Speaker #0Bienvenue dans CozyFinance, le podcast qui rend la finance à la fois simple et accessible, spécialement conçu pour toutes les femmes à la recherche d'informations faciles à mettre en place. Moi c'est Sophie, à la barre de SDS Conseil, et je serai ta partenaire dans cette aventure financière. Hello, bonjour, j'espère que tu vas bien. Comme d'hab, je commence par ma petite requête. Si ce podcast t'aide, si tu apprécies ce moment ensemble, pense à t'abonner, à me laisser une note ou un commentaire. Ça te prend quelques secondes, mais pour moi ça change vraiment, vraiment beaucoup de choses. Voilà pour cette partie, passons au sujet du jour. Je ne sais pas si tu y as déjà réfléchi, mais la première fois que t'as appris quelque chose sur l'argent, t'avais probablement même pas 10 ans. Et personne ne t'a rien expliqué, personne ne s'est assis avec toi pour faire un cours magistral, t'as juste regardé, enregistré, absorbé ce qu'il se passait. T'as vu si tes parents comparaient les prix au supermarché ou pas, t'as senti si le mot vacances faisait naître de l'enthousiasme ou une légère crispation à la maison. T'as compris, sans qu'on te le dise, si l'argent c'était un sujet ouvert ou quelque chose qu'on évitait soigneusement. Et tout ça, ça a construit quelque chose en toi. Une sorte de rapport de base à l'argent, ta normalité à toi en quelque sorte. Celle que t'as jamais vraiment choisie mais qui tourne quand même en arrière-plan dans plein de tes décisions financières aujourd'hui. C'est ce qu'on appelle la transmission financière silencieuse et tout le monde en a une. Il y a un concept en psychologie financière qu'on appelle la socialisation financière. Et derrière ce terme un peu technique, il y a l'idée très simple qu'on apprend à se comporter avec l'argent en observant les adultes autour de nous, bien avant qu'on ne nous enseigne quoi que ce soit. Les chercheurs qui ont travaillé sur le sujet distinguent trois canaux d'apprentissage dans la famille. Le premier, c'est le modeling, ce qu'on voit faire. Est-ce que tes parents regardaient leur compte régulièrement ou jamais ? Est-ce qu'ils parlaient des prix au supermarché où ça ne se faisait pas ? Est-ce qu'ils anticipaient les grosses dépenses ou elles arrivaient comme des surprises ? Le deuxième, c'est la discussion directe. Ce qui était dit ou au contraire complètement ignoré. L'argent dans ta famille, est-ce que c'était un sujet ouvert ou un grand tabou ? Est-ce que tu savais ce que gagnaient tes parents ? Est-ce qu'on parlait de budget, de crédit, d'épargne ou encore d'investissement autour de la table ? Et le troisième, c'est l'apprentissage par l'expérience. Ce qu'on t'a laissé faire ou pas. Est-ce qu'on t'a donné de l'argent de poche avec une vraie liberté d'utiliser ? Est-ce qu'on t'a montré comment épargner ou investir ? Ce que je trouve fascinant, c'est à quel point le premier canal, le modeling, peut avoir de l'impact. Car ce que tu as vu, c'est souvent ce qui reste. Les enfants ne comprennent pas encore les discours sur l'argent, ils sont trop petits, mais ils enregistrent les émotions autour de l'argent. Ils voient si leurs parents se disputent quand les fins de mois arrivent, ils sentent la tension quand on dit « c'est trop cher » . Ils observent si la personne qui ramène l'argent à la maison a l'air stressée, soulagée, fière ou honteuse. Et à partir de tout ça, sans en avoir conscience, ils construisent une représentation de ce qu'est une relation normale à l'argent. Cette ligne de base, elle va te suivre longtemps, souvent jusqu'à l'âge adulte et parfois sans qu'on s'en rende compte. Et pour te donner une idée de ce que ça produit concrètement, il y a quelques grandes empreintes que je vois revenir très souvent. Et je parie que tu vas te reconnaître dans au moins l'une d'entre elles. La première, c'est la famille où l'argent était tabou. On n'en parlait jamais. Tu ne savais pas ce que gagnaient tes parents, tu ne savais pas si les fins de mois étaient confortables ou tendus, ils se débrouillaient pour que ça ne se voit pas. L'argent, c'était quelque chose qu'on gérait dans l'ombre, en silence, comme une honte, ou en tout cas comme un truc qu'on ne partage pas. Et toi aujourd'hui, t'as probablement du mal à parler d'argent à ton conjoint, à tes amis, en famille. Tu gères toute seule dans ta tête sans partager la charge. Et quand quelqu'un aborde le sujet, le salaire d'une amie, le budget des vacances, le montant d'un crédit, tu te sens vaguement mal à l'aise sans trop savoir pourquoi. Comme si parler d'argent, c'était un peu indiscret, que ça touchait à quelque chose de privé. La deuxième empreinte, c'est la famille des fins de mois compliquées. Avec ces tensions qui s'installaient vers le 20 du mois, les discussions à voix basse, le « on verra » quand tu demandais quelque chose. Tu sentais peut-être que la gestion était un peu serrée, mais on ne te disait rien. Et même