- Speaker #0
Amis de l'écriture élégante, bonsoir, bienvenue chez La Pérouse pour une nouvelle conversation avec la sensation de ce début d'année, le premier roman de Bruno Marsand, Underdog, publié aux éditions Séguier. J'ai dit mon enthousiasme sur ce livre dans la presse écrite. Vous avez presque 60 ans et un premier roman à 60 ans, c'est quand même extraordinaire.
- Speaker #1
Ce n'est pas mon premier roman, j'en ai écrit d'autres sous mon vrai nom. Ron Orson est un pseudonyme.
- Speaker #0
D'accord. Bon, on en parlera plus tard. D'abord, ce titre, Underdog, ça signifie quoi exactement ? La réponse est page 20.
- Speaker #1
Oui, mais je ne vais pas donner l'étymologie exacte, mais en réalité... Vous voulez que je lise ?
- Speaker #0
Ah bah oui !
- Speaker #1
Ah bon, bien. Alors. Le bum, donc c'est l'argot américain. Le bum, c'est le clochard et le paumé, le raté. Ceux qui, en français, s'en rapprochent peut-être le plus, ce sont tocard ou bon à rien. Le bum est surtout un inaccompli, comme le sont les quatre personnages principaux du film. Polly, l'ami agressif porté sur la bouteille. Adriane, la fiancée timide et complexée. Mickey, l'entraîneur aigri et frustré. Et lui-même, c'est-à-dire Rocky, le faux dur qui n'a pas eu sa chance. Aucun ne mène la vie qu'il espérait, tous ont des vides. A Pauly, qui s'étonne que sa sœur Adrienne plaise tant à Rocky, celui-ci répond « J'ai des vides, elle a des vides. » Ensemble, on remplit les vides. C'est pourquoi pendant la scène des bannières, avec le promoteur, il se montre désarmé. Il est tête nue, sans le fameux chapeau noir qu'il porte dans tout le film. Surtout, il garde les mains dans ses poches. Jusqu'ici, on les a vues dans des mitaines, des gants, enroulés dans des bandes velpo, bougeant, menaçant, jouant avec une batte de baseball, cognant des sacs de frappe, des quartiers de viande, jamais inanimés, toujours à droite, actives, agiles. l'art de l'acteur C'est d'occuper ses mains. Quand Rocky sort du Spectrum, c'est la salle de spectacle dans laquelle joue le... Dans le film Rocky, oui, avec Sylvester Stallone. Voilà. Il les garde donc au fond de ses poches. Elles ont disparu avec son énergie, son humour, son assurance. Elles l'ont laissé seule avec son désœuvrement. Ses mains inutiles sont celles du chômeur, du banni, de l'humilié. Et humilié, nul n'a été autant que Stallone, et personne ne figure mieux que lui, l'homme des faits, aux espoirs écrasés par la société. On lui a sectionné un art... faciale à la naissance, son visage est à moitié paralysé. Il a eu le plus grand mal à parler, ses professeurs l'ont tenu pour un débile léger, son père pour un crétin. On l'a renvoyé pour bagarre et vandalisme de toutes les écoles qu'il a fréquentées, on lui a promis la chaise électrique. Il a passé sa jeunesse à se battre dans la rue et à vivre d'expédients, on l'a refusé dans tous les castings, on l'a chassé de ses taudis, il est devenu clocheur, il a dormi à la gare centrale de Manhattan. Il n'a jamais eu dans le maire des cas que des rôles secondaires non crédités. Il a joué des pièces devant 5 personnes où on l'a aspergé de neige carbonique. Il a tourné un film érotique pour 200$. Il est devenu le père d'un enfant autiste. Il a fait tous les métiers, gardien, figurant, ouvreur, vendeur, jusqu'à se faire pisser dessus par les lions dont il nettoyait la cage à Central Park pour 1$ de l'heure. Ils peuvent atteindre 10 mètres et leur urine sent 1000 fois plus fort que celle des Ausha. Je puais tellement qu'en rentrant chez moi, j'étais le seul usager du métro new-yorkais à avoir un wagon pour lui.
- Speaker #0
Donc ça, ça donne une idée de votre style très percutant. Et ce choc de Underdog, c'est deux histoires parallèles. Il y a toute l'histoire de l'enfance, la jeunesse, jusqu'à rencontrer la gloire de Sylvester Stallone, l'acteur américain. Et puis il y a la jeunesse d'un narrateur qui s'appelle Richard Morera, qui vous ressemble peut-être. Qui est le fils d'un fou et d'une grand-mère sorcière dans le Béarn, dans la montagne des Pyrénées. Et qui est lui aussi un underdog.
- Speaker #1
Ah oui, c'est un underdog.
- Speaker #0
On se demande d'ailleurs, quand on commence à lire le livre, moi j'étais immédiatement pris. J'ai trouvé qu'il y avait quelque chose de Célinien dans ce livre. C'était comme le voyage au bout de la nuit. Et il y avait cette vie de Stallone. et la vie de ce paysan béarnais. Et on se demande à quel moment ils vont se rejoindre.
- Speaker #1
C'est pour ça que deux fois dans les 100 premières pages, je dis, on ne voit toujours pas le rapport entre les deux, mais ça va venir. Si les lecteurs ont la patience de m'attendre, ils vont comprendre pourquoi. Effectivement, ils se rejoignent à un moment.
- Speaker #0
D'où est venue l'idée ? Peut-être que vous-même, vous avez adoré Rocky, je ne sais pas.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. En fait, je le dis exactement tel que ça s'est passé dans le livre, tel que ça se passait dans ma vie. C'était dans un ciné-club, un pion, vous avez fait à l'époque, donc c'était les années 80, un pion s'occupait du vidéoclub, je ne sais plus comment on appelait ça, le ciné-club, enfin.
- Speaker #0
Au lycée Francis-Jean-Mappo ?
- Speaker #1
Alors, ça n'existe pas, en tout cas à ma connaissance, mais bon, c'était dans ces eaux-là, oui, dans ces paroles. et on regardait, c'était un fan de cinéma américain des années 70, donc on avait vu Taxi Driver, enfin tous les classiques, mais aussi tous les classiques français, Marcel Carnet, etc. Et un jour, il nous fait voir Rocky en nous disant, bon vous voyez, c'était donc dans les années 80, Stallone était déjà la star mondiale, je vous préviens, nous avait-il dit, vous avez une image de bas de plafond de Stallone, vous avez raison, c'est un imbécile, etc. Mais bon, son premier film, Il est regardable. Et donc tout le monde s'était gossé, sauf moi. Moi j'avais trouvé ce film extraordinaire. Je trouvais que c'était un film presque qui tendait vers l'arrêt essai. Parce qu'il est plus ou moins, il n'est pas en noir et blanc, mais il a des clairs obscurs tout à fait épatants. Et puis surtout l'histoire m'a vraiment scotché, comme on dit bêtement.
- Speaker #0
C'est aussi un livre sur une sorte de bout du rouleau, c'est le voyage au fond du coup ce livre.
