Speaker #0Bienvenue dans CosyFinance, le podcast qui rend la finance à la fois simple et accessible, spécialement conçu pour toutes les femmes à la recherche d'informations faciles à mettre en place. Moi c'est Sophie, à la barre de SDS Conseil, et je serai ta partenaire dans cette aventure financière. Hello, bonjour, j'espère que tu vas bien. Petite requête habituelle avant de commencer, si ce podcast t'aide, si tu apprécies ce moment ensemble, pense à t'abonner, à me laisser une note ou un commentaire, ça te prend vraiment quelques secondes et pour moi ça change vraiment, vraiment beaucoup de choses. Aujourd'hui j'ai envie qu'on aille fouiller dans quelque chose que la plupart d'entre nous n'ont jamais vraiment regardé en face. Quelque chose qui tourne peut-être en arrière-plan depuis très très longtemps. Et je parle des phrases que t'as entendues sur l'argent quand tu étais petite, ou des silences, ou des façons de faire, d'éviter, de réagir, que t'as observées chez tes parents sans vraiment t'en rendre compte, et que tu as peut-être absorbé sans savoir, comme on absorbe tout quand on est enfant. Et la raison pour laquelle j'avais envie qu'on parle de ça aujourd'hui, c'est qu'il y a quelques semaines j'avais abordé le sujet des money memories, ces premiers souvenirs d'argent qui programment nos réflexes d'adultes. Et si tu as fait l'exercice que je proposais dans cet épisode, tu as peut-être retrouvé des scènes d'enfance, des images, des émotions, mais la question des phrases, des mots précis entendus, tu n'as peut-être pas pu y répondre. Soit parce que tu ne t'en souviens pas, soit parce qu'il n'y avait pas vraiment de phrases à proprement parler. Plutôt une ambiance générale, quelque chose qui flottait dans l'air, une façon de fonctionner en famille autour de l'argent, sans que ça ait jamais été dit clairement. Ce qui est tout à fait normal aussi. Et c'est exactement ça qu'on va explorer aujourd'hui. Il y a un psychologue financier américain, Brad Klonks, qui s'est passionné pour ce sujet. Il a passé une bonne partie de sa carrière à étudier comment nos croyances sur l'argent se forment, comment elles se transmettent, et surtout comment elles continuent à piloter nos comportements financiers à l'âge adulte, souvent sans qu'on s'en rende compte. Il leur a donné un nom, les monnaies script, qu'on peut aussi appeler les scénarios financiers. Et ce qu'il a démontré dans ses recherches, c'est que ces croyances se forment Très tôt dans l'enfance, à un moment où on n'a pas encore les outils pour les questionner, pour décider si elles sont vraies ou pas. Elles arrivent et elles s'installent, comme des règles du jeu qu'on n'a jamais lues, mais qu'on finit quand même par appliquer depuis toujours. Le truc avec ces règles, c'est qu'elles ne fonctionnent pas comme une information rationnelle. Tu peux avoir fait des formations en finances perso, avoir des tableaux bien en ordre, comprendre intellectuellement qu'il faut épargner et investir, et quand même te retrouver à saboter tes propres projets financiers. À repousser l'investissement à plus tard encore une fois, à dépenser en mode compulsif, juste après avoir décidé d'être plus rigoureuse ou encore à bloquer au moment de négocier ton salaire, alors que tu sais exactement ce que tu vaux. Souvent, la réponse à ces blocages n'est pas dans la méthode, c'est qu'il y a quelque chose d'autre qui décide à ta place, une croyance profonde, héritée, que tu n'as jamais vraiment choisie. Et c'est ce qu'on appelle un money script. Brad Klontz a identifié quatre grandes catégories, et je vais m'attarder un peu sur chacune pour que tu vois si tu te reconnais dans l'une d'elles ou si tu reconnais quelqu'un de ton entourage. La première, c'est ce qu'il appelle le « money avoidance » , l'évitement de l'argent. Dans cette famille-là, on trouve toutes les croyances autour de l'idée que l'argent, c'est quelque chose de négatif, quelque chose de sale, de dangereux, de compliqué, ou en tout cas de pas vraiment pour toi. Les phrases typiques sont « l'argent, ça ne fait pas le bonheur » , « les riches, c'est pas des gens bien » , « on n'est pas des gens riches » , « moi, je