Speaker #0Tu veux savoir si ta charge mentale est devenue trop lourde ? Ce n'est pas quand tu oublies un rendez-vous, ni quand tu cries sur tout le monde, sur tes enfants, sur ton conjoint. Ce n'est même pas quand tu te sens un peu plus fatigué que d'habitude. Le vrai signal d'alerte est plus subtil. C'est quand ce qui devrait te soulager commence à t'épuiser. Voir des amis devient une contrainte, un créneau de plus à trouver dans ton agenda. Recevoir du monde devient une mission commando. Organiser l'avant, anticiper l'après, le lendemain difficile. Partir en week-end ressemble à un projet logistique. Faire du sport devient une perte de temps. Et même prendre une heure pour toi déclenche de la culpabilité. Quand même le plaisir te demande trop d'énergie, ce n'est pas que tu ne sais plus profiter. C'est souvent parce que tu es déjà saturé. Le problème, ce n'est pas seulement ce que tu as à faire. C'est tout ce que tu portes autour de ce que tu fais. Toute la charge émotionnelle qui accompagne ces actions. Tu écoutes Crise de vie et Transition professionnelle, le podcast des 40 ans et plus en plein doute professionnel et souvent identitaire. Je suis Jessica David, coach professionnel certifié, mais surtout rescapé d'une crise de la quarantaine précoce. Et dans Crise de vie, je t'aide à comprendre ce qui se joue dans ta tête et à reprendre ton pouvoir de décision quand le pro et le perso s'entrechoquent. C'est parti pour l'épisode du jour. Bienvenue dans cet épisode 5 du podcast Crise de vie et transition professionnelle. C'est un épisode qui me tient particulièrement à cœur. Excuse-moi d'avance si parfois j'ai la voix qui vacille, pleine d'émotions. Je viens de vivre une dizaine de jours très compliqués. J'ai eu la sensation de perdre totalement le contrôle de ma vie. Et c'est pas qu'une façon de parler de ma vie dans le sens de ma santé, de mon moral. J'ai eu un bug médical, on va dire, si je peux dire ça comme ça. Ça a remis beaucoup de choses en question. J'ai vraiment eu peur. Alors cet épisode est dédié à la charge mentale, puisque je suis persuadée que c'est elle qui est à l'origine de ce qui m'est arrivé. La première chose que j'ai envie de te dire, c'est que tu as le droit d'être ambitieuse. Tu as le droit d'aimer ton job, ton business, tes projets. tes multiples projets même peut-être, divers et variés. Tu peux être salarié, auto-entrepreneur à côté, ou avoir un side business, ou être très investi dans un projet humanitaire ou environnemental, en plus de ta vie privée et de ton job. Et tu as le droit aussi d'aimer ta vie de femme, ta famille, ton couple, tes enfants. Mais surtout, tu as le droit de vouloir les deux. Le problème n'est pas de vouloir plusieurs dimensions riches dans sa vie. C'est quand on te fait croire que pour y arriver, tu dois tout porter seul. Ou que toi-même, tu acceptes cette réalité qui n'en est pas vraiment une, qui est plutôt une croyance. Beaucoup de femmes cumulent responsabilité professionnelle et vie familiale, et vivent un mécanisme silencieux. Dans ta tête, une petite voix te dit que puisque tu as choisi d'être ambitieuse, puisque tu veux réussir, puisque tu travailles beaucoup, puisque tu veux toujours plus, c'est ok, mais tu dois assumer et personne ne doit en subir les conséquences autour de toi. Alors tu compenses, tu anticipes davantage, t'en fais plus à la maison, toujours plus. Faut toujours que ce soit mieux fait, tu te mets une pression de dingue. Tu veux prouver que tu assures partout. Comme si réussir professionnellement créait une dette domestique à rembourser. Et ça, c'est foncièrement épuisant. C'est marrant parce que pendant que j'étais, on va dire, en rémission, ces derniers jours, je suis tombée sur un film avec Didier Bourdon qui s'appelle « Demain, c'était mieux » . C'est tombé à pic. Comme quoi, je reste persuadée que la vie met ce que tu as à vivre au bon moment, au bon endroit. Et là, en l'occurrence, en fait, ce film, je te parle surtout d'une scène qui est assez représentative de tout le message du film. On est en 1958 et une femme gagne un lave-vaisselle à un jeu, je ne sais pas lequel. Un objet rare et précieux à l'époque. Il coûte cher, très très peu de monde en possède. La réaction du mari, il veut le revendre pour acheter quelque chose de plus utile. Pardon ? Quelque chose de plus utile ? Mais pour qui ? Parce que lui ne lave pas tous les jours tout le linge à la main. Lui ne porte pas cette répétition