- Speaker #1
Stallone quand il écrit Rocky, le scénario, il a toute une carrière d'acteur raté, c'est-à-dire qu'il a fait des milliers de castings. Et chaque fois il s'est fait refuser pour des raisons, parce qu'il fait trop loupard. Il a la gueule à moitié paralysée. Il n'a pas une belle voix. Il ne joue pas très bien, certainement. Il a appris l'art du théâtre à Miami. C'est-à-dire qu'il a passé surtout son temps dans les bistrots. Il n'a pas tellement étudié l'art du théâtre. Et c'est un acteur raté. C'est là qu'il se dit, il faut que je m'écrive des rôles. Parce que personne ne m'en confiera jamais. Et il en écrit un certain nombre. D'ailleurs, il écrit beaucoup de scénarios, dont deux vont être adaptés avant Rocky, à la télé, dans une série qui s'appelle La Soif du Mal. Il arrive à en vendre, donc il se dit, je suis peut-être bon à être un vrai scénariste pour Hollywood. Et jusqu'à ce qu'il... Il fait quand même des castings, il continue, ça marche toujours pas. Il voit le combat Shepoetner contre Mohamed Ali. Shepoetner, c'est une espèce de... Il se reconnaît totalement en lui, parce que c'est un boxeur sur le retour, qui n'est pas un bon boxeur, il n'est pas beau à voir. Alors Mohamed Ali, c'est le plus grand champion. Il est élégant, il est rapide. Et là, Stallone se dit, c'est ça, c'est une métaphore de la vie. C'est le type qui n'a aucun espoir de gagner. Il se bat quand même. Et tout ce qui compte pour lui, c'est de tenir la distance. Et ça devient sa devise. Il faut tenir la distance. Même si on n'a aucune chance, au moins on sera là.
- Speaker #0
J'ai appris énormément de choses. Il y avait déjà eu un livre d'Emmanuel Bernheim sur Stallone,
- Speaker #1
qui était bien d'ailleurs. Une sorte de nouvelle. Oui, c'était très bien. J'avais beaucoup aimé ce livre.
- Speaker #0
Et vous savez que Sylvester Stallone l'avait appelé, il avait téléphoné à Emmanuel Bernal.
- Speaker #1
Sylvester, appelle-moi.
- Speaker #0
Je voulais savoir, est-ce qu'il vous a appelé ? Pas encore ? Non, pas encore, mais ça va pas tarder. C'est vrai que j'ai appris énormément de choses d'avoir Stallone, il est quelqu'un de très cultivé, il connaît par cœur Edgar Poe.
- Speaker #1
Il a passé un an de sa vie, parce qu'il a été renvoyé de toutes les écoles, mais un jour il a compris qu'il fallait qu'il se cultive. Il a passé un an à la bibliothèque de New York, qui a l'avantage d'être ouverte 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. et il a lu essentiellement les classiques américains et français. Donc il connaît très bien la littérature américaine et c'est un des rares acteurs américains qui est capable de citer de façon tout à fait naturelle des grands auteurs. Edgar Poe, parce que c'est presque un spécialiste d'Edgar Poe, il a voulu faire la vie d'Edgar Poe depuis l'âge de 20 ans. Il s'est totalement reconnu dans Edgar Poe. Il a fait 20 scénarios sur la vie d'Edgar Poe et le 20ème scénario il date de l'année dernière. Il l'a montré sur Instagram, il a emploie le scénario, écrit, surchargé, et c'est la 20ème version. Mais il connaît Horace Walpole, il connaît Hemingway, il n'aime pas Hemingway sur le fond de ses héros, mais il a une admiration sans bonne pour Hemingway, puis les grands auteurs, Fitzgerald, voilà.
- Speaker #0
Mais ce que les gens ne savent pas, c'est que Stallone était clochard, il dormait à la gare des...
- Speaker #1
De Houston, oui, la gare de... Le transit des bus de Manhattan, qui était à l'époque, dans les années 70, parce que là on est en 72-73 à peu près, c'était un endroit très malfamé, il y avait des junkies, de la prostitution, et il avait un oeil sur ses affaires parce qu'il les avait mis à la consigne et lui-même dormait sur les bancs plus ou moins, tout en continuant à écrire des scénarios, parce que c'était l'époque où il voulait être scénariste. C'est-à-dire qu'il a été clocheur. entre deux deux chambres de bonne qui l'occupait où il n'arrivait pas à payer le loyer donc il se faisait renvoyer donc il allait dormir à la gare il revenait après enfin oui et ce qui est fou c'est ce qui est le plus fou dans cette histoire c'est que donc il a écrit plein
- Speaker #0
de versions du scénario de rocky finalement il y a eu 9 versions et finalement il y en a une qui a séduit des producteurs à hollywood et tous voulaient le confier à d'autres acteurs que Stallone Establon est un inconnu,
- Speaker #1
donc pour avoir un peu d'ambition, Dans ce milieu, pour avoir un peu de succès sur un film de boxe, d'abord la réputation des films de boxe c'était de ne pas avoir de succès, donc il fallait au moins avoir une vedette. Donc tout le monde a postulé, tout le monde voulait ce rôle, mais tout le monde, sauf Robert De Niro parce qu'il avait Rajin Bull, mais autrement Al Pacino, Steve McQueen, toutes les vedettes de l'époque de différents âges, de différentes générations en plus. Tout le monde. Et Stallone a dit non, si je ne joue pas... Le film ne sera pas... Je ne vends pas le scénario.
- Speaker #0
Alors qu'on lui proposait des millions de dollars et qu'il n'avait pas de quoi bouffer le soir même.
- Speaker #1
Et qu'il a dû vendre son chien parce qu'il n'arrivait pas à le nourrir. Il a vendu son chien pour une somme dérisoire à quelqu'un qu'il a rencontré. Je passe les détails sinon on n'en finirait pas. Et quand le film a été accepté... Il l'a vendu pour 20 000 dollars, c'est-à-dire le minimum tarif syndical, parce que c'était lui, parce qu'il n'avait pas de notoriété. Et avec ces 20 000 dollars, il est allé revoir le gars à qui il a vendu son chien, il l'a racheté, 15 000 dollars, il lui restait 5 000 dollars. Il a racheté son chien en lui promotant en plus un rôle dans Rocky. Et il a promis au chien de lui donner aussi un rôle dans Rocky, c'est Bud Cuss, le fameux chien qui est dans Rocky.
- Speaker #0
Et ce qui est la force de caractère qu'il faut pour tenir... Oui, oui. Je ne fais pas la grande qualité. Et finalement, il a donc joué le rôle principal dans Rocky, avec très peu de budget. Et le film a rapporté combien ?
- Speaker #1
Alors, de mémoire, plus de 100 millions. Au moment de la sortie, c'est-à-dire... Alors,
- Speaker #0
il avait un pourcentage.
- Speaker #1
Il avait un pourcentage, c'est le pourcentage... Comme vous le savez, il y a la guilde aux États-Unis, donc il y a des pourcentages syndicaux. Et il a... Oui, il a gagné beaucoup d'argent, mais il les a touchés assez tard, en fait.
- Speaker #0
C'est vraiment une histoire très, très romanesque, très à l'américaine, finalement. Très américaine. Il gorge dans la rue et va se retrouver avec une villa à Beverly Hills le lendemain. Exactement, oui, oui.
- Speaker #1
C'est très, très américain, oui.
