- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Corps et Fracas, le podcast mené par la Mutualité Française Centre-Val de Loire qui rend des sujets de santé complexes accessibles à tous. A travers des thématiques variées, nous vous invitons à prendre soin de votre santé et de celle des autres en vous informant. Chaque thématique est explorée en trois épisodes, complétés par un webinaire où vous pourrez poser toutes vos questions. La prévention est au cœur de notre démarche, car s'informer, c'est déjà agir pour sa santé. Bonjour et bienvenue pour ce second épisode de notre série consacrée à la santé menstruelle. Aujourd'hui, nous abordons un thème central et parfois complexe, la contraception. Pour en parler, je suis ravie d'être accompagnée de Céline, sage-femme. Grâce à son expérience et à son engagement dans l'accompagnement des personnes autour de la santé sexuelle et reproductive, elle va nous aider à mieux comprendre les enjeux actuels, les options disponibles et à déconstruire certaines idées reçues.
- Speaker #1
Bonjour Céline. Bonjour Ségolène.
- Speaker #0
Alors, avant de rentrer dans le vif du sujet, est-ce que vous pourriez vous présenter un petit peu votre parcours, ce qui vous a mené à être sage-femme aujourd'hui, si vous avez des formations supplémentaires, des choses comme ça ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors, je suis sage-femme depuis une trentaine d'années. J'ai fait dix ans en salle de naissance et ensuite, j'avais envie d'accompagner les femmes un peu plus globalement. C'est pour ça que j'ai décidé de m'installer en libérale. Donc, ça fait aujourd'hui 20 ans que... Je suis en libéral et évidemment, j'ai complété ma formation par différents stages, différentes formations pour que ce soit un peu plus étayé. Et depuis peu, je suis aussi éducatrice menstruelle pour permettre aux femmes d'encore mieux se connaître à travers des ateliers.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Merci beaucoup. Et alors aujourd'hui, on va donc parler de contraception. Et pour rentrer directement dans le cœur du sujet, est-ce que vous pourriez un petit peu nous faire un état des lieux de où on en est aujourd'hui finalement en contraception en France ?
- Speaker #1
Alors en France, la contraception, ça a une cinquantaine d'années. Elle a été remboursée dans les années 70, mais au départ, les pilules étaient plutôt assez dosées, et puis forcément parce que c'était les prémices. Et le premier stérilet aussi, il est arrivé en France dans les années 70, alors qu'il a été créé dans les années 30, enfin 1930. Et le préservatif, lui, alors il a eu différentes formes, mais il est devenu en latex. En 1880, quelque chose comme ça, il a été plus démocratisé dans les années 1930.
- Speaker #0
Et donc actuellement, c'est quoi un petit peu le positionnement ?
- Speaker #1
Alors on peut dire que dans la population française, il y a à peu près 70% des femmes qui sont concernées par la contraception. Et il y a des choix qui vont être vraiment différents. Et chez les plus jeunes, elles peuvent aussi souvent coupler la pilule et le préservatif par rapport au risque de grossesse, mais aussi de MST. Donc oui, on peut dire qu'à peu près... quand même presque trois quarts de la population.
- Speaker #0
Ok, effectivement, c'est quand même une belle représentation. Alors aujourd'hui, j'ai l'impression que, notamment sur les réseaux et tout ça, on parle un peu plus de contraception non hormonale. Qu'est-ce que ça signifie finalement ? Comment on est censé se positionner par rapport à ça ?
- Speaker #1
Au fur et à mesure de notre discussion, de toute façon, on va aborder les différents contraceptifs, mais il y aurait une tendance à aller plus vers le naturel aujourd'hui, et on sait aussi par différentes études les conséquences que peuvent amener les hormones. Donc je pense qu'il y a une envie grandissante de respecter son corps, de prendre un peu moins longtemps la pilule et de chercher des alternatives, mais pour cela il faut bien se renseigner.
