- Speaker #0
Bienvenue dans Confidence d'entrepreneur. Ici, on vous dévoile de l'intérieur ce qu'un entrepreneur traverse lors d'une opération marquante de son parcours. Je suis Thomas Fertin, entrepreneur et surtout dirigeant du cabinet de fusion et acquisition Conseil, Finance et Transmission. Chaque premier mardi du mois, nous revenons avec un invité entrepreneur sur son parcours tout en faisant un zoom sur une problématique ou une opération qu'il ou elle a dû traverser. Cela peut être une reprise familiale, une transmission, un dépôt de bilan ou bien même le retournement d'une entreprise. Comment repartir après un processus de cession avorté au dernier moment ? Aujourd'hui, nous allons revenir avec Renaud Martel sur son parcours d'entrepreneur, mais aussi d'associé. En 2008, il démarre en créant un premier site de e-commerce de vente de boutons de manchettes avec un associé et ami. 12 ans plus tard, à la tête de plusieurs sites et de boutiques dans Paris, les associés décident de mettre en vente leur entreprise pour des raisons de lassitude, mais aussi de divergence stratégique. Seulement à 15 jours avant la date de closing, l'acquéreur est placé en redressement judiciaire. Quelques semaines plus tard, le confinement est décrété. Comment arrive-t-on à se remettre de cette situation ? Quand on fait une croix sur son ancienne entreprise, que l'on a déjà commencé à investir sur de nouveaux projets, quand les divergences entre associés sont toujours présentes. Aujourd'hui, les deux associés le sont toujours, toujours dans la même société, ils viennent même de créer une nouvelle activité au sein de celle-ci. Comment fait-on pour surmonter cette situation et aller de l'avant ? Bonjour Renaud. Bonjour. Bienvenue dans nos bureaux. de CFT à Bordeaux. Merci,
- Speaker #1
merci de m'accueillir.
- Speaker #0
On a été mis en relation via Jérôme Forest, l'invité de l'épisode 3 concernant le retournement d'entreprise. D'abord, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation à participer à ce podcast.
- Speaker #1
Merci pour l'invitation.
- Speaker #0
Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter rapidement, s'il te plaît ?
- Speaker #1
Je m'appelle Renaud Martel, j'ai 47 ans, j'habite à Bordeaux après avoir vécu dans de nombreuses villes différentes, en France comme à l'étranger. J'ai donc beaucoup bougé et mon point de stabilité est ma femme. avec qui je vis depuis 15 ans maintenant, et avec qui nous avons eu 3 enfants en CP, 6e et 4e, qui sont ma source de bonheur et d'étonnement au quotidien. Et en activité professionnelle, je suis sorti d'HEC en 2003, j'ai exercé différents métiers avec plus ou moins de succès, avant de créer en 2008 la marque de prêt-à-porter masculin The Nines, que j'ai développée et pour laquelle je... Je suis encore actif tous les jours depuis 2008.
- Speaker #0
Avec un associé, justement.
- Speaker #1
Avec un associé, Erwan, qui est présent depuis le début.
- Speaker #0
Lui aussi, il est d'HEC ?
- Speaker #1
Lui est de Subdecorou. D'accord.
- Speaker #0
Comment tu définirais ton parcours en une phrase ou un mot ?
- Speaker #1
En un mot, je dirais libre. Libre d'avoir pu faire les choix que je voulais au moment où je voulais. À savoir, d'avoir toujours eu la liberté d'être... à l'endroit et au poste où j'avais envie d'être au moment donné.
- Speaker #0
C'est bien ça, parce que tu as commencé en tant que salarié, tu ne l'as pas entrepris tout de suite.
- Speaker #1
À HEC, j'ai suivi la majeure entrepreneur, j'ai toujours eu la fibre entrepreneuriale. J'avais déjà créé une société quand j'étais en première ou en deuxième année à HEC. Donc, j'ai toujours eu cette fibre entrepreneuriale pour une raison simple pour moi, enfin pour deux raisons. La première, c'est que j'ai grandi et évolué dans un milieu avec... dans un environnement familial composé en majorité d'entrepreneurs. La deuxième, c'est que j'ai toujours été assez indépendant et que j'ai toujours accordé la valeur fondamentale, a toujours été la liberté et la possibilité de réaliser ce que j'avais envie de faire.
- Speaker #0
Tu as commencé en banque ?
- Speaker #1
J'ai commencé en banque, effectivement, ce qui est plutôt...
- Speaker #0
Antinomique.
- Speaker #1
...intuitif avec ce que je viens de dire. J'ai commencé en banque parce qu'en sortant d'HEC, j'ai eu la possibilité d'encadrer directement une équipe composée de 8 personnes. Et c'est pour cette... Et... Cette compétence managériale que je suis allé chercher, qui m'était offerte par cette banque, et qui finalement était très différente des enseignements théoriques que j'avais pu avoir à HEC, même si on travaillait sur des cas pratiques, même s'il y avait des stages. Là, en sortant, je rentrais directement dans le vif du sujet managérial. Et donc, cette équipe de gestion, cette expérience de gestion d'équipe m'a beaucoup apporté pour la suite. Et j'y suis resté, donc deux ans, avant de partir pour créer une deuxième entreprise, dans les ressources humaines cette fois. qui a... Donc, je suis parti avec... après deux ans dans la banque pour créer une entreprise qui s'appelait Walrus, inspirée du nom de la chanson des Beatles, I am the Walrus, et qui était une entreprise dont le but était d'aider les entreprises à mieux intégrer les jeunes diplômés qu'elles recrutaient, à mieux intégrer et à conserver, puisque c'est encore le cas aujourd'hui, beaucoup d'entreprises ont des problèmes de fidélisation de leurs jeunes recrues et le phénomène classique finalement étant un premier poste qui dure deux ans dans une société, avant de la quitter pour un autre job. généralement ailleurs. Et donc, on avait mis en place un certain nombre de stratégies et de programmes que nos entreprises clientes mettaient en place de manière à essayer de conserver ces jeunes potentiels chez eux plutôt que de les voir partir ailleurs après les avoir formés pendant deux ans.
- Speaker #0
Si on résume, tu as commencé par la banque, tu as fait du RH Management finalement, enfin une entreprise de recrutement.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et après, tu as atterri dans le prêt-à-porter.
- Speaker #1
Entre le recrutement et le prêt-à-porter, il y a eu deux autres expériences. dans le transport cette fois et plus précisément dans la construction de moyens de transport puisque je suis parti en suède pendant deux ans où j'ai travaillé pour le métro de stockholm dans la gestion de projets et après je suis parti en inde pour cette fois construire matériellement, non pas de mes mains, mais organiser la construction d'une usine de camions à Chennai, en Inde, où j'ai passé un an. C'est en Inde que le prêt-à-porter est arrivé, puisque c'est en Inde que nous avons pu développer, valider le business model de notre premier site internet, qui était la maison du bouton de manchette. En fait, en 2008, quand j'habitais à Chennai, mon associé Erwan m'a téléphoné. pour me dire, tiens, j'ai une idée. Donc, on est à l'époque, en 2008, il y a quelques sites internet e-commerce qui existent, mais on n'est pas encore comme aujourd'hui où tout se vend et tout s'achète sur Internet. L'ouverture d'un site e-commerce était une entreprise, à l'époque, assez innovante. Et donc, on s'est dit, il y a un accessoire qu'on aime bien tous les deux, c'est les boutons de manchette. C'est relativement difficile à trouver en France ou en tout cas à des prix parfois assez délirants. Et c'est un accessoire. qu'on pourrait vendre facilement sur Internet puisque c'est petit, ça ne prend pas de place. Pas de place à stocker, pas de place à envoyer. Donc...
- Speaker #0
Pas périssable.