- Speaker #0
Et donc, vous avez cette intrigue-là, que tout est vrai. Vous êtes documenté énormément, et à le temps, on tourne les pages, vraiment, on a envie de savoir. Et puis, en même temps, il y a ce Richard, qui est la loose totale du Béarn. Mais c'est très très beau et très touchant, ces relations avec sa grand-mère, les paysages des Pyrénées, l'école, le collège, les filles dont il tombe amoureux, qui n'en ont rien à foutre de lui. Et tout ça est très touchant. Et puis à un moment quand même, ça fusionne et ça devient, on ne va pas tout raconter, c'est un livre qui fait 600 pages. Qu'est-ce qui vous a donné envie de mêler ces deux histoires qui n'ont rien à voir ?
- Speaker #1
Je voulais que... J'avais lu René Girard sur le mimétisme des comportements, sauf que souvent chez René Girard on retient le mimétisme négatif, c'est-à-dire que dans l'esprit de René Girard, ce qu'on ne sait peu c'est qu'il a aussi vu qu'il y a des modèles positifs. Et pour moi, ce Richard Moreira qui n'a pas de modèle masculin, il a été élevé par sa grand-mère, Le seul modèle masculin, c'est M. Hamounatégui, dont le lecteur intéressé se reportera au roman. Il trouve dans cet acteur, dont il comprend qu'il a écrit sa vie à travers celui d'un lecteur, ça c'est un modèle de vitalité, d'énergie vitale, et il en a besoin pour vivre. Lui-même est porté par une énergie vitale, il fait tous les métiers, jusqu'à ce qu'il rencontre Simon Saada qui va... Un homme d'affaires libanais qui va jouer le rôle que Apollo Creed dans le film Rocky joue pour Stallone. C'est ça le parallèle.
- Speaker #0
C'est vraiment s'en sortir ou y rester. C'est ça le livre. On a vraiment l'impression que c'est que tout le temps des dernières chances. Il y a un côté aussi Dickens.
- Speaker #1
Oui, c'est un roman de formation, c'est un roman d'apprentissage.
- Speaker #0
C'est Oliver Twist meets Rocky.
- Speaker #1
Dans un short de boxeur.
- Speaker #0
Moi, j'ai trouvé que ce livre, vraiment, d'abord, il ne se la joue pas. Vous êtes comique, mais humble, joyeusement désespéré.
- Speaker #1
Je précise que le premier humoriste du livre, c'est Stallone. Il est à pisser de rire. Il ne sait pas parce qu'il s'est pissé dessus par des lions, mais il est lui-même très, très drôle. Il a un humour, je pense que c'est l'acteur hollywoodien. Bon, j'en fais peut-être beaucoup sur lui, mais je pense que c'est l'acteur hollywoodien le plus drôle depuis très longtemps.
- Speaker #0
Mais c'est aussi un livre déchirant. Quand Richard quitte sa grand-mère sans la prendre dans ses bras et qui s'en veut, parce qu'il a été trop pudique, et elle aussi. Ou quand vous décrivez à peau une fille dont il est amoureux, qui évidemment va sortir avec son meilleur pote, et pas avec lui. Il y a beaucoup de passages très émouvants.
- Speaker #1
Au moment où la fille le quitte, il fait une machine à laver, il va dans une laverie pour laver son linge, et il retrouve une chaussette appartenant à la fille. Et je suis... chercher l'expression pour dire il n'y en a qu'une chaussette. Quelquefois c'est le mystère de la chaussette orpheline, on n'en trouve qu'une, pourquoi, d'où est-elle passée ? C'est ça la métaphore de son amour pour elle, il ne reste plus qu'une chaussette, c'est la chaussette orpheline, c'est l'amour orphelin. L'histoire d'amour, on est le seul à aimer. Je dis ça parce que c'était une semaine avant de rendre le bon à Thierry, j'ai trouvé le mot, c'est orpheline, la chaussette orpheline. Je dis ça parce que ça m'a marqué.
- Speaker #0
Vous avez vécu de beaucoup de petits boulots comme votre héros Richard. Alors je voulais savoir qu'est-ce qui était vrai, qu'est-ce qui était faux ? D'abord,
- Speaker #1
avant de vous répondre, je récuse le terme petits boulots. Ce sont des métiers très pénibles, usants, qui forgent le caractère, mais qui sont vraiment usants physiquement. Donc l'expression petits boulots, ce n'est pas distribuer des... des prospectus dans les boîtes toilettes. Je ne cherchais pas à dénigrer. Ce n'est pas pour vous reprendre, mais c'est parce que souvent j'entends cette expression et elle me le gêne.
- Speaker #0
Sans que vous aimiez les écrivains qui ont vécu. On pourrait voir l'influence de Martin Eden, de Jack London, par exemple, dans Underdog. C'est-à-dire des auteurs comme Kessel, comme Blaise Sandrard, des auteurs qui ont bourlingué. Vous, vous avez vraiment, par exemple, été boueur au Pays Basque ?
- Speaker #1
Oui, ça s'appelle Ripper, on est à l'arrière du camion. Alors à l'époque, j'étais avec quelqu'un et puis on faisait des concours de course à celui qui allait le plus vite, parce que j'avais 20 ans donc je courais plus vite que maintenant. Et puis, non c'est pas intéressant, ça s'appelle Ripper, c'est celui qui est à l'arrière du camion.
- Speaker #0
Vous avez travaillé dans des fêtes foraines avec des gitans ?
- Speaker #1
Alors ça c'est vraiment, les gitans c'est ce qui m'a coûté le plus en fait. Je l'ai écrit en deux jours. toute la scène, mais c'était vraiment un souvenir très doux.
- Speaker #0
Ah bon ? Parce que vous vous séparez, vous étiez devenus très amis, ou c'était très violent ? Oui, on sent que ça ne peut pas être inventé. Vous avez aussi été aide-soignant dans des...
- Speaker #1
Oui, on ne dit plus ça aujourd'hui, mais c'était un asile de fou. Avec des gens qui étaient soit... devenu fou, enfin qu'il était de naissance. On ne dit plus Asile de fou, mais les gens comprendront. C'était dans le cadre psychiatrique. Et là aussi, il y avait des scènes surréalistes. Je n'ai pas... J'ai regretté après de ne pas avoir fait davantage sur cet Asile parce que c'était un lieu absolument incroyable.
- Speaker #0
Peut-être que ce sera l'occasion d'un deuxième livre. C'est vrai que vous avez lu Larbeau pendant votre service militaire. Ça, c'est une qualité.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai, oui.
- Speaker #0
Non mais je veux dire, est-ce que vous avez apporté un room service à Jean-Édard Nallier dans un hôtel ? Absolument. C'est vrai ? Absolument,
- Speaker #1
c'était un être tellement incroyable. Je n'ai peut-être pas été très aimable avec lui dans le roman, mais c'était un être incroyable qui m'appelait parce que je servais d'homme à tout faire dans des grands hôtels. Et lui m'appelait à 7h du matin pour avoir une vôtre orange, des oeufs sur le plat et une pêche. ou en fruits. Et il me recevait, il était en train d'accomplir ses besoins naturels.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Il venait de la porte et il pissait en mangeant, s'il voulait, en même temps, tout en me parlant et en potillonnant. C'était un être particulier. Il écrasait ses cigarettes sur la moquette et les tiroirs de son bureau lui servaient de cendrier. Cendrier.
