- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Corps et Fracas, le podcast mené par la Mutualité Française Centre-Val de Loire qui rend des sujets de santé complexes accessibles à tous. A travers des thématiques variées, nous vous invitons à prendre soin de votre santé et de celle des autres en vous informant. Chaque thématique est explorée en trois épisodes, complétés par un webinaire où vous pourrez poser toutes vos questions. La prévention est au cœur de notre démarche, car s'informer, c'est déjà agir pour sa santé. Bienvenue dans cet épisode qui marque le début de notre nouvelle thématique. En effet, les épisodes des trois prochains mois et le webinaire qui clôturera notre thématique en août seront l'occasion d'échanger autour de la santé menstruelle. Hommes ou femmes, aguerris ou non, je suis convaincue que vous aurez tous la chance d'en ressortir avec de nouvelles connaissances car il s'agit d'un sujet dont on n'a pas fini de faire le tour. Éducation menstruelle, évolution des contraceptifs, lien entre fertilité et perturbateur endocrinien, le programme est chargé. Pour commencer cette nouvelle série, je suis accompagnée d'Emmanuelle Védrenne, responsable de l'antenne Centre-Val-de-Loire de l'association Règles élémentaires. Bonjour Emmanuelle.
- Speaker #1
Bonjour et merci pour l'invitation.
- Speaker #0
C'est avec plaisir. Alors avant de rentrer dans le cœur du sujet, est-ce que vous pourriez nous présenter brièvement l'association Règles élémentaires et nous expliquer ce qui vous a mené à vous engager au sein de cette association ?
- Speaker #1
Oui bien sûr. Alors Règles élémentaires, qui va fêter ses 10 ans cette année, Et la première association de lutte contre la précarité menstruelle et le tabou des règles. Notre mission, c'est de permettre à toutes les personnes de vivre leurs règles dans de bonnes conditions et faire qu'avoir leurs règles ne soit plus un frein dans leur quotidien. Et pour cela, nous menons trois types d'actions. De la collecte et redistribution de protections périodiques. à nos associations partenaires, de la sensibilisation des jeunes et de la formation des professionnels et puis du plaidoyer auprès des pouvoirs publics. Et en ce qui me concerne, l'engagement associatif, c'est un peu le fil conducteur de ma vie personnelle et professionnelle depuis plus de 25 ans. Et c'est donc en tant que bénévole que j'ai commencé mon engagement au sein de Règles élémentaires à Tours. Et puis, j'ai trouvé un financement qui a permis la création de mon poste de responsable de l'antenne Centre Val-de-Loire.
- Speaker #0
Ah oui, donc c'était votre rôle de trouver un financement pour créer cette antenne ?
- Speaker #1
En fait, c'est le heureux hasard qui a permis qu'avec le réseau que j'avais déjà, puisque moi je suis tourangelle d'origine, donc ça a un petit peu facilité les choses et de fil en aiguille, j'ai su frapper aux bonnes portes. pour eux. pouvoir obtenir un financement un petit peu plus conséquent qui a permis la création salariée de l'antenne.
- Speaker #0
D'accord, ok. Alors pour rentrer dans le cœur du sujet, vous avez donc parlé d'éducation menstruelle, mais qu'est-ce que c'est en fait ?
- Speaker #1
Alors l'éducation menstruelle, c'est l'acquisition de connaissances qui permettent d'appréhender les règles d'un point de vue à la fois physiologique, sanitaire, sociétal et personnel. Voilà, c'est ça l'éducation menstruelle.
- Speaker #0
Ok, c'est très complet. Et donc quand vous intervenez dans les écoles, c'est un peu les sujets que vous allez aborder justement ?
