- Speaker #0
Bienvenue dans Confidences d'entrepreneurs. Ici, on vous dévoile de l'intérieur ce qu'un entrepreneur traverse lors d'une opération marquante de son parcours. Je suis Thomas Fertin, entrepreneur et surtout dirigeant du cabinet de fusion-acquisition Conseil Finances et Transmissions. Chaque premier mardi du mois, nous revenons avec un invité entrepreneur sur son parcours tout en faisant un zoom sur une problématique ou une opération qu'il ou elle a dû traverser. Cela peut être une reprise familiale, une transmission, un dépôt de bilan ou bien même le retournement d'une entreprise Le thème de l'épisode d'aujourd'hui, ce n'est pas la taille qui compte. Aujourd'hui, on va parler du parcours de Bertrand Faurie, qui m'a marqué par sa singularité et surtout son évidence. Bertrand voulait entreprendre mais pas partir à zéro. Du coup, il a racheté un mini fonds de commerce avec un camion et un salarié, virgule 2. Pourquoi faire ? Parce que c'était la base pour tout de suite recruter des profils ciblés, lancer de nouveaux marchés, commencer à construire son groupe qui passe de 200 000 euros de chiffre d'affaires à presque 8 millions en une dizaine d'années. Quelles sont les vertus et les limites de racheter une micro-entreprise ? Pourquoi il ne faut pas forcément partir sur des grosses reprises ? Comment maximiser son effet de levier et décupler son retour sur investissement en reprenant une petite entreprise ? Je vous souhaite une bonne écoute. Bonjour Bertrand, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Bonjour Thomas, avec plaisir.
- Speaker #0
J'avais à cœur de te faire témoigner parce que tu m'as raconté ton histoire entrepreneuriale il y a quelques années et ça m'a été resté en tête parce que pour démarrer, toi t'as voulu racheter une toute petite entreprise, un petit fonds de commerce pour démarrer et créer par la suite ton groupe. Et finalement, c'est pas la télé qui compte, c'est ça que j'ai retenu de l'histoire et je m'étais mis en tête qu'il fallait que je t'interview un jour pour te faire témoigner. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît ?
- Speaker #1
Donc je suis Bertrand Faury, j'ai deux enfants maintenant assez grands, 14 et 17 ans. Je suis marié avec Guylaine qui est coach sportif et qui a son propre studio fitness dans la région de Cognac. J'ai plutôt un parcours agricole au départ puisque j'ai le cursus classique BAC et BTS dans le monde agricole. J'y ai officié pendant une quinzaine d'années avant de décider un jour de me mettre à mon compte. Dans le métier de la menuiserie, qui pour moi est un métier noble et dans lequel le champ des possibles est assez large. C'est la voie que j'ai prise précisément le 13 mai 2014.
- Speaker #0
Magnifique. Donc tu es le président de Omnia Menuiserie ?
- Speaker #1
Oui, je suis le directeur général plus précisément et j'en possède 80% à travers ma holding qui s'appelle Groupe Omnia et qui possède aussi une société de recyclage de menuiserie, on boucle la boucle, qui s'appelle Valomnia.
- Speaker #0
Super. Et... 6-7 millions d'euros de chiffre d'affaires ?
- Speaker #1
Oui, quand tout le monde approche ces 7 millions, on a fait plus, on a plutôt vécu une décroissance depuis deux ans qu'on a gérée et à travers laquelle finalement on ne se sent pas plus mal. On s'est même réconcilié avec la rentabilité l'année dernière. Donc voilà, on va plutôt consolider autour de 6 millions d'euros entre 6 et 6,5 sur 2026 a priori.
- Speaker #0
Une soixantaine de personnes.
- Speaker #1
Pareil, en diminuant le volume d'affaires nécessairement, l'embarcation s'est un peu réduite. Donc on consolide une petite cinquantaine de personnes aujourd'hui.
- Speaker #0
Ok. Comment tu définirais ton parcours en une phrase ou un mot à ce stade ?
- Speaker #1
J'ai réalisé... mon rêve, on va se calmer, mais en tout cas, mon envie de devenir chef d'entreprise un jour.
- Speaker #0
Pas mal, j'aime bien. La première fois que j'ai celle-là.
- Speaker #1
Ce qui est déjà pas mal.
- Speaker #0
Ce qui est déjà pas mal. Voilà,
- Speaker #1
c'est quand même un truc. Sachant que je suis fils d'enseignant, donc j'étais pas tout à fait prédestiné.
- Speaker #0
T'es revenu dans le droit chemin.
- Speaker #1
Voilà, j'ai pas... Oui, c'est ça. J'ai pas fini ma présentation. J'en parle discrètement, non, j'ai aucun tabou là-dessus. Je suis fils d'enseignant, mais je suis petit-fils de commerçant, de chef d'entreprise, d'horticulteur. Donc voilà, j'ai un espèce de brassage comme ça, génétique. Et donc, j'ai même pensé à enseigner un jour et j'ai tout de suite arrêté cette idée parce que je ne me retrouvais pas dans les premiers entretiens. Et voilà, devenir chef d'entreprise, c'est quelque chose que j'ai en tête depuis l'âge de 20 ans environ. Et le fait d'y arriver, j'en suis super fier et plutôt comblé.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a donné cette envie ? Parce que tu dis depuis mes 20 ans, donc c'est qu'il y a une date quand même un peu précise.
- Speaker #1
20 ans, c'est l'âge auquel j'ai commencé à travailler. d'abord comme apprenti et puis il y a 21 ans tout juste passé j'ai eu mon premier CDI, je suis resté 10 ans. Dans cette première expérience j'ai appris le commerce en one to one comme on dit, en tête à tête avec les agriculteurs en l'occurrence. Donc c'était très formateur à plein de niveaux, pas qu'en termes de compétences de vente mais aussi en termes d'expérience de la vie et de ce qui peut exister ailleurs que dans un foyer de parents enseignants. Donc c'est très très intéressant, très très riche. J'ai plein plein de bons souvenirs. Je ne sais plus quelle était ta question, mais tu vas sans doute me la reposer. Je ne sais plus non plus, mais j'en ai trouvé une autre. Tu en as trouvé une autre. Je vais tenter d'y répondre cette fois-ci.
- Speaker #0
Est-ce que ton métier de dirigeant d'entreprise correspond à l'idée que tu t'en faisais ?
- Speaker #1
Parce qu'à 20 ans,
- Speaker #0
on imagine plein de choses.
- Speaker #1
Ouais, donc je me souviens de ta question d'avant du coup. Pourquoi je voulais être chef d'entreprise dès l'âge de 20 ans ? Sans doute par besoin de liberté et de... Pas liberté au sens où on est prisonnier quand on est salarié, je suis pas du tout là-dedans. J'ai vécu de fort belles années en étant salarié à différents niveaux de responsabilité. Mais liberté d'action et... Liberté au sens autonomie totale quoi. Sans filet même, j'ai envie de dire. enfin moi c'est un truc voilà qui me Vraiment, ça me parlait. J'avais envie d'avoir de comptes à rendre à personne et en même temps d'être en responsabilité totale de ce que je ferais chaque jour et chaque heure. Donc, 15 ans plus tard, ça va faire 15 ans que je suis chef d'entreprise. Je vis toujours ça. Alors, j'ai des comptes à rendre quand même. Quelques banquiers, quelques... Et puis finalement, mes salariés, mon équipe. Et aussi ma famille proche, ma femme et mes enfants. On ne peut pas ne pas rendre de comptes à ces proches qui subissent aussi parfois les contreparties de cette aventure. Donc voilà, je pense qu'il faut être au clair avec ça et il faut l'accepter. Mais ouais, non, c'est quand même, je reprends le mot liberté quand même, c'est quand même une liberté incroyable, tout en étant très engagé vis-à-vis de plein de parties prenantes, mais ça laisse quand même énormément de liberté de mouvement, de faits et gestes, de liberté intellectuelle même. Rien ne nous empêche de penser au projet suivant.
- Speaker #0
De créer une filière de recyclage.
- Speaker #1
Créer une filière de recyclage parce qu'on en a marre de mettre des déchets dans la benne deep qui vont être enfouis et qu'on va donner pour héritage à nos enfants. Voilà, on peut faire tellement de choses. Il n'y a qu'une limite. Fondamentalement, il n'y a qu'une limite à faire plus de choses encore, c'est l'audace. C'est oser le faire. Les moyens, on les trouve. On finit par les trouver. Oui, c'est pour ça que... Mais on finit par les trouver. Et si on ne les a pas à un moment, c'est qu'il y a de bonnes raisons, mais on peut les avoir plus tard. Par contre, si on ose et qu'on y met la bonne énergie, on peut faire tellement de choses. Le champ des possibles est immense. Et aujourd'hui dans la menuiserie, demain dans autre chose. Je pense que la vie n'est pas assez longue pour tout explorer dans la matière. Oui,
- Speaker #0
ça je suis d'accord. Alors je l'ai dit, tu as repris pour entreprendre. Ce sera probablement le titre de cet épisode. En 2014, tu as repris un tout petit fonds de commerce, les fermetures Roi à Royan.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Avec deux salariés et un camion, si ma mémoire est bonne.
- Speaker #1
Quelle documentation, quelle préparation d'interview. Oui, c'est bien ça.
- Speaker #0
Et tu l'as utilisé dès le départ comme un tremplin pour te lancer dans la suite de ton plan. Et on va y revenir. Mais je ne veux pas aller trop vite. Est-ce que tu peux revenir à la genèse de ton projet ? Qu'est-ce que tu avais en tête ? Ton dernier job dans l'agriculture où tu étais directeur commercial ou commercial, je crois ?
