speaker #0
Ça veut dire quoi ?
- Speaker #1
Tu exposes une idée et il y a plein de gens qui se disent « mais mon idée est tellement géniale que forcément on va me copier et donc je vais me faire avoir et on va me voler mon idée » .
- Speaker #0
Là, je suis peut-être un peu plus sec. Il faut croire en son idée, ça c'est sûr. Je pense que c'est peut-être que intimement, est-ce que la personne, je pense que la vraie question, est-ce que la personne est vraiment prête à prendre des risques ? C'est toujours la partie immergée de l'iceberg et je pense qu'il faut aller creuser en profondeur pour comprendre quelles sont les vraies freins. Avant de se dire, tiens, j'ai peur d'une copie ou de... Je pense qu'on va avoir plein de sujets pour un entrepreneur qui veut se lancer ou pas. C'est comme quelqu'un qui va faire un voyage à l'autre bout du monde. Il y en a plein qui disent, ça me plairait, ça va être génial. waouh c'est trop cool ce que tu fais j'aimerais tellement mais en fait la vraie question c'est si vraiment t'en as envie qu'est-ce qui te bloque aujourd'hui ? Qu'est-ce qui te bloque pour le faire ? Enfin vas-y fonce mais je pense qu'un des enjeux c'est bien de se connaître.
- Speaker #1
Tu vois moi la semaine dernière je devais faire un podcast avec un confrère qui a lui aussi un podcast et on devait faire un podcast croisé. Bon finalement ça s'est transformé en je suis intervenu dans son podcast qui est un... M&A Insider, c'est Valentin qui gère ça. Et c'est les bonnes pratiques du monde de la transaction d'entreprise. Donc je suis rentré au bureau le lendemain. Et donc j'ai dit à mon équipe, finalement j'ai participé, etc. Ah mais est-ce que tu as donné nos astuces, nos bonnes idées ? Parce que c'est ça le sujet. On fait tous le même métier, mais on le fait tous d'une manière un peu différente. Et tu vois, ma théorie, pour avoir été prof en école de commerce pendant longtemps, tu donnes une idée de business. moi je demandais à mes élèves de faire un business plan et un pitch sur une idée. Alors, ça peut être les chaussettes chauffantes, et une idée que j'avais généralement la veille, etc. Tu te rends compte que tu donnes la même idée à un groupe de 10-15 personnes, tu vas avoir 10-15 business différents, avec des business models différents, avec une idée de marché différente, etc. C'est pour ça que moi, je conseille toujours de discuter, de parler de ces idées, de les confronter, parce que, de toute façon, si quelqu'un veut piquer ton idée, il fera quelque chose de différent. On a Fabienne Delahaye qui est la créatrice du Salon du Made in France, notre podcast, le 11e je crois.
- Speaker #0
J'ai entendu en effet.
- Speaker #1
Fabienne, elle dit qu'il y a des choses qui sont dans l'air. Elle le schématise avec « tu donnes un prénom à un de tes enfants qui est hyper original et en fait, tu en as trois dans la classe » . Je ne sais pas pourquoi, mais voilà, c'est comme ça. Tu as les boîtes de crowdfunding en 2012, 2013, 2015. Il y en avait une tous les deux jours qui poussait. Aujourd'hui, il y en a un certain nombre qui vont un peu mal. Il y en a un certain nombre qui sont en train d'exploser en ce moment. Je pense à Innerfip notamment, qui vient d'annoncer un double rachat, notamment d'une boîte en Hollande. Ils avaient tous la même idée à la base. C'était de collecter des fonds via Internet, faire un système de tontines numérique. Et voilà. Et en fait, aujourd'hui, chacun a sa boîte et sa stratégie et son achat. Alors que l'idée de base est la même.
- Speaker #0
Non, mais ça fait écho parce que je pense que souvent, on a la question aussi, c'est quoi la concurrence sur votre marché ? Enfin, forcément, le Boosty Kids, c'est une vraie préoccupation. à l'époque voilà on pouvait on pouvait pulvérisé assez basiquement. Maintenant, on cherche des solutions plus responsables. Et en fait, la concurrence a aussi du bon. Attention, il ne faut pas l'avoir comme un frein. La clé, c'est de bien comprendre sa différenciation et surtout d'innover pour amener de la valeur sur le marché. Mais il y a beaucoup de place. Il y a un marché important. En tout cas, la clé, c'est de bien faire les choses.
- Speaker #1
Est-ce que tu pourrais reprendre un job salarié une fois dans ta vie ?
- Speaker #0
Je pense que c'est un peu un profil atypique. En fait, certains me disent « Mais t'es parti parce que tu n'aimais plus. » Non, moi, je ne fais pas partie de ces gens-là. Mais en même temps, je ne l'ai pas refait, mais j'ai une dimension. Je pense que la clé, c'est la liberté que je vais retrouver dans le job et ma capacité, mon champ d'action. Je pense que la clé, c'est le champ d'action et une forme d'alignement par rapport à qui je suis, ce que je suis et ce que j'ai besoin. Et si je retrouve cet alignement-là avec une vraie capacité d'action, même quand vous êtes entrepreneur, si vous êtes investisseur, vous pouvez aussi avoir des sujets où il faut apprendre à travailler avec les autres. Donc moi, c'est plutôt, je pense que mon potentiel, en tout cas, je peux l'exprimer. dans pas mal de structures. Mais aujourd'hui, je m'éclate dans la structure que je suis en train de porter, le projet que je porte.