- Speaker #1
Oui, parce que l'objectif de l'éducation menstruelle, c'est que tout le monde comprenne ce qui se passe pendant les règles. Qu'il n'y ait plus de discrimination liée aux règles. Quand je parle de discrimination, j'entends les moqueries, les humiliations, mais aussi l'absentéisme par exemple. Donc c'est ça l'objectif, et que les personnes menstruées, elles se sentent... à l'aise de poser leurs questions et de vivre leurs règles dans des environnements bienveillants. Et en cela, c'est un vrai enjeu d'égalité. Et c'est d'ailleurs pour cette raison que tous nos ateliers auprès des jeunes, ils ont lieu en mixité, c'est-à-dire filles-garçons. Parce qu'on pense que ça permet aux personnes qui n'ont pas leurs règles de questionner leurs préjugés et d'être plus en empathie avec celles qui les ont. Ok. Voilà. Donc, l'objectif de ces ateliers, c'est vraiment de déconstruire les préjugés, de favoriser le mieux-être, le vivre ensemble. Et donc, nos interventions, elles doivent permettre aux élèves de mieux vivre la période de la puberté et les changements corporels, de comprendre le cycle menstruel, donc c'est quoi les règles, pourquoi on les a, ça revient tous les combien, est-ce que c'est normal d'avoir mal ? etc. La physiologie des règles et l'utilisation des produits périodiques donc les différents produits menstruels combien ça coûte, combien de temps on doit garder une protection par exemple. Ça doit permettre également de lutter contre le tabou des règles et de prévenir la précarité menstruelle. La précarité menstruelle, c'est le fait que chaque mois, lorsque l'on a ses règles, on n'a pas les moyens de se procurer suffisamment de protection pour recueillir le sang des règles, tout simplement.
- Speaker #0
Et alors concrètement, lorsque vous arrivez dans une classe, comment est-ce que vous introduisez le sujet ?
- Speaker #1
Vous avez raison de dire qu'on introduit le sujet, on ne va pas parler tout de suite de but en blanc des règles. On a une première phase... d'amorce un petit peu du sujet où on va parler des ressentis, des limites, des représentations du corps, donc les fonctions du corps, les ressentis, l'affirmation de soi, l'introduction au consentement aussi extrêmement important, les représentations du corps et la perception de soi. Et puis dans un deuxième temps, on va essayer de briser les tabous des règles et donc de parler des représentations du tabou. On essaye de comprendre pourquoi on ne parle pas des règles. On resitue les règles dans le phénomène de la puberté. On parle de la physiologie et du cycle menstruel. Et puis on explique aussi ce que c'est que la précarité menstruelle et les moyens d'agir collectivement pour lutter contre cette précarité menstruelle. Et puis à la fin de chaque atelier, on distribue un questionnaire qui est... auquel il est tout à fait possible de répondre anonymement pour les élèves. Et c'est souvent à cette occasion qu'il y a des questions qui n'auront peut-être pas osé poser devant tout le monde en classe. Et on prend toujours un temps suffisant à la fin de l'atelier pour pouvoir répondre à ces questions.
- Speaker #0
Génial. Alors vous avez parlé justement du fait de lutter contre le tabou des règles. Et selon vous, d'où ça vient justement tout ce tabou autour des règles ? Est-ce que vous avez vu une évolution de la perception des règles, notamment auprès des jeunes, depuis le temps que vous vous exercez là-dedans ?
- Speaker #1
Alors ce cliché autour des règles, ce tabou, il s'est construit il y a très très longtemps. Et dans l'histoire, en fait, il y a de nombreux mythes autour des règles, tous plus étonnants et faux les uns que les autres. Super ! Je peux vous donner quelques exemples. Dans l'Antiquité, par exemple, donc vous voyez que ça remonte à très longtemps, il y a un scientifique qui s'appelait Pline l'Ancien qui écrivait que le sang des règles était malfaisant et il pouvait tuer les abeilles, rendre les chiens enragés et faire mourir les récoltes dans les champs. On se demande bien d'où lui venaient toutes ces idées, n'est-ce pas ? Et puis au Moyen-Âge, il y a certains médecins, scientifiques qui affirmaient qu'avoir des règles douloureuses ça signifiait qu'on était une sorcière. Rien que ça. Et voilà, et les absurdités, elles ont continué, puisque jusqu'au début du XXe siècle, donc il n'y a pas si longtemps que ça, certains docteurs défendaient l'idée que les règles déclencheraient des comportements comme la kleptomanie, la pyromanie ou même des hallucinations.
- Speaker #0
Donc on revient de loin.
