Speaker #0Bienvenue dans CosyFinance, le podcast qui rend la finance à la fois simple et accessible, spécialement conçu pour toutes les femmes à la recherche d'informations faciles à mettre en place. Moi c'est Sophie, à la barre de SDS Conseil, et je serai ta partenaire dans cette aventure financière. Hello, bonjour, j'espère que tu vas bien. Comme d'hab, je commence par ma petite requête. Si ce podcast t'aide, si tu apprécies ce moment ensemble, pense à t'abonner, à me laisser une note ou un commentaire. Ça te prend quelques secondes, mais pour moi ça change vraiment, vraiment beaucoup de choses. Aujourd'hui, j'avais envie de démarrer quelque chose de nouveau avec toi. Si t'es une fidèle de ce podcast, tu as peut-être remarqué que les derniers épisodes étaient assez tournés, méthodos, budgets, plans d'action. Et c'est super, c'est utile, je ne renie rien de tout ça, mais j'avais envie d'aller plus loin, d'aller creuser un peu plus profond. Parce que j'ai réalisé un truc, on peut avoir toutes les méthodes du monde, tous les tableaux Excel les plus beaux, les virements automatiques les mieux configurés, si on ne comprend pas pourquoi on fait ce qu'on fait avec notre argent, on tourne en rond. On applique des trucs sans trop savoir pourquoi ça coince, on se dit, c'est bon, j'ai compris, Et quelques semaines plus tard, on retombe dans les mêmes schémas où on arrête tout simplement. Alors dans cet épisode, on va faire un truc un peu différent. On va remonter le fil tout au début et je vais te poser une question toute simple mais qui peut débloquer beaucoup de choses. Quel est ton premier souvenir d'argent ? Je sais, dit comme ça, ça a l'air un peu bizarre. Tu te dis peut-être que tu ne te souviens absolument pas de ton premier souvenir d'argent et c'est possible. Mais je te garantis que si tu prends quelques secondes pour y réfléchir, il y a un truc qui va remonter. Peut-être que c'est ta mère qui comptait les pièces sur la table de la cuisine, peut-être que c'est ton père qui disait « c'est trop cher » dans un magasin, peut-être que c'est un billet qu'on t'a donné à ton anniversaire et que quelqu'un t'a dit « range-le, il ne faut pas le dépenser n'importe comment » , peut-être que c'est une dispute entre tes parents, que tu entendais mais que tu ne comprenais pas vraiment, ou peut-être que c'est un truc positif, un moment où quelqu'un t'a offert quelque chose de généreux, un moment où tu t'es senti fier d'acheter un truc avec tes propres sous, ou un moment où l'argent rimait avec liberté et plaisir. Quoi que ce soit, ce souvenir-là, il est important. parce qu'il a posé les premières briques de ta relation avec l'argent. Et souvent, sans qu'on s'en rende compte, ces premières briques sont encore là, bien en place, 30 ans plus tard. Les chercheurs en finance comportementale appellent ça les « money memories » . C'est un concept développé notamment par Brian Foltis, un chercheur qui étudie le lien entre nos expériences d'enfance et nos comportements financiers d'adultes. Et ce qu'il démontre est assez fascinant. Nos tout premiers souvenirs liés à l'argent créent des sortes de programmes dans notre cerveau. Des automatismes, des réflexes, des croyances qui tournent en arrière-plan comme une application que tu n'as jamais vraiment fermée sur ton téléphone. Et ces programmes, ils influencent tout. Ta façon de dépenser, ta façon d'épargner, ta façon de stresser quand tu regardes tes comptes, ta façon de réagir quand quelqu'un te parle d'investissement, ta capacité à te sentir légitime avec de l'argent. Tout ça, c'est en grande partie hérité. Alors quand on fouille dans ces monnaies mémorises, il y a des schémas qui reviennent très souvent chez les femmes que j'accompagne. Et je parie que tu vas te reconnaître dans au moins l'un d'entre