Description
#CultivonsLesEchanges le podcast qui donne la parole à ceux qui font l'agriculture d'aujourd'hui et de demain.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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#CultivonsLesEchanges le podcast qui donne la parole à ceux qui font l'agriculture d'aujourd'hui et de demain.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Vous écoutez le podcast Cultivons les échanges proposé par InVivoHack, le podcast qui donne la parole à ceux qui font de l'agriculture d'aujourd'hui et de demain. Ce podcast est à retrouver sur toutes vos plateformes d'écoute et sur YouTube.
Bonjour, bienvenue dans ce podcast Cultivons les échanges. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir deux spécialistes qui sont avec moi. On va parler d'un sujet passionnant, un sujet qui parfois peut être polémique, un sujet qui pose des questions. sur l'élevage et la décarbonation. J'ai avec moi Odé Tressereau, qui travaille dans un institut technique sur les ovins.
Une organisation professionnelle.
Une organisation professionnelle, pardon. Et je suis avec Frédéric Lévin, qui est directeur marketing de Semences de France. Donc, as-tu encore besoin de présenter Semences de France ? Frédéric nous le redira. Donc voilà, pour rentrer dans le vif du sujet, on m'a aussi voulu... parler de ce sujet de l'élevage et la décarbonation parce que parfois aussi on entend dans l'espace médiatique, dans la société, que moins d'élevage égale moins d'impact environnemental. Audrey, en ta qualité de professionnelle, je te pose cette question. Comment on peut déjà un peu démonter cette idée reçue ?
Alors, effectivement, l'élevage contribue par les activités inhérentes aux productions d'élevage. aux émissions de carbone, mais effectivement, on a aussi des services qui sont rendus à l'élevage par l'élevage. Alors moi, je connais plutôt l'élevage herbivore et notamment l'élevage au vin, ne serait-ce que par l'intérêt que peuvent représenter les prairies, par leur rôle de puits de carbone, de capacité à capter du carbone, tout ce qui va être aussi les infrastructures, les haies, etc. Leurs intérêts aussi pour la biodiversité. Sur des prairies permanentes par rapport à des cultures, on a une biodiversité qui est démontrée un peu plus intéressante de la diversité autant sur le plan faunistique que floristique. Et puis les prairies vont jouer aussi un rôle de filtre. Donc si on se projette avec un scénario sans élevage, il risque de se poser un certain nombre d'autres difficultés à gérer aussi sur le plan environnemental. Voilà, c'est un... On entre en matière très large, mais voilà déjà ce qu'on peut dire.
Oui, parce qu'on a parlé aussi, par exemple, des paysages. On peut parler de téléphonistique. J'imagine que pour ceux qui nous écoutent, qui ne sont pas forcément à l'aise, on parle quoi ?
On peut parler de la vie des sols. Effectivement, les corridors écologiques peuvent représenter les haies pour tous les animaux qui peuvent être présents dans ces haies.
et s'y nourrir aussi. J'imagine que ça y contribue.
Dans certaines zones, dans les zones intermédiaires que je connais bien, l'élevage, quand il disparaît, soit il est remplacé par des cultures, soit il peut être remplacé par la friche. Des fois, c'est aussi le dernier rempart à la déprise totale des territoires.
Je me tourne à Frédéric. Cette question est un peu provocatrice. un monde sans élevage, quel impact aussi sur les grandes cultures ? Parce que, bon, j'ai peut-être un mot sur Semence de France, puis après on répond à la question.
Oui, ben, comme tu as dit, je ne vais pas représenter Semence de France, mais on est le premier semencier français. Mais l'élevage, pour moi, va avec la polyculture, parce qu'aujourd'hui, il y a des enjeux sur la fertilité, la fertilité des sols, on parle beaucoup de matière organique, on parle beaucoup d'engrais décarbonés, et l'élevage. produit des effluents qui pour moi peuvent être une source d'engrais pour la grande culture, pour la polyculture qui est décarbonée dans un sens donc c'est cette polyculture élevage, moi j'associe les deux c'est très intéressant, on parle aussi de les prairies, les systèmes herbagés c'est vraiment des pompes à carbone, c'est démontré surtout lorsqu'on va associer pas mal d'espèces, on va faire des mélanges d'espèces, on va y mettre des légumineuses, qui sont des espèces qui captent l'azote naturellement dans l'air. Donc ça va être intéressant, puisque là, on va s'affranchir des engrais dits de synthèse. Donc oui, l'élevage, bon, je n'ai pas les chiffres en tête, je n'ai pas travaillé cette partie-là, mais si on faisait une balance sur la balance carbone de l'élevage, je pense que pour moi, elle serait très positive.
Et pourtant, je me tourne vers Audrey, Hum... On observe aujourd'hui une baisse du nombre d'élevages ou d'éleveurs, je ne sais pas comment on va dire. C'est une profession qui recule un petit peu en termes d'attractivité. Comment on redonne de l'attractivité ?
Aujourd'hui, sur l'attractivité du métier, je pense qu'il y a effectivement un gros sujet autour des conditions de travail, de l'organisation du travail. Le monde de l'élevage, ce sont des métiers qui sont très pourvoyeurs de main-d'oeuvre. Donc, on a besoin de gens, de personnes pour travailler et, si possible, qualifier. Mais il y a aussi tout le côté santé au travail, des équipements, etc. Et c'est vrai que peut-être par rapport... C'est un ressenti, mais peut-être que par rapport au monde végétal, c'est un champ qui a peut-être un petit peu moins travaillé, ou en tout cas, il n'y a pas forcément les capacités d'investissement pour les éleveurs. On a eu il y a quelques années les robots de traite, par exemple, qui sont arrivés dans les exploitations laitières. En élevage au vin, on a des petits équipements qui peuvent faciliter le quotidien, mais qui ne sont pas forcément pour autant très répandus dans le monde du travail. Donc ça, c'est un premier point qui peut être travaillé. Et puis après, il y a aussi... la question de la transmissibilité des exploitations et de comment on permet aussi à des jeunes porteurs de projets de pouvoir s'installer en élevage. Et aujourd'hui, il y a un certain nombre de difficultés quand même qui perdurent.
Justement, plus concrètement, si tu es capable d'en parler, mais qu'est-ce qui est bloquant aujourd'hui ? Alors que, pardon, on a vu que quand même, et qu'aussi techniquement parlant, je ne sais pas si ce mot existe, mais à un moment donné, on voit qu'il y a quand même un cercle vertueux. Comment on redonne envie un petit peu aux jeunes qui s'orientent dans ces voies-là de retravailler dans l'élevage ?
Aujourd'hui, les freins que nous, on peut voir sur le monde de l'élevage au vin, ça peut être une inadéquation entre les systèmes qui sont à transmettre et les porteurs de projets qui sont quand même plutôt orientés vers une diversification des activités et donc des revenus pour l'exploitation. On a aussi la question du portage du capital, du financement du capital, qui est aujourd'hui, hors cadre familial, très compliqué de pouvoir financer le capital. En élevage au vin, on est un peu mieux lotis parce qu'on a des cycles d'investissement plus courts, des investissements peut-être un peu moins importants que dans d'autres élevages. Et puis il y a la question des sociétés, où dans une transmission, des comptes courants associés peuvent aussi parfois être très lourds. Il y a tout un tas de questions peut-être à retravailler collectivement et certainement des choses à travailler. Et puis après, il y a aussi le côté de sécuriser des débouchés sur des marchés qui restent. Alors c'est vrai que depuis quelques temps, on peut dire que les cours de la viande, par exemple, ou des produits animaux en général se portent mieux. Il n'empêche que les charges ont augmenté en face et qu'on reste quand même sur des marchés très volatiles. En élevage ovale, en dernier, on a eu des très fortes variations des prix entre Pâques et le mois de juillet. ça peut quand même impacter fortement les exploitations. Il y a aussi la question des structurations des filières qui permettent aussi de sécuriser des débouchés. Ou pourquoi pas, certaines coopératives qui travaillent dans nos filières ont mis en place des prix minimum garantis pour les éleveurs sur une certaine durée, ce qui permet aussi de rassurer le partenaire bancaire sur le projet.
Homogénéiser le revenu. Dans d'autres podcasts, on a souvent entendu parler aussi de cette... structuration des filières. C'est quand même un mot qu'on entend souvent, en tout cas une expression qu'on entend souvent revenir. Frédéric, de ton côté, de côté terrain, côté distribution, le fait que l'élevage connaisse un peu des soubresauts, des évolutions, est-ce que ça se ressent sur le marché, la façon dont Semence de France travaille aujourd'hui ?