invisible. en plus de tellement d'autres. Et puis, projeté en 2025, le couple découvre la vie moderne aujourd'hui, un peu caricaturale par moments, exagérée. Et le personnage du mari comprend enfin la charge de la maison. Le message est puissant, puisqu'on sous-estime toujours ce qu'on ne porte pas. On ne se rend pas compte, c'est normal, c'est dans les mœurs, c'est comme ça. Aujourd'hui... Beaucoup de femmes doivent réussir leur carrière, être présentes émotionnellement, gérer la logistique familiale, maintenir le lien social, prendre soin d'elles, être disponibles et rester agréables et souriantes. Et si monsieur a lui aussi un gros poste, alors parfois sans même le dire, on considère que toi, tu géreras naturellement le reste. T'es faite pour ça ? Parce que t'es plus organisée, plus attentive, tellement plus sensible, ou simplement plus conditionnée à le devenir. J'ai également lu récemment un article sur les 10 façons invisibles dont la charge mentale épuise les femmes. Et c'est très intéressant parce qu'on y parle vraiment de l'invisible, ce dont on se rend pas compte. En me plaignant il y a quelques semaines de ma charge mentale, je me suis vue répondre « fais une liste, tu fais quoi exactement ? » Et ça m'a vraiment vexée, ça m'a fait du mal. Parce que je me suis dit, après tout, est-ce que vraiment je fais beaucoup de choses ? Donc j'ai fait cette liste. Alors oui, elle était très complète. Tous les jours, tout le temps. Une petite chose, une petite action s'ajoute à la liste. Mais le pire dans tout ça, c'est qu'il n'y a pas que cette liste concrète. Il y a l'invisible qu'il y a autour et dont on ne se rend pas compte, même nous qui sommes au cœur du sujet. Dans l'article, on dit que la femme est devenue en gros le Google par défaut de la famille, le moteur de recherche familiale. « Maman, il est où mon t-shirt ? Chérie, t'as lavé mes fringues ? Est-ce que tu sais à quelle heure ferme la pharmacie ? » Etc, etc. On ne cherche pas, on demande à maman. D'ailleurs, ça me rappelle des souvenirs de quand j'étais petite où effectivement, on demande à maman. C'est aussi anticiper les besoins avant qu'ils existent. On veut faire plaisir, on veut prendre soin de ceux qu'on aime. Alors on anticipe sans même qu'ils le demandent. Et parfois même... Ça ne leur plaît pas qu'on anticipe, c'est ça qui devient complètement fou. On se crée aussi cette charge mentale. C'est également gérer l'ambiance émotionnelle. On essaye d'apaiser quand le couple se dispute, on essaye d'épargner les enfants. Quand on sent certaines tensions chez l'un, on essaye de compenser, d'apaiser pour l'autre. On porte le calendrier mental. Mais oui, c'est pas la peine de tout noter, c'est pas la peine de mettre des mémos, chérie, moi j'ai tout dans la tête. Ouais, mais moi aussi j'ai tout dans la tête et j'en ai beaucoup plus. C'est aussi surveiller que tout soit bien fait. Et penser au scénario, et si, et voir, en d'autres termes. Autrement dit, ce n'est pas la liste de tâches qui te tue, c'est la charge émotionnelle ajoutée à chaque ligne. Faire les courses n'épuise pas autant que penser à ce qu'il manque. Il n'y a plus de chocolat, il n'y a plus de coca, ce n'est pas toi qui le mange ou qui le boit, mais tu dois savoir que ça manque. Ça peut paraître un détail d'extérieur, mais un détail qui s'ajoute à cent mille autres, ça devient énorme. C'est craindre d'oublier quelque chose, se réveiller la nuit en voulant noter pour ne pas oublier, c'est entendre les reproches, parce que finalement, bah... Parfois on a peut-être fini. Par oublier. C'est gérer le budget. C'est prévoir les goûts de chacun. Le concret, fatigue. Je dirais que c'est une bonne fatigue d'exécuter. Le mental, use à petit feu. Tu demandes à ton fils de préparer son goûter. Comme tous les jours. Depuis des années. Au début, il était petit, c'est normal, tu finis par faire à sa place. Mais à un moment donné... Il grandit, il doit se responsabiliser et il y a des choses qu'il peut et qu'il doit faire par lui-même. Sauf qu'il ne le fait pas. Alors oui, à 16h30, il se rend compte à l'école qu'il n'a pas son goûter et il a faim. Objectivement, est-ce que c'est grave ? Non, ce n'est pas grave. La prochaine fois, il n'oubliera pas. S'il a vraiment faim, ce soir, il mangera bien à table. Mais intérieurement, toi tu prends quoi ? La contrariété. La culpabilité, l'agacement, le sentiment d'être seul à penser aux choses, la 153ème fois où on ne