- Speaker #0
« Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible » , disait Saint-Exupéry. Avec mon podcast Connecting Leaders, je pars à la rencontre de leaders, de leaders RH qui impactent le monde, le monde du travail à leur façon, grâce à leur audace ou par leur business. Bonjour, je suis Simone Devecq. Aujourd'hui des RH externalisés part-time, j'aide les dirigeants et RH à engager et fidéliser les équipes. Comment offrir la meilleure expérience collaborateur où chacun puisse s'épanouir et performer ? Vous pouvez soutenir le podcast en mettant 5 étoiles et en laissant un commentaire sur Spotify, Apple Podcasts et toutes les autres plateformes d'écoute. Belle écoute ! On pense encore que la parentalité est un sujet uniquement personnel. En réalité, c'est un sujet d'organisation, parce que le vrai sujet, ce n'est pas le congé, mais est-ce que ton entreprise, ton service peut fonctionner sans toi ? Dans cet épisode, je reçois Charlie Gaillard, CEO de Bigger, un dirigeant très engagé, et également président du CJD Paris, avec une forte valeur travail et une organisation qui reposait beaucoup sur lui. Et puis, un projet de parentalité est arrivé, mais pas n'importe lequel. Une GPA aux États-Unis, deux ans et demi de process, plusieurs mois d'absence, huit heures de décalage horaire. Autrement dit, le scénario parfait pour mettre une organisation sous tension. Ce que tu vas entendre dans cet épisode n'est pas juste un témoignage, mais une réalité de ce que je vois tous les jours en entreprise. La parentalité ne crée pas le problème, elle révèle les failles d'organisation. Et surtout, elle oblige à structurer. Merci Charlie et belle écoute. Hello Charlie !
- Speaker #1
Salut Simone !
- Speaker #0
Ravi de t'accueillir sur mon podcast Connecting Leaders !
- Speaker #1
Merci pour l'invitation !
- Speaker #0
Charlie, est-ce que tu peux peut-être te présenter pour commencer, pour les personnes qui ne te connaissent pas, souvent, ou que tu souhaites ?
- Speaker #1
Écoute, moi, Charlie Gaillard, j'ai 39 ans cette année. Je suis jeune papa, je pense qu'on va en parler. Je suis fondateur de Bigger, qui est un service de mise en relation entre des talents indépendants, plutôt de haut niveau, et des grandes entreprises. Là aussi, de grandes entreprises, type K40, SBF 120. Je fais ça depuis maintenant bientôt six ans. Et à côté de ça, j'ai un mandat. Je suis élu, je suis coprésident du Centre des Jeunes Dirigeants de Paris. qui est une association, c'est un des plus vieux mouvements patronaux de France. Et donc, je gère une communauté de 150 dirigeants, tous parisiens.
- Speaker #0
C'est des dirigeants de toutes tailles différentes ?
- Speaker #1
Oui, principalement PME. Donc, on va dire de 1 à 20 salariés. Après, on a certains dirigeants qui ont des entreprises plus grandes parce qu'ils souhaitent rester dans le mouvement ensuite. Effectivement, la plupart des dirigeants sont entre 1 et 20 salariés.
- Speaker #0
Est-ce que c'est le siège du CJD ? Parce que je sais que moi, je suis à Lyon, je sais qu'il y a un CJD Lyon, il y a des antennes un peu partout dans les grandes.
- Speaker #1
Il y a 140 sections partout en France. Donc moi, je m'occupe uniquement de la partie parisienne avec ma coprésidente Elisabeth. Mais effectivement, on est plus de 6 000 en France.
- Speaker #0
Donc on va parler de la fonction de dirigeant d'entreprise. Est-ce que tu as toujours été entrepreneur ?
- Speaker #1
Non, j'ai commencé d'abord, j'ai fait 10 ans de salariat. Je travaillais pour différentes entreprises en France, un peu à l'étranger aussi. que ce soit des cabinets de conseil ou ce qu'on appelle des clients finaux, donc des entreprises plus classiques. Et puis en 2013, j'ai souhaité devenir moi-même freelance parce que j'avais envie de maximiser l'impact que je pouvais avoir auprès de mes clients, choisir mes contraintes, choisir les personnes et les projets pour lesquels je voulais travailler. Ce que j'ai fait jusqu'en 2017. Et entre 2017 et 2019, j'ai progressivement, on va dire, bougé vers… Évolué vers l'entrepreneuriat. encore plus exactement le scénario d'abord
- Speaker #0
puis d'entrepreneuriat et donc me voilà en 2026 donc oui c'est une belle aventure avec plein d'étapes différentes on pourrait faire un épisode sur plein de choses je pense que t'as fait plein de choses moi je voulais que tu parles de ta position de dirigeant mais également de parentalité c'est un peu le sujet de ma saison actuellement et je te remercie encore d'accepter d'en parler j'aime bien aussi avoir des papas tu vois bah oui c'est sûr c'est important des mamans évidemment donc déjà ton bébé avant son arrivée donc ton bébé qui a qui a bientôt 3 mois là un tout petit bébé avant l'arrivée de ton bébé à quoi ressemblait ton organisation au travail ? est-ce que tu étais vraiment en mode je fais mon boulot et il n'y a pas de place pour le reste ?