ne suis pas matérialiste » , etc. Ça peut paraître assez inoffensif comme ça, mais la conséquence concrète, elle est souvent plus lourde qu'elle n'y paraît. Si quelque part dans ta tête, l'argent est associé à quelque chose de mauvais, tu vas inconsciemment t'en tenir à l'écart. Tu vas dépenser rapidement l'argent quand tu en as, parce qu'en avoir trop te met mal à l'aise, ou tu vas te dévaloriser quand tu fixes tes tarifs si tu es indépendante, éviter de t'intéresser sérieusement à l'investissement, ou même saboter ta propre réussite financière sans même t'en apercevoir. C'est comme si une partie de toi avait décidé que l'argent, c'est pour les autres, et que toi, tu n'as pas vraiment besoin de t'y intéresser. La deuxième, c'est le money worship, l'adoration de l'argent. Et là, c'est quasiment l'opposé. La croyance centrale, c'est que l'argent va tout résoudre. Que si tu en avais plus, tout irait mieux. Que tu serais enfin tranquille, enfin libre, enfin heureuse. Et voici les phrases qu'on retrouve dans cette catégorie. Quand j'aurai assez d'argent, je serai enfin tranquille. Il n'y en a jamais assez. Ou encore, le succès, ça se mesure à ce qu'on a. Concrètement, ça peut pousser à travailler sans jamais vraiment s'arrêter. Parce que la barre du "assez" se déplace toujours un peu plus loin. Ou à dépenser de façon compulsives parce que acheter procure un sentiment d'abondance, même momentanément. Ou à ne jamais se sentir satisfaite de ce qu'on a, à toujours regarder vers le prochain palier, le prochain objectif, sans vraiment profiter de là où on en est. La troisième catégorie, c'est le « monnaie-statut » . L'idée que l'argent dit qui tu es, que ce que tu possèdes est un reflet de ta valeur. Il faut avoir l'air de quelqu'un, les gens te jugent sur ce que tu as, le vrai succès ça se voit, sont des phrases typiques derrière ça. Et ça peut pousser à vivre au-dessus de ces moyens pour envoyer un certain signal. À acheter des choses davantage pour ce qu'elles représentent aux yeux des autres que pour ce qu'elles t'apportent vraiment. à comparer son niveau de vie à celui de son entourage de façon un peu compulsive, ou même à confondre au fond ce qu'on a et ce qu'on vaut. Et la quatrième catégorie, c'est le « money vigilance » , la vigilance financière. Celle-là, je l'aborde avec un peu plus de nuance parce qu'elle peut avoir des effets très positifs. Elle pousse à l'épargne, à la prudence, à ne pas dépenser ce qu'on n'a pas. Ça correspond à des phrases type du genre « il faut mettre de côté pour les jours de pluie » , « on ne sait jamais » , « l'argent ça ne se dépense pas n'importe comment » ou encore « il ne faut pas parler d'argent, c'est vulgaire » . Dans ses formes saines, cette vigilance-là construit une vraie sécurité financière. Mais dans ses formes plus intenses, elle peut générer quelque chose de paradoxal. Une anxiété financière permanente, même quand les finances vont objectivement bien. Tu peux avoir un compte correct, tes factures payées, une épargne qui avance, et continuer à ouvrir ton appli bancaire avec une certaine peur de ce que tu vas y voir. À ne jamais vraiment profiter de ce que tu as, parce que quelque chose dans ta tête dit « hum, mais et si ? » ou encore à avoir du mal à investir, parce que « investir » , ça ressemble à prendre un risque. Et ça peut aussi te faire sentir en insécurité financière, même quand, objectivement, tu n'as aucune raison de l'être. Maintenant, j'aimerais qu'on s'attarde sur quelque chose d'important. Parce que jusqu'ici, j'ai surtout parlé de phrases entendues, de choses dites à haute voix, et il y a plein de gens, peut-être toi, pour qui ça ne résonne pas vraiment comme ça. Tu cherches dans tes souvenirs, et tu ne retrouves pas de formule claire. Personne ne t'a dit « l'argent c'est pas pour nous » ou « les riches sont des profiteurs » , et pourtant, tu as quand même quelque chose qui coince dans ta relation à l'argent. Un réflexe, une façon de fonctionner que tu ne t'expliques pas complètement. Et c'est quelque chose que j'ai compris en réfléchissant à ma propre histoire. Moi, quand j'essaie de retrouver des phrases type de mon enfance sur