t'écoute pas. Puis tu demandes quelque chose à ton conjoint, la réponse est floue ou absente, encore une mini-charge. Parce que finalement, lui, ça ne l'impacte pas autant que toi. Pour lui, c'est pas grave, donc il passe à autre chose. Toi, ça te contrarie encore plus. Et une contrariété seule, c'est pas très grave, on est d'accord. Mais 10, 20, 30 dans la journée, elles deviennent un sac de pierres invisible. J'aimerais te donner une piste essentielle pour essayer de freiner cet engrenage, cette charge mentale. En partant de toi d'abord. Qu'est-ce que tu peux faire ? Tu peux travailler sur toi. pour la réduire. L'idée c'est d'arrêter de tout transformer en émotions. C'est pas évident, on s'en rend même souvent pas compte. Mais si on se penche un petit peu plus sur le sujet, si on prend le temps de le faire, d'observer, on se rend compte que c'est souvent le cas. Parfois les faits sont les faits. Ton fils n'a pas préparé son goûter, il aura faim, et tant pis. Ce n'est pas dramatique. Ce n'est pas de ta faute, ce n'est pas un drame éducatif. Ton conjoint oublie quelque chose, il en gérera les conséquences. Tu n'es pas obligé de convertir chaque manquement des autres en charge intérieure pour toi. Et ça change beaucoup de choses. Les trois vraies solutions que j'entrevois, même si pour moi le travail n'est pas encore abouti, Je croyais, mais je me suis bien rendu compte que ce n'était pas le cas. Mais en tout cas, je continue à chercher, à écouter ce que j'entends autour de moi, de la part de mes amis, de connaissances, de mes clientes. Et je vois trois solutions se détacher. Je te propose de les essayer. La première, c'est de déléguer le résultat et pas juste à la personne. la tâche. On entend souvent j'aide ma femme, j'aide ma mère, j'aide. Mais on ne te demande pas d'aider, on te demande de gérer un sujet entièrement, de A à Z. C'est ça, déléguer. Le résultat et pas juste la tâche. Parce que si on revient vers toi pour contrôler, pour te poser des questions, comment faire et quand, Pour vérifier si ça a été fait, tu restes le chef de projet. Tu ne délègues que l'exécution et la charge mentale reste bien sur toi. La deuxième solution, le deuxième axe de travail en tout cas, c'est d'être plus bienveillante avec toi. Tu n'es pas en échec parce qu'il manque un yaourt ou qu'un enfant a faim parce qu'il n'a pas fait son goûter. Tant pis. Et si ça ne plaît pas ? à quelqu'un autour de toi, ton conjoint, tes gosses, tes parents, ta sœur, ton frère, tes amis. Tant pis, c'est pas un drame. Toi et toi seul, c'est ce que tu fais à côté. C'est que tu as pensé à mille choses en même temps à ce moment-là. Alors il manque un yaourt, et bien ils l'auront la semaine prochaine. Le troisième axe, c'est de te détacher émotionnellement de certains faits. J'en ai parlé juste avant. Tout ne mérite pas ton stress. Tout ne mérite pas... ton énergie nerveuse. Ces dernières semaines, j'ai compris quelque chose de manière très concrète. Je me sentais stressée, tendue, moins sereine, avec cette impression étrange de beaucoup donner, sans vrai résultat visible. Je doutais davantage. Je doutais de moi, je doutais de tout, en fait. Je me suis lancée à mon compte en parallèle du salariat, pour oser vivre ce que j'avais envie de vivre, pour me sentir plus libre, pour aider les gens en tant que coach, comme j'aurais aimé qu'on m'aide il y a quelques années, pour montrer aux gens qu'on a le choix dans la vie. On n'est pas bloqué, ni dans une situation professionnelle, ni dans une situation privée. Je dis pas que c'est facile, je dis pas que c'est confortable, au contraire. Ça fait peur, mais on a le choix. On peut choisir de vivre autre chose, avec son lot d'avantages, son lot d'inconvénients. C'est toujours comme ça, tout n'est pas noir ou blanc dans la vie. Bref, je doutais d'être sur la bonne voie et en même temps j'avais pas du tout envie de revenir en arrière. Et en même temps je me sentais moins soutenue, moins comprise parfois. de mon entourage plus ou moins proche, comme si je devais continuer à tenir seule. J'avais choisi cette vie, j'avais choisi ce cumul, et le perfectionnisme, ce syndrome de la bonne élève qui me poussait depuis des années à être la meilleure, à bien faire les choses qui m'a beaucoup servi, là était en train de m'enfoncer. Jess, tu as choisi, donc non seulement tu assumes, mais en plus, tu vas être au top partout. Parce que c'est la seule voie. Et puis les signaux classiques