Speaker #0Bienvenue dans CosyFinance, le podcast qui rend la finance à la fois simple et accessible, spécialement conçu pour toutes les femmes à la recherche d'informations faciles à mettre en place. Moi c'est Sophie, à la barre de SDS Conseil, et je serai ta partenaire dans cette aventure financière. Hello, bonjour, j'espère que tu vas bien. Comme d'hab, je commence par ma petite requête. Si ce podcast t'aide, si tu apprécies ce moment ensemble, pense à t'abonner et à me laisser une note ou un petit commentaire. Ça te prend quelques secondes, mais pour moi ça change vraiment, vraiment beaucoup de choses. Aujourd'hui, je vais te parler d'un truc plutôt banal dans nos vies, mais très pénible, la procrastination financière. Le fameux « je le ferai plus tard » . Plus tard, je regarderai mes comptes, plus tard, je m'occuperai de ce courrier administratif qui traîne sur la table depuis des semaines, plus tard, je ferai le point sur mes placements, ou encore, plus tard, je prendrai une décision. Et ce plus tard, ça devient vite dans trois mois, puis dans six, puis je ne sais même plus ce que je devais faire. Le pire, c'est que souvent, tu t'en fiches pas du tout, au contraire. Tu sais que c'est important, mais pourtant tu le repousses. Parce que tu n'as pas envie d'ouvrir la boîte de Pandore, parce que tu as peur de tomber sur une mauvaise nouvelle, parce que tu te dis que si tu t'y mets, il faut du temps, il faut être concentrée et il faut faire ça bien. Et parfois, ça te donne même un peu honte de ne pas réussir à te lancer. Pas une grosse honte, mais juste assez pour que tu te sentes nulle. Alors que tu as déjà mille autres trucs à gérer. Donc l'objectif de cet épisode, il est simple. Te remettre en mouvement. Pas en te rajoutant une injonction de plus, mais en te donnant peut-être une façon de t'y mettre ou de t'y remettre qui ne te dégoûte pas et qui ne te prend pas tout ton temps libre. Il y a un truc assez fou quand on y pense. Tu peux être la personne fiable de ta vie, tout gérer de A à Z dans plein de domaines, que ce soit pro ou perso, mais quand il s'agit d'argent, tu bloques. Et ça te rend peut-être encore plus dur avec toi-même, parce que tu te demandes pourquoi tu n'arrives pas à faire un truc qui paraît pourtant hyper basique. Sauf que l'argent, en fait, ça touche à des choses très particulières. Déjà, il y a le côté « je ne sais pas exactement ce que je dois faire » . Quand un sujet est mal défini dans ta tête, tu le ranges direct dans la catégorie « ça va me prendre une énergie folle » . Tu ne vois pas la première marche, tu vois juste l'escalier entier et forcément, tu repousses. Ça se voit très bien avec les papiers administratifs. Tu as une pile de courrier, des mails en attente, tu sais qu'il faut t'en occuper, mais tu ne sais pas combien de temps ça va prendre. Tu ne sais pas si tu vas tomber sur un problème, tu ne sais pas si tu vas devoir appeler quelqu'un, tu ne sais pas si tu vas même comprendre ce que tu lis. Donc tu fais comme tout le monde, tu n'ouvres pas et tu repousses. Il y a aussi la peur de la mauvaise nouvelle. Pas forcément une catastrophe, parfois c'est juste un petit truc qui met mal à l'aise, un solde plus bas que prévu, une grosse dépense que tu n'assumes pas trop, un prélèvement que tu avais oublié, un courrier qui réclame un document ou une pénalité de retard. Et tant que tu ne regardes pas, tu peux rester dans un flou où tu sais que le truc existe, Mais tu n'as même pas encore la confirmation. Un peu comme le chat de Schrödinger, qui est à la fois mort et vivant en même temps. C'est inconfortable, mais c'est encore supportable. Jusqu'au jour où ça ne l'est plus. Quand tu repousses les sujets liés à l'argent, c'est aussi par peur de te tromper. Surtout quand il s'agit d'investissement. Parce que tu veux faire les choses bien, tu ne veux pas te planter, et comme tu n'as aucune garantie, tu attends. Tu lis, tu écoutes, tu compares, tu sauvegardes des articles, des newsletters, des posts en te disant que tu vas te poser dessus plus tard, mais en fait, tu ne te poses jamais dessus. Parce que t'as pas le temps, t'as d'autres chats à fouetter, t'as une vie, quoi. Et parfois, c'est même pas la peur de te tromper, c'est juste la peur d'avoir l'air bête, de poser une question que tu juges toi-même trop simple, ou de demander une explication à quelqu'un qui te