- Speaker #1
Pas périssable.
- Speaker #0
Je rétropédale une toute petite minute, mais tu étais toujours en Inde ou tu étais en France ?
- Speaker #1
J'étais toujours en Inde.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'étais toujours en Inde et en fait, Erwan me dit... Erwan, donc, qui avait eu l'idée. Alors moi, je suis en France. Les échanges n'étaient pas aussi faciles qui... Enfin, les échanges commerciaux n'étaient pas aussi faciles qu'ils peuvent être aujourd'hui au sens où on trouve pas ce qu'on veut simplement en cliquant le nom de l'objet qu'on cherche dans un moteur de recherche.
- Speaker #0
Alibaba n'existait pas ?
- Speaker #1
Alibaba existait probablement, mais en tout cas n'était pas si facile d'accès qu'aujourd'hui. Et donc Erwan me demande, toi qui es en Inde, est-ce que tu pourrais aller voir si en Inde on arrive à trouver des boutons de manchettes à des prix plus sympathiques que ce qu'on trouve en France ? Et en creusant un peu ce qu'on pouvait trouver en Inde, j'ai trouvé d'une part que les boutons de manchettes étaient effectivement beaucoup plus accessibles en Inde qu'en France, et pour une raison qui est que l'un de nos premiers fournisseurs de boutons de manchettes était indien. Et l'aventure est partie de là. L'aventure est partie de ce constat qu'on pouvait trouver ces accessoires des boutons de manchettes en Inde, les fabriquer en Inde et les proposer à la vente en France, à un prix plus sympathique que ce qu'on trouvait ailleurs, à l'époque essentiellement d'ailleurs chez des bijoutiers ou des joyers.
- Speaker #0
Finalement, vous avez fait exactement le même raisonnement que Jeff Bezos quand il a créé Amazon. Jeff Bezos ne lisait pas.
- Speaker #1
C'est une comparaison ambitieuse.
- Speaker #0
Ambitieuse, mais le constat est le même. Jeff Bezos, il le dit très bien, il n'était pas forcément féru de littérature. Simplement qu'il cherchait un truc facile à stocker, non périssable, plus ou moins rectangulaire, où la logistique était simple. Et c'est pour ça qu'il a commencé par les livres. Mais jour 1, il a déjà dit, dans 3 ans, on vendra des canoës. Mais il fallait démarrer quelque part. Donc on a démarré par le plus simple à expédier et le plus facile, c'était du pragmatisme à son état pur. Ils s'en foutaient des livres. Ce qui m'intéresse, c'est le truc le plus simple possible pour démarrer, pour ensuite diversifier. Et on va y revenir par votre stratégie.
- Speaker #1
Alors, on n'avait pas forcément cette même ambition de diversification à l'époque. On était plutôt dans l'esprit, tiens, c'est un city commerce, il y a peut-être de l'avenir là-dedans, allons voir, créons quelque chose. Au pire, ça ne marche pas et ce n'est pas très grave. Au mieux, vraiment ce qu'on envisageait au mieux, c'est que ça pourrait éventuellement arrondir les fins de mois. à l'époque on a pas du tout eu l'ambition ou pensé qu'on pourrait en vivre et on a créé à partir de là une belle aventure qui a démarré en 2008 et qui est encore en cours aujourd'hui.
- Speaker #0
Alors ce que tu m'expliquais quand on a préparé cette interview, c'est que tu fais avec 2000 euros un énorme stock finalement, parce que le bouton de manchette coûte pas cher à acheter.
- Speaker #1
On achète un premier stock de 2000 euros au mois d'août 2008 et en décembre 2008... Début décembre, je crois le 2 décembre ou le 3 décembre 2008, on ouvre le site et le 15 décembre, on n'a plus rien à vendre. Donc en 15 jours, on a validé le concept de site internet puisque tout est parti en à peine deux semaines. Donc après, il a fallu reconstituer le stock et surtout traverser une période un peu plus difficile parce qu'évidemment, quand on ouvre à Noël sur un accessoire simple et facile et cadeau abordable, c'est toujours un beau moment pour... ouvrir un site internet juste avant Noël.
- Speaker #0
Et tester ta chaîne logistique.
- Speaker #1
Et tester la chaîne logistique. Mais à l'époque, la chaîne logistique était encore simple puisque c'était une petite caisse à outils dans une armoire. La chaîne logistique s'est évidemment développée depuis. Mais pour l'anecdote, je me rappelle d'avoir côtoyé pendant quelques temps au bureau de poste au pied de mon immeuble le fondateur de mes chaussettes rouges qui déposait ses colis. On se croisait le matin, quasiment tous les matins pour déposer nos colis. Lui de chaussettes et moi de boutons de manchettes. au bureau de poste, à côté de la mode piquée Grenelle.
- Speaker #0
C'est amusant parce qu'on est le 4 novembre. Ce matin, on a lancé le podcast de Fabienne Delahaye par rapport au salon MIF Expo, le salon du Made in France, qui est cette semaine, ce week-end à Paris. Et elle en parle de dire qu'il y a un truc dans l'air. C'est à peu près la moitié du podcast. Il y a un truc dans l'air. Tu es sûr d'avoir la bonne idée et d'être tout seul à la voir. Et c'est comme le prénom de tes enfants. Tu es coincu d'être original. Et en fait, il y en a quatre qui ont le même prénom.
- Speaker #1
Alors c'est vrai qu'après, il y en a 2-3 dans la classe qui ont le même prénom. voilà exactement bah vous finalement c'était un peu pareil avec les chaussettes rouges je pense que l'idée était la même la différence qu'en termes de stratégie par la suite eux sont restés fidèles à la chaussette et font des choses extraordinaires maintenant avec les chaussettes alors que j'ai envie de dire qu'on porte probablement moins de boutons de manchettes que de chaussettes, et que le marché du bouton de manchettes était peut-être plus développé simplement sur le produit bouton de manchettes, donc on a eu besoin de nous diversifier sur d'autres produits. Ce qu'on a fait assez rapidement.
- Speaker #0
Voilà, parfait. C'était exactement là où je voulais t'amener.
- Speaker #1
C'est assez rapidement, puisqu'après avoir ouvert ce premier site internet, la maison du bouton de manchettes, on s'est aperçu d'une chose aussi à l'époque, c'est l'importance du référencement. et qu'en étant le spécialiste d'un objet relativement confidentiel qui étaient les boutons de manchette, on arrivait à remonter facilement sur Google.
- Speaker #0
Puisqu'à l'époque,
- Speaker #1
on était quasiment les seuls à proposer des boutons de manchette en ligne. Donc quand quelqu'un tapait bouton de manchette sur Google, je parle de Google parce qu'à l'époque, c'était peut-être pas le seul, mais en tout cas le moteur de recherche le plus pertinent, en tout cas le seul à être efficace. Et donc en ciblant un seul produit et en ayant un site consacré à un seul produit, on arrivait à remonter facilement dans les résultats de recherche. Donc on a développé cette stratégie sur d'autres produits, en commençant par la cravate. On a ouvert un deuxième site qui s'appelait la Maison de la Cravate, dans lequel évidemment on proposait des cravates et ce qui était autour de la cravate, donc de papillons et pochettes. Pour relancer ce site, on est parti évidemment en recherche de cravates pour pouvoir les vendre. Et on a débarqué au Salon du Tissu à Milan en pensant pouvoir trouver des cravates. Et en fait, pas du tout. On était complètement au mauvais endroit. on a eu la chance de croiser un un de ses fabricants de tissus, qui devait à l'époque avoir 70 ou 75 ans, le vieil italien très classique, un peu comme le vieux grand-père italien qu'on peut imaginer dans tous les clichés, qui nous dit en français, avec son accent italien, d'aller nous renseigner auprès de telle société. Il nous donne une adresse à Combes. On était à Milan, donc à ce salon, on lui donne une adresse à Combes, où on n'avait pas du tout prévu d'aller. Et donc, ni une ni deux, on loue une voiture, on part à Combes. Et là, effectivement, on rencontre un tisseur qui fabrique également les cravates. et donc on arrive avec lui à lancer notre première collection de cravates petite soeur avec qui on travaille toujours aujourd'hui j'ai été le voir il y a 15 jours ou 3 semaines et donc j'ai revu le fondateur de la société qui aujourd'hui a 90 ans qui était encore là avec qui on avait échangé quelques mots et cette entreprise italienne avec qui on travaille toujours nous a accompagné dans le lancement de ce site la maison de la cravate avant de repartir vers une autre aventure enfin un troisième site internet plutôt puisque la maison de la cravate s'est aussi bien développée. On a ouvert un troisième site qui est la maison de la ceinture.
