- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Confidence Fertile, je suis Marion Viong et ici on parle vrai. On parle de ce désir d'enfant qui brûle, de ce corps qu'on ne comprend pas toujours et de ce cycle qu'on aimerait apprivoiser, mais aussi de tout ce que ça remue à l'intérieur de nous. Ce podcast c'est un espace pour déposer ce qu'on vit quand on traverse l'infertilité. Parfois je vous partage mon propre chemin, ma propre expérience en tant que femme qui vit elle aussi l'infertilité, mais aussi avec mon regard de naturopathe fonctionnelle. Vous partagez mes clés de compréhension sur ce qu'il se passe dans notre corps. Et parfois, ce sont d'autres femmes qui viennent confier leur histoire. Dans tous les cas, l'idée reste la même. Briser le silence,
- Speaker #1
mettre des mots sur ce qui est souvent tu, et surtout, se sentir moins seule dans ce parcours. Si ce podcast vous plaît, je vous invite à le partager autour de vous et à le soutenir en laissant 5 étoiles. Bonne écoute !
- Speaker #0
Bonjour Laure et bienvenue dans Confidence Artile, merci beaucoup d'accepter de nous parler de ton histoire. Est-ce que, avant de commencer, tu peux te présenter s'il te plaît ?
- Speaker #1
Oui, donc moi c'est Laure, j'ai 35 ans, j'habite en Bourgogne, je suis en couple depuis 14 ans et demi maintenant avec mon compagnon. On n'a pas encore d'enfant et on a 5 Ausha.
- Speaker #0
Des parents de poilus. tout à fait du coup ça fait combien de temps avec ta moitié que vous essayez d'avoir un enfant ?
- Speaker #1
je dirais
- Speaker #0
3 ans et demi 4 ans maintenant à vrai dire j'ai un peu arrêté de compter l'attente devient vraiment longue et du coup j'ai vraiment arrêté de compter ouais c'est venu naturellement vous aviez tous les deux envie de faire un enfant et du coup Vous étiez ensemble dans le timing ou est-ce qu'il y en a un qui était plus près que l'autre ?
- Speaker #1
Alors moi j'ai toujours voulu avoir des enfants. Depuis que je suis enfant moi-même, je dirais que depuis que j'ai une dizaine d'années, c'était sûr et certain, j'aurai des enfants, j'aurai une famille nombreuse, trois, quatre enfants. Ça a toujours été une certitude et c'est une des premières choses que je lui ai dites quand on s'est rencontrés. Moi je veux des enfants et je veux construire quelque chose de durable et de solide. C'est quelque chose à laquelle il n'était pas fermé, mais pas tout de suite. On s'est rencontrés du coup très jeunes, on avait une vingtaine d'années. Et c'est vrai que quand tu as 20 ans, ce n'est pas spécialement la première conversation que tu as avec quelqu'un que tu viens de rencontrer. Et puis au fur et à mesure, on a construit notre histoire. Et puis j'ai toujours eu peur de l'horloge biologique, la fameuse horloge biologique. Je voyais les 30 ans arriver un peu comme un coup près. de, à partir de 30 ans, il faut que tu aies tes enfants. Et j'ai toujours eu dans l'idée, je lui ai toujours dit, moi je veux me marier à tel âge, avoir le premier à tel âge, le deuxième à tel âge et le troisième à tel âge.
- Speaker #0
Tout était planifié.
- Speaker #1
Tout était planifié dans ma tête. Et entre la tête et la réalité, il y a un monde. Et la réalité, ça ne s'est pas passé comme prévu, parce qu'il n'y avait pas... C'est pas qu'il n'y avait pas cette envie de l'autre côté, mais on était bien comme ça et puis ce n'était pas un projet. Il y avait entre guillemets d'autres Ausha à fouetter, on n'était pas dans cette optique-là. Et puis le confinement arrive et c'est l'année de mes 30 ans et je me dis, un bébé quand même serait pas mal. Là, on arrive à la trentaine et il faut passer à la vitesse supérieure. Et l'année tout de suite après le confinement, on achète une maison. Et dans la tête des gens, vous avez une maison, ça fait longtemps que vous êtes ensemble. Donc on commence à nous parler de bébé. Et moi, je commence à avoir ce truc au fond de moi de me dire, il faut que j'arrête la pilule. Je veux savoir déjà si mon corps est capable de refonctionner tout seul. Donc j'arrête ma pilule dix ans, quasiment mois pour mois après l'avoir pris.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà. Je l'arrête. Et à ma plus grande surprise, mes règles reviennent tout de suite. 28 jours, réglé comme une horloge, comme avant que je prenne la pilule. Donc je suis super contente. Je me dis, bon ben, tout fonctionne, c'est génial. Et je commence à avoir des symptômes un peu bizarres. J'ai de l'acné, j'ai beaucoup de boutons dans le dos. Et je me dis, oh c'est bizarre, de l'acné, j'en ai jamais eu. à l'adolescence. Donc, je vais voir la sage-femme. Entre-temps, je m'étais renseignée un peu. Et tu peux faire un rendez-vous préconceptionnel auprès d'une sage-femme pour savoir un peu ce qu'il faut que tu fasses. Et comme moi, j'étais à fond dans ce truc, je veux tout bien faire pour avoir mes enfants, je vais l'avoir. Et bon, elle me sort la fameuse phrase, « A priori, tout va bien, revenez dans un an, on vous aurait bien mis cible. » J'insiste quand même et je lui parle de ses symptômes. Bon, elle me dit, écoutez, on va faire un comptage, on laisse passer 2-3 cycles naturels et on fait un comptage. Donc, on fait un comptage. Je pense qu'elle, elle voulait évacuer un possible SOPK dû à vraiment l'acné et les boutons dans le dos. Et en fait, au comptage, elle me dit, ben non, ce n'est pas du tout un SOPK parce qu'il n'y a pas vraiment beaucoup de follicules. pas beaucoup de rosites. Et là, je commence à me dire, ah ouais, d'accord, ok, donc il n'y a pas de SOPK et ça se trouve, il n'y aura même pas... Moi, tout de suite, c'est la catastrophe. Je me dis, ah ouais, je ne vais pas pouvoir, ça se trouve, parce que j'ai peu de réserve. Donc, je commence à me documenter sur le sujet, à m'intéresser à la symptôme, à comment fonctionne le cycle, comment fonctionne mon corps. Et à traquer un petit peu tout ce que je peux. Mon compagnon, lui, de son côté, l'idée du bébé fait quand même son petit bonhomme de chemin. Et lui commence à me dire, ok, ben oui, on peut tenter. Vraiment, comme ton corps fonctionne bien, allons-y. Et ça ne fonctionne pas. Les mois passent, les mois passent. Et je commence à avoir des douleurs pelviennes. assez importante. Et ça m'inquiète sans trop m'inquiéter, mais je commence à me dire qu'il y a peut-être un souci aussi de ce niveau-là. Et je vais consulter mon médecin traitant. Et je lui explique que j'ai une douleur dans l'aine et