- Speaker #0
Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible, disait Saint-Exupéry. Avec mon podcast Connecting Leaders, je pars à la rencontre de leaders, de leaders RH qui impactent le monde, le monde du travail, à leur façon, grâce à leur audace ou par leur business. Bonjour, je suis Simone Devecq. Aujourd'hui des RH externalisés part-time, j'aide les dirigeants et RH à engager et fidéliser les équipes. Comment offrir la meilleure expérience collaborateur où chacun puisse s'épanouir ? et performé. Vous pouvez soutenir le podcast en mettant 5 étoiles et en laissant un commentaire sur Spotify, Apple Podcast et toutes les autres plateformes d'écoute. Belle écoute ! On parle de leadership, de croissance, de réussite professionnelle, mais on parle beaucoup de ce qui se transforme profondément une trajectoire de vie, la parentalité. Parce qu'un enfant ne change pas seulement un quotidien, il vient questionner notre rapport au temps, notre rapport à la performance, notre identité et parfois même notre corps. Mon invitée aujourd'hui, Stélia Dor-Casson, connaît très bien ces transformations. Elle a été DRH dans des environnements tech extrêmement exigeants, très jeune dans des entreprises à forte croissance. Son dernier poste était dans la scale-up Content Square. Une carrière brillante, rapide, ambitieuse et pourtant... Quand elle décide de devenir mère, son corps lui dit stop. Stress, rythme de vie intense, corps excessif, elle développe une aménorée hypothalamique. Pendant plus d'un an, elle ne peut pas tomber enceinte. Pour devenir mère, elle devra tout remettre en question. Son rapport au travail, à la performance, au contrôle et même à son identité. Aujourd'hui, Célia est exécutive coach. Et dans ses accompagnements de dirigeants, d'entrepreneurs et de leaders, un sujet revient sans cesse, la parentalité. Même quand ce n'est pas le sujet de départ. Parce qu'en réalité, on ne peut pas dissocier les temps de vie. Le personnel nourrit le professionnel et inversement. Dans cet épisode, on parle d'ambition et de maternité, de transformation identitaire, de leadership durable, de pression de performance chez les jeunes parents et pourquoi la parentalité est aussi un enjeu business. Parce qu'au fond, la question n'est pas peut-on être ambitieux et parent ? La vraie question est comment la parentalité peut transformer notre façon de travailler, de diriger et de vivre. Merci Célia et belle écoute ! Coucou Célia !
- Speaker #1
Salut Simone !
- Speaker #0
Merci de revenir sur mon podcast.
- Speaker #1
Écoute, c'est avec plaisir vraiment.
- Speaker #0
Allez, je vais te redemander de te représenter. Qui es-tu Célia ?
- Speaker #1
Je suis Executive Coach, mais avant ça j'ai passé plus de 10 ans en tant que Chief People Officer, donc en tant que DRH dans cet environnement start-up, scale-up, dans la tech, dans des environnements à fortes croissances, très internationaux. Mais surtout, je suis mariée et je suis la maman d'une petite fille qui s'appelle Yaël, qui vient d'avoir 2 ans, et qui a bouleversé ma vie, ma vision des choses. beaucoup de mes croyances, de mes principes et ça je crois comme beaucoup de parents et c'est de ce dont on va parler exactement,
- Speaker #0
parce que la dernière fois que tu es passée sur mon podcast on a pu se parler de ton parcours des sujets RH du coup, people, leadership et là on va parler de ces sujets là mais avec un côté plus personnel et de la parentalité notamment ça transpire aussi dans tes accompagnements en tant que coach c'est des sujets qui sont entremêlés finalement est-ce que justement ces sujets de temps de vie Merci. pro, perso, d'ambition, de parentalité, c'est des sujets qui résonnaient en toi avant d'être maman ?
- Speaker #1
En théorie, oui. Mais en pratique, en réalité, il n'y avait aucune mesure de ce que ça représentait. Parce qu'il y a vraiment ce que tu sais ou ce que tu penses comprendre rationnellement, et est-ce que tu sais vraiment parce que tu l'as vécu, parce que tu l'as ressenti ? Et pas que intellectuellement, mais aussi physiquement et émotionnellement.
- Speaker #0
Et toi, la parentalité, c'était quelque chose auquel tu réfléchissais en même temps que tu avais entré dans ta carrière ?
- Speaker #1
Ça s'est arrivé assez tard, je dirais. Et quand c'est arrivé, il y a eu des gros vouloir seulement que j'ai dû mettre en place pour que ça fonctionne.
- Speaker #0
Et quand tu étais DRH, justement, comment définissais-tu ton ambition ?
- Speaker #1
Je n'ai jamais été ambitieuse au sens de j'ai envie d'être numéro 1, je veux un gros titre, un gros salaire. Je pense que moi, j'ai toujours été très animée par le besoin d'impact, d'être un peu au cœur des sujets. Tu vois, c'est déjà important.
- Speaker #0
Tu as une propre définition, du coup.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Donc du coup, ça m'a quand même propulsée à des postes de haut niveau et très jeune dans ma carrière. Parce que moi, j'ai été DRH chez Deezer, j'avais 27 ans. et toutes les personnes qui étaient dans mon équipe étaient plus jeunes. Et après, j'étais Chief People Officer chez Content Square pendant six ans, mais j'ai évolué avec des personnes de gros calibre, je dirais. J'étais toujours un peu la plus jeune. Mais ils avaient vraiment ce besoin d'être stimulés intellectuellement et puis humainement aussi. Ce côté très besoin d'impact, tu vois. Et puis de faire le bien. Alors voilà, j'ai été dans les RH pas pour rien. Et puis maintenant, coach, je pense que c'est ce côté chez moi, très humaniste, très idéaliste. Et puis aussi, j'avais cette envie de répondre aux attentes. Tu vois, le côté ambition, c'était ça. C'était remplir des objectifs, satisfaire. Mon côté très type A, tu vois, très bon élève.
