Speaker #0Bienvenue dans CosyFinance, le podcast qui rend la finance à la fois simple et accessible, spécialement conçu pour toutes les femmes à la recherche d'informations faciles à mettre en place. Moi c'est Sophie, à la barre de SDS Conseil, et je serai ta partenaire dans cette aventure financière. Hello, bonjour, j'espère que tu vas bien. Comme d'hab, je commence par ma petite requête. Si ce podcast t'aide, si tu apprécies ce moment ensemble, pense à t'abonner, à me laisser une note ou un commentaire. Ça te prend quelques secondes, mais pour moi ça change vraiment vraiment beaucoup de choses. Aujourd'hui j'ai envie qu'on parle d'un truc que je constate très souvent. Ça peut être chez mes clientes, dans les messages que je reçois, mais très honnêtement chez moi aussi ça arrive. C'est ce que tu ressens parfois quand tu dépenses de l'argent pour toi. Ce petit truc qui te dérange mais que tu n'arrives pas forcément à nommer. Et je ne parle pas de dépenses extravagantes, je parle d'un massage, d'un livre, d'un resto avec une copine ou de n'importe quelle fringue qui peut te faire plaisir en vitrine de magasin. Concrètement, peut-être que de temps en temps, il t'arrive de te sentir coupable. quand tu fais un achat ou que tu réserves un moment rien que pour toi. Tu ressens comme une espèce de gêne alors que tu as les moyens, que toutes tes factures sont payées ou que tu ne mets personne en difficulté. Mais il y a quand même cette petite voix dans ta tête qui te dit que tu n'aurais peut-être pas dû, que tu aurais pu mettre cet argent de côté ou investir pour ton futur, que ce n'était pas vraiment nécessaire. Et ça, c'est un sujet dont on parle très peu en réalité, parce que quand tu as l'argent, quand tu peux te le permettre, pourquoi est-ce que ce serait un problème ? Et pourtant, cette culpabilité, elle est bien là. Et quand elle se déclenche à chaque fois que tu fais un truc pour toi, il y a clairement quelque chose à comprendre derrière. Et c'est ça que j'avais envie de creuser avec toi. D'où ça vient ? Pourquoi ça s'accroche ? Et qu'est-ce que ça te coûte au quotidien ? Ce qui est un peu fou avec cette culpabilité-là, c'est que la plupart du temps, tu ne la vois même pas comme un problème. Tu confonds ça avec de la rigueur ou de la prudence, et ça s'arrête là. Mais quand tu regardes de plus près, elle se glisse dans plein de petites situations du quotidien. Par exemple... tu repères quelque chose qui te plaît en ligne. Et au moment de payer, tu refermes l'onglet. T'as les moyens, c'est pas la question, mais il y a une voix en toi qui te dit que t'as pas vraiment besoin de ça, et tu laisses tomber. Ou tu te fais un petit plaisir, un bon resto, un soin, un week-end, et la semaine d'après, tu compenses. Tu regardes ton compte trois fois, tu évites de sortir, tu fais un peu plus attention que d'habitude, comme si tu devais rembourser ce moment d'une façon ou d'une autre. Et puis, tu as ce réflexe de toujours justifier tes dépenses perso pour une raison utile. Tu t'achètes un pull, mais dans ta tête, c'est parce que l'ancien est usé ou que tu en as besoin pour le travail. Tu prends un massage, c'est parce que t'as mal au dos, c'est médical. Comme si te faire plaisir juste parce que tu en as envie, ça ne suffisait pas. Et ce qui est peut-être encore plus discret, c'est que tu dépenses facilement pour les autres, mais beaucoup moins pour toi. Pour un cadeau, un resto d'anniversaire, quelque chose pour les enfants, tu ne te poses aucune question. Mais juste pour toi, il y a toujours un petit frein. Et parfois, tu te dis que tu pourrais te faire plaisir, mais uniquement quand tu l'auras mérité. Quand tu auras bouclé un projet, été suffisamment productif cette semaine, atteint tel ou tel objectif. Comme si le plaisir devait se gagner et que tant que tu n'as pas coché à cette case, tu n'y as pas droit. Et même quand tu finis par te l'offrir, tu n'en profites pas vraiment. Tu portes le nouveau vêtement, mais tu repenses au prix. Tu utilises le produit, mais tu calcules dans ta tête combien de temps il doit te durer pour que ça vaille le coup. Le plaisir est là, mais il est un peu gâché par cette voix qui te rappelle que tu aurais pu t'en passer. Et en fait, tout ça passe complètement inaperçu parce que dans ta tête, tu appelles ça être raisonnable. Tu fais attention, tu n'as pas vraiment besoin de cette chose. Alors qu'en fait, ce que tu prends pour de la bonne gestion financière, c'est souvent de la privation. Tu te prives, mais comme ça a l'air responsable, tu