Speaker #0Bienvenue dans CosyFinance™, le podcast qui rend la finance à la fois simple et accessible, spécialement conçu pour toutes les femmes à la recherche d'informations faciles à mettre en place. Moi c'est Sophie, à la barre de SDS Conseil, et je serai ta partenaire dans cette aventure financière. Hello, bonjour, j'espère que tu vas bien. Comme d'hab, je commence par ma petite requête. Si ce podcast t'aide et que tu apprécies ce moment, pense à t'abonner, à me laisser une note ou un commentaire. Ça te prend quelques secondes et pour moi, ça change vraiment, vraiment beaucoup de choses. Aujourd'hui j'ai envie de te parler d'un truc que beaucoup d'entre nous font, et que beaucoup d'entre nous reconnaissent dans la seconde où je vais le nommer. Il y a quelques semaines, j'étais un peu dans un bad mood. Je suis passée par des journées où ça n'allait pas des masses des masses, c'était pas non plus une catastrophe, il n'y avait rien de fondamentalement grave, mais juste quelques journées un peu lourdes, un peu grises, où tout avait l'air de peser un peu plus que d'habitude. Et en faisant mes courses durant l'une de ces journées, au moment où je suis passée devant le rayon chocolat, j'ai pris des trucs que je n'aurais pas pris un jour normal. C'était en période de Pâques, ça n'aide pas. Ce n'était absolument pas de la faim, mais juste un besoin à l'instant T. Juste parce que là, dans cette journée-là, ça aidait un peu de s'imaginer manger du chocolat. J'ai donc mis des trucs dans mon chariot, en plus c'était affiché à moins 50%, j'ai continué mes courses, et quelque part, ce petit geste m'avait rendu la journée un peu plus légère. Au moment de passer en caisse, j'ai regardé tout ce que j'avais posé, et je me suis dit, ouais, je sais exactement pourquoi ces trucs sont là. Et ce truc-là, il a un nom. C'est l'achat de compensation, ou ce que les Anglo-Saxons appellent le retail therapy, la thérapie par les achats. Et si je te pose la question directement, tu le fais ça ? Acheter quand ça ne va pas, mettre des trucs dans ton panier alors que ce n'était pas prévu, passer une commande à 23h après une journée de fou, ou scroller sur un site sans vraiment chercher quoi que ce soit. Si tu te reconnais là-dedans, cet épisode est fait pour toi. Et si tu penses que non, reste quand même, tu pourrais te reconnaître au fil de l'épisode. Et la question qu'il faut se poser en réalité, c'est plutôt, maintenant qu'on le sait, qu'est-ce qu'on en fait ? Ça tombe bien, c'est exactement ce qu'on va explorer aujourd'hui, comment ça fonctionne dans le cerveau, pourquoi ça marche à court terme, ce que ça cache vraiment sur le plan émotionnel, et surtout, surtout, comment reprendre la main là-dessus, sans se rajouter une interdiction de plus. Pour comprendre ce mécanisme, il faut commencer par regarder ce qui se passe neurologiquement. C'est assez éclairant parce que ça permet de regarder ce comportement différemment. Quand tu es dans un état émotionnel difficile, que tu te sens stressé, triste, frustrée ou juste à plat, ton cerveau bascule dans un mode particulier. La partie du cerveau qui gère la pensée rationnelle, la planification, les décisions à long terme, elle passe en retrait. Et la partie émotionnelle, elle, prend beaucoup plus de place. C'est un mécanisme de survie. Le cerveau concentre ses ressources sur ce qui fait mal maintenant et cherche quelque chose qui va soulager ça maintenant. Il y a une étude publiée dans la revue de psychologie du consommateur qui montre quelque chose d'assez frappant. Elle date de 2014 mais ça reste quand même pas mal d'actualité. Quand on est triste, une grosse partie de cette tristesse vient d'un sentiment de perte de contrôle sur ce qui nous arrive. Les choses se sont passées autrement qu'on l'espérait, on n'a pas eu le résultat qu'on voulait, on s'est senti dépassé. Et le cerveau, pour contrebalancer ça, cherche une situation où il peut exercer un choix, prendre une décision, obtenir quelque chose qu'il a demandé. Et faire des choix d'achat, même tout petit, même anodin, suffit à restaurer ce sentiment de contrôle. Ton cerveau reçoit le message « j'ai décidé, j'ai agi » . « J'ai obtenu ce que je voulais » et ça soulage. Donc quand tu mets ce chocolat dans ton panier un jour où ça ne va pas, ton cerveau fait quelque chose de parfaitement logique. Il cherche à réduire une douleur émotionnelle. Et il utilise l'outil le plus rapide qu'il a sous la main. L'achat comme micro-reprise de contrôle. Et ça peut être tout autre chose que du