Speaker #0Bienvenue dans CosyFinance, le podcast qui rend la finance à la fois simple et accessible, spécialement conçu pour toutes les femmes à la recherche d'informations faciles à mettre en place. Moi c'est Sophie, à la barre de SDS Conseil, et je serai ta partenaire dans cette aventure financière. Hello, bonjour, j'espère que tu vas bien. Comme dame, je commence par ma petite requête. Si ce podcast t'aide, si tu apprécies ce moment ensemble, pense à t'abonner, à me laisser une note ou un commentaire. Ça te prend quelques secondes, mais pour moi ça change vraiment, vraiment beaucoup de choses. Pour cet épisode, j'avais envie de creuser un truc, le lien entre l'estime de soi et l'argent que tu gagnes. Parce que la façon dont tu te vois, elle se retrouve directement dans tes revenus. On est très nombreuses à avoir une petite voix intérieure qui dit « Qui suis-je pour demander autant ? Je n'ai pas assez d'expérience. » Ou encore « Il y a des gens beaucoup plus qualifiés que moi. » Et cette voix, elle a un impact très concret. Elle se retrouve dans ton salaire, dans tes tarifs si tu es indépendante, dans ta capacité à dire « Non, ça, ça ne me convient pas. » Et c'est un sujet qui revient tout le temps. Que tu sois salarié, indépendante, en reconversion, peu importe. Quand arrive le moment de parler d'argent, de se positionner, de poser un chiffre sur ce qu'on vaut, on se retrouve à minimiser, à arrondir vers le bas, à laisser passer les occasions. Et si j'ai envie d'en parler avec toi, c'est parce que derrière ces réflexes de se sous-évaluer, il y a souvent des mécanismes psychologiques bien ancrés. Et des conséquences financières très concrètes sur le long terme. Concrètement, à quoi ça ressemble cette sous-évaluation au quotidien ? Peut-être que tu es salarié et que tu sais que ton poste vaut plus que ce que tu gagnes, tu as regardé les grilles salariales, tu as comparé avec des collègues, tu as vu des offres similaires avec des salaires plus élevés. Mais quand vient le moment de ton entretien annuel, qui d'ailleurs ne devrait pas être le seul moment de l'année où tu parles salaire, tu te retrouves à remercier ton manager pour l'augmentation de 2% et encore quand tu en as une, au lieu de poser sur la table ce que tu as vraiment en tête. Tu te dis que tu vas attendre encore un peu, que tu n'es pas encore prête, qu'il vaut mieux attendre le prochain gros projet pour avoir un argument solide. Ou alors tu es indépendante, freelance, entrepreneuse, et tu dois fixer tes propres tarifs. Et là, c'est encore plus direct, parce que personne ne va décider à ta place. Et qu'est-ce qui se passe ? Tu regardes ce que font les autres, tu prends le tarif le plus bas de la fourchette, pour ne pas faire fuir les clients. Tu fais des réductions, avant même qu'on te les demande. Tu ajoutes des prestations gratuites pour montrer ta valeur. Et au bout du compte, tu travailles énormément et tu gagnes beaucoup moins que ce que ton travail mérite. Et puis tu te retrouves à accepter des trucs qui ne te conviennent pas. Parce que dans ta tête, tu n'es pas en position de négocier. Genre tu prends un projet sous-payé en te disant que ça fera une bonne référence, ou tu restes sur un poste qui est clairement en dessous de ce que tu sais faire, parce que bon, au moins c'est stable. Et sans t'en rendre compte, tu te surcharges de boulot. Tu en fais toujours plus parce que tu veux prouver que tu mérites ta place. Parce qu'au fond, il y a un truc que beaucoup de femmes font sans s'en rendre compte. C'est minimiser ce qu'elles apportent. Quelqu'un te complimente sur ton travail et ta réponse automatique c'est « Oh, bah c'était rien » ou « J'ai eu de la chance » ou « Toute l'équipe a contribué » . Tu ne dis jamais « Oui, j'ai fait un super boulot, ça a donné des résultats concrets, j'en suis fière » . Ça te semblerait prétentieux, déplacé, un peu trop. D'ailleurs, il y a une étude de l'université de Stanford qui a montré exactement ça. Des étudiantes à qui on demandait de fixer elles-mêmes le prix de leur propre travail se payaient en moyenne 18% de moins que les étudiants masculins pour un travail de qualité strictement identique. Et ce n'était pas n'importe quelles étudiantes, c'était des étudiantes de Yale, l'une des plus grandes universités du pays. Le chercheur John Just a résumé ça en une phrase assez accablante « Les femmes pensent qu'elles valent moins » . Et quand tu prends du recul, tu vois que tout ça forme un ensemble. Tu te sous-payes. Tu te surcharges pour compenser, tu minimises tes résultats, tu évites les conversations sur l'argent. Et le pire, c'est que tu ne le vois peut-être même pas, parce que dans ta tête, ça porte un autre nom, être humble ou être réaliste. Pourquoi on fait ça au fond ? Pourquoi est-ce que des femmes qui ont les compétences, qui ont l'expérience, qui savent ce qu'elles font, continuent de se sous-évaluer financièrement ? En fait, il y a plusieurs mécanismes qui s'empilent les uns sur les autres. Ça commence avec l'éducation et ce qu'on t'a appris sur ta place dans le monde. Si tu as grandi dans un environnement où les filles devaient être sages, modestes, ne pas trop se mettre en avant, tu as probablement intégré l'idée que demander de l'argent ou valoriser ce que tu fais, c'est mal élevé. C'est une croyance qui s'installe très tôt et qui est d'autant plus forte qu'elle n'a jamais été formulée directement. Personne ne t'a dit « tu ne mérites pas de bien gagner ta vie ». Ça s'est transmis de façon beaucoup plus subtile. Par les réactions qu'on avait quand tu parlais d'argent, parce que tu voyais chez ta mère ou chez les femmes autour de toi, Par les petites phrases du type « l'argent ne fait pas le bonheur » ou « il ne faut pas être trop gourmande » . Et d'ailleurs, ça rejoint les money memories dont on a parlé il y a quelques semaines. Ces souvenirs financiers qui s'impriment dans ton esprit et qui façonnent, sans que tu t'en rendes compte, ta relation à l'argent. Si tu as grandi en voyant ta mère accepter un salaire trop bas ou ne jamais oser demander plus, tu as probablement internalisé le même schéma, même si ta situation est complètement différente aujourd'hui. Et puis, il y a aussi tout le conditionnement social autour de la valeur des femmes au travail. Les études le montrent assez clairement. Les femmes sont socialisées pour être agréable pour ne pas créer de conflit pour passer après les besoins du groupe. Et ça se traduit directement dans les négociations salariales. Une recherche publiée dans Labor Economics a montré que les femmes, quand elles négocient leur salaire, demandent systématiquement moins que les hommes. Pas parce qu'elles ne savent pas ce que vaut le poste, mais parce qu'elles ont une croyance différente sur ce qui constitue une demande raisonnable. Il y a un double piège là-dedans. Quand une femme ose se positionner de façon affirmée dans une négociation, Elles risquent d'être perçues comme agressives ou difficiles, alors que le même comportement chez un homme est considéré comme normal. C'est ce que les chercheurs de Harvard appellent un « catch 22 » . En français, « catch 22 ». En gros, ce qu'ils ont constaté, c'est que si tu ne demandes pas, tu ne reçois pas. Mais si tu demandes, on te le reproche. Et à force d'évoluer dans ce système, beaucoup de femmes finissent par internaliser cette contrainte et simplement ne plus demander. Et puis, il y a un truc qui chapeaute tout ça... Le syndrome de l'imposteur. Ce sentiment que tu connais peut-être, celui de te dire que tu es moins légitime que les autres, que tu vas finir par être démasquée, que si t'en es là, c'est plus de la chance qu'autre chose. Et le problème, c'est que quand ce sentiment-là vient se mélanger à la question de l'argent, ça bruit tout. Tu commences à confondre ta valeur en tant que personne et ce que tu gagnes, et ça, ça crée un plafond de verre qui est vraiment difficile à faire bouger. C'est un peu comme un pilote automatique. Tu as une idée de ce que tu mérites de gagner, et à chaque fois que tu te rapproches d'un montant qui dépasse ça, quelque chose en toi te freine et te ramène vers le bas. Tu sabotes une opportunité, tu baisses tes prix, tu refuses une promotion, tu trouves une bonne raison pour laquelle ce n'est pas le bon moment. En psychologie financière, Brad Klontz parle de money script, ces scénarios inconscients qu'on a autour de l'argent. Et l'un de ces scénarios, c'est le money statut, l'idée que ta valeur en tant que personne est directement liée à ce que tu gagnes. Et quand tu combines ça avec une faible estime de soi, ça donne un mécanisme où tu te maintiens dans une fourchette de revenus qui correspond à l'image que tu as de toi-même, indépendamment de tes compétences réelles. Tu vas peut-être te dire que c'est pas si grave, que tu t'en sors quand même, que tu n'es pas à plaindre. Et c'est peut-être vrai objectivement. Mais quand tu regardes ce que cette sous-évaluation te coûte sur le long terme, ça fait réfléchir. Déjà, il y a le coût financier direct. Imagine que tu gagnes 2 200 euros par mois alors que tu pourrais en gagner 2 600 si tu avais négocié ou si tu avais postulé à ce poste que tu trouvais un peu trop haut pour toi. 400 euros de différence par mois, ça paraît supportable. Mais sur un an, c'est presque 5 000 euros. Sur 5 ans, c'est 25 000 euros. Sur 10 ans, c'est 50 000 euros. Et je ne compte même pas les intérêts composés si tu avais investi cette différence. Ça va bien au-delà d'un manque à gagner ponctuel. C'est un effet cumulatif qui creuse un écart de plus en plus profond au fil du temps. Et au-delà de l'argent, il y a un coût en énergie et en confiance. Parce que quand tu sais au fond de toi que tu vaux plus que ce que tu reçois, ça crée une frustration. Tu te retrouves à compenser par du surmenage, à