que j'ai mal et que j'aimerais bien qu'il regarde un peu plus. Je n'ai pas de sculptation. Et il me balance comme ça que ça doit être un petit lumbago et puis que j'ai mal, ça arrive. Donc il me donne une pommade anti-inflammatoire et il me dit « rentrez chez vous » . Et puis on se revoit dans un mois ou deux si vous avez toujours mal. Et il me rajoute avant que je parte « dans ces cas-là, je préfère un échodoplaire » . Et moi je reste sur l'échodoplaire en me disant « dans deux mois je serai » . Moi, je suis partisane au niveau de la médecine que si on peut prouver tout de suite, autant le faire. Et si on peut régler le problème tout de suite, il faut le faire. Je ne suis pas le pansement sur la jambe de bois, je trouve ça un peu ridicule. Donc, je me dis qu'il va me faire une échodoplaire et tout, tout ira bien. Je n'y retourne pas deux mois après, je y retourne beaucoup, un peu plus tard. Et là, il me dit qu'il a... peut-être pas donner le bon anti-inflammatoire et qu'il faut un anti-inflammatoire un peu plus puissant. Et je suis hyper déçue. Et je continue, je retourne chez moi, vraiment dégoûtée parce que je me dis, mais en fait, est-ce que c'est parce que je suis une femme qui ne m'écoute pas ? Pourquoi il ne m'a pas auscultée ? Pourquoi il n'a pas cherché à comprendre vraiment où j'avais mal ? Et moi, à partir de ce moment-là, je me mets en tête que j'ai une hernie, vraiment. pour moi j'ai une hernie et ça peut être dangereux enfin je me fais tout un film et dans le même temps je suis vachement prise par la découverte de l'asymptote, de comment fonctionne mon corps et je fais un accompagnement avec toi et tu me parles de congestion pelvique et là je me dis bon ok ça peut être ça je vais voir une ostéo spécialisée dans les femmes Et la sphère féminine, l'ostéo, elle me dit, oui, il y a une congestion. Un limbago, pas du tout. C'est bon. Et puis, je retourne une troisième fois voir le médecin traitant. En le suppliant presque qu'il m'ausculte. Il finit par m'ausculter. Et au toucher, il me dit, ah ouais, effectivement, il y a une petite boule. Et il appuie, mais comme un malade, il appuie. Et je me rappelle les larmes qui commençaient à couler tellement j'avais mal. Et il me dit, c'est rien, c'est une cruralgie. Voilà. Et il part, il retourne à son bureau, il est de dos, et moi je lui dis mais c'est pas possible, enfin j'en connais des gens qui ont eu des choralgies, c'est pas ça. Je peux marcher, je peux m'occuper de moi, c'est pas ça. Et là il me regarde à peine et il me dit mais c'est qui qui a fait médecine ici ? C'est vous ou c'est moi ? Et je me dis ok, donc de lui t'auras rien. Tu ne pourras pas compter sur lui pour avoir un diagnostic. Et je suis résignée, en fait. Je me dis, mais ce n'est pas possible. Et quand il est en train de faire mon ordonnance, il me dit, mais est-ce que ce ne serait pas lié à votre opération ? Parce que quelques années avant, j'ai eu un gros souci de santé et j'ai été opérée. Et l'opération, j'ai eu une entaille au niveau de l'aine. Et donc, pour lui, c'est forcément lié à ça. Et il me dit, il faut retourner voir l'ostéo, qu'elle vous masse la cicatrice, et appeler le chirurgien qui vous a opéré pour demander si ce n'est pas une suite opératoire. Ce que je fais. L'ostéo me dit que c'est peu probable parce que la cicatrice, elle bouge bien sous les doigts, il n'y a pas d'adhérence, il n'y a rien. Et que pour elle, elle n'est pas spécialiste dans l'opération que j'ai eue, mais c'est très peu probable. Quand je rappelle le CHU pour demander à parler au chirurgien, la secrétaire me dit qu'elle n'a jamais entendu ça comme suite post-op et que c'est très peu probable. Et que le chirurgien me rappellera. Alors pour l'anecdote, le chirurgien m'a rappelé deux mois et demi après.
- Speaker #0
On peut être pressée.
- Speaker #1
Les deux mois et demi où je suis un peu désespérée. psychologiquement parce que j'ai des douleurs. L'ostéo, elle a comblé un peu la congestion pelvienne, mais elle ne peut pas faire plus que ce qui a déjà été fait. Le médecin traitant ne m'écoute pas. Je n'ai plus du tout envie de le revoir. Je n'ai plus du tout confiance dans n'importe quel autre professionnel de santé. Et je me rends bien compte que mes règles sont ultra abondantes. J'ai toujours eu des règles très abondantes. Mais là, je passe à un niveau au-dessus. J'ai des règles vraiment hémorragiques. J'ai des caillots. J'ai des règles qui durent longtemps et en même temps pas longtemps. Parce que j'ai l'impression que tout le flux sanguin, je le perds qu'en une journée. Ça veut dire me changer tout le temps. Ne pas sortir parce qu'au bout de deux heures, je me suis déjà tâchée. Ça veut dire aller au travail avec... des tenues qui permettent de m'asseoir sur quelque chose pour pas que mon siège soit sale, soit taché. Ça veut dire tacher tous mes pyjamas, faire des lessives tous les jours. Et c'est épuisant. Donc, t'as déjà tes règles, elles sont hémorragiques. Donc, niveau carence, t'es pas mal. Et en plus, t'as toute la charge mentale de ne pas pouvoir sortir de chez toi, de devoir te changer, de prévoir. de quoi faire, parce que les culottes menstruelles, quand tu as des règlements agiques, ta main donne vite, c'est pas possible. C'est une organisation de dingue. Si je vais chez les gens, si je suis invitée, est-ce que je m'assois chez des gens ou est-ce que je ne m'assois pas ? Parce que potentiellement, je vais tâcher. Si je m'assois, je m'assois sur mes mains ou sur n'importe quel autre truc que j'ai. J'enlève mon gilet et je m'assois sur mon gilet quand je dois me relever. Je m'arrange pour que tout le monde soit relevé au moment où je vais me relever. C'est invivable. Et s'ajoute à ça, les mois qui passent, le chirurgien ne me rappelle pas, je ne sais pas où je vais en fait, je ne sais pas. Je suis dans un flou total. Et en plus des règles hémorragiques, se rajoutent petit à petit d'autres symptômes. C'est-à-dire que j'ai une pesanteur constante au niveau du bassin. J'ai des douleurs au niveau de l'aine qui sont intenables, comme des espèces de décharges électriques. Se rajoutent des saignements irréguliers entre les règles. Donc, c'est anarchique. Je ne sais pas. Un coup, je me lève un jour et j'ai des saignements. Et le lendemain, je n'ai plus rien. Et puis, ça revient trois jours après. Et puis, sur le cycle d'après, je n'en ai pas pendant dix jours. Enfin, c'est vraiment très perturbant. Et après, c'est mal.