chocolat. Moi c'est de la nourriture, mais toi peut-être que ce sont des fringues, des bijoux, des livres. Bref, ça marche pour tout. Il y a aussi un peu de dopamine là-dedans. La dopamine, c'est le neurotransmetteur de la récompense et de l'anticipation. Et un truc que beaucoup de gens ne savent pas, c'est qu'elle ne se déclenche pas au moment où tu reçois ta commande. Elle se déclenche bien avant, au moment où tu fais défiler les pages, où tu mets quelque chose dans ton panier, où tu imagines ce que ce truc va t'apporter. Le cerveau se met en mode quelque chose de bien arrive. Il est tout content, content, et ça génère un sentiment agréable presque immédiatement. Avant même d'avoir payé, avant même d'avoir reçu quoi que ce soit. Et c'est exactement pour ça que le scrolling émotionnel existe. On peut passer 20 minutes à mettre des trucs dans un panier virtuel sans jamais finaliser la commande. Et sentir quand même un soulagement. Parce que le cerveau a eu sa dose d'anticipation. C'est pour ça que ça marche à court terme et que tu le refais. Ton cerveau a appris l'association état émotionnel difficile plus HA égale soulagement rapide. Et le cerveau, il adore les raccourcis qu'il connaît déjà. Le problème, évidemment, c'est le à court terme. Le soulagement dure peu. Et après, il y a souvent quelque chose d'autre qui arrive. Pour certaines, c'est la culpabilité. Le « j'aurais pas dû » , « encore une dépense inutile » , « je suis censé faire attention » . Pour d'autres, c'est un sentiment de vide. L'objet est là, la commande est passée, mais la journée difficile, elle est toujours là aussi. La frustration ou la tristesse n'a pas disparu après l'achat, elle a juste été mise en pause quelques minutes. Et quand la culpabilité ou le vide s'installe, devine ce que le cerveau a envie de faire. Il cherche un soulagement. Et il connaît déjà l'outil qui a marché la dernière fois. C'est ce que les chercheurs décrivent comme un cycle. Tension émotionnelle, achat, soulagement temporaire, culpabilité ou vide, et retour à la tension. Parfois augmentée, parce que maintenant en plus de ce qui t'avait mis dans cet état, tu as aussi la culpabilité de l'achat. Ce cycle peut rester très peu visible ou conscient pendant longtemps. Une commande par-ci, quelques trucs supplémentaires dans le caddie par-là, ça n'a l'air de rien, pris séparément, et puis à un moment, tu regardes tes relevés bancaires et tu réalises que les petites dépenses imprévues ont grossi. Ou tu ouvres un tiroir et tu trouves des trucs avec leur étiquette encore dessus, ou tu reçois une commande et tu te demandes sincèrement pourquoi tu as commandé ça. Et là, le truc qui s'ajoute par-dessus le cycle, c'est souvent une histoire sur soi. Tu te dis, je suis comme ça, je suis nul avec l'argent, je n'ai aucune discipline. Et quand cette étiquette s'installe, ça devient encore plus compliqué. Parce qu'on n'est plus juste en train d'éviter une émotion difficile, on est en train d'éviter le moment où on va se confirmer à soi-même qu'on est comme ça. Alors qu'en réalité, ce cycle s'est installé progressivement, souvent à partir d'une période de stress ou de surcharge, et il s'est renforcé parce qu'il fonctionnait. Il fonctionnait à court terme, c'est tout. Et un mécanisme qui fonctionne à court terme, le cerveau, va le répéter. C'est de la mécanique cérébrale et non pas un trait de personnalité. Maintenant, parlons des déclencheurs, parce qu'il y en a plusieurs et ils ne sont pas toujours aussi évidents. C'est important de les connaître parce que ça t'aide à les identifier quand ils arrivent. Le plus connu, c'est le stress. Une journée chargée, une réunion difficile, une conversation qui s'est mal passée, un conflit, une charge mentale qui déborde. L'achat comme soupape de pression. Là, il y a une logique directe, quelque chose a créé une tension et l'achat vient la relâchée. Il y a aussi la tristesse, ou ce petit fond de mélancolie qu'on n'arrive pas toujours à nommer clairement. Les jours où on se sent un peu seul, un peu fatigué d'avancer, un peu en dehors du flux des choses. Et là, une commande ou quelques trucs dans le caddie donnent l'impression de se faire du bien, de se traiter avec douceur, de combler quelque chose. Il y a la frustration aussi, celle qui vient quand quelque chose ne s'est pas passé comme prévu, quand on a l'impression de ne pas être vu, d'avoir fourni des efforts qui ne se voient pas, de ne pas avoir obtenu ce qu'on méritait. Dans ces moments-là, l'achat peut devenir une façon de se dire