- Speaker #0
Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible, disait Saint-Exupéry. Bienvenue sur mon podcast Connecting Leaders, le podcast business orienté futur du travail et futur DRH. Pour cette saison, j'ai envie de plonger dans un sujet qui touche à la fois l'humain et le business, le retour au travail après un congé maternité. Parce que ce moment de transition est décisif, aussi bien pour les talents que pour les entreprises. Et c'est un enjeu clé à la croise du business. du leadership et de la société. Et bien sûr, on continuera ensemble à parler de leadership, de culture et culture du travail, toujours avec ce mantra, le fameux « Less is more, moins de bruit, plus d'impact » . Vous pouvez soutenir le podcast en mettant 5 étoiles et en laissant un commentaire sur Spotify, Apple Podcasts et toutes les autres plateformes d'écoute. Merci et belle écoute ! On parle souvent de parentalité comme d'un sujet privé, d'un sujet de l'aspect intime, familial, qui devrait rester à la maison. Mais dans la réalité, devenir parent transforme tout. Notre rapport au temps, notre rapport au travail, nos priorités et parfois même notre carrière. Certains changent leur façon de manager, certains redéfinissent leur ambition et parfois certains décident même de tout quitter pour aligner leur vie avec leurs valeurs, leurs envies profondes. Mon invité aujourd'hui incarne exactement ce basculement. Cédric Rostin est le créateur du podcast Papa Trierka. Il est également auteur, conférencier, mais surtout papa. La naissance de sa fille a profondément changé sa vie, au point de remettre en question son travail en entreprise et de lancer un podcast devenu aujourd'hui une référence sur les sujets de paternité, d'égalité et de parentalité. Avec Cédric, on va parler de père, de paternité, de mère, maternité, de travail également. de charge mentale, de congés parentaux, mais aussi d'un sujet plus profond. Comment la parentalité peut transformer notre manière de travailler, de manager et de vivre ? Merci Cédric et belle écoute ! Hello Cédric !
- Speaker #1
Salut Simone !
- Speaker #0
Ravie de t'accueillir sur mon podcast. Donc tu es podcasteur, tu es hôte du podcast Papa Triercat, tu es aussi auteur, conférencier, également papa. Tu veux peut-être te présenter, toi, sous l'angle que tu souhaites.
- Speaker #1
Oui, je pense que tu as déjà tout dit. Mon premier rôle, mon premier métier, c'est papa de deux enfants que j'ai avec une femme merveilleuse qui s'appelle Noëlla Ravançon. Et en effet, j'ai créé le podcast Papa Trierka il y a six ans maintenant. Et j'ai eu l'occasion, en effet, d'écrire des livres, d'intervenir en tant que conférencier sur des sujets de parentalité, de paternité. Et je suis une casquette de coach sur des sujets, alors pas du tout en parentalité, mais sur des sujets pros et relationnels.
- Speaker #0
On parle de parentalité comme un sujet... privée, de la sphère intime, très perso. Mais tu vois, moi je suis RH, je travaille en entreprise. Toi, tu as bossé également en entreprise, mais on revient sur ton parcours après. Comment, toi, ta parentalité t'a transformée ?
- Speaker #1
La parentalité, elle a tout changé, puisque c'est la parentalité qui fait que j'ai quitté mon emploi, mon dernier emploi en entreprise. Et même la parentalité comme projet de vie, je pense que ça, c'est quelque chose qui surprend beaucoup de gens. On avait vraiment l'idée d'avoir des enfants, pas pour avoir des enfants, mais vraiment, c'est un projet de vie d'avoir des enfants. Comment est-ce qu'on veut les accompagner ? On a voulu faire, et on a fait d'ailleurs dans l'instruction en famille, avec notre grande Sarah, et on va recommencer avec le plus petit Lucas. Et donc l'idée, c'était que toutes nos vies soient tournées vers ce projet-là, pas que les enfants, parce qu'il y a le couple aussi, etc. Mais nous, notre famille, et comment est-ce qu'on construit autour de ça ? Et malheureusement, n'ayant plus trouvé, peut-être qu'on y reviendra, mais n'ayant plus trouvé d'accord avec l'entreprise, la dernière entreprise que j'ai connue, j'étais parti en effet pour avoir une activité indépendante qui permettait d'assurer l'instruction en famille de ma fille.
- Speaker #0
Tu peux revenir sur ton parcours pro et la naissance de ta fille. Il me semble que tu te déplaçais pas mal, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, à l'époque, je travaillais à la FNAC, dans le groupe FNAC Darty. Là, on est en 2018, à l'arrivée de Sarah. Et en effet, j'avais commencé à travailler à la FNAC de Bordeaux. Ensuite, je travaillais à la FNAC de Poitiers, tout en habitant à Bordeaux.
- Speaker #0
Tu faisais les trajets...
- Speaker #1
En vrai, on ne va pas se mentir, ce n'était pas si compliqué que ça. Pour deux raisons. La première, c'est qu'on m'avait proposé cette mutation. J'avais quand même pas mal hésité. Puis en fait, à ce moment-là, on était en formation justement pour valider un master grâce à la FNAC, le master que j'ai en coaching et en gestion d'entreprise. Et si tu veux, je rencontrais beaucoup de mes collègues parisiens. Et là, je me rendais compte qu'en fait, parfois, eux, par jour, ils se tapaient trois heures, une heure et demie le matin, une heure et demie le soir de transport, mais pour faire 30 bornes, quoi. Enfin, 30-50 bornes, quoi. Et en fait, au même moment est arrivée la LGV entre Bordeaux et Paris, et donc par Poitiers aussi. Et moi, à Poitiers, j'étais à une heure et quart en train. Donc déjà, il y a ce côté-là. Et le deuxième point, c'est que la FNAC de Bordeaux est une FNAC au rythme très, très intense. C'est une des plus grosses FNAC hors Paris, si tu veux. En tout cas, à l'époque, elle avait la meilleure productivité des FNAC hors Paris. Et donc, si tu veux, ouvertes le dimanche, tous les jours fériés. Enfin, voilà, c'était ouvert tous les dimanches, tous les jours fériés, à part le premier de l'an. Donc le rythme était très intense pour différentes raisons aussi en interne. Et du coup, en fait, tu arrivais souvent très tôt le matin et tu rentrais tard le soir. Sachant que j'habitais en dehors de la ville de Bordeaux. Je suis à 18 km de Bordeaux, en petite campagne. Et en fait, je mettais une heure et quart à rentrer dans la ville avec ma voiture le matin. Et je mettais à peu près 45 minutes. Quand ça roulait bien, ça pouvait être 35. Mais on va dire en moyenne 45-50 minutes à rentrer le soir. Sachant que j'avais une amplitude horaire qui était de 7h30-8h à 19h30-20h. Et la FNAC de Poitiers, qui est une FNAC plus petite, avec des stratégies différentes, permettait d'avoir plus de souplesse. Une fois que j'ai eu autonomiser les équipes, ce qui a été un sujet, je pouvais très bien arriver à 10h30, donc après l'ouverture, et partir avant la fermeture. Et en fait, ce qui avait été très rigolo, c'est que quand je faisais l'aller-retour dans la même journée, je partais à la même heure et je rentrais à la même heure que quand je travaillais à Bordeaux. Quand tu combines ces paramètres-là, c'est ça qui est intéressant. Et bien sûr, je passais quelques nuits sur Poitiers aussi, parce qu'il faut bien quand même assurer ce sujet-là. Et c'est dans ce contexte-là qu'on a décidé de devenir, que le projet Enfant Sarah s'est lancé. J'ai pu prendre mon congé paternité, qui était de deux semaines à l'époque. Comme c'est un bébé d'été, j'ai pu y accoler mes vacances d'été. J'ai pu prendre un congé parental de deux mois en accord total avec ma hiérarchie, même si une RH n'était pas très contente de ce sujet-là. Pour l'anecdote, cet RH me disait « Mais Cédric, tu te rends compte de l'exemple, en tant que cadre, tu te rends compte de l'exemple que tu vas donner ? » Et moi qui lui répondais « C'est bien parce que je me rends compte de l'exemple que je vais donner que je vais le faire. »
- Speaker #0
Tu avais déjà cette vision de la parentalité.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Et puis, on va dire... C'est pas d'être chiant. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
C'est une qualité de montrer.