- Speaker #1
j'avais un peu cette tendance là effectivement j'ai toujours été mais même salarié d'ailleurs pas que lorsque j'étais dirigeant d'entreprise accorder une grande place à mon travail parce que c'est un des axes de réalisation important pour moi, réalisation personnelle D'accord. J'ai besoin... Une valeur travail forte ? Oui, j'ai une valeur travail forte. Alors pas au sens où, entre guillemets, chaque personne doit absolument travailler. Là, on ne fait pas de politique, mais on va dire que... Moi, en tout cas, j'ai besoin pour mon épanouissement personnel de pouvoir me réaliser dans le travail. Et donc, c'est vrai que le travail, de fait, prend une grande place dans ma vie et a toujours pris une grande place dans ma vie. Alors, on va y venir parce qu'effectivement, je procède à un rééquilibrage, à la fois du fait de la parentalité, mais aussi parce que ça fait plus de 20 ans maintenant que je travaille. Donc, à un moment donné, on se fatigue et donc on a besoin peut-être de rééquilibrer un peu les choses. Mais oui, le travail est quelque chose de très important pour moi et mon organisation personnelle tournait autour du travail et pas l'inverse. Voilà, donc ça, ça fait partie des choses qui ont été un peu bousculées ces derniers mois.
- Speaker #0
Justement, je pense qu'il y a un autre sujet aussi, c'est l'énergie aussi, c'est hyper important. Chez le dirigeant, il y a pas mal de contenu dans ce sujet. Complètement.
- Speaker #1
Et tu vois, là-dessus, de la même façon, on va dire que j'étais plutôt en consommation d'énergie et en fait, j'ai l'impression de parler comme un vieux, heureusement, ce n'est pas le cas, mais tu vois, quand tu es jeune, tu as de l'énergie à revendre et en fait, tu n'as jamais de sujet d'énergie.
- Speaker #0
On pose pas de questions.
- Speaker #1
Exactement. Donc, on va dire que je... J'ai consommé, puisé pas mal dans les batteries. Et quelque part, ce projet de parentalité, il est arrivé au bon moment. C'était salvateur aussi pour moi parce que j'étais dans une phase où je commençais peut-être aussi un peu à m'épuiser professionnellement à certains moments. Puisque je l'ai dit, j'ai plusieurs vies. J'ai une vie associative avec un engagement très fort que j'ai depuis plusieurs années. J'ai cette vie de chef d'entreprise. Je suis un peu touche-à-tout. Donc, je suis impliqué dans plein de réseaux. Je fais vraiment beaucoup de choses. Et c'est parfait pour mon équilibre, en tout cas pour nourrir ce besoin euh intellectuelle mais justement en termes d'équilibre parfois il ne faut quand même pas s'oublier et donc je pense qu'à postériori je l'aurais peut-être pas dit il y a quelques mois mais ce rééquilibrage autour de la vie personnelle et donc de réorganiser les choses et de redonner une priorité différente à chaque chose dans ma vie a été quand même plutôt salvateur en réalité t'as vécu plein de choses et maintenant au niveau d'eau tu laisses de la place pour autre chose on va dire et après peut-être que ce qui est différent par rapport à d'autres personnes que t'as reçues dans le podcast c'est que moi j'ai des enfants assez tard en réalité puisque je suis Je l'ai dit, j'ai bientôt 39 ans. Donc, j'ai eu une vie avant. J'ai démarré en plus ma vie professionnelle très jeune, parce que j'ai démarré quand j'avais 15 ans. J'étais en alternance, je fais mes études en alternance. Donc, je connais le monde de l'entreprise depuis maintenant longtemps. Et en fait, j'ai eu le temps de découvrir plein de choses à titre personnel. J'ai beaucoup voyagé, comme à titre professionnel. Là aussi, ça a été plein de voyages et d'expériences différentes. Et je pense que tu abordes les choses un peu différemment quand tu as eu une vie avant d'avoir tes enfants. Et donc, quelque part, moi, avoir mes enfants, ce n'est pas cocher une case. pour correspondre à une contrainte sociale, qui ne dit pas son nom, mais une véritable volonté, et plutôt un aboutissement d'une vie précédente, qui a été très riche de plein de choses, et que je suis maintenant prêt à réguler un peu, pour faire de la place, évidemment, à cet enfant.
- Speaker #0
Ça pourrait être aussi un autre sujet, mais c'est vrai que la parentalité un peu plus tardive, c'est aussi encore autre chose, il y a pas mal de contenu, parce que là aussi on assiste à...
- Speaker #1
C'est vraiment une expérience différente parce que je le vois autour de moi, dans ma famille, j'ai des neveux et des nièces qui ont des enfants à 20, 23 ans. C'est vrai que ce n'est pas du tout la même histoire. Et ce ne sera pas du tout la même parentalité non plus. C'est ça,
- Speaker #0
je voulais te dire.
- Speaker #1
Je me rends compte de ça, effectivement, les ayant un peu plus tardivement.
- Speaker #0
Justement, comme tu étais, avant l'arrivée de bébé, tu étais très, comme tu disais, dans le travail, valeur fort travail, vraiment ton quotidien, etc. Est-ce que tu avais aussi l'impression que tout reposait sur toi ?
- Speaker #1
Alors oui, bien sûr.
- Speaker #0
Justement, tu as essayé de comparer de place ? Est-ce que tu as aussi laissé de la place pour dire, je ne suis pas indistinguée ?
- Speaker #1
D'une certaine façon, oui, puisque le système que j'ai construit, forcément avec des collaborateurs, avec des revenus de chefs d'entreprise qui peuvent aussi mettre une forme de pression plutôt personnelle. Donc oui, il y a un système qui se crée autour de soi où si on n'est pas vigilant et qu'on ne prend pas soin de faire en sorte que ce système puisse continuer sans soi, devient forcément dépendant.
- Speaker #0
Tu le savais quand même ?