- Speaker #0
L'atelier de la ceinture, pardon, à l'époque, on a changé le wording, le naming de maison à atelier. On trouvait qu'avec ceinture, atelier se prêtait plus que maison. L'atelier de la ceinture qu'on a ouvert, la maison de la cravate, c'était en 2010. L'atelier de la ceinture, ça va être en 2011. On a ouvert le chaussetier, cette fois, en 2012. Et donc à chaque fois, des sites qui ont bien marché. Et on a loué à l'époque des bureaux dans le 7ème à Paris. Encore une fois, juste à côté de mes chaussettes rouges. Coïncidence. Dans ces bureaux, on avait quasiment tous les jours des clients qui sonnaient et qui pensaient qu'il y avait une boutique. Tous les matins, quasiment, on avait un ou deux coups de sonnette pour nous demander si la maison du bouton de manchette ou la maison de la cravate, c'était bien ici et s'ils pouvaient venir acheter des produits. Alors que c'était un local en fond de cour dans lequel il n'y avait absolument pas de vitrine commerciale ou d'accès. clientèle visible. Néanmoins, on avait des aficionados, des cravates ou des boutons de manchettes qui venaient nous rendre visite pour voir nos collections. Et à force de visite, on s'est dit que ça pourrait être une bonne idée d'ouvrir une boutique. Et là, on a une boutique physique. Et là, on a donc ouvert en 2013 notre première boutique avec une problématique qui était qu'à cette boutique, il fallait bien lui donner un nom parce que c'était compliqué en termes d'adresse, d'afficher, en termes d'enseigne, d'adresse, de dons commerciaux, etc. d'afficher quatre noms de sites différents. difficile d'avoir une enseigne avec Maison de la Cravate, Atelier de la Ceinture, Le Chostier. Et donc, on a dû regrouper tous ces sites sous une seule enseigne. Et donc, on a créé la marque The Nines, qui regroupait tous ces produits. À l'époque, on avait 4 ou 5 produits. L'idée, c'était éventuellement de développer 9 produits, d'où le nom The Nines, puisque se sont ajoutées les chemises, les pantalons, les costumes, les vestes et d'autres accessoires.
- Speaker #1
et finalement vous avez Tellement diversifié que vous vous êtes sorti des produits de niche ?
- Speaker #0
Les produits de niche représentent encore une belle part de notre chiffre d'affaires puisque c'est environ 30% de notre chiffre qui est réalisé encore sur les boutons de manchettes et les cravates. Ce qui est dans une marque de prêt-à-porter assez... On a finalement encore une grande part d'accessoires. L'accessoire chez nous n'est pas accessoire. En 2013, on a ouvert cette première boutique, The Nines, en référence au nombre de produits qu'on avait en tête à l'époque qui est également au dictateur. l'expression anglaise plutôt qui est « to be dressed up to the nines » , qui signifie en anglais « être sur son 31 » . Donc qui correspondait bien évidemment à un clin d'œil à l'élégance masculine qu'on souhaitait mettre en avant.
- Speaker #1
Avec un style plutôt anglo-saxon d'ailleurs.
- Speaker #0
Avec un style effectivement qui est un mix du style anglo-saxon, influence anglo-saxonne, une certaine influence italienne aussi. Puisqu'on travaille encore aujourd'hui beaucoup avec l'Italie, que ce soit pour les cramates, les écharpes, les ceintures, les chaussettes. On a beaucoup de produits qui sont encore aujourd'hui fabriqués en Italie. Et donc, forcément, avec un style italien assez prononcé.
- Speaker #1
Ok. Du coup, vous ouvrez une première boutique.
- Speaker #0
On ouvre une première boutique rue du Faubourg Saint-Honoré en 2013, qui fonctionne très bien, suite à quoi on ouvre une deuxième boutique à côté de la place de la Madeleine à Paris en 2015. Et cette deuxième boutique fonctionne également très très bien. Ce sont encore aujourd'hui nos deux boutiques parisiennes. On a deux boutiques à Paris qui sont toujours cette boutique de Nains rue du Faubourg Saint-Honoré. Et cette autre boutique de Nens, juste derrière la place de la Madeleine, rue de l'Arcade. Et ensuite, on a, en quelque sorte grisé par le succès, on a ouvert deux autres boutiques la même année, en 2017. Une troisième boutique qu'on a ouverte dans le 16e arrondissement, ce qui était a priori une bonne idée puisqu'on était pas loin de nos clients, on était dans un bel environnement entouré de nos concurrents, ce qu'on aime bien parce que chaque nouveau concurrent... Votre entreprise avec la même activité permet de faire grossir le flux de clients global pour tout le monde. Et donc, on a été entouré de beaucoup de nos concurrents ou confrères au milieu de nos clients. Et pourtant, cette boutique n'a pas marché du tout. On avait très, très peu de clients. C'est toujours une inconnue, finalement, pour moi, pourquoi finalement cette boutique n'a pas drainé assez de clientèle. Et on a ouvert une deuxième boutique, cette fois à Rue de Rennes. Donc là aussi, a priori, très, très bien placée. Elle qui a trouvé sa clientèle, mais qui avait des contraintes financières beaucoup plus importantes. Un loyer qu'on trouvait déjà à l'époque très, très élevé, mais pour lequel on a pris un risque. Le pari, ce n'est pas avéré gagnant, puisque même si la boutique marchait bien, voire très bien, l'équation financière était, la rentabilité n'était pas là et l'équation financière était mauvaise. Et donc, on a décidé de fermer ces deux boutiques un petit peu après le Covid. Le Covid ayant été un élément déclencheur supplémentaire, une brique supplémentaire dans le jardin de la fermeture de ces boutiques.
- Speaker #1
Alors, on va rentrer dans le vif du sujet, mais si on est là aujourd'hui, c'est pour évoquer un processus de session que vous avez initié en 2018.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui vient déclencher ce... Alors, vous ouvrez quatre boutiques, vous faites de la croissance, tout va bien, et néanmoins, vous cherchez à vendre.
- Speaker #0
En 2018, effectivement, on a eu, après dix ans de travail et d'implication dans cette marque, peut-être une certaine lassitude, en tout cas une envie de faire autre chose, de découvrir de nouvelles choses. Peut-être aussi le fait, effectivement, d'avoir ces deux premières boutiques qui ont très bien marché, les deux autres qui marchaient moins bien, qui peuvent contribuer à un petit coup de mou, un coup de moins bien. mais c'est surtout Surtout, la raison principale, c'est des divergences avec mon associé. Un certain nombre de différences et d'incompatibilités à l'époque qui font qu'on a estimé tous les deux que ce serait une bonne chose de s'éloigner et pour ça, de se séparer de The 9th. Et donc, en 2018, on a décidé de mettre en vente la société. Ces divergences se manifestaient de différentes manières. On avait une organisation au quotidien qui était... compliqué, on n'avait pas forcément les mêmes envies de développement pour The9, que ce soit en termes de produits, en termes d'univers. On est arrivé à un moment où on avait presque du mal à se parler sans finalement à chaque échange, ils ne leur sortent pas une différence de point de vue sur presque tous les aspects de notre entreprise et de notre activité au quotidien.