- Speaker #1
C'est ça. C'est politique aussi, si tu veux. Donc, il ne faut pas se mentir. Ces postures sont aussi des postures politiques. Et malheureusement, ce qui s'est passé, c'est que... Enfin, malheureusement ou heureusement, c'est que... Donc Sarah est née, on fait ça, elle est née en juillet. Je reviens définitivement au travail en octobre, tu vois, après ma compagne d'ailleurs. C'est intéressant que j'ai repris après ma compagne. Parce que passer du temps seule avec l'enfant, c'est important.
- Speaker #0
Sa compagne, la maman, elle a pris son congé mat classique.
- Speaker #1
Oui, elle est chirurgienne dentiste. Et j'ai pu le découvrir, moi pour le deuxième enfant, qu'en effet, quand on est indépendant, ce n'est pas la même histoire. Tu n'as pas les indemnités. Et pourtant, là, elle avait une partie de salariat puisqu'elle travaillait aussi à la fac en même temps. Mais ça ne couvrait absolument pas les frais de son cabinet. On peut donner les chiffres. Moi, je n'ai pas de problème à parler de chiffres. Le congé maternité de Noëlla, le premier, en tout cas, c'était 34 000 euros qu'il a fallu mettre de côté. C'est ce que ça a coûté. Voilà, pour juste le congé maternité.
- Speaker #0
C'est un peu anticipé pour les professions libérales.
- Speaker #1
Exactement. Anticiper ce manque à gagner entre guillemets Il faut absolument anticiper la trésorerie Les charges Anticiper Même si on a un remplaçant ou une remplaçante Même si on arrive à se faire remplacer etc Faut vraiment comprendre que ça couvre pas du tout Donc voilà Faut vraiment anticiper ça Et de la même manière pour prendre un congé parental Même si on est salarié ce que moi j'ai pu connaître Faut bien comprendre qu'à certains niveaux de rémunération En fait tu touches zéro Moi à l'époque quand je l'ai pris si on avait touché Au mieux tu touchais C'était à 300 et quelques euros C'était 304 fois 12 euros, maintenant c'est 400, je crois qu'on approche de 430. Enfin, t'es à 70% du RSA, donc c'est simple. Et donc, tout ça aussi, il faut l'anticiper, c'est se dire, pendant, moi j'ai pu me mettre deux mois de salaire de côté. En fait, il faut se dire que l'année d'avant, on n'est pas parti en vacances, etc. On avait vraiment ce projet-là et on a mis les sous de côté comme on a pu.
- Speaker #0
Parce que, j'imagine que la FNAC n'avait pas de politique parentalité, de couvrir ou de maintenir le salaire, c'était pas dans leur... Alors,
- Speaker #1
Pas sur le congé parental. Pas sur le congé parental. Par contre, sur le congé paternité, franchement, c'était très fluide. J'ai eu zéro perte de salaire. Donc ça, il faut le souligner aussi. Parce que c'est un point qu'une entreprise peut faire. Je ne sais pas si, en changeant le... Je ne sais pas, puisque je n'y suis plus, mais je ne sais pas si, avec le nouveau congé paternité, ils assurent un mois de salaire à taux plein. Mais en tout cas, moi, j'avais mes deux semaines de salaire complets pendant mon congé paternité. J'ai perdu. À ce moment-là, sur le congé paternité, j'ai perdu zéro salaire. Sur le congé parental, bien évidemment, c'était le minimum légal. Donc zéro. Malheureusement, et malheureusement, heureusement encore une fois, mais du coup, quand on est arrivé là avec ma compagne, fin 2018, on se rend compte que le rythme avec moi qui suis absent plusieurs nuits par semaine, etc., c'est compliqué, quoi. C'est très compliqué, même si la petite est gardée, c'est compliqué, même si, encore une fois, avec la politique à rage de la FNAC, j'avais dix semaines de congés payés ou de RT. t'étais tueux quand tu cumulais tout ça, t'avais 10 semaines par an et que du coup comme en plus j'avais pris Tu avais pris différents congés, etc. Enfin voilà, j'avais quand même de quoi couvrir un petit peu sur une année pour être présent au maximum. Mais on s'est assez vite dit que ça n'allait pas le faire très longtemps.
- Speaker #0
Tu as passé un mois, c'est ça, avec ta fille, alors que la maman avait repris le boulot ?
- Speaker #1
Deux semaines. Deux semaines, c'est bien. On peut faire plus, bien entendu, il n'y a pas de souci. Mais je pense que c'est le minimum pour vraiment se rendre compte de ce que c'est que d'être seul avec un enfant, notamment avec un bébé, et pour éviter d'avoir des postures derrière. qui sont très malheureuses, notamment à l'encontre des femmes qui restent à la maison. Et donc, ce qui a été décidé, c'était qu'on allait se laisser l'année 2019 pour trouver une solution. Au départ, on n'avait pas tout de suite pensé à ce que j'ai quitté la FNAC, parce que la FNAC, c'est une bonne boîte. En tout cas, moi, quand j'y étais, franchement, c'était une bonne boîte. C'était respectueux. Il y a des enjeux financiers, économiques, bien entendu. Mais dans une ambiance qui a toujours été très respectueuse, franchement, c'est une bonne boîte. Il fait bon vivre, je trouve, moi. que ce soit dans le... les magasins que j'ai faits ou dans les personnes que j'ai côtoyées. Voilà. Si t'as des problèmes dans ton taf à la FNAC, c'est pas forcément un problème de reprise, c'est plutôt un problème de manager. Mais comme dans beaucoup de boulots, en fait.
- Speaker #0
Et ton poste, à l'époque, t'étais bien. Enfin, je veux dire, ça correspondait à ce que tu faisais.
- Speaker #1
J'étais très bien. J'avais un directeur, Thomas Bandou, que je salue, qui est un mec formidable, qui m'a accompagné totalement dans la compréhension de mes besoins, de ceux de ma famille, avec l'exigence opérationnelle qu'il devait avoir. Mais on trouvait des solutions et c'était... Et c'était vraiment chouette. C'est un bon manager, c'est vrai que tu dis. Exactement. C'est un bon manager. Il a fait un travail formidable. Mais malheureusement, le sujet, c'était qu'il fallait que je me rapproche de ma famille. Et on a tenté des sujets de rapprochement familiaux. Comme la Fnac, c'était devenu Fnac Darty. Elle avait aussi racheté Nature & Découverte à ce moment-là. J'ai tenté des trucs. Après, je comprends aussi les décisions RH. Parce que... Eux, ils ne voulaient pas que j'aie un poste en dessous de mon niveau de compétence et de mon niveau d'action que j'avais, que je pouvais connaître, ce que j'entends. Moi, je leur disais que je m'en fichais. Même qu'ils t'aient gagné un peu moins, je m'en fichais aussi parce que je voulais rester dans le groupe et être près de ma famille. Et puis malheureusement, on n'a pas trouvé de terrain d'entente.
- Speaker #0
Ta femme ayant son cabinet, elle ne pouvait pas bouger comme ça.
- Speaker #1
Et c'est ça. Et ça, en fait, ils n'avaient pas trop l'habitude de le gérer parce que la plupart des directeurs, c'était eux. le revenu principal, même des managers, des cadres, c'est le revenu principal de leur foyer et en fait toute la famille suivait et puis c'est tout. Mais ils m'avaient proposé d'autres postes. Je ne vais pas forcément dévoiler les sujets internes, mais en tout cas d'autres postes de plus haut niveau, mais très loin.
- Speaker #0
Oui, donc ça ne rentrait pas. Encore plus loin.
