Speaker #0On dit tous vouloir être libre, faire ce qu'on veut, quand on veut, sans patron, sans contrainte, sans rendre de compte. Mais est-ce qu'on est vraiment prêts à ce que la liberté implique ? Ce matin, j'écoutais le dernier épisode de Marketing Square avec Jean-Michel Caram, très intéressant pour alimenter ma réflexion sur ce sujet. Parce qu'à un moment, il dit que sa valeur la plus importante, c'est la liberté. Et il ajoute que cette liberté implique énormément de responsabilités. Et je crois qu'on parle très peu de ça, du fait que beaucoup d'entre nous rêvent de liberté, jusqu'au moment où ils réalisent qu'elles obligent aussi à devenir responsables de ses propres choix et de ses propres limites. Qu'est-ce que ça veut vraiment dire, faire ce qu'on veut ? Sans peur, sans cadre, sans conséquences, sans aucune limite ? Et toi, jusqu'où irais-tu si plus rien ne semblait vraiment te retenir ? Tu écoutes Crise de vie et Transition professionnelle, le podcast des 40 ans et plus en plein doute professionnel et souvent identitaire. Je suis Jessica David, coach professionnel certifié, mais surtout rescapé d'une crise de la quarantaine précoce. Et dans Crise de vie, je t'aide à comprendre ce qui se joue dans ta tête et à reprendre ton pouvoir de décision quand le pro et le perso s'entrechoquent. C'est parti pour l'épisode du jour. Bienvenue dans l'épisode 7 du podcast « Crise de vie et transition professionnelle » . Est-ce que vivre sans limites rend vraiment libre ? C'est la question que j'ai envie de te poser aujourd'hui. On parle beaucoup de liberté, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Avoir la liberté de son temps, de son argent, de parole, de ses décisions ? Moi, j'ai envie de te parler du vertige qu'on ressent quand on n'a plus aucune limite. C'est ce que j'ai ressenti quand j'ai découvert le développement personnel. J'étais à un moment de ma vie où j'avais l'impression d'être bloquée. J'étouffais dans une vie où j'avais l'impression que ma route était déjà toute tracée et que ce qui me plaisait ou ce qui ne me plaisait pas, en fait, peu importait. Ça allait continuer comme ça pour toute ma vie finalement et je n'étais pas sûre que ce soit ce que je voulais. J'ai réalisé qu'en fait j'avais le choix, que j'avais beaucoup plus d'options. que ce que j'imaginais. Bien sûr, j'avais peur, c'est ce qui me bloquait. Mais en réalisant que j'avais tout ce champ des possibles et que ma seule limite, c'était moi-même finalement. On l'entend souvent, ça. Ça a été violent pour moi, parce que je me suis rendue compte que j'étais une bonne élève qui respecte les règles, qui avait besoin d'un cadre, d'une structure et qui a été heureuse comme ça pendant 30 ans. Là, je me rendais compte que j'étais capable d'aller très loin sans limite. En fait, j'en avais l'impression. J'avais peur d'aller trop loin, sans aucune limite, ni par rapport à la loi, ni par rapport à la société, ni par rapport à certaines valeurs de justice, de loyauté, de respect, de fidélité, ou je ne sais quoi. Si je remettais tout ça en question, jusqu'où je pouvais vraiment aller pour ma liberté ? Tout foutre en l'air, tout quitter, abandonner, femme et enfant comme on dit. En fait cette phrase, ta seule limite c'est toi-même, ça veut aussi dire que plus personne ne te protège de toi-même. Alors dans cet épisode, j'ai envie de parler de ça, de cette peur, de ces responsabilités, de ce besoin de cadre finalement, de la peur d'aller trop loin et de cette étrange confusion que beaucoup de gens ressentent. La liberté, ce n'est pas une perte totale de contrôle. Ça ne veut pas forcément dire faire n'importe quoi. Un jour, je me plaignais de mon couple, encore une fois, de ma vie. Et quelqu'un m'a posé une question qui m'a coupé net. Qu'est-ce qui t'empêche réellement, Jessica, de faire ce que t'as envie aujourd'hui ? Et soyons plus clairs, en quoi ton conjoint t'en empêche-t-il ? J'ai immédiatement commencé à me justifier. Mon fils a besoin de stabilité, évidemment. Je ne peux pas prendre des risques inconsidérés. Pour ma famille, avec tout ce que j'ai construit aujourd'hui, ma carrière, je ne peux pas partir sur un coup de tête. Et je ne peux pas faire n'importe quoi. Bien sûr, il y avait du vrai là-dedans. Des responsabilités réelles, une vie en construction. et des choses déjà établies, des pierres posées, bien ancrées, des conséquences possibles, réelles, des contraintes concrètes. Mais avec le recul, j'ai vu, je vois en tout cas aujourd'hui, qu'il y avait dans ces phrases, souvent au conditionnel d'ailleurs, des suppositions, des croyances, des peurs, mais beaucoup de présomptions non vérifiées. Par exemple... Je supposais que changer de