- Speaker #1
Mais ça allait au clash ?
- Speaker #0
Non, c'est jamais allé au clash. Peut-être qu'on peut faire l'analogie avec un couple. Au départ, chez The Nines, on a créé la société, on était trois. Le troisième associé est parti très rapidement, au bout d'un an, un an et demi. Il est parti vivre en Chine, ce qui était incompatible avec le travail au quotidien chez The Nines. Et donc finalement, depuis dix ans avec Erwan, c'est presque la personne que je vois le plus dans ma vie. Je vois plus qu'à l'époque, je voyais plus que je ne voyais ma propre femme.
- Speaker #1
Une association est un mariage. Une association est un mariage.
- Speaker #0
Un vrai mariage, on travaillait tous les jours ensemble, tous les jours pendant 10 ans, sachant qu'on est évidemment deux personnes différentes, ce qui a fait aussi la force de The Nines pendant 10 ans, et qui finalement continue encore aujourd'hui à faire la force de The Nines. Mais au bout de 10 ans, toujours est-il qu'il y a eu une certaine lassitude, et une certaine... Voilà, ça ne marchait plus. Comme dans un couple, ça ne fonctionnait plus. Sans qu'il y ait une raison... Il n'y avait pas de grosses disputes ou d'accrochages. La relation restait normale, sauf qu'on ne se voyait plus travailler ensemble. On ne se voyait plus continuer l'aventure ensemble.
- Speaker #1
Et c'est venu naturellement ou c'est un ras-le-bol où il y en a un des deux qui dit « si c'est comme ça, on vend » .
- Speaker #0
Je pense que c'est plus venu de moi. Je suis quelqu'un qui est peut-être plus sanguin, qui est beaucoup plus sanguin qu'Iroane, qui peut m'emporter aussi plus... plus rapidement, plus facilement, qui a tendance parfois à m'emporter peut-être plus facilement, alors que lui est peut-être beaucoup plus calme. Mais à l'inverse, avec une impression, en tout cas à cette époque-là, que du coup, tout glissait un peu sur lui, ce qui est, quand on est soi-même un peu sanguin, presque encore plus énervant. Ça remet une pièce dans la machine de voir que finalement, il n'y a pas de réponse en face.
- Speaker #1
Du coup, Oum ! décidé de mettre la société sur Fusac, mettre une annonce.
- Speaker #0
Exactement, on a mis une annonce sur Fusac.
- Speaker #1
Fusac est un site de référencement d'annonces de sessions d'entreprise sur lequel les dirigeants peuvent uploader leur annonce.
- Speaker #0
C'est le bon coin des entreprises peut-être qu'on pourrait dire.
- Speaker #1
On pourrait dire ça comme ça, oui.
- Speaker #0
Le bon coin des entreprises à...
- Speaker #1
Fusac.fr pour ceux qui se posent la question, F-U-S-A-C-U.
- Speaker #0
Ou à acheter.
- Speaker #1
Du coup, pourquoi avoir décidé de mettre une annonce en ligne plutôt que d'aller voir un... professionnels du secteur comme moi, je peux l'être, voire même appeler. Vous étiez au milieu du Serail, vous étiez au milieu de tous vos confrères. Pourquoi est-ce que vous avez décidé de mettre une annonce et un peu de vous dévoiler ?
- Speaker #0
L'annonce était anonyme, donc on ne s'est pas dévoilé.
- Speaker #1
En tout cas,
- Speaker #0
pas auprès des personnes qui n'avaient pas montré d'intérêt pour le rachat de The Nines. Je n'ai pas vraiment de réponse. On était dans le web. Ça faisait dix ans qu'on était dans le web. On avait l'habitude de faire... Beaucoup de choses d'acheter sur Internet, de vendre sur Internet. Et finalement, ça nous a paru naturel de mettre en vente la société sur le site Fusag, dont on avait plutôt une bonne image. Je ne sais pas, il n'y a pas vraiment de raison. Peut-être parce qu'on s'est dit aussi que c'était... Bouée de sauvetage, finalement, ça permettait de voir s'il y avait des personnes intéressées par leur achat, par l'opération, sans forcément perdre du temps à les trop discuter, ou en tout cas, les présenter nos envies à des cabinets ou à des sociétés spécialisées comme la tienne. C'était vite fait, ça permettait de voir si potentiellement, il y avait des personnes qui seraient intéressées par la reprise de The Nines.
- Speaker #1
Et finalement, ton expérience FUSAC, ton expérience web ?
- Speaker #0
Ça s'est bien passé puisqu'on a eu... Je pense, à l'époque, trois ou quatre personnes qui étaient intéressées par la reprise se sont renseignées sur la situation financière, l'activité, avec qui on a pas mal échangé. Dont une qui s'est montrée particulièrement intéressée pour, au final, ne pas donner suite, en tout cas dans l'immédiat, et finalement revenir vers nous peut-être six mois après. Pourquoi elle n'était pas intéressée ? Alors, on a appris pourquoi elle n'était pas intéressée à cette époque-là. C'est qu'elle était déjà en train de finaliser une opération, le rachat d'une entreprise dans le prêt-à-porter. Donc, elle ne... Elle ne souhaitait pas forcément mener deux opérations de front. Et elle est revenue vers nous, six mois après, ou huit mois après, pour nous dire « Voilà, on a échangé il y a quelques mois. Si vous êtes toujours vendeur, je vous propose de vous racheter votre société. Si tout est encore comme on en avait discuté il y a quelques mois, dans la même situation, je vous propose de vous racheter votre société pourtant. » Et donc, on a dit « Ok. »
- Speaker #1
Et les autres acheteurs ? Ce n'est pas aller plus loin que ça ?
- Speaker #0
Les autres acheteurs, il y en a... deux qui ne sont pas allés plus loin, qui ont cherché un peu des infos, mais qui ne sont pas allés plus loin, et un autre qui nous a proposé un montant auquel on ne souhaitait pas vendre.
- Speaker #1
Qui était totalement dérisoire ?
- Speaker #0
Non, qui était deux fois moins que ce qu'on en attendait. Donc on a préféré ne pas vendre.
- Speaker #1
Le nouvel acquéreur ? Le nouvel acquéreur, lui,
- Speaker #0
est arrivé et nous a proposé un montant légèrement à 10% inférieur à ce qu'on attendait. Donc on s'est dit, allons-y, mettons-nous d'accord, dans six mois, on fait autre chose.
- Speaker #1
Ok. Donc ça, c'était mi-2019, c'est ça ?
- Speaker #0
Ça, c'était mi-2019, exactement.
- Speaker #1
Et donc, vous faites les audits, ça avance convenablement ?
- Speaker #0
Tout avance bien, on se met d'accord sur à peu près tout. Il est convenu qu'on reste entre 6 mois et 1 an pour accompagner le nouveau propriétaire des lieux, pour l'aider à mettre en place ce qu'il a envie de mettre en place et effectuer les modifications éventuelles dans l'organisation de The Nines. On met en place également toute la partie juridique, puisqu'à l'époque, on modifie aussi toute l'organisation de The Nines. l'organisation juridique, les statuts, la forme des sociétés. On convertit les CRL en ETS, de manière à faire quelques économies sur les droits d'enregistrement de la session.
- Speaker #1
Il ne faut pas dire comme ça, mais...