- Speaker #0
Les chaînes d'eau... Parce que tu disais que tu avais toujours eu plus ou moins des règles abondantes, mais ce côté hémorragique finalement il apparaît à partir du moment où le médecin appuie sur ta hanche ou c'était déjà quand même avant ou c'est arrivé plus tard ?
- Speaker #1
Je n'ai pas souvenir que c'était avant. Alors, peut-être que je me trompe et que moi, je l'associe à ça. Mais moi, j'ai vraiment l'impression que c'est arrivé au moment où il a appuyé. Il a vraiment appuyé comme un dingue. Et moi, je l'ai relié à ça. Alors, peut-être que c'est que émotionnel et que c'est ce qui a fait que je me suis plus penchée sur ce symptôme-là en me disant, de toute façon, il ne m'aidera pas. autant que j'analyse vraiment moi mes propres symptômes. Des règles hémorragiques, oui. Mais avant, je n'avais pas vraiment l'impression que c'était hémorragique. Abondant, ça c'est certain.
- Speaker #0
Oui, même sous pilule, tu avais quand même des règles abondantes quand même.
- Speaker #1
Elles étaient quand même considérées comme abondantes. Et c'est marrant, comme pendant dix ans, j'ai pris la pilule. Et pendant dix ans, j'ai oublié le flux que j'avais avant.
- Speaker #0
Tu faisais le flux avant que tu prennes la pilule ? Oui,
- Speaker #1
c'était déjà abondant. J'ai des souvenirs de, oui, je devais me changer fréquemment, oui, je tâchais les draps déjà, je tâchais mes vêtements, mes pyjamas. Mais j'ai vraiment après eu cette sensation pendant dix ans, sous pilule, que le flux était plus supportable. Parce que vraiment, t'as aimé en fait. c'était vraiment 5 jours, je savais quel jour ça allait arriver, et il était quand même abondant, mais moins que ce que j'avais avant.
- Speaker #0
Oui, et tu pouvais l'anticiper en fait.
- Speaker #1
Oui, je l'anticipais beaucoup mieux, parce que sous pilule, forcément, tu connais déjà tes jours, tu sais que ça va être tel jour, tu sais que tel jour, tu vas reprendre le comprimé, donc tu ne vas plus avoir tes règles. Donc, c'est beaucoup plus facile de s'organiser.
- Speaker #0
Tu as finalement eu des nouvelles de ton chirurgien ?
- Speaker #1
Le chirurgien me rappelle deux mois et demi après. Il est mort de rire, pas contre moi, mais il me dit « Votre médecin, c'est un guignol. » C'est un guignol. Il me dit, une opération comme vous avez eu, elle ne peut pas provoquer ce qu'il dit. Il faut qu'il aille relire ses livres de médecine. Et donc là, on est en avril 2023, en août 2023, et je me dis, ok, donc là, tu n'es pas plus avancée, il faut que tu cherches par toi-même. Et je commence à éplucher tout ce que je peux. comme articles, tous les blogs que je peux épurer et tout. Et c'est vrai que niveau pathologie féminine, je tombe très rapidement sur l'endométriose.
- Speaker #0
Ben oui.
- Speaker #1
Mais je me rends compte que les symptômes, ils ne correspondent pas.
- Speaker #0
C'est pas ça.
- Speaker #1
C'est pas ça. Et je commence à me dire, je vais élargir un peu les recherches. Et je commence à regarder des trucs en anglais. Est-ce que je peux nord-américain, canadien ? Et je me rends compte qu'en fait, peu importe par lequel bout je prends, par quels symptômes je commence, tout retombe sur les fibromes utérins.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et là, quand je vois fibromes, j'ai un sentiment particulier de... Ah ouais, ça peut être ça.
- Speaker #0
Ça résonne, quoi. Tout de suite, tu te dis...
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Il y a quelque chose.
- Speaker #1
Ça résonne, et en même temps... j'ai ce recul de me dire, ouais mais si c'est pas ça va pas te mettre en tête un truc si c'est pas ça mais ça résonne tellement tous les symptômes coïncident et je me dis, bon bah je vais prendre par d'autres bouts et donc je fais d'autres symptômes, mais dans la liste des symptômes, il y a l'immense majorité de ce que j'ai, mais il y en a que je coche pas et je me dis, est-ce que Merci. Ces maladies-là, il ne faut pas cocher toutes les cases pour les avoir. Je ne sais pas. Et dans ma tête, il y a ce côté fibromes. C'est quoi ? C'est juste un kyste. Mais les kystes, ils se résorbent tout seuls. Donc, je…
- Speaker #0
C'est quoi la différence ?
- Speaker #1
C'est quoi la différence ? C'est quoi… Est-ce que ça se résorbe ? Est-ce que… Et c'est surtout que quand je lis le type de population qui est touchée par les fibromes, je ne coche quasiment aucune case.
- Speaker #0
Parce que c'était quoi le genre, le type de population qui est touchée dans la majorité, en tout cas dans la lecture que tu faisais ?
- Speaker #1
Alors, dans l'immense majorité des recherches que j'ai trouvées, les femmes d'ascendance africaine sont beaucoup plus touchées que les autres dans le monde. Ça, c'est un fait. Ce qui n'est pas mon cas. Les femmes près de la ménopause.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'avais en tête aussi.