- Speaker #0
Et cocher les cases, enfin, type de boxe, quoi, dans le genre.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Les résultats sont accomplis. Justement, est-ce que la maternité faisait partie un peu de ton plan ? C'est marrant parce que... Des femmes qui disent, à 30 ans, je vais avoir atteigné votre poste, un enfant, un appart, un peu ce cliché.
- Speaker #1
Oui, alors c'est marrant. Moi, je n'avais jamais dans ma tête, je sais que j'aurai une famille de X enfants, etc. Je me suis toujours laissée l'opportunité que ça vienne à moi quand j'en aurais envie. Mais après, j'ai beaucoup questionné ce choix. parce que justement, j'avais pas mal de peur et on va en discuter, mais j'avais la sensation qu'avec le rythme que j'avais, j'arriverais pas à faire les deux. Donc, intérieurement, je crois que je savais qu'il faudrait que j'arrête ce que je faisais. En tout cas, comment je faisais les choses.
- Speaker #0
Et justement, tu parles de peur. Est-ce que tu peux développer ?
- Speaker #1
Moi, il y a eu effectivement clairement cette peur de ralentissement, tu vois, mais pas que de la carrière. Aussi de mon rythme de vie, de ma liberté. J'avais vraiment un sentiment de toute puissance, tu vois. Il n'y avait que moi et moi-même. il n'y avait aucune limite à part mes propres blocages pour ce que je pouvais accomplir donc il y avait ça, j'avais la peur du coup de sacrifier ce qu'un enfant pouvait représenter parce que je voyais véritablement ça comme ça que je ne vais plus pouvoir voyager en tant que je le souhaite ou me donner à fond dans mon job ou faire ci et ça donc il y avait tous ces sacrifices je voyais tout comme un sacrifice ça te faisait peur et puis d'ailleurs je me suis vraiment rendue compte que tout le langage autour de la bataillonnité était très teinté négativement Merci. C'est-à-dire qu'on parle d'enfant à charge, quand tu accouches, c'est le travail. Tu vois, quand on parle d'une situation parentale, on dit « Ah, maintenant, j'ai des contraintes familiales. » Tout ça est extrêmement emprisonnant, en fait. Ça tire un peu vers le bas. Et moi, pour aller vers la maternité, parce que j'ai vraiment tout mis sur la table, est-ce que je voulais devenir maman ou pas, j'ai dû repenser ces sujets-là. Et tu vois, j'ai dû visualiser concrètement que pour moi, l'enfance, ce n'était pas tout ça. Ce n'était pas ce qui me tirait vers le bas, c'est au contraire... J'ai visualisé ça comme un fruit, comme une extension, comme une branche, quelque chose qui te porte vers le haut.
- Speaker #0
Vous avez commencé à prendre ces projets bébés avec ton mari ? Oui,
- Speaker #1
exactement. J'ai fait un travail sur cette projection et j'ai dû redessiner un petit peu les choses pour que ça me donne l'élan.
- Speaker #0
Comment ça t'est venu de faire ce travail ? Est-ce que tu savais en toi qu'il y avait quelque chose à analyser ?
- Speaker #1
Quand on a commencé à dire « Tiens, on aimerait un enfant » , moi, ça n'a pas marché. Ça n'a pas marché tout de suite. Et donc, à partir de là, je me suis posé la question. Je me suis dit, si jamais ça ne marche pas, en fait, est-ce que je le veux vraiment ? Et pourquoi je le veux ? Et donc, j'ai vraiment tout mis sur la table pour me poser toutes ces questions. Et je me suis rendue compte des peurs qu'il y avait derrière. Je pense que ce qui m'est arrivé, et on pourra en discuter un petit peu plus, et qui fait que ça n'a pas marché au début, je pense qu'il y avait quelque chose de physique. Il y avait aussi, clairement, quelque chose d'émotionnel derrière. Donc, j'ai fait ce travail et c'était pour le mieux.
- Speaker #0
C'était long ?
- Speaker #1
Ça m'a pris un an et demi, je te dirais, pour tomber enceinte, quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Je croise pas mal de femmes qui me disent que devenir mère, ça va entamer aussi leur crédibilité professionnelle. Qu'est-ce que tu en penses toi en tant que DRH et femme active maman ?
- Speaker #1
Oui, alors je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui se posent des questions aujourd'hui, un peu comme je l'ai fait. Est-ce que oui, du coup, j'ai envie ou pas ? Parce que quel est l'impact sur ma vie professionnelle ? C'est certain. Tu vois, moi, j'avais d'ailleurs attendu un peu plus longtemps que certaines autres amies. J'avais presque 35 ans, en fait, quand j'ai eu ma fille, parce que j'étais prise par cette émulation professionnelle. Et je n'avais pas du tout envie d'arrêter, tu vois ? Je n'avais pas envie de lâcher les rênes. parce que c'était comme ça que je me l'ai dit alors que les choses seraient nanties en tout cas c'est une différente course et j'aimais bien où j'étais mais pour moi c'était pas une question de crédibilité parce que si tu reviens à ce que vraiment ce que c'est la crédibilité la crédibilité c'est lié à des sujets d'expertise de compétence d'intégrité de fiabilité et l'arrivée d'un ensemble pour moi a priori ça bouge pas ces lignes là par contre ce dont je me suis rendue compte et ce que j'observe dans les coachings que je fais et avec les personnes avec qui je vis c'est que le véritable impact c'est la capacité à tenir ses engagements Si on veut continuer à s'engager exactement de la même façon, avec un nouveau contexte, qui parfois ne permet pas de le faire. Et un enfant, ça peut venir bouger les lignes ici. Donc comment c'est là qu'on crée une tension entre je veux garder tout pareil, mais tout a changé.
- Speaker #0
Alors tu me disais, quand on a préparé cet épisode, que le sujet de la parentalité émerge souvent dans les coachings, dans les personnes que tu accompagnes. Est-ce que tu peux en parler ?