- Speaker #0
On a de très bons rapports avec le service des impôts de Bordeaux, on peut le dire. Donc on met vraiment tout en place pour faciliter la session.
- Speaker #1
Et décembre 2019 ?
- Speaker #0
Donc, que tout se fait bien, on signe tous les accords, tout est prêt. Lui, en plus, alors pour nous, il y a évidemment une réserve d'obtention d'un financement sur l'opération, mais a priori assez simple puisqu'il apporte les deux tiers de la somme avec sa holding en fonds propres, sans besoin d'emprunter pour les deux tiers, et il ne finance par la dette qu'un tiers de l'opération. A priori, donc un montage assez sécurisant pour nous même, puisqu'il n'y a qu'un tiers de l'opération qui dépend du bon vouloir d'une... une banque, un organisme de financement pour que l'opération puisse se concrétiser. On signe donc tous les papiers. Il y a toujours cette réserve sur financement, mais qui a priori n'en est pas une. Et on se revoit en décembre. Tout est calé, tout est paré. On se dit, d'ici Noël, j'aurai l'accord sur le financement. Et donc, on laisse passer la période de Noël et on se revoit début janvier pour commencer à tout mettre en place. On est confiant dans l'opération. En plus, on en a clairement passé à autre chose. On sait qu'on va l'accompagner pendant six mois. Mais ces six mois et après, on sait qu'on pourra repartir sur d'autres projets. On a d'ailleurs déjà commencé, on a vendu la peau de l'ours, et on est déjà parti presque dans d'autres projets. On a déjà commencé à imaginer sur quoi on allait pouvoir travailler, ce qu'on allait faire, des mois qui suivent la session et des années qui vont suivre. On a commencé à envisager un nouvel avenir sans The Nines. Et puis, passe Noël, c'est normal, on arrive en janvier, on n'a pas de nouvelles. laisse passer encore une semaine ou deux en disant bon C'était les fêtes, c'est normal, il y a toujours une période de flottement où il ne se passe pas grand-chose. Le 15 janvier, on essaie de prendre des nouvelles, mais on n'a pas de réponse. Ça se passe encore une semaine, toujours pas de réponse. Donc là, on commence un peu, évidemment, à s'inquiéter, à se demander pourquoi on n'a pas de nouvelles. Ça, c'est début 2020, et c'est déjà pas... Alors, j'ai envie de dire que c'est toujours une période compliquée pour le prêt-à-porter, mais début 2020, c'était déjà une période pas facile pour le prêt-à-porter. donc on commence à On commence à se dire, ça se trouve, il y a un problème de financement. Mais bon, a priori, un financement, c'est une banque peut-être qui peut trouver une autre solution auprès d'un autre établissement. Encore une fois, sans avoir pu en échanger avec lui. Donc là, on arrive finalement à le joindre. Et c'est effectivement ce qu'il nous dit. C'est que sa banque habituelle a refusé de lui prêter la somme. Donc on se dit évidemment que ça ne sent pas très bon. Mais il reste assez neutre. Il nous demande encore un petit peu... de temps pour trouver un nouveau financement, qu'on laisse passer encore quelques semaines, et en fait, au bout d'un mois, donc ça devait être mi-février, il m'appelle pour me dire qu'en fait, il est bien embêté et qu'il n'a pas eu son financement parce que la société qu'il venait de racheter était en cessation de paiement, et que par conséquent... possibilité de crédit était fermée et donc il n'allait pas pouvoir mener à bien l'opération d'achat de The Nines. Donc là, évidemment, on tombe de haut, puisque d'une opération qui semblait facile avec, encore une fois, un financement assez simple, financé à deux tiers par un apport personnel de l'acquéreur, Ben capote et en fait, tout ce qu'on avait pu imaginer pour les mois à venir et les années à venir tombe complètement à l'eau. Il a été malgré tout très réglo, puisqu'il nous a proposé de prendre à sa charge tous les frais qui avaient été liés à la modification de la structure.
- Speaker #1
Ça c'est cool.
- Speaker #0
Ce qui est très cool de sa part. Et donc finalement, cette première société de prêt-à-porter qu'il avait acquise, étant en cessation de paiement à l'époque, et puis par la suite ayant eu un plan de continuité, mais forcément... L'environnement n'était pas forcément favorable à la reprise d'une nouvelle société ou en tout cas à l'obtention d'un crédit pour financer cette nouvelle acquisition. La vente de The Nine s'est tombée à l'eau. Donc un bon coup de massue, puisqu'encore une fois, on n'était plus dedans. C'était une belle aventure qui avait duré dix ans, mais on ne s'est pas imaginé un seul instant que l'opération pouvait capoter. ça avait l'air sérieux ils avaient un un En plus, la société de prêt-à-porter qui venait de racheter était beaucoup plus grosse que The Nines. A priori, à l'époque, on s'était un petit peu renseigné, mais plutôt costaud financièrement. Et puis, début février 2020, on s'est retrouvé le bec dans l'eau avec une société en main dont finalement on ne voulait plus et dont on ne savait plus trop quoi faire. Puisqu'on était parti, en tout cas mentalement, si ce n'est que les papiers n'étaient pas signés. mentalement et moralement, on était vraiment partis dans autre chose. On s'attendait à... Donc ça, c'était début 2020. Fin 2020, on faisait totalement autre chose.
- Speaker #1
Ouais. Et du coup, qu'est-ce que vous vous êtes dit entre associés, qui étaient déjà pas forcément en accord ? Vous aviez déjà vendu la peau de l'ours ? Vous étiez déjà dans un autre projet ?
- Speaker #0
Bah, je pense qu'il y a eu d'abord une période un peu d'ébêtement, une période où on est resté un peu immobile, sans trop savoir quoi faire, puisqu'on... On avait en plus, depuis le moment où on savait, c'est facile de dire on savait maintenant, puisque finalement ça ne s'est pas fait, mais c'est-à-dire à partir de l'été 2019, on avait aussi arrêté d'imaginer ou de travailler sur des nouveaux projets ou de nouveaux développements pour The Nines. On avait aussi relâché notre effort sur la gestion au quotidien. mais sachant qu'on partait et que l'acquéreur avait potentiellement d'autres projets, ou en tout cas une manière de voir les choses pour The Nines différente de la nôtre. On n'était pas parti ni dans de nouveaux développements, ni dans de nouveaux projets. Donc voilà, c'est une période où pendant finalement 8 mois, on a assuré le quotidien et le fonctionnement de The Nines, sans être impliqué dans le développement, dans l'avenir de The Nines. Donc quand on a appris que la session ne se faisait pas, il y a eu... période, je saurais pas te dire combien de temps ça a duré, mais quelques semaines un peu des débattements où on s'est dit, merde, qu'est-ce qu'on va faire ? Qu'est-ce qu'on va faire avec The Nine ? Sachant qu'à priori, on n'a pas envie ni de travailler pour The Nine, ni de travailler ensemble. Et finalement, il y a peut-être un phénomène, quelque chose qui nous a sauvés, qui est le Covid, paradoxalement. Parce qu'on était... Donc là, l'opération se fait pas, on est en février 2020. Mon associé qui est marié avec une Italienne. On me dit dès février 2020, finalement dès la fin de l'opération, quelques jours ou semaines après que l'opération est officiellement avortée. En plus, ça ne sent pas très bon en Italie. Là, il se passe des trucs, il y a quelque chose. Ils commencent à confiner, eux ont confiné un mois, un mois et demi avant nous. Il y a encore... Donc on a eu le premier choc avec le premier coup de massue, avec l'opération de cession qui ne s'est pas faite. Et il y a un deuxième coup de massue qui arrive bientôt, puisqu'on va se retrouver, a priori, dans quelques semaines, dans la même situation qu'en Italie, à savoir une situation où tout est fermé, et où il ne va rien se passer pour nous. Donc on arrive en mars 2020, le confinement, donc encore une fois, on n'a rien fait pour développer The Nines, on n'a lancé aucun nouveau projet depuis huit mois. On arrive dans une situation où tout est fermé, tout est confiné, donc on sait qu'on ne va pas pouvoir... Relancer de nouveaux projets, puisque tout va être fermé et bloqué pendant une durée à l'époque indéterminée. Et finalement, c'est peut-être ce qui nous a sauvés, parce qu'à ce moment-là, on s'est dit, soit on fait quelque chose pour essayer de repartir et de relancer la machine, soit on va dans le mur et en quelque sorte, on perd tout. On perd tout ce qu'on a fait depuis 10 ans, parce que cette absence de motivation, cette absence d'entente, plus le Covid derrière, à l'époque, on avait encore 4 boutiques physiques, donc ça veut dire 4 boutiques fermées, qui faisaient la moitié du chiffre d'affaires.