si ta situation a complètement changé aujourd'hui, même si tu gagnes bien ta vie, il y a toujours peut-être un fond d'anxiété qui reste. Tu vérifies ton compte plus souvent que nécessaire, tu gardes toujours une très grosse réserve, par précaution, même quand il n'y a objectivement aucun danger réel. Tu as du mal à faire une dépense importante, même quand tu peux, parce que quelque chose en toi a peur de se retrouver à court. Le programme vu dans ton enfance tourne encore, même si la vie a changé. La troisième, c'est la famille où l'un des parents gérait tout et l'autre n'était pas vraiment dans la boucle. Les vraies décisions, les investissements, les emprunts, les placements, c'était le domaine de l'un des deux. L'autre, il s'occupait du quotidien, des courses, des enfants, mais les grandes orientations financières, ce n'était pas du tout son affaire. Et quand je dis l'autre, c'est souvent la maman. Et toi, tu as peut-être grandi avec l'idée inconsciente que les finances complexes, en tant que femme, c'est pas vraiment pour toi que tu n'es pas doué pour ça, que tu ne comprendrais pas, alors tu remets à plus tard. Tu délègues, tu évites les sujets d'investissement ou de patrimoine parce que tu as intégré très tôt que c'était compliqué et pas à toi de gérer. Et la quatrième empreinte, et c'est peut-être la moins évidente, c'est la famille détendue avec l'argent. Comme la mienne, où tout se passait sans drame, sans tabou, sans calcul excessif. Où on avait ce qu'il fallait, où on se faisait plaisir quand c'était possible, où les parents ne se privaient pas à l'excès et ne parlaient pas d'argent avec anxiété. Et si tu es dans ce cas-là, tu te dis peut-être que tu n'as pas eu de traumatisme, donc que tu n'as rien à régler. Sauf que même ce modèle-là laisse une empreinte. Un script souvent très positif en surface, jusqu'au moment où la réalité vient le contredire. Et c'est là qu'on réalise à quel point ce rapport était ancré, sans qu'on l'ait jamais vraiment choisi. Alors, qu'est-ce qu'on fait de cet héritage une fois adulte ? En général, il y a deux grandes tendances. La première, on reproduit. Et souvent, sans s'en rendre compte encore une fois. Si tes parents avaient une relation détendue avec la dépense, il y a de bonnes chances que toi aussi, tu dépenses sans trop culpabiliser. Si tes parents, au contraire, économisaient chaque centime par peur du lendemain, tu as peut-être grandi avec cette même anxiété dans le ventre chaque fois que ton solde bancaire baisse un peu. C'est tout simplement un mécanisme. On reproduit les modèles qu'on a intégrés parce que pour notre cerveau, c'est la normalité, c'est le point de référence, la façon dont les choses sont censées être. La deuxième tendance, on rejette. Et là, ça peut sembler très différent, mais c'est toujours l'héritage qui pilote, juste dans l'autre sens. La fille de parent qui ne parlait jamais d'argent et vivait dans un stress financier constant, elle peut devenir obsédée par le contrôle de ses finances, tout noter, tout prévoir par réaction. La fille de parent ultra-dépensier peut devenir ultra fourmi, presque à l'excès, par compensation. Dans les deux cas, reproduction ou rejet, le point de départ reste le même, le modèle parental. Ce qui change, c'est juste la direction. Et je vais te donner un exemple personnel parce que je pense que ça peut parler à certaines d'entre vous. J'ai grandi avec des parents qui travaillaient dur et pour qui l'argent n'était pas un sujet anxiogène à la maison. Avec mon frère, on avait tout ce qu'il nous fallait, il savait se faire plaisir et nous faire plaisir, que ce soit avec de belles vacances ou simplement des petites choses au quotidien. Mais surtout, je les voyais décider de toutes ces choses-là sans se poser mille questions. Sans surjustifier, sans culpabiliser après, il y avait une sorte de légèreté tranquille avec l'argent. Et pendant très longtemps, j'ai cru que ça ne m'avait rien appris de particulier, qu'il n'y avait pas vraiment de schéma parce qu'on n'avait pas vécu de drame financier, pas de privation, pas de crise. Mais avec le recul, j'ai compris quelque chose. Ce que mes parents m'ont transmis sans le savoir, c'est une croyance très ancrée. Quand tu travailles, tu mérites de te faire plaisir. L'argent est là pour ça, c'est normal. Et ça en soi, c'est un super script, vraiment, c'est un héritage précieux. Sauf qu'il y a un endroit où ça coince un peu. C'est quand la réalité dit non. Quand le budget ne suit pas, quand un mois est difficile, quand une dépense qu'on souhaitait n'est en fait pas une nécessité absolue, et qu'on ne peut pas se la permettre. Là, une frustration peut se créer. Et souvent, elle n'est même pas vraiment liée à l'achat en question. C'est plutôt qu'on avait intégré depuis longtemps, que si on travaille, on mérite de se faire plaisir. Alors quand la réalité dit non, ben ça coince. C'est tout simplement un rapport à