- Speaker #1
Oui, il y a plein de clients qui m'en parlent, alors qu'officiellement, ce n'est pas le sujet principal, mais parce que ça a énormément d'impact.
- Speaker #0
C'est plutôt des dirigeants, des dirigeantes ?
- Speaker #1
Oui, c'est souvent des membres de comités exécutifs ou des senior leaders dans des entreprises. Donc, comme je disais, souvent dans la tech, des environnements très exigeants, croissance, des entrepreneurs aussi, pas mal. Donc, dans ces environnements-là qui bougent vite et donc avec beaucoup de pression et avec un rythme aussi très rapide, je dirais, avec beaucoup d'exigence par rapport aux délivreries. Et voilà, donc des personnes qui sont des entrepreneurs, qui pensent à leurs futurs projets professionnels, qui me disent, mais en fait, aujourd'hui, la priorité, c'est comment est-ce que je règle mes nuits ? avec un nourrisson à la maison. Je ne peux pas fonctionner parce qu'aujourd'hui, je suis en manque de sommeil. Ou l'entrepreneur qui va devenir papa. Comment est-ce que je pense une nouvelle aventure entrepreneuriale quand le contexte est complètement incertain ? Mais ça peut être aussi des femmes qui, là, voilà, comment est-ce que je retrouve un équilibre ? Comment est-ce que je gère la pression ? compenser en fait mon manque de disponibilité, la culpabilité constante aussi de ne pas pouvoir être à 100% partout et du coup d'avoir l'impression de faire tout un petit peu moins bien, être upgrade un peu partout à la place. Puis des femmes aussi qui ont aussi la culpabilité à l'inverse de vouloir continuer leur carrière malgré le fait d'être devenue maman. Et donc c'est comment est-ce qu'on arrive aussi à s'autoriser à avoir des besoins X ou Y.
- Speaker #0
Et s'il y a des sujets un peu qui reviennent, un peu comme un fil rouge justement, est-ce que c'est la place, je ne disais pas... l'identité, changement d'identité, ça peut être la gestion du temps, est-ce qu'il y a une sorte de chute rouge ?
- Speaker #1
Oui, alors effectivement, les sujets qui reviennent très régulièrement, je dirais, c'est la pression du temps, la performance. Tu sais, après, il va y avoir des sujets très identitaires, des réflexions très clés, très transformatrices de qui on veut être, quel est le modèle, comment est-ce qu'on va jongler avec les différentes casquettes d'hommes, de femmes, ensuite de parents, de mari, de femmes, d'amis, professionnels. Se concentrer sur l'essentiel quand on ne dit pas. ça veut dire quoi ? Et puis aussi, aller faire un travail assez profond de comment est-ce que je vais en ce moment aller regarder mon enfant intérieur et m'en occuper pour pouvoir m'occuper bien de mon enfant au truc extérieur.
- Speaker #0
C'est un vrai travail. Tout à fait. Il faut vraiment voir dans ton histoire personnelle. Est-ce que tu observes une surcompensation chez les jeunes mères et chez les jeunes pères ?
- Speaker #1
D'un côté, oui. Mais en même temps, je vois aussi de plus en plus de parents qui stoppent. Il y a beaucoup de femmes qui décident de quitter leur poste après la maternité qui mettent à leur compte. et même des pères aussi qui prennent vraiment cette place de coparent et qui revoient aussi leur équilibre c'est assez clair en fait qu'ils mettent des limites mais évidemment ça c'est une question de leverage c'est-à-dire est-ce que j'ai la possibilité j'ai le choix ou pas de le faire et quand on n'a pas le choix et bien bien sûr pour les personnes qui n'ont pas cette chance ça peut être très dur de rester compétitif parce qu'on a quand même un quota d'énergie qui est fini et donc quand on a toute cette énergie de dépense dans la famille dans ses enfants dans des petites nuits Merci. etc. Et pas forcément, ça fait moins d'énergie à mettre ailleurs. Et les autres à côté qui travaillent avec nous n'ont pas forcément cette dépense d'énergie qu'on a ailleurs. Donc ça peut être compliqué.
- Speaker #0
Il y a le sujet de temps, d'énergie qui revient. Comment tu répartis de ça tous tes temps disponibles en fait ? Les temps de différents plans dans ta vie.
- Speaker #1
En étant aligné avec ses choix aussi. C'est ça. Et ça, c'est vraiment la clé. Parce que ça sera juste différent.
- Speaker #0
Mais tu travailles du coup sur ces sujets-là avec tes coachs ? Bien sûr. Tu as des tips ?
- Speaker #1
pas différente je sais bien mais ce qui est intéressant c'est que il n'y a pas une expérience de parentalité et tout parent pourra le dire on n'a pas du tout les mêmes envies les mêmes besoins les mêmes challenges pas au même moment et c'est quelque chose de très évolutif aussi parce que ça bouge tout le temps et donc c'est comment est-ce que on arrive à prendre du recul par rapport à tout ça et en fait reconfirmer quelle est notre vision pour nous pour notre famille qui on est là-dedans qu'est-ce qu'on a envie d'être c'est ce qu'on parle en coaching en fait des Merci. niveaux logiques, c'est-à-dire que notre vision de notre identité a nos valeurs et ensuite qu'est-ce qu'on met en œuvre pour avancer dans la bonne direction par rapport à tout ça.
- Speaker #0
Et donc même la parentalité, ça se...
- Speaker #1
Ça se confirme.
- Speaker #0
Ça se confirme, ouais. Est-ce que les entreprises, selon toi, sous-estiment justement l'impact identitaire de la parentalité ?