- Speaker #0
Bon, donc... C'est difficile de parler de ce livre, parce que c'est vraiment une construction très originale, un roman qui est comme un mixage de deux trajectoires, de deux clochards, en fait, un métissage de destins foireux, tout ça avec humour, avec truculence, avec...
- Speaker #1
Jusqu'à la moitié du livre, en ce cas, de moins foireux.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est vrai. On ne va pas tout raconter, mais Richard devient très, très riche.
- Speaker #1
Oui, et Richard a compris. C'est un garçon intelligent, en réalité. C'est ce qu'a compris l'homme d'affaires de Monsalada.
- Speaker #0
Qui lui vend des croissants aux Etats-Unis.
- Speaker #1
Il a ouvert une chaîne de boulangerie qui s'effleure. C'est un vrai homme d'affaires à succès. Mais il repère chez ce garçon un éclair d'intelligence qui lui plaît, de vivacité, d'expérience directe de la vie, et ça lui plaît beaucoup. Et peut-être que la chose la plus originale du livre, c'est ce que je dis du management. C'est-à-dire que Richard comprend que le management moderne, c'est lorsque le client... remplace le service, c'est-à-dire que le client fait lui-même le service et paie même un pourboire pour le service qu'il a lui-même à comprendre. Il a cette intuition-là. Le client est tellement bête qu'on va lui faire faire le travail à notre place.
- Speaker #0
Oui, ce qui est vrai d'ailleurs.
- Speaker #1
C'est-à-dire que Richard... Il devient un cynique aussi, c'est le point où il devient cynique. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai. D'ailleurs, ça, c'est un moment assez triste du livre.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Le héros qu'on aime, qu'on a appris à aimer, qui est sensible, qui est... Il est volu vers des règles... De plus en plus cyniques, oui.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, oui. Oui,
- Speaker #0
le livre est cruel pour ça. Mais est-ce que ce n'est pas aussi un livre... D'ailleurs, comme Le Voyage au bout de la nuit, où le Bardamu partait à New York, là aussi, on va à New York, c'est finalement deux pays, la France et l'Amérique, ce sont deux pays de l'ambition. Il y a Rastignac chez Balzac, puis il y a tous les romans américains sur les underdogs qui deviennent riches. C'est aussi un roman, peut-être, je ne sais pas comment on dit en allemand, Bildungsroman, un roman sur l'ambition et un roman ambitieux du coup.
- Speaker #1
Et aussi un roman sur l'admiration, parce que les personnages n'auraient jamais fait accompli ce qu'ils ont accompli sans avoir admiré quelqu'un. C'est à double tranchant, mais c'est aussi un roman sur l'admiration.
- Speaker #0
Sauf que la tristesse, c'est que ça devient un salaud. Pour réussir, il faut devenir un vrai connard.
- Speaker #1
Il n'est pas que ça, parce qu'à un moment, il a conscience d'être devenu ce qu'il est devenu. Et c'est là qu'il quitte le monde des affaires aussi. C'est là qu'il revient en France.
- Speaker #0
Là, vous racontez trop. Voici venu le moment de la révélation de l'émission. Parce qu'en fait, Bruno Marsan, vous l'avez un peu dit, ce n'est pas votre premier roman. Vous avez 60 ans et sous un autre nom. Vous avez déjà eu une vie d'écrivain sous le nom de Bruno Lafourcade.
- Speaker #1
C'est mon vrai nom.
- Speaker #0
On le voit d'ailleurs à votre physique de rugbyman landais. Lafourcade, c'est un nom du Sud-Ouest.
- Speaker #1
C'est un nom du Sud-Ouest.
- Speaker #0
Et vous vivez... Est-ce que vous vivez toujours dans les Landes ?
- Speaker #1
Non, je vis en Savoie maintenant.
- Speaker #0
Ah bon ? D'accord.
- Speaker #1
J'ai changé de montagne.
- Speaker #0
Un migrant, d'accord.
- Speaker #1
Je suis un migrant, oui, exactement.
- Speaker #0
Et donc, oui, sous le nom de Bruno Lafourcade, vous avez écrit quelques critiques dans la revue littéraire. Vous êtes l'auteur d'un essai sur le suicide en 2014.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Peut-être au moment où vous étiez vraiment au fond du...
- Speaker #1
J'étais vraiment très heureux à ce moment-là. Ah bon ? Sinon, je n'aurais pas pu l'écrire, je pense.
- Speaker #0
Oui. Mais ce livre avait été salué par Roland Jacquard, le regretté Roland Jacquard à l'époque de sa sortie.
- Speaker #1
Qui l'avait publié dans sa collection Perspective Critique. Oui. Qui a démissionné le 3 décembre. C'était le jour de mon anniversaire qu'il a démissionné de son poste en m'informant que ce n'est pas pour cette fois.
- Speaker #0
Et vous aviez aussi écrit un roman sur l'école qui s'appelait « Livret »
- Speaker #1
chez Léo Scher.
- Speaker #0
Voilà, chez Léo Scher, tout à fait. Et c'est vrai que ça, c'était en 2018. Et donc, j'aimerais savoir pourquoi vous avez eu envie de changer de nom et d'essayer d'être à nouveau primo-romancier, comme on dit.
- Speaker #1
Je n'ai pas eu... La volonté n'est pas du tout celle-là. J'ai écrit le premier chapitre de ce roman, Underdog, qui s'appelait à l'époque, le chapitre s'appelait I Was Nobody, qui s'appelle maintenant Bum, avec dans l'idée de faire un roman qui s'appellerait Underdog, j'avais déjà toute l'histoire en tête, et j'ai écrit ce premier chapitre. J'avais 30 ans, donc il y a 30 ans. Et je n'ai pas pu écrire la suite. C'est-à-dire que j'étais bloqué. psychologiquement par je ne sais quoi. J'ai eu un frein psychologique parce que je savais que ça allait être très personnel. Tout ce que j'avais à dire était me toucher de très près. Et je n'y arrivais pas. Donc j'ai essayé, j'ai essayé et je n'arrivais pas à faire le deuxième chapitre. Je me suis dit, je vais y revenir plus tard. Et 30 ans plus tard ! Un ami me dit, mais on discute de toute autre chose, et tout d'un coup, ça a duré 5 minutes, ça me prend comme ça parce que je suis à moitié fou, tout d'un coup je pars de Stallone, et tous les gens qui me connaissent savent qu'à un moment donné, j'en arrive à Stallone. Et je lui raconte Stallone, j'ai dit, tu sais, moi j'ai un rapport à Stallone, ça a été un modèle, c'était un truc, et il me dit, mais bon, il est psy. Et il me dit, mais je sais pourquoi tu n'arrives pas à l'écrire, c'est tellement personnel que tu ne peux pas l'écrire sous ton nom. Il faut que tu l'écrives sous un nom d'emprunt.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et il me dit, mais quel nom d'emprunt ? Ça serait me trahir. Mais non, on prend un nom près de chez toi, qui te concerne. Bruno Marsan, il me dit. Ah mais ouais. Et là, ça m'a fait un déclin.
- Speaker #0
Parce que vous habitiez à l'époque à Mont-de-Marsan ?
- Speaker #1
Parce que j'habitais à côté de Mont-de-Marsan. Ah oui, d'accord. Et parce que j'ai écrit aussi un roman qui s'appelle Saint-Marsan, et qu'il avait lu. Il me dit, si tu prends un nom proche de toi, mais qui n'est pas toi, tu vas y arriver. Je suis rentré chez moi et en six mois, j'ai écrit la suite. Il a trouvé le truc qui m'a fait... Tous les psys pourraient m'expliquer ça beaucoup mieux que moi, mais ça a été un effet incroyable.