l'argent hérité, qui se révèle quand la réalité ne suit pas. Et ça, c'est mon empreinte. Tout le monde en a une, c'est juste la forme qui change, mais tout le monde a hérité de quelque chose. Et ce qui m'a frappée en creusant ça pour moi, c'est que mon empreinte s'est vraiment révélée au moment où je suis devenue entrepreneur. Parce qu'en tant que salarié, les revenus sont réguliers. Chaque mois, le script « tu travailles, tu peux te faire plaisir » est à peu près validé. Mais quand t'es à ton compte, il y a des mois fantastiques et des mois difficiles. Et dans les mois difficiles, quand la réalité te dit « bah non, pas maintenant » , La frustration était bien plus forte que ce à quoi je m'attendais. Pas proportionnelle aux enjeux réels, juste disproportionnée. Et j'ai mis un peu de temps à comprendre que ce n'était absolument pas une question de mauvaise gestion d'immaturité, c'est juste que mon programme interne n'avait pas intégré la variabilité. Il avait intégré travail = plaisir possible, mais pas travail + mois creux = patience. Ça, ça ne m'avait pas été transmis, parce que mes parents, eux, n'avaient jamais eu à le vivre de cette façon. Donc l'empreinte était précieuse, mais incomplète. Et c'est exactement pour ça que je voulais partager ça avec toi. Parce que comprendre d'où vient ton rapport à l'argent, même quand ce rapport est globalement positif, ça te donne aussi du recul pour les moments où ça coince un peu. Alors, comment on fait concrètement pour identifier ton héritage et reprendre la main ? La première étape, c'est juste de nommer le modèle. Sans juger tes parents, sans les blâmer, sans les idéaliser non plus, observe tout ça. Comme si tu regardais un film de famille avec un peu de recul. Et voici trois questions que tu peux te poser. Si tu n'as pas le temps de faire l'exercice maintenant, je t'encourage vraiment à aller noter quelque part et si tu n'as pas de quoi le faire sous la main, n'hésite pas à me mettre sur pause quelques instants. Première question. Comment est-ce que l'argent circulait émotionnellement dans ma famille ? On oublie ici les montants et les salaires. Ce qui compte, ce sont les émotions. Est-ce que l'argent était source de tension, de liberté, de fierté, de honte, d'inquiétude, de légèreté ou encore autre chose ? Et quelle ambiance donc l'argent créait dans ta maison ? Deuxième question. Qu'est-ce que j'ai vu mes parents faire avec l'argent ? Pas ce qu'ils m'ont dit. Parce que le modeling, on l'a dit, c'est bien plus puissant que le discours. Est-ce qu'on planifiait ou vivait dans l'instant ? Est-ce qu'on investissait, épargnait, dépensait, évitait ? Est-ce qu'on parlait d'argent en couple ou est-ce que c'était le domaine réservé d'un seul des deux ? Troisième question, dans ma propre vie aujourd'hui, est-ce que je reproduis quelque chose ou est-ce que je réagis à quelque chose ? Parce qu'il y a une grande différence entre choisir consciemment son rapport à l'argent et le construire par réflexe ou par réaction à ce qu'on a vu enfant. L'idée c'est simplement de choisir. On ne cherche pas à tout effacer ni à recommencer à zéro, mais choisir ce qu'on garde parce que ça nous sert vraiment et choisir ce qu'on laisse parce que ça ne nous appartient plus. Peut-être que le modèle de tes parents t'a donné quelque chose de précieux. Une légèreté avec la dépense, une capacité à épargner, un rapport sain à l'effort et à la récompense. Garde-le, c'est un héritage. Et peut-être qu'il t'a aussi laissé une empreinte qui ne te sert plus. Un réflexe d'évitement quand tu regardes tes comptes, une frustration récurrente quand tu ne peux pas te faire plaisir tout de suite, une croyance que l'argent, ça se dépense, ou au contraire, qu'on ne doit jamais y toucher. Là, tu peux commencer à faire différemment, consciemment, cette fois. Parce que l'héritage financier, c'est avant tout un point de départ et non pas une fatalité. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Et pour l'instant, je ne te demande rien de plus que d'observer. La prochaine fois que tu sentiras une émotion forte liée à l'argent, que ce soit de la culpabilité, de la peur, de la frustration ou de l'évitement, pose-toi juste cette question. Est-ce que c'est moi qui ressens ça vraiment ou est-ce que c'est mon programme ? Et parfois, te poser la question suffit à changer ta façon de réagir. Et si tu as envie de m'écrire pour me dire quelle empreinte tu as reconnue chez toi, n'hésite vraiment pas. Je lis tout et ça m'aide énormément pour préparer les prochains sujets. Merci d'avoir été là pour ce nouvel épisode. N'oublie pas de t'abonner pour ne pas louper les prochains, de partager ce podcast autour de toi ou de me laisser un petit commentaire. Et surtout, reste à l'écoute pour le prochain épisode. D'ici là, prends soin de toi et de tes finances. Je te souhaite une très belle journée et je te dis à très bientôt pour de nouvelles aventures financières.