- Speaker #1
Donc tous ces mythes, finalement, ont été rendus populaires par des personnes qui n'avaient pas leurs règles et qui n'avaient aucun fondement scientifique à leur théorie. Et tous ces clichés et croyances, ça fait qu'aujourd'hui encore, on entend que les règles, c'est sale. Alors que c'est faux. Et tout ça, ça ne donne pas super confiance en soi quand on a ces règles. Et du coup, on s'est dit que nos arrières arrières arrières grand-mères et leurs copines, elles se sont plutôt dit, n'en parlons pas, ça ira mieux. Et du coup, on a créé des milliers de mots, il y a plus de 5000 expressions dans le monde, pour parler des règles, sans prononcer le mot règle. Donc je pense que si je parle de Ragnagna, si je parle de Chute du Niagara... des trucs des coquelicots ou des zones rouges et j'en passe forcément tout ça, ça n'aide pas à comprendre ce que sont les règles ni à se sentir plus à l'aise, bien au contraire et finalement ne pas dire les choses ça contribue à les rendre invisibles et à laisser la place à toutes sortes de discours plus ou moins vrais. En cela, la pub n'a pas arrangé vraiment les choses, elle en a rajouté une couche, si je puis dire. C'est que très récemment, on voit un peu de rouge apparaître dans certaines publicités sur les règles. On voyait il y a encore très peu de temps que du bleu, et le bleu ça renvoie aux produits ménagers. donc à la notion que les règles ça serait une question de propreté et de saleté donc voilà le tabou autour des règles c'est très ancien et c'est pour ça qu'aujourd'hui petit à petit on essaie de déconstruire tout ça, déconstruire ses préjugés.
- Speaker #0
Donc il y a du travail, quoi.
- Speaker #1
Il y a du travail.
- Speaker #0
Et donc, justement, un peu dans cette idée de ne pas oser dire les choses et d'avoir un espèce de mythe autour de tout ça, j'imagine qu'avec vos interventions, vous avez dû entendre des vertes et des pas mûres, comme on dit ?
- Speaker #1
Absolument. On entend beaucoup de choses et en même temps, c'est intéressant parce que ça montre toute l'utilité de nos interventions. C'est que ça permet à chaque fois de, sans jugement, de bien reprendre ces idées reçues, ces idées fausses, ces préjugés, et de déconstruire avec des mots adaptés à chaque âge. On y reviendra tout à l'heure. Chaque âge d'enfant, d'élève auquel on s'adresse. Donc, je vous donne quelques exemples. Ah, mais les règles, c'est sale. Les règles, ça pue. Les règles, ça attire les requins. Ou encore, on ne peut pas se baigner quand on a ces règles. Ou encore, on doit se laver deux fois plus. Quand on a ses règles, parce que les règles c'est sale donc il faut se laver encore plus, on peut perdre un tampon dans son corps, où à chaque fois qu'on a ses règles, on perd plusieurs litres de sang, etc. Donc finalement, le fait d'expliquer pourquoi c'est faux, d'expliquer qu'on ne peut pas perdre plusieurs litres de sang à chaque fois qu'on a ses règles, en fait on explique que finalement quand on a ses règles, au cours d'un cycle, on va perdre entre... 30 et 40 ml de sang simplement. Donc, c'est l'équivalent d'une petite tasse à café. Ça permet de relativiser aussi les choses et de rassurer beaucoup les choses. Non, on ne peut pas perdre un tampon dans son corps parce qu'on explique où est-ce qu'on introduit le tampon, etc. Et donc, le résultat, c'est que les élèves, ils sont beaucoup plus rassurés, vraiment.
- Speaker #0
OK. Et parce que c'est des élèves à qui on n'a jamais parlé des règles, enfin, filles ou garçons. Elles n'ont jamais entendu parler ?
- Speaker #1
C'est des élèves pour lesquels bien souvent, effectivement, le sujet n'a jamais été abordé. On donnera peut-être un peu des chiffres tout à l'heure, mais il faut savoir que les premières règles, elles arrivent entre 8 ans et 18 ans. Dans ce spectre-là, il n'y a pas d'inquiétude à avoir, mais oui, il y a 20% des filles qui vont avoir leurs premières règles entre 8 et 10 ans. Donc c'est pour ça qu'on intervient nous dès les classes de primaire en CM1, CM2, parce qu'en fait c'est toujours plus facile d'appréhender ces premières règles quand on sait en fait ce que c'est. C'est pour ça que nous on aborde ce sujet le plus tôt possible, à un âge raisonnable également. Donc on intervient si possible avant que les premières règles n'arrivent. Donc en classe de primaire, en CM1, CM2, et puis on intervient également au collège en classe de 6e, 5e. Et on intervient, comme je le disais tout à l'heure, toujours en mixité.
