- Speaker #0
Fabien Antoniente, bonsoir. Frédéric. Bienvenue chez La Pérouse pour parler d'ouvrages de mémoire. Alors, on n'attend pas Fabien aux éditions Stock. qui est un livre remarquable de tendresse, d'émotion sur comment un petit gars de la banlieue parisienne est devenu un des cinéastes les plus populaires 20 millions d'entrées mais je sais que vous êtes fan de foot En ce moment, c'est la folie pour l'équipe de France. Je voulais votre sentiment. Est-ce que vous pensez que la France va remporter la Coupe du Monde de football ?
- Speaker #1
Eh bien, je pense qu'on est bien parti. On est sur le bon chemin.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Vous êtes confiant Je ne parle pas la langue de bois Mais je sors des copeaux Mais non Je pense qu'on est bien Parce qu'on a une très belle attaque Et puis ils sont très bien préparés Ils sont très fit Moi j'adore cette coupe du monde Parce qu'elle est filmée un peu comme dans les jeux vidéo On voit d'autres angles de caméra
- Speaker #0
L'arbitre
- Speaker #1
Et donc on va passer un très beau mois de juillet
- Speaker #0
Et puis alors il y a ces pauses fraîcheurs à peine un peu. Ils sont indispensables.
- Speaker #1
On en a besoin.
- Speaker #0
Bien, alors, vous avez 68 ans. Qu'est-ce qui a été le déclic, l'envie tout d'un coup de faire ce bilan et d'écrire vos mémoires ?
- Speaker #1
En fait, souvent je racontais des histoires qui me sont arrivées dans ma vie. On me disait, tu devrais écrire un livre. Puis le temps passe, puis l'envie n'était pas forcément là. Et un jour, on a dû, mes frères et ma sœur et moi, débarrasser l'appartement familial. pour que ma mère puisse aller à l'EHPAD. Et on s'est retrouvés avec des souvenirs qu'elle avait archivés soigneusement. Moi, par exemple, elle avait archivé toute ma vie, du moindre petit court-métrage à mes derniers films, toutes les affiches. C'était vraiment impressionnant. Les pochettes de disques, on devait se répartir. Les marionnettes qui, auparavant, étaient... Elles étaient magnifiques, là, elles étaient complètement désincarnées.
- Speaker #0
Parce que vous aviez un théâtre de guignols, c'est ça ? On avait tout,
- Speaker #1
on avait un théâtre de guignols. Enfin, tout ce qui était les jouets du passé, ben on se les... Mais ça ne voulait plus rien dire. Donc, comme il y a eu cette tristesse qui m'a envahi à ce moment-là, et me disant, ben, c'est derrière, c'est passé, je me suis dit, je vais perpétuer le temps, et je vais écrire un livre où je raconte toute cette vie.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est très frappant, en général, dans les mémoires de cinéastes, on parle assez peu de l'enfance. Vous, c'est quasiment un tiers ou la moitié du livre, les 100 premières pages du livre sont des souvenirs d'enfance. Il y a le salon de l'enfance. Moi, j'avais oublié, mais j'avais été au salon de l'enfance. Ce truc n'existe plus.
- Speaker #1
Non, il n'existe plus.
- Speaker #0
Et on avait plein de cadeaux.
- Speaker #1
On gagnait des espèces de goodies, c'est un peu comme sur le Tour de France, et des choses qui ne servaient pas à grand-chose, des billes boquets, voilà, des choses. Mais il y avait la magie de cette enfance. Et donc, comme cette enfance, pour moi, il y a eu quand même une sorte de magie, elle est fondatrice.
- Speaker #0
Oui, oui. Et vous racontez donc que vous avez grandi à Villiers-sur-Marne, dans une cité HLM, au bord de la voie ferrée. Et votre déclic pour devenir cinéaste, c'est un tournage de Michel Audiard. Mais je n'arrive pas à comprendre, que venait foutre Michel Audiard dans cette cité ? C'est assez étonnant. Il avait choisi ce décor.
- Speaker #1
En fait, c'est un truc de dingue parce que... Nous on vivait effectivement dans une cité HLM au bord d'une voie ferrée. La voie ferrée passait tellement près qu'on avait l'impression d'être une famille de garde-barrière. Et de l'autre côté de cette voie ferrée, il y avait des bidonvilles. Et il y avait une grosse communauté portugaise qui vivait là, dans des taudis, parce qu'ils espéraient un jour faire construire leur maison au pays. Et donc, je n'ai jamais compris pourquoi, mais un jour des camions sont arrivés et on construit une maison louisiane en deux jours. Et des comédiens ont débarqué, Anne Girardot, Bernard Villiers, Maurice Biraud, Jean Carmais, et qui se sont installés pour un tournage qui, quand j'ai vu le film, ça ne voulait pas dire grand chose non plus. Donc, je n'ai jamais vraiment compris.
- Speaker #0
Pourquoi ils avaient choisi Villiers-sur-Marne ?
- Speaker #1
Et c'est comme ça que le cinéma s'est invité à venir chez moi. Et donc voilà, il y a des épisodes... En fait,
- Speaker #0
tout d'un coup, vous avez vu que ça... que le cinéma c'était pas seulement sur un écran et qu'on pouvait en fabriquer des assistés,
- Speaker #1
des assistants, des câbles, des gens qui courent partout comme d'habitude et puis voilà, puis un jour à fort... moins en moins à l'école et de plus en plus sur le tournage. Et un jour, il y a eu une scène où Jean Carmès sort de cette maison louisiane en tendant une chaussette grise, mais la chaussette ne se voyait pas assez. Donc la script a dit non, non, pas de chaussette grise. Et Odiard avait repéré que j'avais des chaussettes rouges. Il est venu vers moi en disant, gamin, est-ce qu'on pourrait prendre des chaussettes pour la prime ? Alors je lui ai dit, bah oui, évidemment. Et alors là, il tourne, moteur, clap, action, et tout le monde se marre. Parce qu'en fait, la chaussette était trop petite. Je faisais du 32. Mais il m'a donné une pièce de 5 francs en argent et l'autorisation d'être dans la maison louisienne, de voir ses acteurs de plus près. Et je me rappelle de Dary Cole qui jouait du piano entre les prises.
- Speaker #0
Très bon pianiste de jazz. Très bon pianiste. C'est le début du livre. Alors après, l'autre coup de cœur pour le cinéma, c'est quand vous allez voir Le Corneau de Gérard Roury au cinéma de Villiers-sur-Marne. Et là, c'est un grand, grand choc. Et ce qui me frappe, c'est que Le Corneau, c'est une histoire d'un businessman joué par Louis de Funès qui demande à un crétin de passer de la drogue dans sa cadillac. Et c'est un personnage totalement décalé. Et tous vos films, finalement, sont inspirés par Le Corneau. C'est toujours un type en décalage.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est vrai.
- Speaker #0
Le riche qui se retrouve au camping. Le plouc qui se retrouve dans la jet set, le corneau a été le fondateur.
- Speaker #1
Je n'avais pas fait d'approchement, mais c'est vrai, j'ai toujours utilisé ce système du poisson hors de son bocal. Le corneau illustre à merveille ce phénomène. En plus, c'était ces salles anciennes avec les fauteuils rouges, avec les ouvreuses qui passaient en disant bonbons, esquimaux, chocolat glacé. Et ce qui m'a frappé, c'était une salle qui riait à l'unisson, le rire ensemble, surtout mon père, qui lui ne riait jamais, qui était un pied noir très mélancolique, et qui la riait. Donc si mon père riait, je me suis dit, tiens, ça doit être intéressant aussi de faire ce boulot.
- Speaker #0
Votre père venait d'Oran, et votre mère est bretonne. Est-ce que vous pensez peut-être que le fait d'avoir été... Parce que vous étiez en Algérie française dans votre petite enfance.
- Speaker #1
Oui, à deux ans.
- Speaker #0
Vous n'avez aucun souvenir ?
- Speaker #1
Si justement, j'ai des souvenirs, mais alors, épargne, souvenirs olfactifs, et des souvenirs de bateaux qui partaient, et des voitures qu'on chargeait sur les bateaux, donc j'ai des souvenirs un peu visuels, et puis je me souviens même d'une machine à laver qu'on avait, et moi je rentrais dans le hublot parce que j'avais l'impression d'être dans une voiture. Et j'espère que, heureusement, ça n'a pas été refermé.
- Speaker #0
Mais ça aussi, le fait d'être un expatrié, vous êtes en décalage. C'est-à-dire que c'est une famille qui arrive en France, qui est un peu en décalage avec la France métropolitaine. Et donc, comme le corneau, ça explique que vos films parlent de gens toujours qui ne sont pas à leur place.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
Est-ce que là, je ne suis pas un excellent psychanalyste ?
