Speaker #0Bienvenue dans CosyFinance, le podcast qui rend la finance à la fois simple et accessible, spécialement conçu pour toutes les femmes à la recherche d'informations faciles à mettre en place. Moi c'est Sophie, à la barre de SDS Conseil, et je serai ta partenaire dans cette aventure financière. Hello, bonjour, j'espère que tu vas bien. Avant de rentrer dans le sujet du jour, voici ma petite requête habituelle. Si tu écoutes ce podcast, même de temps en temps, abonne-toi via la plateforme d'écoute de ton choix. C'est vraiment ce qui aide le plus ce podcast à être trouvé par d'autres femmes. Et puis, je ne te cache pas, ça me fait aussi plaisir. Ouvrir un compte commun, aujourd'hui, ça te prend une demi-heure. Tu es sur ton canapé, tu ouvres l'appli de ta banque, on te demande deux pièces d'identité, un justificatif de domicile, tu tapes l'intitulé du compte, un truc du genre compte des chouchous, tu signes du bout du doigt et voilà, vous avez un compte à vous deux. Et surtout, tu as le sentiment d'avoir réglé un grand sujet de la vie de couple. Tu as réglé quelque chose, c'est vrai. Le loyer part d'un seul endroit, les courses aussi, et tu as arrêté de faire des virements de 43,50€ le dimanche soir en faisant les comptes. Ce confort-là, il est réel, je ne vais pas le minimiser. Simplement, en une demi-heure, vous n'avez rien décidé de ce qui compte vraiment. Combien chacun met dessus, à partir de quel montant on prévient l'autre avant de dépenser, ce qui reste à chacun pour vivre une fois sa part versée, où va l'épargne et à quel nom. Ta banque ne te pose aucune de ces questions. Ce n'est pas son métier, elle ouvre un compte et basta. Toi, tu repars en pensant que c'est réglé. alors que le sujet est juste rangé dans un coin que vous ne rouvrirez peut-être jamais. Et ce n'est pas un cas isolé, c'est la façon de faire la plus répandue en France. Un sondage de MoneyVox dit que près de 6 personnes en couple sur 10 ont un conjoint et que plus de la moitié d'entre elles y versent la totalité de leurs revenus. Une enquête de la Cité de l'économie dit de son côté qu'un couple sur 2 partage les dépenses moitié-moitié et seulement 3 sur 10 au prorata des revenus. Au fond, les deux racontent la même chose. C'est la solution qui ne demande aucune discussion qui gagne. Du coup, ça donne un seul compte et une division par deux. Ce que je vois très régulièrement, c'est que chez la plupart des couples, cette organisation-là n'a jamais été décidée. Elle a été héritée de ce que faisaient les parents, de ce que faisait l'ex, de ce qui paraissait le plus simple, le mois de l'emménagement. Et comme ça tourne à peu près, personne n'y retouche, parfois pendant 20 ans, alors que les revenus, les enfants, les horaires et les carrières, eux, ont bougé 10 fois. Il y a une raison très humaine à ça, Parler d'argent au moment où on emménage ensemble, ça ressemble à un contrat qu'on signerait au milieu d'une histoire d'amour. Tu es en train de monter ta petite Billy dans le salon et tu es censé dire « Au fait, chérie, on met combien chacun ? On révise ça quand ? Et si un jour ça s'arrête, on fait comment ? » Personne n'a envie de lancer cette discussion-là, donc on ouvre un compte, on se dit qu'on verra bien, et le « on verra bien » devient l'organisation officielle du couple pendant plusieurs années. Malheureusement, une organisation qui ne te convient pas, elle tourne quand même. C'est bien ça le souci. Le loyer est payé, les courses aussi, tout a l'air normal, et l'écart se voit seulement le jour où tu compares ce que chacun possède. On ne compare pas par curiosité d'ailleurs, on compare au moment d'acheter quelque chose ensemble, quand l'un des deux tombe malade, ou quand on se sépare. Et la seule façon de savoir si votre organisation vous va, c'est d'en parler, et de regarder ce qu'elle donnerait au bout de 5, 10 ou 15 ans. Il y a principalement 3 organisations de comptes, et je commence par la plus répandue, celle que beaucoup de couples ont. adoptent donc sans vraiment réfléchir. C'est celle où on met tout en commun. Les deux salaires