- Speaker #0
Parce que c'est vrai que par exemple pour les parents, c'est pas toujours évident de savoir à partir de quel âge en parler. Parce qu'on pourrait se dire, bon bah elle est pas encore au collège, c'est bon, on a le temps avant d'en parler. Et donc comme quoi finalement, il faut peut-être commencer à en parler assez jeune. Tout à fait. Et en même temps,
- Speaker #1
on sait que ce n'est pas toujours évident d'aborder le sujet des règles avec ses enfants ou avec ses élèves. On peut avoir peur de ne pas trouver les mots justes, de ne pas donner une explication exhaustive ou d'influencer son enfant ou ses élèves avec son propre vécu ou ses propres représentations. Mais pas de panique, parce qu'en parler, c'est déjà énorme en fait. C'est déjà permettre de normaliser le sujet. Et plus on en parle, plus on brise le tabou, plus ça paraît normal et banal de parler de ce sujet finalement. Ça peut être compliqué pour un parent ou pour un enseignant ou une enseignante par exemple d'aborder le sujet. Mais on pourra en reparler aussi tout à l'heure. On a des ressources qu'on a la possibilité de mettre à disposition de tout un chacun pour pouvoir aborder ce sujet de façon plus simple.
- Speaker #0
Ah oui, je pense que ça, on en aura bon usage. Peut-être qu'on pourra les repréciser à la fin. Et en attendant, peut-être repartir sur le sujet de l'éducation menstruelle. Si vous existez, c'est bien qu'il y a un besoin. Et donc finalement, quelles sont les lacunes aujourd'hui ? Qu'est-ce qui existe ? Qu'est-ce qu'il faudrait créer en plus, peut-être ?
- Speaker #1
Alors, j'aurais parlé beaucoup plus de lacunes s'il n'y avait pas eu très récemment, je dirais, une avancée majeure. au niveau de l'éducation nationale, c'est qu'il y a un arrêté du 3 février 2025 qui vient enfin fixer le... Le programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, c'est pourtant un programme qui avait été déjà voté dans une loi, la loi Aubry de 2001, qui prévoyait que pour chaque élève de primaire jusqu'à la terminale, il y ait trois séances d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle dans chaque classe, donc chaque année. Or, c'était extrêmement peu mis en place. Pour plein de raisons diverses, mais toujours est-il que là, jusqu'à aujourd'hui, il y a de vraies lacunes. Avec ce texte qui vient fixer ces séances dans les programmes de l'éducation nationale, on a bon espoir, en tout cas on espère très fort, qu'à partir de la rentrée prochaine, ces séances d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, elles seront très concrètement mises en œuvre. auprès de chaque élève, de chaque classe. Et en ce qui nous concerne, en ce qui concerne règles élémentaires et notre thématique des règles, l'un des objectifs, qui est désormais écrit noir sur blanc dans le programme, dans les programmes scolaires, c'est de connaître et comprendre les changements de son corps et celui des autres. Alors, on va dire au cours moyen, c'est... Alors, je vais citer le programme. C'est apprendre scientifiquement ce que sont les menstruations, donc les menstruations ce sont les règles, et qu'elles sont une composante normale et naturelle du développement physique des filles et ne doivent pas faire l'objet de tabous ou de moqueries. Et puis au collège, je cite également l'extrait du programme, réfléchir collectivement à des comportements et moyens qui aident à se sentir à l'aise avec les effets et conséquences des transformations corporelles, tout particulièrement les menstruations.
- Speaker #0
Oui, effectivement, c'est complet, concret et efficient.
- Speaker #1
Ça devient très clair.
