- Speaker #0
Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible, disait Saint-Exupéry. Avec mon podcast Connecting Leaders, je pars à la rencontre de leaders, de leaders RH qui impactent le monde, le monde du travail, à leur façon, grâce à leur audace ou par leur business. Bonjour, je suis Simone Levesque. Aujourd'hui des RH externalisés part-time, j'aide les dirigeants et RH à engager et fidéliser les équipes. Comment offrir la meilleure expérience collaborateur où chacun puisse s'épanouir et performer ? Vous pouvez soutenir le podcast en mettant 5 étoiles et en laissant un commentaire sur Spotify, Apple Podcasts et toutes les autres plateformes d'écoute. Belle écoute ! 4 entreprises, 4 fois première femme ou première maman au Codir. Pas par hasard, par conviction. Mon invité aujourd'hui est Fanny Le Galou, 15 ans des RH en scale-up, surtout à l'international, dans des boîtes qui avaient décidé que l'inclusion n'était pas un sujet RH. Fanny a construit des politiques parentales from scratch. Elle a mis en place des emergency days, des jours sans justification, sans certificat médical, pour les coups durs de la vie que la loi ne couvre pas. Fanny a également convaincu des codires récalcitrants, pas avec de l'émotion, mais avec des chiffres. Aujourd'hui, Fanny est aussi coach et architecte Codire. mais également maman d'un garçon de 6 ans qui lui a tout appris sans le savoir. Dans cet épisode, on parle de ce que ça fait d'être la seule dans la pièce, de ce que la maternité change, vraiment, dans ta façon de travailler, du coût réel d'une culture qui se dit inclusive sans se donner les moyens de l'être et de pourquoi se faire accompagner, ça devrait être une évidence et non pas un luxe. Merci Fanny et belle écoute. Hello Fanny !
- Speaker #1
Salut Simone !
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Écoute, très bien, je suis ravie. On est ravis de te recevoir,
- Speaker #0
on est ravis de t'accueillir sur mon podcast Connecting Leaders. Fanny, je vais te demander d'abord de te présenter sous l'angle que tu souhaites, car je sais que tu as plusieurs casquettes.
- Speaker #1
Aujourd'hui, je vais me présenter sous l'angle maman, maman en Côte d'Ire. Je suis une maman de 6 ans, je suis réunionnaise, j'ai vécu au Mexique, à Bordeaux, en Espagne, et maintenant je suis basée à Paris. J'ai été 15 ans DRH en startup, scale-up, surtout à l'international et... surtout dans des boîtes avec des cultures inclusives. C'était important pour la suite. Et j'ai été la première femme ou la première maman au Codire, quatre fois sur quatre. À chaque fois, ça m'a appris beaucoup. Du coup, en Codire, Comex, Leadership Team, selon les intitulés, toujours, ce qui est du coup le plus gros fil rouge de ma carrière. Et depuis quelques années, j'ai aussi repris mes études à HEC. Donc, je suis coach également maintenant, ce qui me donne aujourd'hui une triple vision, DRH, Codire, coach. qui m'a amenée à monter mon agence il y a quelques années et devenir architecte codia. Et ça, on en reparle une prochaine fois.
- Speaker #0
Tu viens de parler de culture inclusive. Qu'est-ce que c'est ? Tu peux nous définir ça ?
- Speaker #1
Alors moi, ce qui me fait qualifier les entreprises dans lesquelles j'ai été d'inclusive, chez par exemple Matkoudou ou à San Francisco, que tu connais d'abord, il y avait une culture du coaching, de l'accompagnement. J'ai d'ailleurs découvert le coaching grâce au CEO qui m'a proposé de me faire accompagner en tant que C-Level par une super coach. Ça a été une révélation. et mon début d'admiration pour le coaching. J'ai été aussi chez Strapi, donc une boîte hybride à la base, qui est devenue Remote First et Remote Only par la suite. Il y avait une culture, on était une quinzaine, je pense, quand je suis arrivée au début. Et déjà, si tu veux, en entretien, j'avais été convaincue par le CTO qui avait respecté le temps de l'interview que je lui avais dédié. Je lui avais dit, je peux rester deux, trois heures maximum. J'avais prévenu avant l'entretien que j'avais mon mec qui attendait en bas avec mon fils dans les bras. pour l'allaiter au bout de quelques heures. Avant la fin de l'interview, il m'avait dit, il avait rappelé aux cofondateurs qui étaient là, il reste 15 minutes, puis on va laisser Fanny partir. Je vous rappelle que c'était le temps qu'on avait défini. Donc, tu vois, j'avais dit OK pour l'interview sur place avec les dirigeants et j'avais proposé des... J'avais partagé mes limites et ils les avaient respectées. Donc, tout de suite, ça m'avait déjà, tu vois, un peu convaincue. J'avais compris l'ambiance inclusive, comme je disais, de cette entreprise. Un peu plus tard, j'avais aussi... Donc, on était hybride au début. C'est une boîte qui est devenue remote only à la fin. Mais si tu veux, quand j'étais dans les bureaux, j'avais fait un post LinkedIn à l'époque. Il y avait une photo qui traîne où je tirais mon lait au bureau pendant que les fondateurs, eux, étaient allés m'acheter. Du coup,
- Speaker #0
j'en rappelle. Je pense que ça avait dû marquer parce que c'était il y a six ans et...
- Speaker #1
Les mentalités n'étaient pas les mêmes. Non,
- Speaker #0
non. C'est la situation LinkedIn, en tout cas.
- Speaker #1
Oui, c'était complètement improbable. Et j'avais reçu beaucoup, beaucoup de messages. suite à ça. Ça avait fait parler sur le poste et en privé. Je m'étais rendue compte aussi de... Alors, à l'époque, je disais de la chance de la boîte dans laquelle j'étais, mais peut-être aussi de l'état des mentalités. Donc, je suis restée plusieurs années dans cette boîte. Et justement, en tant que DRH, je pense qu'il y avait un vrai rôle. Il y avait une culture du feedback dans les one-on-one, dans les choses, les entretiens, les outils anonymes, etc. Il y avait beaucoup de communication. Mais aussi et surtout, quand je dis culture inclusive, c'est qu'en fait en en La diversité était un KPI. On l'avait mis dans les objectifs. Et donc, ne serait-ce que pour recruter une CFO dans la leadership team, je ne sais plus combien d'entretiens on avait fait, mais je ne pouvais plus être justement la seule femme en Codire. Et on avait trouvé deux fois une super CFO. On avait mis les moyens pour, et on avait trouvé des femmes exceptionnelles parce qu'on l'avait mis comme objectif, si tu veux, et on l'avait atteint.