- Speaker #1
Accessoirement, tu vendais des cravates et des...
- Speaker #0
On vend... des cravates, des boutons de manchettes, des chemises. À l'époque, c'était déjà les chemises qui représentaient la plus grosse partie de notre chiffre d'affaires. Mais même des chemises, pendant le Covid, les gens achètent des tenues de sport, des vêtements plus décontractés. À partir du moment où les gens ne vont pas au bureau, personne ne se met en costume cravate pour travailler à la maison et faire ses visios. Donc l'activité chez nous, le Covid, on n'a rien vendu. On a lancé quelques opérations, quelques bouées de sauvetage auprès de nos clients et qui nous ont permis de... de maintenir à peu près la tête sous l'eau, mais la tête sous l'eau avec un niveau d'eau très bas. Et donc, c'est à cette période-là qu'on s'est dit, bon, maintenant, soit on se retrouve sur les manches et on met cette année, ces problèmes qu'on a eus pendant cette année derrière nous, et on repart sur un nouveau projet pour The Nines, soit on va arrêter The Nines, mais pas du tout comme on l'avait envisagé. On va arrêter The Nines parce que The Nines n'existera plus dans un an à cause, entre autres, du Covid.
- Speaker #1
Et du coup, comment vous avez fait ?
- Speaker #0
Les premiers problèmes qu'il fallait régler, c'était les problèmes entre associés, donc les incompréhensions. À l'époque, on est partis un week-end ensemble, tous les deux. On s'est enfermés pendant un week-end et on a essayé de mettre à plat tous les différents, tous les sujets, de faire le point vraiment sur toutes les choses qui n'allaient pas, se dire les choses franchement, ce qui collait, ce qui ne collait pas, ce qu'on aimait bien chez l'autre, ce qu'on n'aimait pas chez l'autre. Enfin vraiment, presque une thérapie de couple. On avait visité à l'époque, on a failli suivre quelques échanges avec un thérapeute de couple spécialisé dans les associés, dans les couples d'associés ou trios d'associés. Finalement, ce week-end a été suffisant pour nous. On a réussi à se dire les choses, trouver une organisation et un système de fonctionnement qui conviennent à tous les deux. Donc c'est compliqué au début parce qu'il a fallu oublier cette période et finalement repartir. complètement sur un projet nouveau, puisque c'était totalement différent de ce que nous, on avait envisagé pour l'avenir. Mais ayant pu avoir ces échanges et remettre notre couple en bon fonctionnement, on a réussi à faire redémarrer la machine sur la réorganisation de la société et le lancement de nouveaux projets pendant cette période qui, finalement, s'est avérée pour nous propice pour travailler sur le... sur l'organisation de The Nines et sur une manière de repartir proprement et en bon terme et en cohérence sur l'avenir.
- Speaker #1
Et c'est quoi l'astuce ? C'est quoi la méthode ?
- Speaker #0
La première solution, encore une fois, c'était de faire repartir notre relation, je pense en se disant, en communiquant beaucoup plus et en se disant beaucoup plus des choses que ce qu'on le faisait et évidemment de prendre un peu sur soi, mais je pense qu'on arrive aussi beaucoup mieux à prendre sur soi quand on est dans une situation où où il y a un danger imminent pour la société, plutôt que dans une situation où tout va bien, on est forcément un peu plus conciliateur quand il y a un véritable enjeu de vie ou de mort pour la société, ce qui était le cas à la période du Covid.
- Speaker #1
Et ça a été quoi le plus difficile de tout se dire, ou de redémarrer ?
- Speaker #0
Le plus difficile, ça a été de se remettre dedans, de tout se dire, ça a été fait, on a réussi à bien le faire. C'est les premiers jours où on arrive au bureau, dans lesquels on n'avait plus envisagé d'être, des bureaux presque, desquels on était parti. Des bureaux que j'avais envisagé de quitter en me disant que c'était très probablement le dernier Noël dans ces bureaux. Et finalement, pendant le confinement, je suis retourné dans ces bureaux en me disant que c'est reparti pour un tour. Ces bureaux physiquement que j'avais envisagé de quitter dans six mois, je me replongeais dedans. J'y revenais pour de bon, physiquement et mentalement. et je devais m'y impliquer et rester pour une durée indéterminée, mais au moins quelques années pour qu'on arrive à... a passé cette session abortée. Et ce deuxième événement qui s'est rajouté, le Covid, qui n'a pas été neutre pour Ozoneins, parce qu'encore une fois, on n'a rien vendu pendant toutes ces périodes de confinement. Il y a eu un peu de rattrapage dans les mois qui ont suivi, mais c'est resté clairement une perte de chiffre d'affaires nette. On a été relativement peu aidés. On a pu mettre une partie de nos salariés au chômage partiel. On a eu un peu... PGE qui nous a permis de tenir le coup, qui s'est, j'ai envie de dire, presque avéré être un boulet pour la suite, puisqu'à un moment, il faut quand même le rembourser, ce qui est normal en soi, mais quand on le souscrit, on se dit que ça va être une bouée, mais finalement c'est une bouée qui nous étouffe un peu vite, financièrement.
- Speaker #1
Financer des pertes avec de la dette, ça n'a jamais été une solution de base.
- Speaker #0
C'était une solution qui a permis à la société de survivre, donc on va dire que ça a resté une bonne solution. mais effectivement qui n'était pas forcément, qui n'a pas permis de développement ou d'investissement futur, puisqu'on a les loyers de nos boutiques qui existaient encore. On n'a pas eu aucun cadeau sur ces loyers. On avait aussi, en plus de ça, deux boutiques qui marchaient pas. Enfin, une boutique qui marchait pas, qui était celle du 16ème, et une boutique qui était rue de Rennes à Paris et qui fonctionnait, mais qui avait un loyer colossal et donc qui était non rentable financièrement. Ces deux boutiques, on a profité de la période pour les fermer, pour en fait garder tout ce qui marchait bien chez The Nines et garder ce qui fonctionnait pas. Donc la période du Covid et les confinements étaient... nous ont permis aussi de faire ce travail-là, de conserver l'essentiel de The Nines, recentrer The Nines sur ce qu'on savait bien faire et sur ce qui fonctionnait. On a des produits qu'on a arrêtés également à cette période, des fournisseurs avec lesquels on a arrêté de travailler pour se recentrer vraiment sur les activités qui fonctionnaient bien, qui étaient rentables, aussi bien sur le web que dans nos boutiques physiques, tant qu'on a gardé nous. deux boutiques qui sont nos deux premières boutiques rue du Faubourg Saint-Honoré et rue de l'Arcade pour recentrer cette activité sur ce qui tournait bien. Et du coup,
- Speaker #1
c'est quoi aujourd'hui ton constat suite à cette période ? C'était il y a trois ans maintenant, trois, quatre ans. Qu'est-ce que tu retiens de cette expérience ?
