- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Corps et Fracas, le podcast mené par la mutualité française Centre-Val-de-Loire qui rend des sujets de santé complexes accessibles à tous. A travers des thématiques variées, nous vous invitons à prendre soin de votre santé et de celle des autres en vous informant. Chaque thématique est explorée en trois épisodes par des intervenants et des points de vue différents. La prévention est au cœur de notre démarche, car s'informer c'est déjà agir pour sa santé. Bonjour et bienvenue chers auditeurs. pour ce deuxième épisode de notre série dédiée au handicap. Après avoir posé les bases dans notre précédent épisode et mieux compris ce que recouvre la notion de handicap, aujourd'hui nous poursuivons cette exploration en nous intéressant à une question centrale, celle du parcours professionnel. Comment le handicap influence-t-il une trajectoire de travail ? Quels obstacles peut-on rencontrer ? Quel soutien existe pour accompagner les transitions et permettre à chacun de construire un parcours choisi plutôt que subi ? Pour en parler aujourd'hui, nous accueillons David Marquenet. Bonjour David.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
qui partagera avec nous son expérience personnelle et professionnelle entre défis rencontrés, reconversions et nouvelles perspectives. Pour commencer, David, est-ce que vous pourriez nous dire quelques mots sur vous ?
- Speaker #1
Moi, je suis handicapé depuis que j'ai 5 ans. Je suis atteint d'un syndrome qu'on appelle le syndrome du litel. Ça fait partie des handicaps IMC, infirmes moteurs cérébrales, pour être plus précis. Du coup, mon handicap, il a la caractéristique de... contraire et d'avoir des contractures en fait j'ai des contractures régulières et en fait là on a trouvé traitement donc c'est la toxine botulique qui me permet tous les trois mois d'assouplir le muscle c'est un rajeunisseur en fait Et ça permet que maintenant, je puisse remarcher en déambulateur. Génial. Et ça me permet aussi de faire mes transferts, tous les transferts que j'ai besoin. Je fais bien les douches, que le lit, que j'ai une vie normale.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Et du coup, j'ai de la kiné, j'ai une ergot étant jeune. et ça me permet d'avoir une vie bien. bien remplir une vie normale, avec des outils de vie, bien sûr, sur certains actes, mais qui me permettent d'être en appartement, mariée, voilà, la normalité, en fait.
- Speaker #0
Génial. Merci beaucoup. Au niveau de votre vie professionnelle, quels sont les défis ou les obstacles que vous avez rencontrés ?
- Speaker #1
Le premier, je dirais, c'est se découvrir soi-même.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, si on n'a peut-être pas de handicap, ou si on n'a peut-être pas de difficultés, ou si on ne se désapproprie pas. on bloque sur quelque chose qui fait partie de notre vie. Et du coup, qui bloque sur ce qu'on peut faire après.
- Speaker #0
Et ça, vous avez réussi seul ou en étant accompagné, justement, à accepter ?
- Speaker #1
Non, j'étais accompagné. J'ai eu des ergots, des éducateurs spécialisés. J'étais en... On était en établissement. Moi, j'ai fait qu'une école normale, c'est la maternelle.
- Speaker #0
Ok, d'accord.
- Speaker #1
Tout le reste, j'étais en établissement. IMPRO, IMP, enfin bref, je vous en passe. Avec kiné, ergophonie, psychomote. Des interventions, je vous en passe. et du coup aujourd'hui je suis quelqu'un qui épanouit, qui est marié et qui avec son travail permet aux gens de dépasser ce handicap. Je veux dire qu'avant d'être handicapé, derrière le handicap, il y a une personne, et c'est la personne qu'on doit voir. Et pour que les gens acceptent le handicap, il faut déjà qu'on s'accepte soi-même.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
De rien.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous faites justement comme travail ?
- Speaker #1
Moi, je suis travailleur en lésa à temps premier. J'ai eu, étant jeune, un diplôme. Je suis mutilé ministre de métier.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
En milieu spécialisé, bien sûr. J'ai jamais pratiqué, j'ai le diplôme, mais j'ai jamais pratiqué parce que je me suis mariée. Et du coup, j'ai changé de vie. Et du coup, après, là, j'ai travaillé sur l'état de notre lindou et à tour, où je fais tout ce qui est du mécanique, c'est-à-dire on met des... On fait plein d'activités pour les entreprises. Je fais du conditionnement multiple. Et là, j'ai démarré un processus de reconversion pour être formateur.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Et pour être formateur, sur quelle thématique ?