- Speaker #1
Oui, je le savais. Je pense qu'une part de moi, ça convenait à une part de moi. Est-ce que quelque part, dans cette réalisation que j'évoquais, j'ai probablement eu un besoin à un moment donné dans mon parcours de me prouver que j'étais capable de « supporter » , alors ce n'est pas forcément le bon mot, mais d'en arriver là. Et du coup, de façon inconsciente, je pense qu'il y a certaines choses que j'ai construites comme étant dépendante de moi qui n'auraient pas dû l'être. J'avais déjà ce travail. Je travaille un peu conscient de me dire comment je rends mon entreprise plus indépendante de moi depuis quelques années. Et c'est vrai que la parentalité est un peu un accélérateur là-dedans parce que de fait, il y a des périodes où on n'est pas disponible, il y a des imprévus. Et donc, il faut savoir gérer ça. Donc, tout ce que j'avais mis en place déjà avant l'arrivée de mon fils a permis quand même d'aider beaucoup ce passage parce qu'évidemment, la suite est pleine d'imprévus et qu'il faut savoir les gérer comme la vie d'un entrepreneur est déjà faite de plein d'imprévus toute la journée. Il y a collision entre les imprévus pros et persos, et il faut savoir gérer ça.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y avait des moments justement où tu t'absentais, quand tu partais en vacances ?
- Speaker #1
Oui. Tu te gérais bien ?
- Speaker #0
Est-ce que la boîte fermait justement pendant des vacances ?
- Speaker #1
Non, je n'ai jamais fermé la boîte quand je partais, parce que je trouvais ça un peu injuste pour les collaborateurs de leur imposer des périodes de congés fixes, surtout que je ne les prenais pas exactement au même moment que tout le monde, parce que justement, je n'avais pas la contrainte des enfants. On va dire que j'ai eu un système très progressif là-dessus. Quand j'ai démarré, En plus, je rappelle, je ne suis pas devenu entrepreneur au départ par conviction, ça s'est fait un peu au travers de mon histoire, via différentes étapes, donc je suis un peu arrivé à ça de façon, on va dire, empirique. Pas forcément destiné à ça au départ, en tout cas, ce n'est pas quelque chose que j'avais conceptualisé. Et oui, donc j'ai démarré en ne prenant au départ aucune vacance, parce que c'était trop excitant comme projet, parce que j'arrivais à ne pas raccrocher, etc. Puis, des années passant, j'ai quand même retrouvé le goût de prendre des vacances et de faire des pauses, et je me suis rendu compte que c'était quand même sacrément utile, pas seulement à titre personnel, mais aussi à titre professionnel, pour prendre du recul sur les choses, pour... avoir une lecture plus fraîche à son retour. Et qu'il y a des choses qui moulinaient un peu en arrière-plan. Tu l'as épuisé tes vacances ?
- Speaker #0
Tu as eu l'analyne d'avancer ?
- Speaker #1
Les premières années, honnêtement, j'ai eu du mal. C'est-à-dire que j'étais en vacances, mais ça me gratouillait un peu. J'avais un peu du mal à me mettre sur la plage. Déjà, ce n'est pas le type de vacances que j'aime, mais en tout cas, c'est vrai que j'avais besoin de remplir énormément mes vacances. Je faisais des trips dans plusieurs pays. C'était des vacances très ventes. exactement à la fois parce que je n'arrivais pas complètement à décrocher le travail donc si je ne remplissais pas par autre chose quelque part j'avais toujours le travail au coin de la tête quelque part et puis parce qu'en fait c'était devenu mon rythme donc je ne savais plus trop faire autrement donc ça j'ai réappris à ralentir à créer de l'espace et aussi grâce au fait que je me suis rendu compte effectivement à quel point c'était utile donc on va dire que je l'ai fait au départ par utilité professionnelle parce que je me suis rendu compte que c'était presque un outil de management de moi-même de prendre des vacances mais aussi évidemment à la fin par besoin personnel, de repos et pas uniquement lié à une efficacité ou à une nécessité de performance professionnelle, mais d'abord et avant tout parce qu'en fait on en a juste besoin en tant qu'humain c'est ça, exactement on parlait tout à l'heure de baril centre le baril centre professionnel, avant j'avais l'impression de faire des concessions en partant en vacances pour pouvoir quelque part aider ma boîte et je me disais c'est en fait un un objet professionnel que de prendre des vacances. Et en fait, maintenant, évidemment, j'ai remis les choses dans l'ordre et ça va beaucoup mieux comme ça. Oui,
- Speaker #0
tu regardes notre prisme. Oui, ben oui,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
Alors, le projet Parentalité, parlons-en. Donc, il arrive dans le cadre d'une GPA.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Comment tu as anticipé ça, justement, dans ton planning de dirigeant, toi qui, justement, as toujours besoin de...