Au moins là, je décide quelque chose pour moi. Il y a l'anxiété aussi. Pas forcément une anxiété intense, mais juste parfois un léger fond sonore de petites inquiétudes qui tournent en arrière-plan suffit. Le cerveau cherche quelque chose de concret et de positif, sur quoi se poser, et l'achat lui en donne un. Et puis il y a un déclencheur qu'on mentionne vraiment trop peu. L'ennui. L'ennui ou la sensation de tourner en rond. Scroller sur un site, mettre des trucs dans le panier, se dire qu'on regardera plus tard, ça occupe. Ça structure quelques minutes, ça donne l'impression de faire quelque chose, de prendre des décisions, d'avancer. Et dans un quotidien qui peut parfois manquer de petites satisfactions immédiates, ça répond à un vrai besoin de stimulation. Je t'ajoute un dernier déclencheur, plus subtil, la comparaison. On voit quelqu'un sur les réseaux avec un truc sympa, on voit une promo qui dit que tout le monde s'arrache ce produit, on reçoit un mail qui joue sur l'idée qu'on rate quelque chose, et là, derrière l'achat, il y a cette petite envie de se remettre à niveau, de ne pas passer à côté, d'appartenir à quelque chose. Et la question utile à garder en tête, et dont j'ai déjà parlé ici, c'est est-ce que j'achèterais ça le même jour, dans un état émotionnel neutre ? Pas un jour parfait, juste un jour ordinaire, où rien ne pèse particulièrement. Si la réponse honnête est probablement pas, alors il y a de bonnes chances que cet achat soit lié à ce que tu ressens, à ce moment-là, plus qu'à ce dont tu as réellement besoin ou envie. Il y a un angle qu'on aborde rarement dans les conversations sur l'achat compensatoire, et je pense qu'il mérite un moment. Quand on achète régulièrement pour gérer des émotions, ça crée une association dans le cerveau entre dépenser et aller mieux. Et cette association, elle finit par teinter toute la relation à l'argent. L'argent devient quelque chose qu'on utilise principalement dans les moments difficiles. Donc inconsciemment, on commence à le voir comme une ressource de secours émotionnel. Et quand le budget est serré, ou quand on essaie de faire des économies, on se retrouve à couper dans quelque chose qui avait une vraie fonction psychologique. D'où la résistance, d'où la frustration, d'où ce sentiment que faire attention à l'argent veut dire se priver d'un truc qui aide à tenir. C'est pour ça que les approches purement budgétaires ne suffisent pas toujours. On peut avoir un beau tableau de bord, des catégories de dépenses bien définies, une enveloppe plaisir clairement identifiée, et continuer à dépasser régulièrement sans trop comprendre pourquoi. Parce que la question du budget ne touche pas à la question émotionnelle qui est en dessous. Et je dis ça sans jugement, vraiment, parce que la quasi-totalité d'entre nous a ce type d'association quelque part. L'argent est tellement lié aux émotions à la sécurité, au sentiment de valeur, que les comportements financiers sont rarement purement rationnels. Et même pour les personnes qui gèrent très bien leur budget. Donc si tu reconnais ce patin de chez toi, prendre du recul sur ta relation à l'achat compensatoire, c'est aussi prendre du recul sur ta relation à l'argent de façon plus large. Et ça, ça a des effets bien bien au-delà du poste dépense imprévue dans ton budget mensuel. Alors, qu'est-ce qu'on fait avec tout ça ? La question que j'entends souvent, c'est « Ok, Sophie, c'est intéressant, mais concrètement ? » Et ma réponse va peut-être te surprendre. Je ne vais pas te proposer d'arrêter. D'abord parce que arrêter n'a jamais été une stratégie très efficace quand un comportement répond à un besoin réel. Le cerveau trouve toujours autre chose pour compenser. Et ensuite, parce que l'objectif ici, vraiment, n'est pas de te rajouter une interdiction dans une vie qui en a déjà beaucoup. Ce que je te propose à la place, c'est quelque chose de plus simple et de plus puissant. Rendre le geste visible. Rendre le geste visible, ça veut dire le nommer au moment où il se passe. Pas après dans la culpabilité, pas avant dans la résistance, au moment même où tu mets quelque chose dans ton panier ou dans ton caddie. Je suis en train de mettre ce truc-là parce que j'ai eu une journée compliquée et que là, ça m'aide un peu. C'est tout. Tu as juste à le nommer. Pas à haute voix, bien sûr, si tu es dans un magasin, mais dans ta tête. Parce que quand tu nommes ce qui se passe, quelque chose de neurologique change. La partie rationnelle du cerveau se réactive légèrement. Tu