- Speaker #0
Et parce que justement, ce manque d'informations, notamment pour les jeunes filles, de quelle manière est-ce que ça va les impacter ? Il faut savoir qu'en France,
- Speaker #1
chaque mois, il y a 4 millions de personnes qui doivent choisir entre acheter à manger et acheter un paquet de serviettes périodiques. Et ce chiffre, il a doublé en deux ans, puisqu'on a mené une grande enquête avec OpinionWay en mars 2023. Et au coût économique des règles s'ajoute le poids du tabou, parce qu'on parle peu ou pas des règles, alors que le premier pas pour savoir utiliser des protections périodiques, bien vivre ses règles et comprendre son corps, c'est d'en parler, et comme je vous disais tout à l'heure, dès le plus jeune âge. Et finalement, la méconnaissance, la désinformation, la précarité menstruelle, la douleur, le stress, les humiliations, ça affecte la santé physique et mentale des élèves, on va dire. des jeunes, en termes de confiance en soi, d'estime de soi, le sentiment de honte, de gêne, de stress, etc. Et ça génère de l'absentéisme scolaire et ça freine la progression scolaire. D'où l'importance de ces ateliers.
- Speaker #0
Effectivement.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Ok. Et donc suite à ces ateliers, est-ce que vous avez des retours justement des jeunes ?
- Speaker #1
Alors oui, on a... On distribue en fin d'atelier, chaque atelier, on distribue des questionnaires auxquels les élèves peuvent répondre de façon anonyme. Et elles ont la possibilité de poser un ou des questions qui sont suivies d'échanges. Et on a plus de 80% des élèves qui sont satisfaits des ateliers qui leur ont été utiles pour mieux comprendre les enjeux autour de la puberté et des règles. Donc ça, c'est les retours. que l'on a de ces questionnaires. Je peux vous donner quelques exemples de questions et de verbatim d'élèves qui sont assez parlants, je trouve. Lors des premières règles, est-ce qu'il y a beaucoup de sang ? Ou encore, est-ce qu'on peut mourir si on n'enlève pas le tampon ? De quelles couleurs sont les règles quand on les a pour la première fois ? Et puis, dans les petits verbatims qu'on peut recueillir également, on a... Ça m'a fait du bien. Moi, la première fois que j'ai eu mes règles, j'ai cru que j'allais mourir. Alors maintenant, je suis rassurée. J'ai une dernière petite citation. Je l'avoue, j'ai mes règles et je ne voulais pas en parler aux profs. Donc maintenant, je sais que je peux en parler. Alors vous voyez, c'est des choses qui sont hyper concrètes et que je trouve touchantes aussi. Parce que ça montre qu'il y a plein de choses qui restent, que chacun, chacune garde pour soi. Et donc ces ateliers, ça permet ça. Ça permet un peu de sortir le stress. et comme je vous disais tout à l'heure grâce à Face aux réponses, on essaye de répondre au maximum aux questions qui nous sont posées, et bien ça permet d'être un peu moins inquiet peut-être, inquiet et inquiète.
- Speaker #0
Il semblerait, oui, effectivement. Et ça, c'est des phrases, c'est parlant. En une seconde, on voit effectivement l'intérêt de ces interventions.
- Speaker #1
Et on a aussi des retours, enfin, parce qu'on... Quand on intervient dans des classes, c'est évidemment obligatoire qu'une personne référente de l'établissement soit présente tout au long de la séance avec nous pendant l'intervention. Et c'est intéressant aussi pour nous d'avoir les retours des adultes. Et on nous dit souvent que grâce à ces ateliers, les garçons comme les filles, ils peuvent gagner en confiance en eux sur ces différents sujets qui peuvent être source d'inquiétude, d'incompréhension, voire de mal-être pour certains.
- Speaker #0
Et donc là, on est sur sur les retours des élèves, des enfants, des ados. Est-ce que les parents également vous font des retours sur ces interventions ?