- Speaker #0
Le premier constat, c'est que, et peut-être le plus important, c'est que finalement, même quand on est... Dans une période compliquée où on a l'impression que tout va mal parce qu'on s'est pris un bon coup sur la tête avec une session avortée, un deuxième coup avec le Covid, finalement, en faisant les efforts, on arrive à redresser la situation et à repartir sur des nouvelles bases et des bases saines pour continuer, au moins continuer et développer notre activité. ça l'enseignement ça a été de finalement de se de se mettre un peu des œillères pour ce concentrer uniquement sur l'essentiel. Oublier d'autres projets de développement qu'on aurait pu avoir pour l'avenir, oublier les différentes idées qu'on avait pu avoir, aussi bien professionnelles que privées. Vraiment se mettre des œillères et rester concentré sur l'essentiel, à savoir refaire démarrer la boîte. Si on veut que ça reparte, il faut rester concentré à 100% sur ce qui va être essentiel pour The Nines et finalement pas dilapider un peu notre énergie. dans d'autres sujets que The Nines et rester vraiment concentré et donner tout pour quelques tâches essentielles au fonctionnement de The Nines donc vraiment rester concentré là-dessus et faire une croix faire le deuil de tout ce qu'on aurait pu imaginer à côté pour pouvoir continuer.
- Speaker #1
Du coup ce que tu retiens finalement c'est de rester extrêmement concentré et focus sur la survie de l'entreprise et on met nos égos de côté, nos projets persos de côté, etc.
- Speaker #0
Exactement. L'idée, c'est de rester concentré et de passer 100% de son temps sur ce qui va permettre à la boîte de passer cette période et de préparer la sortie de cette période, mais d'oublier tout ce qu'on avait pu avoir en tête auparavant pour rester concentré sur l'essentiel.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, vous en êtes où ?
- Speaker #0
Et aujourd'hui, on a toujours nos deux boutiques à Paris, notre site internet The9s et on est reparti avec... avec des nouveaux projets de développement, notamment ce qu'on a lancé depuis deux ans maintenant, c'est les pantalons qui marchent très bien. Donc on est reparti sur des bonnes bases. C'est une période qui a permis de remettre tout sur pied, remettre tout au carré, pour qu'en sortant du Covid, on puisse avoir une structure avec laquelle on arrive à se lancer dans des nouveaux projets de développement, que ce soit sur des produits, donc le pantalon dont je viens de parler. ou éventuellement même l'ouverture d'un troisième point de vente.
- Speaker #1
Ah oui, vous voulez repartir dans le retail ?
- Speaker #0
On voudrait repartir dans le retail parce que malgré nos deux boutiques qui ont fermé, on pense qu'il y a encore des possibilités, des belles choses à faire dans le retail.
- Speaker #1
Je ne l'ai pas dit en introduction, mais tu as créé une nouvelle société aussi très récemment.
- Speaker #0
Et on a créé une autre société effectivement qui s'appelle Seven. Seven, c'est un vestiaire qui est différent de celui de The 9th. Seven, c'est un vestiaire élégant, technique, innovant, qui a une particularité qui est malheureusement... très peu partagée dans la mode puisqu'on reste une exception, c'est de n'avoir aucun plastique dans ses vêtements. Ce qui pour nous est l'avenir, parce qu'aujourd'hui 70% des vêtements sont fabriqués avec du plastique. Quand je dis du plastique, c'est polyester, polyamide, autres matières synthétiques. Et chez Cévennes, on utilise donc uniquement des matières naturelles, renouvelables, qui en plus d'être confortables et innovantes, ont également le mérite de ne pas pourrir la planète pour des siècles et de laisser du plastique dans le sol ou dans la mer aux générations futures. Et du coup, tu dis nous.
- Speaker #1
C'est que tu as encore entrepris en association ?
- Speaker #0
Exactement, on est reparti avec Erwan dans ce projet, parce que finalement cette crise a été salutaire pour The Knights, mais aussi pour notre relation professionnelle, puisque ça fait maintenant plus de 15 ans qu'on se connaît avec Erwan. On était déjà amis, alors on était amis à la base. Ce qu'il faut savoir c'est que malgré les difficultés qu'on a pu avoir à une époque, on était tous amis. toujours amis et on continuait quand même à se voir dans le cercle familial, dans le cercle amical ou familial d'ailleurs aussi parce qu'à force les deux se confondent parfois. Donc on est toujours restés amis malgré les difficultés qu'on a pu avoir. On a toujours échangé et donc cette relation est repartie d'un bon pied pendant le Covid ce qui a permis de remettre The Nines sur des bons rails et de partir sur des nouveaux projets. C'est plus bien pour The Nines que pour cette nouvelle société Seven.
- Speaker #1
Comme quoi, même quand on rédige les papiers du divorce, ça peut renaître de ses cendres.
- Speaker #0
Comme quoi, tout n'est pas perdu, même quand on est parti complètement ailleurs. Puisqu'encore une fois, début 2020, j'étais mentalement à des années-lumières de The Nines. Et puis, il faut souligner quand même un paramètre essentiel, qui est l'équipe qu'on a chez The Nines. On a encore une très belle équipe, une très bonne équipe. Et en fait, ça permet aussi de... de se donner la motivation. Cette équipe aussi donne la motivation pour trouver une solution au problème et pour passer les caps difficiles. Ça aide à maintenir le cap dans les moments difficiles, d'être entouré d'une équipe avec laquelle on a envie de passer du temps.
- Speaker #1
Quel est le conseil que tu donnerais à deux associés qui commencent à avoir des visions qui divergent ?
- Speaker #0
De se parler tout le temps. Mais quand je dis de se parler tout le temps, c'est vraiment de se parler. Et Rohan, c'est toujours le cas aujourd'hui, mais à l'époque, je pense que je l'ai 20 fois par jour au téléphone. Donc on se parle. Mais on se parle pas pour se dire les bonnes choses tout le temps. On échange sur peut-être les tâches quotidiennes, les projets ou sur la société, mais sans vraiment se parler sur l'essentiel, c'est-à-dire sur les points sur lesquels on n'est pas forcément d'accord, en tout cas à l'époque. Donc quand je dis se parler, c'est se parler, mais pas simplement échanger sur l'activité de la boîte, mais se parler sur ses envies, sur ce qu'on a envie de faire, sur la vision de la boîte, pour que l'un et l'autre puissent être tous les deux au courant de... des envies de l'autre et entre guillemets pas envie d'aller voir ailleurs.
- Speaker #1
Comme quoi, tu vois, on y revient.
- Speaker #0
On vient toujours à cette relation entre deux personnes.
- Speaker #1
Je dis à tous mes clients qu'un pacte d'associés, c'est un contrat de divorce. On signe avant de se marier, finalement. Et comme ça, le jour où il y a de trop gros désaccords, on est déjà d'accord sur la séparation, finalement. Ça permet de résoudre un bon paquet de problèmes. Parce que vous, vous entendiez suffisamment bien pour engager un processus de session. Mais parfois, il y a des ruptures qui sont totales. Et là, quand on est notamment à 50-50, je pense à un dossier particulier où les deux associés n'arrivent pas à se séparer. Il y a des gros enjeux financiers, etc. Et tu n'as pas le droit de dégager un associé. Il faut forcément être d'accord à un membre. D'où l'intérêt des pactes d'associés pour préparer la séparation. Vous avez fait un pacte d'associés dans une nouvelle société ?