passes d'un comportement automatique à un moment de conscience. Et ce moment de conscience, même de deux secondes, change la nature de ce qui se passe. Tu fais un choix au lieu de subir un automatisme. Et le choix conscient, même si c'est le même achat au final, ne laisse pas la même trace. Il ne démarre pas le même cycle de culpabilité parce que tu n'as pas fait quelque chose sans faire exprès, tu as décidé. Et parfois, juste, le fait de nommer suffit à ouvrir une autre porte. Je suis en train d'acheter ça parce que, bah, attends, de quoi j'ai vraiment besoin là ? Parfois, la réponse, c'est quand même le chocolat, ou autre chose, et c'est ok. Parfois, c'est un coup de fil à une amie, parfois, c'est souffler 5 minutes, parfois, c'est juste reconnaître que la journée a été difficile et que c'est normal de le ressentir. Le nommage ne supprime pas l'envie, il te redonne la main sur ce que tu en fais. Pour terminer, je vais te donner 4 outils pratiques qui peuvent aider dans ces situations. Ce ne sont pas des règles à tenir coûte que coûte, mais de simples petits outils. Tu en prends un, tu testes, tu vois si ça te convient. Le premier, c'est de définir une enveloppe dédiée. Et ici, pas une enveloppe plaisir floue, mais une enveloppe avec un rôle bien précis. Les achats hors plan. Les trucs qu'on n'avait pas prévus et qu'on prend quand même. Tu lui donnes un montant mensuel, tu n'as pas besoin de te justifier tant que tu es dedans, et quand elle est vide, elle est vide. Ça enlève une grosse partie de la charge émotionnelle qui vient avec les petits écarts de budget. Tu n'es plus en train de déraper, tu utilises une enveloppe qui existe pour ça. Et quand tu la remplis mentalement avec tes achats compensatoires, tu commences aussi à voir combien ça représente sur le mois. Et ça, c'est une information très utile. Le deuxième outil, c'est le délai volontaire. Pas un délai long et punitif du genre tu dois attendre 30 jours, juste quelques heures, parfois une nuit. Tu mets dans le panier et tu reviens le lendemain matin, dans un état émotionnel différent. La plupart du temps, une partie des articles ne t'intéresse plus. Pas tous, hein, mais certains. Et tu peux décider de commander le reste de façon beaucoup plus sereine, parce que tu as eu le temps de vérifier que c'est bien toi qui veux vraiment ça, et pas juste ton cerveau sous stress qui cherchait une sortie. Le troisième, c'est le journal de déclencheur. Pendant deux ou trois semaines, chaque fois que tu fais un achat non prévu ou que tu as une forte envie d'acheter quelque chose, tu notes en deux mots ce que tu ressentais juste avant. Fatigué, dispute avec X, journée chargée, réunion qui s'est mal passée, ennui, je me suis sentie invisible. Bref, ça peut sembler basique, mais ce petit relevé te donne une image de tes déclencheurs personnels que tu n'aurais pas autrement. Et connaître ces déclencheurs, c'est pouvoir les anticiper. Du genre, les dimanches soirs, après une grosse semaine et avant une nouvelle semaine, j'ai systématiquement envie de commander quelque chose, je peux peut-être prévoir autre chose ce soir-là, pour anticiper. Le quatrième outil, et je le mets en dernier parce que c'est peut-être le plus important, trouver deux ou trois alternatives rapides. à l'achat pour les moments de tension. Des options accessibles, même quand tu n'as plus d'énergie, parce que c'est souvent là que le réflexe d'achat se déclenche. Des trucs vraiment simples. Envoyer un message à un ami, faire un tour dehors 10 minutes, se préparer une petite boisson sympa, mettre une série qu'on aime, se poser 5 minutes avec rien. L'idée n'est pas de remplacer l'achat par une activité vertueuse, mais d'avoir quelques options prêtes quand l'automatisme se déclenche pour pouvoir choisir plutôt que subir. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Et si tu devais garder une seule chose de cet épisode, c'est que l'achat compensatoire, c'est de la mécanique cérébrale. Ton cerveau a juste trouvé un raccourci qui a marché à court terme. Le voir quand ça arrive, le nommer, c'est déjà reprendre la main dessus. Merci d'avoir été là pour ce nouvel épisode. N'oublie pas de t'abonner pour ne pas louper les prochains, de partager ce podcast autour de toi, de laisser un petit commentaire, ou même de m'envoyer tes questions. Et surtout, reste à l'écoute pour le prochain épisode. D'ici là, prends soin de toi et de tes finances. Je te souhaite une très belle journée et je te dis à très bientôt. pour de nouvelles aventures financières.