- Speaker #0
C'est encore plus bizarre que ça, parce que ce livre, vous l'avez perdu. Il y a un virus dans votre ordinateur qui a tout effacé.
- Speaker #1
J'ai écrit 100 pages du livre. Et un lundi matin, je me lève et le fichier... ne s'ouvre pas, je demande à un informaticien de regarder, il me dit non, il n'y a plus qu'une longue et désespérante chaîne de zéros.
- Speaker #0
Que des zéros !
- Speaker #1
Que des zéros, et je me dis, mais en fait c'est la métaphore du livre. Je suis en train d'écrire sur des zéros, je suis moi-même un zéro, il y a tous les zéros qui s'enchaînent pour me dire... Arrête !
- Speaker #0
Ça n'a jamais été possible de retrouver... Non, non, non.
- Speaker #1
Le fichier, j'avais fait plusieurs copies. Toutes les copies étaient des zéros multipliées par...
- Speaker #0
C'est le cauchemar de tout écrivain. Voilà,
- Speaker #1
c'est le cauchemar de tout écrivain.
- Speaker #0
Vous n'aviez rien sauvegardé en papier ?
- Speaker #1
Ah non, non, j'avais rien.
- Speaker #0
Toujours faire une sauvegarde papier.
- Speaker #1
Et ce qui est fou, c'est que ça m'a abattu une heure. Mais je me suis dit, ce que j'ai fait, je peux le refaire. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter. J'ai laissé passer une semaine et je suis reparti en Savoie. Et à la montagne, au milieu des Ausha, à 2000 mètres d'altitude, j'ai écrit toute la partie, tout ce que j'avais. La plus belle partie du livre, la partie sur les montagnes. Sur les montagnes, parce que je les avais en face, sous mes yeux.
- Speaker #0
Ça c'est courageux.
- Speaker #1
Je précise autre chose, c'est que pour l'aspect, pour ce nom, c'est un roman qui parle de quelqu'un qui quitte sa région. Et en fait, les Bruno Marsans, les romans Siena d'eau de Bruno Marsans, ce sont toujours des romans qui ne parleront plus. d'Aquitaine parce que tous mes romans sous mon vrai nom ne parlent que de cette région-là. Donc c'est un adieu à ma région d'origine. Donc le deuxième roman ou le troisième parleront certainement de l'étranger, de pays très lointains.
- Speaker #0
Sous le nom de Bruno Lafourcade, vous avez publié un pamphlet sur le milieu littéraire qui s'appelle La littérature à balles réelles, où j'ai été massacré, avec tendresse, mais massacré quand même. Vous avez massacré tous les écrivains à succès. Vous étiez quand même Merci. Un tout petit peu aigri, non ?
- Speaker #1
Je le dis au début. Oui, oui, vous le dites. Je suis aigri, que c'est par aigreur que j'écris. Et l'aigreur est un bon moteur. Tout à fait. Il y a une entrée Bruno Lafourcade dans le livre. Je ne sais pas si vous l'avez lu. Le plus méchant des portraits, c'est quand même le mien.
- Speaker #0
Non, non, mais vous n'avez pas me... Comment dire ? Je ne vais pas vous le reprocher, vu ce que j'écris sur mes contemporains, moi aussi.
- Speaker #1
En plus, alors, vous voyez.
- Speaker #0
C'est tout à fait... C'est un genre, la critique littéraire, le portiel littéraire, qui est un genre important.
- Speaker #1
Aujourd'hui, c'est un livre que je n'écrirai plus. J'ai presque honte d'avoir écrit ce livre.
- Speaker #0
Oh non, pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que je trouve que, précisément, je jouais au type aigri. Et en fait, je me dis, il y avait vraiment beaucoup d'aigreurs, ouais. Non,
- Speaker #0
mais c'est pas faux. Non, non, non, mais c'est... Non, je regrette de l'avoir écrit. Je n'écrirai plus aujourd'hui. C'est vrai que... Vu votre panthéon personnel, qui sont des écrivains qui ont vécu, qui ont travaillé, qui ont galéré, le milieu germano-pratin pouvait vous agacer.
- Speaker #1
Je ne le connaissais pas, je ne le connais pas plus maintenant. Ce n'est pas une excuse. Non, je suis le premier à me filmer.
- Speaker #0
Non, il ne faut pas. C'est nécessaire, c'est important qu'il y ait des pamphlets. Il y a un jeu dans cette émission, c'est devine tes citations. Comme c'est votre premier roman, il y en a quelques-uns précédents. Mais j'ai essayé de trouver des citations de vous. Et vous me dites dans quel livre il y avait cette phrase. Comme le singe imite l'homme, le pauvre imite le riche. C'est dans Underdog, bien sûr.
- Speaker #1
C'est une phrase que j'ai écrite plusieurs fois dans plusieurs livres. Donc je n'ai même pas l'excuse de l'originalité.
- Speaker #0
Est-ce qu'en fait ce que vous... Je me copie moi-même. Ce qui est affreux, c'est le manque de goût des pauvres, parce qu'ils imitent les riches qui eux-mêmes n'en ont aucun. C'est ça que vous voulez dire ? Oui,
- Speaker #1
c'est un peu ça, mais ce n'est pas trop correct de dire ça.
- Speaker #0
Non, mais il n'y a rien de correct dans votre livre, c'est pour ça que je l'aime. Autre phrase de vous, on appelait les élèves des apprenants, on utilisait pour les cours des articles de sciences et vie junior.
- Speaker #1
Mais c'était tellement dramatique.
- Speaker #0
Dans quel livre ça ?
- Speaker #1
Ça c'est dans... Non ?
- Speaker #0
Dans l'ivraie ? Dans l'ivraie,
- Speaker #1
oui. C'est terrible ça.
- Speaker #0
Parce que vous avez aussi été prof alors ?
- Speaker #1
J'ai enseigné un peu, oui. Puis j'en suis parti parce que j'étais vraiment catastrophé. Non pas par les élèves d'ailleurs, mais parce qu'on faisait manger. C'était incroyable.
- Speaker #0
D'ailleurs, il y a eu pas mal de livres sur l'école avec des héros qui sont profs et qui galèrent. Je pense à « Mammifères » de Pierre Méraud. Rééducation nationale de Patrice Jean.
- Speaker #1
Patrice Jean. Aymeric Patricot aussi a fait un roman dont j'oublie le titre à l'instant.
- Speaker #0
Tous les romans dont le héros est un prof, ils sont réussis. Même Entre les murs de François Bégaudeau, mais plutôt réussis.
- Speaker #1
Je suis d'accord.
- Speaker #0
C'est un très bon sujet.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de matière aussi.
- Speaker #0
Est-ce que le prof de votre livre, Jean Lafargue, c'est aussi un underdog ?
- Speaker #1
Complètement. Oui, oui, c'est un underdog. En plus, j'avais choisi ce nom. Parce qu'il se rapproche de la fourcade. Donc, c'était aussi moi.
- Speaker #0
Et Lafargue, pas pour le droit à la paresse de Paul Lafargue ?