- Speaker #1
J'étais responsable commercial. J'animais une équipe de quatre commerciaux. Et j'ai essayé d'embaucher le cinquième et on m'a pas permis de le faire et j'ai fini par dire bon bah si c'est ça je vais aller me mettre à mon compte et au moins je ferai ce que je veux faire. Ça rejoint la notion de liberté. Et j'assumerai mes choix. C'est comme ça. Et je choisirai tous mes salariés. Enfin bon bref. Donc reprendre ce fonds artisanal puisque c'était le cas, fonds de commerce avec très peu de salariés, un chiffre d'affaires de 600 000 euros. à la fois, ça a évité de partir d'une page blanche parce que ce Ce que je voulais faire, c'était avoir une entreprise et diriger une entreprise de menuiserie. C'était ça, le leitmotiv. Quand j'ai dit à mon meilleur pote, je vais tenter de m'acheter un camion et devenir menuisier, et puis je ferai grossir le truc, il m'a dit, putain, quand même, tu vas repartir de zéro de zéro, là. Ça va être compliqué. Donc, j'ai dit, OK, t'as raison, je vais peut-être réfléchir à reprendre une boîte. Comme ça, je partirai pas de zéro. Donc, ce que j'ai fait, ça a été mon choix. Avec, encore une fois, l'objectif de ne pas partir de la page blanche pour aller sans doute un peu plus vite, et de valoriser aussi mon expérience en management et en commerce. pour amener vraiment une forte écoute et une forte notion de service client dans ce métier du bâtiment qu'est la menuiserie, où j'avais détecté, puisque j'avais été client moi-même, j'avais détecté que finalement l'écoute des professionnels du bâtiment, d'ailleurs en général, c'est pas leur point fort, on le sait, et je serai au milieu des membres de la FFB en Goulême, je dirais la même chose. Et en apportant ça, donc encore une fois en valorisant mes acquis, mes expériences, je me suis dit qu'on ferait peut-être la différence sur un marché malgré tout dynamique. dont on aura toujours besoin, avec des savoir-faire qui sont des savoir-faire manuels, donc des métiers techniques. Et ça, ça me manquait, moi, ça faisait 15 ans que ma production à moi, c'était de signer des bons de commande ou amener mes commerciaux à faire signer des bons de commande. C'est pas mal, c'est nécessaire, j'en reste un grand convaincu, j'ai des chargés d'affaires dans mon entreprise, moi-même je fais encore du commerce avec des clients, voilà. C'est un maillon évidemment nécessaire d'une entreprise, mais fin de la journée, qu'est-ce qu'on a produit ? Ouais, c'est pas fou quoi, et en tout cas... Ça ne se météorise pas, ce n'est pas concret, ça ne se touche pas, ça ne se sent pas. Pour moi, la menuiserie, c'était travailler le bois, c'était livrer des beaux ouvrages en bois fabriqués chez nous, c'était tout ça. Je démarre avec un fonds artisanal qui est un vendeur de fenêtres. L'enjeu, le programme des années suivantes, c'est de transformer ça en une entreprise de menuiserie avec un savoir-faire de fabricant et d'installateur dans les métiers, dans les savoir-faires du bois.
- Speaker #0
Mais tu avais visualisé le parcours de développement ? ou tu avais juste une ligne de mire ?
- Speaker #1
Ou un objectif de chiffre d'affaires ? Non, j'étais absolument inconscient de plein de choses, mais je pense pas que ça soit toujours un défaut. Parce qu'avec moins d'inconscience, j'aurais pris moins de risques et j'aurais moins osé et du coup, j'en serais sûrement pas là aujourd'hui. Donc ça, c'est OK. Et du coup, aujourd'hui, je ferais sûrement certaines choses autrement et peut-être que ça irait pas aussi vite ou aussi bien ou aussi haut, je sais pas. Toujours est-il que j'avais pas visualisé les différentes étapes, mais le Graal... Entre guillemets, pour moi, c'était d'arriver à une entreprise. D'une taille suffisante, je n'avais pas de nombre en tête de salarié, ce n'est pas vraiment ma quête au départ. Mais en tout cas, une entreprise qui sache faire des vrais beaux ouvrages de menuiserie en bois et pas que, et qui sache les fabriquer, qui sache les installer, qui sache, voilà. Sur un périmètre relativement bien identifié, la Charente-la-Charente-Maritime, avec deux centres névralgiques, Royan, puisque c'est là que je démarrais mon aventure, et Cognac, puisque je suis natif de Cognac et que j'avais bien visualisé. Alors, je n'ai pas fait des grandes études de marché. C'est compliqué dans ce domaine, c'est pas très facile de trouver de la donnée. J'y ai passé quelques semaines avant de mettre la clé dans le contact, mais j'ai senti, vraiment il y avait plus d'intuition on va dire que de chiffres dans cette histoire, j'ai senti qu'il y avait affaire sur ce marché-là, qu'à Cognac l'offre était un peu datée on va dire, ce qui ne remet pas en question la compétence de mes confrères, mais encore une fois il y a une approche du client, une approche du marché, une capacité peut-être à être innovant, à être force de proposition. Une capacité aussi à être multi-client, ça c'est quelque chose que j'ai toujours voulu faire. J'ai repris une entreprise qui faisait du particulier. Dans les mois qui ont suivi, j'ai démarré avec des maisons de retraite, puis on a démarré avec les maisons de cognac à cognac, et ainsi de suite. On a commencé à répondre à du marché public, et ainsi de suite, on a vraiment diversifié. L'objectif étant là aussi à ce moment-là d'avoir une répartition du risque dans notre carrière de commande.
- Speaker #0
Cohérente, oui. Ok. Et donc tu t'es rabattu sur... Tu avais fait appel du coup à fermeture Roi ? C'est comme ça que tu as trouvé ta cible finalement ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
J'ai passé beaucoup de temps sur Internet, sur les sites de transmission reprise. Fusel, Transcentreprise... Voilà, exactement. Ça ne s'appelait peut-être pas exactement comme ça à l'époque, transentreprise. Non,
- Speaker #0
ça n'existait pas à l'époque.
- Speaker #1
Oui, mais il y avait un truc un peu comme ça. Et c'était la CCI, la chambre des métiers, qui faisait paraître des annonces dessus.
- Speaker #0
Bon, transentreprise du coup, mais ça avait un autre nom avant.
- Speaker #1
Ça avait un autre nom, oui.
- Speaker #0
Que j'ai oublié moi aussi.
- Speaker #1
Oui, et je ne suis pas allé vers un réseau comme CERA. Je ne suis pas allé vers un cabinet. Je ne savais même pas que ça existait, honnêtement, à l'époque. un cabinet qui puisse accompagner.
- Speaker #0
C'était pas très connu. Ouais,
- Speaker #1
alors c'était peut-être pas très à la mode, peut-être pas très répandu en tout cas. C'était pas répandu. Donc non, je l'ai fait en mode le bon coin, entre guillemets, sauf que c'est pas le bon coin, mais c'est le même principe. Et donc, je me suis fait connaître par une conseillère de la Chambre des métiers, CCI, il y a eu un peu moins de rebonds. Bref, et puis j'ai trouvé deux cibles, les deux étaient en Charente-Maritime, une à Sainte, une à Royan. La première, je l'ai assez rapidement écartée. Et la seconde, on a fait affaire, c'était, je ne sais pas comment dire, un autre temps.
- Speaker #0
C'était pas daté, c'était... Ouais,
- Speaker #1
alors, c'était aussi, il y avait un modèle économique que quand même je voulais éviter, c'était de devenir un forain. Aujourd'hui, un fenêtrier, ce qui n'est plus mon cas, ce qui n'est pas le cas d'Omnia aujourd'hui, mais à l'époque, Fermeturois, c'était un fenêtrier. On achetait des fenêtres chez les industriels, on les installait, et plus précisément, on les faisait installer par des sous-traitants. Le savoir-faire de l'entreprise, il était essentiellement un savoir-faire commercial, finalement. Ce qui était un peu dangereux. Donc ça a été mon premier chantier, d'ailleurs. Ça a été d'embaucher des sachants, des techniciens sachants. Et donc, dans ce modèle économique qui existe encore, de fenêtrier, il y a des forains. C'est-à-dire des gens qui font toutes les foires à la fenêtre qui puissent exister dans les villages, entre guillemets. Alors ça peut être la foire du coin, comme ça peut être le salon de l'habitat. Et donc, la première cible que j'avais vue sur Sainte, le gars faisait... Chaque week-end, il avait une foire. Et là, j'ai dit... Première chose, je vais avoir un problème personnel. Accessoirement, si je peux quand même voir ma petite famille, j'avais déjà mes deux enfants, si je peux voir ma petite famille, ce ne serait pas idiot. Et puis, pareil, il avait un malheureux poseur. Il faisait essentiellement des portails. C'était très restreint. Ce n'était pas vraiment de la menuiserie au sens où je l'entendais. Et puis, en ouvrant les comptes, ce n'était pas nickel. Il vivait bien à titre personnel, mais c'est tout ce que ça valait. Donc c'était son kingpin, c'est tout à son honneur, il en a vécu le temps qu'il en a eu besoin, mais c'était pas une bonne cible clairement. Quant à fermeture roi, c'était beaucoup plus sain, gérée en bon père de famille, c'était une dame aux commandes, qui avait repris l'entreprise de son père, un peu contre son gré, elle avait plutôt décidé de partir avant l'âge de la retraite, ce qu'elle a donc pu faire. On s'est bien trouvé, elle m'a fiché une paix royale quand j'ai démarré, elle est restée à peine un mois avec moi, et d'un commun accord on a dit allez. Ça va bien se passer comme ça. Donc elle est rentrée chez elle, elle était là, elle est à la plage, puisqu'on était au mois de juin après. Et puis voilà, ça s'est très bien passé. Donc ça c'est une... J'ai fait plusieurs reprises après, on va sans doute en parler. C'est ma meilleure expérience humaine de reprise.
- Speaker #0
Ouh là tu m'intéresses. On y reviendra tout à l'heure, mais tu m'intéresses. Ouais,
- Speaker #1
complètement. Et je crois savoir pourquoi. J'ai une explication à ça. Non, parce qu'elle était détachée. détaché dans le sens où ça faisait bien longtemps que... C'était clair pour elle que d'abord, ce n'était pas son truc. Malgré tout, elle avait eu le mérite de l'avoir gérée en bonne mère de famille, en l'occurrence. Elle n'était pas attachée au truc. Elle n'avait pas imaginé que le successeur serait... Ou elle n'avait pas prédit ou elle n'avait pas le préjugé que son successeur serait moins bon qu'elle. Je parlerai des autres après. Voilà, elle n'était pas du serrail, quoi. Du coup, on avait ce point commun-là. Même si c'était l'affaire de son père, elle... Belle femme, pimpante, tout ça. La menuiserie, c'est pas son sujet. Donc elle a vraiment eu la qualité, la compétence de le gérer comme il faut et de le transmettre et de faire un billet en sortant. Je pense qu'on était là pour la même chose. Moi pour entreprendre avec une basse scène et elle pour céder une affaire qui était saine, sans attachement particulier, affectif plus que ça et sans a priori sur l'un ou sur l'autre.
- Speaker #0
Est-ce que ça devrait être finalement ?
- Speaker #1
J'aimerais tellement, mais les expériences suivantes ont montré que ce n'est pas souvent le cas. En tout cas, mes statistiques, c'est qu'un tiers.
- Speaker #0
On va y revenir tout à l'heure, mais ok, je retiens. Du coup, le premier chantier, c'est un jeu de mots. C'était quoi ? C'était de réintégrer du savoir-faire ?
- Speaker #1
Oui, embaucher des menuisiers. D'ailleurs, ma première embauche, ça a été un menuisier.
- Speaker #0
Combien de temps après la reprise ?