- Speaker #0
Ok, et bien justement, c'est l'occasion. Est-ce que vous pourriez nous faire un petit état des lieux, un rapide tour d'horizon des principaux types de contraception qu'on peut avoir aujourd'hui, et puis leur fonctionnement globalement ?
- Speaker #1
Alors sur le non-hormonal, on va avoir le préservatif, qui lui, effectivement, prévient des grossesses et des MST, des maladies sexuellement transmissibles. C'est le premier qu'on met en avant, qui est plutôt efficace. Après, on entendra parler de diaphragme, de capes, d'éponges, de spermicides. Et aussi, le stérilet, ça c'est non en commun, ce qui se dit plutôt dispositif intra-utérin au cuivre. D'accord. Et qui, lui, se comporte un peu comme un spermicide. Il fait en sorte que les spermatozoïdes soient inactifs. Et en même temps, il crée une sorte d'inflammation, ce qui fait que l'utérus ne peut pas permettre l'implantation d'un petit œuf.
- Speaker #0
D'accord. Donc ça, ça va être vraiment physique. Oui,
- Speaker #1
on est plutôt la mécanique.
- Speaker #0
Mécanique, c'est le terme.
- Speaker #1
Ensuite, au niveau hormonal, il y a vraiment différentes choses. Les pilules qui sont oestro-progestatives ou uniquement progestatives, qui ont un fonctionnement un petit peu différent. Il va y avoir aussi le dispositif intra-utérin. Et là, on peut trouver deux dosages hormonaux. Aussi on va trouver l'implant qui est un petit bâtonnet grand comme une allumette qui se met dans le bras. Lui il est progestatif. En oestro-progestatif, on a aussi le patch qui se colle sur la peau ou le dumaring qui est un anneau qui se met à l'intérieur du vagin, qui vient se loger proche du col. Et puis on peut aussi entendre parler d'injection, mais ça c'est vraiment très dosé et c'est plutôt à éviter.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, puisque finalement j'ai l'impression que tous ces systèmes-là hormonaux, c'est progestatif ou oestro-progestatif, mais une fois que c'est dans le corps, c'est à peu près le même fonctionnement, Comment choisir finalement entre l'un ou l'autre ? Quels sont les critères à regarder pour faire son choix ?
- Speaker #1
Si je puis me permettre, on va faire un peu comme une analogie, comme si on avait une box et des objets connectés. Et entre les deux, il y a la Wi-Fi. Alors les oestroprogestatifs, eux, coupent complètement la Wi-Fi. Ça veut dire que les hormones de la femme ne s'expriment plus et c'est la pilule oestroprogestative qui va prendre le dessus. Et quand on est sur quelque chose de progestatif, C'est comme si le réseau n'était pas bon, et donc la Wi-Fi fonctionne tantôt, tantôt pas, et donc évidemment ça évite les ovulations, mais de ce fait les hormones de la femme peuvent quand même s'exprimer un petit peu.
- Speaker #0
Ok, c'est très imagé.
- Speaker #1
Si je puis dire ça comme ça.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Ok, et donc entre ceux qui vont avoir le fonctionnement similaire, comment faire son choix dans ce cas-là ?
- Speaker #1
C'est d'en discuter avec un professionnel de santé pour bien expliquer, puisqu'il faut aussi voir les antécédents médicaux de la personne, aussi familiaux, pour vraiment faire un choix éclairé, parce qu'on peut avoir des idées, mais devant le professionnel de santé, avec les explications, parfois, changer d'avis.
- Speaker #0
D'accord, ok. Et sachant que, par exemple, en termes de coûts, est-ce que certains sont remboursés, d'autres non ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Quasiment tout est remboursé. Si ça n'est pas remboursé par la Sécurité sociale, ça peut être remboursé par les mutuelles. Il faut demander à sa mutuelle qui peut parfois avoir soit une somme allouée à la contraception, soit sur l'année un certain nombre de médicaments prescrits, non remboursés par la Sécurité sociale, mais qui peuvent être alors remboursés. Et ce sera le cas du patch et du muvarine qui, eux, ne sont pas remboursés.