tombent sur le même compte, tout part de là, et il n'y a pas de mien ni de tien, il y a le compte. Franchement, ça a de vraies qualités, et je le vois chez des couples qui vont très bien. C'est le cas chez mes parents par exemple, mais ils ont dépassé les 50 ans de mariage. C'est lisible, tout le monde voit tout, il n'y a aucun calcul à faire. Et ça marche aussi particulièrement bien quand l'un des deux gagne beaucoup moins ou rien du tout pendant une période, parce que ça évite la position un peu humiliante de demander de l'argent. Par contre, ce que vous découvrez en route, c'est que chaque dépense devient visible par l'autre en direct, notifications comprises. Tu n'as rien demandé, l'autre non plus, et pourtant, vous êtes chacun spectateur de la vie de l'autre, de ton cadeau d'anniversaire qui n'est plus une surprise, jusqu'au rendez-vous que tu n'avais pas spécialement envie de raconter. Et certaines vivent ça très bien, d'autres se mettent par contre à retirer de l'argent liquide pour s'acheter la paix, et ça, c'est rarement bon signe dans un couple. Il y a aussi une chose que beaucoup de couples découvrent au pire moment. Sur un compte joint, chacun peut faire fonctionner le compte tout seul. Donc chacun peut aussi le vider tout seul, sans l'accord de l'autre, et c'est parfaitement légal. Dans l'autre sens, si le compte part en négatif, la banque peut réclamer la totalité du découvert à l'un comme à l'autre, même à celui qui n'a pas dépensé un centime. Et dans un couple où tout est commun, la personne qui gagne moins a parfois le sentiment de dépenser l'argent de l'autre. Et c'est ce qui me gêne le plus dans ce modèle. Ça ne se dit pas, ça ne se formule jamais comme ça, ça se voit surtout à des micro-gestes. L'hésitation un peu longue devant un achat pour soi, le passage chez le coiffeur qu'on justifie tout seul, Le ticket de caisse qu'on ramène dans la conversation alors que personne n'a rien demandé. L'autre ne contrôle rien du tout, ne se rend peut-être même pas compte de ce qui se joue. Et pourtant, il y a une personne qui demande l'autorisation dans sa tête. Ce n'est pas le compte commun en lui-même qui crée ça, mais c'est lui qui la laisse sans solution. Parce que quand tous les revenus tombent sur le conjoint, il n'y a plus un seul euro qui porte son nom. Plus un seul achat qu'elle peut faire sans que ça se voit. Avoir gardé un compte perso ne change rien si rien n'arrive dessus. Donc non, la fusion n'est pas un mauvais modèle loin de là, elle demande juste que chacun garde un compte à son nom, avec de l'argent dessus, même petit, même peu utilisé. C'est ton minimum d'autonomie et c'est aussi ce qui te permet de recevoir un héritage ou une donation sans qu'il se dilue dans la vie commune. Je passe à la deuxième façon de s'organiser et c'est l'inverse exact de la première, la séparation complète. Chacun son compte, chacun ses revenus et on se répartit les charges. L'un le loyer, l'autre les courses et l'électricité, ou alors l'un avance et l'autre rembourse. C'est ce que font beaucoup de jeunes couples et c'est presque toujours présenté comme la formule de l'autonomie. Ça a une vraie qualité, celle de ne rien mélanger, et c'est précieux quand l'un des deux est indépendant, quand il y a des enfants d'une première union, ou quand tu as simplement déjà vécu une relation où l'autre se servait de l'argent pour te contrôler. Par contre, répartir les charges poste par poste, ça peut figer des montants qui ne se ressemblent pas du tout, et ça ne se voit peut-être qu'au bout de quelques années. Le loyer augmente avec le temps, l'électricité aussi, les courses dépendent du nombre de personnes à la maison, vous avez réparti ça une fois, quand vous aviez peut-être le même salaire, et vous n'avez jamais réouvert le sujet. Cinq ans plus tard, l'un finance un quotidien qui a grossi, l'autre finance un crédit qui construit un patrimoine à son nom. Les deux ont l'impression de faire leur part et pourtant il y en a un seul qui capitalise. Il y a aussi la charge mentale du remboursement permanent. Quelqu'un avance, quelqu'un