- Speaker #1
Je l'ai embauché avant de signer. J'étais assez speed à ce moment-là. Il y avait un rythme quand même. J'avais une telle envie, j'étais inarrêtable, inépuisable. Je l'ai embauché quelques jours, j'ai signé son contrat quelques jours avant de reprendre. C'était fait, mais la signature... Six mois plus tard, j'ai embauché le second. Et entre les deux, dans le chantier, il y avait développé la charente Cognac. Entre les deux, j'ai embauché un chargé d'affaires, lui-même menuisier. Il venait de faire son tour de France. Il avait fait une petite formation de six mois dans le commerce. Comme moi, il avait un but clair. Donc lui, son but à lui, c'était de devenir commerçant dans son métier de cœur, qui est la menuiserie. Et je l'ai embauché pour développer la région de Cognac. Donc, première embauche en mai. Seconde, donc, mon chargé d'affaires pour la petite histoire qui est mon associé aujourd'hui. C'est joli, ça. Ouais, c'est pas mal. En août, septembre, 1er septembre.
- Speaker #0
Et deuxième menuisier, février.
- Speaker #1
Pas mal.
- Speaker #0
Ouais, pas mal, ouais. Plutôt content de ça. Des belles personnes. Et puis après, l'histoire a fait que les deux premiers menuisiers ne font plus partie de l'entreprise pour différentes raisons. C'est la vie des entreprises, c'est la vie des hommes aussi, c'est OK. Par contre, mon chargé d'affaires de l'époque qui m'a permis de développer et qui m'a vraiment sorti son bâton de pèlerin pour développer sur la région de Cognac, je l'ai accompagné, je l'ai aidé moi-même. Le premier chantier que j'ai vendu, on parle de chantier de menuiserie cette fois, C'est chez mon voisin et le deuxième, c'est chez mon oncle. C'est comme ça, c'est la vie ça. Heureusement, sans ça, ça serait inquiétant. On pourrait se remettre en question personnellement. Donc je l'ai aidé, j'ai fait mes clients, il a fait les siens, il s'est fait les siens, il s'est fait son réseau. Il est devenu rapidement très légitime et voilà. Et donc l'histoire... Ça a fait qu'on s'est associés, enfin en tout cas il est rentré au capital et c'était vraiment important.
- Speaker #1
Les deux salariés que tu as repris, ils sont restés ?
- Speaker #0
Donc un chargé d'affaires, puisqu'encore une fois c'est une entreprise commerciale, et une assistante de gestion comptable qui venait une matinée par semaine, donc c'était vraiment un temps partiel.
- Speaker #1
Ah ouais, c'était 1,1 ETP en fait.
- Speaker #0
Ouais. Et donc cette personne Catherine, qui est à la retraite depuis, elle a terminé sa carrière chez moi, enfin elle a continué de terminer sa carrière chez moi, petit à petit elle est passée à 100%, elle est devenue vraiment mon assistante de gestion, compta RH, entre les deux elle a fait du planning, elle a fait de l'assistanat commercial, Catherine exceptionnelle. Ça se décrit pas.
- Speaker #1
Elles sont super les 4Ré.
- Speaker #0
Ah oui. Je sais pas, je sais pas si... Ma mère s'appelle 4Ré. Eh ben cherchons pas plus loin. Ouais non, vraiment c'est des personnes, ça dans des TPE, PME, on rencontre... Mais pas que là, mais là c'est mon expérience, on rencontre ces personnes-là de valeur qui sont d'une intégrité incroyable et qui sont capables de mouiller la chemise presque autant que vous. Il faut même des fois les freiner, et puis des fois on pousse trop parce qu'on a l'impression qu'ils sont sur le même rythme que nous. Elle m'a dit des fois, là c'est trop, tu m'en demandes trop cette fois-ci. Bon, ok, je recule d'un pas. Mais ça l'a amené à la retraite, elle a même fait un peu de rab, et on a collaboré vraiment, c'était super. Elle avait une très très belle expérience des entreprises du bâtiment, elle a été très précieuse pour moi, puisqu'elle bossait pour trois employeurs du bâtiment au moment où j'ai repris l'entreprise, dont ma boîte au départ. Puis deux, puis un. J'ai été le dernier et celui qui l'occupait à 120% même à la fin de sa carrière. C'était précieux parce qu'à connaisser, dans le bâtiment, il y a plein de subtilités. La caisse des congés, la probéthépée, la convention collective, les paniers, les indemnités de trajet. Comme dans toute corporation, il y a des subtilités. Moi, j'arrivais avec une culture du commerce dans la gros-fonditure où en gros, tu prends ta Clio le matin, tu rentres le soir. Et pourvu que tu aies vendu entre les deux, à midi, on te paye ta bouffe et ça se passe bien. Donc, je n'avais pas tout à fait les horaires. Moi, c'est un truc, respecter une ordre d'embauche, une ordre d'ébauche, c'est quelque chose que je ne connaissais pas, que je n'avais jamais vécu dans mes métiers. Donc, j'ai dû aussi me cultiver à ça, m'acculturer à ça. Catherine m'a beaucoup aidé parce qu'elle m'a dit souvent, mais attends, là, tu es en train de leur laisser trop de liberté. J'ai dit, écoute Catherine, mon management, ce n'est peut-être pas celui de tes patrons. Laisse-moi un peu, finalement, elle avait quand même un peu raison.
- Speaker #1
Tu t'es fait arracher le bras, comme tout le monde.
- Speaker #0
Du coup, on s'est remis quand même un peu plus dans le cadre, tout en laissant, j'espère, une bonne capacité, une bonne possibilité aux équipes de... de participer, quoi. Et pas qu'en travaillant, aussi en réfléchissant avec nous et aussi en apportant leur matière grise à l'édifice.
- Speaker #1
Et le chargé d'affaires, t'as réussi à le garder ou pas ?
- Speaker #0
Ouais, Benjamin, bah oui. Alors non, le chargé d'affaires que j'ai embauché, triste sort, il est décédé quelques années plus tard. Donc j'ai repris en 2014, il est décédé en 2018. Mais il est resté chez moi jusqu'au bout, effectivement.
- Speaker #1
T'as réussi à l'amener avec toi ? Je l'ai amené avec moi,
- Speaker #0
ça a été le plus dur. Ça a été peut-être le plus gros chantier, finalement. des premiers mois, des deux premières années même peut-être. Puis comme j'ai embauché Benjamin alors il y avait une espèce de pseudo-concurrence qui s'installait puisque un commercial quand il passe à deux, forcément il y en a un deuxième qui vient manger dans la gamelle sauf que Benjamin avait pour mission de travailler la charrente et lui était sur Royan mais bon, ça a été dur parce que c'était aussi la vieille école du commerce c'était un caractère fort c'était le cousin de la sédante. Bon, il y a toujours un truc comme ça dans une reprise. Il y a toujours un ou deux couvertes quand même à soulever. Ah oui, c'était le cousin, d'accord.
- Speaker #1
Tu ne l'as pas su avant ?
- Speaker #0
Je ne suis pas sûr.
- Speaker #1
Parce que tu rachètes une boîte avec un vrai ETP et une assistante un jour et c'est le cousin.
- Speaker #0
Ça ne m'a pas choqué. Si je l'ai su, ça ne m'a pas choqué. Je ne sais plus dire. Ça ne m'a pas choqué. J'ai dit que c'était bon, j'en ai déjà managé. En fait, ce n'était pas tout à fait la trempe de ceux que j'avais managé jusque-là. Et je lui ai dit qu'il allait quand même être un peu plus dur. Et en fait, on a fait voler son poste. Il est devenu un peu plus bureau d'études à la fin, dans les derniers temps de son activité. Et ça lui allait bien. Nous, ça nous permettait d'avoir quelqu'un en back-office qui nous sortait les devis et on était plus au commerce. Moi, j'étais évidemment très très commerçant à ce moment-là, très très positionné au commerce. Benjamin avec moi. On a fini par trouver nos places. Mais effectivement, moi j'avais 35 ans, j'ai jamais eu un charisme exceptionnel. Donc spontanément, on ne me prend pas pour un chef d'entreprise, c'est comme ça. Alors que lui aurait pu être pris pour le patron, souvent il était pris pour le patron. Ce dont je suis assez sûr, c'est que jamais il a dit aux gens que c'était pas le patron. Sauf quand ça tournait mal. Voilà. Donc c'est le jeu, bon, bah après... Tout se sait toujours, on met son mouchoir sur certaines choses, sur d'autres on lâche rien. Et puis surtout, ce en quoi je suis convaincu aujourd'hui, c'est qu'il faut aller chercher les compétences des gens, les faire travailler sur ces compétences-là, parce que c'est là où ils s'éclatent, c'est là où ils se sentent vraiment utiles à la cause, et c'est là où justement ils sont valeurs ajoutées pour l'entreprise. Il ne faut pas insister, il faut aller chercher le bon dans les gens, et puis des fois on n'a pas la place pour... la personne, malgré qu'elle ait des bons côtés, on est obligé de se séparer. Mais là, je n'ai jamais pensé à ça, avec ce collaborateur-là. J'ai plutôt tenté de... Surtout qu'on était une toute petite structure, donc j'ai plutôt tenté de l'employer à bon escient, on va dire, pour lui comme pour nous.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y avait un truc que tu avais sous-estimé avant l'acquisition ? Où tout s'est passé convenablement, comme sur des roulettes. Je n'y crois pas des masses.
- Speaker #0
Alors, comme sur des roulettes, je n'en suis pas persuadé non plus. Après... Ce que j'ai sous-estimé, c'est l'inertie que pouvait avoir un dossier de demande. Ça s'appelle l'ARCRE à France Travail maintenant, à l'époque Pôle emploi. J'avais sous-estimé l'inertie que ça pouvait avoir. Concrètement, j'ai pu partir de mon job dans le cadre d'une rupture conventionnelle. Je dis tout, du coup. Donc, j'ai été éligible à ce dispositif qui consistait à toucher le chômage pendant deux ans dans le cadre d'une création de reprise d'entreprise.
- Speaker #1
15 mois maintenant.
- Speaker #0
Voilà. Et j'en parle parce que ça a été vraiment un levier fort pour moi. Je ne sais pas si je l'aurais fait sans ça.
- Speaker #1
C'est la première subvention de création d'entreprise de France.