- Speaker #0
Justement, tu as prononcé le mot diversité. Comment tu le définis ? terme, ce concept ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, la diversité, je pense que c'est beaucoup de choses. D'un point de vue de femme, je pense que moi, je suis passée par beaucoup d'étapes, ce qui fait que je peux partager aujourd'hui ces expériences. En soi, je pense que la diversité, elle est globale. Et de plein de façons, ce que j'ai vécu moi en tant que minorité femme, on va dire, toutes les minorités, ça peut s'appliquer aussi à toutes les minorités.
- Speaker #0
Du coup, c'est possible d'avoir des cultures, des politiques inclusives, selon toi, d'après tes expériences ?
- Speaker #1
Alors, c'est un grand oui. Et moi, en tant que DRH, je l'ai vue et j'ai su qu'on pouvait mettre en place des choses pour l'inclusion, notamment la parentalité.
- Speaker #0
Est-ce que tu as mis des choses ? Tu peux nous partager.
- Speaker #1
Avant d'arriver dans les boîtes, je peux parler de Strapi et ce que j'ai vu en entretien, avant d'être employée par l'entreprise. Je me suis toujours demandé si quand les dirigeants disaient « Ah mais en fait, ce n'est pas possible » , si c'était vrai, vraiment. Enfant, je voulais être présidente petite pour voir si on... quelques jours, tu vois, pour voir si on pouvait vraiment rien faire pour changer les choses. Donc, c'est la même chose si tu es pour les cultures inclusives. Je me disais, OK, d'accord, vous me dites que ce n'est pas possible. Donnez-moi les clés, on va voir si ce n'est vraiment pas possible. J'ai été dans une boîte, notamment pendant quelques mois, il y a un peu moins d'une dizaine d'années. Je l'ai enlevée de mon LinkedIn. C'était justement l'opposé. C'était la culture de la pression, de l'ego, de l'évitement des sujets. Et si tu veux, ça n'a pas fonctionné. Je trouve que c'est aussi important de savoir ce que tu veux et ce que tu ne veux pas. vivre et promouvoir. Tu vois, l'exemple de Strapi, avant d'arriver, c'était déjà un sujet sur la table. Tu me demandais ce qu'on avait mis en place, il y avait notamment c'était la condition avant mon arrivée, j'ai encore le draft dans mon drive perso, j'avais même pas d'email de l'entreprise, et on a créé la Parental Mission Policy, tu veux, c'est une mission parentalité, parce qu'on sait tous que c'est pas un congé, le congé parental, et il y avait le premier papa en devenir. qui a eu d'ailleurs son deuxième enfant également dans la même boîte. Et donc, on a mis en place cette mission parentalité avec des conditions, des conditions d'accès, etc., qui en faisait une politique très inclusive et qu'on n'avait d'ailleurs pas vraiment vue ailleurs.
- Speaker #0
Et ça, c'est des sujets sur lesquels... Est-ce que les fondateurs à l'époque et des parents, est-ce que le fait qu'ils aient vu de courtes apparences, ça joue ? C'est ça ma question ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Autant je crois beaucoup... Enfin, je suis convaincue vraiment... 39% que ça vient des fondateurs, fondatrices, des gens qui créent l'entreprise. C'est dans leur valeur, dans leur ADN et dans ce qu'ils ont envie de construire. C'est autant dans leur ambition que dans leur mission. Autant s'ils ne sont pas embarqués, je pense que c'est vraiment beaucoup plus complexe. Là, avant que j'arrive, on s'était retrouvés dans un restaurant, j'avais drafté quelque chose sur le drive et si tu veux, on savait que ça allait se passer. Ils voulaient le mettre en place, ils ne savaient juste pas comment en fait. C'était aussi le but de mon recrutement. J'arrivais en tant que première DRH. Et donc, pour pouvoir porter ces sujets et les conseiller. Ils étaient vraiment avides de conseils, en mode, qu'est-ce qu'on peut faire ? Qu'est-ce qui existe déjà ? Mais qu'est-ce qui est suffisant ou non ? Et qu'est-ce qu'on peut mettre en place pour ce premier papa en devenir ?
- Speaker #0
Du coup, tu as tout construit comme scratch.
- Speaker #1
L'idée, si tu veux, elle était de se baser sur la France quand même, parce qu'il y a quand même beaucoup de employés encore en France à l'époque. Je rappelle que c'était une boîte à l'international. On était dans une vingtaine de pays à la fois, à peu près en même temps. Merci. c'était d'avoir le même congé, le même temps en fait, pour homme ou femme, peu importe le lien de filiation, peu importe le pays aussi, et peu importe l'ancienneté dans l'entreprise. Donc oui, on s'est basé sur les 16 semaines en France. Alors en Norvège, ils rigolaient bien nos 16 semaines, mais pour beaucoup de pays, c'était finalement déjà beaucoup. C'était une première étape en fait, ça faisait souvent une différence. Il y avait un process, il y avait un accompagnement par une boîte qui accompagnait les parents en devenir. Il y avait des buddies en interne pour être à jour quand on revient dans l'entreprise. Il y avait une personne en admin qui était vraiment dédiée à...
- Speaker #0
À répondre à toutes les...
- Speaker #1
Exactement, parce que pour un pays ou pour un autre, ce n'était pas du tout la même chose. Mais ça a fait vraiment une différence énorme. Il y a des papas qui l'ont eu deux fois pendant leur salariat dans cette boîte, ça a fait une différence. Et des années plus tard, il y a encore des gens qui viennent m'en parler. Ah oui ? Ah oui, ça a changé leur lien familial. Et aussi, je pense, l'appartenance à l'entreprise, d'une certaine façon. Il ne faut pas se leurrer. Il y a des gens qui voient ça d'un point de vue très humain, d'autres d'un point de vue très business. Dans les deux cas, ça fonctionne.
- Speaker #0
Comment a été venue l'idée de la mission parentalité dont tu me parles là ?
- Speaker #1
Là, j'ai à moitié répondu parce que les 16 semaines, ça venait de la France en fait.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu avais fait un benchmark justement ? Non, c'était vraiment de se dire, France 16 semaines, ensuite on s'adapte.
- Speaker #1
Oui, on s'était basé sur ce qu'on connaissait et ce qui était possible de déployer après dans une vingtaine de pays sur une base très simple et réplicable à l'international.
- Speaker #0
Tu te présentais aussi comme première femme, première maman au Codire. Tu peux un peu développer ? C'est quoi ? Ça implique quoi ?