- Speaker #1
Oui, alors on mène aussi des cafés des parents. Donc ça, ça se passe en primaire. Les cafés des parents que moi j'ai pu mener se sont bien passés parce que là encore, ça a permis de rassurer les parents sur les sujets que nous abordons dans le cadre de nos ateliers auprès des élèves, donc de leurs enfants. Et puis... aussi de répondre à leurs questions et notamment de c'est compliqué pour moi d'aborder le sujet comment je fais, comment je peux m'y prendre, comment je peux ne pas être trop intrusif ou intrusive etc. Donc ça permet Là encore, de normaliser au maximum le sujet pour que ça soit plus simple pour eux de pouvoir en parler de leur côté avec leurs enfants. Et puis, en fait, que ce soit les parents, que ce soit les enfants ou les élèves, c'est se dire, ah ouais, en fait, c'est que ça les règles. Enfin, c'est ça les règles. Ah ouais, c'est plus simple que ce qu'on pensait finalement. Donc c'est ça qui est intéressant.
- Speaker #0
Très bien. Et donc vous aviez, puisque ce n'est que ça finalement, pour pouvoir l'expliquer. Vous aviez parlé de ressources tout à l'heure.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Alors déjà, sans hésiter en... En numéro 1, je vous dirais Parlons Règles. Parlons Règles, en fait, c'est la première plateforme d'éducation menstruelle qui a été créée par Règles élémentaires et qui a pour objectif d'accompagner les plus jeunes, donc nous, notre public prioritaire, c'est les 8-14 ans, en leur proposant des contenus éducatifs et bienveillants sur les règles. Et il faut savoir que cette plateforme, elle propose également des contenus, des outils aux personnes qui accompagnent les jeunes. les relais éducatifs, mais aussi les parents. Et donc, c'est sous forme de blog, avec des petits conseils pour amener le sujet avec ses enfants ou les jeunes de son entourage. Et en fait, il y a plein de ressources, il y a des petites vidéos, il y a un chat aussi, où les élèves, les enfants peuvent poser, et les parents, peuvent poser toutes les questions qu'ils ont, qu'elles ont sur les règles. Et ce qui est important aussi de noter, c'est que Merci. cette plateforme, elle est gratuite, elle est expertisée, donc ça veut dire que les contenus ont été co-construits avec des professionnels de santé, avec des enseignants et enseignantes, et qu'elle est sans publicité. Donc ça, c'est hyper important. Donc, en tapant parlonsrègle.fr, vous tombez sur... cette plateforme et puis je citerai aussi un dessin animé qui s'appelle Alerte Rouge qui est un super dessin animé, je ne sais pas si vous en avez entendu entendu parler, mais qui aborde plusieurs thèmes en lien avec l'adolescence et la puberté, et dont le sujet des règles. Voilà, donc ça c'est chouette, on peut regarder ça en famille. Et puis il y a aussi pas mal, je dirais, de plus en plus de livres sur le sujet, et je peux vous donner quelques titres. Donc il y a Les Petits Illustrés de l'intimité, dont le premier tome permet d'aborder le corps et son anatomie avec un vocabulaire accessible et inclusif. Donc ça, c'est pour des enfants de 7-8 ans, à partir de 7-8 ans. Il y a aussi « Ma grande sœur est un loup-garou » . Donc ça, c'est un livre qui permet d'aborder le sujet du syndrome prémenstruel de manière fantastique et rigolote. C'est un super livre pour ouvrir des discussions avec des enfants dès l'âge de 3 ans. Il y a un troisième livre qui s'appelle Corps, Amour, Sexualité. C'est un guide d'éducation à la vie affective et sexuelle pour toutes les familles. Les thématiques sont séquencées par âge. afin de pouvoir adapter le vocabulaire au public auquel on s'adresse. Et puis j'en citerai un dernier qui s'appelle « Les règles, quelle aventure » . Donc ça c'est un livre qui permet d'aborder le sujet des règles avec humour. Et il y a plein de références. C'est un livre qui est hyper complet, qui est instructif. Et ça peut être lu par des pré-ados et des ados, je dirais, dès l'âge de 10 ans.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà. Les petites recommandations que je pourrais vous donner.
- Speaker #0
Ça nous fait de la lecture. Il y a de quoi faire. Super. Merci beaucoup pour cette intervention. C'était très complet. Et puis je pense que ça va donner envie aux personnes d'aller voir un petit peu votre site et voir tout ce que vous pouvez proposer dans leur région respective. Avec plaisir. On va passer maintenant aux deux minutes culture et puis vous pouvez rester avec nous jusqu'à la conclusion.