ne le vois pas. Alors la question qui vient naturellement, c'est pourquoi tu te sens coupable de dépenser pour toi, alors que rationnellement, tu sais que tu peux te le permettre. En fait, quand on gratte un peu à la surface, il y a plusieurs choses qui se superposent. La première, c'est l'éducation et l'héritage familial. Si tu as grandi dans un foyer où chaque dépense était pesée, comment t'es questionné ? Même quand il y avait assez d'argent, tu as probablement intégré l'idée que dépenser pour soi, c'est un luxe et pas un droit. Un luxe qu'il faut mériter et qu'on peut te retirer à tout moment. Et c'est d'autant plus fort si tu as grandi en voyant tes parents, souvent ta mère, se priver pour les autres. Tu as vu ta mère acheter des chaussures pour toi et garder les siennes un hiver de plus. Tu l'as vu s'offrir le strict minimum en se disant que ça ira bien comme ça. Et ce qu'elle t'a transmis, sans le vouloir et sans un mot, c'est que quand tu es une femme, quand tu es mère, quand tu es la personne qui tient la maison, tu passes après. Ton plaisir passe après celui des autres. Tes besoins passent après ceux des autres. Et toi, tu reproduis ça aujourd'hui probablement dans des proportions différentes, mais le mécanisme est le même. La deuxième chose, ça dépasse ta famille. C'est tout le conditionnement social autour de la bonne gestion des femmes. Tu remarqueras qu'on attend rarement des hommes qui le culpabilisent pour un abonnement à une salle de sport, un gadget tech ou une sortie entre potes. Mais une femme qui s'offre un soin, un vêtement, un moment pour elle, il y a toujours quelqu'un ou quelque chose dans sa tête pour murmurer que c'est un peu trop, un peu futile, un peu égoïste. Les études en psychologie le montrent d'ailleurs assez clairement. Les femmes ressentent la culpabilité plus fréquemment que les hommes, et avec un seuil de déclenchement plus bas. Et ça, ça ne vient pas du fait qu'elles font plus d'erreurs que les hommes, ça vient juste du fait qu'elles ont été parfois conditionnées à se sentir responsables du bien-être des autres avant le leur. Donc quand tu prends quelque chose pour toi, dans cette logique-là, c'est comme si tu volais quelque chose aux autres. Et la troisième chose, c'est la confusion entre ta valeur personnelle et le fait de mériter de dépenser pour toi. L'idée que tu dois avoir suffisamment travaillé, suffisamment donné, suffisamment souffert avant de t'autoriser quoi que ce soit. Et ça crée une sorte de calcul permanent dans ta tête. Tu ne te demandes pas « est-ce que j'en ai envie ? » ou « est-ce que j'en ai les moyens ? » Tu te demandes « est-ce que je le mérite ? » Et comme la réponse à cette question dépend de ton estime de toi ce jour-là, de ta fatigue, de ta productivité, de ton humeur, la réponse change tout le temps. Et la plupart du temps, elle tombe sur « non, pas aujourd'hui » . C'est un peu comme si tu avais un compteur interne de mérite qui ne se remplissait jamais assez. Alors, tu te dis peut-être que cette culpabilité, au fond, c'est pas si grave, que c'est juste un petit inconfort de temps en temps, et qu'il vaut mieux culpabiliser un peu que de claquer ton argent sans réfléchir. Et c'est vrai que dit comme ça, ça se tient. On se dit que la culpabilité protège, qu'elle sert de garde-fou. Mais en réalité, quand cette culpabilité se déclenche, même pour des dépenses raisonnables, même quand tu as les moyens, même quand ça te fait objectivement du bien, elle ne te protège plus. Elle te restreint. Et elle te coûte des choses qu'on ne voit pas sur un relevé bancaire. Elle te coûte du plaisir, déjà, des moments que tu aurais pu vivre pleinement, mais que tu as un peu gâché avec cette petite voix qui te disait « tu n'aurais peut-être pas dû » , un week-end où tu calcules le coût dans ta tête au lieu de profiter, un vêtement que tu portes avec un fond de culpabilité au lieu de te sentir bien dedans. Elle te coûte de l'énergie aussi, parce que cette culpabilité alimente une charge mentale supplémentaire. Tu passes du temps à peser le pour et le contre, pour des décisions qui, objectivement, ne méritent pas autant de réflexion. Tu dépenses de l'énergie à te justifier, dans ta tête ou auprès de ton entourage, pour des choses qui ne regardent que toi. Et elles te coûtent de la liberté, parce qu'à force de te restreindre sur les petits plaisirs, tu te construis une vie où tu fais toujours passer les autres avant toi, où tes envies sont toujours en bas de la liste. Et un jour, tu te retrouves à te demander