- Speaker #1
Là, on s'y approche. Et même, pour aller un peu plus loin... J'ai jamais parfois considéré que j'étais ma place dans le milieu du cinéma, parce que j'avais l'impression d'être un imposteur, de déranger, de gêner. Et il m'a fallu beaucoup de temps pour accepter que c'était sympa aussi de faire rire les gens.
- Speaker #0
Oui, alors vous n'avez pas tout de suite fait rire les gens. Les premiers films, vous en parlez très bien d'ailleurs, les premiers films c'est des films d'auteurs. Votre premier film s'intitule « À la vitesse d'un cheval au galop » . Et c'est une bande de retraités qui partent au Mont-Saint-Michel. Mais il y a déjà de grands comédiens. Il y a René Faure,
- Speaker #1
il y avait Yves Afonso, il y avait beaucoup de comédiens, de comédiennes de la comédie française. En fait, le film était déjà décalé parce qu'il était produit par M6, c'était la petite chaîne qui monte, Jeune. Et le premier film qu'ils font, c'est un film avec des retraités. Avec des retraités. Donc il est déjà décalé. Et c'est l'histoire de retraités qui partent... en excursion annuelle au Mont-Saint-Michel et puis ils sont volés leur car par un ancien retraité qui était un ancien chauffeur routier et donc ils atterrissent ils sont un peu perdus dans un village normand qui s'appelle Morville et ils atterrissent dans un mariage et là c'est une confrontation générationnelle et je m'étais beaucoup amusé à faire ce film, mais c'était un film un peu écrit à l'italienne, un peu grinçant et c'était pas du tout le ton de mes films qui m'ont fait connaître c'était un film d'auteur
- Speaker #0
Voilà, et le suivant aussi, Tom est tout seul.
- Speaker #1
En fait, c'est tous des films d'auteurs, puisque je les ai tous plus ou moins écrits. Oui,
- Speaker #0
oui, mais ce qu'on appelle cinéma d'auteurs, c'est le cinéma chiant, quoi. Oui. Non, je plaisante. Non,
- Speaker #1
mais je les avais, je les ai écrits, quand même.
- Speaker #0
Et Tom est tout seul, quand il est sorti, vous avez, dans le livre, vous racontez qu'il a une salle de cinéma qui dit, oui, le titre, je confirme que le titre a vraiment lieu dans la salle. Oui, c'est-à-dire qu'en fait,
- Speaker #1
c'est un film qui s'est plus... pas vraiment bien passé partout. Je l'avais découpé en 5 parties. C'était l'histoire d'un type qui brisait son couple et sa machine à laver le même jour. Donc il atterrissait dans une laverie et il y avait Jean Rochefort qui était le gourou des laveries. Le film était découpé en 5 parties. Pré-lavage, lavage, rinçage, essorage et séchage. Et puis, le jour de la grande projection, le gars avait coupé tous les cartons donc ça ne voulait plus rien dire. Et puis quand le film est sorti, j'étais à 14h à l'Odéon pour savoir comment se passaient les entrées. Et là, la dame de l'Odéon m'a dit, « Cher jeune homme, je crois que Tom est tout seul. » Tom est vraiment tout seul.
- Speaker #0
« Et Tom restera tout seul. »
- Speaker #1
Et j'ai compris que c'était un vide.
- Speaker #0
Petit à petit, vous avez... J'ai compris qu'il y avait des règles pour une comédie populaire. Vous les donnez un peu dans le livre. D'abord, vous dites 1h40 max. Les films qui ne durent plus longtemps que ça, ça ne peut pas être des grands succès parce qu'à un moment, il y a un délai, il y a une durée max pour un film.
- Speaker #1
Puis, il y a un problème économique. C'est qu'il faut les 5 séances. C'est ce que nous cesse de dire le distributeur. Mais au-delà de ça, on a une autonomie. de rire, que j'estime à peu près, ce n'est pas exact, à une heure, en tout cas en dessous d'une heure cinquante. Au-delà, on passe dans un autre domaine.
- Speaker #0
Et vos règles, par exemple, il y a le décalage, toujours, un personnage qui n'a rien à faire dans un certain monde, il y a les dialogues et les acteurs. Vous aimez énormément les acteurs, vous avez une bande, en fait, avec Mathilde Seignet, avec Franck Dubosc, Gérald Lanvin, Claude Brasseur, malheureusement, qui n'est plus là, mais qui était quand même... Merci.
- Speaker #1
parce qu'il se fondait parfaitement dans la famille. Il avait l'impression de tourner un film de vacances. Donc, c'était Mylène de Mongeau. Et puis récemment, il y a Didier Bourdon. Didier Bourdon, maintenant, qui tourne régulièrement avec vous.
- Speaker #0
Mais est-ce que c'est aussi quelque chose, je veux dire, une comédie, chez vous, à avoir avec une tristesse cachée ? C'est l'impression qu'on a souvent. C'est qu'il y a de la bouffonnerie, il y a du burlesque, mais il y a aussi toujours un peu de mélancolie, justement, à l'italienne.
- Speaker #1
C'est vrai. Moi, je vois la vie un peu comme ça. Par exemple, les vacances qui sont illustrées dans le camping, moi, je les ai toujours vécues de façon un peu triste. Parce que pour cette parenthèse enchantée, on sait qu'à la rentrée, les problèmes vont revenir, tout ça. Nous, quand on allait en Dordogne, on nous disait, attention, ne vous baignez plus, les herbes sont en décomposition. Et puis on sentait monter cette tristesse de la rentrée qui arrivait. On faisait genre, style on allait bien, mais on... Et c'est un peu comme le dimanche soir. C'est la même chose que le blues du dimanche soir. Et puis, donc dans mes films, c'est comme un bateau. On voit la partie émergée, mais la partie immergée, la quille, elle est plutôt mélancolique.
- Speaker #0
Et justement, je vais vous faire lire un passage un peu mélancolique de votre livre. Sur votre père qui ne vous a jamais parlé de vos films, qui ne vous a jamais parlé de vos films toute sa vie. Voilà, c'est là où il y a les deux... Alors je vais vous emprunter vos lunettes. Oui, prenez mes lunettes et lisez...
- Speaker #1
Je vais faire très Frédéric.
- Speaker #0
Prenez votre temps, c'est notre rubrique, faisons chialer l'invité.
- Speaker #1
C'est le moment où Alphonsine lance, après la fête, Adieu le Saint. Encore un proverbe breton. Qu'importe on a rêvé, et chez moi le rêve commence souvent par la réalité. Je suis toujours cet enfant. De Noël en Noël, de dimanche en dimanche, au fil des années, j'appréhende ces fins de journée, ce moment où l'inquiétude rôde, ce fameux BDS, le blues du dimanche soir, qui ne sera apaisé plus tard que par le son du générique du film du soir, bien souvent des comédies. Et l'autre passage...
- Speaker #0
Ah, voilà.
- Speaker #1
Pendant ces heures mélancoliques, j'entrouve le rideau de ma chambre pour apercevoir une rue quasi déserte, seulement animée par la promenade de fin de journée de quelques portugais. Qu'ils sont longs ces crépuscules, qu'ils sont longs ces putains de dimanches la poule au ventre, vivement que je grandisse. pour sortir de cette torpeur mortifère. Derrière ce rideau, le regard vers l'horizon, je m'entends me dire moi-même quelques mots désordonnés destinés à ce papa triste. Je ferai quelque chose pour toi. Ton chagrin, ton mal, ton ennui, je ferai, crois-moi, quelque chose pour toi.
- Speaker #0
Merci beaucoup. J'ai pas réussi, j'ai presque réussi à vous faire pleurer, mais j'ai une botte secrète, c'est le passage sur votre mère. Donc là, ça recommence, et ça va être encore plus dur. Donc ça c'est le passage, vous l'avez dit précédemment, votre mère, Alphonsine, a dû partir en maison de retraite, et c'est le passage sur elle, et je trouve que c'est un passage très bon.
- Speaker #1
Ce qui est déchirant, c'est que, je vais la visiter de temps en temps, et... Je lui ai apporté le livre d'ailleurs, parce qu'elle lisait beaucoup, elle lisait les prix gros, elle lisait vos livres. Et maintenant, elle n'y arrive plus. Alors je me suis dit peut-être que pour mon livre, elle va essayer. Alors c'était un peu bouleversant parce qu'elle s'est appliquée et puis elle a arrêté.
- Speaker #0
Ah oui, il n'y arrivait pas.