- Speaker #1
Oui, c'est certain. Parce qu'elles ne sont pas vraiment là pour gérer ce sujet, elles sont là pour faire tourner le business et puis, comme je disais, c'est un sujet qui est complexe parce qu'il n'y a pas une parentalité qui se vit de la même façon et qui génère les mêmes besoins. Et alors moi, dans les environnements que j'ai connus, il y a aussi souvent des jeunes parents enfin des jeunes managers qui ne sont pas parents eux-mêmes donc parfois souvent on sous-estime on sous-estime l'impact parce qu'on ne le connait pas on ne l'a jamais vécu et puis parfois les entreprises n'ont pas les moyens aussi d'accompagner en fait la parentalité avec des solutions concrètes sauf attention bienveillance et on essaie de créer des environnements comme ça et c'est déjà beaucoup mais en tout cas dans les environnements que j'ai connus le rythme les exigences sont tellement élevées que ça reste dur à gérer en fait on a beau être très compréhensif Merci. Et moi, j'avais, je peux dire, j'avais souvent des mamans dans mon équipe. À l'époque, je n'étais pas maman. On était dans un rythme tellement élevé. J'avais des mamans qui disaient, pas de souci, tu peux partir à l'heure que tu souhaites pour récupérer tes enfants. Et elles le faisaient, elles étaient très, très heureuses. Mais derrière, elles se reconnectaient systématiquement parce que pour faire son job, avec les idées et les violences qu'on avait, elles n'avaient pas le choix, en fait. Donc, j'avais beau être très tolérante et supportive et compréhensive, le contexte faisait que son job était difficilement manageable en ayant des horaires de sortie d'école.
- Speaker #0
Moi, comme toi, on a évolué dans la tech. Et c'est vrai qu'il y a un âge où les collaboratrices ne veulent plus retourner dans la tech parce que c'est un milieu tellement exigeant et pas fait pour les mamans quand tu veux construire une famille, etc. Mais c'est vrai que c'est dommage. Après, je sais qu'il y a aussi des environnements tech où ils n'ont pas forcément les moyens, mais ils essaient aussi d'être compréhensifs en donnant, par exemple, de la flexibilité, du télétravail. Je trouve que c'est déjà pas mal. Merci.
- Speaker #1
Bien sûr, et tout ce qui peut être fait, et puis je pense que c'est aussi l'intention qui est derrière.
- Speaker #0
La compréhension et l'écoute, c'est tout le mal.
- Speaker #1
Bien sûr, et puis l'intention, c'est ça. Il y a aussi le ressenti, est-ce qu'il y a une empathie par rapport à ce que je dis ou pas ? Et ça, c'est énorme. Je pense que c'est la clé. En fait, on est humain, donc on a besoin de se sentir... compris, entendu, et parfois il n'y a pas de solution, mais juste l'écoute permet de déposer et permet de régler la moitié du problème.
- Speaker #0
Du coup, on va un peu plus avancer sur ta maternité, si tu veux bien, Célia. Je vais vous partager ce plan de ta vie. Tout à l'heure, tu as commencé à me parler du projet bébé quand il est arrivé. Tu disais que tu as dû faire un travail pour rebalayer les cartes, parce que tu pensais que ce n'était pas le setup que tu avais à l'époque et que tu n'étais pas forcément le bon pour... accueillir un enfant ? Tu parlais de ton rapport au corps. Tu as commencé à en parler quand on a préparé l'épisode. Est-ce que tu peux nous développer ce sujet ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Moi, quand j'ai voulu tourner enceinte et que j'ai essayé, mon corps ne pouvait pas. Moi, j'ai eu ce qu'on appelle de l'aménorée hypothalamique. Donc, ça concerne 5% des femmes. Ce qui était dur, c'est d'identifier ce que c'était. C'est-à-dire que ça concerne des femmes qui sont soumises à beaucoup de stress, conscients ou inconscients, qui font beaucoup, beaucoup de sport et qui se sous-nourrissent. Et moi, sur le papier, c'était ce que je faisais. J'avais un job à grosse responsabilité. Je me levais tous les matins à 6h, je courais plus d'une heure par jour. Je mangeais extrêmement sainement. Donc, sur le papier, je faisais tout ce qu'il fallait. C'est super. Et en fait, j'ai mis mon corps tout simplement en mode survie parce qu'il n'y avait pas assez d'énergie qui circulait. Et la première chose qui se passe, c'est que… Voilà, c'est l'hypothalamus qui vient tout contrôler.
- Speaker #0
Elle est hyper sainte, tu vois. Tu as fort… Bien sûr. Une bonne alimentation.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est là que le rapport au corps a été… intéressant pour moi à retravailler parce que déjà sur le papier je faisais tout ce qu'il fallait et en fait ça a été pas sain pour moi trop de porc et manger trop sainement et puis trop de stress alors que pour moi c'était l'excitation, l'émulation etc. Ce qui a été compliqué c'est de savoir ce que c'était et quand j'ai compris ce que c'était la recette magique entre guillemets pour pouvoir qu'on est enceinte pour ces femmes atteintes d'aménorrhées hypothalémiques c'est d'arrêter tout stress donc moi j'ai quitté mon job,
- Speaker #0
ça a beaucoup aidé T'as fait des examens médicaux pour trouver ça ? Oui Merci.
- Speaker #1
donc à arrêter tout stress, limiter au maximum le stress, au début, arrêter toute activité sportive et changer complètement son alimentation et se surnourrir. Donc, c'est-à-dire, moi, ce qu'on m'a dit, c'est arrête le sport et mange du chocolat et des burgers. Ça paraît cool en soi, sauf que pour moi, ça a été une vraie crise identitaire parce que du coup, j'ai quitté mon travail. Donc déjà, gros changement identitaire par rapport à ça puisque je m'étais construite comme étant Célia DRH. DRH en plus de Content Square qui est la dernière aventure professionnelle que j'ai eue. Et puis moi, je me suis aussi construite par mon sport. Tout le monde me connaissait. C'est Cédric qui se lève à 6 heures, qui écoute ses podcasts en faisant sa courte à pied, qui est ultra active, qui ne mange quasiment que fruits, légumes, etc. Et en fait, moi, ça a été très, très dur. Parce qu'il faut voir aussi, tout simplement, son corps se transformer pour pouvoir accueillir un enfant. Mais c'était pour une très bonne chose. C'était dur au début et c'est comme tout. Après, on se rend compte que, par exemple, mon mode de vie avant n'était pas ça. Donc voilà, finalement, ce changement identitaire, comme tout changement, ça peut apporter son lot de défis. Et ça a été un cadeau, parce qu'aujourd'hui, je suis beaucoup plus alignée, beaucoup plus saine, je dirais, beaucoup plus sereine aussi.