eux. Le premier, c'est ce que j'appelle le programme « Il n'y en a jamais assez » . Si tu as grandi dans un foyer où l'argent était un sujet de stress, pas forcément de pauvreté, mais juste de tension permanente, tu as peut-être intégré l'idée que l'argent, c'est toujours un peu précaire, qu'il faut faire attention, que ça peut disparaître et que rien n'est jamais acquis. Concrètement, ça donne quoi aujourd'hui ? Par exemple... Tu as du mal à te faire plaisir, même quand tu le peux. Tu as peut-être 5000 euros de côté, et pourtant tu culpabilises de t'acheter un truc à 30 euros. Ou alors, tu vérifies ton compte trois fois par jour, pas parce que tu es organisé, mais parce que tu as une petite anxiété sourde qui ne te lâche jamais. Et le truc pervers, c'est que, même si ta situation financière a complètement changé depuis ton enfance, le programme, lui, il est resté. Ton cerveau continue de fonctionner, comme si tu étais encore dans cette cuisine où on comptait les pièces. Le deuxième schéma, c'est l'argent, on n'en parle pas. Si chez toi, l'argent était un sujet tabou, jamais abordé, jamais expliqué, jamais discuté ouvertement, tu as probablement appris que c'est un truc un peu honteux. Ou en tout cas, un truc qu'on gère en silence, seul, sans en faire toute une histoire. Du coup, aujourd'hui, tu as du mal à parler d'argent. En couple, entre amis ou au boulot, tu n'oses pas négocier, tu n'oses pas poser de questions, tu n'oses pas dire « j'ai pas les moyens ce mois-ci » ou « j'aimerais qu'on partage autrement » . Parce que dans ta tête, parler d'argent, c'est gênant, voire vulgaire. Et tu te retrouves à porter le sujet toute seule, dans ta tête. sans jamais le partager, ce qui le rend encore plus lourd à porter. Le troisième, c'est l'argent, c'est pas pour moi. Celui-là, il est plus sournois. Il vient souvent d'un milieu où l'argent était associé à quelque chose de négatif. Peut-être que tes parents disaient, les riches, c'est des voleurs, ou nous, on n'est pas comme ça, ou l'argent ne fait pas le bonheur. Dit d'une façon qui sous-entendait clairement que vouloir de l'argent, c'est mal. Du coup, tu as grandi avec l'idée que l'argent, c'est pour les autres, que toi, tu n'es pas légitime à en avoir, à en vouloir, à en parler. Et quand tu commences à bien gagner ta vie ou à t'intéresser à l'investissement, il y a une petite voix qui te dit « mais pour qui tu te prends ? » Ce n'est pas toi qui parle, c'est le programme. Et le quatrième schéma c'est l'argent égale amour ou son inverse l'argent égale contrôle. Si dans ta famille l'argent était utilisé pour montrer de l'affection, tiens je t'achète ça parce que je t'aime ou au contraire pour contrôler, si tu fais ça tu n'auras pas d'argent de poche, tu vas peut-être associer l'argent à des émotions très fortes qui n'ont rien à voir avec la finance. Et aujourd'hui ça peut se traduire par des achats compulsifs quand tu te sens triste, tu t'offres de l'amour en quelque sorte, ou par une relation compliquée en couple autour de l'argent où la question du qui paye quoi porte en réalité beaucoup plus de poids que ce qu'elle devrait. Moi, mon premier souvenir d'argent, c'est un truc tout bête, mais ça m'a marqué. Je devais avoir une dizaine d'années, peut-être un peu moins, et mes parents avaient mis en place un tableau des tâches ménagères à la maison. Tu vois le genre ? Un tableau sur une feuille A4, avec des colonnes, des lignes, et pour chaque tâche, vider de la vaisselle, mettre la table, tourner la pelouse, il y en avait pas mal, il y avait un montant en francs. Oui, bon, en francs, ça te situe l'époque. Bref... C'était une compensation financière, et c'est comme ça qu'on constituait notre argent de poche avec mon grand frère. En cochant des cases, en gagnant notre argent. Je ne me souviens