- Speaker #1
Culture
- Speaker #0
Alors aujourd'hui, on va parler du cycle menstruel. Le cycle menstruel, c'est un processus naturel qui repose sur une mécanique hormonale bien orchestrée. Chaque mois, différentes hormones se relaient pour permettre l'ovulation, puis, si la fécondation n'a pas eu lieu, entraîner les règles. Mais même si ce schéma se répète, sa durée peut varier. Alors pourquoi le cycle ne dure-t-il pas toujours exactement le même nombre de jours ? Alors déjà, Il faut savoir que le cycle menstruel, ce n'est pas comme une horloge suisse. Même si on entend souvent que ça dure 28 jours, c'est en fait une moyenne. La durée normale peut aller de 21 à 35 jours. Et devinez quoi ? Un cycle pile de 28 jours, ça ne concerne que 13% des femmes. Donc ce qui est normal, c'est justement que ça varie d'une personne à l'autre. Pourquoi ? Parce que chaque corps est unique. Le cycle dépend d'un équilibre hormonal, en particulier entre les oestrogènes et la progestérone. Or, la façon dont ces hormones sont produites, régulées et réagissent dans le corps dépend de plein de choses. La génétique, l'âge, le poids, le mode de vie ou encore les antécédents médicaux. Par exemple, une femme peut avoir naturellement des cycles plus courts ou plus longs que sa voisine, et c'est parfaitement sain. Et puis, même pour une même femme, d'un mois à l'autre, le cycle peut changer. Parfois il est plus court, parfois plus long, et ce n'est pas forcément un signe qu'il y a un problème. Ce qui influence, ce sont surtout les conditions de vie. Le stress, le manque de sommeil, un voyage avec décalage horaire, une période de fatigue ou de maladie, tout ça peut perturber l'ovulation ou décaler un peu les phases du cycle. Il y a aussi des moments particuliers de la vie, comme la puberté, après une grossesse, ou en approchant de la ménopause où les cycles deviennent plus irréguliers naturellement. En résumé, avoir un cycle irrégulier de temps en temps ou qui n'est pas toujours de la même durée, c'est normal. Le plus important, c'est de repérer ce qui est habituel pour soi et d'être à l'écoute de son corps plutôt que de chercher à rentrer dans une case toute faite.
- Speaker #1
C'est parfait, vraiment. J'ai rien à ajouter, si ce n'est que juste, il ne faut pas hésiter si on a une inquiétude quelconque d'aller consulter un ou une professionnelle de santé.
- Speaker #0
Bien sûr. Merci beaucoup Emmanuel pour cette intervention. Est-ce que vous avez quoi que ce soit à ajouter ? Peut-être par exemple pour des parents qui se poseraient la question de savoir si vos ateliers peuvent avoir lieu dans l'école de leurs enfants ?
- Speaker #1
Écoutez, oui bien sûr. les parents peuvent tout à fait s'adresser à l'enseignant ou l'enseignante de leur enfant par exemple au directeur ou à la directrice donc là je parle en école primaire pour savoir s'il y a des ateliers ou des cafés des parents qui pourraient être organisés sur ces thématiques et nous bien sûr, Règle élémentaire on est à la disposition des établissements scolaires pour envisager ces possibilités voilà et puis je voulais vous remercier de m'avoir m'avoir invitée. J'ai passé un bon moment et on a pu évoquer plein de choses.
- Speaker #0
Merci à vous. C'était avec plaisir. Je pense qu'on a tous appris énormément. Merci à vous, chers auditeurs, d'être restés avec nous jusqu'à la fin. On espère que cet épisode vous aura plu et vous aura permis d'étayer vos connaissances sur la thématique de la santé menstruelle. On se retrouve le mois prochain pour un nouvel épisode qui sera cette fois-ci accompagné d'une sage-femme. N'oubliez pas de vous abonner pour suivre nos prochains épisodes et à parler de ce podcast autour de vous afin d'en faire profiter au plus grand nombre. Une conférence en ligne est prévue en août pour creuser le sujet et répondre à vos questions. Aussi, n'oubliez pas de nous envoyer vos questions à l'adresse email contact.murek.fr que vous retrouverez dans la description ou bien sur nos réseaux sociaux Facebook, LinkedIn et Blue Sky. A bientôt !