Nous, on va... Nous, on travaille sur des solutions semencières. Donc on essaie d'appréhender vraiment l'exploitation dans son ensemble et aujourd'hui notre volonté c'est de travailler sur l'autonomie fourragère au niveau de l'exploitation, donc pour la rentabilité de l'exploitant, le travail avec le distributeur, donc un conseil global entre des fois des cultures qui peuvent s'opposer, mais du maïs dans son ensemble, mais aussi avec le système herbagé. Proposer vraiment une sécurité au niveau de l'agriculteur pour approvisionner, nourrir son troupeau, c'est ça l'enjeu, avec beaucoup de changements climatiques aussi, il faut le dire. Ce qui peut amener des volatilités de prix, de rentabilité. Et donc on développe des conseils qu'on appelle, on a commencé une expérimentation des pré-climatiques depuis deux campagnes, ça va faire la deuxième campagne de résultats. Le but, c'est d'amener des propositions aux distributeurs et éleveurs pour produire le fourrage. On ne peut pas trouver la plante qui va pousser sans eau, ça n'existe pas et ça n'existera pas. Même un cactus a besoin d'eau. Par contre, comment on peut adapter avec ce qu'on a aujourd'hui pour garantir de l'approvisionnement en fourrage pour l'exploitant, en intégrant le maïs, les fourragères, les fourragères en mélange, ou solo aussi parfois. Mais c'est là-dessus qu'on travaille au niveau agronomique.
Donc vous travaillez sur une sorte de suivi, une sorte de gamme de suivi qui couvre... toute la saisonnalité de la vie de la ferme, vous avez dit d'ailleurs.
C'est notre souhait. Et puis regardez aussi comment on produit de l'herbe aujourd'hui. Et c'est de voir la production d'herbe, enfin d'herbe, c'est au global, c'est de forage plutôt, de demain avec des systèmes soit en moyenne montagne, parce que même en moyenne montagne on peut être impacté, dans l'Est avec des gros accouts climatiques. Souvent on pense changement climatique, on pense sécheresse, mais il n'y a pas que ça. Moi je parle plutôt d'accouts climatiques. ou aussi sur la façade de l'Atlantique. C'est sûr que quand on est en Bretagne ou dans le Nord, on est un peu mieux servi que les autres, mais il faut qu'on pense aux autres régions. Et pour ça, on a cette expérimentation qui est en cours.
Ça aussi, Audrey, c'est quelque chose. Là, on rentre tout doucement sur la thématique du changement climatique, en tout cas du dérèglement climatique qu'on observe. On voit un hiver particulièrement pluvieux. Je pense que tout le monde l'aura remarqué. Remarquez, comment de votre côté vous anticipez ça ? Comment vous travaillez ces changements à venir ? Parce que j'imagine qu'il y aura des changements de pratiques du côté des ovins aussi.
Oui, effectivement, les agriculteurs au sens large sont tous au premier poste par rapport aux changements climatiques. Aujourd'hui, c'est vrai qu'en quelques années, on a pu voir aussi des stratégies qui ont évolué dans les mélanges qui sont mis en place dans les prairies. Aussi dans les stratégies autour des stocks de fourrage, auparavant, dans la zone intermédiaire nord-nouvelle aquitaine, il y avait un stock fourragé qui était prévu pour la période hivernale, un petit stock pour la période estivale. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus important parce qu'on a ces phénomènes de sécheresse à répétition, il faut affourager. Effectivement, il y a aussi de l'investissement sur du matériel. peut-être auparavant en Kuma, de ce genre de choses. On voit des adaptations au niveau des exploitations agricoles. Après, nous, collectivement, on essaye... Parce que le changement climatique pose aussi en élevage des questions, des problématiques aussi sur la partie sanitaire. On a des... Typiquement, on a eu la FCO, la fièvre cataralovine qui nous a touchés, où effectivement, il y a eu des conditions qui ont aussi favorisé le déploiement de... du vecteur sur des zones qui étaient un petit peu moins touchées en l'espace d'un an. Donc il y a tous ces enjeux-là aujourd'hui qui sont aussi impliqués avec le changement climatique. On essaye de travailler, alors les instituts techniques comme l'Institut de l'élevage, les lycées agricoles aussi mènent en lien avec ces instituts-là des expérimentations. Et je sais que nos éleveurs sont quand même très... Il y a beaucoup d'échanges entre pairs, etc. nous, au niveau des structures On essaye de porter des projets d'intérêt pour eux, de recherche ou ce genre de choses. C'est plutôt comme ça qu'on gère le problème à date.
Frédéric, je reviens sur ce côté Semences de France. On entend ça, on le sait, on l'anticipe. Aujourd'hui, comment on travaille chez Semences de France pour développer des variétés, des gammes de produits qui correspondent à ces variabilités climatiques ? C'est quoi ? C'est un travail de... de 5 ans, 10 ans avant, et puis pour en arriver sur le marché, là, dans les 5 ans à venir, comment se...
Alors, il peut y avoir de vue. Soit on attend que les obtenteurs, ceux qui ont créé les variétés, créent la variété de demain. En fourragère, ça prend plus de 10 ans.
10 ans, d'accord.
On va déposer, ou ils vont fixer les variétés, là, pour les avoir dans 10 ans. Et nous, on se dit, il ne faut pas attendre 10 ans. Merci. Notre volonté, c'est de travailler avec le matériel qu'on a actuellement, mais de l'associer, de le combiner différemment, travailler peut-être avec des espèces, bouger un peu les pratiques, peut-être changer les pratiques de récolte, essayer de travailler plus tôt. On va appeler ça des mélanges évictions. Donc on va éviter les grosses périodes de sécheresse ou d'accouts climatiques qu'on peut avoir en juin, essayer de faire du stock de fourrage plus tôt dans l'année. C'est vrai que ça bouscule un peu les schémas, il faut que ça s'organise aussi avec des schémas de vélage, avec des organisations, et puis refaire un petit stock fourragé aussi l'hiver, des périodes où on n'avait pas l'habitude d'exploiter les prairies. changer tout doucement les pratiques, voir si c'est compatible avec les calendriers agronomiques, les calendriers aussi des agriculteurs dans leur travail de tous les jours.
Donc quand je vous écoute, je me dis quand même que d'abord les problématiques sont prises en compte et qu'il y a vraiment un travail de transition à accompagner aujourd'hui pour accompagner les éleveurs, en tout cas les éleveurs au vin notamment, pour faire face à ces changements climatiques. Et que finalement, si on revient sur le sujet de départ, que l'élevage fait partie d'un tout et d'un écosystème global et participe aussi bien une partie d'émissions, mais aussi une partie de captage du carbone, travaille autrement pour le territoire à travers la préservation de la biodiversité, etc. Donc il y a vraiment encore quelques idées reçues à casser et c'était bien d'avoir cet échange tous ensemble. Pour conclure l'échange, j'aime bien, on a une petite tradition dans notre podcast, c'est, je vous vois sourire. Vous avez peut-être déjà regardé. On a des cartes comme ça, avec des mots dessus, qui font un lien avec l'agriculture. Et ce que je vous propose en conclusion, c'est de tirer une carte, en prendre connaissance, et puis en fonction du mot que vous trouvez, on ne triche pas, je vous promets, en fonction du mot que vous tirez, pour faire une conclusion. Frédéric, tu vois, je ne pousse pas une carte particulièrement. Aïe, Audrey, je te vois. Je t'ai dit mince, comment je vais faire, c'est ça ? Tu es tombée sur quoi ?
Je suis tombée sur le mot main.
Main.
Donc j'y associe pas mal de choses. Il y a en premier lieu forcément la main de l'élevage et de l'éleveur et des éleveuses, qui est important aujourd'hui dans tous les... C'est vraiment un métier manuel finalement dans l'agricole. Et puis il y a la main aussi, le partenariat et les poignées de main qui sont nécessaires, je pense pour permettre aussi des... de relever les défis qui nous attendent sur ces enjeux de transition écologique ?
Alors moi j'ai le mot horizon. Pour moi l'horizon c'est qu'on se projette. Je pense que l'horizon en agricole il est positif. Il faut voir, même si le monde agricole vit des crises, il faut toujours voir un horizon positif. Moi je crois beaucoup avec des nouveaux agriculteurs, de même si... Ce n'est pas facile de s'installer, mais il faut avoir un horizon lointain, un bel horizon. Et ce serait mon message. On évolue. C'est un monde qui évolue grandement. Les agriculteurs, on voit dans toutes les thématiques des podcasts, il y a plein de thématiques qui bougent. Et puis, je suis très optimiste pour avoir un horizon très positif sur l'agriculture de demain. Merci à tous les deux.
Merci.
Merci. Merci.