travail allait forcément détruire ma stabilité familiale, mon équilibre si tant est qu'il existait. Je supposais que mes proches seraient forcément déçus, eux qui me voyaient faire une grande carrière, aller très loin, très haut. Je supposais aussi qu'écouter mes envies ferait automatiquement de moi quelqu'un d'égoïste, qui pense qu'à elle, qui est irresponsable. Moins encore que sortir du cadre... me mènerait forcément à l'explosion de tout, de ma famille, de mon couple. Bref. En fait, j'avais testé quasiment aucune de ces hypothèses. On suppose souvent ce que les autres pensent, ce qui risque de se passer, on se fait des films catastrophes. On n'en dort plus d'ailleurs le soir. Et je crois qu'on est nombreux à faire ça. La seule limite, c'est toi-même. On a l'impression comme ça que ça veut dire que tu te bloques tout seul. Et c'est vrai, c'est souvent interne, c'est souvent des peurs et des croyances qui nous bloquent. Mais je crois aussi que ça veut dire que si t'es vraiment libre, alors c'est à toi de décider où t'arrêter. Et ça, on n'y pense pas forcément ou c'est inconscient, mais c'est vraiment vertigineux. Parce que tant que t'as des règles, un travail, des procédures, des attentes précises, un couple... La société, le regard des autres, ton éducation, ça te sert de limite. Tu restes contenu, tu restes protégé. Tu peux toujours dire « non, je ne peux pas, je ne peux pas, je n'ai pas le droit, j'ai des valeurs, j'ai des règles, j'ai été éduqué comme ça, en fait. » Mais le jour où quelqu'un te renvoie cette question, et si en réalité, tu pouvais, alors là, tu te retrouves face à toi-même. Et je crois que c'est ça qui m'a fait peur. C'est pas la liberté en soi, je la veuille toujours et j'y travaille chaque jour, mais c'est l'absence de limites externes. Encore une fois, moi, la bonne élève qui suit les règles, qui aime même étudier le droit, je me disais, ok, il y a une autre voie, je peux faire autrement, c'est génial, mais sans limites. Je m'arrête où ? Avant de tomber. avant d'aller trop loin. Et ça, c'est pour moi ce qu'il faut creuser. Ça veut dire quoi aller trop loin ? Parce que c'est hyper subjectif. Ça dépend chacun, ça dépend de ta vie, ça dépend d'où tu habites, etc. Quand on est raisonnable, structuré, bien élevé, bon élève, perfectionniste, très structuré, très cadré, la liberté peut faire peur au point que notre cerveau imagine immédiatement des extrêmes. C'est ce qui m'est arrivé. Quand je réfléchissais à l'idée d'être libre, mon cerveau partait parfois très loin. Des excès en tout genre, des addictions, des comportements irresponsables, compulsifs, des décisions impulsives, de tout foutre en l'air, de partir vivre à l'autre bout du monde, de quitter mon conjoint, mes amis, tout. Et parfois même la peur de devenir quelqu'un que je ne reconnaissais plus, vu que je ne savais plus vraiment qui j'étais et ce que je voulais à ce moment-là. J'en avais pas envie, mais je pense que mon cerveau à ce moment-là essayait de mesurer jusqu'où un être humain pourrait aller si plus rien ne le contenait vraiment. Et tu te reconnais dans ça, dans cette sensation de vouloir avancer tout en ayant peur de ce qui pourrait changer dans ta vie. Déjà, sache que c'est normal. Le but n'est pas ni même la conséquence de tout foutre en l'air. Le but, c'est d'apprendre à avancer, à te révéler, à oser être toi jusqu'au bout des doigts. Pas devenir une personne complètement différente. Ni faire exploser en plein vol tout ce que tu as déjà construit jusqu'à maintenant, avec ton ancien toi et ses propres limites. C'est exactement ça que je travaille avec les personnes que j'accompagne. Les aider à sortir du blocage, retrouver une direction claire et avancer vers une transition professionnelle plus alignée. à la fois avec qui ils sont, mais également avec la vie personnelle et l'environnement familial qu'ils ont déjà bâti. Ça, c'est très important pour que ça puisse être durable et assumé. Parce qu'entre rester figé et tout détruire, dis-toi qu'il existe un immense espace que beaucoup de gens n'osent même plus envisager. Avec le recul, je crois que ma vraie peur n'était pas de devenir... hors de contrôle ou de partir vivre dans une secte au Pérou après avoir branqué une banque. Non. Je crois que c'était juste de cesser d'être la fille sage, obéissante. En fait, celle que j'étais avant, celle que j'ai construite jusqu'à maintenant, ou jusqu'à ce moment-là du moins. J'avais peur de décevoir certaines attentes, de sortir du personnage raisonnable, de dire non. vraiment de choisir pour moi, de prendre une décision que tout le monde ne valide pas forcément. Et ça, pour beaucoup de profils comme le nôtre, c'est déjà énorme