Speaker #0Coucou, bienvenue dans Coulisses de Soi, le podcast où l'on apprend à se regarder autrement. Je te retrouve aujourd'hui avec un tout nouvel épisode. Et aujourd'hui, j'aimerais te parler d'un sujet qui paraît simple, presque banal même, et pourtant il est profondément mal compris je trouve. En tout cas, j'espère que tu vas bien et que ton Noël s'est bien passé. Donc aujourd'hui, on va parler des petites victoires. Celles dont on ne parle pas, celles qu'on ne poste pas sur les réseaux sociaux, celles que personne n'applaudit, et parfois, celles que toi-même tu refuses de voir. Parfois, il y a une fatigue particulière. Ce n'est pas celle du corps, mais c'est celle de l'intérieur. Celle qui vient quand on a l'impression de faire des efforts, mais de ne jamais avancer assez, de ne jamais être assez bien, et de toujours devoir faire plus pour mériter un peu de fierté. Peut-être que tu connais déjà cette sensation. Ou tu avances, mais tu te juges. Ou tu te tiens, mais tu te minimises. Tu fais de ton mieux, mais tu te dis que ce n'est pas suffisant. Et si cette fatigue ne venait pas de ce que tu fais trop peu, mais de ce que tu ne reconnais pas de ce que tu fais déjà. Pourquoi on a appris à ignorer nos petites victoires ? On vit dans un monde qui aime les résultats visibles, les transformations rapides et les grandes annonces. On célèbre donc les réussites éclatantes, les changements radicaux et les versions abouties. Mais on nous a jamais appris à honorer l'effort silencieux, la constance fragile et les jours où l'on tient malgré tout ça. Alors très tôt, on intègre une idée. Si ce n'est pas grand, ce n'est pas important. Et peu à peu, on se construit une relation dure avec soi-même. Du coup, on oublie de voir qu'une petite victoire, ce n'est pas un exploit. C'est souvent quelque chose que tu fais contre quelque chose. Contre ta peur, contre ta fatigue, contre ton stress, contre ton histoire, contre une vieille voix intérieure. Les petites victoires, ce sont souvent celles que tu balayes d'un « c'est normal, tout le monde fait ça, j'aurais dû faire mieux » . Mais, par exemple, c'est te lever un matin où ton corps est lourd, où ton mental est déjà fatigué avant même d'avoir commencé. Mais te lever quand même, sans enthousiasme, mais avec présence. C'est aussi parfois ouvrir ton dressing et choisir une tenue qui ne te cache pas, qui ne te punit pas, même si ce n'est qu'un jean et un pull. C'est répondre à un message plus tard, parce que tu n'as pas l'énergie tout de suite. au lieu de te forcer par peur de décevoir. C'est dire « aujourd'hui je n'ai pas envie » , sans te justifier pendant dix minutes. C'est prendre cinq minutes pour espérer, au lieu de t'effondrer en silence. C'est te regarder dans le miroir et pour une fois, ne pas attaquer immédiatement ce que tu vois. Et pourtant, regarde ce que tu fais à ces moments-là. Tu te dis que ce n'est pas suffisant, que ce n'est pas une victoire, que ce n'est rien. Et pourtant, même si ces petites victoires ne brillent pas, elles demandent une force immense. Pourquoi on les dévalorise nous-mêmes ? Il y a quelque chose de très humain là-dedans. Quand on a longtemps manqué de reconnaissance, on devient exigeant avec soi-même. Comme si on se disait « je ne mérite d'être fier que quand ce sera parfait » . Alors on avance, mais sans jamais se poser, sans jamais se dire « regarde ce que tu traverses » . Et cette absence de reconnaissance crée un vide, un manque, une impression de ne jamais y arriver. Si ces petites victoires te semblent insuffisantes, ce n'est pas parce qu'elles le sont, mais c'est parce que tu t'es habitué à devoir mériter ta place. Peut-être que très tôt, On t'a appris que tu devais faire plus, être plus fort, plus forte, ne pas trop montrer, ne pas trop demander. Alors tu as intégré cette idée, je ne suis légitime que si je tiens. Légitime si je ne flanche pas, légitime si je gère, légitime si je fais sans déranger. Et tout ce qui ressemble à de la douceur, à un ralentissement ou à une limite, tu l'interprètes comme une faiblesse. Mais la vérité, c'est que tu ne te sens pas illégitime parce que tu n'en fais pas assez, Tu te sens illégitime. Parce que tu t'es construite dans l'effort constant. Quand tu ne reconnais pas tes petites victoires, tu te construis une image intérieure très sévère. Tu te vois comme quelqu'un qui n'avance pas assez, quelqu'un qui échoue souvent, quelqu'un qui n'est jamais au bon endroit. Mais quand tu commences à voir tes petites victoires, ton image, elle change. Tu ne te vois plus comme en retard, tu te vois comme courageux ou courageuse, persistant, persistante et en transformation. Et cette image intérieure, elle influence tout. Parfois, célébrer une petite victoire, ça fait peur. Parce que ça voudrait dire, ou reconnaître, que tu fais déjà de ton mieux. Et que tu n'as pas besoin de te faire violence pour avancer. Et que la douceur peut être un moteur. Et ça, on ne nous l'a jamais appris. Du coup, j'aimerais que tu te poses ces questions. Qu'est-ce que j'ai traversé ces derniers mois, que j'ai minimisé ? Quelle petite victoire ai-je refusé de voir ? Peut-être qu'elle est là, silencieuse, mais bien réelle, et que tu devrais la célébrer. Célébrer une petite victoire, ce n'est pas faire la fête, c'est reconnaître, c'est se dire « je te vois » . C'est s'autoriser une fierté douce, calme, intérieure. Parfois c'est juste respirer et dire « j'ai tenu bon » et c'est déjà immense. Finalement pour moi, les petites victoires ne font pas de bruit, mais elles maintiennent debout. Elles empêchent de se perdre, elles réparent doucement l'image que l'on a de soi. Peut-être aussi que l'amour de soi ce n'est pas se transformer entièrement, c'est apprendre à se reconnaître là où l'on est déjà. En fait ce qu'on oublie souvent c'est que chaque petit pas compte, même quand il est lent. et même quand il ne ressemble à rien de spectaculaire. Parce qu'un petit pas, ça veut dire que tu avances à ton rythme, avec ce que tu peux, là maintenant. Et que chaque petite victoire mérite d'être célébrée, pas parce qu'elle est grande, mais parce qu'elle prouve une chose essentielle, que tu fais quelque chose de bon pour toi. Merci d'avoir écouté Coulisses de Soi. Je te retrouve ici chaque dimanche matin, et un dimanche après l'autre, je t'amènerai dans ces coulisses où l'on se révèle. N'oublie pas, regarde-toi avec un peu plus de douceur. Et souviens-toi, l'image ce n'est jamais que le début d'une histoire bien plus vaste. Alors, prends soin de cette image, et surtout, prends soin de toi. Je te retrouve la semaine prochaine avec le dernier épisode de l'année, on fera le point du coup de l'année 2025. L'amour de soi, l'amour du style, à très vite, dans Coulisses de Soi.