Vous écoutez le podcast « Cultivons les échanges » proposé par InVivoHive. Ce podcast est à retrouver sur toutes vos plateformes d'écoute et sur YouTube.
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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Vous écoutez le podcast Cultivons les échanges proposé par InVivoHack, le podcast qui donne la parole à ceux qui font de l'agriculture d'aujourd'hui et de demain. Ce podcast est à retrouver sur toutes vos plateformes d'écoute et sur YouTube.
Bonjour, bienvenue dans ce podcast Cultivons les échanges. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir deux spécialistes qui sont avec moi. On va parler d'un sujet passionnant, un sujet qui parfois peut être polémique, un sujet qui pose des questions. sur l'élevage et la décarbonation. J'ai avec moi Odé Tressereau, qui travaille dans un institut technique sur les ovins.
Une organisation professionnelle.
Une organisation professionnelle, pardon. Et je suis avec Frédéric Lévin, qui est directeur marketing de Semences de France. Donc, as-tu encore besoin de présenter Semences de France ? Frédéric nous le redira. Donc voilà, pour rentrer dans le vif du sujet, on m'a aussi voulu... parler de ce sujet de l'élevage et la décarbonation parce que parfois aussi on entend dans l'espace médiatique, dans la société, que moins d'élevage égale moins d'impact environnemental. Audrey, en ta qualité de professionnelle, je te pose cette question. Comment on peut déjà un peu démonter cette idée reçue ?
Alors, effectivement, l'élevage contribue par les activités inhérentes aux productions d'élevage. aux émissions de carbone, mais effectivement, on a aussi des services qui sont rendus à l'élevage par l'élevage. Alors moi, je connais plutôt l'élevage herbivore et notamment l'élevage au vin, ne serait-ce que par l'intérêt que peuvent représenter les prairies, par leur rôle de puits de carbone, de capacité à capter du carbone, tout ce qui va être aussi les infrastructures, les haies, etc. Leurs intérêts aussi pour la biodiversité. Sur des prairies permanentes par rapport à des cultures, on a une biodiversité qui est démontrée un peu plus intéressante de la diversité autant sur le plan faunistique que floristique. Et puis les prairies vont jouer aussi un rôle de filtre. Donc si on se projette avec un scénario sans élevage, il risque de se poser un certain nombre d'autres difficultés à gérer aussi sur le plan environnemental. Voilà, c'est un... On entre en matière très large, mais voilà déjà ce qu'on peut dire.
Oui, parce qu'on a parlé aussi, par exemple, des paysages. On peut parler de téléphonistique. J'imagine que pour ceux qui nous écoutent, qui ne sont pas forcément à l'aise, on parle quoi ?
On peut parler de la vie des sols. Effectivement, les corridors écologiques peuvent représenter les haies pour tous les animaux qui peuvent être présents dans ces haies.
et s'y nourrir aussi. J'imagine que ça y contribue.
Dans certaines zones, dans les zones intermédiaires que je connais bien, l'élevage, quand il disparaît, soit il est remplacé par des cultures, soit il peut être remplacé par la friche. Des fois, c'est aussi le dernier rempart à la déprise totale des territoires.
Je me tourne à Frédéric. Cette question est un peu provocatrice. un monde sans élevage, quel impact aussi sur les grandes cultures ? Parce que, bon, j'ai peut-être un mot sur Semence de France, puis après on répond à la question.
Oui, ben, comme tu as dit, je ne vais pas représenter Semence de France, mais on est le premier semencier français. Mais l'élevage, pour moi, va avec la polyculture, parce qu'aujourd'hui, il y a des enjeux sur la fertilité, la fertilité des sols, on parle beaucoup de matière organique, on parle beaucoup d'engrais décarbonés, et l'élevage. produit des effluents qui pour moi peuvent être une source d'engrais pour la grande culture, pour la polyculture qui est décarbonée dans un sens donc c'est cette polyculture élevage, moi j'associe les deux c'est très intéressant, on parle aussi de les prairies, les systèmes herbagés c'est vraiment des pompes à carbone, c'est démontré surtout lorsqu'on va associer pas mal d'espèces, on va faire des mélanges d'espèces, on va y mettre des légumineuses, qui sont des espèces qui captent l'azote naturellement dans l'air. Donc ça va être intéressant, puisque là, on va s'affranchir des engrais dits de synthèse. Donc oui, l'élevage, bon, je n'ai pas les chiffres en tête, je n'ai pas travaillé cette partie-là, mais si on faisait une balance sur la balance carbone de l'élevage, je pense que pour moi, elle serait très positive.
Et pourtant, je me tourne vers Audrey, Hum... On observe aujourd'hui une baisse du nombre d'élevages ou d'éleveurs, je ne sais pas comment on va dire. C'est une profession qui recule un petit peu en termes d'attractivité. Comment on redonne de l'attractivité ?
Aujourd'hui, sur l'attractivité du métier, je pense qu'il y a effectivement un gros sujet autour des conditions de travail, de l'organisation du travail. Le monde de l'élevage, ce sont des métiers qui sont très pourvoyeurs de main-d'oeuvre. Donc, on a besoin de gens, de personnes pour travailler et, si possible, qualifier. Mais il y a aussi tout le côté santé au travail, des équipements, etc. Et c'est vrai que peut-être par rapport... C'est un ressenti, mais peut-être que par rapport au monde végétal, c'est un champ qui a peut-être un petit peu moins travaillé, ou en tout cas, il n'y a pas forcément les capacités d'investissement pour les éleveurs. On a eu il y a quelques années les robots de traite, par exemple, qui sont arrivés dans les exploitations laitières. En élevage au vin, on a des petits équipements qui peuvent faciliter le quotidien, mais qui ne sont pas forcément pour autant très répandus dans le monde du travail. Donc ça, c'est un premier point qui peut être travaillé. Et puis après, il y a aussi... la question de la transmissibilité des exploitations et de comment on permet aussi à des jeunes porteurs de projets de pouvoir s'installer en élevage. Et aujourd'hui, il y a un certain nombre de difficultés quand même qui perdurent.
Justement, plus concrètement, si tu es capable d'en parler, mais qu'est-ce qui est bloquant aujourd'hui ? Alors que, pardon, on a vu que quand même, et qu'aussi techniquement parlant, je ne sais pas si ce mot existe, mais à un moment donné, on voit qu'il y a quand même un cercle vertueux. Comment on redonne envie un petit peu aux jeunes qui s'orientent dans ces voies-là de retravailler dans l'élevage ?
Aujourd'hui, les freins que nous, on peut voir sur le monde de l'élevage au vin, ça peut être une inadéquation entre les systèmes qui sont à transmettre et les porteurs de projets qui sont quand même plutôt orientés vers une diversification des activités et donc des revenus pour l'exploitation. On a aussi la question du portage du capital, du financement du capital, qui est aujourd'hui, hors cadre familial, très compliqué de pouvoir financer le capital. En élevage au vin, on est un peu mieux lotis parce qu'on a des cycles d'investissement plus courts, des investissements peut-être un peu moins importants que dans d'autres élevages. Et puis il y a la question des sociétés, où dans une transmission, des comptes courants associés peuvent aussi parfois être très lourds. Il y a tout un tas de questions peut-être à retravailler collectivement et certainement des choses à travailler. Et puis après, il y a aussi le côté de sécuriser des débouchés sur des marchés qui restent. Alors c'est vrai que depuis quelques temps, on peut dire que les cours de la viande, par exemple, ou des produits animaux en général se portent mieux. Il n'empêche que les charges ont augmenté en face et qu'on reste quand même sur des marchés très volatiles. En élevage ovale, en dernier, on a eu des très fortes variations des prix entre Pâques et le mois de juillet. ça peut quand même impacter fortement les exploitations. Il y a aussi la question des structurations des filières qui permettent aussi de sécuriser des débouchés. Ou pourquoi pas, certaines coopératives qui travaillent dans nos filières ont mis en place des prix minimum garantis pour les éleveurs sur une certaine durée, ce qui permet aussi de rassurer le partenaire bancaire sur le projet.
Homogénéiser le revenu. Dans d'autres podcasts, on a souvent entendu parler aussi de cette... structuration des filières. C'est quand même un mot qu'on entend souvent, en tout cas une expression qu'on entend souvent revenir. Frédéric, de ton côté, de côté terrain, côté distribution, le fait que l'élevage connaisse un peu des soubresauts, des évolutions, est-ce que ça se ressent sur le marché, la façon dont Semence de France travaille aujourd'hui ?