- Speaker #0
D'accord. Et donc ça c'est pour les hormonaux et pour les non-hormonaux ?
- Speaker #1
Pour les non-hormonaux, alors la contraception, normalement, jusqu'à 25 ans, elle est... elle est prise en charge et au-delà, sauf le DIU au cuivre, le reste est à la charge de la personne.
- Speaker #0
D'accord. Du couple. Ok, très bien. Et alors vous avez mentionné l'importance des antécédents médicaux dans le choix du contraceptif. Est-ce que vous pouvez détailler un petit peu ce que ça implique ?
- Speaker #1
Oui, effectivement, il faut prendre en considération les antécédents. personnel de la patiente ou de la jeune femme, ou même de la femme un peu plus âgée. Prendre en considération si elle fait de l'hypertension, du cholestérol, du diabète. Il y a le tabac, évidemment, qui clignote rouge, parce que l'association avec la pilule, c'est compliqué pour la santé de la femme. Et puis, il y a aussi le surpoids qu'il faut prendre en considération.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et aussi dans les antécédents familiaux, ça va être par exemple s'il y a des antécédents de cancer du sein. Une personne peut arriver avec une idée déjà de sa contraception et en fonction de tous ses antécédents, peut-être si justement sa maman a un cancer du sein, lui proposer d'autres sortes de pilules pour que ça lui permette d'être moins risque. Par exemple une jeune fille qui vient avec une idée de pilule parce que ses copines prennent telle pilule. Et puis, elle a un antécédent particulier. Et on lui dit, non, cette pilule-là, elle n'est pas adaptée pour toi. Et donc, être au plus proche pour respecter quand même la santé de la personne qu'on a en face de nous. Et puis aussi, les dames, quand elles avancent dans l'âge, évidemment bien avant de parler de ménopause, mais après 35 ans, l'idée serait plutôt d'être sur des contraceptifs plutôt progestatifs. pour que ça respecte encore plus leur santé.
- Speaker #0
D'accord. Parce que comme vous le disiez tout à l'heure, le progestatif, c'est celui qui va juste couper en intermittent le réseau, qui est moins dosé peut-être ?
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
Oui, oui, tout à fait.
- Speaker #0
Et alors, justement, toutes les interactions qu'il peut y avoir et qui justifient un petit peu qu'on fasse attention justement aux antécédents, est-ce que c'est lié, on entend parfois parler de perturbateur endocrinien, est-ce que ça peut entrer en compte à ce niveau-là ?
- Speaker #1
On pourrait dire que toute substance chimique est potentiellement un perturbateur endocrinien. Donc tout ce qui a des hormones est une substance chimique. Et on entend parler de plein de choses sur les perturbateurs endocriniens et on sait que la chimie... Il y a des études qui sont faites, qui sont publiées. et notamment l'Organisation Mondiale de la Santé notent bien que ça puisse augmenter les cancers du sein par exemple. C'est pour ça que quand il y a des antécédents familiaux, on est vraiment beaucoup plus prudent. On parle moins du cancer du col de l'utérus et du foie par exemple, mais ça a pu être évoqué dans certaines études. Les perturbateurs endocriniens, eux, ils peuvent avoir vraiment un impact important sur la santé mentale. Il y a des études au Danemark et au Royaume-Uni d'ailleurs qui ont été faites à ce sujet. Et la dépression serait un effet indéniable de l'utilisation des contraceptifs du fait des perturbateurs endocriniens. Et aussi on peut noter qu'il y a une moins bonne gestion du stress quand il y a des prises hormonales.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
Est-ce que c'est l'effet des perturbateurs endocriniens ou tout simplement des hormones qui sont plus dosées ? Il y a un impact ? sur la circulation sanguine, que ce soit veineuse ou artérielle. On peut entendre parler de flébides, d'empolyes pulmonaires, d'accidents vasculaires et cérébraux, d'infarctus à cause des pilules. Donc c'est pour ça qu'il faut vraiment prendre en compte les antécédents.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et puis ce qu'on peut voir aussi, c'est une répartition différente aussi des graisses du corps du fait des pilules. Alors est-ce que c'est par leur effet perturbateur endocrinien ?