- Speaker #1
Comment tu les as vues ? Première femme ou première maman au Codier, ça veut dire que toi, tu sais ou tu as vécu des choses que certains n'expérimenteront jamais. Et d'ailleurs, encore une fois, ça vaut pour toute minorité, soit dite en passant. Je ne sais pas si c'est représentatif, mais moi, ça m'est arrivé quatre fois. Et je dirais qu'il y a vraiment un avant et un après. Donc, avant, c'était aussi avant MeToo, avant qu'être féministe ou humaniste, tu vois, ce soit tendance. Donc, je vais dire, c'est une autre époque. Mais j'ai eu beaucoup de situations, je pense, dans lesquelles je ne me retrouverai évidemment jamais aujourd'hui. Mais j'ai eu, par exemple, j'ai proposé, moi, par exemple, dans un quotidien dans lequel j'étais, de bosser sur le fait d'être plus woman inclusive. Donc, c'était une boîte tech, tu vois, il y avait... des gros décalages dans les effectifs. Et Jésus qui m'a répondu, « Ah, mais non, non, Fanny, nous, on est une boîte très woman-friendly, en fait. » Je me suis dit, « Ah oui, ben en fait, qu'est-ce que je sais, moi, en tant que femme DRH dans une boîte tech sur ce sujet ? » En fait, c'était son avis qui comptait, si tu veux. C'était sa vision et il n'y avait pas du tout d'ouverture sur le sujet. Il n'était pas du tout ouvert à faire changer les choses, tu vois. Et il estimait que notre... Enfin, ma perspective et la sienne étaient... qu'il avait autant d'informations que moi, si tu veux. J'ai l'impression que je suis poussée des initiatives inclusives à tous les niveaux. Là, je commençais par la parité. Mais même l'intention n'était pas du tout entendue. On ne parlait pas du tout de ces sujets-là. C'était complètement out of the blue. Ce n'était pas une nécessité, ni business, ni une ambition, ni une mission personnelle.
- Speaker #0
C'est ça, uniquement le cosmoprisme.
- Speaker #1
Complètement. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, je reposerais la même question, je n'aurais peut-être pas le même angle. Et surtout... la même réponse. Mais tu vois, j'avais proposé également, c'était sur de la com, tu vois, de refaire une photo de groupe. Ils avaient fait une photo, il n'y avait que des hommes et je lui avais dit « Elle est super jolie, est-ce qu'on ne pourrait pas refaire la même ? » Et juste, il y a cinq mecs sur la photo. Est-ce qu'on ne pourrait pas ajouter une femme ? Et ce mec qui était dans le code direct avec moi aussi m'a dit « Ah mais oui, super idée, viens, on va la refaire mais du coup dans la cuisine. »
- Speaker #0
Mais non.
- Speaker #1
Mais si. Et c'était le mec qui portait le t-shirt « We should all be feminist. » Tu vois.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
c'était un peu la tendance, mais d'une manière qui n'était pas du tout applicable, qui était une espèce de « moi, je suis comme ci, moi, je suis comme ça » , mais parce que c'était un peu fancy dans la pratique. Il n'y avait pas de chiffres, il n'y avait pas de KPIs, ce n'était absolument pas quelque chose qui était sur la table des sujets codés pour faire vraiment avancer les choses de manière concrètement en interne. Donc, je te disais, pour moi, c'était vraiment une autre… J'ai l'impression que c'était une autre étape de vie, personnellement. Il y a aussi une autre évolution dans le monde de la tech. Je te disais, il y avait un avant, il y avait un après. J'ai une grossesse vraiment très difficile, des soucis médicaux. On passe par temps aussi, j'ai un bébé en plein Covid. Quand je me suis retrouvée avec un nouveau-né, je me suis dit « Waouh, c'est plus compliqué que ce que je pensais » . Et puis c'est une étape de vie aussi. Je me suis même dit « Mais qu'est-ce que j'ai fait à mettre au monde un enfant dans ce monde ? » Donc une grosse, grosse remise en question. C'était vraiment une nouvelle naissance. Moi, je dis beaucoup, je suis née une deuxième fois en 2020 avec mon fils. Et depuis, je suis vraiment une autre personne. Je ne verrai plus jamais les choses de la même façon. Ce n'est pas vraiment la peine d'essayer. Je suis assez vocale aussi sur mes sujets, mes valeurs. Mais là, c'était encore pire. Ça venait remettre en question toutes mes limites, toutes mes priorités. Et tout est devenu vraiment encore plus clair. Et personne ne pouvait plus toucher à ça. En termes de conviction, c'est venu ancrer beaucoup de choses. Et je réalisais que je peux changer de boîte. rater un off-site, mais je ne raterai pas l'anniversaire ou les premiers pas de mon fils. À partir de là, j'ai beaucoup mieux choisi mes environnements de travail. J'avais d'ailleurs écrit un article. La maternité m'avait... impacté et je me disais mais on ne nous le dit pas en fait et je voulais partager parce que je trouvais du coup il y a six ans qu'on trouvait très peu de partage sur le sujet. Pour revenir sur première femme ou maman dans des environnements juste 100% masculins la plupart du temps à partir de ce moment là j'ai choisi des environnements extrêmement bienveillants c'est juste qu'on n'a pas la même réalité quand t'as un bébé à la maison et qu'en fin de semaine on te dit c'est super c'était une dure semaine mais tu vas pouvoir te reposer ce week-end mais en fait on n'a pas la Même vie ! tu vois, moi à 18h je récupère mon enfant à la crèche, le week-end je m'occupe de mon bébé, le soir, la nuit, je m'occupe de mon bébé, en vacances je m'occupe de mon bébé, mais juste dans un autre endroit en fait, quand t'as des événements d'entreprise et on te dit ah mais c'est cool, ça va, il a un an maintenant, tu vois, on te dit, mais toi tu culpabilises à fond, tu te dis, moi j'ai pas de famille proche, donc ma famille elle est à La Réunion, ma belle famille en Espagne, pas de soutien, pas de village, chaque personne a une situation très... très différent. Tu vois, si tu as une nounou à dispo ou ta famille, c'est super. Mais je voyais des décalages que j'avais encore un peu de mal à m'expliquer à l'époque. Aujourd'hui, avec plus de recul, mon fils a six ans, je comprends plus aussi peut-être que mes représentations n'étaient pas les mêmes. Les C-levels ou les CEOs qui s'inspirent des bouquins écrits par des hommes entrepreneurs qui t'expliquent la recette du succès.
- Speaker #0
Dans les routines, tu vois, la mordite. Bon. de greffe de chat et des... qui font leur leur méditation face au soleil leur...