Nous, on va... Nous, on travaille sur des solutions semencières. Donc on essaie d'appréhender vraiment l'exploitation dans son ensemble et aujourd'hui notre volonté c'est de travailler sur l'autonomie fourragère au niveau de l'exploitation, donc pour la rentabilité de l'exploitant, le travail avec le distributeur, donc un conseil global entre des fois des cultures qui peuvent s'opposer, mais du maïs dans son ensemble, mais aussi avec le système herbagé. Proposer vraiment une sécurité au niveau de l'agriculteur pour approvisionner, nourrir son troupeau, c'est ça l'enjeu, avec beaucoup de changements climatiques aussi, il faut le dire. Ce qui peut amener des volatilités de prix, de rentabilité. Et donc on développe des conseils qu'on appelle, on a commencé une expérimentation des pré-climatiques depuis deux campagnes, ça va faire la deuxième campagne de résultats. Le but, c'est d'amener des propositions aux distributeurs et éleveurs pour produire le fourrage. On ne peut pas trouver la plante qui va pousser sans eau, ça n'existe pas et ça n'existera pas. Même un cactus a besoin d'eau. Par contre, comment on peut adapter avec ce qu'on a aujourd'hui pour garantir de l'approvisionnement en fourrage pour l'exploitant, en intégrant le maïs, les fourragères, les fourragères en mélange, ou solo aussi parfois. Mais c'est là-dessus qu'on travaille au niveau agronomique.
Donc vous travaillez sur une sorte de suivi, une sorte de gamme de suivi qui couvre... toute la saisonnalité de la vie de la ferme, vous avez dit d'ailleurs.
C'est notre souhait. Et puis regardez aussi comment on produit de l'herbe aujourd'hui. Et c'est de voir la production d'herbe, enfin d'herbe, c'est au global, c'est de forage plutôt, de demain avec des systèmes soit en moyenne montagne, parce que même en moyenne montagne on peut être impacté, dans l'Est avec des gros accouts climatiques. Souvent on pense changement climatique, on pense sécheresse, mais il n'y a pas que ça. Moi je parle plutôt d'accouts climatiques. ou aussi sur la façade de l'Atlantique. C'est sûr que quand on est en Bretagne ou dans le Nord, on est un peu mieux servi que les autres, mais il faut qu'on pense aux autres régions. Et pour ça, on a cette expérimentation qui est en cours.
Ça aussi, Audrey, c'est quelque chose. Là, on rentre tout doucement sur la thématique du changement climatique, en tout cas du dérèglement climatique qu'on observe. On voit un hiver particulièrement pluvieux. Je pense que tout le monde l'aura remarqué. Remarquez, comment de votre côté vous anticipez ça ? Comment vous travaillez ces changements à venir ? Parce que j'imagine qu'il y aura des changements de pratiques du côté des ovins aussi.
Oui, effectivement, les agriculteurs au sens large sont tous au premier poste par rapport aux changements climatiques. Aujourd'hui, c'est vrai qu'en quelques années, on a pu voir aussi des stratégies qui ont évolué dans les mélanges qui sont mis en place dans les prairies. Aussi dans les stratégies autour des stocks de fourrage, auparavant, dans la zone intermédiaire nord-nouvelle aquitaine, il y avait un stock fourragé qui était prévu pour la période hivernale, un petit stock pour la période estivale. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus important parce qu'on a ces phénomènes de sécheresse à répétition, il faut affourager. Effectivement, il y a aussi de l'investissement sur du matériel. peut-être auparavant en Kuma, de ce genre de choses. On voit des adaptations au niveau des exploitations agricoles. Après, nous, collectivement, on essaye... Parce que le changement climatique pose aussi en élevage des questions, des problématiques aussi sur la partie sanitaire. On a des... Typiquement, on a eu la FCO, la fièvre cataralovine qui nous a touchés, où effectivement, il y a eu des conditions qui ont aussi favorisé le déploiement de... du vecteur sur des zones qui étaient un petit peu moins touchées en l'espace d'un an. Donc il y a tous ces enjeux-là aujourd'hui qui sont aussi impliqués avec le changement climatique. On essaye de travailler, alors les instituts techniques comme l'Institut de l'élevage, les lycées agricoles aussi mènent en lien avec ces instituts-là des expérimentations. Et je sais que nos éleveurs sont quand même très... Il y a beaucoup d'échanges entre pairs, etc. nous, au niveau des structures On essaye de porter des projets d'intérêt pour eux, de recherche ou ce genre de choses. C'est plutôt comme ça qu'on gère le problème à date.
Frédéric, je reviens sur ce côté Semences de France. On entend ça, on le sait, on l'anticipe. Aujourd'hui, comment on travaille chez Semences de France pour développer des variétés, des gammes de produits qui correspondent à ces variabilités climatiques ? C'est quoi ? C'est un travail de... de 5 ans, 10 ans avant, et puis pour en arriver sur le marché, là, dans les 5 ans à venir, comment se...
Alors, il peut y avoir de vue. Soit on attend que les obtenteurs, ceux qui ont créé les variétés, créent la variété de demain. En fourragère, ça prend plus de 10 ans.
10 ans, d'accord.
On va déposer, ou ils vont fixer les variétés, là, pour les avoir dans 10 ans. Et nous, on se dit, il ne faut pas attendre 10 ans. Merci. Notre volonté, c'est de travailler avec le matériel qu'on a actuellement, mais de l'associer, de le combiner différemment, travailler peut-être avec des espèces, bouger un peu les pratiques, peut-être changer les pratiques de récolte, essayer de travailler plus tôt. On va appeler ça des mélanges évictions. Donc on va éviter les grosses périodes de sécheresse ou d'accouts climatiques qu'on peut avoir en juin, essayer de faire du stock de fourrage plus tôt dans l'année. C'est vrai que ça bouscule un peu les schémas, il faut que ça s'organise aussi avec des schémas de vélage, avec des organisations, et puis refaire un petit stock fourragé aussi l'hiver, des périodes où on n'avait pas l'habitude d'exploiter les prairies. changer tout doucement les pratiques, voir si c'est compatible avec les calendriers agronomiques, les calendriers aussi des agriculteurs dans leur travail de tous les jours.
Donc quand je vous écoute, je me dis quand même que d'abord les problématiques sont prises en compte et qu'il y a vraiment un travail de transition à accompagner aujourd'hui pour accompagner les éleveurs, en tout cas les éleveurs au vin notamment, pour faire face à ces changements climatiques. Et que finalement, si on revient sur le sujet de départ, que l'élevage fait partie d'un tout et d'un écosystème global et participe aussi bien une partie d'émissions, mais aussi une partie de captage du carbone, travaille autrement pour le territoire à travers la préservation de la biodiversité, etc. Donc il y a vraiment encore quelques idées reçues à casser et c'était bien d'avoir cet échange tous ensemble. Pour conclure l'échange, j'aime bien, on a une petite tradition dans notre podcast, c'est, je vous vois sourire. Vous avez peut-être déjà regardé. On a des cartes comme ça, avec des mots dessus, qui font un lien avec l'agriculture. Et ce que je vous propose en conclusion, c'est de tirer une carte, en prendre connaissance, et puis en fonction du mot que vous trouvez, on ne triche pas, je vous promets, en fonction du mot que vous tirez, pour faire une conclusion. Frédéric, tu vois, je ne pousse pas une carte particulièrement. Aïe, Audrey, je te vois. Je t'ai dit mince, comment je vais faire, c'est ça ? Tu es tombée sur quoi ?
Je suis tombée sur le mot main.
Main.
Donc j'y associe pas mal de choses. Il y a en premier lieu forcément la main de l'élevage et de l'éleveur et des éleveuses, qui est important aujourd'hui dans tous les... C'est vraiment un métier manuel finalement dans l'agricole. Et puis il y a la main aussi, le partenariat et les poignées de main qui sont nécessaires, je pense pour permettre aussi des... de relever les défis qui nous attendent sur ces enjeux de transition écologique ?
Alors moi j'ai le mot horizon. Pour moi l'horizon c'est qu'on se projette. Je pense que l'horizon en agricole il est positif. Il faut voir, même si le monde agricole vit des crises, il faut toujours voir un horizon positif. Moi je crois beaucoup avec des nouveaux agriculteurs, de même si... Ce n'est pas facile de s'installer, mais il faut avoir un horizon lointain, un bel horizon. Et ce serait mon message. On évolue. C'est un monde qui évolue grandement. Les agriculteurs, on voit dans toutes les thématiques des podcasts, il y a plein de thématiques qui bougent. Et puis, je suis très optimiste pour avoir un horizon très positif sur l'agriculture de demain. Merci à tous les deux.
Merci.
Merci. Merci.
Vous écoutez le podcast « Cultivons les échanges » proposé par InVivoHive. Ce podcast est à retrouver sur toutes vos plateformes d'écoute et sur YouTube.