- Speaker #1
Ce que j'estime ne pas être mon cas, mais après, je le relis très vite aussi à cette trouille de ne pas avoir des enfants. Et la sage-femme qui m'a dit le comptage, il n'est pas au fond. Je me dis, ça se trouve, je suis en pré-ménopause.
- Speaker #0
Tellement d'être la seule à avoir entendu ce diagnostic et qui va après... ne pense qu'à ça et se dit « mais comment je vais faire, en fait ? »
- Speaker #1
Carrément. Et il y a un truc que j'ai oublié de préciser, pourquoi aussi cette phrase-là, quand elle me dit « le comptage folliculaire, il n'est pas ouf » , elle résonne autant. Et pourquoi à tel point je suis terrorisée, c'est parce que quand on m'a découvert la première pathologie, qui était une pathologie assez importante que j'ai eue, mon médecin traitant, qui n'était pas le même, que celui que j'ai vu après, que nous nommons pas, m'a fait faire un check-up total. Donc, j'ai vu quasiment l'intégralité du spécialiste qui pouvait être vu. Et la première chose, parce que j'étais une femme, je pense qu'on m'a envoyée chez un gynécologue. Je n'ai pas vu le gynécologue, j'ai vu une sache-femme dans un hôpital. Et quand je lui ai décrit, je suis arrivée, je lui ai expliqué le contexte. Voilà, je viens faire un check-up parce que j'ai ça, ça, ça comme symptôme. Et la nana m'a regardée et elle m'a balancée. Oh, c'est la prévenopause, ça ? Voilà.
- Speaker #0
Mais t'étais quel âge ?
- Speaker #1
J'avais 25 ans.
- Speaker #0
Oui, donc en fait, on t'avait déjà indire.
- Speaker #1
Ouais, j'étais matriculée.
- Speaker #0
Si t'étais pas prête sur le fait de recevoir, t'étais pas sur le sujet de faire des enfants, etc. C'est quand même... Une phrase qu'on te glisse, paf, à un endroit où toi, en plus, tu nous as dit que t'as toujours voulu avoir des enfants.
- Speaker #1
J'étais en attente. J'étais en attente que mon compagnon, pas qu'il me donne le feu vert, je n'ai pas à attendre le feu vert, mais qu'il me dise...
- Speaker #0
Que vous soyez au même moment ensemble dans ce projet et que...
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Oui, c'est normal.
- Speaker #1
Et donc... Et après, il y a la dernière phrase où là, je me dis, oui, je suis dedans. Avoir plus de 30 ans et être nullipare. Et là, je me dis, forcément, tu n'as pas eu tes enfants avant 30 ans, donc voilà, bingo. Tu as tiré une boulot.
- Speaker #0
Tu veux dire que ça t'ajoute de la culpabilité, de voir cette phrase ?
- Speaker #1
Oui, énormément. Je me dis, tu, entre guillemets, Ce n'est pas le bon terme. Mais pas tu l'as cherché, mais voilà. Voilà ce qui arrive. Voilà, tu es trop téné. Voilà. Donc,
- Speaker #0
l'unition, tu as des fibres.
- Speaker #1
Exactement. C'est ça que tu devrais faire. Oui, complètement. Et je me dis, encore une fois, je n'ai aucune certitude médicale. Si ça se trouve, ce n'est pas ça. Et depuis le temps,
- Speaker #0
parce que tu avais ton chirurgien qui t'avait dit d'aller voir un gynéco, et tu n'avais pas trouvé de gynéco par chez toi, tu n'avais pas pris rendez-vous pour essayer d'avoir des réponses à ce niveau-là, ou c'est que tu en avais vu, mais qu'il ne savait pas, ou ils t'ont dit « c'est dans votre tête, madame » .
- Speaker #1
J'en ai vu, j'avais passé des écopelviennes. Alors, j'ai passé des écopelviennes pour ça. J'ai passé des écopelviennes parce qu'entre-temps, d'autres symptômes se sont rajoutés. J'ai commencé à avoir du saignement pendant les rapports. J'ai commencé à avoir des grosses douleurs pendant les rapports, allant même jusqu'à empêcher les rapports. Et là, tu te dis, pardon, ça va vraiment être très, très compliqué là. Et j'ai eu après le symptôme où là, je me suis dit, c'est plus possible. Une envie constante. d'urine. Mais quand je t'ai dit constante, c'était tout le temps. Je ne tenais pas en place, j'étais à peine sortie, que je voulais retourner aux toilettes. C'était devenu vraiment... C'est un calvaire. Et cette pesanteur dans le bas-ventre qui met à te rendre dingue, c'est des décharges électriques, c'est vraiment... C'est douloureux de ne pas pouvoir croiser les jambes parce que tu as un poids... Pas pouvoir rester assise. Il y a des jours où je ne pouvais pas rester assise parce que la moindre compression était insupportable. Et je me dis, bon, là, il faut quand même que tu fasses quelque chose. Et je vais voir une gynéco qui me dit, le mieux, c'est qu'on aille faire un examen d'écho. On teste la vessie. L'écho de la vessie ne donne rien. Elle ne donne rien. On me dit quand même que j'ai du mal à la vider. Visiblement, je ne contrôle pas assez bien ma vessie. Mais on ne m'explique pas pourquoi. Donc, je reste un peu avec ça. Et je reste avec le truc de l'écho pelvienne qui me dit, vous n'avez rien, madame.
- Speaker #0
Donc, à l'écho, il ne voit rien du tout.
- Speaker #1
Il ne voit rien du tout. Et des échos pelviennes... plus si tu prends celle que j'avais passée avant, jamais personne ne voit quelque chose.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Bon, donc je me dis, il ne me reste plus qu'à partir en PMA, puisque de toute façon, j'ai des douleurs pendant les rapports, j'ai des saignements bizarres. Il n'y a entre guillemets que la PMA qui m'aidera. Et j'ai aussi cette arrière-pensée de me dire, peut-être que je peux faire une préservation.
- Speaker #0
C'est toi qui viens y penser toute seule ? Parce qu'avec tes lectures, avec tes recherches, c'était aussi passé devant toi, dans des suggestions ou dans des témoignages qui avaient peut-être parlé de ça ?