plus exactement de tous les détails, ni de combien de temps ça a duré. Pas très longtemps, je crois. Il faudrait que je demande à mes parents. Mais ce dont je me souviens, c'est que ça m'a marqué. Et pendant longtemps, je ne savais pas trop pourquoi. Parce que quand j'y repense aujourd'hui, je me rends compte que c'est un souvenir qui est beaucoup plus riche qu'il en a l'air. D'un côté, c'est plutôt positif, ça t'apprend que l'argent ne tombe pas du ciel, que si tu veux quelque chose, tu fais un effort, tu contribues. et tu reçois en échange. C'est concret, c'est clair, c'est structurant. Ça t'apprend la valeur des choses, le fameux « l'argent ça se mérite » . Mais c'est là que ça devient intéressant, il y a un autre côté. Parce que les tâches ménagères, normalement, ça devrait être gratuit. C'est un truc que tu fais parce que tu fais partie d'un foyer, parce que tu vis quelque part et que contribuer, c'est normal, sans rémunération. Et du coup, quand tu associes ça à de l'argent dès l'enfance, ça crée un truc dans ta tête. L'idée que chaque effort doit être récompensé financièrement. Que si tu fais quelque chose et que tu ne reçois rien en échange, c'est un peu comme si tu faisais ça pour rien. Et ça, ça peut devenir un programme un peu piégeux, tu vois. Parce que dans la vie d'adulte, il y a plein de situations où tu donnes, tu contribues, tu fais des efforts, et il n'y a pas forcément de compensation immédiate. Et si tu as ce programme qui tourne en fond, tu peux te retrouver à ressentir de la frustration ou avoir du mal à faire des choses gratuitement. Et je ne parle pas que d'argent, je parle aussi de ton énergie et de ton temps. Alors, est-ce que mes parents ont bien fait ? Est-ce qu'ils ont mal fait ? Honnêtement, je ne crois pas que la question se pose comme ça. Ils ont fait ce qu'ils pensaient être bien à ce moment-là, avec leur propre programme à eux. Et c'est exactement ça le truc. On hérite des monnaies mémorises de nos parents, qui eux-mêmes les ont héritées de leurs parents, et ainsi de suite, c'est une chaîne. Et c'est exactement pour ça que je voulais partager ça avec toi aujourd'hui, pas pour te faire un cours de psycho, mais parce que comprendre d'où viennent tes réflexes, c'est le premier pas pour arrêter de les subir. Alors maintenant, si tu veux bien jouer le jeu, j'aimerais que tu prennes quelques minutes pour toi, afin de répondre à quelques questions. Tu peux me mettre sur pause si tu veux, ou tu peux juste laisser les questions tourner dans ta tête et revenir plus tard. L'idée c'est simplement de gratter un peu la surface, pas de faire un truc à la perfection. Première question, quel est ton tout premier souvenir lié à l'argent ? Ferme les yeux si tu peux, remonte dans le temps. Ça peut être un tout petit truc, très anodin, un moment au supermarché, une phrase entendue à table, un cadeau, un manque, un silence. Pense juste au premier truc qui te vient. Deuxième question, quelles émotions ressens-tu quand tu repenses à ce moment ? De la fierté, de la gêne, de la peur, de la tristesse, de la colère ou peut-être rien de spécial, c'est ok aussi tant que c'est conscient. Troisième question, est-ce que tu retrouves un lien entre ce souvenir et ta façon de gérer ton argent aujourd'hui ? Parfois le lien est super direct, parfois il est plus discret, mais souvent quand on prend le temps de regarder, on se dit « ah, c'est pour ça que je fais ça » . Par exemple, si ton souvenir c'est un parent qui répétait « on n'a pas les moyens à chaque sortie en famille » , Tu te retrouves peut-être aujourd'hui à culpabiliser dès que tu dépenses pour toi, même quand tu peux largement te le permettre. Ou si ton premier souvenir, c'est un cadeau très généreux qui t'a rendu super heureuse, tu as peut-être tendance à dépenser pour