- Speaker #0
Oui. Ou par, justement, le fait que ce soit les hormones.
- Speaker #1
Mais on peut remarquer tout ça.
- Speaker #0
Ok, d'accord.
- Speaker #1
Il y a aussi des personnes qui auront de l'acné, aussi, qui viendra du fait. Donc, on peut supposer aussi que ça vient vraiment perturber le corps, quoi.
- Speaker #0
Et alors, justement, là, c'est pas très clair de savoir qu'est-ce qui est lié plutôt au contenu chimique, on va dire, des pilules, ou plutôt au fait que, quand même, on joue sur les hormones. Et par exemple, est-ce que ça pourrait être le fait que pour les hormones progestatives, on va finalement donner un équivalent de progestérone, qui est une hormone qui, naturellement, est faite pour que la femme soit dans une période où elle va être avec peut-être un peu moins de libido, qu'elle soit un peu en moins bonne forme. Quand on parle du cycle, on sait que c'est la partie où il y a de la progestérone, où on est dans une période un peu moins printemps, comme on peut parfois entendre. Est-ce que ça pourrait être lié à ça ? Que ce soit finalement juste le fait qu'on donne cette hormone qui joue là-dessus ?
- Speaker #1
D'abord, je pourrais dire qu'un progestatif n'est pas de la progestérone. On ne peut pas comparer les deux. Ils n'auront pas l'un et l'autre les mêmes impacts. C'est pour ça qu'on ne peut pas dire qu'on pourrait donner un progestatif pour que la femme soit plus complétée ou supplémentée de la progestérone. C'est complètement différent.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
La substance chimique ne peut pas se comparer à l'hormone naturelle qu'on secrète.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Justement, comme on parle des hormones, je peux faire un petit lien avec les méthodes d'observation du cycle qui sont quand même assez critiquées et méconnues aujourd'hui. Est-ce que vous pourriez nous faire un petit focus là-dessus, nous expliquer un petit peu ce que c'est ?
- Speaker #1
Oui, les méthodes d'observation du cycle, ça demande d'avoir une bonne connaissance de soi-même, aussi de ces cycles, ce qui n'est pas toujours le cas. Oui, on rencontre différentes, on a pu entendre parler de Billings, d'Ogino, de la symptothermie, aussi de la méthode Mama quand les femmes elles allaitent. Mais toutes ces techniques-là, ces méthodes-là d'observation du cycle, elles ont des critères bien particuliers. Et je pense qu'il faut se faire accompagner pour bien tout observer, bien tout connaître. pour, surtout s'il n'y a pas de désir de grossesse, ne pas être à côté. Mais ces méthodes-là, si elles sont bien suivies, elles sont efficaces aussi, très efficaces, et effectivement respectent le corps. Mais malheureusement, aujourd'hui, le fait, certes, de la contraception qui vient tout flouter, souvent les femmes ne se connaissent pas vraiment, et puis il y a un grand manque d'informer nos jeunes filles, dès la puberté, Est-ce que c'est vraiment le cycle ? Pourquoi il y a la glaire cervicale, les pertes vaginales, qu'on peut dire aussi, ou les pertes blanches ? Elles varient. À quoi ça sert ? La plupart du temps, les jeunes filles ne savent pas. Et donc, dans les méthodes d'observation du cycle, on va aller observer tout ça pour savoir quand est la période de fertilité. Et que si on ne souhaite pas une grossesse, c'est bien de respecter cette période-là sans rapport. sexuelle sans rapport amoureux pour que ce soit efficace.
- Speaker #0
Et pour avoir une idée, du coup, typiquement, ça va représenter combien de jours, finalement, on ne peut pas avoir de rapport, parce que ça a l'air d'être assez contraignant. Est-ce que c'est...