- Speaker #1
Donc ce n'était pas très pertinent. Et du coup, j'avais expliqué que moi, quoi qu'il arrive, en janvier 2020, je rentrerai près de ma famille. On s'était laissé l'année 2019 et malheureusement, on n'a pas trouvé de terrain d'entente, ni de mutation, ni de solution potentiellement en télétravail, mais ce n'était pas très développé à l'époque. Et puis, c'est quand même des métiers très opérationnels de terrain, donc forcément, tu ne peux pas être en télétravail comme ça. Et donc, voilà, dommage, je suis parti.
- Speaker #0
Tu es parti en janvier donc ?
- Speaker #1
Je suis parti en janvier, oui.
- Speaker #0
Janvier 2020, avant le confinement, d'accord.
- Speaker #1
Exactement, donc ça, je ne l'avais pas vu venir. Je suis parti, j'ai monté un projet pour devenir consul. Tu n'avais pas retrouvé un dernier ? Si, si. J'ai monté un projet pour être consultant pour les TPE-PME en franchise, en fait. Et en fait, pour tout te dire, j'avais le cash pour monter ça. La formation était privée en avril, donc ça me laissait trois mois tranquille pour faire un gros break, être près de ma famille, etc. Mais il y a eu le Covid. Et du coup, annulation de la formation. de toute façon sur l'année 2020 les entreprises étaient un petit peu plus fébriles aussi c'était pas forcément en ce moment là qu'il fallait se lancer dans le coaching pour les TPE-PME parce qu'elles étaient fébriles pour investir même pour investir sur elles-mêmes et de toute façon aussi ma compagne il y a eu un gros problème notre foyer de par l'activité de ma compagne qui était à l'arrêt a connu un sujet de trésorerie important et mes fonds sont partis sur ce sujet là donc je me suis retrouvé sans fonds Merci. Sans rien, mais avec une idée de lancer un podcast un peu militant, un peu engagé, que j'avais lancé en mars.
- Speaker #0
C'était une idée que tu avais déjà en tête ?
- Speaker #1
C'était une idée de ma compagne, figure-toi. C'était une idée de ma compagne parce qu'on écoutait tous les deux beaucoup de podcasts à ce moment-là. Moi, j'étais beaucoup sur les podcasts de société, philosophie, féminisme aussi, etc., antiracisme. Je découvrais Kif Taras, Les coucheurs à la table, etc. Donc, plein de podcasts hyper intéressants. et elle en fait elle écoutait beaucoup la matricence aussi etc tu vois je salue Clémentine Sarlat en passant et en fait elle me dit euh Si tu veux, on a fait des choix éducatifs. Il faut bien comprendre qu'on a fait des choix éducatifs qui sont un peu à contre-courant que les gens connaissaient. Donc le cododo, l'allaitement, l'allaitement de Sarah durait 4 ans. Donc l'allaitement, le portage, la DME, donc la diversification menée par l'enfant. On a même fait un peu d'hygiène naturelle infantile. On allait faire de l'instruction en famille. On ne punissait pas, on ne criait pas, on ne frappait pas nos enfants. On ne les frappe toujours pas d'ailleurs, je précise. Non mais c'est important parce que là je parlais au passé et donc on prenait tout un flot de critiques et moi je m'étais beaucoup beaucoup renseigné là-dessus puisque l'avantage de travailler à Poitiers en étant en habitant à Bordeaux c'est que j'avais beaucoup de temps seul et donc j'ai englouti une quantité phénoménale de podcasts de livres, de documentaires sur tous ces sujets et en fait comme on était souvent critiqués par des gens à qui on n'avait pas demandé leur avis de votre entourage du coup ?
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
de l'entourage, la famille les amis, les collègues aussi les collègues.
- Speaker #0
Ils ne comprenaient pas votre choix.
- Speaker #1
Voilà, ils ne comprenaient pas. Et puis, bien sûr, ils avaient un avis à me donner, même si je n'aurais pas demandé. Et du coup, je répondais. Je répondais, mais sans m'énerver. Comme un manager, je veux dire, de façon que j'essayais d'être un peu didactique. Et en fait, Noëlla, elle me dit, franchement, il n'y a aucun mec qui connaît ces sujets qu'on entend. Dans le milieu du podcast, il n'y a aucun mec qui connaît ces sujets, qui est capable de défendre son point de vue, etc. Elle me dit, ça vaudrait le coup. Je lui dis, écoute, bon, attends. En fait, si je veux quand même en parler, on est fin 2019 à la FNAC de Poitiers. C'est décembre qui arrive. Autant te dire que les enjeux financiers, parce que ce n'est pas parce que je savais que j'allais partir que je n'ai pas fait mon taf jusqu'au bout. Les enjeux financiers, globalement, dans un groupe comme la FNAC au mois de décembre, sont très importants. Et sans rentrer dans les détails encore plus sur les petites FNAC comme Poitiers, je lui ai dit « Écoute, pourquoi pas ? » Mais là, tu vois, j'ai d'autres choses à penser. Et finalement, quand j'ai arrêté, je me suis dit « Tiens, pourquoi pas ? » En effet, j'ai acheté un micro. micro d'occasion sur Le Bon Coin en branchement USB. J'ai appris sur YouTube à monter sur Audacity. J'ai juste contacté Fanny Vela qui a eu beaucoup d'influence sur notre parentalité pour qu'elle fasse le logo, qui a resté le même d'ailleurs. Et puis je me suis lancé à enregistrer des petits trucs et j'ai créé un compte Instagram puisque je n'avais jamais été sur Instagram avant ça.
- Speaker #0
C'était au moment du lancement du podcast ? Exactement. Un compte Instagram en même temps ?
- Speaker #1
Exactement. Les choses en amenant d'autres, ça s'est plutôt bien goupillé. Le Covid d'heure. qui certes m'a fait rater ce premier changement professionnel. Mine de rien, ça a quand même été une bulle pour les podcasts. Il y a quand même une explosion des écoutes de podcasts à ce moment-là. Et du coup, je pense que ça a aidé aussi. Et puis, de fil en aiguille, ton podcast, il fait un peu plus d'écoutes. Tu monétises. Ton compte Instagram monte aussi en visibilité, ce qui te génère de l'écoute. On te propose de faire un livre.
- Speaker #0
À l'époque, est-ce que tu avais une stratégie ou tu t'es dit non, mais je lance des sujets qui...
- Speaker #1
Absolument pas. Il traite, il traite,
- Speaker #0
va ! sur lesquels je connais,
- Speaker #1
je partage ? À la base, Papatriarka, ça devait être, je ne sais pas, une douzaine ou une quinzaine d'épisodes de moi qui parle seul pour expliquer comment on pouvait faire ces choix éducatifs-là et comment est-ce qu'on pouvait répondre aux remarques qu'on nous faisait. Voilà, c'était ça. Et puis finalement, assez rapidement, parce que je me suis retrouvé avec des gens dont j'aimais beaucoup le travail, je pense à Noémie Delattre qui a été ma première invitée, qui normalement sont des gens totalement inaccessibles pour quelqu'un comme moi. Je veux dire, moi je suis personne. Je ne suis pas dans le journalisme, je ne suis pas dans les médias, je ne connais personne. Je partais avec tous les défauts possibles. Sauf qu'en fait, ces personnes-là, comme Noémie, elles se retrouvaient sans rien faire chez elles aussi. Et donc, elles étaient beaucoup plus accessibles. Donc, on a fait une interview et puis ça m'a plu.
- Speaker #0
Tu l'as contactée et puis voilà.
- Speaker #1
Exactement, je l'ai contactée. Et puis finalement, j'en ai eu d'autres. Et puis finalement, j'ai aimé ça. Et puis finalement, je me suis aperçu que finalement, une interview de podcast, ce n'est pas beaucoup plus compliqué qu'un entretien annuel d'activité. quand il est bien fait.
- Speaker #0
Il y a moins de négo parfois.
- Speaker #1
Non, mais tu ne fais pas... En théorie, quand tu fais bien ton boulot de manager, tu fais parler les gens pendant un entretien de l'activité.