- Speaker #1
Le handicap, mais je passe le diplôme de format de... général.
- Speaker #0
Ok d'accord et ça serait pour intervenir auprès de quel public ?
- Speaker #1
Alors différents publics, du coup ceux qui m'ont aidé notamment, les ergots, les éducateurs techniques spécialisés, les hôpitaux et tout ce qui touche le handicap et la personne en elle-même.
- Speaker #0
Et donc vous avez déjà commencé, vous avez pu commencer à intervenir ?
- Speaker #1
Oui, je suis déjà intervenu extérieur.
- Speaker #0
ok alors pourquoi est-ce que vous aimez la formation, qu'est-ce qui vous a poussé à vous reconvertir ?
- Speaker #1
parce que j'ai comme je vous le disais tout à l'heure j'ai des auxiliaires de vie et j'ai vu certaines difficultés qui sont aujourd'hui intolérables je dirais aussi bien pour l'auxiliaire de vie que pour la personne accompagnée pour pallier ça et bien il faut de la pratique et il faut des gens qui s'engagent Merci. Et plutôt que de crier au scandale comme quoi ça va pas, parce que moi j'étais quelqu'un de nerveux avant, donc je criais au scandale. Et j'ai appris que crier au scandale ça sert à rien. Et du coup, pour m'aider et pour aider les gens qui ont ce genre de dispositif. Eh bien, il fallait que... il faut des gens qui s'engagent. Et moi, j'ai décidé de prendre cette voie-là. Parce que je pense que la personne qui est atteinte ou qui est du handicap... Et bien c'est les deux seuls qui peuvent en parler le mieux. Il faut aussi, ça va dans les deux sens, pour comprendre, pour qu'eux nous comprennent, il faut que nous on se passe comprendre. Et du coup, c'est la meilleure manière. L'agression ne sera plus à rien, puisque aujourd'hui, on est déjà en manque d'effectifs. Aussi, au niveau hospitalier, au niveau oxyde de vie, c'est des métiers très durs, des métiers qui sont très demandés et très peu valorisés. Donc du coup, il faut valoriser ça et il faut leur donner les moyens de se dégager du problème qu'il y a actuellement. C'est-à-dire un manque de formation, un manque de connaissances du handicap. Et une perception qui est des fois faussée par des on-dit, par des difficultés qui sont dans la vie telles que l'accessibilité.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Effectivement, c'est un beau témoignage que finalement, il n'y a pas de meilleure solution que de s'engager plutôt que, comme vous dites, de crier au scandale. Et alors, vous avez parlé justement des handis. Est-ce que vous pensez que le monde du travail, aujourd'hui, il sait s'adapter au handicap ? Il a une idée réaliste des contraintes ou il y a encore du travail à ce niveau-là ?
- Speaker #1
Il y a beaucoup de travail. Moi, je vais aussi... parler en tant qu'élu, parce que je suis élu départemental au niveau de l'Indre-et-Loire. De l'APF France Handicap. Et donc, il y a encore beaucoup de travail, parce qu'au jour d'aujourd'hui, dans le monde du travail, les entreprises préfèrent payer une amende plutôt que de se mettre aux normes.
- Speaker #0
Aux normes, à quel niveau ?
- Speaker #1
Vous savez que dans la loi, Maintenant, c'est 6% du... de l'épicripe qui doit être handicapé.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est une règle et elle n'est pas respectée. Alors, pourquoi il y a deux choses ? Une, la méconnaissance du handicap, comme je vous disais tout à l'heure. Et deux... La méconnaissance de ce qui peut être mis en place pour l'adaptation du poste. Il faut savoir que quand quelqu'un a une difficulté, et là on parle plutôt d'handicapement, Le monde du travail peut adapter, peut avoir des financements pour adapter. Le problème c'est que c'est des démarches, et que c'est long, et que c'est méconnu, et que du coup ça bloque. Et voilà, c'est un des freins les plus flagrants du monde actuel.