- Speaker #0
Et comment tu as fait justement pour, pas ajuster, mais te réapproprier en fait ce nouvel lifestyle ? Parce que tu parlais quand même pas d'un extrême, mais voilà, tu parlais quand même d'un certain shift.
- Speaker #1
Quand on a HA comme GU, donc aménorie hypothalamique, on parle donc de... de l'approche pour pouvoir tomber enceinte, ça s'appelle le all-in. All-in, ça veut dire on y va à fond. C'est-à-dire, comme j'ai dit, on coupe tout. Le sport, on change complètement l'alimentation. Et donc, l'appropriation, ce n'est pas fait en douceur. C'est-à-dire que c'était un choix. J'ai pris une décision. Après, je suis quelqu'un qui a cette chance d'être extrêmement disciplinée et que du coup, je pense que je me suis fixée comme un objectif. C'est-à-dire que à la différence d'autres femmes qui essaient de perdre du poids, moi, c'était l'inverse. C'est-à-dire qu'il fallait que je prenne du poids. et c'est aussi difficile moralement de se dire il va falloir certainement que je prenne et j'ai dû prendre 10 kilos à l'époque pour pouvoir tomber enceinte et en fait je devais même si intérieurement c'était très dur je devais célébrer la prise de poids pour que mon corps refonctionne normalement tout simplement et c'était une question de faire le projet bébé un peu pour se dire exactement en espérant que ça fonctionne parce qu'encore une fois il y a juste on ne sait jamais combien de temps ça peut prendre combien de kilos ça peut prendre et du coup c'est extrêmement pressant parce qu'encore une fois, il n'y a pas de recette magique. Et en même temps, tellement de femmes qui ont des difficultés de fertilité, des sujets bien plus complexes que ce que moi, j'ai vécu. Et moi, honnêtement, de juste devoir me reposer et manger un peu littéralement, finalement, même si ça a été difficile à certains égards, c'est une chance énorme que ça ait été ça et que ça ait marché si vite. Parce qu'à partir du moment où j'ai décidé, donc je disais un an et demi pour tomber enceinte, mais je me suis vraiment rendue compte de ce que j'avais, je pense, au bout d'un an. J'ai fait, je crois, trois mois de ce qu'on appelle le « all-in » . et deux mois après avoir retrouvé mes cycles, je suis tombée enceinte. donc ça a été assez rapide par je sais pas nutritionniste enfin encore le collège un petit peu oui oui oui il y a maintenant il y a beaucoup de choses beaucoup de cercles de femmes de la littérature puis comme voilà comme le protocole est assez simple au final bon après c'était un peu moi avec moi et donc tout ça t'a mené donc vers une grossesse qui s'est bien passée d'ailleurs et c'est extrêmement bien passé c'est super et maintenant ma petite fille donc je sais elle était à 2 ans et on pense on pense à un deuxième donc Merci. Donc voilà, ça va bien.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais aujourd'hui, avec le recul, que ton ambition était connectée ou en tension permanente ?
- Speaker #1
Mon ambition était connectée à mes besoins d'avant. Je pense que ce n'était pas forcément très simple, mais je pense que je me poussais, Donc oui, je pense que j'étais souvent en tension, mais ça répondait à un besoin de l'époque, en fait.
- Speaker #0
De l'époque,
- Speaker #1
c'est ça. Encore une fois, de vitesse, d'émulation, et j'avais l'impression que c'était ce qui me nourrissait profondément. Aujourd'hui, par contre, je sens que je suis connectée parce que j'ai des nouveaux besoins du coup j'ai transformé aussi ça et je pense la clé dans cette nouvelle aventure et notamment avec cette nouvelle activité professionnelle qui est le coaching je suis sollicitée pour pas mal d'autres missions par rapport à mon expérience etc parfois qui sont très tentantes et en fait je sais qu'aujourd'hui j'ai des piliers et que j'apprends à dire non avec le sourire à des choses qui vont me dévier entre guillemets de la route que j'ai choisie et c'est pas facile non plus parce qu'il y a toujours ce sentiment un peu de Merci. The fear of missing out, comme on dit en anglais, the FOMO. Mais voilà, je crois que j'ai accepté de renoncer à certaines choses pour dire oui à d'autres.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses justement qu'on peut, quand il est l'idée, avoir un poste à responsabilité longtemps, contenant comme ça une tension permanente ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y en a qui y arrivent bien. Je pense qu'il y en a qui arrivent à se pousser longtemps. Mais je pense qu'on nous perd tous des plumes.
- Speaker #0
Dans tes accompagnements avec tes coachés ?
- Speaker #1
Oui, oui, et les uns, en fait, ce que j'observe, c'est qu'il y a un peu une mort à petit feu. C'est-à-dire qu'on se déconnecte petit à petit de qui on est vraiment et de nos besoins. Parce qu'on n'y répond pas, en fait. Je pense qu'il y a souvent des injonctions. On a l'impression qu'il y a ce qui est attendu de nous. Et du coup, on pousse, on pousse, on pousse pour essayer de répondre à ça, sans écouter plus ses besoins, en se mettant complètement entre parenthèses. Et petit à petit, on se dissocie et c'est là que ça devient risqué. Parce que si on pousse trop, trop fort ou trop longtemps, on peut exploser. Et ça, oui, ça arrive. Et ça, je l'observe. Et j'ai des personnes qui...