- Speaker #0
Maintenant,
- Speaker #1
c'est que tu ne fais pas bien ton boulot. Et finalement, ça a pris... Écoute, je ne sais pas comment dire d'autre. Finalement, il y a aussi eu un groupe de papas militants qui s'est créé par rapport au congé paternité dans lequel on a proposé d'aller. Finalement, il y a des médias qui te contactent. Finalement, ton compte Instagram y grossit. Et puis en 2021, tu proposes d'écrire un livre et puis un an après, il sort et puis il se vend très bien. Et puis... Et puis ton podcast continue de grossir. La seule stratégie que j'ai eue, c'était que j'avais conscience dès le départ que le sujet, c'était le podcast et que tout ce que je faisais à côté, c'était pour nourrir le podcast.
- Speaker #0
Toi, c'est le podcast à un moment clé qui était le confinement parce que les gens ont plus de podcasts. D'être sur un sujet aussi un peu niche ?
- Speaker #1
Complètement. D'être un mec qui parle de maternité, de façon un peu engagée. avec du féminisme, des droits de l'enfant, qui vient un peu bousculer des codes, etc. Déjà, des mecs qui disaient qu'il ne fallait pas frapper les enfants, tu n'en avais pas 12 000 dans le territoire médiatique, si tu veux. Donc, c'était une belle croisée des chemins.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, c'est ton activité principale, je veux dire ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, c'est mon activité principale. Les revenus du podcast représentent 69% de mon chiffre d'affaires annuel. Donc oui, c'est mon activité principale. Et ça se passe bien. Pareil, je continue de le développer, on investit YouTube, on tente des trucs, et puis on va bien voir ce que ça donne.
- Speaker #0
Comment ça t'est devenu, ces sujets ? Tu as toujours été intéressé par ces sujets ? Est-ce que c'est ton histoire personnelle ? Est-ce que c'est ton histoire de couple aussi ? de papa,
- Speaker #1
enfin... C'est un mélange de tout. Moi, j'ai toujours eu un truc, c'est que quand un sujet m'intéresse, je veux le comprendre. Mais vraiment, tu vois, ça devient obsessionnel. C'est-à-dire que je veux le comprendre, mais je veux aussi comprendre pourquoi les gens ne sont pas d'accord. C'est-à-dire que quand je me suis intéressé à l'allaitement, j'ai lu énormément de choses, j'ai vu énormément de choses, et je me suis aussi intéressé à pourquoi est-ce qu'en France l'allaitement était si faible. Qu'est-ce qui fait que les gens n'allaitent pas ? Donc je me suis intéressé au courant féministe. qui pouvaient dire par exemple que l'allaitement était l'asservissement ultime de la femme, chose avec laquelle je suis totalement désaccord. Mais voilà, liant les choses, quand je me suis intéressé à l'antiracisme, j'ai beaucoup lu, écouté Rokhaya Diab, etc. Mais j'ai aussi lu Éric Zemmour. Je plonge dans un sujet, en fait. Je plonge dans un sujet et je trouve que c'est intéressant parce que ça permet, déjà, quand on est totalement désaccord avec quelqu'un, je suis totalement désaccord avec Éric Zemmour sur 99% des sujets qu'il traite, mais je sais pourquoi au moins. Et donc, ça fait que quand tu dois argumenter, quand tu dois parler, quand tu dois créer un argumentaire ou un mini-plédoyer sur un sujet, tu as un petit peu plus d'éléments de réponse et surtout de possibilité de fédérer des gens autour de ton discours que si tu es juste dans ta petite bulle de mec blanc un peu privilégié qui fait ses trucs, etc. Et donc,
- Speaker #0
tu donnes aussi des conférences, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait, les conférences. Alors là, ça se diversifie un peu. Au début, ça a commencé sur la paternité, principalement, parce que j'ai beaucoup travaillé sur les paternités. Parce qu'une des questions qui m'a animé et qui m'anime encore, c'est pourquoi est-ce que les pères en sont là et pourquoi est-ce que les pères ne font toujours pas le taf ?
- Speaker #0
Tu avais quelle image, toi, dans ton foyer enfant ?
- Speaker #1
Pour moi, un père, c'était quelqu'un dont on avait peur, déjà.
- Speaker #0
D'accord, l'autorité, mais dur.
- Speaker #1
L'autoritarisme, l'autoritarisme, la violence, ça, c'était vraiment la première image. Après, il n'y a pas que ça dans l'éducation que j'ai reçue. Il faut toujours, encore une fois, nuancer. Mon père, c'est aussi quelqu'un qui m'a beaucoup enseigné à la valeur travail, mais pas la valeur travail dans le sens, il faut forcément obéir à un patron ou quoi, mais plutôt...
- Speaker #0
L'effort ?
- Speaker #1
Oui, voilà, l'effort, essayer de bien faire. Et même quand tu n'es pas payé, essayer de bien faire, avoir ce goût de la chose bien faite. Donc ça, vraiment, c'est un truc qui m'a beaucoup transmis, mon père. Mais aussi, tu vois, beaucoup d'autonomie, etc. mais... aussi un modèle extrêmement patriarcal avec tous les préjugés sexistes qui ont l'air. Je veux dire, moi, mon père était fonctionnaire, ma mère, elle a travaillé dans le privé en tant qu'aide-ménagère et il est arrivé que mon père rentre à 17h et ma mère à 19h30 et mon père est sur son ordi pendant, je sais pas, une heure, deux heures et ma mère, le premier truc qu'elle entend quand elle passe la porte, c'est « qu'est-ce qu'on mange ce soir ? » Autre exemple, je me rappelle parce que je crois qu'il m'avait giflé ce jour-là. Mon père, des fois, on travaillait dans un hangar qui servait d'atelier et tout. Et en fait, il m'expliquait beaucoup, tu vois, que quand on travaillait, quand on faisait du béton, quand on travaillait le bois et tout, il fallait que l'atelier soit propre, que les outils soient propres. Voilà, c'était important. Et donc, je le vois passer le balai dans l'atelier. Et en fait, mais vraiment, je ne sais plus quel âge j'avais, mais de manière très naturelle, je lui dis, ah mais en fait, tu sais passer le balai ? Parce que je ne l'avais jamais vu faire.
- Speaker #0
Oui, dans la maison, dans tout à fait.
- Speaker #1
Et pour moi, ce n'était pas un sujet de, c'est un homme dans la maison, il y a un ordre patriarcal, tu vois, j'étais enfant. Pour moi, c'était, s'il ne le fait pas, c'est qu'il ne sait pas faire, en fait. À cette époque-là, j'aurais dit, sinon, il aiderait ma mère, tu vois. maintenant je te dirais sinon il ferait taf il prendrait sa part et vraiment j'étais en mode mais en fait tu sais passer le balai et il avait pas beaucoup aimé cette remarque mais voilà avec quoi j'ai grandi mais aussi avec un père qui était parent d'élève qui défendait ses enfants à chaque conseil de classe à chaque réunion parent prof il défendait ses enfants même si c'était compliqué parfois il était là tu vois tout tous les sports qu'on a fait avec ma sœur, il était toujours impliqué dans les clubs, les machins, les trucs. Enfin, tu vois, il avait cette façon... Je n'ai pas de souvenirs qu'il m'ait dit « je t'aime étant enfant » , mais quand tu regardes ce qu'il faisait, voilà, il y avait des choses qu'il montrait.
- Speaker #0
Oui, mais après,
- Speaker #1
c'est un mec né dans les années 50 qui a grandi avec toute cette masculinité hégémonique qui explique qu'on ne doit pas montrer ses émotions, etc. Tu vois, donc... C'est quelque chose qui... Oui, mais...
- Speaker #0
parents, de ton père, ça t'a aussi incité à avoir la parentalité, ta paternité d'une certaine façon, j'imagine.
- Speaker #1
C'est surtout que je suis parti d'une page blanche parce que au-delà de mon père et des autres adultes, parce que bon, je parle de mon père, mais moi, à mon époque, on a été frappé par beaucoup d'adultes. Ma grand-mère me frappait, à l'école on était frappés par les profs, enfin...