- Speaker #1
La question de la parentalité, ce n'est pas réellement posé comme, on va dire, pour un couple. plus traditionnelle, puisque donc effectivement, je suis marié à un homme depuis quelques années. La question, elle s'est posée plutôt en termes d'âge où je me suis dit, voilà, j'approche de la quarantaine. Je savais que j'avais toujours eu envie d'avoir un enfant et je me disais, c'est un peu maintenant ou jamais. Donc, j'ai commencé à me renseigner sur quelles étaient les possibilités. Évidemment, spoiler alert, il y en a peu et elles sont toutes complexes pour avoir un enfant. J'ai fait pas mal de recherches, donc j'ai commencé ça à peu près en 2023, en sachant évidemment que si j'allais au bout... je savais qu'il allait falloir nécessairement revoir les priorités, revoir l'organisation, que ça allait impacter très profondément ma vie à tous points de vue, mon système de valeur. Et ça, j'en avais conscience dès le démarrage. C'est ce qui a permis de faciliter les choses et de faire travailler un peu en conscience ensuite. Et en fait, comme ce process effectivement de gestation pour autrui, donc dit autrement de recours à une mère porteuse, est très long, j'ai eu le temps de me préparer à l'impact de l'arrivée de l'enfant. puisque ça a pris, dans notre cas, deux ans et demi, ce qui est plutôt court en réalité, mais qui est fait de plein, plein, plein d'étapes. Je ne suis pas détaillé ici, mais il y en a vraiment beaucoup. Et qui, du coup, m'ont quand même permis d'avoir le temps aussi de me dire, déjà de projection, et de me dire à quoi doit ressembler mon organisation en 2026, s'il enfin arrive à cette année-là, pour que ce soit compatible. Et surtout, au-delà d'être compatible, ce que je voulais, c'était ne pas subir et être dans des injonctions paradoxales de... Je dois être chef d'entreprise et donc assumer un certain nombre de responsabilités et être l'homme fort de ma boîte et en même temps être un super papa. Donc je me suis dit, je ne veux surtout pas rentrer dans cette compétition de rôle. Et donc c'est à moi de clarifier mon rôle professionnel, de peut-être davantage déléguer, de sous-traiter certaines choses, de vraiment trouver une organisation différente, mais pas uniquement pour moi, mais globalement pour mon entreprise, de façon à pouvoir créer de l'espace, espace qui évidemment est ultra nécessaire pour mon fils, pour moi aussi, pour créer cette relation. et qui est ma priorité absolue, évidemment, ça va s'en dire désormais. Donc, voilà, c'était un travail vraiment conscient de me dire comment je rééquilibre les choses, comment je m'organise, comment j'organise mes journées de travail. Et on en reparlera peut-être, mais y compris durant le congé paternité, je me suis organisé d'une certaine façon pour maintenir quand même une continuité d'activité dans mon entreprise, tout en ayant ce temps très important aussi d'accueil de mon fils.
- Speaker #0
Oui, justement, donc tu as pris un congé PATH ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'ai vu ton post-hilling de ce matin, tu es de retour.
- Speaker #1
C'est la reprise, exactement. Donc,
- Speaker #0
tu as pris combien de temps ?
- Speaker #1
J'ai pris quatre mois de pause, puisqu'en fait, il a fallu partir aux États-Unis, évidemment, avant l'accouchement. Accouchement dont on ne connaît pas nécessairement la date, évidemment. Et puis...
- Speaker #0
Comment tu anticipes ça, en fait ? Tu avais juste une fenêtre de tir ? Enfin, tu avais l'info que c'était entre...
- Speaker #1
Disons qu'il y a une date de terme et ensuite nous on nous conseille d'arriver 2-3 semaines avant donc nous on a voulu être safe de ce côté là, on est arrivé 3 semaines avant environ
- Speaker #0
Il est arrivé au bon moment ?
- Speaker #1
En l'occurrence il y a eu des petites complications donc il y a eu une césarienne qui a été planifiée on savait à peu près au plus tard le timing était fixé par contre en fait il n'était pas à 100% puisqu'il pouvait se passer beaucoup de choses jusqu'à la césarienne donc on n'était absolument pas certain Merci. que ça tienne jusqu'au moment de la césarine programmée. En l'occurrence, ça a été le cas. Donc, il est né le jour où il devait naître. Mais ça aurait pu être très différent. Et donc, c'est pour ça qu'on a quand même voulu s'assurer d'être présent sur place. Et puis après, il y a aussi un sujet d'adaptation parce que de la même façon, si tu arrives la veille de l'accouchement, évidemment, c'est un peu compliqué. Donc, on a décidé d'arriver avant pour s'installer, se préparer à l'arrivée de l'enfant, acheter les dernières choses qu'il fallait, avoir ce temps-là. Et puis, se retrouver en tant que couple aussi, c'est quand même aussi un sujet important parce qu'après... On savait que l'impact allait être assez fort et effectivement, ça n'a pas manqué de l'aide. Donc, on a vraiment pris ce temps déjà pour nous, début janvier. Il est arrivé fin janvier et puis voilà, ensuite, effectivement, on est rentré un peu dans les sujets, évidemment, d'accueil de l'enfant et puis administratif pour pouvoir revenir en France. Donc, effectivement, on est deux mois, je pense, à peu près un peu moins, un mois et demi à revenir en France. Et après, il a fallu trouver une nouvelle organisation à la maison. Donc là aussi, je ne me voyais pas reprendre le travail tout de suite. et voilà on s'est battu pour avoir cet enfant je voulais aussi rester un maximum de temps avec lui et mon conjoint de la même façon aussi donc on s'est organisé pour avoir un vrai temps ensemble mais voilà aujourd'hui effectivement premier joueur à la crèche bon finalement il a que 3 mois donc c'est quand même assez jeune pour aller à la crèche mais voilà les crèches elles acceptent à partir de 3 mois 2 mois et demi à Paris mais c'est vrai que si on avait pu avoir plus alors maintenant il y a le congé de naissance donc Typiquement, mon mari va prendre le congé de naissance.
- Speaker #0
C'est à partir de juillet ?
- Speaker #1
C'est ça, c'est à partir de juillet. Donc, il va le prendre. Et moi, je vais probablement ralentir cet été. Parce que déjà, probablement...
- Speaker #0
La crèche ferme aussi.