les autres quand tu veux leur montrer que tu les aimes, et à te sentir mal quand tu ne peux pas le faire. Et la dernière question, qui est peut-être la plus intéressante et la plus puissante, quelle phrase sur l'argent tu as entendue le plus souvent dans ton enfance ? L'argent ne pousse pas sur les arbres, on n'a pas les moyens, l'argent ne fait pas le bonheur, il ne faut pas compter sur les autres. Quelle que soit la phrase, elle est probablement encore dans ta tête et elle influence encore tes décisions, même si tu ne l'entends plus consciemment. Et pour aller encore plus loin, si tu le veux bien, tu peux écrire tes réponses quelque part, car l'acte d'écrire rend les choses beaucoup plus concrètes. Et si tu as envie de partager les réponses avec moi, n'hésite vraiment pas à m'écrire, je lis tout et ça m'aide énormément à comprendre ce que tu vis pour préparer les prochains épisodes. Ok, alors si tu as fait l'exercice, ou même si tu as juste laissé les questions tourner, tu es probablement en train de réaliser un truc. Une grosse partie de ta relation à l'argent n'a pas été choisie, elle a été héritée. Et ça, c'est à la fois un peu déstabilisant et hyper libérateur. Déstabilisant parce que tu te rends compte que des trucs que tu croyais être toi, du genre je suis dépensière, je suis nulle avec l'argent, je ne suis pas faite pour investir, ben en fait, c'est pas toi. C'est un programme qui tourne depuis ton enfance. Et c'est libérateur parce que si c'est un programme, ça veut dire que tu peux le réécrire. Attention, je ne dis pas que c'est magique, tu ne vas pas effacer X années de programmation en un seul épisode de podcast. Mais le simple fait de voir le schéma, de le nommer, de comprendre d'où il vient, ça commence déjà à desserrer son emprise. C'est comme quand tu comprends enfin pourquoi tu réagis toujours de la même façon dans une situation, le « ah, c'est pour ça » , ça te donne du recul. Et le recul, c'est le début du choix. Alors, pour l'instant, je ne te demande rien de plus, tu n'as pas besoin de mettre en place un plan d'action, de refaire ou de refaire un budget, de te lancer dans les investissements, il faut juste observer. Et la prochaine fois que tu sens une émotion forte liée à l'argent, de la culpabilité, de la peur, de la honte, de l'évitement, demande-toi, est-ce que c'est moi qui ressens ça, ou est-ce que c'est le programme ? Parce que parfois, te poser simplement la question, suffit à changer ta façon de réagir. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, et si tu devais garder une seule chose de cet épisode, c'est que ta relation à l'argent ne commence pas à ton premier salaire. Elle commence bien avant, dans les phrases entendues, les émotions captées, les silences, les tensions, ou la générosité que tu as observée enfant. Ces money memories, elles ne te définissent pas, mais elles t'influencent. Et maintenant que tu sais qu'elles sont là, tu peux commencer à les regarder autrement. Dans les prochains épisodes, on va continuer à creuser cette dimension psycho parce que je suis convaincue que c'est là que se trouvent les vrais déclics. On va parler de culpabilité, de syndrome de l'imposteur financier, de l'influence de ton entourage sur tes finances. Bref, on va aller chercher ce qui se cache vraiment derrière ta façon de gérer ton argent. Et si tu as fait l'exercice, si un souvenir t'est remonté, écris-le-moi. vraiment, ça m'aidera à créer des épisodes encore plus proches de ce que tu vis. Merci d'avoir été là pour ce nouvel épisode. N'oublie pas de t'abonner pour ne pas louper le prochain et de laisser un petit commentaire si ça t'a parlé. D'ici là, prends soin de toi et de tes finances. Je te souhaite une très belle journée et je te dis à très bientôt pour de nouvelles aventures financières.