- Speaker #1
Non, ce n'est pas contraignant. Enfin, je ne trouve pas ça contraignant. Je pense que c'est plutôt justement un respect. La nature, elle est là depuis toujours et c'est peut-être d'être à l'écoute, que le partenaire soit aussi à l'écoute de comment fonctionne le corps de la femme, parce que c'est quand même si magique de pouvoir porter la vie. Donc on peut, dans un autre sens, respecter le fait qu'il n'y a pas de désir de grossesse, et bien de respecter ce moment-là. Et pourquoi pas, dans les méthodes d'observation du cycle, souvent, le couple est investi, ce n'est pas que la femme. Et ça permet justement de respecter encore mieux. Ensuite, cette fenêtre-là, elle est à peu près de six jours.
- Speaker #0
D'accord. Ah oui, c'est impressionnant de se dire que sur un cycle complet, finalement, la femme, elle est fertile que six jours.
- Speaker #1
Alors, exactement, c'est qu'une journée. Mais le corps féminin est bien fait, c'est-à-dire que le vagin, lui, grâce aux pertes vaginales, On peut maintenir en vie les spermatozoïdes pendant 5 jours. Donc s'il y a eu un rapport et que la glaire, on dit, elle est fertile, les spermatozoïdes attendent là et quand l'ovocyte arrive, il émet un peu comme des phéromones et donc de ce fait, les spermatozoïdes partent alors dans leur course effrénée pour aller rencontrer l'ovocyte, qui lui n'a une durée de vie que de 24 heures. C'est pour ça qu'on donne une fenêtre plus large.
- Speaker #0
C'est quand même bien fait.
- Speaker #1
C'est bien fait.
- Speaker #0
Et donc finalement, on va peut-être un petit peu sortir du sujet, mais c'est assez intéressant aussi, dans le cas inverse, en cas de désir de grossesse, de se rendre compte que finalement, il y a quand même une petite période à viser. Et qu'autrefois, il nous arrivait, les gynécologues pouvaient parfois dire « Oui, faites l'amour un jour sur deux » , et que finalement, ce n'est pas forcément le plus pertinent.
- Speaker #1
Tout à fait, tout à fait, c'est vrai. qu'en cas de souhait de grossesse, d'attendre un enfant, les méthodes d'observation du cycle pourraient avoir tout à fait leur place, surtout si le couple a quelques difficultés. Au même sens, juste savoir comment on fonctionne.
- Speaker #0
Bien sûr. Merci, c'est très intéressant de pouvoir découvrir tout ça. Et alors maintenant, j'imagine qu'en échangeant, on a certainement déjà cassé quelques idées reçues que nos auditeurs auraient pu potentiellement avoir. Mais est-ce que vous, dans votre cabinet, vous avez repéré justement des choses qui reviennent sur le sujet de la contraception et qui en fait sont fausses ?
- Speaker #1
Oui, très souvent, il y a l'idée qu'au premier rapport sexuel dans la vie, on ne peut pas tomber enceinte. Ce qui est complètement faux, puisqu'on ne sait pas dans quelle partie du cycle la jeune fille est. Donc ça, on l'entend assez régulièrement.
- Speaker #0
Ah oui, effectivement.
- Speaker #1
Ce qu'on entend aussi, c'est que tant qu'il n'y a pas une éjaculation dans le vagin, il ne peut pas y avoir de grossesse, ce que certains appellent la méthode du retrait. Mais alors, il y a des spermatozoïdes. Avant même l'éjaculation, dans le sperme, il y a déjà des spermatozoïdes. Donc oui, il peut y avoir une grossesse même sans pénétration. Oui,
- Speaker #0
donc la méthode du retrait, c'est non, non, non,
- Speaker #1
il faut oublier.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Et de ce fait, si le couple utilise un préservatif, il faut le mettre avant, puisque évidemment lors de l'érection, déjà il y aura du sperme et quelques petits spermatozoïdes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Il y a aussi parfois l'idée que, comme ça s'appelle stérilé, que ça rend stérile, c'est pour ça que ça fait un peu non scientifique de dire dispositif intra-utérin, mais c'est pour dire que ça ne rend pas stérile. Ça vient éviter qu'il y ait une grossesse, mais ça ne rend pas stérile.