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#CultivonsLesEchanges le podcast qui donne la parole à ceux qui font l'agriculture d'aujourd'hui et de demain.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Vous écoutez le podcast Cultivons les échanges proposé par InVivoHack, le podcast qui donne la parole à ceux qui font de l'agriculture d'aujourd'hui et de demain. Ce podcast est à retrouver sur toutes vos plateformes d'écoute et sur YouTube.
Bonjour, bienvenue dans ce podcast Cultivons les échanges. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir deux spécialistes qui sont avec moi. On va parler d'un sujet passionnant, un sujet qui parfois peut être polémique, un sujet qui pose des questions. sur l'élevage et la décarbonation. J'ai avec moi Odé Tressereau, qui travaille dans un institut technique sur les ovins.
Une organisation professionnelle.
Une organisation professionnelle, pardon. Et je suis avec Frédéric Lévin, qui est directeur marketing de Semences de France. Donc, as-tu encore besoin de présenter Semences de France ? Frédéric nous le redira. Donc voilà, pour rentrer dans le vif du sujet, on m'a aussi voulu... parler de ce sujet de l'élevage et la décarbonation parce que parfois aussi on entend dans l'espace médiatique, dans la société, que moins d'élevage égale moins d'impact environnemental. Audrey, en ta qualité de professionnelle, je te pose cette question. Comment on peut déjà un peu démonter cette idée reçue ?
Alors, effectivement, l'élevage contribue par les activités inhérentes aux productions d'élevage. aux émissions de carbone, mais effectivement, on a aussi des services qui sont rendus à l'élevage par l'élevage. Alors moi, je connais plutôt l'élevage herbivore et notamment l'élevage au vin, ne serait-ce que par l'intérêt que peuvent représenter les prairies, par leur rôle de puits de carbone, de capacité à capter du carbone, tout ce qui va être aussi les infrastructures, les haies, etc. Leurs intérêts aussi pour la biodiversité. Sur des prairies permanentes par rapport à des cultures, on a une biodiversité qui est démontrée un peu plus intéressante de la diversité autant sur le plan faunistique que floristique. Et puis les prairies vont jouer aussi un rôle de filtre. Donc si on se projette avec un scénario sans élevage, il risque de se poser un certain nombre d'autres difficultés à gérer aussi sur le plan environnemental. Voilà, c'est un... On entre en matière très large, mais voilà déjà ce qu'on peut dire.
Oui, parce qu'on a parlé aussi, par exemple, des paysages. On peut parler de téléphonistique. J'imagine que pour ceux qui nous écoutent, qui ne sont pas forcément à l'aise, on parle quoi ?
On peut parler de la vie des sols. Effectivement, les corridors écologiques peuvent représenter les haies pour tous les animaux qui peuvent être présents dans ces haies.
et s'y nourrir aussi. J'imagine que ça y contribue.
Dans certaines zones, dans les zones intermédiaires que je connais bien, l'élevage, quand il disparaît, soit il est remplacé par des cultures, soit il peut être remplacé par la friche. Des fois, c'est aussi le dernier rempart à la déprise totale des territoires.
Je me tourne à Frédéric. Cette question est un peu provocatrice. un monde sans élevage, quel impact aussi sur les grandes cultures ? Parce que, bon, j'ai peut-être un mot sur Semence de France, puis après on répond à la question.
Oui, ben, comme tu as dit, je ne vais pas représenter Semence de France, mais on est le premier semencier français. Mais l'élevage, pour moi, va avec la polyculture, parce qu'aujourd'hui, il y a des enjeux sur la fertilité, la fertilité des sols, on parle beaucoup de matière organique, on parle beaucoup d'engrais décarbonés, et l'élevage. produit des effluents qui pour moi peuvent être une source d'engrais pour la grande culture, pour la polyculture qui est décarbonée dans un sens donc c'est cette polyculture élevage, moi j'associe les deux c'est très intéressant, on parle aussi de les prairies, les systèmes herbagés c'est vraiment des pompes à carbone, c'est démontré surtout lorsqu'on va associer pas mal d'espèces, on va faire des mélanges d'espèces, on va y mettre des légumineuses, qui sont des espèces qui captent l'azote naturellement dans l'air. Donc ça va être intéressant, puisque là, on va s'affranchir des engrais dits de synthèse. Donc oui, l'élevage, bon, je n'ai pas les chiffres en tête, je n'ai pas travaillé cette partie-là, mais si on faisait une balance sur la balance carbone de l'élevage, je pense que pour moi, elle serait très positive.
Et pourtant, je me tourne vers Audrey, Hum... On observe aujourd'hui une baisse du nombre d'élevages ou d'éleveurs, je ne sais pas comment on va dire. C'est une profession qui recule un petit peu en termes d'attractivité. Comment on redonne de l'attractivité ?
Aujourd'hui, sur l'attractivité du métier, je pense qu'il y a effectivement un gros sujet autour des conditions de travail, de l'organisation du travail. Le monde de l'élevage, ce sont des métiers qui sont très pourvoyeurs de main-d'oeuvre. Donc, on a besoin de gens, de personnes pour travailler et, si possible, qualifier. Mais il y a aussi tout le côté santé au travail, des équipements, etc. Et c'est vrai que peut-être par rapport... C'est un ressenti, mais peut-être que par rapport au monde végétal, c'est un champ qui a peut-être un petit peu moins travaillé, ou en tout cas, il n'y a pas forcément les capacités d'investissement pour les éleveurs. On a eu il y a quelques années les robots de traite, par exemple, qui sont arrivés dans les exploitations laitières. En élevage au vin, on a des petits équipements qui peuvent faciliter le quotidien, mais qui ne sont pas forcément pour autant très répandus dans le monde du travail. Donc ça, c'est un premier point qui peut être travaillé. Et puis après, il y a aussi... la question de la transmissibilité des exploitations et de comment on permet aussi à des jeunes porteurs de projets de pouvoir s'installer en élevage. Et aujourd'hui, il y a un certain nombre de difficultés quand même qui perdurent.
Justement, plus concrètement, si tu es capable d'en parler, mais qu'est-ce qui est bloquant aujourd'hui ? Alors que, pardon, on a vu que quand même, et qu'aussi techniquement parlant, je ne sais pas si ce mot existe, mais à un moment donné, on voit qu'il y a quand même un cercle vertueux. Comment on redonne envie un petit peu aux jeunes qui s'orientent dans ces voies-là de retravailler dans l'élevage ?
Aujourd'hui, les freins que nous, on peut voir sur le monde de l'élevage au vin, ça peut être une inadéquation entre les systèmes qui sont à transmettre et les porteurs de projets qui sont quand même plutôt orientés vers une diversification des activités et donc des revenus pour l'exploitation. On a aussi la question du portage du capital, du financement du capital, qui est aujourd'hui, hors cadre familial, très compliqué de pouvoir financer le capital. En élevage au vin, on est un peu mieux lotis parce qu'on a des cycles d'investissement plus courts, des investissements peut-être un peu moins importants que dans d'autres élevages. Et puis il y a la question des sociétés, où dans une transmission, des comptes courants associés peuvent aussi parfois être très lourds. Il y a tout un tas de questions peut-être à retravailler collectivement et certainement des choses à travailler. Et puis après, il y a aussi le côté de sécuriser des débouchés sur des marchés qui restent. Alors c'est vrai que depuis quelques temps, on peut dire que les cours de la viande, par exemple, ou des produits animaux en général se portent mieux. Il n'empêche que les charges ont augmenté en face et qu'on reste quand même sur des marchés très volatiles. En élevage ovale, en dernier, on a eu des très fortes variations des prix entre Pâques et le mois de juillet. ça peut quand même impacter fortement les exploitations. Il y a aussi la question des structurations des filières qui permettent aussi de sécuriser des débouchés. Ou pourquoi pas, certaines coopératives qui travaillent dans nos filières ont mis en place des prix minimum garantis pour les éleveurs sur une certaine durée, ce qui permet aussi de rassurer le partenaire bancaire sur le projet.
Homogénéiser le revenu. Dans d'autres podcasts, on a souvent entendu parler aussi de cette... structuration des filières. C'est quand même un mot qu'on entend souvent, en tout cas une expression qu'on entend souvent revenir. Frédéric, de ton côté, de côté terrain, côté distribution, le fait que l'élevage connaisse un peu des soubresauts, des évolutions, est-ce que ça se ressent sur le marché, la façon dont Semence de France travaille aujourd'hui ?