l'argent, je n'en trouve pas vraiment. Il n'y avait pas de formule choc dans ma famille. J'ai grandi dans un foyer où je n'ai pas manqué de grand chose, avec une vraie sécurité autour de moi. En apparence, ça pourrait ressembler à une relation à l'argent sans script particulier. Sauf que, quand je regarde de plus près, il y en a un. Et il n'a jamais été formulé en une phrase. Mais il tourne quand même. Il ressemble à quelque chose comme « je dois mériter ce que j'ai, je dois travailler, vraiment travailler, pour avoir le droit de bénéficier de cette situation » . Une dette silencieuse. Une obligation intérieure de prouver que je vaux ce que j'ai reçu, même si personne ne me l'a jamais demandé. Et la conséquence concrète dans ma vie, c'est une difficulté réelle à ne rien faire. À me reposer, sans me sentir coupable, à avoir du temps libre, sans me demander si je le mérite vraiment. Parce que dans ce programme-là, le repos ça se gagne. Et ce que j'ai réalisé avec le temps, et très récemment d'ailleurs, C'est que ce script n'est pas né d'une phrase, il est né d'un modèle observé, de parents qui valorisaient beaucoup l'effort, le travail, la contribution. C'est une transmission bienveillante, il n'y a rien de mal là-dedans, mais sauf que, quelque part, ça a créé chez moi l'idée que bénéficier de quelque chose qu'on n'a pas soi-même construit, de toute pièce, ça crée une forme de dette. Une dette morale qui ne se rembourse pas en argent, mais en heure de travail et en productivité permanente. Et peut-être que ton histoire ne ressemble pas du tout à la mienne, peut-être que tes parents ont beaucoup sacrifié pour toi d'une façon différente, qu'ils ont travaillé dur. qu'ils ont fait des concessions énormes pour te donner accès à des choses qu'ils n'avaient pas eux-mêmes, des études, une stabilité, des opportunités, et que toi, tu portes quelque chose de similaire sans avoir de phrase pour le nommer. L'idée est que tu dois être à la hauteur de ce qu'ils ont construit, que tu leur dois quelque chose en réussite, en effort, en productivité. Ce script-là, il n'a pas besoin de phrase pour exister. Il se transmet dans les attitudes, dans les comportements qu'on observe, dans les valeurs qu'on sent implicitement importantes. Et il est souvent encore plus difficile à attraper que les scripts verbaux. précisément parce qu'il n'a pas de forme reconnaissable. Tu ne peux pas te dire « Ah oui, on me disait ça ! » Tu dois juste observer comment tu fonctionnes et remarquer les endroits où tu te mets toi-même des limites que personne ne t'a imposées. Alors comment est-ce qu'on fait concrètement pour les repérer ? La première chose, c'est d'écouter tes réactions physiques et émotionnelles quand l'argent entre dans la conversation. Et je ne parle pas des pensées rationnelles, je parle de ce qui se passe dans ton corps avant même que ton cerveau ait eu le temps de formuler quoi que ce soit. Cette légère tension quand quelqu'un mentionne son salaire à table, ce malaise quand tu ouvres ton appui bancaire, cette gêne au moment d'annoncer tes tarifs à un client potentiel, ou au contraire, cette indifférence totale, cette façon d'éviter de regarder tes finances, comme si elles n'existaient pas. Ces réactions-là, elles pointent vers quelque chose. Elles te disent qu'il y a un script en dessous. La deuxième chose, c'est de remonter dans tes souvenirs autour de l'argent en famille. Et je ne parle pas forcément des scènes dramatiques, les choses les plus révélatrices se cachent souvent dans les détails ordinaires. Est-ce qu'on parlait d'argent à table chez toi ? Avec quelle tonalité ? Est-ce que c'était source de tension, de honte, de fierté, ou est-ce qu'on n'en parlait pas du tout ? Est-ce que tu te souviens d'une façon de dépenser ou d'épargner qui revenait souvent ? Est-ce qu'il y avait un décalage entre ce que tu observais chez toi et ce que tu voyais dans d'autres familles, sans forcément pouvoir le nommer à l'époque ? Et la troisième piste, celle que je trouve particulièrement révélatrice, observe ta réaction intérieure quand quelqu'un gagne de l'argent facilement. Quelqu'un qui reçoit un héritage, qui vide un revenu