répond avec des phrases tellement compliquées que tu comprends chaque mot séparément, mais l'ensemble ne veut rien dire pour toi. Et tu te sens toute petite. Donc tu repousses, parce que repousser, c'est aussi une façon d'éviter ce moment-là. Il y a aussi le perfectionnisme qui te fait procrastiner. Pour un budget, tu te dis, si je m'y mets, il faut que je fasse un vrai budget, un truc propre, complet, avec des catégories, des objectifs, des beaux graphiques. Ou pour tes documents administratifs, tu te dis, si je m'y mets, il faut que je trie tous mes papiers d'un coup. Mais comme tu n'as pas deux heures de tranquillité devant toi, tu ne commences pas. Parce que commencer à moitié, ça te donne l'impression de mal faire. Et puis, il y a un truc tout bête qu'on oublie. Tu es fatigué, tout simplement. L'argent, ça ne fait pas de bruit. Donc tu le mets après. Après le boulot, après la maison, après les enfants, après les courses, après les messages, après la vie. Sauf qu'à force de passer après, ça te laisse un petit poids constant en arrière-plan. Pas énorme, mais toujours là. Et la dernière chose, c'est que tu es souvent seule face à ce sujet. Même en couple, même entouré, tu peux te sentir très seule avec tes décisions. Et quand tu es seul, tu restes parfois bloquée, juste parce que personne ne te dit si ce que tu fais est bien ou pas. Tu cherches une validation, un repère, un feu vert, et si tu ne l'as pas, tu repousses encore et encore. Bref, si tu procrastines sur l'argent, c'est rarement un problème de volonté. C'est plutôt que dans ta tête, le sujet est associé à un truc pénible. De l'incertitude, une mauvaise surprise possible, la peur de te planter, ou juste une charge mentale de plus dans une vie qui en déborde déjà. Alors, pour en sortir, il y a un truc tout simple à mettre en place. Te faciliter l'entrée. Tu rends la première action tellement petite, tellement facile, que tu n'as même pas besoin de te convaincre pour la faire. En fait, pour sortir de la procrastination, il y a une petite question toute bête à se poser. C'est quoi le premier truc que je peux faire, là maintenant, sans y passer des heures ? Parce que ce qui te bloque au fond, c'est rarement l'argent en tant que tel. C'est l'idée que dès que tu ouvres le sujet, tu vas devoir tout comprendre, tout décider, tout organiser et y passer un temps fou. Et face à ça, forcément, tu te dis, non merci, pas maintenant. Et tu passes à autre chose, pas par flemme, juste parce que le truc te paraît trop gros par rapport à l'énergie que tu as à ce moment-là. Et la motivation là-dedans, elle n'a pas grand-chose à voir. Tu peux être hyper motivée un lundi matin, te dire « Allez, cette semaine, je m'occupe de tout » , et ne rien faire quand même. Parce que la motivation, ça fluctue. Ça dépend de ta nuit, de ta journée, de si t'as mangé, de si les enfants t'ont épuisée, de si tu as passé deux heures à gérer un truc au boulot, et ainsi de suite. Et ce qui fait vraiment la différence, c'est de te donner un truc faisable, mais vraiment faisable. Quand tu te dis « Je m'occupe de mes finances » , c'est tellement vague que tu ne sais même pas par quoi commencer. Et tu peux repousser pendant des mois et des mois sans que rien ne bouge. Mais je regarde mes trois dernières opérations bancaires ou j'ouvre ce courrier qui traîne depuis deux semaines, ça, tu peux le faire même un soir où tu es crevé, même un dimanche pluvieux où tu as la flemme de tout. Et tu n'as pas besoin d'avoir le plan parfait pour démarrer, tu as juste besoin d'arrêter d'attendre le bon moment. Parce que le bon moment, il ne vient quasiment jamais. Je te donne un exemple. Tu repousses un investissement. Tu te dis que tu dois te former, comprendre, choisir le bon support. Et comme tu veux faire ça sérieusement, tu ne fais rien de concret, tu lis des trucs de temps en temps, tu sauvegardes des postes, tu te dis que tu t'y mets bientôt. Mais au final, tu restes au même endroit pendant des mois avec l'impression d'être en retard par rapport aux autres. Alors qu'en fait, tu pourrais avancer sans tout décider maintenant. Juste regarder où est ton argent aujourd'hui, vérifier ce que tu as déjà, ouvrir un support pour prendre date, poser une question précise à quelqu'un, ou faire un versement minuscule juste pour voir comment ça marche concrètement. Et c'est pareil côté budget ou