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Oui, oui, à l'école primaire, on nous mettait les doigts comme ça serrés entre eux et on nous tapait sur les doigts avec une règle.
- Speaker #0
Oui, oui, moi je pensais que c'était vachement...
- Speaker #1
C'était dans les années 80-90, à l'école primaire de Salbeuf, voilà, je peux même te dire. On prenait des gifles, j'ai même déjà été frappé par la boulangère une fois, enfin tu vois, je veux dire... Et ça choquait personne, les adultes pouvaient frapper les enfants.
- Speaker #0
Là je suis choquée moi.
- Speaker #1
Écoute, à l'époque ça choquait personne, et du coup... Et je me rappelle que j'avais un ami qui n'avait jamais été frappé, et lui, il était la chose bizarre, tu vois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et bah, c'était pas possible, quoi. Et donc, si tu veux, moi, le seul truc que je voulais, c'était ne pas être un père violent et ne pas être un père, en tout cas, dont les enfants auront peur. Maintenant, avec le recul que j'ai, de toute façon, à un moment dans leur vie, nos enfants, on va leur faire peur à un moment donné, que ce soit quand on va, je sais pas, l'enfant est très malade, il faut lui laver le nez et il refuse. Même en l'accompagnant avec douceur, avec tout ce qu'on veut, il faut le faire. l'enfant va avoir peur du geste, etc. Donc ça, je vais apporter cette nuance. Tu vois, j'apporte beaucoup de nuances à des positions qui peuvent paraître extrêmes. Mais en tout cas, à cette époque-là, je n'ai pas ces années-là de recul. Et je me dis, moi, je veux être un père dont on n'aura pas peur. Je ne veux pas être un père violent. Le problème, c'est qu'en fait, autour de moi, je ne connaissais aucun père, aucun homme qui pouvait...
- Speaker #0
me servir d'un modèle, tu vois. Je n'en avais aucun. Donc, je me suis dit, ben, c'est pas grave, je vais lire.
- Speaker #1
Je vais lire, je vais créer le livre.
- Speaker #0
Et j'ai plongé dans tout ça avec ma compagne, bien entendu, qui m'a souvent servi parfois de garde-fou, etc. Voilà, on a...
- Speaker #1
C'est documenté, vous avez lu des... Ah oui, oui, on s'est extrêmement documenté.
- Speaker #0
On a fait ce que j'appelle dans mon livre Tu vas être papa, ce que j'appelle le projet parental. Souvent, on fait une erreur, je trouve que c'est une énorme erreur. On se dit, allez, on s'aime et tout, on est marié ou pas, on s'en fout, on fait des bébés, quoi. Enfin, on fait un bébé. Parce que c'est le prolongement de notre amour, tu comprends, tatitata, oui, c'est mignon. Tu vois ? Mais de la même manière qu'on fait des projets de naissance, on peut faire un projet parental. Moi, j'invite les parents à le faire. C'est-à-dire, ok, tu veux faire un bébé, j'ai très envie de faire un bébé avec toi, mais parlons allaitement, parlons couche, parlons gestion des nuits, gestion de la fatigue. Parce que changer les couches, c'est très bien de changer les couches, mais qui va les acheter ? Qui va vérifier les putains de petites lignes pour voir si les couches de bébés vont pas se taper des produits toxiques ? Non, mais c'est ça le sujet. Parce qu'aujourd'hui, on applaudit des pères qui changent les couches, mais c'est toujours maman qui va les acheter, qui gère la logistique, etc. On applaudit les pères qui sont au parc avec les parents, mais c'est toujours maman qui prépare le sac avec le goûter. Il faut creuser tout ça. L'allaitement aussi, tiens, qu'est-ce que t'en penses ? Comment toi, tu te sens-tu, Thierry ? L'éducation aussi, bien sûr. Comment ça va se passer ? Qu'est-ce que t'en penses si l'enfant se met à pleurer parce qu'il est triste ? Ah, mais moi, je pense que c'est un caprice, qu'il faut l'enfermer dans sa chambre, ou sinon une bonne claque, ça n'a jamais tué personne. Il faut aller sur ces sujets-là, mais il faut y aller. Il faut y aller, et je pense qu'il faut vraiment y aller.
- Speaker #1
Les parents viennent, ont une éducation, ont leurs principes, etc.
- Speaker #0
Exactement. Donc il y a ça, et aussi... Mais le problème, c'est que quand l'enfant est là, l'enfant, il ne va pas s'en aller. Il faut avoir balayé ces sujets-là avant, et qu'en effet, je pense que moi, je suis d'avis de dire que si on voit qu'on a des points de désaccord profond sur des sujets de valeur, il ne faut pas le faire. Donc ça, c'est le premier aspect qui concerne l'enfant, parce que l'enfant est quand même le premier sujet de la parentalité. Mais l'autre aspect, c'est aussi la charge mentale, parce que je repense à Claire Tran, qui a fondé l'association Parent et Féministe, qui est une femme incroyable, qui disait que la parentalité, ça a surtout mis en exergue les inégalités de genre et des tâches qui étaient finalement déjà présentes. Sauf que comme je n'avais pas la fatigue, comme il y avait moins à faire, ça passait tout seul. Je ne m'en étais pas rendu compte.
- Speaker #1
J'ai reçu Lucille, que tu connais. qui me parlait également d'une temps de ménage de tâche domestique d'un homme qui est célibataire puis ensuite en couple,
- Speaker #0
puis ensuite papa et tu vois que le temps il diminue mais c'est ça qui est incroyable c'est que ce temps ne fait que diminuer et en plus après on va aller dans le détail quand on mélange parce que tu sais on entend beaucoup dire que les hommes investissent plus de temps avec les enfants alors ce qui est très vrai, dans le volume c'est vrai mais quand on regarde le détail c'est autre chose Par exemple, les pères investissent beaucoup le temps de jeu. Les pères, tu en vois beaucoup plus, en effet, qui amènent les enfants à l'école. Le matin, je précise. Le matin. Et j'invite les gens qui nous écoutent à regarder autour d'eux et autour d'elles. Quel est le pourcentage de pères le matin ? Quel est le pourcentage de pères pour récupérer les enfants ? Pourquoi ? Parce qu'amener les enfants à l'école, une fois que maman les a préparés dans les trois quarts des cas, tu mets l'enfant dans la voiture, tu lui mets une chanson dans la voiture, on rigole, on s'amuse, hop, je te dépose à l'école, bisous, je t'aime, au revoir. Mais quand tu viens les récupérer, tu te tapes le tunnel de toi.
- Speaker #1
Il y a aussi du temps que tu as moins d'atteignement au boulot.
- Speaker #0
C'est du temps que t'as mis en boulot et tu te tapes le tunnel du soir. Et vraiment, j'invite les gens à observer autour de vous quelle proportion de paires vous avez le matin et quelle proportion vous avez le soir. Ce sont des choses qui sont étudiées, ce sont des choses qui sont observées, observables. J'aime bien ces petits trucs, ces situations-là, parce que c'est tout le monde qui peut regarder autour de soi.
- Speaker #1
Les activités aussi, les activités. Le week-end, le mercredi. Mercredi, c'est mort, avec des mamans. Et encore, où t'as des nounous.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Tu peux avoir des nounous, mais tu peux avoir aussi des pères, etc. Je trouve que sur le mercredi... Alors, je n'ai pas trouvé d'études sur le mercredi. Donc, je ne peux pas te donner d'éléments généraux. Par contre, je trouve que sur le mercredi, on progresse. Ce serait intéressant de voir s'il y a une évolution des emplois du temps de femmes dans les grandes boîtes. Je ne sais pas si je peux citer des boîtes, mais j'ai eu l'occasion d'intervenir en tant que conférencier sur des grands groupes et j'ai eu accès à des données internes. Mais là, c'est que sur... trois grands groupes, je peux pas mettre ça comme si c'était une vérité de la population générale. En tout cas, sur trois grands groupes, il y a une vraie tendance. Alors, c'est des femmes cadres aussi, peut-être que ça joue, je ne sais pas, à moins prendre le mercredi, justement.