- Speaker #0
Vraiment, c'est un excellent dispositif. Et pendant très, très longtemps, je n'ai pas touché un euro public à travers la subvention ou autre. Parce que je n'étais pas éligible, parce que je n'allais peut-être pas chercher, parce que je n'étais pas là-dedans. Mais ce levier-là, il a été décisif et il m'a permis d'embaucher Benjamin. Donc... Je suis parti dans le cadre d'une entre-conventionnelle quelques jours avant d'acheter, ou au lendemain, ou à la veille d'acheter le fonds de commerce, au mois de mai 2014. J'ai su seulement début août que j'aurais vraiment les aides. Parce qu'entre-temps, il a manqué un papier, un truc, un patin, un couffin, il y avait tout le temps quelque chose. C'était incroyable. Je me souviens d'un samedi matin où je recevais un énième courrier, et ça s'est fini avec un coup de poing dans un mur tellement j'en pouvais plus, c'était insupportable. Ça, j'avais sous-estimé pour moi, parce que c'était possible, parce que j'ai rempli ces critères, ça allait rouler. Donc j'ai commencé à découvrir les difficultés ou l'inertie apportées dans une entreprise et dans la vie d'une entreprise. Là, c'était au moment du lancement, mais aujourd'hui, je le vis encore. Ces dispositifs publics qui sont, encore une fois, plutôt vertueux, mais malgré tout, qui passent par des process qui sont insupportables, qui ne sont pas adaptés en termes de timing à la vie de l'entreprise. Ça, c'est mon avis. Il n'en reste pas moins que si je n'avais pas eu ça, je n'aurais pas embauché Benjamin et on n'en serait pas là aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est marrant parce que j'ai bénéficié de ce dispositif également quand j'ai créé le conseil financier de transmission. Pareil, j'ai embauché Maximilien, je n'avais même pas de cabisse. Mais je savais que moi personnellement, ça allait être réglé et qu'il n'y avait pas de problème. Et avec le capital initial, j'avais de quoi le payer, de quoi faire un premier closing. Mais pareil, je n'aurais pas eu ça, il aurait fallu que je me paye. Entre lui et moi, tu choisis ta peau. au bout d'un moment, Surtout quand tu crées et que t'as rien.
- Speaker #0
Bah oui, clairement.
- Speaker #1
Mais je suis d'accord avec toi, c'est le meilleur levier. Sans ça, c'est vachement compliqué de créer.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Oui, oui, non, c'est sûr. C'est compliqué, ou alors faut en avoir vraiment de côté, ou je sais pas.
- Speaker #1
Faut en avoir beaucoup de côté.
- Speaker #0
Oui, quand même, oui.
- Speaker #1
Quels sont les avantages et les inconvénients que tu as traversés de par la reprise d'une toute petite entreprise ? Alors, tu as fait des croissances externes par la suite, mais de ton expérience ?
- Speaker #0
Le gros avantage, c'est que c'est... C'est un abus de langage, mais je vais prendre ce raccourci. C'est facile à gérer.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est petit.
- Speaker #0
De feuilles de paye, 600 000 euros, je ne sais pas combien on se faisait de factures par mois. En plus, on les faisait journalières. Enfin, quotidiennement, pardon, puisque c'était des chantiers chez le particulier, on posait deux fenêtres, on facturait, bon voilà. Le recouvrement n'était pas très compliqué, on repartait avec le chèque souvent. Le management, ben pas dingue, même quand j'ai eu 4-5 personnes, c'est ce que j'avais été habitué à manager précédemment. D'un point de vue réglementaire, dans ce métier-là, à ce moment-là, à cette taille de structure, rien à signaler. Enfin voilà, je veux dire, on n'est pas ICPE, on n'est pas plus de 50, on n'est pas... D'un point de vue finance, pourvu que la trésor suive. Le point d'attention, c'est la trésor chaque jour ou chaque week-end. Pour moi, c'était un avantage, c'était de toucher à tout, vraiment. Savoir un peu tout faire aussi, à un moment donné, pour bien comprendre ce qui se passe à chaque endroit. Je suis allé souvent aider mes gars sur les chantiers, faire des dépannages moi-même. Donc ça, gros avantage. Inconvénient, on fait tout, on n'est pas très nombreux, donc on fait souvent des grands écarts pour satisfaire tout le monde. On est en période de reprise donc on veut rien louper en termes de business. On ne veut pas faire un client insatisfait, donc on fait vraiment des pieds et des mains. Donc on fait des heures qui n'ont pas de nom. Et le gérant que j'étais et mes collaborateurs, on fait travailler les gens hors cadre régulièrement. Quand je dis hors cadre, ce n'est pas au black. Quand je dis hors cadre, c'est trop d'heures, trop de déplacements, trop d'intensité. Donc on fait des conneries. J'ai eu beaucoup de chance parce qu'ils ont eu beaucoup de chance avec moi. personne ne s'est fait mal, on n'a pas fait de conneries, il ne nous est rien arrivé de... Ça, c'est quand même un inconvénient et c'est là où je dis que j'avais cette inconscience que je n'ai plus aujourd'hui et je ne referais pas comme ça aujourd'hui. Ça irait peut-être moins vite ou peut-être que ça irait aussi vite, mais autrement, bon, voilà. Mais pour moi, le principal inconvénient, c'est cette prise de risque qu'il faudrait s'épargner. Parce que c'est petit, il n'y a pas la structure, il n'y a pas les compétences de management, à part les siennes perso, il n'y a pas la connaissance juridique, il n'y a pas la connaissance réglementaire. On est quand même en risque, on est en situation de risque trop souvent, dans la journée, dans la semaine, dans l'année. Ça c'est un gros inconvénient, il faudrait être plus sage que ça dans un monde idéal.
- Speaker #1
Il faut bien démarrer.
- Speaker #0
Mais il faut démarrer.
- Speaker #1
Petite pause d'information, le podcast que vous écoutez est produit et soutenu par le cabinet de Fusion Acquisition, Conseil, Finances et Transmissions. Nous sommes le conseil des dirigeants et actionnaires dans leurs opérations stratégiques. Session d'entreprise. acquisition, transmission interne ou réorganisation capitalistique. Notre rôle, piloter l'opération de la réflexion stratégique à sa réalisation. Nous accompagnons l'ensemble du processus, de la définition du projet, la recherche de partenaires, l'organisation des appels d'offres, les négociations, la coordination des différents conseils. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.cf-t.fr ou sur nos pages LinkedIn. Et maintenant, retour à votre épisode ! Post-Covid, tu as fait deux croissances externes. Quelle était la logique et la stratégie derrière ? Déjà, tu en étais où avant de faire ces croissances externes ? Ça faisait déjà 6 ans du coup ? 7 ans ?
- Speaker #0
Ouais, j'en étais à... Un établissement implanté à Château-Bernard, donc dans la région de Cognac, avec un bâtiment construit qui abrite l'agence travaux de Château-Bernard aujourd'hui, qui est aussi notre siège social d'ailleurs maintenant. Donc ça c'était 2017. 2019, lancement de la construction du bâtiment à Sojon, donc dans le pays royanné, en vue de se substituer au local de Royan qui n'était pas très bien placé, pas très sexy, où j'étais locataire. Donc j'étais plutôt dans l'immobilier d'entreprise pour loger Omnia, baptiser Fermeture Roi Omnia. Ça, ça s'est fait en 2000. On l'a officialisé vraiment en 2017, c'est ça. Et puis ça a été long, les deux noms sont restés un peu. Puis bon, 2018-2019, voilà. Donc baptisé tout ça Omnia. Donc, commencer à structurer, mais plutôt d'un point de vue moyen, moyen matériel, on va dire, infrastructure, marque. Et puis au niveau staff, fin 2019, on devait être une trentaine, quelque chose comme ça. En 6 ans,
- Speaker #1
t'as pas chômé ?
- Speaker #0
Ouais, non, on avait pas chômé déjà, ouais. Ouais, non, c'était pas mal. On s'était fait certifier, on avait fait le travail de la certification ISO 9001, parce qu'on sentait bien qu'on avait besoin d'organisation, quoi, on va dire. Et ouais, la forte croissance, ça créait le désordre. C'est-à-dire que d'une petite boîte qui me laissait son bonhomme de chemin, qui faisait son petit résultat net tous les ans sur 6 ou 700 000 euros de chiffre d'affaires, on était passé à, je sais pas, à 2 ou 3 millions, j'ai plus tout ça, mais... Avec des métiers nouveaux, bureau d'études, chargé d'affaires, des chefs d'équipe, des menuisiers « seconds » . On n'avait pas encore de capacité de fabrication à ce moment-là. Et m'avait rejoint en 2018, fin 2017, David, qui était à son compte en tant que menuisier agenceur, avec une très belle carrière de menuisier et d'ébéniste dans des très beaux ateliers et sur chantier. Il m'a rejoint, il avait le souhait d'arrêter son activité en tant que... en tant qu'artisan. Il m'a rejoint et dans notre bâtiment à Château-Bernard, qui était sorti de terre, qu'on avait inauguré en avril 2017, on avait installé deux ou trois machines à bois qu'il avait dans son atelier de l'époque. On avait démarré une toute petite capacité de fabrication. On avait acquis à travers son embauche la compétence de l'agencement, qui est une des cordes à l'arc du menuisier quand il est complet. L'agencement, c'est la fabrication de meubles, cuisine. mobilier et c'est ça qui m'a fait déclencher première croissance externe puisque c'est un atelier de d'agencement et benisterie à laquelle je suis intéressé courant 2019 et puis le closing s'est fait on la reprise s'est faite le 7 janvier 2020 et deux mois plus tard on sait ce qui s'est passé qu'au visiteur est impeccable l'aliment des planètes et pas toujours pile quoi rien à faire et ça c'était la première pierre à l'édifice pour vraiment devenir un vrai fabricant, enfin un fabricant dans les métiers du bois, en l'occurrence l'agencement Les Bénisteries. C'était un moyen de valoriser les compétences de David, qui d'ailleurs a pris la responsabilité de cet atelier, où il y avait quand même 7 personnes, 7 compagnons. On a embauché une dessinatrice, puis une chargée d'affaires en alternance, et voilà, donc on a fait vivre cette société d'agencement pendant 3 ans, en autonomie on va dire. à l'intérieur du groupe Omnia. Le groupe Omnia a été détenteur de 100% des parts. Ça a plutôt pas mal fonctionné, mis à part l'année Covid, qui était aussi l'année d'accompagnement du sédant qui était un peu gourmand et qui n'a pas toujours été de très grande valeur ajoutée dans l'organisation et dans l'activité. Voilà, ça a été... Je n'ai aucun regret sur toutes ces étapes-là, mais ça a été un moment quand même compliqué de ma vie d'entrepreneur. parce que d'abord, on sortait quand même de 5 ans de forte croissance. Enfin, on sortait. On avait derrière nous 5 ans de forte croissance avec une structure, une organisation très perfectible. Je faisais cette croissance externe volontairement. C'est même moi qui suis allé le voir. Ce n'est pas lui qui cherchait à vendre. Je savais qu'il aurait pu être intéressé, mais voilà. Je suis allé le voir, on est tombé d'accord. Cette croissance a été un peu compliquée. Même le closing a été délicat. Il y avait beaucoup d'affects chez le couple cédant vis-à-vis de cette société. donc Enfin, ça a été... À la fois, il était vendeur, et à la fois, c'était compliqué de s'en séparer. Surtout pour madame. Bon, bref, voilà. Et je le comprends, c'est la vie. Je porte pas de jugement là-dessus, c'est factuel. Et donc, derrière, forcément, les comportements des uns et des autres sont pas toujours évidents. Et puis, n'étant pas moi-même du métier, est-ce que j'étais légitime ? Moi, j'étais vu comme le financier. Je me suis entendu dire ça à ce moment-là. Je ne pensais pas avoir ce look-là, mais comme quoi, on peut être vu pour ce qu'on n'est pas assez facilement. A priori, c'est gratuit. Donc j'étais le financier qui venait racheter une boîte pour être encore plus gros, être le plus gros de Cognac. On y est arrivé, mais ce n'était pas du tout mon objectif. Ce n'est pas la taille qui compte et je te rejoins, je n'ai pas de problème avec ça. Aujourd'hui, j'ai plutôt vécu une décroissance avec mes équipes. Et je suis peut-être encore plus heureux aujourd'hui. Donc je ne sais pas. Voilà. Sur le moment, ça fait un petit merde. C'est pas les mêmes logiques quand même. Diminuer plutôt qu'augmenter, décroître plutôt que croître, c'est pas les mêmes logiques. Mais finalement, le résultat, c'est que la vie est moins belle, quoi. Même peut-être plus sereine. Voilà, donc ça, c'est un événement un peu lourd. Le Covid, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on ne fait pas ? Alors, il se trouve que cette société-là, on a continué à travailler. Pendant qu'on a fait décrocher tout le reste d'Omnia. On a fini de construire notre bâtiment avec quelques collègues à Sojon. Pendant le confinement, j'étais le seul sur la route tous les matins et tous les soirs. C'était une époque. Qui a continué de travailler pendant le Covid le sait. Autrement qu'en télétravail, parce que là pour le coup le télétravail n'était pas possible. Bon voilà, donc c'était une époque curieuse, mais c'est peut-être aussi formateur, c'est riche d'expérience forcément. Et là l'accompagnement du sédant, très clairement. et discutables.