- Speaker #1
C'était ça aussi. Il y avait ça aussi. C'est vrai. Parce que c'est vraiment un marginal, le héros.
- Speaker #0
Et donc, comme Patrice Jean avait aussi écrit sur le même sujet, vous êtes devenu amis, vous avez correspondu avec lui.
- Speaker #1
Depuis, je crois, 2017, on s'était écrit sur Messenger. Et effectivement, une amitié est née de façon très spontanée. Et je dois dire que c'était avant qu'il publie l'homme surnuméraire et avant que je publie Ivray. Et il m'a fait lire... J'ai lu L'Homme surnuméraire et j'ai été bluffé, vraiment bluffé.
- Speaker #0
Patrice Jean est un des grands romanciers actuels.
- Speaker #1
Je pense que c'est un des meilleurs romanciers d'aujourd'hui.
- Speaker #0
La correspondance entre vous et Patrice Jean a été publiée sous le titre Les Mauvais Fils en 2024. Alors, zut, parce que c'était ma prochaine question. Il y a une phrase là-dedans que je trouve très intéressante parce qu'elle vous définit bien. Donc c'est vous qui écrivez. Ceux que l'on dit de droite et qui croient. l'être eux-mêmes, souvent ne sont rien d'autre que des réactifs. Ils réagissent contre les absurdités qu'ils voient et qu'ils entendent.
- Speaker #1
Oui, il y a plus de gens réactifs que vraiment réactionnaires. Il y a peu de gens qui disent on veut retourner à la marine à voile. C'est ridicule. Non, il y a beaucoup plus de gens qui réagissent, qui sont des réactifs, qui trouvent des choses absurdes et qui les formulent. Mais plus que des vrais réactionnaires, je trouve.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que ce qui est intéressant dans Underdog, ça commence par l'enfance, le Béarn, la galère de Stallone à New York, tout ça. Et puis à la fin, c'est là où ça devient très réactif, parce que pour le coup, vous critiquez le capitalisme, vous critiquez le monde actuel, tout, le numérique, la digitalisation.
- Speaker #1
C'est-à-dire que le personnage de Richard a participé à la déshumanisation du monde en inventant, il ne l'a pas inventé, mais en utilisant ce qu'on appelle le sans contact, le truc le Tout ce qui déshumanise l'individu, tout ce qui fait que le client sait le service lui-même. Et il n'y a plus... Vous achetez un billet de train, vous faites tout en ligne. Même une chambre d'hôtel, vous pouvez tout faire en ligne, vous ne rencontrez plus personne. Un jour, dans une journée, j'ai pris un billet de train, une chambre d'hôtel, je suis arrivé à l'hôtel le soir. Il y avait un code pour ouvrir les portes. Il n'y avait personne derrière. Oui, on ne peut ne voir personne. J'ai pu m'étendre au supermarché. C'était une caisse sans contact. C'était une caisse sans... Et je n'ai vu personne pendant toute la journée.
- Speaker #0
Et vous savez, j'ai pensé en lisant le livre, je me suis dit, je suppose que vous devez connaître et aimer Philippe Muray, grand essayiste pamphlétaire. mais qui a essayé de se lancer dans les romans. Il n'a jamais vraiment, je trouve qu'il n'a jamais vraiment réussi à écrire un roman. Et si Philippe Muray avait écrit un roman, peut-être ça aurait été le vôtre. Enfin, il en a écrit un qui s'appelle On ferme, mais qui n'était pas...
- Speaker #1
Je vous remercie d'abord, mais je pense qu'il aurait préféré écrire L'homme surnuméraire. Je vous dis que L'homme surnuméraire concentre tout ce que Muray aimait.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est vrai. C'est un très grand livre, L'homme surnuméraire.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
J'aimerais bien inviter Patrice Jean à jouer.
- Speaker #1
Mais pourquoi vous ne l'invitez pas ? Vous ne l'avez pas invité encore ? C'est un scandale.
- Speaker #0
C'est un scandale. J'attends qu'il publie un nouveau roman.
- Speaker #1
Je le sortirai d'ici que lorsque vous aurez pris un engagement à inviter.
- Speaker #0
Je m'y engage parce que vous êtes beaucoup plus barraqué que moi. Une autre phrase de vous. Ah non, ce n'est pas de vous, mais vous allez comprendre. Prenez garde à l'intervalle entre le marche-pied et le caisse.
- Speaker #1
Ça, c'est la SNCF et j'en ai fait le titre d'un recueil de chronique. L'intervalle entre le marché et le pied.
- Speaker #0
Là aussi, ça symbolise bien comment on infantilise le client. On lui explique, attention.
- Speaker #1
On va nous apprendre à marcher quand même. C'est quand même extraordinaire. C'est toute cette politique du risque, de la vie sans risque. Vivre, c'est risquer quelque chose. On peut mourir du jour au lendemain, c'est la vie.
- Speaker #0
Ça symbolise à la fois la surprotection et l'infantilisation.
- Speaker #1
Et l'infantilisation, exactement.
- Speaker #0
Autre phrase, une génération de charognards avait précédé la nôtre. Elle avait saigné son père. Elle allait se repaître de ses enfants. Elle voulut les tuer pour ne pas se voir vieillir. Où avez-vous écrit cela ?
- Speaker #1
Il est possible que ce soit dans un livre qui s'appelle Une jeunesse qui est dans ses raies.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Il y avait la même idée dans Les mauvais fils, qui est un des thèmes de tout le livre.
- Speaker #0
Et c'est vrai que, est-ce qu'il y a d'intéressant ? C'est que j'imagine que vous êtes un peu classé comme écrivain de droite, disons, mais là vous dites exactement la même chose que Vanessa Schneider dans son dernier livre sur son père, où elle dit qu'il a voulu tuer à la fois le père et le fils.
- Speaker #1
J'ai lu son livre et je me suis tout à fait retrouvé... dans ce qu'elle dit, non pas dans sa famille d'allemand, mais je comprends très bien ce qu'elle a voulu dire.
- Speaker #0
En fait, Vanessa Schneider, elle écrit dans Le Monde, elle n'est pas spécialement de droite. Vous voyez, là, je pense que ce que vous dites, en fait, c'est universel.
- Speaker #1
C'est exactement. Cette idée qu'il y a une génération. La droite et la gauche, alors si vous voulez savoir.
- Speaker #0
Autre phrase, dans quel livre avez-vous écrit ça ? J'ai remplacé mon âme par des bourrelets.
- Speaker #1
C'est tellement moi, ça, en plus. Ça me décrit tellement, physiquement.
- Speaker #0
Non, j'en ai pas permis.
- Speaker #1
Je ne me souviens pas.
- Speaker #0
J'ai remplacé mon âme par des bourrelets, c'est dans Underdog.
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #0
Oui, c'est dans Underdog. C'est le personnage de... Ah,
- Speaker #1
c'est Simon. C'est Simon. C'est Simon. Parce que Simon est obèse d'abord, et puis il est très laid, et il le sait, et il en joue, et il est comparé à un crapaud très souvent. C'est l'animal fétiche de Richard.
- Speaker #0
Alors aujourd'hui, c'est votre première apparition médiatique. Vous étiez, enfin, ce livre est sorti en janvier. Il a été salué par la critique littéraire. Franchement, vous avez eu de très beaux papiers. Oui,
- Speaker #1
la critique a été vraiment très bien vécue.