- Speaker #1
donc là on ne va pas pleurer alors ce passage destiné à ma maman Alphonsine, elle porte un nom délicieux là où elle est maintenant Alphonsine s'endort peu à peu Après une vie bien remplie, Dieu sait combien tu nous as aimés, tu n'as cessé d'y croire. On a fait les 400 coups et toi, tu nous pardonnes tout. Parfois tu étais démuni, je t'entends encore nous dire, vous m'aurez usé. Alphonsine aujourd'hui regarde le monde avec un voile dans le regard, elle sait des choses que nul ne sait, elle a aussi ses secrets. Merci d'avoir été une sublime maman qui a su répondre à nos larmes, à nos pleurs. Une maman qui m'a permis de voir la vie en grand. Je t'aime, maman.
- Speaker #0
Bravo,
- Speaker #1
bravo,
- Speaker #0
vous avez réussi. C'est l'épreuve la pire de l'émission, maintenant tout le reste va être plus facile. C'est plus amusant. Ce livre, c'est aussi un témoignage sur une France qui n'existe plus. On parlait du salon de l'enfance, vous racontez par exemple le service militaire, le service militaire ça n'existe plus, nous l'avons fait mais ça n'existe plus, vous racontez les émissions de radio que vous écoutiez Pierre Péchin. Pierre Péchin, j'étais moi aussi fan de Pierre Péchin. Vous jouiez au train électrique. Bon, peut-être que ça existe encore, les gens qui jouent au train électrique, mais ça donne une ambiance d'une époque.
- Speaker #1
et c'est vrai que c'est les radios cassettes parce que les sketches de Pierre Péchard je les enregistrais sur les radios cassettes parce que je voulais faire un peu comme lui et donc je faisais des coups de téléphone anonymes à ma manière mais il fallait quand même avoir un grain oui c'est vrai mais peut-être oui tout ça d'appeler un certain monsieur Lazare à minuit En disant à M. Lazare, allô ? On le dérangeait forcément. Oui, vous êtes M. Lazare ? Alors lève-toi et marche. Et raccrochez.
- Speaker #0
Et je voulais savoir si ce n'était pas une idée de film, ce livre. Ce livre sur vos souvenirs d'une France qui n'existe plus, des années 70. Parce que Nakache et Toledano viennent de faire les années 80 avec juste une illusion. Et je pense que vous feriez très bien une sorte de comédie douce, amère sur votre enfance, votre jeunesse. cette vie en banlieue et la découverte du cinéma petit à petit je me demande s'il n'y a pas un film qui pourrait s'intituler
- Speaker #1
Alors on n'attend pas Fabien ou Place Maubert je sais que vous avez envie de faire un film qui s'appelle Place Maubert je trouve que c'est un beau titre alors on n'attend pas Fabien en fait il y a plusieurs personnes qui l'ont lu qui ont dit la même chose Et notamment un scénariste avec qui j'ai travaillé, qui s'appelle Jérôme Tonnerre, qui m'a dit il n'y a pas longtemps, écoute, je suis en train de travailler dessus.
- Speaker #0
Ah ben voilà, il s'est mis spontanément.
- Speaker #1
Spontanément. Et j'ai trouvé ça très émouvant parce que ça l'a inspiré. Et effectivement, dans une France qui aujourd'hui est un peu fragmentée, divisée, on s'aperçoit que c'est un moment heureux. Parce que même nous, quand on était dans notre cité, on était des enfants de toutes les couleurs qui jouions au foot. On se chambrait, on se disait des choses qu'on ne pourrait plus se dire aujourd'hui. On pourrait s'autoriser aussi à dire des choses qui, on se dit, après tout, avec le regard sur aujourd'hui, on dirait que ce n'est pas si grave. On était quand même dans une France modeste, mais heureuse.
- Speaker #0
Antoniente, c'est un nom italien ?
- Speaker #1
C'est complexe, parce que ce sont des Italiens qui se sont installés en Espagne, qui ont travaillé dans les vignes, donc le vin. Et qui sont allés après en Algérie.
- Speaker #0
D'accord, oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et ma mère, qui s'appelle Prioul, elle est de Bretagne, d'Élie Vélène, du côté de Fougères. Et donc, moi, j'ai un peu des deux.
- Speaker #0
Oui, mais l'esprit de comédie italienne vient peut-être de ses origines italiennes. Je suis très,
- Speaker #1
très fan de toutes ces comédies. J'ai beaucoup mangé de la comédie italienne, comme on dit. J'ai même été voir plusieurs fois... J'ai eu des chefs opérateurs italiens, notamment Franco Di Giacomo, qui avait fait Les yeux noirs de Mikhail Kov, qui travaillait beaucoup. beaucoup en Italie. Et j'ai appris de ces chefs opérateurs italiens, des Italiens, la rapidité d'exécution. Parce qu'il n'y a jamais de problème avec eux. Il y a des solutions.
- Speaker #0
Oui, oui, assez. Et puis, alors, qu'est-ce que je voulais vous dire ? Oui, alors, comment on passe de grève partie à jet set ? Alors, qu'est-ce qui s'est passé pour que tout d'un coup, vous disiez, bon, maintenant, je veux rassembler du monde. Je veux vraiment qu'il y ait du monde dans mes salles. C'était pour vous comme un devoir de fraternité, de réunir les gens ?
- Speaker #1
D'abord, Grave Party, c'était un film encore personnel que j'avais vu. J'avais vu un film qui m'avait beaucoup plu qui s'appelait Smoke,
- Speaker #0
de Paul Auster.
- Speaker #1
Et donc, il passait dans un tabac de New York. Et moi, je voulais faire un film qui se passait dans la librairie de mon quartier et où il se passait énormément de choses, où on voyait beaucoup de gens. Il y a toutes sortes de gens. Et j'adorais ce film. D'ailleurs, Claude Brasseur adorait ce film aussi. Et puis un jour, on fait une tournée. On avait des acteurs quand même. Donc c'était un film personnel, mais tourné avec des acteurs. qui venait de faire La Vérité si je mens. Bruno Solo, Vincent Elbaz, Horatica. Et pour les spectateurs, un film d'auteur avec des gens de comédie, il y a quelque chose qui ne collait pas. Et le distributeur Jean Hernandez, un jour, m'emmène. Et naissaient à cette époque aussi les multiplex, qui sont au milieu des tous salons, au Chausseur, au McDonald's, qui sont en périphérie des villes. Et il m'emmène à l'extérieur de ces multiplexes qui se construisaient, et il me dit, écoute, voilà, il montre les affiches, film d'action, film fantastique, policier, comédie, tu te situes où ? Je dis, à la comédie. Il me dit, fais-en une. Et c'est comme ça que j'ai dû ressortir de la voilure et que j'ai fait Jet Set.
- Speaker #0
Alors vous racontez aussi toute une période, parce que... Vous étiez copains avec Smaïn, vous alliez au café de la gare. C'était l'époque de Touche pas à mon pote. Ah oui ? Il y a même François Mitterrand qui vous fait rentrer au bain.
- Speaker #1
En fait, Mitterrand avait été élu. Il avait fait monter les minorités. Smaïn. Moi, je vivais avec une actrice qui tournait beaucoup. Soi d'Amidou. Soi d'Amidou, qui avait tourné dans Le Grand Frère avec Gérard Depardieu, et qui était l'actrice à la mode. Et donc je fréquentais moi toute la génération touche pas mon pote. Il y avait Jacques Higelin, le groupe Téléphone, il y avait des artistes.
- Speaker #0
Arlène Désir alors ?
- Speaker #1
Bien sûr, et on allait dans ses grands concerts, Place de la Bastille, à la Nation. Donc je fréquentais tout ce mood là. Et puis Smahine était le premier comique robeux. Et nous on travaillait pour Smahine. Moi j'ai écrit des sketchs pour Smahine, notamment à certains Easy Rider. titre de gloire. Mais c'était une ambiance. Et puis, mais alors, donc, on pouvait, il y avait un... On sortait, c'était un Paris où tout se mélangeait. Il y avait toutes les catégories. Au bain-douche, on retrouvait toutes les catégories. Nous, on ne pouvait pas rentrer au bain-douche. Spine pouvait rentrer, mais pas les autres. Et il y avait notamment une certaine Marilyn qui me disait, non, non, je ne devais pas avoir le look, j'étais pas assez quelque chose. Et puis, un jour, Mitterrand, pour remercier... Parce que ce matin, il montait, montait, montait, montait, il jouait au Casino de Paris. Mitterrand nous emmène chez Coco Bacconi dans les Halles. Et au dessert, il nous dit, qu'est-ce qui vous ferait plaisir les amis ? Qu'est-ce qui vous ferait plaisir les enfants ? Cut ! À voiture de Mitterrand, les motards nous déposent devant les bains-douches. Et à partir de là, Marilyn... Muso vinaigrette.
- Speaker #0
Vous avez... C'est vraiment... C'est extraordinaire. Il y a plein d'anecdotes complètement folles.
- Speaker #1
C'est complètement dingue.
- Speaker #0
Avez-vous réellement passé deux nuits sur un lit dans la vitrine de Noël des Galeries Lafayette ?