- Speaker #0
On n'a pas de pacte d'associés. Je pense qu'il nous a sauvés, encore une fois, c'est d'être... Déjà, c'est d'être amis. Autant on peut avoir des divergences sur la façon dont on fonctionnait, sur la vision, sur les envies pour la société, autant on a toujours eu une confiance totale l'un de l'autre en termes d'honnêteté et de loyauté. Il n'y a jamais eu de doute et de questions à ce niveau-là, ce qui fait que probablement, c'est une des raisons pour lesquelles on a réussi à repartir du bon pied.
- Speaker #1
Tu l'as dit, toi, ce qui t'intéressait dans la vie au départ, c'était la liberté. Est-ce que tu es libre aujourd'hui ?
- Speaker #0
Est-ce que je suis libre aujourd'hui ? Je crois que oui, je crois que j'ai plus de liberté que je n'en aurais eu si je n'avais pas été entrepreneur. Liberté d'organiser mon temps, liberté de vivre où j'ai envie de vivre, liberté de pouvoir profiter de mes enfants au moment où j'ai envie d'en profiter. C'est très prenant, la vie d'entrepreneur, comme chacun sait, mais en tout cas, en ce qui me concerne, j'arrive à aménager les plages. le temps dont j'ai envie pour profiter des choses qui me tiennent à cœur.
- Speaker #1
Est-ce que tu conseillerais à tes enfants d'entreprendre ?
- Speaker #0
Alors, c'est une question compliquée. Ils m'ont déjà dit que plus grand, je vais travailler pour The Nance ou je vais travailler pour Seven. C'est super. Plus grand, je vais reprendre ta société. Ce serait super. Et est-ce que j'ai envie d'aller voir faire ça ? Je n'ai pas encore la réponse. Je n'ai pas encore la réponse, mais pour moi, la raison, c'est que il y a tellement belles choses et de choses intéressantes à faire dans la vie et dans ce monde. L'entrepreneuriat, l'entreprise en est une, mais il y a tellement d'autres métiers dans lesquels on peut faire des belles choses et s'intéresser et s'épanouir. Est-ce que c'est l'entrepreneuriat ? Est-ce que c'est l'artisanat ? J'ai un fils, mon grand, qui vit pendant un moment, il voulait être architecte, un autre qui voulait être médecin. Est-ce que ça sera leur voie à eux d'entrepreneuriat ? Je ne le sais pas encore, ils le découvriront. s'ils ont les mêmes envies que moi oui il n'y aura aucun pour moi il n'y aura aucune autre issue que de finir entrepreneur entre guillemets je leur conseillerais si c'est ce qui leur tient à coeur et si c'est ce qu'ils ont envie de faire à 100%
- Speaker #1
tu sais moi ado pour rien au monde je voyais mon père en train de galérer pour rien au monde je disais pour rien au monde je serais chef d'entreprise je suis pas visionnaire mais bon c'est comme ça ça vient le... je pense que tu as raison ça vient par ce désir de liberté d'entreprendre au sens littéral, d'avoir envie de faire ce que tu veux et t'as une idée, c'est parti tu montes un podcast, tu montes un podcast tu demandes la permission à personne exactement,
- Speaker #0
et je pense que c'est cette liberté qui est essentielle mais tu peux peut-être la retrouver dans d'autres métiers tu peux être entrepreneur en faisant d'autres choses, je te parlais de l'architecture si il y en a un qui va être artisan, il aura aussi une liberté, il sera libre, il aura cette liberté qu'on peut avoir en étant entrepreneur. Les artisans étant de toute façon souvent des entrepreneurs. Le conseil que je peux leur donner, c'est pas d'être entrepreneur, mais d'être libre, libre de choisir ce qu'ils veulent. Et après la vie, je vais pas dire la vie décidera pour eux, mais il y a une citation, une chanson de Lennon que j'aime beaucoup qui s'appelle Beautiful Boy dans laquelle il dit Life is what happens to you while you're busy making other plans. c'est-à-dire la vie et c'est ce qui t'arrive quand t'es occupé à prévoir d'autres choses très fun du rock anglais toi non ? très fun des Beatles très fun des Stones et de tout le rock anglais d'une manière générale très fun de musique en général mais Pour moi, la vie, c'est des choses qui t'arrivent pendant que tu es occupé à en faire d'autres. Une des meilleures illustrations étant la session d'avorté de The Nines. On était occupé à faire plein d'autres projets. Puis la vie a fait que cette session a avorté et qu'on s'est retrouvé à faire complètement autre chose que ce qu'on avait prévu. Ça reste une belle histoire, ce conseil. Le conseil, je pense, c'est plus sur la... Moi, j'ai trouvé ma liberté dans l'entrepreneuriat et effectivement, le conseil que je donnerais, c'est de rester libre.
- Speaker #1
C'est ça que tu préfères aujourd'hui dans ton quotidien ? Qui fait que tu te lèves le matin ?
- Speaker #0
C'est cette liberté qui fait que j'arrive à organiser ma vie et à mener à bien ce que je veux et ce que j'ai envie de mener à bien.
- Speaker #1
C'est quoi ton objectif final ? Est-ce que tu en as un ?
- Speaker #0
Je reviendrai sur cette situation de Lennon qui, pour moi, est très pertinente et qui, presque en quelque sorte, on verra bien. On peut se fixer... des objectifs autant qu'on veut, on peut faire des business plans, tirer des plans sur la comète. Au final, c'est le concret qui nous rattrape toujours. Peut-être aussi cet autre enseignement de cette période où on s'est focalisé sur la manière de remettre the net sur des bons rails. Cet enseignement, c'est encore une fois de rester focalisé sur les projets qu'on est en train de développer en ce moment, sans avoir une vision à trop trop long terme pour que ces projets puissent voir le jour. Dans le foot, ils disent souvent qu'il faut prendre les matchs les uns après les autres. C'est comme ça que je vois les choses. Il faut essayer de prendre les projets les uns après les autres, sans tirer de plan sur la comète, parce qu'on l'a déjà fait une fois et on s'est pris les jambes dans les bâtons. On a réussi à se redresser cette fois, mais c'est peut-être un avertissement pour ne pas avoir trop d'idées à la fois et mener trop de projets à la fois.
- Speaker #1
Si tu pouvais parler au Renault de 2008 qui démarre en vendant des boutons de manchette. en achetant son stock de 2000 euros qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
je lui dirais d'acheter un peu plus que 2000 euros parce que tout s'est vendu en 15 jours c'était quoi ?
- Speaker #1
c'était un manque de confiance d'après toi ?
- Speaker #0
les 200 euros tu veux dire ? ouais pourquoi pas 3000 non c'était parce que c'était je crois que c'était 2000 euros chacun donc ça devait être 4000 euros je sais même plus mais non non c'était simplement c'était pour tester le simplement tester le concept à l'époque on avait 1000 ou 2000 euros disponibles, on les a consacrés à ces boutons de manchette, mais il n'y avait pas de business plan ou de prévision de trésorerie ou quoi que ce soit sur ce lancement de site. Non, je lui dirais peut-être de ne pas s'emballer quand tout va bien et de ne pas être trop négatif quand les ventes sont contraires, mais je pense que c'est quelque chose qu'on apprend à faire en vieillissant et d'être un peu plus mesuré dans les bons comme dans les mauvais moments. C'est la chose que... que je lui dirai, que je me dirai en remontant en 2008, même si je pense que ça fait partie de l'apprentissage de la vie, d'apprendre cette mesure dans les émotions, et dans l'engagement, et dans les bons comme dans les mauvais moments.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Aron. Merci. Je remercie Thibaut Dupieris pour le montage, et les équipes de Conseil, Finances et Transmissions pour leur soutien sur cette belle aventure. N'hésitez pas à nous contacter pour nous suggérer des invités ou des thèmes que vous souhaitez aborder. Ce projet n'est pas seulement le mien, je tiens à ce qu'il évolue avec ses auditeurs.