- Speaker #1
En fait, c'est en faisant mes propres recherches où je me suis rendue compte que la loi PMA pour tout était passée et qu'on pouvait faire une préservation dite sociétale. et plus que médicales. Et donc du coup, en fait, quand j'ai vu que la loi PMA était passée pour toutes et que ça augmentait certaines prises en charge, j'ai été regarder. Mais j'avais quand même cette arrière-pensée de me dire, si seulement c'était possible de faire ça, ce serait génial. Mais en vrai, quand je cherche, je ne sais pas que c'est réalisable. Je ne sais pas que ça se fait. Je savais que c'était pour des raisons médicales, ça j'en avais connaissance, mais pas pour du sociétal. Et je me dis, je vais faire ça. Mais il faut qu'ils acceptent. Parce que dans mon idée, je me dis, ils préservent sociétal quand tu n'as pas de conjoint, quand tu es seule, au cas où. Peut-être qu'une femme qui est en couple depuis X années, ils ne voudront pas. Et donc, je me laisse quelques mois. Et janvier 2024, j'appelle le centre PMA de ma région. Et on me donne rendez-vous en avril. Donc, on se divise, ça nous laisse quatre mois pour réagir, réfléchir si vraiment je pars sur une préservation ou si vraiment on se lance tout de suite. Et entre-temps, les symptômes s'accentuent, Et je me rappelle qu'un jour, on est parti en course. Je me suis changée juste avant de partir en course. J'avais mes règles. Et arrivé sur le parking du magasin, j'étais enceinte, littéralement enceinte. Et je me suis dit, là, il faut faire quelque chose, c'est pas possible. C'est pas possible. Rester assise sur son blouson, sur un parking de magasin, à 15 minutes de chez toi, c'est pas possible. Il faut que ça s'arrête. Et j'ai regardé un peu si je pouvais retourner voir un médecin traitant, n'importe lequel. et j'ai trouvé dans la ville voisine de là où on habite, il y avait une dame qui faisait un remplacement, je suppose, et elle avait un DU en gynéco. Et je me suis dit, bon ben c'est une femme, peut-être qu'elle me comprendra mieux, et elle a un DU en gynéco. J'y vais. Et je me retrouve face à une dame que je n'ai jamais vue de ma vie, à qui j'expliquais un peu tout ça, et je vois que... Elle est quand même vachement concernée par ce que je lui dis. Elle m'écoute. Et je me dis, je ne lui parle pas que j'ai fait des recherches et que je sais pour les films. Vraiment, je ne lui en parle pas. Et elle me fait allonger. Elle m'ausculte. Elle touche un peu mon bas-ventre. Et elle me dit, écoutez, pour moi, il faut faire une écope. Elle vient. Parce que clairement, pour moi, il y a quelque chose. Avec tous les symptômes que vous me dites, il y a forcément quelque chose. Je me dis, bon, ok. Et elle me dit, moi je pense que ça peut être des fibres. Et là, dans ma tête, je me dis, mais alléluia, mais quelqu'un en parle. J'avais envie de l'embrasser tellement ma vie fait plaisir. Mais elle me dit, je vous fais une ordonnance. Et vous prenez rendez-vous pour une écho.
- Speaker #0
Et tu ne lui dis pas que tu en as déjà fait, je ne sais pas combien, mais tu en as fait déjà une dizaine de décos qui n'ont jamais rien montré ?
- Speaker #1
Je lui ai dit avant. Quand je lui explique tout ce que j'ai déjà fait, j'arrive en lui disant, ce n'est pas ça, Donc, elle a déjà un peu tout le background de ce que je sais et de ce que je ne sais pas. Sauf que je veux dire,
- Speaker #0
c'est que dans ces... dans le discours où elle te dit il faut refaire une écho, toi t'en as déjà faite, qu'est-ce qui fait que celle-là, elle va montrer quelque chose et pas toutes les autres ? Tu vois ce que je veux dire ? Même toi, dans ta tête, moi c'est ce que je me serais dit, c'est elle t'aurait parlé d'un autre examen plus spécifique, ça m'aurait moins choquée, mais là de me dire elle te propose une écho que t'as déjà faite à multiples reprises, qu'est-ce que... qu'est-ce qui a changé ? Tu vas se dire à quel moment le résultat va être différent de toutes celles que tu as déjà faites ?
- Speaker #1
Tu vois, parce que moi, c'est marrant, je ne me suis pas dit ça. Je me suis dit, vu que j'ai plus de symptômes, ça veut dire que le truc est plus grave.
- Speaker #0
Ça va glioter.
- Speaker #1
Avec une écho, ils vont peut-être se dire « Oh, c'est par là, attention ! » Et moi, je me dis vraiment, puisque les symptômes sont maintenant tellement énormes, c'est visible. Il y a forcément quelque chose, c'est ultra visible. Donc, je me dis, elle me prépare une écho, l'ordonnance. Je me dis, nickel, je suis sauvée.
- Speaker #0
On verra quelque chose.
- Speaker #1
Et donc, j'ai rendez-vous quelques semaines avant le rendez-vous PM1. Je la vois. Et je lui parle, je lui dis, j'ai un rendez-vous à la PM1. Elle me dit, si vous pouvez, faites l'écho avant. Et comme ça, vous amenez tout. Mais parlez-en bien de tous vos symptômes à la PMA. Je fais déjà l'attention. Et en fait, je n'ai pas de rendez-vous pour l'écho tout de suite. On fait le rendez-vous à la PMA où la gynéco capte bien que je suis méga stressée sur l'horloge biologique, les enfants, que j'en veux plusieurs. Je lui ai dit plusieurs fois, mais moi, je veux plusieurs enfants. Je suis vraiment focus là-dessus. Et j'en suis à un point, pas où je lui ai dit, limite, faites tout ce que vous voulez, mais donnez-moi des enfants, mais presque, désespérée. Et elle me dit, si vous voulez, vous pouvez faire une préservation. Si ça peut vous soulager, on peut faire une préservation. Vous êtes encore dans l'âge, il n'y a pas de souci. et donc on a cette discussion où moi je pensais que c'était vraiment que pour les femmes qui n'avaient pas rencontré encore le futur père qu'elles estimaient pour leurs enfants et en fait non, n'importe quelle femme peut le faire, donc je me dis bon bah go,
- Speaker #0
j'ai l'occasion de se rassurer de démarrer avec une préservation pour te dire ok, s'il y a quoi que ce soit après, au moins j'ai ça de côté et ça comme une garantie même s'il n'y a rien de garantie parce que c'est pas possible, mais en tout cas toi dans ta tête ça te...
- Speaker #1
L'image n'est pas très belle mais pour le coup elle s'y adapte plutôt bien, je me dis j'ai pas tous mes oeufs dans le même panier Non mais... C'est vrai.