- Speaker #1
C'était l'époque... Une époque merveilleuse. J'ai essayé de devenir comédien, mais je trouvais ça un peu chiant. Parce qu'on attendait. Jean Gabin dit, pour faire comédien, il faut une bonne chaise. Là, on attendait, on attendait. Et puis, il nous fallait ces heures, parce qu'il nous fallait 507 heures.
- Speaker #0
Oui, pour avoir l'intermittence du spectacle.
- Speaker #1
Et alors là, c'était la course au cacheton. Un jour, un pote qui me propose, il me dit, j'ai trouvé de quoi faire deux jours. C'est au Galerie Lafayette, on est dans la vitrine, et on teste des literies. On est habillés comme des vieux, avec des pyjamas anciens et des bonnets de nuit. Et on a passé deux jours. Devant les gens qui nous regardaient dormir. Dormir, s'agiter, se lever, boire un café. Et on était des êtres vivants qui faisaient...
- Speaker #0
Dans la vitrine. Dans la vitrine.
- Speaker #1
J'ai fait aussi Albardier sur Aïda. J'ai fait des tas de choses. Mais en fait, ça m'a appris tellement de choses. Oui, bien sûr. Ça forge les souvenirs, ça forge ce qui va se passer après.
- Speaker #0
Vous avez failli tuer Peter Viertel sur le... sur un bateau, devant sa femme, Deborah Kerr, qui est une immense star américaine, qui avait fait Quo Vadis, Les Mines du Roi Salomon. Mais comment vous vous êtes retrouvé sur le bateau de Peter Viertel, son mari, qui était un grand scénariste américain ?
- Speaker #1
Alors, il faut savoir que moi, j'avais fait la rencontre de Thomas Gillou, qui était un peu, lui, un peu à la mode. Il avait fait Black Big Mac, c'était le réalisateur de comédies qui marchait bien. On avait sympathisé. Et il... Lui, il voulait faire un docu parce que ça l'intéressait sur ceux qui avaient amené la planche de surf. aux Pays Basques. Et ceux qui ont amené la planche de surf aux Pays Basques, ce sont les Américains, c'est Daryl Zanuck et Peter Viertel, et les Basques, les fameux tour-toursurfeurs, ont découvert ces gens qui surfaient sur des vagues sans leash, à l'époque. Et en fait,
- Speaker #0
Peter Viertel était là pour le tournage du Soleil se lève aussi, d'Hemingway, à Biarritz.
- Speaker #1
Et lui, il avait écrit African Queen, c'était un grand, grand scénariste. Donc Thomas réussit à retrouver la trace de Peter Virthel, qui vivait avec Déborah Kerr et qui vivait à Marbella. Donc on décide d'aller à Marbella, tout est organisé, ils nous reçoivent. Puis ils nous invitent sur le port de Marbella où on prend le yacht. Et Peter Virthel avait eu l'idée de surfer sur les vagues du yacht, attaché à une ficelle. Il nous explique bien la méthode. C'est la méthode, c'est-à-dire que Thomas filmait et moi... S'il jamais tombait, parce qu'il allait tomber, c'est normal, parce que la ficelle... J'appuyais sur le bouton stop et j'immobilisais le yacht. Déborah Kerr est là, très très hollywoodienne, le foulard, magnifique. Et donc on part, c'est en chanteur. On filme, il surfe comme un malade. Et puis tout d'un coup, il chute. Donc là, j'accepte. Et puis je me trompe de bouton. Je panique. Et je vais dans l'autre sens. Et là, le yacht commence à mouliner, reculer vers Peter Virtov. Et donc, Thomas commence à me hurler. Déborah Kerr, hollywoodienne et plus hollywoodienne,
- Speaker #0
elle me hurle. Stop,
- Speaker #1
Et lui, il hurle aussi dans l'eau. Parce que le yacht se rapproche de lui. Il va finir en chair à saucisse.
- Speaker #0
Et...
- Speaker #1
Et par un miracle, Thomas arrête le truc. Donc le miraculé remonte. Le couple ne nous a plus jamais adressé la parole.
- Speaker #0
Et le projet est tombé à l'eau.
- Speaker #1
C'est un souvenir douloureux parce que j'ai failli assassiner un grand scénariste.
- Speaker #0
Devant sa femme.
- Speaker #1
Devant sa femme.
- Speaker #0
Donc, vous avez de bonnes critiques. Et alors, évidemment, vous êtes très attaqué, puisque vous symbolisez la comédie populaire, disons, franchouillarde, quand on est péjoratif, mais 20 millions d'entrées, ça fait des jaloux. Mais quand même, il y a des critiques, par exemple Patrick Besson, qui a dit à propos de vos films, il y a les films qu'on a envie de voir et ceux qu'on a envie de revoir. Et il dit que vous, vos films, on a envie de les revoir. Et c'est vrai qu'à chaque fois qu'on revoit vos films, on découvre des nouveaux... aspects, justement, peut-être plus tristes, peut-être plus inattendus, ou des blagues qu'on n'avait pas saisies la première fois, etc. Nehoff vous compare au cinéma italien des années 70, et Libération dit que vous êtes le cinéaste du tragique contrarié. Est-ce que ça vous fait plaisir quand vous entendez des critiques comme ça, ou vous vous dites, merde, si Libé dit du bien de moi, c'est que je ne vais pas faire une entrée ?
- Speaker #1
Il y a une tradition qui dit que un bon Libé ne fait pas d'entrée. mais pour être franc non j'aime bien les bonnes critiques moi j'ai un rapport ambigu avec la critique j'ai une certaine volupté à être pris pour un imbécile voilà ça fait partie de moi, je suis un peu insolent moi je suis dans la tendance de Jean-Yann je suis quelqu'un qui est une espèce d'ours mal léché qui est un peu un art sa devise c'était ni dieu ni maître, même nageur donc voilà Donc j'aime... J'ai ce petit plaisir. Je trouve qu'ils accordent un peu trop de...
- Speaker #0
De cas, il m'accorde un peu trop de temps pour un gars qui... Moi j'ai toujours pensé que mes films étaient un peu, pas éphémères, mais c'était des films de l'instant. Donc j'ai toujours été étonné qu'ils m'assassinent. Mais avec le temps, je trouve qu'ils sont indispensables. Parce que ça permet le débat, ça permet aussi de pouvoir s'amuser avec eux. Et puis, mais malheureusement, il y a deux types de personnes. Il y a ceux qui pensent à s'amuser. dont je fais partie, et ceux qui s'amusent à penser. Donc moi, je ne fais pas partie de la deuxième catégorie.
- Speaker #1
Et votre livre raconte aussi d'où viennent toutes vos comédies. Par exemple, vous adorez le foot, vous avez fait 3-0, puis la suite 4-0, vous connaissez bien les campings, et Franck Dubos avait tenu un journal de camping, et du coup, ensemble, vous avez fait camping 1, 2, 3. Vous racontez tout ça. Vous dessinez vos films sur les murs d'un préfabriqué ? D'un préfabriqué,
- Speaker #0
c'est une espèce de maison d'une cabane d'ouvriers qui était à Joinville à l'époque, au bord de Marne, qui était pas loin d'où j'avais grandi parce qu'il y avait ce parfum des bords de Marne. On a ce parfum des bords de Marne, j'en ai parlé l'autre jour à Laurent Voulzy qui vient de cette bandue, qui a d'ailleurs écrit Rock Connection et dans Rock Connection... Au camping des Flots Bleus, je me peins des tonnes de cafards. Si j'avais bossé un peu, je me serais payé une guitare. Et donc, Laurent Vosy, j'étais à l'école avec son frère. Donc, il y a un parfum des Bordemarnes, il y a un esprit. Cette banlieue qui n'était pas non plus une banlieue très dangereuse, mais qui était assez charmante. Et donc, j'ai écrit beaucoup de mes films là-bas. Alors, les films, je les dessine. Pourquoi ? Parce qu'en fait, un jour, comme on écrit à plusieurs, Il fallait que j'explique aux autres où j'étais dans mon esprit. Donc on a mis des grandes feuilles de papier tout autour, comme ici par exemple. Et puis on commence par des dessins, mais ce n'est pas des storyboards, ce sont des dessins un peu symboliques, genre la tombe qui se pose devant une caravane, c'est déjà qui pique qui arrive. Et donc j'écris comme ça jusqu'au mot fin. Et ça nous permet de dire, ah mais là il manque quelque chose. Donc c'est assez visuel.
- Speaker #1
Oui, c'est comme un sort de pré-montage.