- Speaker #1
La crèche ferme. Donc, en fait, nous, on a trouvé cette organisation-là. Ça permet de le mettre en collectivité. Puis, il commence à se développer, à avoir d'autres personnes. Et puis, nous, à trouver un rythme. Tout en sachant qu'on va avoir une pause estivale aussi importante. Et qu'il la retrouvera de plus belle en septembre. Cette fois-ci, sur l'organisation. plus définitif donc ça progressait comment t'as appréhendé le boulot pendant ton congé tu te connaissais un peu quand même ce qui a été compliqué c'est qu'il y a eu différentes phases parce que comme je le disais il y a eu la phase où j'étais de retour en France donc bon ça c'est un sujet mais il y a eu aussi la phase où j'étais aux Etats-Unis avec plus de 8 heures de décalage horaire donc il y avait vraiment cette double difficulté 1 d'être dans autre chose évidemment 2 d'être loin et 3 en plus d'être pas sur le même fuseau horaire donc je me suis Merci. La façon dont je me suis organisé, c'est de mettre en place des plages horaires durant lesquelles plutôt le matin…
- Speaker #0
Tous les interlocuteurs étaient au courant, évidemment.
- Speaker #1
Je n'ai pas fait d'annonce parce que c'est un sujet personnel. À l'inverse, je ne l'ai pas caché. Disons qu'il y avait deux niveaux de communication. Il y avait à l'intérieur de la boîte, évidemment, tout le monde était au courant depuis longtemps. Et puis, il y avait mes clients à qui je n'ai pas fait un mail pour leur dire au fait… Tu as des missions,
- Speaker #0
mais parfois, tu n'interagis pas tous les jours avec aussi.
- Speaker #1
non exactement donc aussi que des mails voilà c'est ça il y a beaucoup de mails il y a beaucoup de choses qui se font aussi en visio donc quand j'avais à le dire notamment pour caler les réunions justement je sais de caler les réunions sur des moments qui n'étaient pas en plein milieu de la nuit pour moi donc je l'ai dit quand il fallait le dire je n'ai pas fait d'annonce officielle non plus enfin voilà pour moi justement c'est la poursuite normale des affaires et donc je me suis organisé pour voilà sans me lever en pleine nuit mais en tout cas travailler plus tôt le matin qui correspondait à l'après-midi en France des fois travailler de façon asynchrone très tard la nuit Merci. quand il fallait donner le dernier biberon justement pour lancer un peu la journée en France. Et en fait, ça a plutôt bien fonctionné. Donc, je me suis vraiment réservé des phases où… Et à l'inverse, ce que j'ai beaucoup apprécié aux États-Unis, c'est qu'il y a des moments où je n'avais aucun mail, donc aucune question, connexion ou autre, et où j'étais justement vraiment dans ce moment de connexion très fort avec moi en famille ou sans perturbations extérieures. Donc, c'était aussi assez agréable, puisque du coup, pour nous, c'était en pleine journée. Donc, l'après-midi était très calme et on pouvait faire plein de choses. Donc voilà, j'avais un rythme finalement qui me convenait bien. Je travaillais le matin et puis l'après-midi, je passais du temps en famille. Et ça, c'était chouette. Et puis le retour en France, alors il faut savoir, c'est assez intéressant, que quand on pose un congé paternité lorsqu'on est entrepreneur, la sécurité sociale, donc normalement l'un des ministres, dans mon cas, je suis toujours en train de me batailler avec eux. C'est assez compliqué. Ah ouais ? Ouais, non, mais tu te bats en plus pour des sommes qui sont dérisoires parce que tu cotises énormément, mais tu n'as le droit à quasiment rien quand tu es entrepreneur. Donc c'est vraiment très basique. Et en plus, la Sécurité sociale exige que tu n'aies absolument aucune activité professionnelle durant ton projet paternité. Donc, il a fallu vraiment, pour le coup, raccrocher. J'ai mis des périodes. Et j'ai mis des trous entre ces périodes pour pouvoir avoir des moments où quand même je fais la facturation de ma boîte, ce genre de choses. Parce que tu as quand même des choses à vérifier, à valider, à lancer chaque mois. Et donc, j'ai pris des périodes un petit peu... C'est un peu clairsemé parce qu'il fallait des moments où quand même... Parce que si tu as un contrôle, il ne faut pas que tu as envoyé un email, il ne faut pas que tu as envoyé une facture. Tu ne peux rien avoir fait du tout durant la période. Sinon, ils considèrent que tu travaillais et que c'est un congé paternité induit.
- Speaker #0
Est-ce que... justement tes indemnités de la sécu, est-ce qu'il faut que tu aies un congé PAT justement avec des jours consécutifs ou pas forcément ?
- Speaker #1
Ça marche de la même façon pour des salariés, tu as le droit, enfin tu es obligé de prendre 4 jours à la naissance en plus des 3 jours. Alors nous, on n'a pas 3 jours puisqu'évidemment c'est 3 jours offerts par l'entreprise, donc selon la convention collective, donc nous on a uniquement les 4 jours de la sécu obligatoire à poser à la naissance. Je ne rentre pas dans le débat, mais nous en fait en étant aux Etats-Unis, on n'a pas le droit à ces 4 jours-là alors qu'ils sont obligatoirement à poser lors de la naissance, bref. très cohérent et puis et puis après en rentrant t'as le droit à deux à trois périodes mais voilà c'est le même nombre de jours que pour un papa salarié et c'est là où moi j'ai choisi des périodes avec des trous entre les périodes pour pouvoir quand même un minimum suivre les choses puisque concrètement les jours où je suis en congé paternité déclarée j'ai pas le droit d'allumer l'ordinateur pour un dirigeant d'entreprise c'est c'est pas adapté enfin franchement voilà mais en même temps je comprends qu'il faut qu'il faille une règle parce que sinon à l'inverse on pourrait déclarer un congé paternité et continuer à travailler normalement. Il faut trouver le juste milieu entre les deux.