- Speaker #1
Tu sais pourquoi ?
- Speaker #0
A priori, parce que des femmes que j'ai rencontrées dans ces interventions-là, parce qu'en fait, la répartition fait que le père, le mercredi après-midi, il fait le taf, quoi. Et il y a aussi des couples qui se séparent. D'ailleurs, c'est ce que je fais là. Toi et moi, on est en train d'enregistrer un mercredi après-midi. Moi, je suis avec les enfants le matin. solo, et l'après-midi, c'est ma compagne qui prend la suite.
- Speaker #1
D'accord. Moi, il est à la garderie. Oui,
- Speaker #0
oui. Mais après, c'est le son de loisir. Enfin, tu vois, ça pourrait être le son de loisir, mais il n'y a pas de problème. Que chaque couple fasse avec ses possibilités, ses moyens, et c'est bien.
- Speaker #1
Exactement. C'est des choix. Oui, oui,
- Speaker #0
tout à fait.
- Speaker #1
Et il y a également la question de la carrière, aussi. Dès que l'enfant apparaît, on parlait du projet parental, mais... Après, c'est comme tu dis, ça rejoint un peu la répartition des tâches et également la carrière.
- Speaker #0
Oui, et la carrière, pour moi, elle est forcément intimement liée au projet parental. Tu ne peux pas partir dans l'idée d'avoir un allaitement non écourté de deux ans. Et si tu es bien renseigné, ne pas savoir qu'au moins les six premiers mois, l'allaitement va être un sujet central dans ta maternité. Le temps que tout se mette en place, que la lactation se cale bien et potentiellement aussi que tu jongles avec ton travail à ce moment-là. D'ailleurs, puisqu'on parlait des solutions... pour les entreprises, je pense que ça serait intéressant qu'un certain nombre d'entreprises, voire toutes, tant que la loi n'a pas changé, se disent que ça serait bien de rémunérer le temps de tir allaitement des femmes qui font ce choix d'allaiter pour soutenir leur parentalité. Parce que je ne sais pas si tu sais, mais les femmes allaitantes ont une heure par jour qu'elles peuvent segmenter pour allaiter, pour tirer leur lait. Le seul problème, c'est que, enfin, un des problèmes, c'est que ce temps n'est pas rémunéré. Donc si tu veux, vu qu'on travaille en moyenne 26 jours par mois dans parce que pardon 26 jours dans un mois tout le monde ne peut pas non plus se passer de 26 heures de rémunération et ce qu'il y a de dingue et ce qu'il y a d'encore plus dingue parce que pendant que j'y suis je vais militer un peu ce qu'il y a d'encore plus dingue c'est qu'on arrive à payer des gens à avoir des pauses club mais pas des femmes à nourrir leurs enfants c'est à dire qu'on arrive à payer des gens qui se prennent des pauses pour aller ruiner leur santé mais qu'on ne paye pas des femmes qui veulent juste faire de quoi nourrir leur enfant c'est lunaire pour moi en termes de santé publique c'est lunaire, déjà il y a ça en termes de carrière je pense que Merci. Ça va dépendre des choix parentaux. Si le choix parental, c'est pas d'allaitement, tout au biberon, avec du lait, une préparation commerciale pour nourrisson, écoute, ma foi, il n'y a rien qui empêche une parité.
- Speaker #1
Et encore, le lait maternel, tu peux le tirer aussi.
- Speaker #0
C'est pour ça. Ça peut se faire avec du tir allaitement et tout, mais néanmoins, l'effort du tir allaitement... Ma compagne, elle a fait. Ma compagne, elle a fait. Elle refait avec notre deuxième, avec Lucas. Après, l'avantage aussi que la technologie évolue, tu vois. pour rester sur le chemin de l'allaitement. C'est qu'aujourd'hui, tu peux très bien tirer ton lait avec quelque chose d'assez portatif qui est selon ta lactation, en fait. Bon, on ne va pas rentrer dans le détail, mais il est aussi possible, si on a une lactation qui se passe très, très, très bien, d'avoir juste... Voilà, tu peux même travailler en tirant ton lait. Mais encore une fois, ça pose quand même la question de la justice, de la justice sociale en entreprise qui considère qu'on peut payer quelqu'un à aller se ruiner la santé. et ne pas payer une femme qui veut juste nourrir son enfant avec le meilleur qu'elle peut produire.
- Speaker #1
Grès de tes rencontres, des podcasts, des conférences que tu as faites, etc. Est-ce que tu as d'autres solutions que tu vois ? Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Je pense que déjà, on a des entreprises, des grands groupes qui... De toute façon, aujourd'hui, il ne faut pas se leurrer. La clé de la justice sociale et de l'égalité homme-femme sur ce sujet-là, c'est le congé paternité. Il ne faut pas se leurrer là-dessus. Et je sais que ça peut choquer plein de gens. Chaque fois que j'en parle sur les réseaux, oui, le congé maternité est trop court. Oui, tout ça, je suis d'accord avec ça. Et je milite aussi pour un congé maternité à six mois, Ausha de la femme.
- Speaker #1
C'est-à-dire la possibilité de prendre six mois, c'est ça que tu veux dire ? Voilà, exactement.
- Speaker #0
Payer au moins à 80%. Au moins à 80%. Je pense que c'est le plancher. C'est le plancher de mer. Ce n'est pas le plafond de verre, c'est le plancher de mer. Oui, je pense que le premier sujet, c'est le congé paternité. il faut Dans un premier temps, quelle est la politique parentale que j'ai ? Parce que mettre des crèches, c'est très mignon. Mais combien de mecs amènent leur enfant ?
- Speaker #1
C'est un premier levier sur lequel les mamans peuvent reprendre ou pas.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Sauf que là, on te parle encore une fois des mamans. Mais les mamans pourront reprendre encore plus sereinement si, comme on le défend avec Parrain Féministe et notamment avec la proposition de Violaine Dutro, qui est rejoint par le rapport parlementaire sur la parentalité de juin 2025, avec les deux co-rapporteuses que sont Sarah Legrin et Delphine Lingman. J'en profite de te dire aussi qu'en mars, sort un épisode avec Sarah Legrin sur le congé de naissance et celui-là. Ce sera l'épisode 225. Il faut un congé paternité équivalent en durée, donc 16 semaines. En fait, il faut coller au congé maternité. Quand je dis équivalent en durée, ça ne veut pas forcément dire qu'on doit prendre les mêmes semaines au même moment. Je ne pense pas, par exemple, qu'un homme ait besoin d'être absent 6 semaines avant. Par contre, trois semaines avant le terme, ça peut être intéressant. Déjà, un, parce que tout le monde n'accouche pas au terme, et deux, parce que toi-même, tu sais, des fois, on n'a pas fini la chambre, on n'a pas fini ça. Et puis aussi, peut-être pour faire ce qu'on appelle un peu une nidification, se créer cette petite bulle du couple parental. Ça serait très intéressant. Et pourquoi pas aussi, rêvons un peu pour faire un atelier le futur papa, ou pour voir un ou une psy sur deux périnatalités pour se préparer à ça. Et voilà. La ville de Montreuil a mis ça en place. Il y a des résultats en termes de dépression post-natale pour les pères, mais surtout en termes de dépression du post-partum qui sont édifiants.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'aujourd'hui…
- Speaker #1
C'est intéressant d'avoir eu ça.
- Speaker #0
Exactement, exactement. Et ça a un effet direct. Le congé paternité, et je vais finir après sur le congé paternité bien sûr, mais le congé paternité et la préparation à la paternité et à la parentalité au global, c'est un effet direct sur la dépression du postpartum des mères.
- Speaker #1
La séquence de frais, hormonal, tout ce qui t'arrive après.