- Speaker #0
et une fois que tout est dessiné à peu près clair dans notre esprit, on commence à taper nos dialogues mais on met même des photos qui peuvent illustrer c'est un travail assez non mais c'est artisanal ce qui m'a frappé aussi dans le livre c'est que vous parlez aussi bien de vos succès que de vos échecs ce
- Speaker #1
que généralement les auteurs ne font pas les cinéastes passent un petit peu rapidement sur les bides vous vous verrez en vous Vous racontez, bah oui, Turf, c'est une déception, Jet Set 2 qui s'appelait People, vous avez été...
- Speaker #0
Non mais les bides sont marrants.
- Speaker #1
Oui, les bides sont marrants.
- Speaker #0
Parce que bon, par exemple dans le cinéma, il y a une tradition, un réalisateur, en fait, il attend le 9h du matin déjà qu'il donne les premiers signes. Le mercredi de la sortie. Voilà, mercredi de la sortie. Moi en général, je m'arrange pour me mettre une petite caisse le mardi pour...
- Speaker #1
Pour que tout se passe un peu plus...
- Speaker #0
De manière un peu plus vapée. Et donc, on m'annonce, ça c'est quand ça se passe mal. Mais quand ça se passe mal, c'est plus drôle. On te dit... Déjà, c'est toi qui appelles. C'est pas eux qui t'appellent.
- Speaker #1
Quand ça se passe mal, c'est eux qui t'appellent.
- Speaker #0
Et c'est toi qui appelles. Donc tu dis, on a fait combien ? Ah, tu sais, on a fait 20 au HAL. Enfin, tu sais, t'es pas un film des Halles. T'es pas un film des Halles. Après, on t'appelle à 14h et là, on a fait combien ? T'as vu le temps qu'il fait, t'as vu les terrasses, t'as vu les bouteilles de rosée sur les terrasses ? Ils vont y aller ce soir, là ils sont sortis déjà, c'est beau.
- Speaker #1
C'est pas un film de 14h. C'est pas un film de 14h.
- Speaker #0
Et ensuite, il arrive 20h, dans le moment, ils sont là. Ah oui, mais t'as pas vu ? Il y avait le match de foot ce soir. Et vous demandez, je me dis, mais c'est un film de quelle heure ? Et là, on te répond, il faut attendre le week-end. C'est la phrase du cinéma. Mais c'est pas...
- Speaker #1
Est-ce qu'à chaque fois que vous avez eu ce qu'on appelle un four, bon, ça doit être, j'imagine, très douloureux, mais à chaque fois, vous le sentiez, vous aviez une raison, vous disiez, j'ai pas fait ce film pour des bonnes raisons, ou je l'ai fait, mais je l'ai pas fait sincèrement.
- Speaker #0
Vous dites un peu ça dans le livre Parce qu'en fait comme un film ça dure quand même Deux ans de sa vie Quand il y a Quand ne s'installe pas une fluidité Comme camping, c'était fluide jusqu'au bout, jusqu'aux avant-premières, où on ouvrait 3 salles, 4 salles, 5 salles à Clermont-Ferrand, 11 salles à Rouen. On voit bien qu'il se passe quelque chose. Mais quand il y a une fluidité qui ne se fait pas, on s'est dit, c'est souvent quand j'ai essayé d'être un petit peu moins sincère.
- Speaker #1
Oui, vous avez beaucoup fait des suites aussi.
- Speaker #0
le camping en marché et le camping 3 est très bien mais on reviendra sur son cas mais la suite de Jet Set n'a pas été forcément faite par Envie c'est une suite qui a été bricolée et les acteurs ont changé oui parce qu'au départ moi j'avais prévu de faire une déjetisation après Jet Set, une déjetisation dans un camping
- Speaker #1
Ah oui, d'accord, je l'ai déjà.
- Speaker #0
Et José Garcia me dit, mais tu ne vas pas aller au camping, rien du tout, on va aller à Ibiza, mon pote. Et là, je tords les tuyaux de scénario, comme un beau bourre.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Pour aller à Ibiza.
- Speaker #0
Et pour aller à Ibiza. Forcément, la chose n'est pas naturelle.
- Speaker #1
Surtout qu'Ibiza a beaucoup changé,
- Speaker #0
en plus. J'en sais quelque chose.
- Speaker #1
Donc, non mais...
- Speaker #0
Et donc le film, puis bon à Ibiza, je raconte aussi tout ce qui s'y est passé.
- Speaker #1
Oui, là c'était les excès, la nuit.
- Speaker #0
C'est un peu l'ours au salon du miel.
- Speaker #1
Je vous m'avais raconté qu'à un moment vous êtes en boîte de nuit, il est 6h du matin, avec tous les acteurs du film, et il y a un régisseur... Directeur de production. Le directeur de production qui arrive avec une pancarte, c'est ça ? Qu'est-ce qu'il y a écrit sur la pancarte ?
- Speaker #0
Avec des lunettes noires déjà, dans une boîte de nuit. C'est au pacha. Avec une ardoise. On tourne demain.
- Speaker #1
C'est une autre époque.
- Speaker #0
C'est vrai que quand j'ai vu des actrices ou des acteurs qui voulaient ramener des plaques d'égout d'Ibissa, j'ai dit on est mal barré,
- Speaker #1
on n'est pas sorti des ronces. Je trouve qu'on apprend sur les coulisses du cinéma pas mal de choses. Par exemple, vous rendez hommage à votre monteur qui s'appelait Olivier Chavarro. C'est assez rare qu'un metteur en scène... rend hommage à un monteur qui a littéralement sauvé, c'était Camping ? C'était Jet Set.
- Speaker #0
Il avait sauvé la vérité si je m'en reçois.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
C'était un sauveur, ce type-là.
- Speaker #1
Il faut expliquer, vous avez ce qu'on appelle un bout-à-bout.
- Speaker #0
Un bout-à-bout.
- Speaker #1
Personne ne rit, ça ne marche pas du tout. Le bout-à-bout est trop long, il est bancal. Un fiasco. Et là, il y a quelqu'un qui arrive et qui reprend tout, scène après scène. Mais comment il fait ? C'est un miracle.
- Speaker #0
C'est un type magique. d'abord j'avais il avait sauvé la vérité c'est un major de l'IDEC Olivier Chavarro les monteurs le détestaient parce qu'il arrivait il change tout il avait une méthode il arrivait avec ses pantoufles il commandait des plateaux de chez Flo et il dormait dans la salle de montage il lui fallait 15 jours pour sauver le film moi je m'intéresse donc en fait il regarde tous les rushs et là Il me dit, on regarde ensemble, il m'a dit il n'y avait pas une scène là ? Je lui ai dit oui mais je l'ai coupé. Mais tu ne fais pas ça Fabien, mais quel malheur, tu vas me chercher ça dans le chutier. Donc lui il n'arrêtait pas d'aller chercher dans le chutier. Et en fait il m'a dit je vais te montrer ma méthode, je vais te couper le film à 1h40 sans rien couper. C'est-à-dire qu'il a remis tout et il a fait du rythme. Et en fait ce qu'il faisait c'est qu'il densifiait. Il passait une réplique en dessous à une réplique au-dessus. Ça se répondait très vite. Il y avait le rythme de comédie qui s'imposait. Et il emmenait le film jusqu'au bout. En fait,
- Speaker #1
le film, c'est surtout le son. C'est plus que l'image.
- Speaker #0
Les répliques.
- Speaker #1
Les répliques en off. En off.
- Speaker #0
Et il densifiait. Il dit densification, Ce qui fait que j'ai vu le film. Au départ, j'avais un bout à bout qui faisait deux heures et quelques. Il m'a fait 1h40 d'une efficacité totale. c'est vrai que c'est c'est un type qui était bouleversant il pouvait regarder la même scène dix fois quand elle était drôle, il riait dix fois, si elle était triste il pleurait dix fois donc c'était un type qui vivait le film et donc pour moi c'est un ange d'abord quand il arrivait, il dit on va convoquer on convoque les anges il était un peu bizarroïde c'est des gens bizarroïdes bien sûr bien sûr bien sûr bon stress
- Speaker #1
Et oui, un pause fraîcheur.
- Speaker #0
Pause fraîcheur. Ouf ! Quel bonheur !
- Speaker #1
Ah ça fait du bien cette histoire de pause fraîcheur ! C'est sûr qu'on n'en fait pas trop hein ! Bon non mais j'ai presque fini, il y a cette anecdote assez drôle, c'est pendant la promo de camping chez Guillaume Durand, vous n'arrivez pas à parler.
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #1
j'avais fait une tournée... Que s'était-il passé ?
- Speaker #0
Une tournée exceptionnelle. De ville en ville.
- Speaker #1
Vous étiez un peu fatigué.
- Speaker #0
Oui. J'avais fait une soirée, surtout au Pilache, où on avait tourné. J'avais été honoré parce qu'on m'avait remis une tong de 1m20. Ah, oui. Donc, j'étais très honoré. Et vous avez fêté la tong. J'ai fêté la tong. Et finalement, je me suis endormi sur la tong. Mais seulement le matin, il fallait prendre le train de très tôt. Oui. Du genre 7h.