- Speaker #1
voilà ouais super tu te lèves à 6h du matin tu prends un bain froid tu fais ton sport focus et discipline pendant 10h et si tu fais ça tout va bien aller on a juste pas la même vie en fait tu vois on passe pas par les mêmes étapes et je dis pas que c'est pas possible je dis que on a pas la le même village on a on vit pas la même situation dans notre société de ce point là de ce point là ce point de vue-là, tu vois. Et juste de acknowledge ça, à l'époque, moi, je voyais pas des femmes parler de ça, je voyais pas des femmes expliquer quelque chose. Même, tu vois,
- Speaker #0
l'expression de « il faut un village pour éduquer un enfant » , ça, ça n'a plus de... Ça dépend où tu habites, mais tu vois, nous, on habite dans des grandes villes, je trouve que c'est de moins en moins applicable, quoi. Pas le même, par contre.
- Speaker #1
C'est pas la même maternité que tu vis en fonction du village que t'as autour de toi,
- Speaker #0
tu vois.
- Speaker #1
Et je trouve que du coup, on partageait pas assez là-dessus. C'est pour ça, du coup, que j'ai... J'ai posté la photo, j'ai partagé. Moi, j'assume beaucoup mes positions, mais j'en ai aussi parlé en Codire. On avait même fait une formation sur la parentalité. On n'était même pas une dizaine et tout le Codire avait assisté par une boîte qui accompagnait les Codires là-dedans.
- Speaker #0
C'est une boîte ?
- Speaker #1
Même pas moi, il y avait vraiment une boîte qui était spécialisée là-dedans et c'était génial. Sur une heure, tout le monde a pu parler de son rapport à la parentalité. Alors, ça a duré peut-être quelques mois où c'était hyper ancré. Après, il y a aussi d'autres choses et d'autres réflexes qui reviennent. Je trouvais que c'était déjà une belle preuve d'empathie et d'humilité de la part des fondateurs ou de ceux qui n'avaient pas d'enfants de se prêter au jeu. Dans d'autres conditions, sur des gens moins à l'écoute de ces besoins spécifiques, je suis allée jusqu'à parfois dire aussi que si ces sujets-là en interne ne passent pas, c'est juste le signal pour moi qu'on n'est pas alignés. Pareil, c'est tellement important pour moi que dans certaines situations, ça peut être arrivé deux fois max, mais... Une fois devenue maman, c'est des choses qui ne passaient plus du tout et qui t'assument aussi d'une autre façon dans ta manière de travailler.
- Speaker #0
Justement, qu'est-ce que la maternité a changé dans ta manière de travailler ?
- Speaker #1
Tout, j'ai perdu la capacité à tolérer le bullshit. Quand ton temps est compté, tu ne perds plus sur des réunions, dans des discussions sans décision ou avec des politiques internes. Moi, j'en ai fait mon métier. C'est ce que je vois dans les codiards que j'accompagne aujourd'hui. C'est juste un manque de clarté, de communication, qui coûte du temps à tout le monde. Et moi, aujourd'hui, je les transforme pour qu'ils soient clairs, qu'ils veulent avancer ensemble, qu'ils arrêtent de perdre du temps à revenir sur les décisions ou les sujets encore et encore. Donc, je dirais, moi, un vrai besoin de clarté. Ton enfant, il a besoin de cadres pour se sentir en sécurité. Du coup, c'est la même chose. les dirigeants, le fondateur qui ne tranche pas. C'est un peu comme le parent qui dit oui à tout. Ça crée de l'anxiété, pas de la liberté. Et ça, ça m'a beaucoup aidée à le vivre physiquement et du coup à pouvoir l'expliquer d'une autre façon. La maternité et justement le leadership aujourd'hui, c'est vraiment la même discipline. C'est de créer les conditions, le cadre, pour que l'autre grandisse sans faire à sa place. Donc là, je le vis autant à la maison. au travail et ça a aligné tout ça, si tu veux. C'est aujourd'hui en codire les sujets, je les amène de cette façon-là et c'est explicite et extrêmement clair.
- Speaker #0
Donc la société de parentalité, c'est pas trop un sujet dont on parle en codire ? Finalement !
- Speaker #1
Alors, en parler, je ne sais pas si en soi on dit, ah, viens, on va parler parentalité. Je te disais, dans certains environnements, c'est possible, mais tu vois, je te disais, on s'est fait accompagner en soi. Donc, je te disais la dernière fois, ce n'est plus la même entreprise aujourd'hui, mais il y avait cette structure qui existe qui s'appelle Parents on Board, qui est, pour les gens que ça intéresse, une entreprise à regarder, qui accompagne les Codires sur ces sujets de parentalité. Donc, finalement, c'est que ça bouge assez, je ne sais pas. Mais tu vois, on parle quand même en Codire de... d'inclusion, de rétention, d'engagement, de performance. Et du coup, ça en fait partie.
- Speaker #0
Je suis totalement réunie avec ça.
- Speaker #1
La diversité en codire, ce n'est pas qu'un sujet moral, c'est un sujet de performance. Donc aujourd'hui, c'est peut-être plus difficile comme sujet à porter quand tu es une femme, parce qu'on peut te dire, ah, mais c'est parce que tu es une femme ou une maman que comme si tu faisais ça pour toi, on ne te dit pas, tu es un homme, donc tu fais ça. Mais je l'ai beaucoup entendu et je l'entends aussi dans les DRH engagés ou les personnes qui s'engagent pour ces sujets. On en parlait toutes les deux. J'ai l'impression qu'il faut continuer à être vocale sur le sujet, pas que les femmes. D'ailleurs, c'est extraordinaire que tu aies interviewé aussi des hommes sur ce sujet-là. Je trouve que ça fait aussi beaucoup avancer le débat. Et puis récemment, j'ai aussi vu Meryl qui bosse chez Wiglot, la DRH. Oui,
- Speaker #0
j'avais vu son poste aussi.
- Speaker #1
Voilà. Tout le monde l'a vu, je pense que vu, commenté, entendu, partagé. Elle a partagé pour contexte son non-désir d'enfant publiquement. Elle est DRH et elle met en place beaucoup de choses pour la parentalité en interne, dans son entreprise en tout cas. Alors, c'est terrible, mais d'avoir quelqu'un qui dit, il n'y a pas besoin d'être parent pour mettre en place des politiques parentales en interne. On avait besoin que des personnes en parlent en fait. Donc ça, je trouvais ça vraiment formidable. Moi, je n'ai jamais bénéficié de rien. en start-up, tu vois, jamais de congés spéciaux. J'ai été en start-up, je pense que ça donne le ton.
- Speaker #0
Le cadre.