- Speaker #0
Est-ce que tu as déjà eu, en tant que dirigeant manager, sache manager, des collaboratrices en congé maternité ou des collaborateurs en congé paternité ?
- Speaker #1
Alors oui, j'ai eu les deux. J'ai eu des collaboratrices en congé maternité, j'ai eu des collaborateurs en congé paternité. J'ai même eu un couple en réalité, puisqu'on avait un couple chez Bigger. Donc voilà, on le savait. Ils ont eu un enfant ensemble, donc ils ont été effectivement absents. en partie ensemble. Et en plus, ils travaillaient dans la même équipe. Donc, il a fallu le gérer d'un point de vue opérationnel. Moi, je considère en tant que chef d'entreprise que à partir du moment où les choses sont planifiées, on trouve toujours des solutions. Donc, ça ne m'a jamais posé de problème opérationnel le fait qu'il y ait des absences. Les absences, en plus souvent, pour les premiers, c'est quatre mois. Quatre mois, ça se gère. Ce n'est pas comme si quelqu'un part trois ans. Et encore une fois, si ça arrive, ça se gère. À partir du moment où on a l'information en amont, on trouve des solutions. trouve des solutions pour remplacer les personnes temporairement, pour répartir le travail différemment, peut-être pour ne plus faire certaines choses. Et c'est d'ailleurs parfois des périodes où c'est aussi salvateur parce que tu te dis tiens, avant on faisait ça tout le temps, est-ce qu'en fait réellement on a besoin de faire ça ? Ça re-questionne l'organisation du travail. Moi, je n'ai jamais eu de problème par rapport à ce sujet-là. Au contraire, je suis content pour mes collaborateurs, ça leur permet de s'épanouir, ça leur offre une parenthèse où souvent ils en reviennent quand même assez transformés. donc c'est plutôt chouette c'est un peu de recul aussi exactement et donc de la même façon ils peuvent venir avec de nouvelles idées, dans une nouvelle dynamique donc ça c'est plutôt chouette après j'ai pas eu que des bonnes expériences notamment du côté collaboratrice j'ai eu deux collaboratrices qui étaient enceintes une qui a eu énormément de temps à tomber enceinte et donc c'est un vrai projet pour elle en réalité elle avait quitté son précédent employeur parce qu'elle n'arrivait pas à tomber enceinte notamment parce qu'il mettait beaucoup la pression par rapport à ça donc ça n'a pas très bien fini pour l'ancien employeur donc moi j'ai essayé de créer une sécurité psychologique en l'aidant et t'en as parlé le premier jour où elle est arrivée donc elle a attendu d'arriver on n'a pas parlé pendant le process mais elle est arrivée et elle m'a dit quelque chose à te dire entre guillemets j'ai l'impression qu'elle faisait des aveux or évidemment elle n'a pas à le faire mais voilà c'est délicat et je pense qu'elle l'a fait parce que c'était important pour elle et que comme elle avait eu une mauvaise expérience dans une entreprise précédente Elle voulait s'assurer que le cadre qu'on allait avoir de travail lui permettrait de savoir qu'il n'y avait pas en plus à contraindre du travail qui s'ajoutait. C'était une PMA, donc c'est des processus qui sont quand même assez lourds, notamment pour les femmes, puisqu'il y a des rendez-vous. Il y a beaucoup de rendez-vous. C'est des rendez-vous où l'entreprise doit libérer la personne, mais quand même la rémunérer. Donc, c'est pareil. En fait, par la force des choses, j'aurais fini par le savoir. Mais c'est vrai qu'elle a joué carte sur table tout de suite en me le disant. Et c'est aussi quelque chose que j'apprécie, parce que de la même façon, en tant que dirigeant, ça m'a permis de dire, OK, j'ai quelqu'un que j'ai attendu longtemps, qui arrive tout juste et qui va devoir repartir. Mais je le sais. Du coup, j'ai le temps de m'organiser. Et on a un bon niveau d'échange. En plus, transparent, ça se passe super.