passif, qui décroche une vente rapide sans avoir l'air d'y avoir beaucoup travaillé. Qu'est-ce qui se passe en toi ? Tu t'en réjouis pour cette personne ? Tu trouves ça normal ? Ou est-ce qu'il y a quelque chose dans ta tête qui murmure que ça ne se mérite pas vraiment si on n'a pas souffert pour ça ? Cette réaction-là, elle en dit long sur ton rapport à la légitimité financière et sur ce que tu penses, au fond, qu'on doit faire pour avoir le droit d'avoir de l'argent. Et si tu veux aller encore plus loin, je t'invite à noter la phrase sur l'argent que tu as le plus entendue enfant, même vaguement, même si tu n'en es pas sûre, et de regarder honnêtement à quel endroit dans ta vie aujourd'hui tu l'appliques encore, sans l'avoir décidée. Si tu t'es reconnue dans quelque chose, dans une de ces quatre familles ou dans un programme silencieux qui n'a pas de phrase, tu te demandes peut-être ce que tu es censé faire avec ça. Et je vais être honnête avec toi, parce que je pense que c'est important de ne pas survendre ce qu'on peut faire avec une prise de conscience comme celle-là. On n'efface pas ces monnaies script. Ils font partie de toi. Ils ont été construits à un moment où tu essayais de comprendre le monde avec ce que tu avais à ta disposition. Tu ne vas pas les supprimer en décidant simplement de ne plus y croire. Mais ce qu'on peut faire, en revanche, c'est déjà vraiment énorme, c'est de passer du pilote automatique à quelque chose de plus conscient. Ça veut dire que la prochaine fois que tu prends une décision financière et que tu sens qu'il y a quelque chose qui résiste, quelque chose qui décide à ta place, tu te poses une question. Est-ce que ce choix vient vraiment de ce que je veux, de ce qui fait sens pour ma vie en ce moment, ou est-ce qu'il vient d'un programme installé bien avant que j'ai eu mon mot à dire ? Tu peux te poser cette question sans te juger, elle ne demande rien d'autre qu'un regard honnête sur ce qui se passe en toi. Parce que parfois, le script est utile, une certaine vigilance financière ça peut être une vraie force, mais à condition de la choisir, de l'utiliser consciemment plutôt que de la subir comme une règle immuable. Et parfois... Rien que le fait de nommer le script suffit à lui retirer un peu de son emprise. Ah, là c'est mon script, je dois mériter, qui parle. Ou ah, là c'est ma vigilance financière qui s'emballe alors que ma situation est objectivement correcte. Ça ne fait pas disparaître la voix, mais ça crée un espace entre ce qu'elle dit et ce que tu décides de faire. Et dans cet espace, c'est là que commence le choix. Je te propose de faire un petit exercice durant la semaine. Prends une décision financière que tu repousses depuis un moment. Ça peut être une augmentation à demander, un investissement que tu réfléchis depuis trop longtemps. Une dépense pour toi, que tu n'arrives pas à t'autoriser, ou quelque chose que tu continues à faire, même si tu sais que ça n'est pas aligné avec tes objectifs. Et écris les pensées qui arrivent quand tu imagines franchir le pas. Sans les filtrer, sans les corriger. Dans ce qui apparaît, tu vas commencer à voir la forme de ton script. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Et si tu devais garder une seule chose de cet épisode, c'est que les règles que tu appliques avec ton argent ne sont pas vraiment toujours les tiennes. Elles ont parfois été construites avant que tu aies ton mot à dire, dans des phrases, oui, mais aussi dans des silences, des attitudes, des modèles observés. Et la puissance du money script, c'est précisément qu'il n'a pas besoin d'être dit pour exister, il suffit qu'il ait été vécu. La bonne nouvelle, c'est qu'un script qu'on voit, on peut choisir de ne plus le suivre automatiquement. Pas l'effacer, mais le passer du pilote auto Ausha conscient, et ça, ça change pas mal de choses. Merci d'avoir été là ! pour ce nouvel épisode. N'oublie pas de t'abonner pour ne pas louper le prochain et de laisser un petit commentaire si ça t'a parlé. D'ici là, prends soin de toi et de tes finances. Je te souhaite une très belle journée et je te dis à très bientôt pour de nouvelles aventures financières.