- Speaker #1
J'ai jamais, tu vois, réussi même à... J'ai jamais pensé à moi en premier, tu vois, souvent les DRH vont penser à elles en dernier, croyez-moi, aujourd'hui je ne le suis plus, mais c'est vraiment quelque chose que je continue à voir dans les codires et les DRH que j'accompagne. Et moi, tu vois, beaucoup plus personnellement, je pensais justement de... Ne jamais avoir besoin de ces politiques-là, de ces politiques en interne. Et un jour, d'une seconde à l'autre, mon fils a été hospitalisé. Une semaine, je dormais chaque nuit à l'hôpital, sur son lit, une place, avec lui. Ça a été une expérience de vie intense. Il n'y a pas vraiment d'adjectifs qui me viennent, mais professionnellement, d'un coup, tu as cinq jours que tu ne peux pas récupérer ou tu ne peux pas gérer ton équipe. cinq jours perdus sur ton quarter. Cinq jours où tu ne sais même pas dans quel état vraiment tu vas revenir lundi matin. Et dans la boîte dans laquelle j'étais, il y avait quelque chose qui était en place qui s'appelait les Emergency Days. Je m'étais vraiment battue pour les mettre en place. Et c'était cinq jours minimum que tu pouvais prendre. On avait donné quelques idées, tu vois, de raisons pour prendre ces jours-là, mais tu n'avais pas besoin de te justifier. Tu n'avais pas besoin de dire pourquoi tu prenais ces jours-là, si tu veux. Sur l'année, parfois, quelqu'un disparaissait un jour ou deux en disant « Hey, je prends un emergency day » , donc une journée d'urgence.
- Speaker #0
Tu n'as pas besoin d'un certificat médical, tu n'as pas besoin de... Non, pas du tout. C'est juste...
- Speaker #1
Zéro justification.
- Speaker #0
Ça demande d'absence, c'est tout.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, c'était peut-être un ou deux ans avant que ça avait été mis en place et j'avais déjà eu l'occasion de voir l'impact. Il y avait eu des gens qui avaient perdu un animal de compagnie. des femmes ou des conjoints qui avaient vécu des fausses couches.
- Speaker #0
Tu as des essais autour de toi, mais que ce n'est pas dans la loi. Exactement.
- Speaker #1
Et notamment dans la loi.
- Speaker #0
C'est d'un ami proche, je n'en sais rien.
- Speaker #1
Et ça, c'est légalement nulle part. Pour ne parler que de la France. Donc en fait, tu as perdu une tante à laquelle tu tenais beaucoup. Parfois, ça t'affecte beaucoup plus d'avoir perdu un grand-père, alors que la loi en France t'autorise à prendre un ou deux jours de congé. Encore une fois, je trouve ce terme assez horrible. Ce n'est pas pertinent. Et j'avais vu ces gens-là prendre ces jours-là pendant des années. Certains étaient venus nous partager les raisons, de manière anonyme. Mais nous, on étoffait la liste de raisons pour lesquelles les gens pouvaient prendre ces jours-là. Moi, c'est cinq jours, si tu veux. C'était cinq jours de perdus, cinq jours de travail, cinq jours de manière complètement inattendue. Et moi, j'ai été énormément soutenue, en plus par une équipe incroyable. Mais de cette façon-là, si tu veux, je ne suis pas revenue la même le lundi suivant. Je ne me suis pas dit « Ah, je vais devoir renier cinq jours sur mes vacances » ou « Il me faudrait un certificat médical » ou « Il me faudrait… » Juste, en fait, c'est un soutien de ta boîte sur les sujets de vie que tu as et on te juge assez autonome pour choisir de les utiliser quand tu juges que c'est le bon moment pour toi. Et là, pareil, les retours sont assez incroyables. Si tu veux, juste des gens qui sont venus nous parler de certaines situations, où moi, je n'aurais jamais pensé qu'on pouvait les utiliser pour ces raisons-là. Ça a carrément accompagné des personnes aux États-Unis où tu as zéro politique qui accompagne sur ce sujet-là, accompagné des gens en fin de vie dans leur famille. Oui,
- Speaker #0
c'est un bon sujet aussi.
- Speaker #1
Le sujet est un énorme, énorme sujet. Alors, cinq jours, ça ne va pas tout résoudre. Mais encore une fois, c'était un premier pas. Et ça a inspiré aussi d'autres boîtes. On l'a mis dans le public handbook et ça permettait aussi de faire J'en parlais dans les cercles de DRH, etc. Cinq jours, ça ne coûte pas grand-chose à l'entreprise, mais le héroïde derrière, humain ou business, il est vraiment là.
- Speaker #0
Et quand la parentalité, justement, n'est pas un sujet choisi par la direction, comment on fait ? Comment on fait pour les convaincre, selon toi ?
- Speaker #1
Je disais tout à l'heure, il y a des entreprises très engagées et je pense que la personnalité et l'expérience des founders fait 95% du travail. Et j'ai vu, là, j'accompagne beaucoup d'entreprises. depuis plusieurs années. J'ai vu des CEOs mettre en place des congés, encore une fois, je fais des guillemets avec mes doigts, des congés plus longs, tu vois, rajouter des mois avant le départ en congé mat ou au retour, mettre en place des aménagements, tu vois, sans discussion, sans avoir à créer de débat, juste on crée la politique interne. C'est d'une évidence, si tu veux. Ça venait vraiment d'eux, si tu veux. Ça, c'est une manière... Il y a plein d'entreprises qui sont engagées aujourd'hui, qui mettent ce sujet en avant, et c'est très facile de les traduire en politique interne. Après, si ce n'est vraiment pas la fibre ou l'intention des fondateurs, tu peux arriver avec... Alors, on a perdu trois personnes, trois talents l'an dernier, on a tel feedback, le coût de remplacement s'étend, et puis une politique parentale s'étend. Du coup, on fait quoi ? Si l'argument émotionnel ne passe pas toujours en codire, l'argument business...
- Speaker #0
La data, oui.
- Speaker #1
l'argent financier ça ne devrait rien et je te dis il y a trois ans plus tard des gens qui m'en parlent encore de ces choses-là des émotions c'est vraiment un bel impact hyper positif dans leur vie ils me disent sans ça ils n'auraient jamais eu la relation qu'ils ont avec leur enfant ou avec leur conjointe le papa qui aurait été quatre mois avec leur enfant avec la maman en vrai ça devrait être normal c'était une façon simple de compenser une société en retard c'est juste cette société qui n'est pas aujourd'hui adaptée à des besoins qui sont en soi basiques. Quand tu vois les pays du Nord, ils sont beaucoup plus avancés sur ces sujets-là et tu vois comment la famille évolue, le retour au travail, etc. Ce n'est pas du tout les mêmes conditions. Et ça démontre un retard parce qu'on le voit d'ailleurs. On va dans cette direction. Ce sont des sujets qui sont à l'Assemblée régulièrement. On a des gens qui s'engagent. Il y a beaucoup de discussions sur le sujet. On ne rentre pas trop dans la politique. Mais bon, si on veut réarmer démographiquement ce pays en soi, c'est encore une fois, ce n'est pas l'argument.