- Speaker #1
7h.
- Speaker #0
Et donc, j'ai oublié la tong. Et je suis arrivé à l'émission de Guillaume Durand. Mais sans voix. Et Guillaume Durand a été exceptionnel. Parce qu'il avait... Il faisait les questions et les réponses. Donc Fabien Antoniette semble nous dire qu'il est très heureux d'avoir fait ce film parce qu'il a perdu sa tong, il faut savoir, il me blaye, il a fait une émission tout seul.
- Speaker #1
Oui mais c'était son rêve de toute façon depuis le début.
- Speaker #0
Et donc je le remercie mais vraiment du fond du coeur parce que évidemment c'était la dernière émission avant la soirée chiffre qui a été exceptionnelle, on a fait 238 000 pour mes jours. où les gens de pâté disaient ça commence à devenir embarrassant.
- Speaker #1
Et vous citez Pierre Brasseur, le père de votre ami, qui disait il faut tourner avec des gens avec qui on a envie de boire un coup. Et au fond c'est peut-être comme ça que vous recrutez le mieux, c'est-à-dire des gens, un peu comme c'était le cas d'ailleurs dans les films d'Odiard, certains films comme ça.
- Speaker #0
Les films que j'avais vus quand j'étais petit avec Michel Odiard. Ou sur la bande de copains. J'avais observé qu'ils se marraient bien ensemble. Et là, c'était juste à côté de chez vous, au quai des Augustins, dans un petit café. J'avais continué avec mes dessins, parce que j'avais écrit pour Jacques Villeray. Et Jacques Villeray m'avait appris plein de choses, la couillette, cette fameuse couillette pour verser le Ricard, etc. Et puis, il est mort au milieu de mon écriture de camping. Et j'ai continué à dessiner Jacques Villeray jusqu'à la fin. Mon agent à la fin me dit... Il serait temps que tu penses à quelqu'un d'autre parce qu'il ne va pas revenir. Et donc elle m'a dit va voir Claude et j'ai été voir Claude. Claude m'a dit eh bien on va le faire pour Jacques et on va l'appeler Jackie. Et il m'a dit aussi mon père me disait il faut faire des films avec des gens avec qui on veut boire un coup après le film. Et c'est comme ça qu'on s'est bien entendus.
- Speaker #1
C'est vrai que ces films de bande, c'est un peu aussi le cas de Claude Lelouch. Il y a toujours les mêmes qui reviennent.
- Speaker #0
C'est un peu comme si on retrouvait une famille à Noël ou aux anniversaires.
- Speaker #1
Alors il y a des choses dont vous ne parlez pas dans le livre, notamment votre nouvelle carrière de disjockey de plage, sous le pseudonyme de DJ Fabio. Il vous est arrivé de...
- Speaker #0
Le mixer avec un certain DJ Freddy.
- Speaker #1
Freddy de Guettari ? Oui.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Moi, je n'avais pas le même temps parce que je mettais des titres un peu comme ça à l'arrache. Et Freddy avait une méthode beaucoup plus élaborée. C'est normal.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Je m'incline, ma carrière s'est arrêtée vite.
- Speaker #1
Autre chose dont vous ne parlez pas, c'est quand même que les tuches vous ont emprunté un peu l'idée de décalage. Le décalage d'une famille prolétaire dans un univers de riches. En fait,
- Speaker #0
Jet Set... Non, mais en fait, ils ont bien vu, que ce soit les ch'tis ou les tuches, ils ont bien vu Camping. Mais quand ils ont bien vu, ils l'ont bien vu. Après, ils ont regardé. Mais on ne peut pas leur empêcher de l'avoir bien vu.
- Speaker #1
Non, bien sûr.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que je me rappelle d'un producteur des tuches qui ne faisait pas ça du tout. Il ne faisait pas de comédie. Et puis, il a découvert que les comédies, ça marchait, parce que lui, ça ne marchait pas trop. Et donc, ils ont fait les tuches. Mais pour moi, ce sont des... Ce sont des espèces de suites dans le même esprit.
- Speaker #1
Oui, c'est très bien.
- Speaker #0
Je suis content d'avoir ouvert la brèche.
- Speaker #1
Et alors vous, le Camping 4, tout le monde vous le demande tout le temps, dans la rue, partout, les gens attendent.
- Speaker #0
C'est dérangeant parce que l'autre jour j'étais à l'enterrement de Nathalie Baye, il y avait des badauds. J'étais là et j'ai entendu « À quand Camping 4 ? » Donc ce n'était pas le moment de répondre. Mais non, on me le demande souvent. Le problème c'est que Claude Brasseur est parti, Mylène Demangeau est parti, Franck n'a pas forcément envie de mettre le moule-bite à 60 ans, tout de suite, on ne sait pas encore. Mais j'ai vu hier que les Ch'tis allaient peut-être faire une suite, donc on ne peut jamais dire, je ne boirai pas de ton eau, tu le sais bien.
- Speaker #1
Et par ailleurs, vous... préparer peut-être, je ne sais pas si j'ai le droit de le dire, une pièce de théâtre immersive où le spectateur sera dans Camping. C'est... C'est ta ralitude ?
- Speaker #0
On pense à ça. Parce qu'en fait,
- Speaker #1
aujourd'hui, il y a un revival du plaisir coupable.
- Speaker #0
C'est-à-dire que moi j'ai observé ça sur le Tour de France, parce que j'avais été faire un film sur Cochenou, j'avais rapporté des bobs. Nathalie, ma femme, m'a dit mais tu ne vas pas ramener ces immondes. Et en fait ces enfants là mettent les bobs et assument complètement ce truc-là. Le Tour de France a changé, quand on voit l'arrivée rue Le Pic, les gens se déguisent, il y a le plaisir coupable qui est revenu. Il y a même des boîtes qu'on connaît ensemble au Pays Basque où ils n'hésitent pas à placer les lacs du Col-et-Marat. Donc maintenant, on est dans un tel état, en gros, qu'on a envie de se faire plaisir.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'on va aller dans un théâtre et on sera dans votre camping des flots bleus.
- Speaker #0
Voilà. Et peut-être que ceux qui voudront enterrer leur vie de garçons ou de jeunes filles seront en maillot de bain, en tongs. Et ils s'éclateront, il y aura des karaokés, et il y aura évidemment une after au shogun. Obligatoire.
- Speaker #1
Bon, et alors, moi j'attends le film Plasmobert avec impatience. On va passer au Devine tes citations. Alors, comme c'est votre unique livre, je vais vous lire des phrases tirées soit de vos films, soit de votre livre. Et le jeu, c'est que vous devez me dire livre ou film.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et puis éventuellement me dire dans quel film. Attention. Alors, l'humour est le plus court chemin d'un être à un autre. Livre. Livre, c'est dans Alors on n'attend pas Fabien. L'amour c'est comme les crêpes, la première est toujours ratée.
- Speaker #0
Livre.
- Speaker #1
Oui. Vous parlez d'un dépucelage nul.
- Speaker #0
Oui, pas grandiose.
- Speaker #1
Non. Une autre phrase. Mon mari est un bouffeur de minoux.
- Speaker #0
Film.
- Speaker #1
Film, c'est dans...
- Speaker #0
Dans Camping 1. Elle m'a dit de saigner. Et d'ailleurs, elle passe sa vie, la pauvre, à entendre ça.
- Speaker #1
Non, mais attendez, c'est pire pour Antoine Duléry. Parce que moi, je me suis promené avec Antoine Duléry. Les gens l'arrêtent dans la rue en le traitant de bouffeur de minou. Pas facile à vivre. C'est votre faute.
- Speaker #0
Et il y a une autre phrase qu'il dit dans Camping 2. Il dit maintenant, je vais devenir un pineur. Et il y a des gens qui l'appellent le pineur aussi.
- Speaker #1
Dans la vie. Il ne faut jamais se fier aux apparences, sinon on n'aurait jamais mangé d'oursin.
- Speaker #0
Film.
- Speaker #1
Quel film ?
- Speaker #0
3-0. C'est la fin de 3-0. Alors, je peux dire un petit mot sur ces phrases, parce qu'en fait, ces phrases viennent de Coluche. Lanvin faisait partie de l'équipe d'écriture de Coluche. Il faisait une émission sur Europe 1 qui s'appelle « On n'est pas là pour se faire engueuler » . Et il fallait trouver des vannes tout le temps. pour Coluche, des vannes. Donc eux, ils étaient épuisés, Jean-Jean, L'Envain, ils allaient acheter le hérisson, puis le gadget, des canards nuls, ils avaient honte presque d'aller chercher ces canards. Et L'Envain a empilé toutes ces vannes dans des cahiers. Et c'est des cahiers de Coluche. Et de temps en temps, quand je fais un film avec lui, il ressort les cahiers, et c'est ainsi que celle-ci vient des vannes pourries de Coluche.