- Speaker #0
Et il existe alors pour des entreprises qui justement sont freinées par le côté administratif ? logistique des démarches, est-ce qu'il existe des structures qui aident à ce niveau-là, qui accompagnent ?
- Speaker #1
Vous savez, on a des dispositifs maintenant, un nouveau qui vient de sortir, qui vient de la GEPIP, qui, vous voyez, je vais rentrer en formation bientôt. Moi, j'ai besoin de matériel parce que j'ai un problème de vue et du coup, j'ai besoin de matériel parce que sinon, je vais rater mon diplôme. Donc, l'AGFIP va me prêter du matériel le temps que je fasse l'acquisition du matériel.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
La seule règle, c'est d'être dans le dispositif. Ils prêteront pas si on n'est pas déjà dans le dispositif.
- Speaker #0
Ok, donc c'est de s'inscrire en fait.
- Speaker #1
C'est ça. Et puis c'est de s'engager, parce que du coup, moi actuellement je suis en désacte. Là je vais rentrer en formation. Je suis en préparation de formation et je vais rentrer à l'AFP de Fontenay bientôt, qui est un centre de formation spécialisé handicap. Où je vais faire ma préparation, parce que le diplôme, il sera fait dans un autre centre de formation, ils ne l'ont pas, parce qu'ils n'ont pas dans leur dispositif, ils n'ont pas cette formation-là. Mais je vais faire une préparation pour rentrer. Donc, je vais me remettre à l'école parce que c'est un bac plus 4. Et vous imaginez bien 50 ans. Vous êtes motivé. Il y a des choses qui tournent, mais il y a des choses qu'on oublie. C'est une base. Et du coup, pour être bien prêt, il a fallu que je mette beaucoup de choses en place. Il faut prendre le temps. Toute la question est là. Prendre le temps.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une idée reçue sur le handicap dans le monde professionnel que vous aimeriez déconstruire aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, il y a toujours des idées reçues. Il y en a même dans le travail.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Mais dans le travail, il est plus long, il ne peut pas faire. C'est des choses qu'on entend beaucoup. C'est vrai qu'on a des difficultés et qu'il ne faut pas y aller. Mais c'est pour ça que l'adaptation du poste est importante.
- Speaker #0
Très bien. Avec une bonne adaptation du poste, finalement...
- Speaker #1
C'est ça. Quand il joue le jeu, ça fonctionne très bien.
- Speaker #0
Tout à fait. Et alors justement, est-ce qu'aujourd'hui vous avez vu quand même des évolutions concernant justement le handicap au travail, des choses positives ?
- Speaker #1
La différence, elle... elle s'évanouit, parce que du coup, ça commence à venir, de se dire que le handicap n'est pas un frein, il y a certaines entreprises qui le font pas assez encore, mais ça... ça arrive, la preuve, je travaille pour l'ITS, je travaille pour la Croix-Rouge, je travaille pour l'Uriops, et d'autres établissements, je suis appelé avec d'autres établissements, donc c'est plutôt positif, je pense que... Ça a ouvert des choses et du coup, il faut en profiter. C'est des choses qui permettent de dire qu'on est humain avant tout, et avant d'être handicapé. Et je tiens à ça parce qu'en fait, les gens qui ont des difficultés se voient à travers leurs difficultés et pas à travers ce qu'ils sont là. C'est très important.
- Speaker #0
Absolument. Et c'est justement ces entreprises qui jouent le jeu. comme vous le dites, qui vont peut-être permettre de montrer l'exemple, de montrer que c'est tout à fait faisable, qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'accompagnement, etc., et d'adaptation de poste qui permettent de changer les choses.
- Speaker #1
Oui, il y a une chose qu'il ne faut pas oublier, c'est que généralement, les aides pour lesquelles je travaille, ils accompagnent, ils adaptent, ils vont voir, ils préparent. c'est vraiment un gros travail c'est un travail de partenariat en fait Et du coup, ce travail de partenaire permet d'ouvrir et permet de décloisonner le mot handicap.
- Speaker #0
Très bien. Est-ce que vous pourriez nous repréciser, on en a parlé depuis le début, mais ce que c'est qu'un ESAT, s'il vous plaît ?
- Speaker #1
C'est un centre d'accompagnement dans le travail.
- Speaker #0
D'accord. Donc pour les personnes en situation de handicap ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ok. Et donc c'est former les personnes ou c'est les faire travailler ?