- Speaker #0
C'est possible de se réarmer en démographie.
- Speaker #1
Donc, si l'argument émotionnel ne prend pas, prenez les chiffres, tu vois. Par contre, en soi, ce n'est pas nous qui sommes en décalage. C'est juste que la loi n'est pas encore là, tu vois.
- Speaker #0
Oui, c'est très lent.
- Speaker #1
C'est très lent et c'est le décalage entre les deux dont tout le monde n'a pas forcément conscience. On parlait tout à l'heure de qu'est-ce qui change quand tu es la seule, qu'est-ce qui change quand ça ne vient pas des fondateurs, etc. C'est le fait de mettre ça sur le dos de la personne à porter cette difficulté. je me souviens pendant les JO, il y a 2-3 ans, j'avais essayé de participer aux JO, mais aussi aux paralympiques. C'était important d'ailleurs pour moi d'y aller avec mon fils. Il y avait Teddy Riner, un judoka que j'aime beaucoup. Je reprends souvent cette comparaison, qui disait aux paralympiques de Paris, « Ah, mais en fait, ces athlètes-là, ce sont des héros. » Et c'est formidable parce qu'il a été repris. Ils ont répondu « Stop, arrêtez de nous héroïniser. » Je ne sais pas comment on dit. En gros, ils n'ont jamais voulu être des héros. C'est juste que... On ne veut pas adapter la ville, la société, la vie à eux. Donc, c'est à eux de se suradapter. Et j'avais trouvé ça génial parce qu'enfin, on en parlait un peu. Tu vois, les paralympiques, en vrai, on en parle quoi tous les quatre ans ? Donc, des personnes en situation de handicap qui puissent être mises en lumière. Et du coup, je trouve que c'est pareil pour les mères, pour les parents, mais encore plus pour les mères. C'est un truc de fou d'avoir un système de garde aujourd'hui ou des jours enfants malades. Donc, c'est juste qu'aujourd'hui, on est encore dans une étape. on va dire en tout cas en France, de sociétés où on préfère glorifier les mères comme des héroïnes, plutôt que de s'adapter à leurs réels besoins.
- Speaker #0
Et du coup, toi, comment t'arrives à gérer ? tout ça, ramener tout ça de front. Du côté entrepreneur, place de codire, responsabilité de maman.
- Speaker #1
Ben alors, je te disais tout à l'heure, il y a vraiment un avant-après. Ensuite, moi, je suis quand même assez, je sais ce que je veux, encore plus du coup avec cette redéfinition des priorités et qui est la maternité. J'ai plutôt des grosses convictions, mais en soi, sur, je pense qu'il y a plusieurs points différents, mais j'aime bien l'image. Là, je fais l'image avec mes mains, mais en gros, tu vois, c'est une balance. Et ça, je me rappelle beaucoup. J'essaie de... beaucoup le garder en tête. Je ne gère pas... Enfin, c'est un équilibre, donc ça bouge. C'est jamais toujours du même côté. Je gère un équilibre, je gère des priorités qui changent chaque semaine. Moi, je disais que je n'ai aucun village. Nos belles familles, elles sont en Espagne, à La Réunion. C'est un fait. C'est un choix aussi. Mais du coup, dans ce sens-là, de garder cette image de la balance qui bouge et de garder cette discipline, si tu veux, de se dire que c'est OK que ce soit comme ça et que ce ne soit pas toujours la même.
- Speaker #0
Oui, c'est un côté assumé aussi, de se dire...
- Speaker #1
Il faut réaliser ça, en fait, tu vois, le truc de je me lève à 6h du mat et je vais faire mon bain froid et tout. Voilà. Une fois qu'on réalise qu'en réalité, ça ne peut pas s'appliquer à tout le monde et que ça bouge et que tu as des jours enfant malade et que là, tu avais un meeting qui était hyper important, etc. Mais ce qui m'amène aussi à comment est-ce que tu fais ce choix, si tu veux, c'est ce que j'entends beaucoup autour de moi. C'est vraiment la notion de culpabilité. Ne jamais se comparer aux autres, en fait. Je le vis, je l'entends. temps, je l'entends en mentoring, en coaching, en cercle de femmes, vraiment, c'est est-ce qu'on part aux autres, mais les autres sur les réseaux, les autres dont on ne connaît pas la vie, les autres qui ont un mari millionnaire ? Non, en fait, non. On galère toutes.
- Speaker #0
Tu penses que c'est un des femmes ?
- Speaker #1
Oui, moi, c'est ce que j'entends. Et puis dans les cercles, tu vois, ça peut être amico, ça peut être professionnel. On le vit à des niveaux différents. Il y en a, je te disais, qui ont sûrement leur village, mais moi, dans le métier, je vois des mamans de codir en galère et puis en culpabilité ou en envie d'être... au boulot, tu vois. Alors qu'en réalité, chaque poste, chaque chose que tu lis ou chaque femme que tu admires a vécu des trucs que tu ne peux pas imaginer, en fait.
- Speaker #0
C'est ça sa vie aussi, ouais.