en faire toujours plus pour prouver que tu mènes ta place, à dire oui à tout pour qu'on ne puisse pas te reprocher de ne pas en faire assez. Et ça finit par t'épuiser. Non pas parce que le travail est trop dur, mais parce que l'effort est disproportionné par rapport à ce que tu reçois en retour. Il y a aussi un coût en termes de modèle. Si tu es mère, si tu as des filles, des nièces, des jeunes femmes qui te regardent, ce que tu fais avec ton argent et avec ta valeur professionnelle, ça leur envoie un message. De la même façon que tu as peut-être hérité de certaines croyances en regardant ta mère, Les femmes autour de toi intègrent tes propres comportements. Quand tu acceptes moins que ce que tu vaux sans broncher, tu normalises ça pour la génération suivante. Et ce qui rend tout ça particulièrement coûteux, c'est que ça se renforce dans le temps. Une étude de l'université de Zurich, publiée en 2023, a montré que l'estime de soi et le revenu sont liés de façon bidirectionnelle. Gagner plus augmente l'estime de soi, et avoir une meilleure estime de soi conduit à gagner plus. C'est un cercle vertueux. Et quand tu te sous-évalues au départ, tu enclenches la version descendante de ce cercle. Moins tu gagnes, moins tu te sens légitime. Et moins tu te sens légitime, moins tu demandes. Bon ok, maintenant la question c'est, comment on fait pour débloquer tout ça ? Parce que ce genre de croyance, ça ne disparaît pas du jour au lendemain, tu ne vas pas te réveiller demain matin et demander une augmentation de 30%. Et d'ailleurs, ce n'est pas du tout l'idée. Déjà, il faut prendre conscience de tes propres croyances sur ce que tu mérites de gagner. Et ça passe par un exercice assez simple. Je te propose de prendre un post-it ou un petit bout de papier quelconque et d'écrire le montant que tu aimerais gagner par mois. Le vrai montant, celui qui te ferait sentir valorisée et à l'aise. Et puis observe ce qui se passe en toi quand tu le regardes. Est-ce que tu te dis « c'est réaliste » ou est-ce que quelque chose en toi te dit que c'est n'importe quoi, tu ne vaux pas ça ? Ce que tu ressens face à ce montant en dit beaucoup sur cette limite que tu t'imposes inconsciemment. Et le fait de le voir noir sur blanc, de nommer ce plafond, c'est déjà un premier pas pour le faire bouger. Un truc qui aide vraiment, c'est de documenter ta valeur de façon concrète. Garde une trace de tes réussites, de tes résultats, de tes contributions, des projets que tu as menés à bien, des feedbacks positifs que tu as reçus, des problèmes que tu as résolus, etc. Parce que le syndrome de l'imposteur se nourrit de l'oubli. Quand tu oublies ce que tu as accompli, il est beaucoup plus facile de te convaincre que tu ne vaux pas grand-chose. Et quand vient le moment de négocier ou de fixer tes tarifs, tu n'as plus besoin de te convaincre. toi-même, tu as les preuves sous les yeux. Et puis, progressivement, tu peux essayer de te confronter à l'inconfort de demander plus. En commençant par des petites choses. Ça peut être de citer ton vrai tarif à un client sans ajouter « mais on peut en discuter » . Ça peut être de ne pas baisser tes prix en premier dans une négociation. Ça peut être de répondre à un compliment professionnel par « merci, j'en suis fier » au lieu de « c'était pas grand chose ». Chacune de ces micro-actions envoie un signal à ton cerveau. « Je vaux ce que je demande ». Et à force de répétition, Cette limite intérieure commence à bouger. Et si tu sens que ça te met vraiment mal à l'aise, que demander ce que tu vaux te donne des sueurs froides ou te retourne l'estomac, prends ça comme une information, pas comme une raison de reculer. Parce que l'inconfort que tu ressens ne vient pas du montant, il vient de cette croyance profonde sur ce que tu mérites. Et c'est exactement ce fil-là qu'on tire ensemble épisode après épisode. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Tu auras compris que ce que tu gagnes, ça reflète tes compétences, et le marché oui, mais aussi et peut-être surtout ce que tu crois mériter. Et cette croyance, elle vient de quelque part, elle a des racines, et surtout, elle peut évoluer. L'idée n'est pas que tu deviennes arrogante, mais juste déjà de voir ta valeur telle qu'elle est, d'arrêter de la minimiser, et de te donner la permission de demander ce qui correspond à ce que tu apportes réellement. Et si tu veux, tu peux m'écrire pour me dire quel est ton rapport à la négociation. Est-ce que tu oses demander ce que tu vaux ? Ou est-ce qu'il y a toujours cette petite voix qui te retient ? Ça m'intéresse vraiment de te lire. Merci d'avoir été là pour ce nouvel épisode. N'oublie pas de t'abonner pour ne pas louper le prochain et de laisser un petit commentaire si ça t'a parlé. D'ici là, prends soin de toi et de tes finances. Je te souhaite une très belle journée et je te dis à très bientôt pour de nouvelles aventures financières.