relance, quelqu'un tient le compte des 28€ de la pharmacie et des 14€ du cadeau pour l'anniversaire de la voisine. Et c'est très majoritairement la même personne pour un travail qui n'apparaît sur aucun relevé. Au bout d'un moment, tu laisses tomber deux ou trois remboursements pour ne pas passer pour la comptable du couple. Et tu finances en silence ce que tu n'avais pas envie de réclamer. Le plus lourd, c'est que des comptes séparés ne disent rien du niveau de vie de chacun. Si tu gagnes 1900€ et l'autre 3800, faire moitié-moitié te laisse mécaniquement sans marche pendant que l'autre épargne la sienne. Voici un petit calcul pour te donner une idée plus précise. Prends un socle de vie commune à 2400€ par mois. Le loyer, les charges, les courses, les assurances, tout ce qui relève du commun. En faisant moitié-moitié, chacun verse 1200€. Toi, avec 1900€, il te reste 700 pour tout le reste. Tes transports, tes vêtements, ta mutuelle, tes envies perso, ton épargne. L'autre, avec 3800, en garde 2600€. Sur une année, l'écart entre ce qui reste à l'un et à l'autre dépasse 22 000€. C'est quasi un apport pour un achat immobilier qui se construit d'un seul côté du couple pendant que l'autre finit peut-être ses mois à zéro. Personne n'a mal agi, tout le monde a payé exactement la même chose, mais multiplie par 10 ans, ajoute un crédit remboursé par celui qui avait la capacité d'emprunt, Et tu obtiens deux situations patrimoniales qui n'ont plus rien à voir dans un couple qui a vécu la même vie. Je précise un point parce que la question revient très souvent. La contribution proportionnelle, ce n'est pas une faveur qu'on accorde à la personne qui gagne moins. Pour les couples mariés, l'article 214 du Code civil prévoit déjà que chacun contribue aux charges du ménage à proportion de ses facultés, et pas à moitié-moitié. Si tu n'es pas axé, c'est pareil. L'aide matérielle entre partenaires est censée être proportionnelle aux facultés de chacun. Sauf si vous avez écrit autre chose dans votre convention. Donc le prorata, techniquement, c'est la règle par défaut. Et le partage égal, c'est l'exception qu'on s'est imposée tout seul, parce que diviser par deux ne demande aucune discussion compliquée. Il y a aussi le temps, qui ne passe jamais sur un relevé bancaire. Dans beaucoup de couples, la personne qui gagne moins est aussi celle qui a pris le temps partiel, qui gère les rendez-vous chez le pédiatre quand il y a des enfants, qui pose les jours quand l'école ferme. Et ce temps-là a une valeur. Il permet à l'autre de continuer à bosser comme avant, et il mérite d'être sur la table au moment où vous décidez qui met combien. Donc, la séparation complète marche à trois conditions. Que la répartition suive les revenus, qu'elle soit révisée quand les revenus bougent, et que ceux qui s'achètent à deux s'écrivent au nom des deux dans les bonnes proportions. Et puis, il y a la troisième façon de faire, celle qui se place un peu entre les deux autres. Et c'est celle que je recommande le plus souvent. Un compte commun pour le socle et un compte perso pour les autres dépenses. Chacun verse une somme sur le commun en début de mois. Le commun paye ce qui est commun et ce qui reste sur ton compte à toi n'appartient qu'à toi. Ça prend ce que les deux autres ont de meilleur, la lisibilité de l'un et la liberté de l'autre. Et ça te donne une information que la plupart des couples n'ont jamais eue sous les yeux, combien votre vie a de coûts réellement chaque mois avant même de parler de plaisir ou de projet. Alors oui, elle a aussi ses zones grises, je ne vais pas te la vendre comme parfaite. La première, c'est le montant du gérant. Si vous ne le fixez, qu'une fois et qui n'est jamais retouchée. Vous aviez posé 700€ chacun il y a 4 ans, tu as changé de poste, l'autre a eu une augmentation, le loyer a pris 60€, l'inflation est passée par là pour tous les produits du quotidien et vous versez toujours 700€. Comme le commun est un peu juste, quelqu'un rattrape forcément avec sa carte perso et c'est peut-être toujours la même personne. Un virement qui ne se révise