- Speaker #0
C'est très factuellement dit.
- Speaker #1
C'est une façon jolie de le dire, on va dire.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
mais ça me rassure de me dire, quelque part, stocker précieusement, il y a une assurance, entre guillemets. Ce qui est complètement faux. Il y a un plan B,
- Speaker #0
en fait.
- Speaker #1
Voilà, il y a un plan B. Tout ne repose pas sur mon corps et moi. Alors que si, puisque fatalement,
- Speaker #0
ça sort de toi quand même.
- Speaker #1
Ça sort de moi et c'est mes homocytes. Et par contre, elle est très honnête en me disant tant qu'on n'a pas eu toute la possibilité de ce qui est faisable en PMA, vous ne pourrez pas y toucher à ce stock-là. En gros, tant que tu n'es pas ménopausée, tu ne peux pas aller sur ce stock-là.
- Speaker #0
Ah, tu ne peux pas l'utiliser entre guillemets un peu comme tu veux ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Il faut que tu sois passée par tout le processus PMA qu'ils ont défini pour toi, jusqu'à ce que rien n'aboutisse, pour qu'enfin tu puisses les utiliser ?
- Speaker #1
Oui, c'est ce qu'elle m'explique.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et je me dis, ce n'est pas grave, parce que ce sera toujours la possibilité de les utiliser. Même si elle me dit ça, moi, dans ma tête, ça me rassure. Je me dis, bon, on va y aller, OK. Et elle me dit, avant de démarrer, on va faire une... On a un gros examen, une écope, elle vient la faire. Parfait. Je me dis, c'est génial. Comme ça, si tel que je vais faire à l'hôpital de mon département ne fonctionne pas, il y aura la leur. Et c'est un CHU, et c'est encore plus gros, donc génial. Et il se trouve qu'en fait, au moment où j'ai les rendez-vous, le vendredi, je passe l'écho pelvienne à l'hôpital de là où j'habite, et le mardi, l'écho de l'APM. Et le vendredi, je vais à l'écho, et en fait, je me rends compte, je n'avais même pas lu l'ordonnance, c'est une écho abdominale, ce n'est même pas une écho pelvienne. Et donc à l'écho abdominale, les deux échographes, elles me disent qu'on ne voit strictement rien.
- Speaker #0
On voit bien qu'il y a un truc. C'est un truc que tu avais donné la médecin avec le DU gynéco.
- Speaker #1
Voilà. Je ne sais pas ce qu'elle a fait, ce que dans la précipitation, elle n'a pas... Je ne sais pas.
- Speaker #0
Oui, parce que si en plus c'est elle qui t'a parlé des fibromes, donc on sait bien que les fibromes, ils ne sont pas dans la sphère abdominale, mais dans la sphère endocrinienne, dans le petit bassin, quoi.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ok. Donc, je le tue.
- Speaker #1
Ultra déçue. Je les supplie si elles ne peuvent pas faire une écope, elles viennent. Non, elles ne peuvent pas. La prescription ne donne pas lieu. Et je parle du centre PMA le mardi. Et elles me disent par contre on va vous faire un rapport béton et vous leur donner. Mais je suis encore une fois ultra déçue. Parce que je pars juste avec un papier de deux échographes dans mon hôpital. qui disent « il y a quelque chose, mais on ne sait pas quoi » . C'est cool, mais je le sais déjà, en fait. Il arrive le mardi, et le mardi, j'arrive vraiment dépité. Vraiment, je n'attends rien du tout. Je m'attends vraiment à ce qu'on me dise « vous n'avez rien, vous n'avez pas très bien » .
- Speaker #0
Tout ce que tu as entendu depuis des années, finalement.
- Speaker #1
C'est ça. J'avais même arrêté de me dire que j'avais des fibromes parce que je m'étais dit, finalement, il y a quelque chose, c'est sûr, mais tu ne sais pas quoi. Donc, bon, vite à vie, sans te soucier de ça. Et puis, vient mon tour, on m'appelle et je rentre dans cette pièce que je connais bien maintenant. Et l'échographe me dit, est-ce que ça vous dérange, il y a une médecin ukrainienne. qui vient finir son stage. Je ne suis plus à sa près maintenant. J'ai montré mon anatomie à n'importe qui, donc médecin de plus, une médecin de moins, allons-y. Et elle m'explique qu'elle a lu mon dossier, que la gynéco a fait le topo sur les douleurs que j'avais, mais que s'il n'y a rien... Il n'y a rien. Et je lui tends le papier que les deux échographes du vendredi m'ont donné où elles décrivent qu'il y a bien un truc qui ne fait que, mais qu'elles n'arrivent pas parce que c'est que abdominal. Et donc, c'est la médecin ukrainienne qui est assise à ma droite, qui tient la sonde. Et la médecin du centre, elle navigue de Ausha droite entre l'écran de contrôle. l'échographe et l'immense télé qui est au-dessus de ma tête. Et moi, je commençais à être vraiment dépitée, à me dire « dépêchez-vous, parce que si ce n'est pas vous de me dire que je n'ai rien encore, voilà, dépêchez-vous, quoi » . Et d'un coup, je vois bien, la médecine ukrainienne, elle est vraiment focus sur l'écran. Je vois qu'elle cherche un peu, elle tourne la sonde un peu dans tous les sens. Et la médecin française qui résignait et qui me dit « je suis vraiment désolée, on ne trouve rien, vraiment » . Et là, d'un coup, la médecin crénienne se lève et elle me dit « est-ce que je peux faire quelque chose ? » . Par contre, elle se stoppe. Et je lui dis, moi, à partir du moment où vous allez trouver quelque chose, faites ce que vous voulez. Elle me dit, par contre, ça va être très douloureux. Franchement, je ne suis plus là, ça, après, je m'en fous. Et elle m'appuie. avec sa main droite, sa main gauche, sur le ventre, sur le bas-ventre, quasiment au même endroit où le médecin avait appuyé.
- Speaker #0
Là où tu as mal tout le temps ?