- Speaker #0
Tu voyais venir peut-être un peu, même si tu avais des signaux faibles.
- Speaker #1
Sur le papier, je pense que n'importe qui aurait pu me dire, Célia, tu en fais trop. Et j'en parle régulièrement. Je pense que j'avais un côté presque addict. Et donc, ça me tenait. Et j'ai adoré. Et vraiment, encore une fois, je ne regarde rien. Après, je suis quelqu'un de très optimiste. Et je pense que chacun a son parcours. Et que chaque phase du parcours est importante.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a été le plus dur pour toi, alors ? C'était ton poste ou d'accepter de ralentir ? parce que là, tu as une nouvelle vie aussi. Oui. Tu peux en parler. Bien sûr.
- Speaker #1
Je dirais que c'est quand même de quitter mon poste parce que je m'étais vraiment construite comme étant Thélia, DRH. Et ce qui m'a fait très peur, c'était la peur du vide. Et après, je fais quoi ? Parce que je savais intérieurement que je n'avais pas forcément envie de repartir sur un poste de DRH immédiatement mais si j'ai adoré mon métier. Et donc, c'est bon. Et puis, j'avais aussi prévu de me prendre du temps pour faire... un peu ce recentrage sur moi pour laisser la chance à cette maternité qui n'arrivait pas. Donc, la peur du vide. Mais en fait, une fois qu'on retrouve son temps, quand on a une personnalité en plus comme la mienne, déjà, je comblais le vide très très vite. Et puis, j'ai travaillé sur cette relation au temps, même si je dois retravailler dessus régulièrement, mais j'apprécie beaucoup de ne plus être tout le temps à courir après le temps. J'ai été extrêmement conditionnée à faire les choses vite, à faire les choses pour hier. Donc voilà. Et parfois, c'est ce que... je me rendais compte en fait, je n'avais plus de moments de respiration. Et vraiment ce côté, et qu'est-ce que je fais ? Mais vraiment ce côté d'oxygéner un petit peu tout ce qui passe en moi pour pouvoir retrouver de la clarté, de la vision. Et donc ça en fait, j'apprécie énormément aujourd'hui. Et je…
- Speaker #0
Et t'appuies enfin, quand t'es en poste, que t'as des responsabilités avec un rythme hyper soutenu, parce que vous vivez beaucoup de salariés évidemment.
- Speaker #1
Et la relation au temps, c'est quelque chose de clé. Et je pense que beaucoup de parents que j'accompagne, c'est une notion qui revient beaucoup. parents, professionnels, dans mes coachings en tout cas, c'est quelque chose d'essentiel. Cette notion d'optimisation, de performance et puis de temps qui passe, cette peur aussi du temps qui passe et d'avoir waste time. C'est vraiment cette notion-là qu'il utilise à traduire en français. D'avoir gâché un peu du temps.
- Speaker #0
Gâcher son temps, oui.
- Speaker #1
Et un jour, il y a quelque chose qui a vraiment fait un déclic chez moi, c'est quand ma fille est née, on a voulu planter un olivier pour sa naissance et donc on est allés avec notre jardinier dans une pépiniérie Merci. on est d'accord on va mettre un petit peu d'argent quand même sur cet arbre parce que c'est quand même le cadeau naissance de notre fille et en fait il nous a regardé il nous a dit non non non ce gros olivier là-bas c'est pas celui qu'on va acheter on va prendre le tout petit qui est ici on s'est regardé c'est pas trop ce qu'on avait en tête et il nous a dit parce que Le petit olivier, là, qui est en plante quand il est jeune, en fait, c'est là que les branches vont vraiment aller s'enfoncer sous terre. Et c'est là que vous allez avoir un arbre qui est vraiment très fort et très beau. Et je me suis dit, mais en fait, ça, c'est une vraie leçon de vue. C'est-à-dire qu'il y a des choses qui ont besoin de temps pour prendre racine, pour être vraiment forte, pour grandir correctement. Et on a tendance à vouloir acheter tout de suite le gros olivier, mais voilà, il y a des choses qui se construisent et le temps est important. Donc, je l'étais une plante. Moi aussi, dans le lancement d'une activité ou dans plein de choses que je fais, quand j'entreprends des nouvelles choses. On a atterri en Grèce pendant le Covid, donc l'apprentissage du grec n'est pas simple. C'est lent et en fait, c'est nécessaire.
- Speaker #0
Très sympa ton jardinier philo. Bon conseil en tout cas. Qu'est-ce que tu penses avoir gagné et perdu, entre guillemets évidemment, dans ce changement de vie, que ce soit professionnel, personnel ?
- Speaker #1
Alors, perdue, vu qu'on a atterri en Grèce, du coup, je suis un peu loin des personnes que... De la famille,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
De la famille, mais aussi de cet environnement qui, malgré tout, m'a tellement nourrie de toutes ces personnes, de ces amitiés professionnelles, ou même connaissances simplement professionnelles de ce monde qui m'a beaucoup stimulée. Mais ce que j'ai gagné, c'est un vrai alignement. Voilà, c'est aussi ce qui m'a permis de devenir mère. et puis un vrai apprentissage parce que devenir parent c'est apprendre tous les jours et puis une amie maman me disait encore dernièrement tu sais nos enfants sont nos guides et c'est très vrai et moi ce que j'ai appris c'est cette nouvelle relation au temps la patience et je ne suis pas quelqu'un de patient du tout mais je dois l'être cette activation d'incertitude on ne sait pas comment ça va se passer ce soir voilà la flexibilité la réveillance toujours ne pas de ne pas abandonner l'humilité parce que vraiment, personne n'a la recette maligne sur la parentalité et puis, quelque chose, vraiment, l'émerveillement. Je crois que j'avais…
- Speaker #0
Tu l'avais ça avant ?