- Speaker #1
Et souvent, c'est d'ailleurs ce qu'il a rendu comme ça, tu vois. Je me souviens encore récemment, c'était à une conf du Medef, et t'avais la GM, la General Manager de Procter & Gamble, qui disait, on lui demandait, mais en fait, comment t'es arrivé là, etc. Encore une fois, toujours la question comme s'il y avait un truc magique, tu vois. Et elle disait, mais regardez surtout pas les vanity metrics sur LinkedIn ou les photos sur Insta, etc. Les femmes qu'elle a vues arriver à des postes de direction, des postes à responsabilité, des postes à beaucoup de pression, des postes majoritairement d'hommes d'habitude, elles avaient des nounous en 3-8. Vraiment, leurs enfants passaient d'une nounou à l'autre. C'est des gens qui ont du coup maintenant les moyens financiers. La première chose qu'elle prenait, c'était l'aide à la maison, les nounous. Et je ne sais même pas à quel moment elle voyait leurs enfants, tu vois. Encore une fois, c'est un choix. Arrêter, si tu veux, de glorifier les femmes qui se sacrifient comme s'il n'y avait pas de culpabilité. C'est comme ça aussi, en en parlant, qu'on fait changer les choses pour les prochaines mamans et se dire, OK, les prochaines qui auront des bébés, sachez qu'en fait, c'est compliqué pour tout le monde. Et puis, quel exemple pour nos enfants aussi, tu vois ? Qu'est-ce qu'on leur dit ? Une maman est toujours au travail et c'est dur. Ou alors, en fait, est-ce que c'est un choix ? Moi, ça a été hyper dur de remettre ça au cœur de ma vie au bout d'un certain temps. Mais je suis partie en Inde, j'ai repris le sport. J'ai aussi dit à mon fils, tu vois, j'ai besoin de temps pour travailler, j'ai besoin de temps pour être heureuse, puis pour être une meilleure maman aussi, tu vois. Pour lui dire, ah là là, je suis sous l'eau, etc. Non, lui montrer aussi que je me priorise et inspirer, montrer que c'est important et que ce n'est pas juste une maman qui se sacrifie. Et là-dedans, je ne sais pas si c'est le point le plus important, mais c'est le fait de se faire accompagner. Je disais, moi, je n'ai pas de village autour de moi, mais je me suis toujours fait accompagner, toujours. Et là, je parle de... coach, mentor, groupe de soutien, des pères, du groupe d'élèves, etc. Ton village pro.
- Speaker #0
Oui, tu te constitues ton village, en fait. Exactement,
- Speaker #1
tu le reconstitues toi-même. Ton village pro et perso aussi, parce que ton ou ta conjointe, c'est la décision peut-être la plus importante de ta connaissance. C'est littéralement la seule personne de ta famille que tu choisis.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Donc là, une personne...
- Speaker #0
T'appartenant de vie, oui, c'est ça.
- Speaker #1
qui te comprend et qui te soutient, que tu veuilles retourner bosser à l'été, prendre un congé en fait ça change juste tout ça c'est une décision hyper importante donc se faire entourer se faire accompagner moi j'ai été coachée 3 fois j'ai eu une marraine d'allaitement j'en suis à ma deuxième thérapie coach de couple et juste je rêve de mon prochain coaching je pense que c'est vraiment indispensable je ne suis pas fan de judo particulièrement mais j'aime aussi beaucoup ce que partage Clarisse Clarisse Agbegnénou j'ai eu la chance de la rencontrer au Festival RH l'an dernier d'accord en rêve de petite fille et elle parle beaucoup du coup elle partage aussi beaucoup je trouve ça vraiment tellement important tellement pertinent la modernité ouais ouais sur l'ambivalence et les difficultés mais aussi les possibilités de réussir maternité et carrière dans son cas les judokas avec son corps mais si on a les bons experts et le bon village autour ça
- Speaker #0
change tout coach sportif on va dire préparateur, entraîneur etc et en plus j'assume sur Insta et apparemment elle a la tête pendant
- Speaker #1
2 ou 3 ans Merci. je crois. Et c'était son projet, tu vois. Et elle a aligné sa vie de famille, sa carrière, sa kiné. Elle a même écrit un bouquin sur, je ne sais plus, je crois que c'était avec deux gasquées, mais en tout cas sur la reprise du sport. Et elle disait encore il n'y a pas longtemps, donc là, on est à la deuxième grossesse, pourquoi on a mis autant de temps à, je ne sais plus, c'était à comprendre qu'on pouvait le faire en réalité. Bon, déjà, on ne va pas parler des études sur la santé des femmes, c'est limite récent, mais dans le sens où, oui, si on a les bons villages autour, en fait. C'est juste que c'est une question. vraiment d'accompagnement, tu vois, de créer ce village pro et perso. Et dans son cas, elle repart pour les JO, je crois que c'est à Los Angeles, là, dans deux ans. C'est génial, je trouve extraordinaire de la soutenir là-dedans et de voir tout ce qu'elle partage. Je pense que ça aide énormément de femmes.
- Speaker #0
Justement, quelle place a le mentorat dans la carrière d'une C-Level ?
- Speaker #1
Alors, le mentorat, moi, je pense que c'est... Alors, c'était pareil à la conférence du Medef dont je parlais. C'était, je crois qu'elle, elle était chez Legrand. Je crois que c'était la GM de Legrand qui parlait de ça et qui disait... On a besoin de beaucoup plus de femmes qui parlent des femmes dans les lieux dans lesquels elles sont pas. Donc en gros, c'était le fait d'avoir des sponsors pour toi, si tu veux. Et aujourd'hui, je trouve que ça se fait de plus en plus, si tu veux. Moi, j'ai cherché pendant dix ans une mentor, clairement. J'ai cherché, j'ai demandé, j'ai essayé. Puis on était en remote, donc je cherchais des boîtes qui avaient éventuellement déjà été dans ce secteur. On était finalement assez pionniers. sur le fait d'être en codire, il y en avait très peu, ou alors c'était dans la très grosse boîte, pas forcément startup, etc. Mais aujourd'hui, je pense que tu ne peux plus voir le coach, le mentor ou le prof sportif en cours individuel, si tu veux, personnalisé comme un luxe. C'est vraiment la base, si tu veux tenir en fait, surtout là, on parle d'environnement startup, on sait de quoi on parle, la pression, etc. tenir moralement et dans le temps, ou exceller à un truc, ça peut être sur un IROX ou dans ta carrière pro, c'est absolument indispensable. Donc, à chaque fois que tu as un moment ou un challenge de posture, d'accès à un nouveau job, ou même un poste en interne, à chaque fois que tu as besoin de débloquer un autre niveau, te faire accompagner, ça va tout changer. J'aurais adoré me faire mentorer. je suis ravie de découvrir le coaching comme je disais il y a une dizaine d'années ça a tout changé pour moi et je suis aujourd'hui joie de pouvoir me faire accompagner sur mon nouveau challenge d'entrepreneur par des experts aussi je ne suis pas coachée en ce moment mais je suis concrètement mentorée, sans ça je n'arriverais pas du tout à réaliser autant de choses et je choisis aussi mes mentors de ce point de vue là et je sais à quel point c'est indispensable pour que je puisse aller un mois plus loin au prochain niveau qui m'attend
- Speaker #0
Et moi, je trouve aussi que c'est intéressant, c'est que tu peux avoir différents mentors aux différents moments de ta vie ou au sujet sur lequel tu veux travailler. Et tu vois, c'est génial.