pas, ça devient un accord silencieux qui se dégrade. La deuxième zone grise, ce sont les dépenses qui flottent. Le manteau d'hiver du petit, les cadeaux d'anniversaire pour ta belle famille, le resto à quatre avec des amis que vous avez en commun, le plein d'essence pour aller chez tes parents, l'abonnement de streaming que toute la maison regarde et que toi ça le paie. Des dépenses bien réelles et personne ne les a jamais classées. Donc chacun tranche dans sa tête et les deux règles ne se ressemblent pas. Toi, tu considères que tout ce qui concerne les enfants sort du compte commun, l'autre estime que le commun sert au logement et aux courses, et que le reste est à la charge de celui qui achète. Aucun des donateurs, vous n'avez simplement jamais comparé vos deux définitions. Tant que les montants sont petits, ça passe. Le souci, c'est qu'il y en a chaque mois, et que c'est presque toujours la même personne qui les absorbe, celle qui fait les courses et qui pense aux cadeaux. 40€ par-ci, 20€ par-là, et au bout d'un an, elle a financé plusieurs centaines d'euros de vie commune avec son argent perso, sans que ça apparaisse sur une seule ligne de budget. Et le jour où ça sort dans une conversation, ça ne sort jamais sur le fond. Ça sort un mardi soir sur une bricole, un paquet de gâteaux ou une histoire de plein d'essence, avec une phrase du style « c'est toujours moi qui paye ces trucs-là » . La dispute porte sur 12€ alors que vous n'avez jamais dit où passer la frontière. Pour anticiper ça, il suffit de sortir vos relevés des derniers mois, de repérer les dépenses qui flottent et de trancher poste par poste. Les enfants, commun. Les cadeaux à ta famille à toi, perso. Ceux que vous offrez ensemble, commun. Les sorties à deux, commun. Les sorties de l'un avec ses potes, perso. Et ainsi de suite. Et vous ajoutez une règle pour tout ce que vous n'avez pas prévu. Ça peut être qu'en dessous de 20€, celui qui est là paye et on n'en repart pas. Au-dessus, ça passe par le commun. Vous n'avez pas besoin que ce soit parfait, mais vous avez besoin que ce soit décidé. Jusqu'ici, j'ai essentiellement raisonné comme si vos deux revenus restaient stables dans le temps, mais ils ne le restent pas toujours. Un congé parental, un 80%, une mutation qu'on suit en recommençant sa carrière ailleurs, six mois d'arrêt, une reconversion... Bref, le jour où l'un des deux réduit son activité, la répartition que vous aviez posée devient fausse, parce qu'elle avait été calculée sur des revenus qui n'existent plus. Et avant tout ça, il faut bien décider lequel de vous de ralentit. Sur le moment, le choix paraît évident. Celui qui gagne le moins, celui qui a les horaires les plus souples, ou si vous avez des enfants, ce que coûterait la garde si vous devez tous les deux continuer à 100%. Ce raisonnement se tient, mais il ne regarde que le budget du moment. Or, cette décision, elle se paye sur toute une vie. Car des années plus tard, il manque des trimestres de retraite, le salaire n'a pas progressé comme il aurait dû, et l'épargne est restée à zéro. Rien de tout ça n'avait été évoqué le jour où vous avez décidé. Quand tout est commun, le quotidien continue à tourner, donc le sujet passe complètement inaperçu. Quand les comptes sont séparés, ça devient très visible et très inconfortable. La personne qui gagne moins n'arrive plus à verser sa part, elle pioche dans sa propre épargne, et en quelques mois, une relation d'égalité glisse vers une relation de renflouement. Quand la baisse de revenu est liée au couple, elle doit se partager. C'est la seule façon propre de gérer ce moment. Si vous décidez ensemble que l'un ralentit pour la famille, la contribution au commun se recalcule tout de suite. Et surtout, l'épargne du ménage part aussi vers la personne qui a ralenti pendant qu'elle ralentit. Ça ne coûte pas un euro de plus au couple, ça change juste la destination de l'argent et ça évite l'écart qu'on découvre 15 ans plus tard en regardant deux relevés côte à côte. Tous les ralentissements ne se valent pas par contre, et si on ne le dit pas, on fabrique