Nous, on va... Nous, on travaille sur des solutions semencières. Donc on essaie d'appréhender vraiment l'exploitation dans son ensemble et aujourd'hui notre volonté c'est de travailler sur l'autonomie fourragère au niveau de l'exploitation, donc pour la rentabilité de l'exploitant, le travail avec le distributeur, donc un conseil global entre des fois des cultures qui peuvent s'opposer, mais du maïs dans son ensemble, mais aussi avec le système herbagé. Proposer vraiment une sécurité au niveau de l'agriculteur pour approvisionner, nourrir son troupeau, c'est ça l'enjeu, avec beaucoup de changements climatiques aussi, il faut le dire. Ce qui peut amener des volatilités de prix, de rentabilité. Et donc on développe des conseils qu'on appelle, on a commencé une expérimentation des pré-climatiques depuis deux campagnes, ça va faire la deuxième campagne de résultats. Le but, c'est d'amener des propositions aux distributeurs et éleveurs pour produire le fourrage. On ne peut pas trouver la plante qui va pousser sans eau, ça n'existe pas et ça n'existera pas. Même un cactus a besoin d'eau. Par contre, comment on peut adapter avec ce qu'on a aujourd'hui pour garantir de l'approvisionnement en fourrage pour l'exploitant, en intégrant le maïs, les fourragères, les fourragères en mélange, ou solo aussi parfois. Mais c'est là-dessus qu'on travaille au niveau agronomique.
Donc vous travaillez sur une sorte de suivi, une sorte de gamme de suivi qui couvre... toute la saisonnalité de la vie de la ferme, vous avez dit d'ailleurs.
C'est notre souhait. Et puis regardez aussi comment on produit de l'herbe aujourd'hui. Et c'est de voir la production d'herbe, enfin d'herbe, c'est au global, c'est de forage plutôt, de demain avec des systèmes soit en moyenne montagne, parce que même en moyenne montagne on peut être impacté, dans l'Est avec des gros accouts climatiques. Souvent on pense changement climatique, on pense sécheresse, mais il n'y a pas que ça. Moi je parle plutôt d'accouts climatiques. ou aussi sur la façade de l'Atlantique. C'est sûr que quand on est en Bretagne ou dans le Nord, on est un peu mieux servi que les autres, mais il faut qu'on pense aux autres régions. Et pour ça, on a cette expérimentation qui est en cours.
Ça aussi, Audrey, c'est quelque chose. Là, on rentre tout doucement sur la thématique du changement climatique, en tout cas du dérèglement climatique qu'on observe. On voit un hiver particulièrement pluvieux. Je pense que tout le monde l'aura remarqué. Remarquez, comment de votre côté vous anticipez ça ? Comment vous travaillez ces changements à venir ? Parce que j'imagine qu'il y aura des changements de pratiques du côté des ovins aussi.
Oui, effectivement, les agriculteurs au sens large sont tous au premier poste par rapport aux changements climatiques. Aujourd'hui, c'est vrai qu'en quelques années, on a pu voir aussi des stratégies qui ont évolué dans les mélanges qui sont mis en place dans les prairies. Aussi dans les stratégies autour des stocks de fourrage, auparavant, dans la zone intermédiaire nord-nouvelle aquitaine, il y avait un stock fourragé qui était prévu pour la période hivernale, un petit stock pour la période estivale. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus important parce qu'on a ces phénomènes de sécheresse à répétition, il faut affourager. Effectivement, il y a aussi de l'investissement sur du matériel. peut-être auparavant en Kuma, de ce genre de choses. On voit des adaptations au niveau des exploitations agricoles. Après, nous, collectivement, on essaye... Parce que le changement climatique pose aussi en élevage des questions, des problématiques aussi sur la partie sanitaire. On a des... Typiquement, on a eu la FCO, la fièvre cataralovine qui nous a touchés, où effectivement, il y a eu des conditions qui ont aussi favorisé le déploiement de... du vecteur sur des zones qui étaient un petit peu moins touchées en l'espace d'un an. Donc il y a tous ces enjeux-là aujourd'hui qui sont aussi impliqués avec le changement climatique. On essaye de travailler, alors les instituts techniques comme l'Institut de l'élevage, les lycées agricoles aussi mènent en lien avec ces instituts-là des expérimentations. Et je sais que nos éleveurs sont quand même très... Il y a beaucoup d'échanges entre pairs, etc. nous, au niveau des structures On essaye de porter des projets d'intérêt pour eux, de recherche ou ce genre de choses. C'est plutôt comme ça qu'on gère le problème à date.
Frédéric, je reviens sur ce côté Semences de France. On entend ça, on le sait, on l'anticipe. Aujourd'hui, comment on travaille chez Semences de France pour développer des variétés, des gammes de produits qui correspondent à ces variabilités climatiques ? C'est quoi ? C'est un travail de... de 5 ans, 10 ans avant, et puis pour en arriver sur le marché, là, dans les 5 ans à venir, comment se...
Alors, il peut y avoir de vue. Soit on attend que les obtenteurs, ceux qui ont créé les variétés, créent la variété de demain. En fourragère, ça prend plus de 10 ans.
10 ans, d'accord.
On va déposer, ou ils vont fixer les variétés, là, pour les avoir dans 10 ans. Et nous, on se dit, il ne faut pas attendre 10 ans. Merci. Notre volonté, c'est de travailler avec le matériel qu'on a actuellement, mais de l'associer, de le combiner différemment, travailler peut-être avec des espèces, bouger un peu les pratiques, peut-être changer les pratiques de récolte, essayer de travailler plus tôt. On va appeler ça des mélanges évictions. Donc on va éviter les grosses périodes de sécheresse ou d'accouts climatiques qu'on peut avoir en juin, essayer de faire du stock de fourrage plus tôt dans l'année. C'est vrai que ça bouscule un peu les schémas, il faut que ça s'organise aussi avec des schémas de vélage, avec des organisations, et puis refaire un petit stock fourragé aussi l'hiver, des périodes où on n'avait pas l'habitude d'exploiter les prairies. changer tout doucement les pratiques, voir si c'est compatible avec les calendriers agronomiques, les calendriers aussi des agriculteurs dans leur travail de tous les jours.
Donc quand je vous écoute, je me dis quand même que d'abord les problématiques sont prises en compte et qu'il y a vraiment un travail de transition à accompagner aujourd'hui pour accompagner les éleveurs, en tout cas les éleveurs au vin notamment, pour faire face à ces changements climatiques. Et que finalement, si on revient sur le sujet de départ, que l'élevage fait partie d'un tout et d'un écosystème global et participe aussi bien une partie d'émissions, mais aussi une partie de captage du carbone, travaille autrement pour le territoire à travers la préservation de la biodiversité, etc. Donc il y a vraiment encore quelques idées reçues à casser et c'était bien d'avoir cet échange tous ensemble. Pour conclure l'échange, j'aime bien, on a une petite tradition dans notre podcast, c'est, je vous vois sourire. Vous avez peut-être déjà regardé. On a des cartes comme ça, avec des mots dessus, qui font un lien avec l'agriculture. Et ce que je vous propose en conclusion, c'est de tirer une carte, en prendre connaissance, et puis en fonction du mot que vous trouvez, on ne triche pas, je vous promets, en fonction du mot que vous tirez, pour faire une conclusion. Frédéric, tu vois, je ne pousse pas une carte particulièrement. Aïe, Audrey, je te vois. Je t'ai dit mince, comment je vais faire, c'est ça ? Tu es tombée sur quoi ?
Je suis tombée sur le mot main.
Main.
Donc j'y associe pas mal de choses. Il y a en premier lieu forcément la main de l'élevage et de l'éleveur et des éleveuses, qui est important aujourd'hui dans tous les... C'est vraiment un métier manuel finalement dans l'agricole. Et puis il y a la main aussi, le partenariat et les poignées de main qui sont nécessaires, je pense pour permettre aussi des... de relever les défis qui nous attendent sur ces enjeux de transition écologique ?
Alors moi j'ai le mot horizon. Pour moi l'horizon c'est qu'on se projette. Je pense que l'horizon en agricole il est positif. Il faut voir, même si le monde agricole vit des crises, il faut toujours voir un horizon positif. Moi je crois beaucoup avec des nouveaux agriculteurs, de même si... Ce n'est pas facile de s'installer, mais il faut avoir un horizon lointain, un bel horizon. Et ce serait mon message. On évolue. C'est un monde qui évolue grandement. Les agriculteurs, on voit dans toutes les thématiques des podcasts, il y a plein de thématiques qui bougent. Et puis, je suis très optimiste pour avoir un horizon très positif sur l'agriculture de demain. Merci à tous les deux.
Merci.
Merci. Merci.
Vous écoutez le podcast « Cultivons les échanges » proposé par InVivoHive. Ce podcast est à retrouver sur toutes vos plateformes d'écoute et sur YouTube.