- Speaker #0
C'est bien de le repréciser,
- Speaker #1
effectivement. En tout cas, il n'y a pas de recette miracle. Ni même les applications, parce que de plus en plus, il y a plein de différences sur les applications où les femmes rentrent leurs données. Mais les applications, ce n'est pas spécialement fiable. parce qu'il faut savoir aussi qu'un cycle un cycle, c'est du premier jour des règles au premier jour des règles suivantes. On ne sait jamais quand seront les prochaines règles. Mais la variabilité du cycle, la normalité, c'est entre 21 et 35 jours. Évidemment, l'ovulation, si on ne repère pas son ovulation, on ne sait pas quand elle est. On peut effectivement se tromper. L'application, en tout cas, elle ne sait pas quand seront les prochaines règles. Donc, elle peut donner des fausses informations.
- Speaker #0
D'accord, il faut faire attention effectivement, ce ne sont que des statistiques et ce n'est pas représentatif. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et puis il suffit que la personne ait eu un stress, un choc émotionnel, qu'elle ait été... malade, ça peut venir troubler son cycle, son ovulation et donc ses prochaines règles. Donc, il vaut mieux s'observer.
- Speaker #0
Très bien. Et alors, pour contrer un petit peu les idées, parce qu'on en a mentionné quelques-unes, mais peut-être qu'il y en a d'autres qui peuvent rester, est-ce que vous auriez des recommandations de ressources ? Où est-ce qu'on peut trouver des informations fiables si on n'a pas la possibilité d'en échanger directement ? avec une sage-femme, un gynécologue, où se renseigner ?
- Speaker #1
Alors là, il y a plusieurs sites où on peut aller, mais on peut aussi aller au centre de planification et d'éducation familiale qui est souvent, lui, attaché à un centre hospitalier, par exemple. Après, il faut savoir que la consultation médicale, elle est gratuite jusqu'à 25 ans, aussi bien pour les garçons que les filles, chez le médecin traitant, un gynécologue, une sage-femme. Donc ça peut être aussi un endroit pour s'informer. Et puis dans les collèges et lycées, il y a l'infirmière scolaire aussi qui est là, qui peut donner des informations et orienter. Ensuite, sur les sites, il y a Amélie qui fait un bon récapitulatif sur les contraceptions, d'expliquer comment ça fonctionne. Il y a santé.fr aussi. Il y a Parlogyneco, qui est un site intéressant. On peut retrouver aussi Mamsel. Et il y a Martin Vinclair qui est un gynécologue qui lui a beaucoup, et oeuvre toujours, contre la violence gynécologique et obstétricale, qui fait contraception mode d'emploi. D'accord. Donc voilà, ça peut être une bonne source pour être dans le respect de l'humain qui est en face du thérapeute.
- Speaker #0
Très bien. Mais dans tous les cas, on remettra toutes ces ressources dans la description. Avec les liens et tout pour qu'on puisse facilement les retrouver. Super. Merci beaucoup, Céline, pour toutes ces informations.
- Speaker #1
Avec plaisir, Ségolène.