- Speaker #1
Et ta deuxième croissance externe, c'était quoi ?
- Speaker #0
Eh bien, c'est un an plus tard, où là, c'est le sédant qui vient me voir. En fait, j'étais le mec qui rachetait les boîtes du coin. Du coup, on prend vite des étiquettes. Tu rachètes une boîte,
- Speaker #1
c'est le gars qui rachète tout le monde.
- Speaker #0
Ah oui. Je lui avais aussi débauché une collaboratrice quelques mois plus tôt. Enfin, je lui avais débauché. J'ai passé une annonce, elle a répondu, je l'ai embauché. C'est la vie. Je ne suis pas allé la chercher. Non, je n'ai jamais fait ça, très clairement. Mais évidemment, c'est vu comme une débauche. Rien n'est des dossiers comme ça. Et oui, quand on croit qu'on embauche, forcément, on prend les gens quelque part. Qu'on le veuille ou non. Mais c'est quand même eux qui répondent à l'annonce. Et qui font le choix, in fine. Il n'en reste pas moins que... Là, c'est le sédan qui vient me voir, je ne sais plus quand, dans l'été ou... Ouais, début d'automne, non, début d'automne. Il dit, écoute, moi, je pense à la retraite, j'ai ça. Donc, atelier de fabrication de menuiserie. Fabrication de fenêtres, volets, escaliers, tout ça en bois.
- Speaker #1
Donc, le concurrent direct de la boîte que tu viens de racheter.
- Speaker #0
Même pas, non, vraiment deux métiers, toujours dans le monde, grand monde de la menuiserie, mais l'un fabrique du meuble,
- Speaker #1
l'autre des fenêtres.
- Speaker #0
C'est bien deux choses différentes, pas de problème, c'est vrai que ça peut paraître un peu subtil, mais c'est quand même bien deux savoir-faire différents, et d'ailleurs on a toujours ces deux équipes, et les deux équipes occupent deux emplacements différents dans l'atelier aujourd'hui qui réunit tout le monde. Voilà, et pas par défiance, mais juste parce que c'est pas les mêmes machines, c'est pas les mêmes savoir-faire, c'est pas les mêmes process, c'est pas la même ligne de prod, c'est pas... Et donc là il vient me voir et il me dit j'ai ça, je ne suis pas gourmand. Donc là j'ai repris le fonds de commerce au 7 janvier 2021. Il avait aussi des gars qui faisaient de la pause, donc il avait des très bonnes équipes chantier. Et là on était dans le début de cette espèce de bulle incroyable du bâtiment, et du bâtiment dans la région de Cognac particulièrement, où il fallait répondre à des sollicitations comme jamais. Plus jamais on aura, peut-être même d'ailleurs, c'est pas grave, de toutes les grandes maisons, petites, moyennes, plus marché public, plus particulier, bref, tout le monde, viticulteurs, tout le monde, tout le monde, tout le monde a des projets, et pas que des petits projets, quoi, même des projets extraordinaires dans les maisons de cognac, notamment. Donc on a besoin d'hommes, on a besoin de bras, moi j'ai pas prévu d'arrêter de me développer, et là je commence à réfléchir aux effectifs, je me dis tiens, demain 50, ça peut avoir de la gueule. 80, ouais, je sais que j'ai mon tonton là, il a une boîte dans le Grosseve, ils étaient 80, putain, faudrait que j'arrive quand même à faire ça. Bon, j'y suis jamais arrivé, c'est ok. Ça va bien comme ça. Donc, voilà, tout ça pour dire qu'on n'a pas prévu d'arrêter de développer. Benjamin est toujours à 120% avec moi et il partage le même avis que moi. Il n'est pas encore associé, mais on est tous les deux quand même en haut de la pyramide, on va dire. Et donc, on y va pour cet atelier-là, cette équipe-là, 10 personnes au total, des mecs, une grande majorité de gens très compétentes qui sont toujours avec nous aujourd'hui. Je suis toujours très fier de ça. C'est que les gens que j'ai repris... Dans ces deux ateliers d'ailleurs, dans ces deux entreprises, à une ou deux exceptions près, ils sont toujours avec nous et les gens qui étaient les piliers dans ces boîtes-là sont toujours des piliers chez moi. C'est vraiment des gens de valeur et qui ont retrouvé aussi un terrain où ils puissent s'exprimer alors qu'ils arrivaient de modèles d'entreprise qui n'étaient pas du tout celui d'Omnia aujourd'hui.
- Speaker #1
Tu sais que tu me fais plaisir parce que souvent moi je dis, alors moi pour le coup j'ai une tranche de financier pareil. je sais plus maintenant ça faudrait se souvenir du premier jour et tu vois je dis souvent la valeur des entreprises c'est les hommes qui sont dedans une équipe de rugby c'est l'équipe qui compose l'équipe c'est pas le logo et ça me fait plaisir d'entendre les piliers de ces boîtes là sont devenus des piliers du groupe finalement et c'est génial parce que finalement ça a été une somme de petites entreprises de petites équipes Vrai savoir-faire, mais dans des petites équipes. Et t'as réussi à consolider tout ça dans un beau groupe quand même. C'est ça qui est important.
- Speaker #0
Il y a presque trois croissances externes. J'ai parlé de David tout à l'heure quand il m'a rejoint en fin 2017 ou 2018. Je sais jamais la date, lui il a c'est évidemment. J'ai racheté son camion, son matériel, il m'a transmis ses clients. On a fait presque un rachat de fonds. Il était tout seul avec un apprenti, mais ça fait rien. C'était la valeur des hommes. Et son apprenti aujourd'hui, c'est un de mes meilleurs agenceurs dans l'atelier. Et lui est le responsable de prod à l'atelier. Il pilote aujourd'hui une quinzaine de personnes. Donc, oui, je suis très fier de ça. Mon métier, il a du sens, je pense. J'en suis convaincu et j'essaie de le faire aussi souvent que possible. Il a du sens si on arrive à faire ça avec les hommes et les femmes qui nous font confiance. Si on arrive à les faire progresser dans leur métier, si on arrive à les faire monter, entre guillemets, à les élever, quoi. Pas au sens d'enfants, mais au sens élevé dans leur vie, pro, perso.
- Speaker #1
Faire progresser.
- Speaker #0
Oui, c'est vraiment un plaisir. et ils sont ils en sont Éternellement reconnaissants. Je ne connais pas d'exception. Ils sont vraiment reconnaissants et très impliqués, intègres. La confiance est réciproque et très très forte. C'est des valeurs qui sont... Voilà, il y a un profond respect réciproque. C'est des valeurs qui sont centrales. C'est des valeurs de vie, il n'y a pas de sujet.
- Speaker #1
Valomnia ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu as fait une création ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu n'as pas repris ?