- Speaker #1
Et là où j'ai mal, alors que j'avais juste décrit la zone, je n'avais pas dit précisément où j'avais mal. Et en même temps, avec sa main droite, elle enfonce la sonde et je ne sais pas quel mouvement elle fait, elle la lève en même temps qu'elle tourne, enfin je ne sais pas quoi. Et effectivement, ça me fait un mal de chien, je commence à avoir les larmes aux yeux. Et je vois surtout son sourire à elle et la tête de la médecin du centre, qui est estomaquée. Elle fait le tour et elle appuie sur un bouton, sur le truc d'échographie. Et je lève la tête et je vois plein de petits vaisseaux rouges dans une masse. Et la médecin française me dit, vous avez un fibroma, il est énorme en fait, il faut qu'on fasse quelque chose. Et là en fait, je bascule dans un truc. Alors pour le coup, la médecin ukrainienne, je n'ai pas eu le temps de vraiment la remercier, parce qu'après on m'a expédiée vite, on m'a montée en gynéco assurgement, mais j'avais envie de l'embrasser, de la prendre dans mes bras et de lui dire... Mais vous êtes le meilleur médecin du monde. Et j'ai juste le temps de lui dire, mais comment ? Et elle me dit, en fait, il y a une dame, alors apparemment, il y a une Ukrainienne qui a eu un peu le même truc que moi, des douleurs inexpliquées. Et elle m'a dit, en fait, la symptomatologie était tellement semblable que... Elle savait que c'était peu d'efforts. Et... Donc on me montre en gynéco en me disant, il faut qu'on explore plus loin parce que la masse est vraiment grosse et il faut qu'on sache beaucoup de choses, où il est localisé, quel type il est, s'il est pédiculé, pas pédiculé. Et là, on me dit des mots que je ne capte pas. Je me rhabille, on monte tout de suite. Et pour le coup, dans le centre PMA, il a été refait, il est flambant neuf, tout est beau, tout est lumineux. Et je me retrouve dans un couloir sombre, des années je ne sais pas combien, pas refait, la partie de l'hôpital qui n'a pas encore été refaite. Et je suis seule dans cette immense salle d'attente. Et je me dis, c'est quand même un beau parcours de... C'est une belle métaphore de tout ce parcours. Je me retrouve vraiment, encore une fois, seule. Et on ne m'explique rien. On me fait rentrer, on me fait une écho, on me refait une écho, où elle refait exactement le même geste, elle appuie, elle tourne, elle monte. Et en plus, cette écho-là, elle est faite à J3 du cycle, donc un des pires jours pour moi, dont je saigne abondamment sur la table. Je m'excuse. La gynécologue me dit, non, c'est normal. Et au bout de, je ne sais pas, dix minutes, elle repose tout. Elle me dit, il n'y a pas un, mais deux fibromes, ils ne sont pas pédiculés, ils sont de type 6. Et introuvable, parce que caché à la jonction où l'utérus appuie sur la vessie.
- Speaker #0
Vous pouvez voir derrière la vessie en fait.
- Speaker #1
Donc derrière la vessie. Ce qui explique pourquoi la vessie, j'ai du mal à la contrôler. Parce que ça pousse dessus.
- Speaker #0
Et juste pour que celles qui nous écoutent comprennent, le pédiculé, pas pédiculé, etc. c'est plus pour dire qu'il y a des pieds ou pas de pieds. Et en fait, s'il y a des pieds, c'est envisageable de les retirer parce qu'ils sont excroissants, ils ne sont pas rattachés à des tissus à toit. Et quand ce n'est pas pédiculé, c'est... compliqué parce que ça veut dire qu'il faut creuser et en fonction de la localisation de où ils se situent, c'est plus ou moins possible. Et donc là, tu as l'info qu'ils ne sont pas pédiculés, mais à ce moment-là, tu ne comprends pas ce que ça veut dire, je me doute.
- Speaker #1
Je ne comprends rien. Elles reposent. Elles m'expliquent tout ça, type 6 machin et tout. Ils sont à la jonction, ils appuient. Voilà. Bonne journée, madame. Vous pouvez vous ramener. Et dans la fin de journée, le centre PMA m'appelle. C'est la gynéco que j'avais vue, qui me dit, je vais... je vais passer votre dossier en commission parce qu'avec les fibromes, on ne sait pas ce qui est faisable ou pas faisable. Je suis furieuse. C'est-à-dire que quand elle me rappelle une semaine après, je la blinde de questions. Est-ce que c'est enlevable ? Est-ce que c'est comme ci ? Est-ce que c'est comme ça ? Est-ce que je pourrais avoir de la documentation sur les fibromes ? Ou est-ce que je peux m'adresser et tout ? Et la seule réponse, c'est... je n'ai pas de réponse à vous apporter. Il y a des centres qui existent. Super, un Paris et un Bordeaux. Je pense que les délais d'attente sont colossaux. Mais moi, je ne vais pas faire 250 et 400 kilomètres pour aller... Non, les réponses, je les mets maintenant, en fait. Et la bonne nouvelle dans tout ça, c'est que type 6, donc ils sont... à l'extérieur de l'utérus, ils ne sont pas dans la cavité utérine, ils ne sont pas pédiculés, donc ils ne peuvent pas être enlevés, ça c'est la mauvaise nouvelle. Et par contre, il n'y en a pas un, mais il y en a deux, qui sont collés l'un à l'autre et qui appuient fortement sur la vessie. Et une fois qu'elle a fini de me dire tout ça, elle me dit... Je ne peux rien faire pour vous. Je suis bien désolée pour vous. Par contre, on doit vous dire quelque chose, c'est que les fibromes, à l'heure actuelle, les techniques ne sont pas optimales pour les enlever. C'est très compliqué. Par contre, vu là où il est placé avec la vessie, vous allez en chier. Quand vous serez enceinte, vous allez en chier. Texto, vous allez en chier. Donc, je me dis, c'est déjà une galère pour les faire. Si en plus, on m'annonce que pendant la grossesse, ça va être temps d'axe. Et puis bon, après, l'envie, elle est tellement là d'avoir un enfant que tu te dis, bon, même si j'en chie, ce n'est pas grave, je les veux. Et elle me dit, bon, on vous prévoit pour la préservation et on continue comme ça. Et je lui dis, mais est-ce qu'il faut que je retourne voir ma sage-femme ? Est-ce qu'il y a un traitement ? Est-ce qu'il y a quelque chose qu'il faut que je fasse ? Je ne sais pas. La réponse facile est à tout, je ne sais pas. Et moi, ce qui m'a fait après vraiment ultra mal, entre guillemets, c'est que j'ai fait des préservations, j'ai entamé le parcours PMA, j'ai revu d'autres médecins, j'ai fait des contrôles folliculaires, j'ai fait une espèce de... per stimulation qui m'a amenée à aller voir un autre gynéco dans un autre hôpital et à chaque fois qu'on met la sonde on me dit vous avez des fibros attends,
- Speaker #0
t'es en train de me dire que depuis que tu le sais et qu'à chaque fois qu'on t'a ausculté là ils l'ont tous vu sans même que tu le dises oui et euh
- Speaker #1
Et je refais d'autres, après, d'autres protocoles. Donc, je revois d'autres sages-femmes qui, elles, ont connaissance, puisqu'elles ont un dossier souligné de PMA. Et toutes ne me font pas la manipulation et me disent « Vous avez des fibromes ? » Et j'ai ce réflexe à chaque fois de leur dire « Mais vous le savez ou vous les voyez ? » Parce que c'est un truc de me dire « Ah oui, vous êtes la patiente qui a des fibromes, mais si tu ne les vois pas, ce n'est pas… » Très pertinent de me le dire. Et en fait, non, toutes, elles tournent le truc et elles me les montrent sur les contrôles. Et je me dis, mais c'est bizarre, pourquoi ? Et là, au dernier protocole, ça m'a intriguée. Et j'ai posé la question. J'ai eu trois contrôles, j'ai posé trois fois la question à trois sages-femmes différentes. La première a bouté un peu en touche et a rigolé. La deuxième m'a dit peut-être qu'ils ont grossi et qu'ils sont peut-être un peu plus visibles maintenant. Je ne sais pas, on ne les a pas mesurés donc je ne sais pas ce qui est probable. Et la troisième m'a dit, il y a deux possibilités, soit vous posiez trop de questions et ça a saoulé les gens, soit ils ont grossi. C'est...