- Speaker #0
Et en gros, pas encore d'invitation dans les médias. Ou alors vous refusez et vous avez accepté que pour ça... Bien sûr,
- Speaker #1
je refuse toute compromission avec le système médiatique, bien entendu. Non, mais ils ne vont pas tarder. Dès que cette émission sera... diffusé.
- Speaker #0
Je vous le souhaite. Les invitations vont pleuvoir. Votre livre le mérite vraiment infiniment.
- Speaker #1
C'est déjà énorme. Il y a eu vraiment des papiers incroyables.
- Speaker #0
Et moi, vous savez,
- Speaker #1
je ne parle pas du vôtre par pudeur.
- Speaker #0
Non, mais j'étais très touché parce que j'ai fait un compliment et je pense que c'est un vrai compliment dans mon papier. J'ai raconté comment j'ai lu le livre. Et donc, j'étais en vacances avec mes enfants. en Suisse, au sport d'hiver, et je lisais, je lisais, je ne pouvais pas lâcher, je continuais d'avancer, et à un moment mes enfants râlaient de ne pas me voir, parce que j'étais tout le temps plongé dans votre livre, et donc je me suis enfermé aux toilettes pour pouvoir finir underdog, enfermé à clé, et ça vous avez compris que c'était un vrai sincère...
- Speaker #1
Bien sûr, j'ai écrit à plusieurs correspondants pour leur dire que je suis peut-être le seul auteur qui a réussi à enfermer... Frédéric Lebelé dans les toilettes avec son livre. Peut-être que personne n'y est jamais arrivé avant. Non,
- Speaker #0
c'est difficile. Mais vraiment, j'avais très envie d'avancer, de savoir ce qui allait arriver à Richard et de suivre, surtout, cette espèce de plongeon en enfer de Stallone. Et qui d'ailleurs a continué, parce que sa vie est compliquée, même après le supplé, sa vie est très dure.
- Speaker #1
Les divorces, puis les... En fait, il est très compliqué d'être, c'est son frère qui dit ça, Frank Stallone, il est très compliqué d'être Steve Buster Stallone quand on a eu deux succès planétaires, Rambo et Rocky. Vous ne pouvez pas tourner ce que vous voulez. C'est faux de croire qu'on a tous les pouvoirs. Non, au contraire, les producteurs nous font confiance et nous misent de l'argent sur vous que si vous vous cantonnez dans ce que vous savez faire, le bas de plafond, qu'il y a des gros muscles. Et d'autre part, Stallone a toujours dit, avec mon tour de biceps, je ne peux pas jouer Shakespeare.
- Speaker #0
Mais il a fait...
- Speaker #1
Alors qu'il connaît très bien Shakespeare.
- Speaker #0
Il a fait un flic très émouvant dans Copland.
- Speaker #1
Alors Copland, c'est cette espèce de film dans lequel il essaie de revenir au film d'auteur. Et malheureusement, c'est un film qui n'a pas eu de succès. Il est revenu à des films d'action où tout le monde l'attend.
- Speaker #0
Petit questionnaire final pour mieux vous connaître, mon cher Bruno Marcan. Alors, donc, les conseils de lecture, parce que comme vous avez longtemps été critique, vous êtes toujours critique littéraire ?
- Speaker #1
Ça m'arrive d'en faire, oui.
- Speaker #0
Un livre qui donne envie de pleurer ?
- Speaker #1
Alors, j'en ai choisi deux, parce que c'est... qui ont le même thème. C'est Tu verras de Nicolas Fargues et Winter is coming de Pierre Jourde. C'est sur la mort d'un fils. Et ce sont deux livres vraiment bouleversants. Et je trouve qu'ils ont en plus... Bon, l'un est un récit autobiographique, c'est le livre de Pierre Jourde, et l'autre est un roman, c'est celui de Nicolas Fargue. Et je trouve qu'ils ont en plus, ces deux auteurs, un point commun. On n'en parle pas assez. Je trouve qu'ils ne sont pas assez médiatisés par rapport aux talents qu'ils ont. Je trouve qu'ils sont minorés, comment... Ah, c'est vrai. Par rapport à leurs vrais talents, quoi.
- Speaker #0
Je me permets de dire que j'étais tous les deux invités chez la Pérouse. Pierre Jourde et Nicolas Fargue sont venus. Je ne regarde pas vos émissions.
- Speaker #1
Nicolas Fargue et Pierre Jourd aussi ont deux gros défauts ils sont très beaux Nicolas Fargue c'est une femme de bonhomme il a des éthiques franchement c'est pour ça qu'il n'est pas assez connu s'il était laid comme moi ça marcherait pour lui il a un talent foot Nicolas Fargue, il est capable de faire de la satire vraiment hurler de rire dans la ligne de courtoisie et des drames affreux dont on sort vraiment bouleversé.
- Speaker #0
Et son dernier livre où il va dans une prison pour écouter les prisonniers, parler aux prisonniers, c'est à la santé, je crois. C'est ça, oui. Vraiment très bien aussi.
- Speaker #1
On parlait de Pierre Jourde qui est un romancier monstre. Oui, c'est sûr. On n'a pas le temps d'en parler, mais c'est un grand romancier.
- Speaker #0
Et lui aussi, pamphlétaire littéraire. Un livre pour arrêter de pleurer.
- Speaker #1
J'ai pensé à n'importe quel livre, mais peut-être le dernier, Le temps des loups de Olivier Molin. Je trouve que c'est un auteur rabelaisien. Lui aussi, il a un talent. Mais dans le genre Dans le genre prolifique Dans le genre, comment on dit Dans le genre ablésien Un peu sélénien Avec des personnages complètement baroques Voire rococo C'est un type incroyable Il est hilarant Et je pense que c'est un des meilleurs critiques français en plus Je lis toujours ses critiques Avec admiration Parce qu'il a un art de décomposer son article Pour moi c'est des modèles
- Speaker #0
Un livre pour crâner dans la rue Merci.
- Speaker #1
J'ai pensé à l'écrivain des ombres de Philippe Ross.
- Speaker #0
Ah bah oui. Je trouve que c'est la classe. Oui, c'est bien. De toute façon, là maintenant, Philippe Ross, il est reconnu, il est accepté. Oui, c'est bien.
- Speaker #1
Mais à juste titre. Oui.
- Speaker #0
Un livre qui rend intelligent. qui rend intelligent... Ah ben, on a parlé tout à l'heure, pour moi c'est des exercices spirituels de Philippe Muray. Ah,
- Speaker #1
Philippe Muray,
- Speaker #0
oui. J'ai beaucoup appris en lisant Philippe Muray, j'ai compris le monde dans lequel je vivais, et que je ne m'expliquais pas en le lisant. Bon, évidemment, il a mauvaise réputation aussi.
- Speaker #1
Grâce à Fabrice Lucchini, maintenant il est quand même un peu plus dur. Un livre pour draguer.
- Speaker #0
Pour draguer ?
- Speaker #1
Eh oui, je ne sais pas, peut-être que...
- Speaker #0
C'est dur, moi. C'est dur, c'est dur. Je paie une différence. C'est dur. Oui, ça peut marcher pour les deux. Comment rater complètement sa vie en 11 leçons de Dominique Nogaz ? Je trouve que ça, ça fait un peu séducteur malgré lui. Oui,
- Speaker #1
et puis ça permet d'engager une conversation.