- Speaker #1
Non, c'est leur permettre d'avoir, de les faire rentrer dans la vie, dans une vie sociétale. Et du coup, par le travail, leur permettre de reconnaître leur capacité et du coup, maintenant, les amener vers l'extérieur pour ceux qui veulent. Quand on parle du handicapé, il ne faut pas oublier que les gens... Moi, je suis pour que les gens se rendent compte de ce qu'ils sont à l'intérieur. Le handicap est... est un fait. C'est un fait provoqué. Après, il y a des maladies évolutives, mais c'est un fait provoqué. Mais ça n'enlève rien de ce qu'on a là-dedans. Et je pense qu'à partir du moment où on va trouver la solution pour que les gens se sentent bien, et bien là, ça décoisonnera tout.
- Speaker #0
Génial. Et vous, de votre côté, est-ce qu'il y a un événement ? Qu'est-ce qui vous a permis justement de vous détacher des contraintes liées au handicap et de vous dire je suis beaucoup plus que ça ?
- Speaker #1
Ça a été très long.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Ça a été très long. Pour vous, si tu as un peu le contexte, j'ai 50 ans, il m'a fallu 20 ans.
- Speaker #0
D'accord. OK. Et c'est des rencontres ou c'est plutôt le temps, en fait ?
- Speaker #1
avec vous même à force non c'est les rencontres avec les gens les discussions les rebellions parce que les roms et donc je disais les rebellions bas elle sert aussi elle serva à dépasser à se dire bah comment on fait pour eux comment on peut faire pour se dégager de là Et là-dessus, on n'en a pas parlé, mais il y a un cycle médical qui est très important, le suivi psy notamment, qui permet de se trouver et de se recentrer sur soi-même. Parce qu'avant de se senter sur les autres, il faut se sentir soi-même. Il faut être bien dans sa peau pour être bien pour les autres. Parce que si les autres sentent qu'on n'est pas bien...
- Speaker #0
Et ça, ça vaut pour absolument tout le monde, je crois, globalement, pour une société qui fonctionne.
- Speaker #1
Oui, et puis on est dans du faux pas. qu'on est dans une société qui évolue vite, qui évolue très vite et moi en tant qu'élu, là je parle en tant qu'élu, on est là avec mon équipe pour pouvoir essayer de faire évoluer les choses aussi bien au niveau transport parce que quand on parle travail on parle aussi transport, on parle de bien être bien logé donc c'est très compliqué, il ne faut pas te leurrer. En fait, quand on parle travail, pour reprendre un travail, il faut être équilibré déjà dans sa vie.
- Speaker #0
Oui, dans tout ce qui fait le quotidien.
- Speaker #1
C'est ça. Si vous vous occupez d'un côté et vous laissez l'autre côté, ça ne va pas aller.
- Speaker #0
C'est important de le rappeler. Merci beaucoup. J'imagine qu'il y a aussi un rôle important des parents de comment ils lâchent prise, comment ils permettent de l'autonomie.
- Speaker #1
C'est ça. Et il y a de la peur. Il y a aussi une préparation de ce côté-là, en fait. Et c'est à partir du moment où on dit que les parents ont absente de s'écarter. Ce qui est compliqué pour une maman qui n'est qu'à une personne handicapée. Je n'aime pas ce mot-là, je déteste. Il faut qu'elle aussi fasse un travail sur elle. Et moi, j'ai eu de la chance, j'ai une mère qui m'a toujours dit, je ne serai pas éternel, tu te démerdes.
- Speaker #0
Sa force a avancé en tout cas.
- Speaker #1
Après, je n'avais pas tort. mais bon aujourd'hui mais c'est comme une mère qui aujourd'hui et qui est hier quand j'allais au kiné avait peur quand je faisais du basket j'avais avait peur parce que moi je pense qu'un basketeur professionnel je n'ai pas parlé mais j'ai fait de la Guinée j'ai commencé à un an enfin bref voilà c'est tout en fait c'est tout le cheminement de la vie qui fait ce qu'on est après tout
- Speaker #0
à fait et pour les personnes qui nous écoutent et qui vivent peut-être une situation similaire parfois avec un sentiment d'isolement ou d'écouragement quel message est-ce que vous aimeriez leur adresser ?