- Speaker #0
Ah oui, là, dingue. Ben oui, parce que ça n'existait pas. Donc il fallait bien l'inventer. Bon, toute proportion gardée, ça existait un peu quand même. Ça existait, mais dans des modèles de SS, donc chantier d'insertion. C'est pas péjoratif dans ma bouche, c'est simplement que ces modèles-là n'ont pas tout à fait les mêmes obligations de résultat économique qu'une société lambda. et sont très accompagnés, évidemment, par l'argent public. Ils ont une vocation et une vertu incroyables, c'est d'intégrer des gens en grande difficulté personnelle pour différentes raisons, dans le monde du travail, dans la société, et leur donner un sens dans la société, et c'est super. Et en fait, le modèle du recyclage des menuiseries, qui consiste à ce qu'on appelle démanteler une fenêtre, c'est séparer le verre du bois ou des autres matériaux qui constituent la fenêtre. Le séparer finement pour renvoyer le verre directement dans des... four verrier qui refond du verre pour les fenêtres, le PVC repart chez les fabricants de fenêtres PVC, le bois fait du panneau d'aggloméré, OSB ou autre, et tout ce qui est métaux, c'est des filières qui sont vieilles comme le monde maintenant mais alu comme comme ferreux, repartent dans les filières et refont. En fait, on fait quasiment la boucle quasi fermée. On parle de boucle fermée dans le monde du recyclage. C'est-à-dire qu'une matière à un instant T refera toujours cette même matière si on s'en occupe bien. Si on prend le temps et l'énergie, encore une fois, de démanteler. Tant que la fenêtre n'est pas démantelée, elle n'a aucune valeur dans ces filières des différentes matières. Et donc, elle a une issue, c'est la benne DIB, comme on dit, c'est le déchet tout venant, quand on va à la déchetterie. Ça s'appelle maintenant non valorisable la déchetterie, c'est un peu plus poétique mais ça veut dire la même chose, c'est enfoui. On fait un trou, enfin il y a des trous dans la nature, et on vient vider les bennes dedans. Bon, ça déjà, il faut le savoir, tout le monde n'est pas forcément au fait, et peut-être que tout le monde n'avait pas envie de s'interroger du devenir de la benne tout venant. Donc l'idée, ça a été de dire, ok, je sais que le modèle il existe, j'appelle les gens, il y en a dans le 79 notamment, c'est pas très loin. Et en même temps, faire voyager du déchet, c'est pas très pertinent. Bilan carbone, coût, pour un truc à la fin qui n'a pas de valeur, c'est pas génial. Mais je vais les voir quand même, je regarde comment ils font, on discute, je suis toujours en contact avec certains, c'est super intéressant. Je leur explique un peu moi comment je vois les choses, tout ça, enfin bon voilà, bienveillance réciproque, super. Et puis je rentre en me disant, on va quand même tenter de faire un modèle un petit peu plus productiviste, peut-être industriel à terme, donc il va falloir mécaniser ce truc-là, on va arrêter de casser du verre à la main avec un marteau, parce que le mode Bogota, comme m'a dit mon concepteur de machine au début du projet. peut-être en sortir rapidement. Et l'enjeu étant, effectivement, avec le moins de risques possibles pour l'homme, parce que casser du verre avec un marteau, on comprend bien tous les risques que ça peut représenter. Il suffit de casser un verre à la maison quand on arrête de marcher pieds nus dans la seconde qui suit. Donc, de la même façon, il fallait quand même qu'on sorte les hommes du danger, du risque, et qu'on trouve une capacité de production réelle qui puisse répondre à un besoin d'un marché qui allait se mettre en place dans le cadre de la Red PMCB. Tout ça est un peu technique et barbare, puisque la France ne... Et pas avare de réglementation d'une part, et puis de termes barbares comme PMCB ou REP. Bon, en résumé, c'est la filière des déchets du bâtiment qui est en train de se mettre en place. Alors je dis bien qu'elle est encore en train de se mettre en place, c'est loin d'être abouti. Ça fait juste 4 ans que ça nous occupe, mais on va finir par y arriver. Et dans la filière des déchets du bâtiment, qui est quand même le plus gros générateur, le bâtiment est le plus gros générateur producteur de déchets en France chaque année, 40 millions de tonnes. Et on ne s'était encore pas attaqué. à cette filière, on en a traité d'autres, le meuble, l'électroménager, tout ça. Et donc, il y a sept flux qui sont identifiés, et parmi ces sept flux, il y a le flux de la menuiserie vitrée, donc la fenêtre. J'ai dit, on va devenir un vrai acteur, localement, régionalement, pour commencer. Avec une vraie capacité de production, avec une garantie d'un verre propre, parce que vous comprenez bien que c'est compliqué de faire du verre propre quand on casse le verre de la fenêtre. Il faut que le verre soit seul dans le contenant à la fin, c'est pas tout à fait simple.
- Speaker #1
Sans latex, sans saloperie. Exactement,
- Speaker #0
et sans que les mecs se soient blessés entre temps, et idéalement qu'on commence à parler en plusieurs centaines de tonnes par an, voire milliers de tonnes par an à terme. Sachant qu'on ne connaît pas le terme, puisqu'on ne sait pas à quelle vitesse la filière va croître. et on se rend bien compte qu'elle ne croit pas à la vitesse qu'on aurait souhaitée, mais c'est comme ça, on s'adapte. Et donc j'ai dit Valomnia, ça ne va pas être une SS, ça ne va pas être un chantier d'instruction, ça va être une SAS qui sera détenue par Maholding, on va trouver des hommes vaillants et pour qui ça a un sens particulier de s'attaquer à ce sujet-là, et on va réfléchir à industrialiser ça. Donc je suis allé voir mon voisin le plus proche qui s'appelle la mécanique charentaise à Château-Bernard. Chris Daven, et j'ai dit à Chris si ça t'intéresse de travailler sur un proto pour une machine qui démantèle des fenêtres, il me dit bah, pas sûr de tout comprendre tout de suite, mais ouais, on va, faut qu'on regarde ça, ça me... Voilà, c'est un garçon qui avait déjà une expérience dans les lignes de tri de déchets chez Veolia notamment, donc voilà, il avait, et puis bon, une super tronche quoi, et donc il m'a beaucoup accompagné sur le projet, et c'est lui qui nous a conçu fabriquer donc la machine qui est dans sa dernière évolution là, ces jours-ci, et qui va... qui est à la veille de devenir ce qu'on appelle la machine série. Donc demain, on peut imaginer dupliquer le modèle Valomnia, ou en vendant une machine à un confrère qui souhaite se mettre sur ce métier-là, ou en dupliquant des sites Valomnia ailleurs sur le territoire français, pourquoi pas. Rien n'est arrêté à ce stade, ce qui crée de l'inertie, une nouvelle fois. Je n'en ai pas après notre gouvernement, parce que j'estime qu'on est dans un pays fabuleux. Je ne veux pas du tout cracher dans la soupe, mais force est de constater que l'inertie de la filière des déchets du bâtiment est réelle et que tant que la croissance des volumes n'est pas là, on ne va pas se projeter et s'envoyer en l'air à imaginer un site Valomia dans chaque département de France. Et puis ce n'est peut-être pas le bon modèle d'ailleurs, je n'en sais rien encore.
- Speaker #1
Oui, mais tu me disais tout à l'heure quand je suis arrivé, à deux... Vous arrivez à faire 1000 tonnes ?
- Speaker #0
Alors, à deux, là, on a fait 750 tonnes avec une machine qui était plutôt en mode dégradé, enfin, qui n'était pas finie d'évoluer. Et là, quand on voit ce qu'elle est en train de nous sortir, on doit pouvoir faire 1000 tonnes par an à deux hommes.
- Speaker #1
C'est énorme.
- Speaker #0
1000 tonnes par an, ça fait, oui, je fais une approche tout à l'heure, 70 000 fenêtres par an. Voilà, donc c'est... Enfin, on est très fiers de ça. Je dis « on » parce que eux, évidemment, ils doivent l'être, et je les félicite. J'allais dire à chaque fois que j'y pense, mais non, à chaque fois que ça me paraît pertinent de le faire, il ne faut pas en abuser non plus. Et pour les collaborateurs d'OMNIA globalement, il y a une fierté... qui nous a été témoigné spontanément par des collaborateurs, qui consiste à dire, c'est quand même chouette qu'on fasse ça en plus, qu'on laisse pas les déchets comme ça. Les mecs, ils montent des fenêtres tous les jours chez les clients. Les mecs ici, ils fabriquent des fenêtres à l'atelier. Savoir qu'on va générer une fin de vie beaucoup plus vertueuse, 95% le taux de recyclage, ça veut dire qu'on a que 5% de déchets ultimes qu'on s'est pas traités et qui finissent à l'enfouissement. On passe de 100% à 5%. Quand les gars conscientisent ça, ils sont super fiers de ça. Donc, C'est vraiment un projet d'entreprise au sens des hommes, au sens de l'équipe.
- Speaker #1
J'aimerais ouvrir une parenthèse sur ton profil. On en a parlé tout à l'heure, je t'ai dit que je reviendrai dessus, parole tenue. C'est un sujet auquel je suis confronté hyper fréquemment. Il y a de plus en plus de banques qui nous disent « Nous, on ne prend que des experts, on ne finance que des experts. T'es boulanger, on te financera si tu veux reprendre une boulangerie. Si t'es pas boulanger, on te financera pas ta boulangerie. » Toi tu venais du monde plutôt agricole, tu venais du commerce, aujourd'hui tu as la tête d'une société de production, tu as créé une société de recyclage, qu'est-ce que tu retiens de ton expérience propre et que tu aurais envie de dire, je sais qu'il y a quelques banquiers qui écoutent, donc ouvrez les oreilles, quelqu'un qui te dit que tu ne peux être qu'expert pour reprendre ou entreprendre en tous les cas dans un secteur ?
- Speaker #0
La première chose que je dirais c'est que ça dépend de la taille de la cible. Je pense, c'est une donnée d'entrée. Autrement dit, quand on reprend un fonds artisanal composé d'1,1 ETP, pour reprendre tes termes, que je l'ai décrit tout à l'heure, je ne vais pas revenir dessus, et qu'on est à minima commerçant et un peu manager, autrement dit à peu près proche des gens. Bon, on n'a pas besoin d'être un expert de la menuiserie, ça fonctionne. Par contre, le premier job qu'on doit faire, c'est s'entourer de gens compétents. Et enfin, je ne suis pas le premier, enfin je ne suis pas le premier. Pour réussir, il faut s'entourer quoi, il n'y a pas de sujet, voilà. En fait, je me mets dans la configuration où si je reprenais Omnia aujourd'hui. Donc Omnia menuisier, la structure principale, un site de production, donc de fabrication en atelier, deux sites pour faire des travaux, métier de la menuiserie, du bâtiment, le meuble, des machines high-tech, des camions sur la route, bref. 45 personnes. Est-ce que je reprendrai, avec le parcours que j'avais, est-ce que je reprendrai une boîte de ce type-là, si j'en avais les moyens évidemment, en demandant des sous à la banque, puisque c'est ça l'enjeu là. Est-ce que je m'intéresserais à une boîte comme ça ? Je pense que je pourrais tenter de le faire quand même. Parce que là, pour le coup, au contraire d'une petite boîte où on fait tout, on apprend tout très vite, là on a déjà des gens sachants dans la structure. Et donc si on s'appuie sur eux intelligemment, enfin intelligemment, j'ai pas la prétention d'être plus intelligent que la moyenne, mais en tout cas, si on s'appuie sur eux, au moment où c'est nécessaire. Qu'on a les bonnes personnes avec nous et qu'on ait rapidement clairvoyance sur est-ce que c'est les bonnes personnes ou pas les bonnes personnes, j'ai plus beaucoup de tabous non plus là-dessus. Une entreprise n'a pas vocation à accueillir tout le monde et certains n'ont pas la place dans l'entreprise, c'est la vie, c'est la vie, voilà. Mais voilà, si on arrive à avoir une analyse assez rapide, et ça on peut l'avoir qu'une fois qu'on est aux commandes à mon avis, c'est...
- Speaker #1
Il y a absolument peu de bouteilles.
- Speaker #0
Voilà, et sans enlever le... les bienfaits de ton métier, mais je ne pense pas que l'audit soit suffisant pour savoir s'il y a les bons collaborateurs dans la boutique.