- Speaker #1
Je l'avais parce que je suis quelqu'un d'extrêmement optimiste mais pas comme ça. Voilà, de tout simplement faire un arrêt sur l'image et s'émerveiller d'un pacte de vol ou de… Peu importe en fait. C'est peut-être très naïf et un peu basique ce que je dis de s'émerveiller en même temps que mon enfant en fait.
- Speaker #0
Tu ne prenais peut-être pas le temps avant et maintenant… Merci. nouvelle configuration de vie, et puis avec l'arrivée de tâches.
- Speaker #1
Et puis l'émerveillement aussi d'un petit être qui grandit, que je n'avais jamais observé, en fait. Moi, je ne m'attendais pas du tout à ce chamboulement, en fait, dans ma vie, parce que je m'étais toujours dit, quand je serai maman, je retournerai... Moi, c'est bon, je prendrai mon compte de maternité, et très vite, ce sera papa à la maison, et moi, je retournerai bosser. Et en fait, j'ai adoré ma maternité, j'adore ma maternité, c'est quelque chose qui me nourrit énormément, j'ai une relation... très fusionnel avec ma fille. Et je trouve honnêtement, aujourd'hui, ça a développé chez moi une sorte d'admiration totale pour les parents, d'émerveillement total pour n'importe quel enfant. Et je trouve sincèrement qu'un enfant, c'est la chose la plus magique qui puisse exister.
- Speaker #0
Et tu ne pensais pas dire ça il y a 10 ans, peut-être ?
- Speaker #1
Et non. Je ne pensais pas que ça me transformerait autant.
- Speaker #0
Autant, oui.
- Speaker #1
Je ne pensais pas que ça me nourrirait aussi.
- Speaker #0
En fait, tu as l'air très épanouie pour ta fille. C'est vraiment une chance. d'avoir une maman épanouie. Parentalité et carrière, donc on en parle dans cet épisode. Il y a toujours des obstacles en entreprise. Toi, qu'est-ce que tu aurais des conseils, des tips à donner à des managers, à des entrepreneurs qui construisent leur boîte ou la culture de leur boîte ?
- Speaker #1
Moi, aujourd'hui, si j'avais des moyens illimités, je pense que j'accompagnerais beaucoup plus la parentalité. C'est-à-dire que la préparation à la parentalité, parce que je pense que les gens ne se rendent pas bien compte, mais Il y a beaucoup de choses à faire là-dessus pendant le congé parental.
- Speaker #0
un support au retour aussi. Il y a plein de choses qui glissent aujourd'hui. Il y a de plus en plus de littérature, mais d'outils aussi, des petites apps sans faire de publicité. Il y a une petite app May que je trouve incroyable qui donne accès aux parents à plein de tips, mais aussi des infirmières péricultrices en ligne qui peuvent répondre à des questions au fur et à mesure. Donc, il y a des choses en fait, un petit support. Et après, en termes de politique interne, je pense qu'il y a des choses à faire qui peuvent être assez simples. C'est-à-dire, moi, je pense que le congé parental, doit être long. Je pense qu'aujourd'hui, en France en tout cas, et je suis surprise parce que pour avoir beaucoup travaillé avec l'international, je vois aujourd'hui de plus en plus de pays quand même qui font des congés beaucoup plus longs que ce qu'on a, même si on a l'impression qu'en France, on a toujours le plus de congés, en fait, j'ai l'impression que ce n'est pas si vrai sur la partie congés parentales. Et donc, d'avoir un long congé paternité-méthanité qui permet de prendre ce temps de pause pour ceux qui le souhaitent en tout cas.
- Speaker #1
Et voilà.
- Speaker #0
de pouvoir mettre en place un système de garde qui soit le bon au bon moment. Quand même, quand on se dit qu'un enfant trouve sa source principale de nutrition jusqu'à ses un an par le lait maternel, on se dit quand même qu'il y a quelque chose d'assez naturel que de se dire que jusqu'à un an, il y a une besoin de proximité très forte avec la mère, avec le père aussi, bien sûr. Mais en tout cas, quand on repart sur quelque chose de naturel, ça se doit d'être un peu long. Bien sûr, la flexibilité horaire, le télétravail, les meetings qui ne se mettent pas dans les horaires classiques de... récupérer les enfants ou de siestes, on connaît les rythmes. On met du support à la garde d'enfants ou support ménager parce que c'est aussi quelque chose finalement, on oublie parfois, qui est juste avoir de l'aide à la maison parce que on ne peut pas être sur tous les fronts. Et puis la sensibilisation auprès des managers de parents. Comment est-ce qu'on peut avoir la bonne posture à la tête ? Comment est-ce qu'on développe cette empathie si on ne l'a pas spontanément auprès de parents tout court, mais encore plus je dirais de parents en devenir ou de jeunes parents.
- Speaker #1
Justement, tu me disais que Mouh ! Mais toi, en Grèce, tu avais créé un collectif de mamans, c'est ça ? Parce qu'on me dit qu'il faut un village. Je ne suis plus trop sûre si c'est adapté à notre époque, mais il faut un village pour élever un enfant.
- Speaker #0
Je crois qu'effectivement, en vivant à l'étranger, j'avais encore plus besoin de me créer un village. C'est parti de quatre mamans et puis j'ai créé un petit groupe et maintenant, on est plus d'une cinquantaine d'expat. Donc voilà, on a cette chance d'avoir créé cette communauté et il y a des personnes de toutes nationalités. Et c'est là qu'on peut admirer les différences justement de culture, de vision, d'éducation, d'angle d'approche sur la parentalité. Et malgré tout, souvent, les mêmes challenges. Donc, on le voit. Et c'est un beau cadeau, en tout cas, que d'avoir ça. Et est-ce que c'est encore adapté aujourd'hui ? En vrai, je pense qu'on a de plus en plus l'injonction de faire tout tout seul. Et je pense que ce n'est pas réaliste. Je pense qu'on a besoin de support. Je pense que c'est aussi sain. pour les enfants d'être au contact de plusieurs adultes, de plusieurs approches. Et je pense que les parents isolés, il y en a beaucoup trop. Et que c'est certainement un des mots les plus forts dans les débuts de parenté.