- Speaker #0
Et t'as jamais eu envie de prendre ta voiture, de prendre rendez-vous à un de Paris ou de Bordeaux et d'avoir plus de réponses ?
- Speaker #1
J'ai eu, quand le diagnostic a été posé, j'ai eu l'envie. Et en fait, j'ai peur d'être déçue.
- Speaker #0
Ouais, t'as tellement été déçue auparavant que...
- Speaker #1
Parce qu'il y a un compte Insta pour l'assaut qui récupère un peu toutes les infos. Il y a des podcasts qui existent sur le fibrome. Mais en vrai, j'ai l'impression qu'on n'a pas d'infos. Et je me dis, s'il y a des spécialistes qui existent dans des centres qui adaptent, pourquoi eux ne les donnent pas les infos ? Peut-être parce qu'ils n'en ont peut-être pas plus que ça non plus. Et malgré tout, c'est des maladies qui sont « récentes » en médiatisation. Et donc, peut-être que dans 15-20 ans... ce sera mieux.
- Speaker #0
Oui. Là, si on reprend la suite de ton parcours, donc tu as eu le diagnostic de fibromes. Tu as dit un tout petit peu tout à l'heure que tu avais aussi démarré le parcours PMA. Comment il s'est passé ? Comment tu le vis ? Où est-ce que tu en es de ce côté-là ?
- Speaker #1
Du coup, j'ai dû faire deux préservations. Parce que la première préservation, elle a été chaotique, on va dire. Et puis après, on m'a dit, voilà, nous, la préservation a été terminée, on a ce qu'il nous faut. Et on m'a dit, maintenant, c'est à vous de voir. Est-ce qu'on s'arrête là ou est-ce qu'on enchaîne sur de l'APM ? Et donc, on est parti sur deux inséminations qui n'ont pas fonctionné. Et donc, à chaque... protocole qui se termine par négatif, je me dis, je suis fatalement obligée, ça m'y ramène. Est-ce que si on analysait pas un peu plus ces fibromes, alors que peut-être c'est pas ça du tout, mais est-ce que ça ferait pas avancer un peu les choses aussi ? Quel impact ça a ? En fait, c'est ça que je voudrais savoir. C'est quel impact ça a ? Plus que sur ma vie quotidienne, sur ce domaine-là.
- Speaker #0
La fertilité ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Là, c'est quoi la suite pour toi ? Qu'est-ce que tu envisages maintenant ?
- Speaker #1
C'est de continuer la PMA et de me décider si oui ou non je vais bien. Je prends rendez-vous dans ce centre pour aller obtenir plus d'informations. Mais c'est quelque chose qui me traverse l'esprit parfois. En fait, je suis tellement résignée à me dire que je n'aurai pas d'infos, que je me dis, est-ce que ça vaut vraiment le coup de faire 250 kilomètres et de payer une consulte pour m'entendre dire, je ne sais pas. Ou du moins, me dire des infos que j'ai déjà.
- Speaker #0
Oui, qu'il n'y ait rien de nouveau, quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Merci beaucoup Laure pour ton partage et pour tout ce que tu nous as transmis. Je pense que tu vas éclairer peut-être certaines femmes qui vont se reconnaître dans les symptômes que tu as évoqués et apporter des infos qu'elles n'auraient peut-être pas trouvées ou qu'elles n'auraient pas entendues comme toi, tu ne les as pas entendues avec les médecins. Je trouvais que c'était important de faire cet épisode aussi parce que comme tu l'as vécu, on en parle très peu de ces fibromes et de... Et de tous les symptômes aussi, des règles hémorragiques, c'est quelque chose qu'on n'aborde pas beaucoup. On n'en parle pas, c'est assez tabou de saigner, d'avoir des traces, d'avoir besoin d'énormément de protection. Et je trouvais que c'était important de délier un peu les langues et la connaissance sur ce sujet.
- Speaker #1
Merci beaucoup Marion. Parce que c'est vrai que c'est un sujet qui n'est pas... Pas trop abordé. qui est un peu tabou. Et c'est toujours plaisant de partager son histoire s'il y a au moins une fille qui, à l'écoute, va reconnaître les symptômes qu'elle a, qu'elle se dise qu'elle n'est pas folle, qu'il faut juste insister un peu et qu'elle aura peut-être pas toutes les réponses, mais en tout cas qu'elle n'est pas folle.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Laure.
- Speaker #1
Merci à toi, Marie. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Encore un grand merci à Laure pour son partage d'expérience pendant tout son parcours de fertilité qui n'a pas été une mince affaire. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le noter 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée ou à le partager à une amie qui pourrait avoir besoin d'entendre cette histoire. Si vous souhaitez également être accompagné en naturopathie pendant votre parcours fertilité, qu'il soit au naturel ou en PMA, toutes les informations sont en description et vous pouvez aussi ré- m'écrire directement sur WhatsApp ou sur Instagram et je vous réponds avec grand plaisir. D'ici là, prenez grand soin de vous et à très vite.