Description
#CultivonsLesEchanges le podcast qui donne la parole à ceux qui font l'agriculture d'aujourd'hui et de demain.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Vous écoutez le podcast Cultivons les échanges proposé par InVivoHack, le podcast qui donne la parole à ceux qui font de l'agriculture d'aujourd'hui et de demain. Ce podcast est à retrouver sur toutes vos plateformes d'écoute et sur YouTube.
Bonjour, bienvenue dans ce podcast Cultivons les échanges. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir deux spécialistes qui sont avec moi. On va parler d'un sujet passionnant, un sujet qui parfois peut être polémique, un sujet qui pose des questions. sur l'élevage et la décarbonation. J'ai avec moi Odé Tressereau, qui travaille dans un institut technique sur les ovins.
Une organisation professionnelle.
Une organisation professionnelle, pardon. Et je suis avec Frédéric Lévin, qui est directeur marketing de Semences de France. Donc, as-tu encore besoin de présenter Semences de France ? Frédéric nous le redira. Donc voilà, pour rentrer dans le vif du sujet, on m'a aussi voulu... parler de ce sujet de l'élevage et la décarbonation parce que parfois aussi on entend dans l'espace médiatique, dans la société, que moins d'élevage égale moins d'impact environnemental. Audrey, en ta qualité de professionnelle, je te pose cette question. Comment on peut déjà un peu démonter cette idée reçue ?
Alors, effectivement, l'élevage contribue par les activités inhérentes aux productions d'élevage. aux émissions de carbone, mais effectivement, on a aussi des services qui sont rendus à l'élevage par l'élevage. Alors moi, je connais plutôt l'élevage herbivore et notamment l'élevage au vin, ne serait-ce que par l'intérêt que peuvent représenter les prairies, par leur rôle de puits de carbone, de capacité à capter du carbone, tout ce qui va être aussi les infrastructures, les haies, etc. Leurs intérêts aussi pour la biodiversité. Sur des prairies permanentes par rapport à des cultures, on a une biodiversité qui est démontrée un peu plus intéressante de la diversité autant sur le plan faunistique que floristique. Et puis les prairies vont jouer aussi un rôle de filtre. Donc si on se projette avec un scénario sans élevage, il risque de se poser un certain nombre d'autres difficultés à gérer aussi sur le plan environnemental. Voilà, c'est un... On entre en matière très large, mais voilà déjà ce qu'on peut dire.
Oui, parce qu'on a parlé aussi, par exemple, des paysages. On peut parler de téléphonistique. J'imagine que pour ceux qui nous écoutent, qui ne sont pas forcément à l'aise, on parle quoi ?
On peut parler de la vie des sols. Effectivement, les corridors écologiques peuvent représenter les haies pour tous les animaux qui peuvent être présents dans ces haies.
et s'y nourrir aussi. J'imagine que ça y contribue.
Dans certaines zones, dans les zones intermédiaires que je connais bien, l'élevage, quand il disparaît, soit il est remplacé par des cultures, soit il peut être remplacé par la friche. Des fois, c'est aussi le dernier rempart à la déprise totale des territoires.
Je me tourne à Frédéric. Cette question est un peu provocatrice. un monde sans élevage, quel impact aussi sur les grandes cultures ? Parce que, bon, j'ai peut-être un mot sur Semence de France, puis après on répond à la question.
Oui, ben, comme tu as dit, je ne vais pas représenter Semence de France, mais on est le premier semencier français. Mais l'élevage, pour moi, va avec la polyculture, parce qu'aujourd'hui, il y a des enjeux sur la fertilité, la fertilité des sols, on parle beaucoup de matière organique, on parle beaucoup d'engrais décarbonés, et l'élevage. produit des effluents qui pour moi peuvent être une source d'engrais pour la grande culture, pour la polyculture qui est décarbonée dans un sens donc c'est cette polyculture élevage, moi j'associe les deux c'est très intéressant, on parle aussi de les prairies, les systèmes herbagés c'est vraiment des pompes à carbone, c'est démontré surtout lorsqu'on va associer pas mal d'espèces, on va faire des mélanges d'espèces, on va y mettre des légumineuses, qui sont des espèces qui captent l'azote naturellement dans l'air. Donc ça va être intéressant, puisque là, on va s'affranchir des engrais dits de synthèse. Donc oui, l'élevage, bon, je n'ai pas les chiffres en tête, je n'ai pas travaillé cette partie-là, mais si on faisait une balance sur la balance carbone de l'élevage, je pense que pour moi, elle serait très positive.
Et pourtant, je me tourne vers Audrey, Hum... On observe aujourd'hui une baisse du nombre d'élevages ou d'éleveurs, je ne sais pas comment on va dire. C'est une profession qui recule un petit peu en termes d'attractivité. Comment on redonne de l'attractivité ?
Aujourd'hui, sur l'attractivité du métier, je pense qu'il y a effectivement un gros sujet autour des conditions de travail, de l'organisation du travail. Le monde de l'élevage, ce sont des métiers qui sont très pourvoyeurs de main-d'oeuvre. Donc, on a besoin de gens, de personnes pour travailler et, si possible, qualifier. Mais il y a aussi tout le côté santé au travail, des équipements, etc. Et c'est vrai que peut-être par rapport... C'est un ressenti, mais peut-être que par rapport au monde végétal, c'est un champ qui a peut-être un petit peu moins travaillé, ou en tout cas, il n'y a pas forcément les capacités d'investissement pour les éleveurs. On a eu il y a quelques années les robots de traite, par exemple, qui sont arrivés dans les exploitations laitières. En élevage au vin, on a des petits équipements qui peuvent faciliter le quotidien, mais qui ne sont pas forcément pour autant très répandus dans le monde du travail. Donc ça, c'est un premier point qui peut être travaillé. Et puis après, il y a aussi... la question de la transmissibilité des exploitations et de comment on permet aussi à des jeunes porteurs de projets de pouvoir s'installer en élevage. Et aujourd'hui, il y a un certain nombre de difficultés quand même qui perdurent.
Justement, plus concrètement, si tu es capable d'en parler, mais qu'est-ce qui est bloquant aujourd'hui ? Alors que, pardon, on a vu que quand même, et qu'aussi techniquement parlant, je ne sais pas si ce mot existe, mais à un moment donné, on voit qu'il y a quand même un cercle vertueux. Comment on redonne envie un petit peu aux jeunes qui s'orientent dans ces voies-là de retravailler dans l'élevage ?
Aujourd'hui, les freins que nous, on peut voir sur le monde de l'élevage au vin, ça peut être une inadéquation entre les systèmes qui sont à transmettre et les porteurs de projets qui sont quand même plutôt orientés vers une diversification des activités et donc des revenus pour l'exploitation. On a aussi la question du portage du capital, du financement du capital, qui est aujourd'hui, hors cadre familial, très compliqué de pouvoir financer le capital. En élevage au vin, on est un peu mieux lotis parce qu'on a des cycles d'investissement plus courts, des investissements peut-être un peu moins importants que dans d'autres élevages. Et puis il y a la question des sociétés, où dans une transmission, des comptes courants associés peuvent aussi parfois être très lourds. Il y a tout un tas de questions peut-être à retravailler collectivement et certainement des choses à travailler. Et puis après, il y a aussi le côté de sécuriser des débouchés sur des marchés qui restent. Alors c'est vrai que depuis quelques temps, on peut dire que les cours de la viande, par exemple, ou des produits animaux en général se portent mieux. Il n'empêche que les charges ont augmenté en face et qu'on reste quand même sur des marchés très volatiles. En élevage ovale, en dernier, on a eu des très fortes variations des prix entre Pâques et le mois de juillet. ça peut quand même impacter fortement les exploitations. Il y a aussi la question des structurations des filières qui permettent aussi de sécuriser des débouchés. Ou pourquoi pas, certaines coopératives qui travaillent dans nos filières ont mis en place des prix minimum garantis pour les éleveurs sur une certaine durée, ce qui permet aussi de rassurer le partenaire bancaire sur le projet.
Homogénéiser le revenu. Dans d'autres podcasts, on a souvent entendu parler aussi de cette... structuration des filières. C'est quand même un mot qu'on entend souvent, en tout cas une expression qu'on entend souvent revenir. Frédéric, de ton côté, de côté terrain, côté distribution, le fait que l'élevage connaisse un peu des soubresauts, des évolutions, est-ce que ça se ressent sur le marché, la façon dont Semence de France travaille aujourd'hui ?