pourquoi tu es fatigué, vidé, pourquoi tu as cette sensation de courir tout le temps, sans jamais rien faire pour toi. Et ce qui est un peu dingue là-dedans, c'est que cette privation n'est même pas budgétaire. Tu ne te prives pas parce que tu n'as pas les moyens, tu te prives parce qu'une partie de toi est persuadée que tu ne devrais pas. Et ça, c'est de la privation émotionnelle qui se déguise en bonne gestion financière. Alors, comment on fait pour commencer à desserrer ça ? Parce que si tu fonctionnes comme ça depuis des années, tu ne vas pas te réveiller demain matin en étant libéré de toute culpabilité. Ça ne marche pas comme ça. Mais il y a des choses qui aident concrètement. La première chose, c'est de commencer à repérer le moment où la culpabilité se déclenche, sans essayer de la combattre. Tu la laisses être là, et tu l'observes. La prochaine fois que tu te fais un petit plaisir, et que ce malaise arrive, essaie de t'arrêter deux secondes et de te demander « De quoi est-ce que j'ai peur là exactement ? Est-ce que j'ai peur de manquer ? Est-ce que j'ai peur qu'on me juge ? Est-ce que j'ai peur de ne pas mériter ça ? » Mettre un mot sur ce qui se passe derrière la culpabilité, ça la rend beaucoup moins puissante. Parce que tu passes de « Je me sens mal » à « Ah, c'est cette croyance-là qui se réveille. » Et d'ailleurs, ça rejoint les "money memories" dont je t'ai parlé dans l'épisode précédent. Cette culpabilité, elle ne vient pas de nulle part. Elle vient de quelque part, d'un moment, d'une phrase, d'un regard. Et quand tu identifies l'origine, tu réalises que cette voix n'est pas forcément la tienne. La deuxième chose, c'est de distinguer deux types de culpabilité. Il y a la culpabilité signal d'alarme, celle qui se déclenche quand tu fais quelque chose qui va vraiment contre tes objectifs, du genre... Tu craques pour un achat impulsif de 300 euros alors que tu es en train de rembourser un crédit à la conso. Là, forcément, la culpabilité a un message utile. Elle te dit « Eh, attends, est-ce que c'est vraiment le bon moment, là ? » Et il y a la culpabilité parasite, celle qui se déclenche quand tu fais quelque chose de tout à fait raisonnable pour toi-même. Un café à 5 euros, un livre, un passage chez le coiffeur. Là, la culpabilité, elle ne te protège pas. Elle te punit pour quelque chose qui n'a rien de mal. Et cette culpabilité-là... Elle mérite d'être reconnue pour ce qu'elle est. Un vieux programme qui tourne en arrière-plan, pas un bon conseil. Et la troisième chose, c'est peut-être la plus concrète, c'est d'intégrer une ligne pour moi dans ta gestion financière. Une somme, même petite, que tu te réserves chaque mois avec une règle simple. Cet argent-là, c'est pour toi et tu n'as rien à justifier. Pas au reste de ton budget, pas à ton partenaire, pas même à ta petite voix intérieure. Et quand je dis pour toi, c'est vraiment pour toi. Quelque chose qui te fait plaisir sans avoir besoin de te justifier en te disant que c'est utile ou nécessaire. Le fait d'avoir décidé à l'avance que cet argent existe, que tu as le droit de le dépenser, et que personne ne peut te le reprocher, même toi, ça suffit souvent à faire taire la petite voix. Le procès interne n'a plus lieu d'être. Et si tu sens que même ça, ça te met mal à l'aise, c'est justement là qu'il y a quelque chose à regarder. Parce que si tu n'arrives pas à te réserver 20 euros par mois juste pour te faire plaisir sans te sentir coupable, le problème ne vient pas de ton budget, il vient de la permission que tu ne te donnes pas. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Et si tu devais garder une seule chose de cet épisode, c'est que se sentir coupable de dépenser pour soi, ça ne fait pas de toi quelqu'un de responsable. Ça fait de toi quelqu'un qui a appris, probablement très tôt, que ses besoins passaient après ceux des autres. Et ça, ça peut se transformer. Tu n'as pas à devenir dépensière, tu as juste à te redonner la permission de prendre soin de toi avec ton propre argent, sans te faire un procès à chaque fois. Et si tu veux, tu peux m'écrire pour me dire quel petit plaisir tu repousses en ce moment. Je lis tout et ça m'aide à comprendre ce que tu vis au quotidien. Merci d'avoir été là pour ce nouvel épisode. N'oublie pas de t'abonner pour ne pas louper le prochain et de laisser un petit commentaire si ça t'a parlé. D'ici là, prends soin de toi et de tes finances. Je te souhaite une très belle journée et je te dis à très bientôt pour de nouvelles aventures financières.