- Speaker #0
C'était bien complet. Et puis, on va pouvoir enchaîner sur le 2 minutes culture. Et puis, vous pouvez rester avec nous jusqu'à la conclusion. Nous passons maintenant donc au 2 minutes culture, l'occasion de comprendre le fonctionnement concret de notre corps. On les a déjà un petit peu mentionnés avec Céline. Mais on va en reparler maintenant, on va nous attarder sur les pertes blanches. Alors ces pertes blanches, ou lecorées de leur nom scientifique, sont un phénomène qui est tout à fait naturel, que beaucoup de femmes remarquent au quotidien, surtout entre les règles. Elles peuvent intriguer, parfois inquiéter, mais en réalité, elles sont souvent un signe que tout fonctionne bien. Alors c'est quoi exactement ces pertes blanches ? Ce sont des sécrétions produites par le vagin et le col de l'utérus. Elles sont principalement composées d'eau, de cellules mortes et de mucus. Leur apparence varie, elles peuvent être transparentes, blanchâtres, plus ou moins épaisses, et c'est tout à fait normal. Leur quantité et leur texture évoluent intelligemment au fil du cycle menstruel en fonction des hormones. Par exemple, avant l'ovulation, les pertes deviennent souvent plus abondantes et plus fluides, un peu comme du blanc d'œuf cru. C'est pas un hasard, à ce moment-là, elles facilitent la progression des spermatozoïdes vers l'ovule. C'est donc un vrai coup de pouce naturel pour la fertilité, en plus d'être un indicateur extérieur de ce qui se passe dans notre corps. Au-delà de ce rôle, Les pertes blanches ont une autre fonction essentielle, elles participent à l'équilibre et à la protection de la flore vaginale. Elles aident à maintenir un bon niveau d'hydratation, à évacuer les cellules mortes, et elles empêchent les germes indésirables de s'installer en gardant un environnement légèrement acide, peu favorable aux infections. Il se trouve d'ailleurs que c'est pour cela que vos sous-vêtements peuvent parfois être un petit peu décolorés, c'est l'acidité des pertes qui va ternir la couleur du tissu. Et si elles changent un peu d'aspect, pas de panique. Leurs couleurs, leurs textures ou leurs quantités peuvent varier selon les phases du cycle. l'âge ou même le stress et l'alimentation. Ce qui compte, c'est de repérer ce qui est habituel pour soi. En revanche, si les pertes deviennent très abondantes, ont une odeur forte ou s'accompagnent de démangeaisons ou de brûlures, là, ça peut valoir le coup de consulter, ça peut être le signe d'un déséquilibre ou d'une infection. En résumé, avoir des pertes blanches est normal, c'est même un indicateur de bonne santé intime. Plutôt que de les voir comme quelque chose de gênant, on peut apprendre à les connaître parce qu'elles sont un vrai miroir du fonctionnement hormonal de notre corps.
- Speaker #1
Oui, alors ça c'est trop bien, c'est écolène, parce que c'est important. à partir de la puberté, donc quand même un petit peu avant les règles, que les filles sachent qu'une culotte propre, ce n'est pas normal. Et c'est important parce qu'il y avait eu aussi sur les réseaux sociaux, hashtag ma culotte propre. Et alors là, c'est complètement faux. Pour la santé, effectivement, l'équilibre de la flore, les sécrétions, c'est normal. Le vagin est auto-nettoyant et le col, il se crête pour effectivement la fertilité.
- Speaker #0
Et c'est bien fait, donc c'est important de le savoir.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Super. Merci Céline. On va pouvoir conclure là-dessus. Merci d'être venue jusqu'à nous pour échanger sur cette thématique assez importante.
- Speaker #1
Merci de m'avoir invitée en tout cas.
- Speaker #0
C'était avec plaisir. Merci également à vous, chers auditeurs, de nous avoir suivis jusqu'ici. J'espère que cet épisode vous aura permis d'apprendre, de réfléchir et peut-être de reconsidérer certaines idées sur la contraception. Nous nous retrouverons le mois prochain avec une nouvelle invitée pour poursuivre cette série dédiée à la santé menstruelle. N'oubliez pas qu'une conférence en ligne est prévue en août pour approfondir ces sujets et répondre à toutes vos questions. Vous pouvez dès maintenant nous envoyer vos questions à contact.murek.fr ou sur nos réseaux sociaux Facebook, LinkedIn et Blue Sky. Toutes les infos sont dans la description de l'épisode. Abonnez-vous pour ne rien manquer et surtout parlez du podcast autour de vous. Ensemble faisons circuler l'info et la parole. A bientôt !