- Speaker #0
Ce que j'allais dire, c'est qu'il y a vraiment un niveau de confiance et de se dire qu'elle arrive dans une... En fait,
- Speaker #1
on fait équipe. On fait équipe. On a ces contraintes personnelles qui sont tout à fait légitimes, normales, etc. J'ai des contraintes professionnelles en tant que chef d'entreprise. Et en fait, on trouve des solutions. Et d'ailleurs, souvent, cette solution-là, on la trouve ensemble. Donc ça c'était... pour moi une bonne expérience. J'ai eu une moins bonne expérience dans un moment plus compliqué pour l'entreprise où j'ai dû me séparer de certains collaborateurs et donc y compris une personne qui était dans un processus de maternité. Donc, on a eu des discussions à ce sujet et là, en réalité, ce qui s'est passé... c'est que cette personne-là a tenté de faire passer son départ pour discrimination sous prétexte qu'elle est enceinte, alors qu'en l'occurrence, on a payé évidemment son congé maternité, qui n'a eu aucun sujet. Cette personne était d'ailleurs en congé pathologique par la suite, on a évidemment réuni. Enfin, il n'y a vraiment eu aucun sujet, aucun préjudice, mais la grossesse a été utilisée, quelque part instrumentalisée, pour réclamer des indemnités. Et ça, pour le coup, j'ai trouvé... trouvé ça à ne pas faire parce que elle n'était pas assez concernée, plusieurs personnes ont dû partir. C'était des suppressions de postes, ça n'avait rien à voir avec sa condition de femme enceinte. Et là-dessus, j'ai trouvé que c'était vraiment pas loyal vis-à-vis de l'entreprise et en plus très délétère pour les droits des femmes puisque c'est ce genre de comportement qui pourrait ensuite amener des entrepreneurs ou des entrepreneuses à se questionner sur des recrutements futurs quand tu as une mauvaise expérience, sinon ça laisse des traces aussi. Et autant la première fois, ça s'est très bien passé, autant la seconde, beaucoup moins. je ne vais pas rentrer dans une logique où évidemment je vais faire de la discrimination, ce n'est pas du tout mon style. Mais c'est vrai que du coup, ça questionne beaucoup sur les valeurs, quand elles ne sont pas partagées, sur le fait de profiter d'une situation et puis d'instrumentaliser sa grossesse et son enfant. Moi, je trouve que c'est vraiment…
- Speaker #0
Et puis, il y a un moment de difficulté dans l'entreprise. Ah ben,
- Speaker #1
ça crée des grosses difficultés dans l'entreprise parce qu'en fait, évidemment, tu as les autres collaborateurs qui sont spectateurs de ça. C'est ça. prix, ça c'est vrai pour tout l'équipe dans une entreprise, il y a toujours ce tiraillement entre la version officielle de l'entreprise, ce que va dire en small talk le collaborateur, il peut y avoir un peu de poker mentor d'un côté ou de l'autre, et donc c'est compliqué ce tiraillement, parce qu'en fait ça ne les fait compte en réalité. Donc voilà, mais c'est vrai que ça je l'ai mal vécu, je vais dire, je l'ai pris un peu comme un manque de loyauté, presque une forme de trahison que de... de retourner la situation pour attaquer l'entreprise. J'ai trouvé ça vraiment très dommageable.
- Speaker #0
Comment, justement, on peut améliorer les choses en tant que dirigeant, manager, pour soutenir justement les collaborateurs parents dans l'entreprise ?
- Speaker #1
C'est une question compliquée parce qu'en fait, on se confronte à tout ce qu'on vient d'évoquer, en positif comme en moins positif. Je pense que cette idée, déjà, d'avoir un congé de naissance est bonne parce qu'elle va apporter un cadre. Et en fait, ce dont on a besoin en tant que collaborateur ou en tant que dirigeant, je l'ai dit, c'est de visibilité. plus facile pour moi lorsque j'ai un collaborateur ou une collaboratrice qui me dit je vais prendre un congé d'adoption, de naissance parentale parce que je sais exactement la période de naissance, comment ça fonctionne, est-ce que c'est en une ou plusieurs fois, enfin bref, ça me permet d'organiser l'activité de l'entreprise de façon très générale.
- Speaker #0
Financièrement, mais tu sais,
- Speaker #1
évidemment, il y a des applications financières aussi pour l'entreprise sur si l'un est né, si l'autre n'est pas, voilà, tout à fait. Et ça, je trouve que c'est bien parce que ça apporte un cadre plutôt que euh... des situations où, comme en fait en France, à part le congé parental, il n'y avait pas grand-chose. Ensuite, on rentre dans une forme de négociation où c'est du congé sans solde, c'est d'autres choses. Et en fait, ces questions-là, elles se posent souvent à la fin du congé maternité ou paternité, avec des collaborateurs qui reviennent et qui disent « En fait, je ne l'avais pas forcément planifié, mais je ne vais pas revenir tout de suite, voire je ne vais pas revenir du tout. » Ça, c'est aussi évidemment des choses qui arrivent. Donc, c'est vraiment ce sujet de comment on se donne de la visibilité et on reste dans un... Et donc, je trouve que d'apporter un cadre légal, en offrant des possibilités bien définies, ça va forcément faciliter cet échange qu'on va avoir entre collaborateurs et dirigeants et dirigeantes pour pouvoir préserver l'activité tout en offrant ce moment de vie incroyable aux futurs parents.
- Speaker #0
Alors toi, en tant que jeune papa d'un bébé de trois mois, qu'est-ce que la parentalité a comme impact sur tes ambitions ?
- Speaker #1
Plein d'impact. Disons qu'avant, j'étais en mode tout est possible. Tout est possible, il n'y a aucune limite. Je n'ai pas de limite ni d'énergie, ni d'ambition. Je suis un peu là-dessus, j'ai un modèle presque un peu...
- Speaker #0
Un peu prenant une tête,
- Speaker #1
oui. Il me dit, même si je trouve un centime dans la rue, je peux transformer les choses et en faire quelque chose. C'est un peu une vision idéaliste, mais en réalité, dans ma vie, je ne fais que d'études. Je l'ai dit, je suis arrivé à créer une entreprise un peu de toute pièce sans que ce soit forcément totalement planifié au départ. Je suis un peu... Je suis un adepte de tout est possible. Maintenant... dans le tout est possible, j'intègre beaucoup plus.
- Speaker #0
les limites. Les limites, c'est quel niveau d'énergie ça me demande, à quel point ça me détourne de mon projet de famille personnel, est-ce que c'est soutenable pour ma famille, parce que je ne suis pas tout seul dans cette histoire, j'embarque aussi mon mari, du coup maintenant aussi mon fils, et donc ces questions-là, elles ont beaucoup plus de poids qu'avant, et donc le système...
- Speaker #1
Et le niveau d'énergie aussi,
- Speaker #0
on en parlait tout à l'heure. C'est qu'un petit bébé,
- Speaker #1
voilà quoi !