- Speaker #0
Exactement. Donc un congé paternité équivalent durée à celui de la mère, correctement rémunéré, puisque ça c'est le premier frein à la non-prise du congé paternité, que ce soit dans les populations les plus précaires ou même dans les plus aisées. Parce que forcément, quand tu gagnes 20 000 euros par mois, quand tu as un plafond de la sécu à 3 800, tu as une sacrée perte de salaire et ce n'est pas forcément évident non plus. Donc correctement rémunéré. Et là, les entreprises peuvent faire la différence, clairement. Et ensuite, tu as huit semaines obligatoires, consécutives, comme les femmes. Les femmes, c'est huit semaines consécutives obligatoires. Donc il faut que les hommes, ce soit huit semaines consécutives obligatoires. Et la proposition, notamment de Vélène Dutreau, dans son livre Paternité, Maternité, Parité, que je défends ardemment, c'est deux semaines obligatoires à la reprise du travail de la mère, le cas échéant. C'est-à-dire que la mère reprend avec son conjoint ou sa conjointe, en tout cas le coparent,
- Speaker #1
qui s'occupe du bébé. Pendant deux semaines.
- Speaker #0
Au moins pendant deux semaines, solo. Et ça, c'est essentiel pour la montée en compétence du parent. Ça va amener énormément d'autres bénéfices sur la santé mentale, sur le sentiment de compétence parentale, sur aussi la charge mentale qui va être répartie, etc. Donc, il y a tout ça qu'il faut prendre en compte. Donc, ça, c'est vraiment le premier point.
- Speaker #1
Tu as quand même le nouveau congé naissance qui arrive.
- Speaker #0
Oui, qui est une arnaque.
- Speaker #1
Qui est une arnaque, parce que t'es pas payé. Enfin voilà, faut pouvoir le prendre. On verra déjà.
- Speaker #0
T'es à 70% plus 60%, ça n'a aucun sens. Tant que tu pars pas d'une base paritaire sur les congés paternité-maternité, en vrai, qu'est-ce qui va se passer ? La reproduction sociale va se faire. Pourquoi ? Parce que t'as un parent qui est plus compétent que l'autre. On a le dernier chiffre sur le congé paternité d'un mois qu'on nous avait vendu et que j'ai défendu. Alors, je défendais pas la communication de Macron et compagnie. qu'on avait vendu comme un produit miracle, qu'il y avait tout changé. Non, pas du tout. Quand tu regardes ce qui se passe, le congé paternité d'un mois, il a été pris déjà à 80% par les pères. Alors on te dit, oui, c'est incroyable, c'est plus qu'avant, avant c'était 70%. Oui, sauf qu'en fait, dans le congé paternité d'un mois, il y a 7 jours obligatoires. Et donc, ça veut dire qu'il y a 20% qui n'ont pas eu droit à leurs jours obligatoires. Et quand tu regardes le détail des chiffres, tu t'aperçois qu'il n'y a que 61% des pères qui ont pris la totalité de leurs 28 jours. Tu vois, ça c'est l'INED de mémoire, c'est les chiffres de l'INED. Donc ça c'est important. et que quand c'est le troisième enfance, on tombe à 39% qui prennent après 8 jours. Et c'est ça qui est important, c'est que le congé paternité paritaire est obligatoire, ça protège les salariés. Le fait que tu n'es que 7 jours obligatoires, c'est ce qui fait dire, et quand tu as les verbatims des retours des entreprises et tout, c'est ce qui fait dire par certains managers, n'oublie pas que tu as 7 jours obligatoires, le reste c'est toi qui choisis de nous mettre dans la merde ou pas en fait. C'est ça qu'ils entendent les salariés. C'est tout. Bien entendu qu'il y a des boîtes où tu vas entendre le bon discours de dire quand tu es jour, c'est important, il n'y a pas de problème. Néanmoins, tu as cette pression-là. Si c'était obligatoire, tu protèges les salariés. Mais tu protèges aussi l'entreprise. Parce que tu peux prévoir à l'avance un remplacement que tu sais qui va être minimum.
- Speaker #1
Maternité, ça se prévoit. Voilà, exactement. C'est pas que tu n'as pas la maladie.
- Speaker #0
Exactement. Il n'y a pas d'excuses. Il n'y a pas d'excuses des entreprises de dire « Ah là là, mon Dieu ! » Ça y est, elle s'en va. Non, non, c'est juste que tu as été mauvais et que tu mets ça sur la faute de ton salarié ou de ta salariée. Donc, c'est tout. Il n'y a pas d'autre excuse. Donc ça, déjà, c'est le premier levier. Alors, il y a des boîtes qui font le taf là-dessus, qui font le taf sur les congés paternités à travers l'Europe. Bon, voilà. Après, c'est aussi des grosses boîtes. Il y a des boîtes où on les attend.
- Speaker #1
Tu as aussi la culture fondamentalité quand tu vas dans les pays nordiques.
- Speaker #0
Oui, mais même sans aller dans les pays nordiques, l'Espagne a fait passer son congé paternité de façon paritaire et ça se passe très bien. Ils vont même l'augmenter encore. L'Espagne a les meilleurs résultats économiques de la zone euro. Peut-être que ce serait intéressant de se dire que bien traiter les gens, ça aide à faire rentrer de l'argent aussi. On ne va pas rentrer dans ce débat-là peut-être.
- Speaker #1
Je voulais dire au papa justement qu'il y aurait peut-être un stress de prendre le congé paternité.
- Speaker #0
Il faut se poser les bonnes questions. Il faut se poser les bonnes questions. déjà on a des droits et que c'est important de défendre ces droits et que si on ne défend pas nos droits maintenant il faut se dire que c'est autant de chances que nos enfants aient moins de droits plus tard parce que tu sais les chiffres on peut leur faire dire ce qu'on veut moi les chiffres que je te dis là des politiques pourraient te dire que visiblement les pères ne veulent pas prendre leur congé paternité parce qu'ils sont que 61% à le prendre en totalité tu vois on pourrait te dire ça alors qu'en fait la réalité c'est que c'est des pressions d'entreprise donc si on ne fait pas ce travail là nous dès d'utiliser tous nos droits à 100%, potentiellement nos enfants en auront moins. Donc déjà, c'est la première question qu'il faut se poser, c'est quel avenir je veux pour mes enfants. Après, je dis ça, il faut bien comprendre aussi qu'il y a mille réalités professionnelles dans notre pays. Tout le monde n'est pas...
- Speaker #1
La taille de la boîte, des moyens...
- Speaker #0
Exactement. Tu as des cadres parisiens qui vont te dire que leur plus gros problème, c'était de quitter l'open space à 17h sans avoir de regard de travers. Très bien. Moi, mon voisin maçon qui est dans une TPE, ils sont cinq. Ils font des chantiers de 8h à 20h. En effet, quand il a fallu partir un mois, son patron, il a fallu argumenter. Il a fallu discuter un peu. Mais ça, c'est des choses qu'on peut comprendre. Et encore une fois, s'il y avait un congé pariétaire obligatoire, La question ne se poserait pas. La question ne se poserait pas sur deux points. C'est que, un, ça va se passer, c'est tout. Mais la deuxième aussi, et c'est là où c'est intéressant de consulter les débats dans le détail sur l'évolution du congé paternité. Le MEDEF avait validé le un mois. Donc, le MEDEF, c'est quand même surtout les grandes entreprises qui peuvent se permettre d'avoir un salarié qui part pendant un mois. Mais les représentants des TPE-PME n'avaient pas validé et étaient favorables à ce que ce soit bien plus long. Et oui, parce que dans une petite structure, remplacer quelqu'un un mois, tu vas... jamais ou rarement avoir quelqu'un de compétent, en tout cas de productif. Mais déjà, huit semaines, pendant deux semaines, admettons que tu te dises « je le forme » , ensuite, tu as un mois et demi de productivité. Et même si tu n'as qu'un mois, tu formes deux semaines, tu as deux semaines de productivité, ce n'est pas un bon rapport de productivité. Donc, c'est ça aussi qu'il faut voir. Il faut vraiment voir tout ça. Donc, voilà, les conseils. Ce que peut faire l'entreprise aussi, je pense que ça, c'est important de le dire, c'est décider que, par exemple, passer 17h30, ou 18h, il n'y a aucune réunion. Voilà, c'est tout.