- Speaker #1
Est-ce que tu as eu d'autres idées de création de boîtes que tu gardes sur le coude ou tu es tellement focus que de toute façon, il n'y a que le moustique-tigre ?
- Speaker #0
Pas à ce stade en me disant, tiens, j'ai un super truc. Je pense que dans mon business et avec Guillaume, on a cette capacité d'entreprendre énormément. On serait capable de créer beaucoup de boîtes dans cette phase-là. Par contre, très souvent avec des amis entrepreneurs, il y a un sujet qui arrive, on se dit, ah, mais là, il y a quelque chose à faire. forcément en fait je pense qu'on développe aussi cette capacité A mais aujourd'hui je suis forcément pas mal mobilisé par le projet que je porte et donc je suis assez focus en fait sur ce projet là mais je pense que naturellement on développe une forme de oui de capacité à créer du projet et il y a énormément de projets à monter ça c'est clair c'est passionnant et c'est assez kiffant tu prêches un coin dans le cul
- Speaker #1
Tu vois ta boîte où et comment dans 10-15 ans ? C'est quoi ta vision à 10-15 ans ?
- Speaker #0
Alors, ce que je vois en tout cas aujourd'hui, c'est vraiment notre enjeu, c'est de devenir un des leaders, en tout cas reconnu sur la partie expertise, notamment espèces invasives, en particulier moustiques, pour la partie européenne, reconnu évidemment pour nos solutions, notre expertise, in fine nos produits, notre accompagnement, avec une société finalement qui est vraiment européenne, internationale, qui n'est pas française. qui est reconnue pour sa capacité d'innovation, sa capacité d'innovation qui va faire émerger de nouvelles solutions pour le marché, pour le bien du grand public, pour le bien des professionnels, sur un marché en plus où on touche la santé publique et qui fait une dizaine de millions d'euros et avec une véritable rentabilité qui ne dépend pas en permanence de levée de fonds.
- Speaker #1
Et est-ce que tu as un objectif final ?
- Speaker #0
C'est forcément des questions qu'on se repose en permanence, mais ce qu'on me dit souvent, c'est qu'il n'y a pas de... Les boîtes qui n'ont pas de vision... à la fois pour les entrepreneurs, mais pour la boîte, ne s'en sortent pas ou s'en sortent moins facilement. Donc nous, on a besoin, je pense qu'on avait fait des premières étapes. On a bien la vision à trois ans, à la fois personnellement, professionnellement. Mais je pense qu'il faut qu'on écrive déjà la prochaine étape et qu'on s'entoure là-dessus.
- Speaker #1
Et si tu pouvais parler aux Romains de 2023 qui décident de claquer Saddam du monde de l'aéro ? Alors, je pense que ça s'est fait beaucoup plus convenablement que ça.
- Speaker #0
Tu n'es pas du tout très violemment comme ça.
- Speaker #1
Le matin, tu t'es dit, cette fois-ci, j'annonce mon départ.
- Speaker #0
Ça ne s'est pas fait comme ça, mais ça s'est fait en effet progressivement et vraiment, pour le coup, en pleine confiance. Mais c'est plutôt mon profil.
- Speaker #1
Et en bonne intelligence.
- Speaker #0
Et en bonne intelligence. Je suis pour très proche en plus de cet écosystème-là. J'ai en fait fait toi confiance et tu as raison de prendre du risque. En fait, tu n'as qu'une vie et tu as besoin de ça profondément. Donc moi, j'avais besoin de ça profondément et faire des pas de côté de ce type-là, qui sont plus qu'un pas de côté d'ailleurs, c'est génial dans une vie. Et on n'a qu'une vie encore une fois. Moi, j'ai vu aussi pas mal de personnes à 50-55 ans, y compris d'execs dans des grands groupes, qui se sont dit assez frustrés en disant « Waouh ! En fait, je m'étais dit que j'avais envie de faire ça, un peu comme le grand voyage. Et en fait, je n'ai jamais fait parce que j'étais bloqué, etc. » Et je pense que ce pas de côté amène de la valeur dans les boîtes et nous permet aussi de mieux comprendre les générations qui évoluent. où en fait, on ne fait plus une carrière forcément dans un grand groupe en permanence. Et il faut arriver à faire ses pas de côté pour apprendre. Il faut arriver à sortir du grand groupe pour peut-être y revenir parfois. En tout cas, il ne faut pas être fermé là-dessus. Mais moi, mon message à tous, c'est écoutez-vous. Écoutez-vous profondément et sentez cet alignement et acceptez aussi de prendre des risques si vous en êtes capable. Mais en tout cas, moi, je dirais fonce. Et je dirais aussi, tu as de la chance d'avoir cette femme qui t'a accompagné dans ce projet-là.
- Speaker #1
On n'en parle jamais assez. Merci beaucoup Romain.
- Speaker #0
C'était très cool. Merci Thomas.
- Speaker #1
Je remercie Thibaut Dupieris pour le montage et les équipes de conseil, finance et transmission pour leur soutien sur cette belle aventure. N'hésitez pas à nous contacter pour nous suggérer des invités ou des thèmes que vous souhaitez aborder. Ce projet n'est pas seulement le mien, je tiens à ce qu'il évolue avec ses auditeurs.