sont arrivés. Le grignotage compulsif pour compenser, beaucoup plus qu'avant. Quelques cigarettes de trop pour avoir l'impression de souffler et de m'échapper. Le sommeil qui se dérègle de plus en plus. L'énergie qui chute de manière presque chronique. Et le moral qui vacille. Et puis, le choc, le corps qui parle plus fort. Douleur, inflammation, réaction sévère. Et puis s'ensuit la peur, la sensation de perdre le contrôle, la sensation de faire une chute vertigineuse, dont on n'est même pas sûr qu'on pourra se relever. Ça a été un vrai électrochoc. Parce que j'ai réalisé que je ne manquais pas seulement de discipline, de méthode ou de motivation. Je manquais surtout d'espace mental. Moi qui suis coach en développement personnel, je manquais d'espace mental. Je n'étais pas faible, j'étais saturée. Je n'en suis pas encore totalement sortie, pour être honnête, mais cette période m'a forcé à repenser beaucoup de choses dans ma vie. Mon rythme, mes limites, mon positionnement même, et surtout la manière dont j'ai envie d'aider. les femmes qui vivent ça en silence. Alors non, ça ne concerne pas que les femmes. Si tu es un homme et que tu écoutes cet épisode, tu es le bienvenu. J'accompagne aussi des hommes, et il y a aussi des hommes qui vivent cette, j'ai envie de dire, surcharge mentale, émotionnelle, qui sont sensibles, mais... Il faut se l'avouer, ça reste encore la majorité des femmes. C'est pour ça que mon discours s'adresse principalement aux femmes. J'ai envie de lancer, pour les personnes qui sont dans ce cas, qui cumulent peut-être plusieurs activités professionnelles, en plus de leur vie familiale, qui veulent être la meilleure partout et qui finalement... ont parfois l'impression de stagner ou que leur corps rappelle à l'ordre. J'ai décidé de créer SOS Charge Mentale, le kit de survie. Il n'est pas encore prêt, c'est assez récent. Mais j'aimerais, si tu veux me donner ton avis, si tu veux me dire de quoi tu aurais besoin, si tu es dans cette situation, à l'instant T, qu'est-ce qui serait urgent, qu'est-ce qui pourrait vraiment t'aider ? Je pensais à des audios. pour apaiser le mental, de sophrologie par exemple, des scripts pour t'aider à poser des limites, avec ton entourage, tes collègues ou ton conjoint. Des exercices pour apprendre à mieux te connaître, à savoir ce qui est le mieux pour toi, parce qu'il n'y a pas de recette miracle. Un plan d'urgence quand tout déborde, des vidéos, des checklists, des outils qui peuvent être imprimés ou partagés avec ton entourage pour vous organiser. pour ne pas avoir à répéter 15 fois quelle est la pointure du petit dernier, ou quand est prévue la prochaine sortie ou le prochain rendez-vous chez le dentiste. Bref, dis-moi de quoi tu aurais besoin. Et j'ai aussi envie de lancer une série de vidéos, un truc pour se défouler, pour décomplexer, qui s'appellerait « Décharge mentale » . Le principe, ce serait... que tu me partages une prise de conscience ou une toute petite action que tu as aidée. Qui t'a aidée, pardon. Un moment où tu as eu cette charge mentale qui a explosé. Soit tu me racontes ce qui s'est passé, soit tu me racontes ce qui t'a aidée. Et j'en ferai une vidéo courte pour aider peut-être une autre femme qui vit la même chose. Parce qu'on n'a pas toujours besoin d'une révolution. Parfois, une idée juste au bon moment change déjà une journée. Ce que j'aimerais que tu retiennes de cet épisode, c'est que tu as le droit d'être ambitieuse sans t'excuser. Tu as le droit d'aimer ta carrière et ta famille. Tu as le droit de réussir sans payer ça par l'épuisement silencieux. Et surtout, tu n'as pas à porter seul ce qui concerne plusieurs personnes. Ce n'est pas parce que tu es capable de tout gérer que tu dois tout absorber. J'espère que cet épisode a levé quelques doutes en toi ou t'a ouvert de nouvelles perspectives. Si c'est le cas, je t'invite à me laisser un commentaire ou à partager cet épisode à quelqu'un qui, comme nous, a une valeur travail très forte, mais pour qui le moment est peut-être venu d'évoluer, de donner du sens à tout ça, sans y laisser des plumes, que ce soit dans sa vie familiale ou dans son équilibre personnel. Pour approfondir la réflexion, abonne-toi à ma newsletter « Crise de vie » . J'y développe certains points un peu plus en profondeur. Et sinon, je te donne rendez-vous sur LinkedIn ou sur Instagram, jessicalavidcoaching. Tous les liens sont dans la description de cet épisode. A très vite !