- Speaker #0
Exactement. Et puis c'est de l'autodérision, ça me plaît toujours, et à juste titre.
- Speaker #1
Un livre que je regrette d'avoir lu ?
- Speaker #0
Ah mon Dieu, je ne sais pas si je vais oser.
- Speaker #1
Ça va être de moi.
- Speaker #0
Non, pas de moi. Non, je ne dis plus jamais de moi de mes comptes en bas. Je précise que je me suis cantonné d'ailleurs, pour éviter les propos un peu inconvenus, aux auteurs d'aujourd'hui ou morts récemment. Comme ça, c'est un peu plus... C'est le cimetière de Prague de Umberto Eco.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Vraiment, je le regrette parce que... Oui. Je n'ai rien compris.
- Speaker #1
Autant le nom de la rose était réussi, autant après c'est devenu...
- Speaker #0
Quand c'était un vrai thriller moyenâgeux comme le nom de la rose, c'est très bien. Mais les autres, et notamment le cimetière de Prague...
- Speaker #1
Le pendule de Foucault.
- Speaker #0
Le pendule de Foucault, mais en fait, il faudra enlever 300 pages. Oui,
- Speaker #1
c'est compliqué. Ça ne l'empêche pas d'être un grand penseur.
- Speaker #0
Bien sûr, c'est pour ça que j'ai des remords.
- Speaker #1
Un livre que je fais semblant d'avoir fini. Oui, parce que je me doute bien quand même que, étant landais, vous devez être un petit peu un arnaqueur. Je dis ça gratuitement.
- Speaker #0
Ce sont les versets sataniques de Salman Rushdie.
- Speaker #1
Ah oui, c'est difficile. Il faut le défendre par principe.
- Speaker #0
C'est pour ça que je l'ai lu.
- Speaker #1
Mais sans le lire.
- Speaker #0
J'ai lu 50 pages, mais en fait, il y a des livres qui ne sont pas pour nous. Il y a des livres qui sont faits pour d'autres que nous. Il faut l'accepter. Ça n'implique pas le fait qu'il n'ait pas de valeur. Ça implique que moi, je n'ai pas la valeur pour l'apprécier.
- Speaker #1
Le livre que j'aurais aimé écrire ?
- Speaker #0
L'homme surnuméraire, sans hésitation.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui, oui. J'ai vraiment une grande admiration pour Patrice Jean d'abord, et ensuite pour ce livre, parce que sa construction, dont la construction est vraiment extrêmement parfaite. Et d'autre part, il y a toute une peinture du monde contemporain que j'aurais aimé avoir, une lucidité. Et puis il y a... Une drôlerie ! Une drôlerie, il est extrêmement drôle, et il a surtout une autre grande qualité que je n'ai pas, il n'est pas méchant, c'est pas un mauvais comme moi. et c'est pas un type qui...
- Speaker #1
C'est pas un teigneux !
- Speaker #0
Non, c'est pas un teigneux, c'est pas un landais, quoi.
- Speaker #1
Quel est le pire livre que vous ayez jamais lu de votre vie ? Bruno Marsan.
- Speaker #0
Ressuscité de Christian Bobin. Est-ce que je dois expliquer ?
- Speaker #1
Désolé auprès des auditeurs, mais je ne peux vraiment pas. Il est très respecté depuis sa mort. Même avant,
- Speaker #0
c'était un saint, quoi.
- Speaker #1
Et parce que vous trouvez quoi ? C'est niais ? C'est quoi ?
- Speaker #0
Pour moi c'est obscène.
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #0
C'est l'obscénité en livre.
- Speaker #1
Attention, vous allez avoir trop de problèmes. Oui, je sais.
- Speaker #0
Il est un peu dans... Vous l'avez remarqué ? Oui, oui.
- Speaker #1
Je ne sais plus comment je l'ai appelé. Le consentiment, c'est ça ? Oui, c'était trop. Et enfin...
- Speaker #0
La poésie du roudodendron, vous voyez, c'est...
- Speaker #1
Oui ! Ça dépend des livres, encore une fois. C'est comme Umberto Eco, il y a des livres de Christian Bobin qu'on peut peut-être sauver.
- Speaker #0
Mais il y a beaucoup de lecteurs qui aiment beaucoup de livres de Christian Bobin, mais moi je ne suis pas fait pour ces livres-là. Ça ne veut pas dire du tout que c'est un mauvais auteur. Moi je trouve ça trop sucré.
- Speaker #1
Oui, oui. Et enfin, dernière question, Bruno Marsan, la question Farronnet 451. Imaginez un monde où les livres sont brûlés par les pompiers. interdits et vous devez en apprendre par cœur un qui deviendra votre nom et que vous réciterez pour le sauver pour les générations futures alors lequel ?
- Speaker #0
Renaitre de Susan Sontag c'est très surprenant ce sont ses carnets intimes son journal et particulièrement le premier volume il y a trois volumes, particulièrement le premier volume c'est son journal de jeunesse où on voit l'éveil au cérébral enfin à la vie intellectuelle ses doutes
- Speaker #1
sa vocation et je trouve que si je devais sauver quelque chose c'est un écrivain en formation c'est exceptionnel parce que je vous imagine dans une forêt landaise au milieu des pins et on va vous voir et on dit lui il s'appelle Suzanne Sontag et c'est vrai que c'est un peu décalé je suis un lecteur je crois que j'ai tout lu de Suzanne
- Speaker #0
C'est un de mes auteurs favoris.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
C'est une américaine.
- Speaker #1
Bien sûr, très grand écrivain.
- Speaker #0
C'est vraiment comme romancière, comme penseur. Son livre sur la photographie est extraordinaire.
- Speaker #1
Merci infiniment Bruno Marçon. J'espère que j'ai aidé à vous faire connaître Bruno Marçon et Bruno Lafourcade, les deux. Merci beaucoup. Pour le même prix. montré à la caméra, Underdog, s'il vous plaît.
- Speaker #0
Où est la caméra ? C'est important.
- Speaker #1
Voilà, c'est aux éditions Seguier. C'est vraiment la révélation de 2026.
- Speaker #0
Et je précise que la photo, c'est Stallone en 72, photographé par Sacha Zag, sa première femme.
- Speaker #1
Ah oui, attendez.
- Speaker #0
Et il est en train d'écrire son... On n'en a pas parlé, il est en train d'écrire son seul roman. Avant d'être scénariste, il était romancier.
- Speaker #1
D'accord. Ah oui. Et il est sorti, le livre de Stallone ?
- Speaker #0
Il est sorti en Amérique... Aux Etats-Unis, il n'a eu aucun succès. Et je suis le traducteur du roman qui n'a pas trouvé encore d'éditeur.
- Speaker #1
Ah d'accord, vous allez jusqu'au bout dans la passion. Merci beaucoup. Chers amis, écoutez, bonsoir. N'hésitez pas à cliquer partout bien sûr. Cette émission dépend de vous en réalité. Si vous nous aidez, alors nous vous aiderons à connaître des auteurs comme Bruno Marsan. N'oubliez pas que la lecture est à l'esprit, ce que le sport est au corps. Bonsoir. Ça ne te fait pas de mal à la fin d'un portant de rumeur. Ha !