- Speaker #1
Alors, fort heureusement, je ne suis pas auditeur. Bon,
- Speaker #0
voilà. Bon, en tout cas, les gens qui peuvent t'accompagner dans les projets. Mais, voilà, je ne pense pas qu'il faille être un expert. Après, on est toujours expert dans quelque chose. Je revendique le fait que je suis expert dans le commerce et je commence à l'être, toute prétention gardée dans le management. Et, sauf erreur de ma part, une boîte qui n'a pas capacité à vendre son produit ou son savoir-faire, et qui n'a pas capacité à s'occuper des hommes, elle n'a pas un avenir très long. Je ne suis toujours pas un expert de la menuiserie. Je comprends ce qu'on fait, ça va. Et encore, il y a encore plein de termes. Ici, dans l'atelier, il y a plein de termes que je ne connais pas. Il y a des choses que je ne sais pas reconnaître. Je comprends quand on m'explique, mais je me fais réexpliquer régulièrement. Non, on est tous experts de quelque chose. Je pense qu'il faudrait plutôt qu'on voit les repreneurs potentiels pour ce qu'ils vont amener de valeur ajoutée dans l'entreprise qu'ils ont pour cible. Et est-ce que c'est pertinent, justement, que ce soit cette expertise-là qu'ils amènent ? Autrement dit, effectivement, un mec qui reprend une boulangerie où il y a le boulanger et la vendeuse et qui ne sait pas faire de pain, je comprends, on a besoin d'un expert.
- Speaker #1
Non, là, je parle d'un exemple où c'était un petit groupe de boulangerie, où tu as des vrais boulangers. Le sédant est un profil de gestion qui, rarement, n'a pas été financé parce que pas boulanger. Moi, mon réflexe, c'est de dire qu'est-ce qu'on s'en tape ? Il y a besoin d'un geste libre.
- Speaker #0
Puis alors, de la boulangerie bien gérée, c'est une machine à cash, quand même. Ils ont regardé les banquiers ça ? Vous nous entendez messieurs les banquiers ? Non mais... Enfin pour en connaître quelques-uns qui se démerdent bien, oui quand même.
- Speaker #1
Ouais non, quand tu te démerdes bien c'est bon.
- Speaker #0
Mais c'est comme tout. Et donc c'est pour ça que là si on est expert dans de la gestion, dans du contrôle de gestion, dans les achats même peut-être. Peut-être que ça se joue sur le prix d'achat de la farine, j'en sais rien, je connais pas leur métier mais, nom de dieu, y'a moyen de faire quelque chose quoi. Y'a pas besoin de savoir fabriquer la baguette.
- Speaker #1
Et je pousse le raisonnement plus loin, comment tu arbitrais entre une boîte qui est très chère, avec un gros multiple par exemple, mais des excellents ratios et tout est plutôt bien géré, et une boîte pour le coup qui est sous-évaluée, avec un gros potentiel mais beaucoup de boulot ? Comment tu arbitrais entre les deux ? Tu vends Omnia et tu donnes...
- Speaker #0
Avec les jeux choisis ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Je sais pas. Je me suis pas beaucoup projeté là-dedans. Des fois un peu, mais pas plus que ça. Là, on parle du compte de résultat, ou du potentiel financier, ou de la réalité financière à un instant T, qui plus est, sur les dernières années, voilà. Je suis convaincu d'un truc, c'est qu'une fois qu'on reprend... On n'aura pas les mêmes équilibres.
- Speaker #1
Forcément.
- Speaker #0
Je vois pas comment, c'est impossible. Là, à l'intuition, je serais plutôt à me dire, déjà, c'est quoi l'activité que tu préfères ? Si on peut rencontrer les gens un peu de l'intérieur, on va dire, c'est laquelle l'équipe avec qui t'as vraiment envie de bosser ? Parce que la boîte, super rentable, super machin, super truc. Si c'est des gens insupportables ou qu'ils le savent trop qu'ils sont super rentables et que ça ne va pas être possible pour moi. Je préfère transpirer un peu mais avec des gens avec qui j'ai plaisir à bosser. Régulièrement chez Omnia je transpire encore. On est dans le dur régulièrement. Le marché du bâtiment on sait ce qu'il est. La crise du cognac on sait ce qu'elle est depuis deux ans. On ne s'amuse pas tous les jours, on n'a pas que des réussites chaque jour. Mais il n'y a pas un matin où je n'ai pas plaisir à retrouver les gens avec qui je bosse. Ça ne fait aucun sujet. Et rien que ça déjà, mais non d'un chien, c'est plus de la moitié de la valeur de l'entreprise. On parlait des hommes tout à l'heure qui font la boîte, mais c'est aussi des hommes pour ce qu'ils sont en termes de savoir-être, pour reprendre les termes des recruteurs, mais voilà, en termes de personnalité, en termes d'humain, de valeur. Et non d'un chien, j'essayerais de regarder... On m'a approché récemment pour m'intéresser à un fonds artisanal, et puis finalement c'est pour aller plus loin, et puis c'est OK. En fait, moi ma première demande pratiquement, enfin j'ai eu deux demandes, le carré de commande, et rencontrer l'équipe. Après, ce que la boîte a fait en ratio jusque-là ou ce qu'elle fera demain, c'est mon problème. Ce qu'elle a fait avant, dans le meilleur des cas, ça va lui donner une valeur potentielle. Je ne vais pas m'y intéresser, bien sûr. Mais non d'un chien. Déjà, avec qui je suis susceptible de bosser ? Comment ils sont encore tiqués ? Et puis, qu'est-ce qu'il y a dans la musette ? Parce que, voilà, quand même. Qu'on n'achète pas une coquille vide.
- Speaker #1
Est-ce que tu as fait des erreurs au début, donc tu payes encore les pots cassés aujourd'hui ?
- Speaker #0
Des erreurs où je paye encore les pots cassés aujourd'hui... Peut-être que des fois j'ai pas l'image que j'aimerais avoir auprès de certains, mais malgré tout il me semble que c'est une minorité, donc c'est ok, parce qu'on fera jamais l'unanimité, et après... Je parle de spectateur, entre guillemets, donc c'est pas très grave. Et après... Non, des erreurs, j'en ai fait plein, j'en ferai encore, j'ai aucun doute avec ça, on apprend de ses erreurs, je suis en train de lire un livre sur l'échec, c'est très intéressant, il vaut mieux échouer tôt, bien comme il faut, et rebondir plutôt que jamais échouer, parce que le jour où ça arrive, ça fait mal, donc j'ai retenu ça pour l'instant, après 100 pages, mais voilà, c'est ok, j'en ai fait, je vais en faire d'autres, j'apprendrai avec ça, et peut-être par contre que je les prends peut-être mieux aujourd'hui qu'hier, et je réagis peut-être moins... Avec un peu plus de maturité, c'est normal, on progresse aussi. Mais je réagis peut-être un peu plus posément aujourd'hui que je le faisais parfois à l'époque, ou dans les premières années où j'étais action-réaction, et les réactions étaient parfois un peu idiotes. Mais dire que j'en ai des séquelles, entre guillemets, dans ma boîte d'aujourd'hui, ou moi personnellement, non, c'est pas le cas.
- Speaker #1
Et t'as plus grande fierté à ce stade ?
- Speaker #0
Euh... Mes enfants.
- Speaker #1
Faudra que tu les fasses écouter. Tu leur fasses écouter. Ils seront obligés d'écouter jusque là. Ça y est, ils l'ont dans l'os. Ouais, ouais, non mais ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Écoutez les gars, restez, restez.
- Speaker #1
Restez jusqu'à 1h03. Non, c'est bon,
- Speaker #0
on a connu ton histoire. Ouais, pas tout peut-être. Non, mes enfants, parce que dans ce temps-là, je suis pas très présent avec eux pendant un certain temps quand même. Enfin, voilà. Et euh... Et en fait, ils gazent super bien à l'école, ils ont des comportements impeccables, ils sont adorables, ils font du sport. On dit toujours avec ma femme, on a beaucoup de chance. Bon, il n'y a peut-être pas que de la chance non plus, mais enfin quand même.
- Speaker #1
On en provoque la chance.
- Speaker #0
Ouais, je suis convaincu de ça. Et donc, parce que j'ai eu aussi beaucoup de chance dans mon parcours, mais la chance sourit aux audacieux, on m'a dit, donc je reste là-dessus. Et du coup, ouais, je suis fier de mes enfants parce que je suis content d'avoir réussi aussi ça. que ce qu'on fait chez Omnia, ce n'est pas au détriment de mes enfants. Voilà, en résumé. C'est pour ça que je suis fier de mes enfants.
- Speaker #1
Et ton rapport à la croissance aujourd'hui ? Qu'elle soit externe ou organique, mais...
- Speaker #0
Tu as une boîte à me vendre.
- Speaker #1
J'en ai, oui, si tu veux. Non. On en parlera après.
- Speaker #0
Non, j'ai pas de... C'est neutre. Je le disais tout à l'heure, je suis bien dans le périmètre qui est le nôtre aujourd'hui. Je m'y sens bien, autrement dit. J'aimerais déjà qu'on ait assez d'activité pour occuper tout le monde comme il faut et sortir des résultats un peu plus sexy. Même si... C'est pas nul, mais voilà, on peut faire mieux. Mais on manque d'activité, parce qu'on n'a peut-être pas été assez bons commerçants, alors que ça allait très bien. Peut-être aussi parce que le marché est moins là. Enfin, sûrement les deux, en fait. Peut-être qu'on n'avait pas une stratégie assez claire, donc on en paye un peu les pots cassés. Maintenant qu'elle est plus claire, on est plus ardu commercialement. Mais non, voilà, je... Je suis pas... Je suis pas assoiffé de croissance, je suis pas assoiffé du coup d'après. Je commence à bien connaître aussi mon environnement. d'entreprise, concurrentiel entre guillemets, toute proportion gardée. Dans cet environnement-là, je n'ai pas de cible. Et peut-être que demain, il y a une opportunité qui se présente et je l'étudie. Mais pas plus que ça. Je n'ai pas provoqué le destin comme je l'ai fait dans le passé.
- Speaker #1
Plus souple, on va dire.
- Speaker #0
Oui, et aussi parce que je suis arrivé à ce que je voulais faire. Mon projet de départ en 2014, c'était d'être une boîte de menuiserie qui emploie quand même un effectif significatif avec un savoir-faire. de la menuiserie au sens large, des métiers du bois, la fabrication, le... J'ai quand même coché toutes les cases que j'avais envie de cocher. Ça c'est certain. Tout n'est pas parfait, tout n'est pas nickel, on peut encore s'améliorer. Donc on y travaille quotidiennement. Et je dirais, depuis deux ans, j'ai envie de dire que c'est la deuxième partie de mon projet qui démarre. C'est pas mal ça, je l'enregistre. Il y a eu la croissance, on a dû absorber la décroissance ou l'arrivée de la crise, et du coup on s'est remis en question sur plein de choses, organisationnelles, commerciales, structurelles, contrôle de gestion, on a fait beaucoup beaucoup de choses, et qu'on fait vivre quotidiennement avec les équipes et que je manage de très près. Et je dirais que je suis vraiment dans la deuxième partie, c'est... OK, comment on fait de cette embarcation maintenant à périmètre à peu près équivalent ? Plus ou moins quelques collaborateurs, plus ou moins quelques centaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires, ce n'est pas tant le sujet. Le sujet, c'est comment on en fait quelque chose de rentable, où les gens y vivent bien, pour des raisons matérielles, mais aussi juste de bien-être, de se sentir bien dans sa peau. Et comment nos clients sont contents de nous faire appel et sont ravis de ce qu'on leur fournit. Et comment on inscrit ça dans la durée, et comment on a un impact aussi... Sur la durabilité, avec une durabilité de nos affaires, impact carbone, impact... Voilà, pour moi, c'est le deuxième chapitre qui s'ouvre. Ok,
- Speaker #1
c'est ça ton prochain défi ?