- Speaker #1
Que la vie, elle vaut d'être vécue à partir du moment où on prend conscience qu'on a besoin d'aide. Ce n'est pas parce qu'on demande de l'aide que ça va être un déshonneur. Au contraire, c'est ça, c'est la première preuve d'autonomie.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Ça, on s'en souviendra. Eh bien, on va passer aux deux minutes culture.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Dans le monde, il existe des personnes qui montrent que le cerveau humain est beaucoup plus adaptable qu'on ne l'imagine. Cela est particulièrement visible chez certaines personnes en situation de handicap qui développent de façon totalement nouvelle d'interagir avec leur environnement. Daniel Kish est l'un de ces exemples. Il est aveugle depuis l'enfance, mais il a appris à se déplacer de manière autonome grâce à une capacité étonnante appelée l'éco-localisation. Concrètement, il produit de petits clics avec sa langue et écoute les échos qui reviennent après avoir rebondi sur les objets au-dessus de lui. autour de lui. Grâce à ces sons, il peut comprendre la distance, la taille et la position de ce qui l'entoure. Cela lui permet de marcher seul, de faire du vélo et de se déplacer dans des environnements complexes. Ce qui rend son histoire particulièrement intéressante, c'est ce qu'elle nous apprend sur le cerveau. Lorsqu'une personne perd un sens, comme la vision, le cerveau ne va pas s'éteindre pour autant, il se réorganise. Ce phénomène s'appelle la neuroplasticité. Certaines zones du cerveau qui étaient normalement utilisées pour voir peuvent être réaffectées à d'autres fonctions, comme l'audition ou le toucher. toucher afin de compenser. Cela ne signifie pas que le handicap disparaît ou qu'il n'y a plus de difficultés. Mais cela montre que le cerveau cherche toujours des solutions pour s'adapter au monde. Avec de l'entraînement et de l'expérience, il peut développer des capacités très fines et très efficaces dans d'autres domaines sensoriels. Et ce principe ne concerne pas seulement les personnes en situation de handicap. Tout le monde bénéficie de la neuroplasticité. Quand on apprend une langue, un instrument de musique ou un nouveau sport, le cerveau change physiquement et crée de nouvelles connexions.
- Speaker #1
Ça c'est vrai. Parce qu'il faut savoir qu'on utilise 10 pour compte son cerveau. Aujourd'hui, moi, si on prend mon cas, j'ai un problème de vue. Et bien, mon oreille est beaucoup plus fine.
- Speaker #0
Oui, vous le ressentez vraiment ? Vous vous rendez compte par rapport à d'autres personnes ?
- Speaker #1
J'entends à 800 mètres.
- Speaker #0
Ah oui, effectivement.
- Speaker #1
Je suis capable d'entendre à 800 mètres. Quelque chose qui arrive derrière, ou une voiture où je vais tout de suite... Mais lié à mon cœur, à mon lèvre.
- Speaker #0
d'avoir.
- Speaker #1
Et elle peut être derrière. Donc oui, c'est tout à fait plus immense. Vous vous validez ? Oui, oui. C'est d'abord tout le monde. Quand un côté de nouveau s'efface, un autre va apparaître. Beaucoup moins fort, mais un autre va apparaître. C'est comme la lumière. Vous éteignez la lumière, pour mettre une ampoule à air, elle fonctionne. C'est la même mécanique.
- Speaker #0
La plasticité cérébrale...
- Speaker #1
Oui, en fait, on est doté de cellules. Quand il y a un problème, vous voyez, j'ai un handicap. il y a des neurones qui sont détruits et d'autres sont venus se redévelopper. Beaucoup, ma force, c'est ce qui amène la difficulté. Mais c'est ça qui amène la difficulté en fait.
- Speaker #0
Merci David d'avoir partagé votre expérience avec nous. Merci à vous également, chers auditeurs, pour votre écoute. Nous nous retrouverons très bientôt pour le prochain épisode de notre série consacrée au handicap. Vous retrouverez toutes les ressources et informations citées pendant cet échange dans la description de l'épisode. Abonnez-vous pour ne rien manquer et surtout parler du podcast autour de vous, ensemble faisant circuler l'info et la parole. A bientôt !
- Speaker #1
Au revoir !