- Speaker #1
Exactement. C'est hyper important. Moi, je te disais, j'en suis allée à ma deuxième thérapie. La toute première, je suis allée chercher quelqu'un qui me rentre un peu dedans, qui me fait avancer sur certains sujets un peu deep, qui étaient difficiles à aller chercher. Et la deuxième, je l'ai trouvée après être devenue maman. Donc, tu vois, je cherchais une femme, une maman. Et l'accompagnement n'a rien à voir. et tu vas chercher les gens qui te ressemblent. un minimum, ou alors qui sont à l'opposé. Moi, je sais, je me souviens, j'étais allée chercher un superviseur qui me faisait peur. J'avais vraiment... C'était évident, je sentais qu'il y avait quelque chose à débloquer chez moi. Il m'a trigger, il y avait quelque chose qui était venu chercher quelque chose chez moi. Donc je me disais, c'est hyper intéressant, on va aller creuser, on va aller voir ce qui se passe. Et c'était vraiment ce dont j'avais besoin. Donc je pense que c'est un des sujets, c'est pas obligé que la personne soit DRH en startup. pour te coacher, pour te mentorer si c'est ce dont tu as besoin évidemment mais du coup aller chercher à des étapes de vie, des coachs des mentors, des pères aussi qui ont vécu des choses qui sont plus ou moins avancées par rapport à toi, ça change absolument tout je trouve et aujourd'hui c'est la beauté du fait qu'on en parle on parle de santé mentale, on parle de se faire accompagner et quand tu vois que ceux qui veulent faire un marathon ou un les rocks c'est la bonne arme Intrigue,
- Speaker #0
hein ?
- Speaker #1
tu vas chercher des gens qui sont spécialisés là-dedans. Et il y a de plus en plus de personnes qui sont dans l'accompagnement, spécialisés sport, spécialisés entrepreneuriat. Moi, j'ai beaucoup, beaucoup de codières, donc CEO, CEO, et aussi spécialisés femmes. Il y en a beaucoup qui se spécialisent sur la maternité, sur la parentalité ou sur un genre en particulier.
- Speaker #0
Et donc, selon toi, la parentalité, est-ce qu'elle peut être une force en entreprise ?
- Speaker #1
Alors, la parentalité, pour moi, ça a été l'étape, si tu veux, qui m'a rendue la plus vulnérable et la plus... plus puissante de ma vie à la fois. Il n'y a rien qui m'a appris, détruite, reconstruite, qui m'a aidée à me remettre en question et à apprendre autant. Mon fils a 6 ans, il ne sait pas encore tout ce qu'il m'a appris, à quel point c'est moi qui suis devenue quelqu'un d'autre au final. Ça te rend humble, ça te rend forte. Moi, ça a vraiment transformé mes ombres, la culpabilité, le doute, l'envie aussi de tout contrôler. c'est plus la même après, ça l'a transformée en force. Pas en perfection, mais en force. Juste quand je regarde mon enfant, je me dis, mais ça m'a changée. Et pour moi, c'est... Il m'a poussée à aller à d'autres niveaux de ma carrière et c'est clairement ma plus grande victoire, même professionnelle.
- Speaker #0
Super, merci beaucoup Fanny. J'avais une question qui était un peu hors sujet de la parentalité, mais est-ce que tu as une chanson, Good Vibes, une chanson qui te donne, qui te booste ?
- Speaker #1
Oh, wow ! Alors, je pense que c'est limite gênant. Genre, j'avais... pas du tout j'ai complètement apaisé de questions mais mon fils il est à fond sur Gims c'est un truc dingue alors moi c'était pas du tout mon délire et en fait en quelques mois on l'écoute tellement à la maison que je me suis dit il faut qu'on aille voir son concert et donc il fait des concerts à je crois 16h un truc comme ça c'est en fin d'année je me suis dit bon ok hall 2026 aller voir Gims avec mon fils donc à fond sur toutes ces choses
- Speaker #0
Ça fait comme jamais, il y a Loulou et Boudin, Loulou et Boudin, il y a Coco, la Chanel. Et enfin, est-ce que tu aurais une invitée à me recommander que je pourrais inviter sur ce podcast, sur ces sujets-là de parentalité, de leadership ?
- Speaker #1
On a réfléchi à cette question, j'ai énormément de personnes à te recommander et je trouve que ce podcast est... tellement utile pour le monde de l'entreprise DRH ou non. Moi, il y a une femme avec qui j'ai beaucoup échangé avec énormément d'authenticité sur tous ces sujets. Une DRH avec qui on s'est beaucoup soutenues. On a même monté une assoce ensemble. Peut-être bientôt une prochaine assoce ensemble sur ces sujets. À la base, c'était le Talent Lab Today, je crois que ça s'appelait. Vous avez bossé ensemble,
- Speaker #0
les deux ?
- Speaker #1
Non, on n'a jamais bossé ensemble. C'est ça qui est limite génial, parce qu'en fait, on a eu l'occasion de bosser ensemble sans bosser ensemble. On était entre patrons, entre guillemets. Et on partageait énormément, tu vois, dans les groupes de DRH, dans les...
- Speaker #0
On était comme ça, du coup, dans les groupes de DRH.
- Speaker #1
Ouais, on était... Quand on se voyait, on organisait des meet-ups à l'époque et on était entre une quinzaine, vingtaine, max, à chaque fois sur des sujets et on partageait, tu vois. C'était pas encore tout à fait le concept co-dev, mais retour d'expérience surtout. Et elle est devenue maman deux fois. On a vécu ça aussi ensemble, les difficultés dans les codires aussi, notamment. Et elle s'appelle Marion Birolini et j'espère l'entendre bientôt à ton micro.
- Speaker #0
Je vais la contacter. Avec plaisir, avec grand plaisir. Merci beaucoup, Fanny, c'était génial.
- Speaker #1
Avec grand plaisir, Simone. Très bien.
- Speaker #0
On retient souvent la performance visible, mais rarement tout ce qu'il y a derrière. La charge mentale, les arbitrages, les doutes et toute la transformation intérieure. que la parentalité provoque. Et pourtant, c'est aussi ce qui construit des leaders différents, plus clairs, plus alignés et parfois même plus humains. Merci beaucoup Fanny d'avoir partagé tout ça avec autant d'authenticité. Et si cet épisode vous a parlé, partagez-le à un dirigeant, un manager ou à un parent qui en a besoin. A très vite ! Merci d'avoir écouté cet épisode de Connecting Leaders. Si vous avez aimé cet épisode, vous pouvez soutenir le podcast en vous abonnant sur votre plateforme d'écoute, ou en le partageant autour de vous, ou encore en laissant un commentaire sur Apple Podcasts. Merci et à très vite !