- Speaker #0
On est dedans, oui. C'est forcément un défi, parce que si on ne réussit pas ça, là, pour le coup, ça s'arrête. Oui. Tu pourrais te dire,
- Speaker #1
allez, je me lance sur une croissance externe pour redonner du boost, par exemple.
- Speaker #0
Je ne suis pas sûr, je suis peut-être un peu échaudé quand même des croissances externes, parce qu'elles ont créé du désordre à chaque fois. Elles ont créé du désordre, et le désordre qu'on a créé avec les croissances externes, c'est quand on a réuni les deux ateliers sur un site unique en janvier 2023 à Jarnac, où nous sommes. Allez, ça fait une petite année qu'on s'en est relevé, quoi. Donc quand même. Voilà, donc en fait, peut-être que je suis un peu échaudé des croissances externes, ou en tout cas de la désorganisation que ça provoque. C'est pas une fatalité. C'est nous, moi le premier, qui sommes pas en conscience du bordel que ça va mettre dans ce qui est en place.
- Speaker #1
Tu vois que l'aspect positif ?
- Speaker #0
Exactement. Et du coup, ouais, c'est bon, quoi. On a fait.
- Speaker #1
Quel est le meilleur conseil qu'on t'ait donné ?
- Speaker #0
J'espère qu'elle nous écoute. Je suis allé voir un... Quand j'ai décidé de me mettre à mon compte, mon père m'a dit, va voir... Je ne suis plus sûr de son prénom, je suis désolé, mais c'est un gars super. qui est maintenant à la retraite et voilà. Va discuter avec lui, il va te donner des chefs d'entreprise sur la région. Ok. Il me dit, écoute c'est pas compliqué, il te faut trois choses, un banquier, un avocat et un comptable. Putain, j'ai dit là quand même, moi je veux juste reprendre une petite boîte de menuiserie, c'est bon. Non, non, il te faut les trois trucs. T'as un banquier, bah j'ai un banquier comme tout le monde quoi, j'ai un carnet de chèque, une carte bleue, tout ça, mais voilà. Il dit, non, non, mais tu t'entends bien ? Ah ouais, ouais, ça va, ouais. Bon, bah tu lui demandes à elle, c'était une conseillère à l'époque, effectivement c'est elle qui m'a financé. Elle était conseillère... particulier puis agri et elle m'a financé en tant qu'artisan, rien à voir, elle a juste gardé le compte client aussi longtemps que possible pour pouvoir m'accompagner dans mon lancement, comme quoi, et je la remercie encore. Il me dit comptable avocate, je dis non, pas de comptable, je ne suis pas d'avocat, et il me dit, les deux d'aujourd'hui, même si le temps est passé et que les générations ont tourné, mais donc pour ne pas les citer, Alain Raclet et Alain Faury. Et voilà, donc...
- Speaker #1
Tu travaillais avec Alain Faury ?
- Speaker #0
Exactement. Et donc, mes premiers rendez-vous, ça a été avec ces gens-là. Alain Raclet, maintenant, qui a été... Alors, on a quand même collaboré quelques années ensemble, c'était un vrai plaisir. Et puis maintenant, c'est Fabrice Léon et Alexandra Faury, qui a pris la suite de son papa assez peu de temps après que j'ai démarré. Enfin, on a même fait le... Le closing ensemble, en fait, on a fait un premier rendez-vous avec son père et ensuite elle a tout de suite été là. Et c'est toujours mon conseil, pas du quotidien, mais régulier. Voilà, donc, et ça c'est un vrai conseil de... Et donc c'est le conseil que je donne aujourd'hui quand on me dit, bah tiens, j'aimerais bien me mettre à mon compte et non d'un chien, faut pas avoir de réticence, faut pas avoir d'a priori, non, faut aller voir ces gens-là, eux ils savent. Ils se nourrissent de tout ce qu'ils voient chez les autres. Donc quand ils donnent un conseil... Ils ne s'autorisent pas toujours des conseils très... Mais quand même, quand ils donnent un conseil, ce n'est pas une connerie, ils n'ont un chien. Parce qu'ils l'ont vu, ils l'ont vérifié à plusieurs reprises. Ils sont sachants de plein de trucs qu'on ne sait pas. Enfin non, mais c'est incroyable. Donc je donne ce conseil-là moi aussi à mon tour, mais je ne suis pas très écouté. Souvent les gens vont à l'économie, on va dire, sur ce sujet. Et je pense que c'est une connerie.
- Speaker #1
J'en ai parlé à midi, quelqu'un qui ne veut pas faire une LOI parce que ça va coûter de l'argent.
- Speaker #0
Ah ben non, mais...
- Speaker #1
Ah ben là, tu es sûr de ne rien faire si tu ne fais pas de LOI. Donc, enfin... Bon, bref. Ça m'a un peu échaudé. Est-ce que tu as un objectif final ?
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
Transmettre à tes enfants, vendre... Vendre à tes salariés ?
- Speaker #0
Pourquoi pas.
- Speaker #1
Ou que sais-je.
- Speaker #0
Oui, oui, transmettre à un ou plusieurs salariés, c'est pas exclu. J'ai déjà un associé qui est plus jeune que moi, donc on peut imaginer qu'il y a un début d'histoire en tout cas. Elle se réalisera ou pas, mais en tout cas il y a une première pierre de ce côté-là. À mes enfants, non. Je ne l'ai jamais fait dans cet esprit-là et je suis, on en parlait avant l'interview, mais je suis un peu... J'ai mon avis sur la succession de fêtes, on va dire, et je n'ai pas envie que mes enfants se sentent obligés. Donc depuis le départ, je leur dis que ce n'est pas pour eux. Pas pour les priver, mais pour dire, les gars, vous ferez ce que vous voulez. Demain, vous me la demandez, on en parle, mais vous ne me la demandez pas, c'est OK, il n'y a pas de problème. Et je ne vous imposerai pas de faire ce métier-là. Pour l'instant, ils n'ont pas l'air passionnés. Il y en a un qui est sur le commerce, mais commerce, commerce. Et l'autre sur le sport. Donc, autant dire qu'on n'est pas tout à fait sur les mêmes planètes pour l'instant. C'est d'autres sphères, on va dire. Je te parle de transmission,
- Speaker #1
mais ça peut être autre chose. de vendre Omnia Menuiserie pour faire que du recyclage, par exemple ? Je ne sais pas.
- Speaker #0
Ça pourrait arriver. Ça pourrait arriver. Ce n'est pas exclu non plus. Il n'y a rien d'exclu à ce stade. Il n'y a rien de très clair dans ma tête. Je considère ne pas avoir fini le chantier, on va dire, chez Omnia Menuiserie. Enfin, je ne considère pas, je mesure que je n'ai pas fini le chantier pour les raisons que j'évoquais tout à l'heure et c'est OK, finalement. J'ai une espèce de date, j'ai une espèce de palier à 50 ans, ça sera la crise de la cinquantaine peut-être ou pas, c'est dans trois ans. Je me serais bien effectivement consacré à autre chose à 50 ans qu'à la menuiserie, mais je ne suis pas persuadé, je ne sais pas si je le ferais ou pas. Je ne sais pas si je m'en serais donné les moyens ou si les planètes se seront alignées. Et en fait, autant j'ai été dans des moments compliqués où je m'étais presque un... Une urgence ou en tout cas une priorité à trouver une issue, on va dire. Autant aujourd'hui, je ne suis plus là-dedans. Donc, je n'ai pas une finalité très claire à ce stade. Le champ des possibles est ouvert.
- Speaker #1
Et dans 10-15 ans, tu aimerais que Omnia en soit où ? Groupe Omnia ?
- Speaker #0
Chez Omnia Ménigier, j'aimerais que ça soit au moins comme ça, si ce n'est un peu mieux. Alors un peu mieux en termes de qualité encore, de positionnement en gamme. On est plutôt haut de gamme, mais on pourrait... Ça va être mieux encore, avec une zone de charentise un peu plus large, un peu consolidée, sur les zones comme la Rochelle, les îles, un peu plus angoulême encore. C'est déjà des zones où on est, mais on peut encore gratter. Ça me ferait plaisir, voilà. Et puis qu'il y ait toujours cet ADN, ce sens du client. On travaille pour eux, c'est eux qui nous payent, et on doit leur livrer le truc le plus magique possible, dans les délais les plus respectés possibles. Enfin voilà, je serais fier si ça pouvait perdurer. Et pour ce qui est de Valomnia, dans un monde idéal, si la filière voulait s'activer un peu dans les 2-3 ans qui viennent, avoir des petits Valomnia en France ou avoir une concession de machines taguées Valomnia pour mes confrères recyclers, un truc comme ça, ça ne me déplairait pas. Pour moi ou pour un repreneur entre les deux, je n'en sais rien.
- Speaker #1
Dernière question, si tu pouvais parler au Bertrand de 2014, qui est sur le point d'acheter sa cible, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
J'étais sur le point de le faire, bon il n'y a pas grand chose qui m'a freiné, mais ouais, vas-y quoi, c'est bon, vas-y, fonce.
- Speaker #1
Kiff.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais. Vas-y et... Et écoute, peut-être un peu plus.
- Speaker #1
Pas mal.
- Speaker #0
Ben ouais, parce que la limite du système quand on fonce et qu'on est plein d'audace, c'est que c'est pour ça qu'on se met en situation de danger. C'est qu'on n'écoute pas assez. On n'écoute pas assez les gens qui ont de l'expérience, qui ont les cheveux gris alors que nous on a 35 ans. Et on se dit ouais, allez, c'est bon, t'as passé l'âge de prendre les risques que je prends, t'inquiète, ça passe. Et j'ai eu de la chance. Voilà. On a eu de la chance.
- Speaker #1
Merci beaucoup Bertrand.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Je remercie Thibaut Dupieris pour le montage et les équipes de Conseil Finance et Transmission pour leur soutien sur cette belle aventure. N'hésitez pas à nous contacter pour nous suggérer des invités ou des thèmes que vous souhaitez aborder. Ce projet n'est pas seulement le mien, je tiens à ce qu'il évolue avec ses auditeurs.