- Speaker #1
Il ne faut pas se fuir aux affarements, sinon on n'aurait jamais mangé d'oursin. C'est vrai,
- Speaker #0
mais c'est totalement vrai.
- Speaker #1
C'est totalement vrai. Autre phrase, de vous. Quand on a la tête en beurre, il ne faut pas s'approcher du four.
- Speaker #0
Toujours 3-0. Et toujours cahier de colluge.
- Speaker #1
Cahier de colluge, d'accord.
- Speaker #0
Quand on a la tête en beurre, il ne faut pas s'approcher du four.
- Speaker #1
C'est logique. Le cinéma est une grande famille, mais on est tous des orphelins.
- Speaker #0
Ça, c'est le livre.
- Speaker #1
Et ça, c'est de vous.
- Speaker #0
Ça, c'est de moi. Oui, c'est parce que c'est... C'est pour ça que j'ai senti que j'étais parfois... Pas dans la famille. Pas dans la famille. La famille, certaines familles. Mais maintenant, avec le temps...
- Speaker #1
Maintenant, petit à petit, tu es Franck Dubos qui a eu un César.
- Speaker #0
Alors lui, il a passé le guet. Oui, oui. Et comme il a passé le guet, on peut s'autoriser à penser que nous aussi... Peut-être un jour,
- Speaker #1
un jour, oui.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, Franck a été adorable parce que quand il a eu son César, il m'a envoyé une photo le matin. de son César, avec une tasse de café, et avec un petit texte, je t'en donne un peu.
- Speaker #1
C'est gentil. Alors, tu représentes le mal du cinéma français. Alors ça.
- Speaker #0
Alors ça, c'est dans le livre.
- Speaker #1
C'est dans le livre, mais c'est pas de vous.
- Speaker #0
Mais c'est pas de moi, c'est un critique de chez Technicart, qui un soir, au Baron...
- Speaker #1
il vient vous voir il vient me voir,
- Speaker #0
déchiré je suis comme ça, gras il vient me parler, il me dit un truc que je ne comprends pas tout de suite puis il s'approche et il me dit, tu représentes le mal du cinéma français Je lui ai dit, tu peux me le redire plus près ? Et là, il s'approche, et là, je lui mets un coup de boule, il tombe comme ça. Et bon, je n'en suis pas très fier, parce que ma mère me disait toujours, le plus intelligent se tait. Mais bon, je n'ai pas été très intelligent. Mais finalement, le type a été audacieux quand même, parce qu'il m'a rappelé, il me dit, je vais en faire un article. Un article dans lequel il avoue qu'il avait picolé. et donc c'est... J'ai pris le truc comme un... c'est un bon gars, mais j'ai vu des artistes, je me rappelle de Ramzy, après cet épisode du coup de boule, qui s'est agenouillé devant moi en me disant, merci, tu as fait ça pour nous,
- Speaker #1
pour nous tous. Quand il n'y a plus d'espoir, toujours penser au homard dans le vivier du Titanic.
- Speaker #0
Ça c'est de moi.
- Speaker #1
Et ça c'est dans le livre. Ça c'est dans le livre, oui.
- Speaker #0
Ça c'est une phrase majeure, parce que... pour tous ceux, j'ai fait aussi ce livre c'est le petit gamin de banlieue qui pense jamais ne pense qu'on peut y arriver mais donc alors il y a des hauts, des bas et je dis oui pour les jeunes qui veulent commencer je dis si l'aventure est dangereuse il faut savoir que la routine est mortelle donc il faut quand même tenter le coup alors évidemment il y a des phases de désespoir mais quand il n'y a plus d'espoir Toujours penser aux homards dans le vivier du Titanic. C'est à méditer.
- Speaker #1
Oui, oui. Mais si les homards, on les pince avec des élastiques, même si le bateau coule et qu'ils sont libérés, ça ne va pas être évident, ça ne va pas être facile.
- Speaker #0
Mais vous connaissez beaucoup d'homards avec des élastiques ?
- Speaker #1
Dans les restos, quelquefois, il y a... Ah oui, oui. Enfin bon.
- Speaker #0
Moi, je pensais qu'à cette époque, ils n'avaient pas forcément... Non,
- Speaker #1
peut-être à cette époque, ils n'avaient pas, vous avez raison. Oui, oui, oui, c'est vrai, on est en 1900. Voilà. Une autre phrase, c'est comme ça. Ils veulent du slip, de la tong et des boîtes de benco.
- Speaker #0
Ça c'est dans le bouquin. Parfois, je suis tombé sur des producteurs qui m'écoutaient, je voulais faire des films un peu plus dramatiques, je voulais revenir à mes films originels.
- Speaker #1
Mais vous y êtes revenu un peu avec Les Enfants des Justes en 2022,
- Speaker #0
un téléfilm pour France Télé,
- Speaker #1
qui était très bouleversant sur les Justes pour la Nation.
- Speaker #0
Mais la télé m'a permis de faire des films comme ça. Oui, c'est vrai. Donc, j'ai constaté qu'ils veulent de la thong, du slip, du moulbit. De la boîte de Benko. De la boîte de Benko et du t-shirt rose.
- Speaker #1
Une dernière. Alors, est-ce que c'est un livre, un film ? Et si c'est dans un film, lequel ? Vous avez peut-être des millions d'amis sur Facebook. Mais avoir des amis sur Facebook, c'est comme être millionnaire au Monopoly. C'est du vent.
- Speaker #0
Ça, c'est dans Camping 3. C'est une tirade de Franck Dubosc.
- Speaker #1
Et alors, Franck, il improvise beaucoup ou pas sur les tournages ? Pas du tout.
- Speaker #0
tout ça est écrit et alors la fameuse phrase alors on n'attend pas Patrick c'est improvisé ça c'est venu sur le tournage de Campiguin alors il le dit avec le ton particulier parce qu'il met plusieurs cas alors on n'attend pas Patrick il fait le mouvement de tête mais pour lui c'est un drame cette phrase parce qu'il m'a avoué tu ne t'en rends pas compte Fabien mais c'est vraiment un drame l'autre jour j'étais faire une coloscopie et le mec me dit Amen. alors on n'attend pas Patrick. Chez le proctologue, alors on n'attend pas Patrick. C'est un enfer.
- Speaker #1
Partout. Y compris les enterrements. On passe au questionnaire de Bec Bédé, c'est moi. Je vous l'avais donné à l'avance, mais voilà. J'espère que vous êtes prêts. Pourquoi un jeune devrait-il lire votre livre au lieu de scroller sur TikTok ?
- Speaker #0
Parce qu'il y a des vannes encore plus nulles. que sur TikTok. Et donc, notamment celle dont on vient de parler, de Jean-Yann, des cahiers de Coluche. Vous savez, je peux dire un truc sur Coluche, parce que c'est une histoire qui m'a marqué. Moi, j'écoutais beaucoup Coluche à la radio, et il avait un jeu qui s'appelait le mille-boutreau. Parce que Coluche était né rue Émile Boutreau, Amour Rouge. Et donc, il y avait une énigme. Et quand on gagnait... L'énigme, on avait des cadeaux mais emmerdants, 150 slips, 2500 soutiens-gorges, donc ça m'intriguait et un jour j'ai été le voir en public à Europe 1 et il y avait une énigme, ça se porte plus ou moins sur l'épaule, donc plus ou moins sur l'épaule, j'ai dit des piles et j'ai gagné 2500 piles.
- Speaker #1
Attends, j'ai pas compris, ça se porte plus ou moins sur l'épaule ? Ça se porte plus ou moins sur l'épaule.
- Speaker #0
Ah les pôles ! Et oui, j'ai pensé aux pôles. D'accord, les piles. Et oui, mais lui il l'a dit comme ça. Et donc j'ai pensé aux piles, j'ai gagné 2500 piles. que j'ai distribué à tout le lycée. Moi Coluche ça a été un type qui m'a beaucoup marqué.
- Speaker #1
Que savez-vous faire que ne sait pas faire Tchad GPT ?
- Speaker #0
Je pense, je fais l'humour. Je fais un peu l'humour. Sauf que Tchad GPT n'est pas drôle. Il faut être très poli avec lui. Donc la politesse, ça ne va pas trop avec la drôlerie. Et donc voilà, il lui manque un peu. J'attends avec impatience qu'il soit drôle.
- Speaker #1
Avez-vous déjà écrit en état d'ivresse ?
- Speaker #0
Oui, et c'est nul. C'est-à-dire qu'on peut prendre le texte, le mettre en boule, le jeter. Je n'ai jamais trouvé ça bon.