intérieurement. Parce qu'on a souvent construit notre identité autour du fait d'être fiable, responsable, raisonnable, rassurant pour les autres. Que ce soit dans la vie perso et même, même surtout, dans la vie pro. Alors forcément, quand la vie commence à nous demander ce qu'on veut vraiment, ça secoue. Et je crois qu'on vend parfois une version très romantisée de la liberté, comme si quitter le cadre, écouter ses envies, reprendre sa vie en main, allait automatiquement procurer une sensation de paix immédiate. Je suis libre, j'ai atteint mon objectif, tout va mieux, tout est réglé. Mais en fait, cette liberté, forcément, elle implique des responsabilités, de la maturité, de la lucidité. Et bien évidemment, de faire des choix. C'est comme ça, rien n'est facile, rien n'est confortable pour réussir à l'atteindre, à l'avoir cette liberté tant espérée. À un moment, plus personne ne décide à ta place. Et ça, à la fois c'est grisant, mais c'est aussi terrifiant. Parce qu'il faut apprendre à devenir son propre cadre. Je crois que c'est une nuance essentielle. Aujourd'hui, on oppose souvent la liberté, c'est bien, c'est génial. Les limites, c'est mal. Ce sont des freins à ton évolution, à ton bien-être, à ton bonheur. Non, je ne pense pas que ce soit si simple. Je pense que certaines limites nous enferment parce que ce sont des choses qui ne sont pas forcément vraies, mais que l'on croit vraies. Et surtout, ce sont des choses qui ont peut-être été vraies ou bénéfiques pour nous pendant 20, 30, 40 ans ou plus, et qu'aujourd'hui, ne le sont plus. Sauf qu'on continue d'agir par rapport à ça, parce que c'est tout ce qu'on a connu et de ce dont on était sûr jusque-là. Mais certaines limites nous protègent, nous structurent, nous responsabilisent justement, et nous empêchent de nous perdre et de partir dans tous les sens. Donc... Le but, ce n'est pas de supprimer toutes les limites à mon sens, mais plutôt d'identifier quelles limites nous protègent et lesquelles nous empêchent simplement de vivre et d'avancer vers nos objectifs. Et ça, personne ne peut répondre à notre place. Il n'existe pas de réponse parfaite. Je le disais tout à l'heure, c'est hyper subjectif. Parce que nos vraies limites se découvrent souvent là. où notre liberté rencontre notre capacité à assumer les conséquences de nos choix. Je répète un peu ma réflexion, parce que c'est vraiment la base de ma pensée. Nos vraies limites se découvrent souvent là où notre liberté rencontre notre capacité à assumer les conséquences de nos choix. Oui. Parce qu'à un moment donné, tu vas être libre de faire ce que tu veux. Sauf que derrière, il faut en assumer les conséquences. Il y en aura forcément. Ce ne sera pas forcément évident, mais tu vas voir que le bénéfice, il va être plus élevé. Donc tu vas dire, c'est OK. Et à un moment donné, le bénéfice ne sera plus suffisamment élevé par rapport à la limite que tu dépasses, à ses conséquences. Dans ce cas-là, tu ne seras plus capable d'assumer. ce choix et tes actions, tu vas dire ok, j'ai étendu un peu ma limite, ma liberté, pardon, mais j'ai atteint cette nouvelle limite, je pense que là moi, je suis bien ici. J'ai pas envie d'aller plus loin. J'aime pas ce qui se passe quand je vais plus loin. Et ça, on peut pas le théoriser éternellement. Le seul moyen de le trouver, c'est de tester. Petit à petit, évidemment. Un pas après l'autre. Et de voir ce qui nous fait grandir, ce qui nous fait du mal, ce qui nous aligne, ce qui nous éloigne ou nous rapproche de nous-mêmes. Voilà. Pendant longtemps, je pensais que devenir libre... Ça voulait dire ne plus avoir de limites, enfin, faire ce que je veux. Je crois, après plusieurs années d'exploration et de tests, de réussite, d'échec, que la vraie liberté, c'est d'apprendre à choisir consciemment ses limites, celles qui nous permettent de rester nous-mêmes ou de le devenir, sans nous éteindre, sans nous faire plus de mal que ce qu'on ressentait déjà avant. Est-ce que... J'ai le droit, je pense que c'est cette question qu'on doit en fait dépasser pour trouver la liberté. Ne pas se demander si j'ai le droit. Le droit par rapport à qui, par rapport à quoi ? C'est plutôt qu'est-ce que je suis prêt ou prête à assumer ? J'espère que cet épisode a levé quelques doutes en toi ou t'a ouvert de nouvelles perspectives. Si c'est le cas, je t'invite à me laisser un commentaire. ou à partager cet épisode à quelqu'un qui, comme nous, a une valeur travail très forte, mais pour qui le moment est peut-être venu d'évoluer, de donner du sens à tout ça, sans y laisser des plumes, que ce soit dans sa vie familiale ou dans son équilibre personnel. 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