- Speaker #1
On se débrouille,
- Speaker #0
on envoie des mails. Alors en plus, en France, on adore faire des réunions alors qu'un mail aurait suffi. Non, mais il ne faut pas se mentir. Aujourd'hui, en plus, avec l'IA, on a la possibilité que si on est absent, on peut très bien avoir un compte rendu très précis de la réunion par l'IA, etc. Donc les réunions, et de surcroît les réunions stratégiques, jamais passer 18h. Et en plus, c'est une connerie de faire des réunions auprès des 18h parce que tout le monde est cramé et que les réunions, il vaut mieux les faire le matin, surtout les réunions stratégiques, quand on a les idées claires, et voilà.
- Speaker #1
Un message au manager ?
- Speaker #0
Le message au manager, j'ai une expérience intéressante là-dessus, puisque moi, j'étais manager sans être parent et je manageais des parents. C'est écouter les salariés, écouter vos collaborateurs, vos collaboratrices. Prenez le temps de vraiment comprendre que vous soyez parent ou pas, ou que vous ayez des parentalités différentes. Prenez le temps de vraiment comprendre les enjeux pour elles et pour eux. Et globalement, ça s'étend en fait à tout le management, même sans les parents en vrai. Mais c'est hyper important parce que c'est pas... Tu vois, moi, j'ai managé des... des parents qui étaient aussi aidants familiaux.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Avec des enfants.
- Speaker #1
Moi, c'est vrai que c'est à l'adulte. C'est aussi les ados.
- Speaker #0
Avec des enfants porteurs de handicap aussi, tu vois.
- Speaker #1
Oui, il y a de ça aussi.
- Speaker #0
Et ta parentalité et ta relation à l'entreprise et ta parentalité, ce n'est pas la même quand tu as un enfant qui n'est pas du tout autonome. Donc tout ça, c'est vraiment important de prendre le temps. Il faut réhumaniser tout ça. Il faut mettre l'humain au cœur du sujet. Et je sais qu'on entend ça à plein d'endroits, mais qu'en vrai, ce n'est pas fait.
- Speaker #1
Comment on peut faire ?
- Speaker #0
Il faut juste le faire. Non mais, écoute, moi je vais te dire un truc. Je vais te dire un truc, moi j'ai testé plein de choses. Quand j'étais en entreprise, j'ai testé de planifier une collaboratrice selon son cycle menstruel. J'ai testé et ça a donné des résultats incroyables. J'ai testé en effet de respecter les situations très particulières de certains collaborateurs et surtout des collaboratrices en l'occurrence pour la parentalité. Ce qui est des fois, avec l'accord de la personne, à l'évoquer en réunion d'équipe. à expliquer, voilà, je vais prendre telle décision concernant tel salarié, telle personne qui est dans l'équipe, et avec son accord, je vais expliquer comment j'ai construit cette décision. Pour que l'équipe comprenne. Mais ça peut être plein d'autres choses, si tu veux. Moi, il m'est déjà arrivé d'avoir une collaboratrice où sa mère était en train de mourir pendant Noël. Bien évidemment qu'elle a eu des congés pour être au chevet de sa mère, bien évidemment. Bien évidemment qu'on a fait une réunion d'équipe. Pour que j'explique ça, et que tout le monde a dit, mais bien sûr, même si les syndicats étaient contre. Je le précise. Même si les représentants syndicaux étaient contre. Par souci de parité, etc. Et en fait, je pense que c'est ça. Il faut savoir avec qui on travaille. Il faut s'intéresser aux gens avec qui on travaille. Les gens, ce n'est pas des numéros dans un tableau Excel. Ce n'est pas juste des gens qui ont telle productivité. Ce sont des gens qui ont des qualités humaines, en premier lieu. Et surtout, quand on devient parent, on développe aussi de nouvelles qualités. J'ai l'exemple d'une collaboratrice qui m'a toujours dit qu'elle ne savait pas s'organiser. Et en fait, en reprenant en allant m'intéresser à comment est-ce qu'elle s'organisait, avec son accord, bien sûr, parce que dans sa vie privée, avec ses enfants et tout, on a juste calqué son mode de fonctionnement familial, avec son organisation familiale, à l'organisation de son poste de travail et à sa façon de travailler, de gérer les commandes, etc. Et pouf, il n'y avait plus de sujet. Il faut s'intéresser aux gens. C'est l'humain, la clé. Je ne sais pas combien de fois il faut le répéter, mais le sujet, c'est l'humain. Le sujet, c'est l'humain. Il faut comprendre ça. Et après, bien sûr qu'il y a des fois où on voit bien que ça ne marche pas. ça ne matche pas. J'ai accompagné des gens, moi, vers la sortie, avec des franges de cifres, par exemple, tu vois, à l'époque. À l'époque, il y avait des franges de cifres et ce sont des gens, c'est marrant parce que, tu vois, il y en a une qui devient assistante internelle, qui a écouté mon podcast et elle m'a contacté en disant, en fait, tu vois, à l'époque, j'étais un peu dégoûté de quitter l'entreprise, mais tu as eu raison, c'était la meilleure décision à prendre et tu m'as laissé le temps, etc., tu vois.
- Speaker #1
On n'était plus aligné.
- Speaker #0
Ouais, mais il faut aussi oser le dire, mais pas en disant c'est toi le problème, juste en disant on ne trouve pas de solution là. Moi, tu vois, j'ai quitté l'entreprise parce que Merci. on ne trouvait pas de solution ensemble. Donc, j'ai pris mes responsabilités et je suis parti. Avant de rentrer dans un cercle, j'ai aussi côtoyé trop de salariés qui n'avaient pas eu le courage ou les moyens. Attention, parce qu'il y a quand même des sujets plus collectifs de niveau social à prendre en compte. J'ai croisé tellement de gens qui étaient dégoûtés depuis des années d'être dans une boîte. Moi, je ne voulais jamais finir comme ça. Jamais.
- Speaker #1
Cédric, est-ce que tu as une chanson, Good Vibes, qui te donne le sourire ?
- Speaker #0
J'en ai plusieurs. Alors, ça dépend. Est-ce qu'on isole les enfants ou pas ? Parce que du coup, en ce moment, c'est beaucoup K-pop, Demon Hunter, brillé, tu vois ? En anglais. En vrai, le remix de K-pop, Demon Hunter, le remix entre How It's Done, ce qu'on te donne, le titre français, et Lose Yourself de Eminem, c'est juste génial. Je le conseille, ça met la pêche. Et du coup, avec... sinon je recommande une chanson qui met la pêche la chanson de quelqu'un qu'on peut retrouver sur la zone qui s'appelle Le Tréma et qui a fait une petite chanson qui s'appelle Est-ce que les hétérosexuels vont bien ? je pense que ça mérite d'être écouté par beaucoup d'hétérosexuels
- Speaker #1
Ok tu aurais le nom d'un invité ou d'une invitée à qui je pourrais proposer de passer ton podcast sur ces sujets ?
- Speaker #0
Ouf j'en ai tellement Ouais J'en ai tellement j'ai envie de te dire si t'as envie de voyager de briser les murs de faire réfléchir les gens d'une manière totalement différente tu peux inviter André Stern qui est incroyable sur ce sujet-là. Si tu veux parler expatriation, entrepreneuriat, soins des autres, je pense à Audrey N'Javé qui est une guerrière qui a aussi traversé un cancer. Enfin, voilà.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Incroyable. Ça va vraiment dépendre de ce que tu veux traiter, quoi. Mais les invités, j'en ai plein, plein, plein, plein à te donner.
- Speaker #1
Génial. Merci beaucoup, Cédric. C'était hyper cool de t'avoir rencontré.
- Speaker #0
Merci à toi, Simone.
- Speaker #1
À bientôt. Salut.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de Connecting Leaders. Si vous avez aimé cet épisode, vous pouvez soutenir le podcast en vous abonnant sur votre plateforme d'écoute ou en le partageant autour de vous ou encore en laissant un commentaire sur Apple Podcasts. Merci et à très vite.