- Speaker #1
Qu'est-ce que j'ai d'autre ? Ah ! Quel est votre chef-d'oeuvre ? Si vous deviez en choisir qu'un dans vos films, lequel ?
- Speaker #0
Camping.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce qu'il y a un peu de tout. C'est un film social aussi. D'ailleurs François Ruffin m'a appelé l'autre jour. Oui. Il veut lancer sa campagne au Flot Bleu. Et il trouve que c'est un film très social.
- Speaker #1
C'est un film très humain.
- Speaker #0
Non mais bon, je pense que c'est celui qui réunit tout le monde. Et au bout d'un moment... Arrêtez de se voiler la face, c'est peut-être bien.
- Speaker #1
Êtes-vous un Wawin ?
- Speaker #0
Ah oui, cette génération de Français... Non, je pense que je suis anti-Wawin, je suis l'opposé du Wawin. Mais bien sûr, je comprends... Mais bon, ce qui me gêne un peu, avec la politique parfois, c'est que là, on glisse sur des sujets, ça devient très très moral. Là, par exemple, je trouve que la gauche est passée de la lutte des classes à la lutte des races. Donc ça me gêne, parce que moi j'étais très des classes. Oui, dans le mouvement, je ne touche pas à mon côté. Voilà, Donc ça me gêne un peu.
- Speaker #1
Si vous étiez très riche, cesseriez-vous de faire du cinéma ?
- Speaker #0
Non. Non, mais j'ai gagné un peu d'argent, mais l'argent, ça sert à oublier qu'on est pauvre. Donc, non, s'il n'y a pas de quoi se lever le matin, s'il n'y a pas si une motivation, s'il n'y a pas cette petite excitation, je pense qu'on s'emmerde très vite.
- Speaker #1
D'habitude, je demande à mes invités un livre qui donne envie de pleurer, un livre qui donne ceci. Là, vous êtes cinéaste, donc je vais vous faire avec des films.
- Speaker #0
Ah bah d'accord.
- Speaker #1
Si vous êtes d'accord, donc un film qui donne envie de pleurer.
- Speaker #0
Moi, c'est plusieurs. La route de Madison, qui me donne envie de pleurer. C'est à marche à tous les coups. Crameur contre crameur.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Voilà, ça me donne envie de pleurer.
- Speaker #1
Et un film pour arrêter de pleurer ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est le dîner de con. C'est un chef-d'oeuvre.
- Speaker #1
C'est le chef-d'oeuvre pour vous absolu ?
- Speaker #0
Ah oui, oui. Et Villerey, parce que c'est très dur de jouer un con. Et Villerey, c'est magnifique. Oui,
- Speaker #1
il arrive à avoir les yeux vides.
- Speaker #0
Oui, il arrive à tout avoir. Il fait passer toutes ses boulettes.
- Speaker #1
Ouh, les boulettes.
- Speaker #0
Et hop ! Mais pour des chefs-d'oeuvre.
- Speaker #1
Un film pour crâner dans la rue.
- Speaker #0
Alors bon, moi, c'est un peu la fièvre du samedi soir. Parce que je me rappelle, quand on sortait du film, on marchait un peu comme John Travolta. Et là, je crânais. Mais en plus maladroit. Mais j'aimais bien la vibe.
- Speaker #1
Un film qui rend intelligent.
- Speaker #0
Ben ça, j'ai toute une série. parce que j'ai... Moi je suis un grand... A une certaine époque, j'étais un adepte de tous ces films navets, tous les navets qu'on tournait. Donc c'était Marche pas sur tes lacets, Par où t'as rentré, on t'a pas vu sortir, C'est l'été et on boit frais à Saint-Tropez. Parce que tous ces films-là se tournaient beaucoup à Saint-Tropez et pas tout le coin.
- Speaker #1
Non, non.
- Speaker #0
C'était surtout là-bas.
- Speaker #1
C'était Max Pécasse. Oui, Max Pécasse. Un film pour séduire ?
- Speaker #0
Pretty Woman.
- Speaker #1
Ah bon, vous emmenez la personne voir le film ?
- Speaker #0
Je trouve que c'est un film qui peut être amené à séduire.
- Speaker #1
Oui, c'est un film.
- Speaker #0
On se sent bien.
- Speaker #1
Un film que je regrette d'avoir vu ?
- Speaker #0
C'est L'abandon.
- Speaker #1
C'est quoi ce film ?
- Speaker #0
Un film récent sur Samuel Paty, parce que j'aurais préféré que ça n'existe pas.
- Speaker #1
Ah oui, il est très dur.
- Speaker #0
Ça m'a tellement bouleversé que j'aurais préféré... J'aurais préféré qu'il n'y ait pas eu de film là-dessus.
- Speaker #1
Oui, que l'histoire n'arrive pas. Il est produit par un ami, Stéphane Simon.
- Speaker #0
C'est un très beau film.
- Speaker #1
Un très beau film et un grand succès. Un film que je fais semblant d'avoir vu jusqu'au bout.
- Speaker #0
Bon faut savoir que quand on va au Festival de Cannes, on sort beaucoup ! Donc j'ai vu beaucoup de films.
- Speaker #1
Mais après, quand vous croisez l'auteur, vous faites semblant de l'avoir vu jusqu'au bout. Voilà.
- Speaker #0
Et donc, combien de fois je me suis endormi avec l'espèce de petite bave qui coule. Et je me souviens d'un film irréversible ou quelques films de Vincent Landon, hélas, que je n'ai pas vu jusqu'au bout.
- Speaker #1
Vous savez ce qu'avait dit Sagan à Jeanne Moreau ? Elle était allée voir une pièce où jouait son amie Jeanne Moreau et elle avait dormi pendant toute la pièce. Et à la fin, elle se retrouve nez à nez avec... l'actrice qui lui demande ce qu'elle en a pensé et Sagan répond tu m'as fait rêver à ressortir c'est ça ça marche le film que j'aurais aimé réaliser
- Speaker #0
Alors, par exemple, le clan des Siciliens, c'est parce que j'aurais aimé tourner avec Gabin. J'adorais Jean Gabin, j'adorais son côté mauvaise humeur. C'est un peu comme Jean Yann, j'aime bien les gens de mauvaise humeur. La mauvaise humeur, pour moi, c'est un signe de bonne santé. Donc, un peu désagréable, le côté d'Ab. Et voilà, j'aurais aimé tourner avec Gabin.
- Speaker #1
Je pensais que vous diriez les lumières de la ville de Chaplin, parce qu'il y a ce ton aussi beaucoup dans certains de vos films.
- Speaker #0
Oui, il y avait l'embarras du choix. Oui, bien sûr. J'aurais pu dire un porno aussi. Parce qu'un jour je me retrouve dans une discothèque et j'avais fait Jet Set et il y a un type qui vient vers moi et me dit « Enchanté collègue, il venait de faire Jet Sex » . Parce qu'à l'époque on reprenait...
- Speaker #1
On reprenait beaucoup les films qui ont marché.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Quel est le pire film que vous ayez jamais vu de votre vie, Fabien Antonieté ?
- Speaker #0
Jet Head 2.
- Speaker #1
Oh, c'est vrai ?
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Je ne l'aime pas.
- Speaker #1
Vous vous êtes déçu ?
- Speaker #0
Oui. Pas moi.
- Speaker #1
Je ne l'ai pas revu. Pas moi. Non, je ne l'ai pas revu, mais...
- Speaker #0
Non, mais bon, voilà, c'est pour répondre de manière marronne.
- Speaker #1
Et enfin, la question Fahrenheit 451. Imaginons, on est dans un monde où les films sont brûlés par les pompiers. C'est interdit d'aller au cinéma. Quel est le film que vous apprendriez par cœur pour pouvoir le transmettre aux générations futures ?
- Speaker #0
Je crois que c'est La Grande Vadrouille. C'est un film qui est parfait pour moi. Il y a tout, il y a peu d'histoire, il y a ces acteurs merveilleux. Et je ne m'en lâche jamais.
- Speaker #1
Et puis surtout sur un sujet grave, sur la Deuxième Guerre mondiale. C'est un sujet dangereux. Merci infiniment Fabien Antonien de t'être venu. Nous avons fait semblant de nous vous voyer pendant une heure. C'était difficile, mais on a réussi. Je vous ordonne de lire « Alors, on n'attend pas Fabien » aux éditions Stock de Fabien Antoniente sur sa vie, avec beaucoup d'émotions, beaucoup de drôleries et les coulisses de la comédie, comment on essaie de faire marrer les autres.
- Speaker #0
On va souvent comparer à un copain d'été, à cause de mes films, mais j'espère que ce sera le livre de l'été.
- Speaker #1
Voilà, je l'espère aussi pour vous. Et merci à tous, n'oubliez pas que la lecture est à l'esprit, ce que le sport est au corps. Voilà. Oui, c'est compliqué. Bonsoir.