une autre injustice. Mais il faut aussi voir à qui profite le temps libéré. Quand il profite au couple, Le mercredi avec les enfants, les trajets à l'école, la maison qui tourne, la carrière de l'autre qui continue à plein régime, justement parce que quelqu'un absorbe le reste, là, c'est bien le couple qui a fait une économie. Donc c'est le couple qui compense, comme je viens de l'écrire. Quand il profite à une seule personne, on en parle beaucoup moins. L'envie de souffler, un poste moins payé mais moins lourd, une activité qu'on lance à côté, une reprise d'études, c'est parfaitement légitime de le vouloir, et l'autre, normalement, ne va pas répondre non. Mais dire oui à la décision, ça ne veut pas dire accepter d'emporter la facture tout seul. Et peu de personnes osent formuler ça à voix haute. Regarde ce que ça coûte. Un couple avec 3000€ d'un côté et 2000€ de l'autre. Et un socle commun de 2400€. Au prorata, l'un verse 1440 et l'autre 960. Puis, celui qui gagnait 3000 passe à 1500€ pour monter son activité. Et oui, là c'est bien celui qui gagnait le plus qui ralentit. On recalcule le prorata, sa part tombe à 1030€ et celle de l'autre monte à 1370€. Donc 410€ de plus chaque mois. qui sortent de la poche de la personne qui n'a rien changé à sa vie. Presque 5000€ sur l'année. La règle proportionnelle est juste, elle fonctionne, mais là, elle transfère une charge. Ce transfert en soi ne pose aucun problème tant qu'il est nommé et borné. Mais il y a trois choses à poser avant, pas quand le compte commun est à sec. De 1, combien de temps on doit tenir cette organisation ? 6 mois, 18 mois, 2 ans ? Et ce qu'on fait si au bout ça n'a pas décollé ? Ensuite, de 2, le train de vie. Parce qu'un couple qui gagne moins, forcément, doit dépenser moins. Donc on baisse le socle commun. On ne demande pas à l'autre de financer le même niveau de vie qu'avant. Et puis de 3, ce qui revient à celui qui a tenu la maison pendant 2 ans, si l'activité marche. Un remboursement, un rattrapage d'épargnation, départ dans la société, ça s'écrit au moment où on lance le projet, pas le jour où il rapporte. Si le ralentissement libère aussi du temps pour la maison, ce qui arrive beaucoup, les deux logiques se cumulent. Une partie service rendu au couple, une partie choix perso. Tu n'as pas non plus besoin d'un fichier Excel compliqué pour trancher ça, souvent il suffit d'en parler et de vous mettre d'accord sur la proportion. Et cette conversation-là, tu ne peux la tenir que si les règles du jeu sont déjà posées. Sinon elle arrive au pire moment, quand tu es enceinte de 7 mois ou épuisée par une année difficile, et que tu n'as ni l'énergie, ni l'envie de négocier quoi que ce soit. Je t'ai dit plusieurs fois qu'il fallait poser les règles du jeu avant d'ouvrir un compte commun, et pour ça, 4 questions, 1h à 2, pas plus, et vous décidez de votre organisation au lieu de la subir. Déjà, à quoi sert ce compte commun exactement ? Vous listez ce qui passe dessus, le logement, les charges, les courses, les assurances, les abonnements partagés, les enfants s'il y en a. Et vous regardez les dépenses réelles des 3 à 6 derniers mois pour avoir un montant réaliste, en comptant ce qui tombe une fois par an, bien sûr, quand ce n'est pas mensualisé. La taxe foncière, l'assurance auto, l'entretien de la voiture, les vacances, Noël, et ainsi de suite. Une fois que vous savez combien ça coûte, reste à savoir qui met combien. Une somme égale si vos revenus se ressemblent, une contribution proportionnelle s'il s'écarte. Un critère pour vous aider à trancher, c'est la marge. Une fois ça part versée, est-ce que chacun peut vivre sa vie sans compter chaque centime d'euro ? Et vous fixez tout de suite la clause la plus importante. Pourtant, celle que presque aucun couple ne pose, il faut revoir ce montant chaque année et à chaque fois qu'un revenu change. Ensuite, il faut vérifier ce qui reste à chacun une fois sa part versée. Pour ça, il faut savoir ce que l'autre gagne. Et chez certains couples, parfois ça coince. Je connais des personnes qui ne savent pas du tout combien gagne