administratif. Tu as un courrier en attente, un espace client à créer, un truc à régulariser. Tu repousses parce que tu imagines un tunnel où il va falloir retrouver des documents, comprendre ce qu'on te demande, faire une démarche, peut-être ou appeler quelqu'un. Et comme tu n'as pas envie de te prendre un mur, tu ne fais rien. Sauf que tant que tu ne fais rien, tu ne sais même pas si c'est vraiment un mur. Tu vis avec l'idée du mur, et ça, ça te bouffe de l'énergie pour rien. Le vrai déclic, il est là. Accepter de faire un petit truc qui ne résout pas tout, mais qui te donne une info concrète. Tu ouvres le courrier, tu lis ce qu'on te demande, tu notes et tu décides après. C'est tout. Ça a l'air bête dit comme ça, mais c'est exactement ce qui manque quand tu procrastines. Tu restes dans ta tête, dans les scénarios, dans l'anticipation, au lieu de revenir dans le concret. Et le dernier truc là-dessus, si tu attends de te sentir prête pour t'y mettre, tu risques d'attendre longtemps. Parce que prête dans ta tête, ça veut souvent dire reposée, disponible, concentrée, confiante, sûre de toi. Mais honnêtement, la vie te donne rarement tout ça en même temps. Donc on va faire avec la vraie vie. Et pour ça, il te faut des actions qui marchent, même quand tu n'es pas au top. Je vais te proposer trois actions concrètes, et elles ne vont pas te transformer en personne ultra organisée, elles sont juste là pour te remettre en mouvement, sans te faire violence, et sans te raconter des histoires du genre « je vais tout régler ce week-end, c'est promis » . La première action, c'est celle qui enlève le plus de charge mentale, parce qu'elle te sort du « je sais pas » et du « je verrai » . L'idée est simple. Tu te donnes un temps court, genre 15 minutes, et tu fais un tout petit état des lieux. Pas un audit, c'est juste pour avoir une vision un peu plus réaliste de ta situation que ce que tu imagines dans ta tête. Si tu procrastines sur ton budget, tu ouvres ton appli bancaire et tu regardes les dernières lignes de dépense. Tu repères ce qui revient régulièrement, ce qui t'étonne, ce qui t'embête, et tu notes 3 ou 4 trucs, c'est tout. Ça permet à ton cerveau d'arrêter d'inventer des scénarios catastrophes pour remplir le vide. Si ton sujet c'est l'administratif, tu prends le courrier ou le mail que tu repousses le plus et tu l'ouvres. Tu lis ce qu'il y a dessus, tu notes ce qu'on te demande et tu t'arrêtes là si tu veux. Tu n'as pas besoin de tout résoudre dans la foulée, tu es juste en train de reprendre contact en douceur avec le sujet. Si c'est l'investissement, tu regardes où est ton argent aujourd'hui. Livret, assurance vie, PEA, PER, peu importe, tu notes ce que tu as, même si tu ne comprends pas tout. Tu notes aussi le truc que tu repousses depuis des mois et là encore tu ne décides rien. Tu poses juste un petit point de départ. Et ce scan rapide, c'est une façon de te dire ok, je sais à peu près où j'en suis, et ça c'est déjà beaucoup plus reposant que de porter le truc en arrière-plan sans jamais le regarder en face. Une fois que t'as fait ton scan, tu vas forcément remarquer plusieurs choses à faire. Et c'est là que beaucoup de gens se rebloquent. Ils veulent trouver la meilleure chose à faire, la plus rentable, la plus intelligente, celle qui va tout régler d'un coup. Mais dans la vraie vie, ce qui marche, c'est de choisir une action. Une seule. Celle qui ouvre la porte suivante. Un truc qui te remet juste en mouvement. Et ça peut être vraiment tout simple. Côté budget, ça peut être de mettre en place un virement automatique, même tout petit, juste pour ne plus y penser chaque mois. Ou de supprimer un abonnement que tu n'utilises plus. De te fixer un montant plafond sur un poste qui dérape souvent, et ainsi de suite. En gros, tu n'as pas besoin de repenser toute ta vie. Côté administratif, tu peux créer une pochette ou un dossier numérique à traiter, et y mettre tout ce qui traîne, sans trier. Ou répondre à un mail en une phrase, prendre un rendez-vous, envoyer un message, juste pour lancer le truc. Et côté investissement, tu peux ouvrir ce support que tu repousses depuis des mois, même si tu n'investis pas dessus tout de suite. Ou faire un premier versement symbolique, juste pour voir comment ça se passe en vrai ou encore vérifier un point précis qui te bloque, comme les frais, plutôt que d'essayer de