- Speaker #1
Tu la ressentis, ça ?
- Speaker #0
Oui, je l'observe auprès de jeunes mamans dans mon entourage, de personnes que j'accompagne au coaching qui sont jeunes mamans, qui n'ont pas forcément de famille à côté. ou qui, voilà. ont cette injonction de devoir tout faire seule. Et c'est trop, en fait.
- Speaker #1
Du coup, est-ce que tu penses que la parentalité est un enjeu business ?
- Speaker #0
C'est certain. Moi, je pense qu'aujourd'hui, on a tous des parents ou des futurs parents dans nos entreprises. Et donc, quand on parle d'engagement collaborateur comme étant la clé de performance, on ne peut pas les mettre de côté. Ce n'est pas réaliste. Ils font partie de ça. Donc voilà. Moi, je pense que... encore une fois statistiquement on va avoir toujours une grosse proportion de parents dans les entreprises et donc c'est comment est-ce qu'on peut commencer à penser des environnements en soutenant qui sont adaptés pour eux, parce que c'est du win-win une approche pragmatique et durable du business et on a une responsabilité sociale derrière c'est-à-dire qu'on va soutenir des parents qui eux ont une responsabilité de s'occuper des générations futures donc voilà et je pense que oui c'est un sujet de société profonde, qu'il y a plein de progrès à faire dans les entreprises, qu'il faut respecter ces rythmes de vie et aujourd'hui la difficulté c'est que parentalité et carrière sont vécues comme des obstacles respectifs Merci. pour revivre l'un ou l'autre pleinement. Et donc, la question, c'est comment est-ce qu'on réconcilie ? Et ça me fait penser, tu sais, je réfléchissais, ça me fait penser à ces adultes, pardon, à ces hôtels adultes en vie. Et parfois, les entreprises, et surtout dans les environnements qu'on a connus, tu vois, l'art-up, peut-être qu'ils bougent très, très vite, très réguliers, parfois, ça ressemble un peu à ça, les entreprises. C'est juste pas adapté aux parents.
- Speaker #1
Tu sais, je me suis fait la réflexion aussi, ouais. Donc, on fait, ah, bah tiens, on va voir des coups ce soir. Ben non, je dois aller récupérer mon gamin, désolé. Tu vois, c'est... Et ben du coup, après, t'es un peu... pas mis à l'écart, mais bon, voilà quoi. Donc oui, parfois je peux aussi comprendre qu'il y ait parfois des femmes qui ne veulent plus rester dans ces environnements-là.
- Speaker #0
Et sur la partie des sociales, je l'entends, mais pour moi, c'est plus sur juste la capacité à faire son job de façon sereine. On n'est pas à 200%. Et souvent, ces environnements-là demandent ça. Et c'est OK, c'est très bien, et ça nourrit beaucoup de personnes dans certaines phases de vie. Mais souvent, si on est capable d'avoir des jobs qu'on est déferts juste à 100%, ou potentiellement à 80%, c'est parce qu'en fait, on a besoin de gérer notre niveau d'énergie ou de disponibilité, juste avoir ce petit baffard.
- Speaker #1
Après, tu as des parents aussi qui, comme tu dis, sont à des phases de vie où ils ont des besoins. d'être au boulot et qui arrivent à gérer parce qu'ils ont aussi l'aide qu'il faut, la structure à la maison qu'il faut.
- Speaker #0
Et il y en a qui ont envie de tout ça aussi.
- Speaker #1
Voilà, tout à fait.
- Speaker #0
C'est hyper important de l'accepter et de le soutenir également.
- Speaker #1
Il y a peut-être des phases de vie où tu as raison, tu as envie, tu as besoin de travailler full-time à 100% et que ton temps avec tes enfants, tu le fais autrement.
- Speaker #0
Exactement. Le plus important, c'est juste de ne pas se sentir contraint et d'être aligné avec ses choix.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Célia. C'est un super échange. Dernière question. Est-ce que tu as une chanson Good Vibes qui te donne l'automne ?
- Speaker #0
Oui, alors quand ma fille me laisse écouter un morceau pour moi, en ce moment, j'ai une chanson que j'adore, qui est assez lente, je dirais, mais qui est assez... et que je trouve très, très belle, qui s'appelle Shock Outlines de Ren.
- Speaker #2
I push it back down with a new habit If not for long Just for a while I'll bury myself with great big...
- Speaker #1
Merci beaucoup, Célia. C'était super intéressant.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. A très bientôt.
- Speaker #1
Si cet épisode vous a parlé, c'est peut-être parce qu'il touche à quelque chose de très réel. La parentalité transforme profondément notre trajectoire de vie. Elle va questionner notre rapport au temps, à la performance, à l'ambition et parfois même à notre identité. Et pourtant, dans beaucoup d'entreprises, on continue à faire comme si ces transformations n'existaient pas. Alors que la réalité est simple, les leaders sont aussi des parents, des futurs parents, voire des grands-parents, et des personnes qui traversent ces grandes transitions de vie. Et c'est aussi cela que j'explore dans mon travail de DRH externalisé et dans les accompagnements que je mène auprès de dirigeants et de managers. Si ces sujets résonnent pour vous ou pour votre entreprise, vous pouvez bien sûr me contacter directement. Merci d'avoir écouté cet épisode et à très bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode de Connecting Leaders. Si vous avez aimé cet épisode, vous pouvez soutenir le podcast en vous abonnant sur votre plateforme d'écoute ou en le partageant autour de vous ou encore en laissant un commentaire sur Apple Podcasts. Merci et à très vite.