- Speaker #0
C'est clair que le niveau d'énergie ne remonte pas aussi vite qu'avant et qu'on peut être sur des plateaux bas pendant quelques semaines, ça c'est sûr. Donc en fait, tout ça maintenant, je l'intègre dans ma réflexion et dans mon système. Ça ne veut pas dire que j'ai renoncé à l'ambition, parce que clairement, ce n'est pas le cas. Mais par contre, je suis capable de dire, voilà mon ambition et voilà le chemin pour y arriver. Et le chemin pour y arriver sera peut-être soit plus sinueux, soit plus lent et donc moins direct. Mais ce n'est pas grave parce que je reste par contre convaincu. que tout reste possible et que c'est qu'une question de bien connaître ses contraintes et de naviguer en fonction contraintes j'aime pas le terme parce qu'en réalité c'est bien plus que des contraintes d'être parent mais tu vois d'un point de vue professionnel ça peut parfois être un ralentisseur donc il y a quelque chose à intégrer et en fait c'est pas grave et l'autre chose qui a profondément changé c'est que mon ambition est pas seulement nourrie par le fait de me faire plaisir et intellectuellement d'être épanouie elle est beaucoup plus tirée par c'est quoi mes finalités personnelles je pense que c'est la parentalité mais c'est aussi le fait de s'aider un peu et de l'expérience de me dire tout ça pourquoi le côté un peu plus philosophique en tout cas au moins de me dire je ne fais pas pour faire, avant je faisais pour faire je faisais pour me prouver, peut-être pour prouver aux autres à un moment, et donc souvent je faisais des choses pour me faire plaisir des choses qui ont un sens à la vie que je dois avoir. on va dire qu'effectivement j'ai une réflexion plus aboutie sur ce que j'ai envie de devenir plus tard et quels sont mes projets importants et à quoi j'ai envie de contribuer globalement dans la société. Et qu'est-ce que, même sur le versant philosophique, effectivement, sur mon dit-demand, je vais pouvoir retenir de ce que j'ai pu laisser comme trace. Donc ça, je le mets en relation avec c'est quoi mes prochaines étapes. Donc je le fais plutôt en mode rétro-planning avec cette facile ambition. mais réfléchis, en tout cas un objectif, une stratégie, alors qu'avant c'était un peu plus, je vais là où la vie m'emmène.
- Speaker #1
Ça me fait plaisir, j'ai envie d'y aller, j'y vais.
- Speaker #0
Et ça, ça réaligne aussi beaucoup, parce que du coup, si tu pars de ta finalité personnelle, elle intègre nécessairement ta famille, et tu fais ça aussi justement pour le confort, le bien-être de ta famille, et donc tu ne peux pas te retrouver dans une situation où tu es en incohérence entre ce que tu as envie de faire à court terme et ce que tu défends comme modèle à plus long terme. Donc ça permet vraiment d'avoir un meilleur alignement, je trouve.
- Speaker #1
Merci beaucoup Charlie. Une question un peu différente, est-ce que tu as une chanson Good Vibes qui te booste ?
- Speaker #0
C'est marrant parce que là, j'ai beaucoup écouté récemment la chanson Queen, Don't Stop Me Now. Et c'est marrant parce qu'en fait, ça résonne un peu avec ce moment de vie, c'est-à-dire que, bah oui, j'ai quand même envie de traquer la vie à plein nombre, tous les aspects, perso, évidemment, ça reste le plus important, et encore une fois, mes priorités ont été totalement revues, donc ça, c'est vraiment le prérequis de toute chose. Et puis, à titre pro aussi, me dire que justement, je ne vais pas renoncer non plus à qui je suis, à cette... Tu peux, voilà, des moteurs... Et oui, alors, donc c'est plutôt une... C'est plutôt comment je gère chacun de ces rôles. ensemble plutôt que encore une fois de les mettre en concurrence en compétition ce que je ne veux absolument pas faire donc voilà cette chanson là elle m'a pas mal guidé à plusieurs moments récemment et puis je l'adore donc je trouve qu'elle donne une pêche de dingue donc ça c'est ma chanson Good Vibes génial merci et dernière
- Speaker #1
question est-ce que tu aurais un invité ou une invitée à me recommander sur ce podcast sur ces sujets ?
- Speaker #0
moi dans le milieu du freelancing j'échange beaucoup avec Nicolas Renou si tu le connais c'est le fondateur du Free Up c'est un club pour les consultants indépendants. Et c'est surtout un super papa. Pour moi, c'est un modèle de papa parce qu'il fait partie des papas qui parlent de ce que a provoqué la parentalité chez lui et de tout ce que ça impacte dans sa vie familiale, professionnelle, etc. Je trouve qu'on n'est pas tant que ça à en parler. La parole se libère, mais ça prend du temps. Et je trouve que c'est super. Et il collabore aussi avec une autre initiative qui a beaucoup de sens pour moi qui s'appelle Indé-Parents. c'est tout. Comment tu es indépendant par an en étant...
- Speaker #1
Une interne à Lyon aussi.
- Speaker #0
Exactement. Et en fait, j'organise aussi beaucoup de choses avec cette association et je trouve que c'est à la fois un super papa, quelqu'un qui est... et un peu engagé en même temps engagé sur ces sujets là qui justement a une activité professionnelle ultra riche et en même temps n'oublie pas du tout sa famille donc je trouve que c'est un modèle d'équilibre c'est un super papa et moi j'aime bien les sujets merci
- Speaker #1
beaucoup j'adore merci beaucoup Charlie à bientôt Merci d'avoir écouté cet épisode de Connecting Leaders. Si vous avez aimé cet épisode, vous pouvez soutenir le podcast en vous abonnant sur votre plateforme d'écoute ou en le partageant autour de vous ou encore en laissant un commentaire sur Apple Podcasts. Merci et à très vite.