Nous, on va... Nous, on travaille sur des solutions semencières. Donc on essaie d'appréhender vraiment l'exploitation dans son ensemble et aujourd'hui notre volonté c'est de travailler sur l'autonomie fourragère au niveau de l'exploitation, donc pour la rentabilité de l'exploitant, le travail avec le distributeur, donc un conseil global entre des fois des cultures qui peuvent s'opposer, mais du maïs dans son ensemble, mais aussi avec le système herbagé. Proposer vraiment une sécurité au niveau de l'agriculteur pour approvisionner, nourrir son troupeau, c'est ça l'enjeu, avec beaucoup de changements climatiques aussi, il faut le dire. Ce qui peut amener des volatilités de prix, de rentabilité. Et donc on développe des conseils qu'on appelle, on a commencé une expérimentation des pré-climatiques depuis deux campagnes, ça va faire la deuxième campagne de résultats. Le but, c'est d'amener des propositions aux distributeurs et éleveurs pour produire le fourrage. On ne peut pas trouver la plante qui va pousser sans eau, ça n'existe pas et ça n'existera pas. Même un cactus a besoin d'eau. Par contre, comment on peut adapter avec ce qu'on a aujourd'hui pour garantir de l'approvisionnement en fourrage pour l'exploitant, en intégrant le maïs, les fourragères, les fourragères en mélange, ou solo aussi parfois. Mais c'est là-dessus qu'on travaille au niveau agronomique.
Donc vous travaillez sur une sorte de suivi, une sorte de gamme de suivi qui couvre... toute la saisonnalité de la vie de la ferme, vous avez dit d'ailleurs.
C'est notre souhait. Et puis regardez aussi comment on produit de l'herbe aujourd'hui. Et c'est de voir la production d'herbe, enfin d'herbe, c'est au global, c'est de forage plutôt, de demain avec des systèmes soit en moyenne montagne, parce que même en moyenne montagne on peut être impacté, dans l'Est avec des gros accouts climatiques. Souvent on pense changement climatique, on pense sécheresse, mais il n'y a pas que ça. Moi je parle plutôt d'accouts climatiques. ou aussi sur la façade de l'Atlantique. C'est sûr que quand on est en Bretagne ou dans le Nord, on est un peu mieux servi que les autres, mais il faut qu'on pense aux autres régions. Et pour ça, on a cette expérimentation qui est en cours.
Ça aussi, Audrey, c'est quelque chose. Là, on rentre tout doucement sur la thématique du changement climatique, en tout cas du dérèglement climatique qu'on observe. On voit un hiver particulièrement pluvieux. Je pense que tout le monde l'aura remarqué. Remarquez, comment de votre côté vous anticipez ça ? Comment vous travaillez ces changements à venir ? Parce que j'imagine qu'il y aura des changements de pratiques du côté des ovins aussi.
Oui, effectivement, les agriculteurs au sens large sont tous au premier poste par rapport aux changements climatiques. Aujourd'hui, c'est vrai qu'en quelques années, on a pu voir aussi des stratégies qui ont évolué dans les mélanges qui sont mis en place dans les prairies. Aussi dans les stratégies autour des stocks de fourrage, auparavant, dans la zone intermédiaire nord-nouvelle aquitaine, il y avait un stock fourragé qui était prévu pour la période hivernale, un petit stock pour la période estivale. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus important parce qu'on a ces phénomènes de sécheresse à répétition, il faut affourager. Effectivement, il y a aussi de l'investissement sur du matériel. peut-être auparavant en Kuma, de ce genre de choses. On voit des adaptations au niveau des exploitations agricoles. Après, nous, collectivement, on essaye... Parce que le changement climatique pose aussi en élevage des questions, des problématiques aussi sur la partie sanitaire. On a des... Typiquement, on a eu la FCO, la fièvre cataralovine qui nous a touchés, où effectivement, il y a eu des conditions qui ont aussi favorisé le déploiement de... du vecteur sur des zones qui étaient un petit peu moins touchées en l'espace d'un an. Donc il y a tous ces enjeux-là aujourd'hui qui sont aussi impliqués avec le changement climatique. On essaye de travailler, alors les instituts techniques comme l'Institut de l'élevage, les lycées agricoles aussi mènent en lien avec ces instituts-là des expérimentations. Et je sais que nos éleveurs sont quand même très... Il y a beaucoup d'échanges entre pairs, etc. nous, au niveau des structures On essaye de porter des projets d'intérêt pour eux, de recherche ou ce genre de choses. C'est plutôt comme ça qu'on gère le problème à date.
Frédéric, je reviens sur ce côté Semences de France. On entend ça, on le sait, on l'anticipe. Aujourd'hui, comment on travaille chez Semences de France pour développer des variétés, des gammes de produits qui correspondent à ces variabilités climatiques ? C'est quoi ? C'est un travail de... de 5 ans, 10 ans avant, et puis pour en arriver sur le marché, là, dans les 5 ans à venir, comment se...
Alors, il peut y avoir de vue. Soit on attend que les obtenteurs, ceux qui ont créé les variétés, créent la variété de demain. En fourragère, ça prend plus de 10 ans.
10 ans, d'accord.
On va déposer, ou ils vont fixer les variétés, là, pour les avoir dans 10 ans. Et nous, on se dit, il ne faut pas attendre 10 ans. Merci. Notre volonté, c'est de travailler avec le matériel qu'on a actuellement, mais de l'associer, de le combiner différemment, travailler peut-être avec des espèces, bouger un peu les pratiques, peut-être changer les pratiques de récolte, essayer de travailler plus tôt. On va appeler ça des mélanges évictions. Donc on va éviter les grosses périodes de sécheresse ou d'accouts climatiques qu'on peut avoir en juin, essayer de faire du stock de fourrage plus tôt dans l'année. C'est vrai que ça bouscule un peu les schémas, il faut que ça s'organise aussi avec des schémas de vélage, avec des organisations, et puis refaire un petit stock fourragé aussi l'hiver, des périodes où on n'avait pas l'habitude d'exploiter les prairies. changer tout doucement les pratiques, voir si c'est compatible avec les calendriers agronomiques, les calendriers aussi des agriculteurs dans leur travail de tous les jours.
Donc quand je vous écoute, je me dis quand même que d'abord les problématiques sont prises en compte et qu'il y a vraiment un travail de transition à accompagner aujourd'hui pour accompagner les éleveurs, en tout cas les éleveurs au vin notamment, pour faire face à ces changements climatiques. Et que finalement, si on revient sur le sujet de départ, que l'élevage fait partie d'un tout et d'un écosystème global et participe aussi bien une partie d'émissions, mais aussi une partie de captage du carbone, travaille autrement pour le territoire à travers la préservation de la biodiversité, etc. Donc il y a vraiment encore quelques idées reçues à casser et c'était bien d'avoir cet échange tous ensemble. Pour conclure l'échange, j'aime bien, on a une petite tradition dans notre podcast, c'est, je vous vois sourire. Vous avez peut-être déjà regardé. On a des cartes comme ça, avec des mots dessus, qui font un lien avec l'agriculture. Et ce que je vous propose en conclusion, c'est de tirer une carte, en prendre connaissance, et puis en fonction du mot que vous trouvez, on ne triche pas, je vous promets, en fonction du mot que vous tirez, pour faire une conclusion. Frédéric, tu vois, je ne pousse pas une carte particulièrement. Aïe, Audrey, je te vois. Je t'ai dit mince, comment je vais faire, c'est ça ? Tu es tombée sur quoi ?
Je suis tombée sur le mot main.
Main.
Donc j'y associe pas mal de choses. Il y a en premier lieu forcément la main de l'élevage et de l'éleveur et des éleveuses, qui est important aujourd'hui dans tous les... C'est vraiment un métier manuel finalement dans l'agricole. Et puis il y a la main aussi, le partenariat et les poignées de main qui sont nécessaires, je pense pour permettre aussi des... de relever les défis qui nous attendent sur ces enjeux de transition écologique ?
Alors moi j'ai le mot horizon. Pour moi l'horizon c'est qu'on se projette. Je pense que l'horizon en agricole il est positif. Il faut voir, même si le monde agricole vit des crises, il faut toujours voir un horizon positif. Moi je crois beaucoup avec des nouveaux agriculteurs, de même si... Ce n'est pas facile de s'installer, mais il faut avoir un horizon lointain, un bel horizon. Et ce serait mon message. On évolue. C'est un monde qui évolue grandement. Les agriculteurs, on voit dans toutes les thématiques des podcasts, il y a plein de thématiques qui bougent. Et puis, je suis très optimiste pour avoir un horizon très positif sur l'agriculture de demain. Merci à tous les deux.
Merci.
Merci. Merci.
Vous écoutez le podcast « Cultivons les échanges » proposé par InVivoHive. Ce podcast est à retrouver sur toutes vos plateformes d'écoute et sur YouTube.
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