tout comprendre d'un coup. Le critère est simple. Est-ce que tu peux le faire même un jour où t'as zéro énergie ? En vrai, l'idéal, c'est d'arriver à faire un truc qui te prend moins de deux minutes. Parce que si tu choisis un truc trop ambitieux, tu vas le repousser. Et tu te retrouveras exactement au même point de départ. La troisième action, c'est celle qui empêche le plus tard de revenir. Parce que la procrastination revient aussi quand le sujet n'a pas de place dans ton agenda. Tu attends le bon moment, mais les bons moments, ils se font rares. Donc bloque-toi un mini créneau régulier, genre 10 minutes par semaine, 20 minutes toutes les deux semaines, un truc vraiment réaliste pour toi, qui ne te demande pas de sacrifier quoi que ce soit d'important. Et pendant ce créneau, tu fais une seule chose. Soit tu refais un petit scan pour continuer à dégrossir un sujet, soit tu fais ton prochain pas. Tu ne cherches pas à tout boucler, tu cherches juste à garder le sujet dans le réel pour qu'il arrête de grossir dans ta tête. Avant de conclure, j'ai envie de te parler d'un truc qui alimente la procrastination encore plus que le manque de temps. Quand tu repousses un sujet financier depuis longtemps, à un moment, le vrai problème ce n'est plus le sujet en lui-même. Au début, tu te dis juste que tu n'as pas la bande passante, que tu as la tête ailleurs, que tu es fatigué, que tu t'en occuperas quand tu auras un moment, et jusque là, c'est humain. Mais à force de repousser, ça se transforme en histoire sur toi. Tu ne te dis plus juste « je repousse », tu commences à penser « je suis comme ça » . Je suis nulle avec l'argent, je ne suis pas disciplinée, je suis incapable de m'y tenir, je n'ai jamais été organisée. Et là, ça devient beaucoup plus compliqué. Parce que tu n'es plus en train d'éviter une tâche, tu es en train d'éviter le moment où tu vas te juger. Parce que si tu ouvres ton appli bancaire et que tu vois un montant qui te déplait, tu ne vas pas juste te dire « ok, j'ai une info » . Tu risques de te dire « évidemment, je savais bien que je gérais mal » . Si tu ouvres un courrier des impôts et qu'il manque un document, tu ne vas pas juste penser « bon » . il manque un papier, tu vas peut-être te dire « Je suis toujours en retard » . Et quand tu sens que l'action peut se transformer en jugement sur ta valeur, ton cerveau fait ce qu'il sait faire de mieux. Il te protège, il te sort de la situation. Il te fait peut-être scroller sur les réseaux ou enchaîner les épisodes de séries sur Netflix. Il te fait faire un truc qu'il juge utile, mais ce n'est pas le bon. Le problème, c'est que plus tu évites, plus l'étiquette s'installe et plus elle te paraît vraie. Alors qu'en réalité, tu es juste une personne qui a appris à éviter ce qui fait mal et qui a beaucoup de choses à porter. Donc si tu te reconnais là-dedans, j'aimerais que tu gardes un truc en tête. Tu fais ce que tu peux, avec les journées que tu as. Arrête de te parler comme si ça prouvait quelque chose sur toi. Même si tu ne fais pas tout bien, même si tu mets du temps, même si tu retombes dans le plus tard la semaine prochaine, ça ne raconte rien de définitif sur qui tu es. Ça raconte juste que tu essaies, dans une vraie vie, avec une vraie charge mentale. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui et si tu devais garder une seule chose de cet épisode, c'est que la procrastination financière n'a rien à voir avec le fait d'être nulle ou pas faite pour ça. Ça a beaucoup plus à voir avec la fatigue, le flou et cette tendance qu'on a toutes à se juger. Donc si tu as envie de t'y remettre sans que ça te coûte trop, accorde-toi 15 minutes pour faire un petit scan de ta situation, noter 2 ou 3 trucs qui te sautent aux yeux et choisir un seul pas faisable. Pas forcément agréable, pas forcément parfait, mais un truc que tu peux faire même un jour où t'as pas la pêche. Et si tu veux, tu peux m'écrire pour me dire ce que tu repousses en ce moment. Je lis tout et ça me donnera des idées pour préparer d'autres épisodes encore plus concrets. Merci d'avoir été là pour ce nouvel épisode. N'oublie pas de t'abonner pour ne pas louper le prochain et de laisser un commentaire si ça t'a aidé. D'ici là, prends soin de toi et de tes finances. Je te souhaite une très belle journée et je te dis à très bientôt pour de nouvelles aventures financières.