leur conjoint. Et pourtant, ça ne demande pas de tout déballer. Trois données, chacun suffisent. Une fois par an. Ce que je gagne, ce que je verse au commun, ce qu'il me reste derrière. Et c'est ce dernier montant qui dit si votre répartition tient debout. Avec l'exemple à 1900€ et 3800€, verser 1200 chacun a l'air équitable, jusqu'à ce que tu regardes les 700€ restant d'un côté et les 2600 de l'autre. Et d'ailleurs, ce qui reste à chacun ne compte vraiment que si la personne peut le dépenser sans avoir de compte à rendre à l'autre. La dernière question, c'est celle qui protège le plus une femme sur 30 ans. Où va l'épargne et à quel nom ? Combien vous mettez de côté chaque mois ? Sur quel support et au nom de qui ? Si l'un des deux ralentit sa carrière pour la famille, c'est le moment exact de compenser. en épargnant au nom de la personne qui ralentit, en mettant son nom sur le bien que vous achetez, en alimentant sa retraite, etc. Une décision d'organisation familiale qui ne s'accompagne d'aucune décision financière, ça se transforme en écart de patrimoine 20 ans plus tard, chez un couple qui pensait avoir fait au plus pratique. Pour lancer cette conversation chez toi, tu n'as pas besoin d'une grande annonce. Tu peux dire un truc aussi simple que « j'ai envie qu'on regarde comment on a organisé notre argent parce que je crois qu'on ne l'a jamais vraiment décidé, ça s'est juste fait tout seul » . Personne. ne peut prendre ça pour une attaque. Et si tu sens que le sujet est chargé pour vous, prends un moment neutre, un samedi matin, loin, très loin, d'une dépense qui vient de vous crisper. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Le compte commun, les comptes séparés, le modèle mixte, c'est trois façons d'exécuter un accord. Aucune des trois ne fabrique l'accord à votre place et aucune des trois ne répare un déséquilibre que personne n'a regardé. L'ordre, c'est la décision d'abord, la mécanique ensuite. Et je voudrais ajouter un mot parce que je sais très bien l'effet que ça fait, un épisode qui parle d'organisation, de construction de patrimoine et même de séparation quand tu es très bien dans ton couple. Quand on s'installe avec une personne, on espère évidemment que c'est la bonne, celle avec qui on finira sa vie. Mais, entre les divorces et les ruptures de couples non mariés, il y a chaque année beaucoup de gens qui pensaient exactement la même chose. Se protéger, ça ne veut pas dire douter de l'autre. Ça veut dire que tu préfères avoir prévu et ne jamais t'en servir, plutôt que de découvrir la situation le jour où tu n'as plus ni l'énergie. ni le temps de la négocier. En plus, ces décisions-là ne servent pas qu'en cas de rupture. Un compte à ton nom, une épargne identifiée, un bien acquis dans les bonnes proportions, ça te sert aussi le jour où l'un des deux tourne malade, perd son emploi ou meurt. Et dans tous ces cas, la personne qui s'en sort le mieux, c'est celle qui savait ce qui portait aussi son nom. Avant de couper cet épisode, pose-toi une seule question. Qu'est-ce qui porte mon nom aujourd'hui ? Quel compte ? Quelle épargne ? Quel bien ? Si la réponse te fait douter, tu sais par quelle conversation commencer. Et si tu as une question sur votre organisation à vous, n'hésite pas à m'écrire. C'est d'ailleurs une auditrice qui écoute ce podcast depuis quelques semaines qui m'a donné envie de faire cet épisode. Coucou à toi, si jamais tu m'écoutes. Les questions que vous m'envoyez nourrissent directement ce que je traite ici, donc si tu hésites parce que ça te paraît trop personnel ou trop basique, envoie quand même. Je reçois très rarement une question qui concerne une seule personne. Merci d'avoir été là pour ce nouvel épisode. N'oublie pas de t'abonner pour ne pas louper les prochains, de partager ce podcast autour de toi, de laisser un petit commentaire, ou même de m'envoyer tes questions. Et surtout, reste à l'écoute pour le prochain épisode. D'ici là, prends soin de toi et de tes finances. Je te souhaite une très belle journée et je te dis à très bientôt pour de nouvelles aventures financières.