- Vincent
Mesdames, Messieurs, chers petits amis, approchez, approchez, bienvenue sous le grand chapiteau de Culture Cirque, votre rendez-vous incontournable proposé par le Musée du Cirque Itinérant des Hauts-de-France. Je suis Vincent et en compagnie de Nathalie, nous allons ensemble découvrir un échange entre notre ami Florent et un très grand artiste qui porte un nom chargé d'histoire dans le monde du cirque.
- Nathalie
Et oui Vincent, car quand on s'appelle Fratellini, on ne marche pas tout à fait dans les traces des autres. On marche dans celle de véritables légendes.
- Vincent
Huitième génération d'une dynastie qui a marqué l'histoire du cirque. Il avait un nom, il s'est fait un prénom.
- Nathalie
Il ne se contente pas d'un héritage, il écrit aussi sa propre histoire en piste.
- Vincent
Il sait tout faire, il est passé par les spectacles d'Alexis Gruss, le cirque Knie ou encore le cirque Arlette Gruss. Il est aujourd'hui l'un des clowns les plus fins et poétiques de sa génération. Alors, sans plus attendre, Entrons ensemble dans la loge de Francesco Fratellini.
- Florent
Bonjour à toutes et tous et bonjour à toi Francesco.
- Francesco
Bonjour.
- Florent
Merci de nous recevoir dans la loge des clowns.
- Francesco
Tout le plaisir est pour moi.
- Florent
Merci. Donc Nathalie et Vincent... n'ont pas pu nous accompagner, mais on t'a préparé quelques petites questions. Tu te sens prêt ? On y va ?
- Francesco
Oui, on pense à vous.
- Florent
Oui, on pense à vous. Alors déjà, est-ce que tu peux te présenter pour nos auditeurs ? Quel a été ton parcours ?
- Francesco
Alors, je m'appelle Frateini Francesco. Je suis la huitième génération d'une grande famille de cirque. Je suis né le 5 mars. C'est mon anniversaire aujourd'hui. Oui,
- Florent
bon anniversaire.
- Francesco
D'ailleurs, merci pour les cadeaux.
- Florent
Mais avec plaisir. Merci à toi de nous consacrer du temps.
- Francesco
Et du coup, je suis artiste. Je suis clown.
- Florent
Alors, comme tu le disais, tu es la huitième génération des Fratellini. Comment est-ce que tu as vécu cet héritage en grandissant ?
- Francesco
Au début, je n'ai pas trop fait attention à ça. Alors, j'ai grandi, bien sûr, avec beaucoup d'images de mes arrière-grands-parents, de mes grands-parents, de mon papa. Mais je n'avais pas notion de l'impact que les Fratellini ont eu sur l'histoire du cirque. C'est seulement en grandissant que je me suis intéressé au nom de ma famille. J'ai eu beaucoup d'amis de la famille qui m'ont un peu expliqué. C'est une sacrée histoire. Oui,
- Florent
carrément. C'est impressionnant. Par rapport à tout ça, tu t'es intéressé plus tard. Quelle est l'importance de la transmission artistique dans ta famille ? Les influences que tu as pu avoir ? Tu as une sœur aussi qui est artiste de cirque, Rebecca. Quel a été le parcours, l'importance que vous avez eue par rapport à cette historique-là et à la volonté d'être artiste de cirque ?
- Francesco
Malheureusement, je n'ai pas eu un parcours, on va dire, comme tout le monde. Je n'ai pas eu mon papa qui m'a appris. On n'a pas suivi le même destin, mon papa et moi, en fait.
- Florent
D'accord.
- Francesco
Il y a eu son papa pour apprendre, moi je n'avais pas. Malheureusement, je n'avais pas mon papa qui est décédé quand j'étais très petit, j'avais deux ans. Du coup, l'importance de cet héritage est venue un peu plus tard. C'est vraiment quand j'ai commencé à grandir que j'ai vu les autres personnes de ma famille. Moi, je connaissais très bien la famille Gruss du côté Alexis. Alexis Gruss, c'est quand j'allais en vacances là-bas, je voyais tout le monde répéter, je voyais tout le monde évoluer, s'améliorer de chaque année, chaque année. Et c'est seulement là où j'ai vraiment pris goût déjà aux répétitions. Parce que ce n'est pas seulement la piste, c'est déjà les répétitions. De vouloir répéter tous les jours, parfois dans des conditions pas faciles. Mais dès que j'avais un moment, je profitais pour répéter. Et bien sûr, avec ma sœur. Ma sœur, elle était plus dans les chevaux. Elle n'a pas beaucoup travaillé en piste, mais elle a eu quelques passages en piste au Cirque Knie. mais elle c'était vraiment dans les coulisses avec les chevaux elle m'a toujours donné aussi envie parce que grâce à elle, quand j'allais en vacances chez elle elle vivait en caravane, nous on ne vivait pas en caravane à l'époque ça donne goût aussi c'est un avant-goût de la vie que moi je voulais faire
- Florent
Oui, ça t'a donné envie. Exactement. Et ça, du coup, c'était à quel moment dans ton parcours ?
- Francesco
Mon papa est décédé quand j'avais deux ans. J'ai commencé vraiment à prendre les choses au sérieux vers l'âge de six ans. J'ai commencé à répéter tout seul. Au début, je jonglais avec des foulards parce que je ne voulais pas être clown. Au début, je voulais être jongleur. Pour être honnête, ce n'est pas que je m'en moquais, mais je ne comprenais pas certaines choses. Quand je faisais le clown, ou en tout cas quand je regardais mon papa faire le clown, je me disais, bon, ben ouais, c'est pas mal, c'est mignon. Mais je voulais vraiment faire le jonglage. Et vraiment, dans le jonglage, c'était surtout la seule chose que je pouvais répéter tout seul. Sans me blesser, je voulais être acrobat aussi, mais tomber une fois sur la tête, après, ça ne me donne plus envie de recommencer.
- Florent
C'est ça.
- Francesco
Le jonglage, c'est autre chose. Et du coup, j'ai beaucoup répété à l'âge de 6 ans, et avec les jumeaux, avec Charles et Alexandre Gruss, du coup. chaque fois que j'allais en vacances chez eux, on s'améliorait, on s'améliorait. Eux, je voyais qu'ils s'amélioraient un peu plus vite. Mais c'est sûr que ça me donnait toujours envie de voir tout le monde répéter chez Alexis ou au Cirque Knie. Ça m'a toujours donné envie de répéter quand j'étais là-bas.
- Florent
D'accord. Donc, tu as grandi entouré quand même dans ce monde-là, sur les vacances scolaires. Exactement. Et en fait,
- Francesco
quand je rentrais à l'école et que je leur expliquais mes vacances, les gens ne me croyaient pas.
- Florent
Oui.
- Francesco
Tu n'as pas pu voir tout ça. J'ai fait tout ça.
- Florent
C'est top, franchement. Tu expliquais que tu voulais être jongleur au départ. Cette année, au Cirque-Arlène Grusse, c'est un peu un retour aux sources.
- Francesco
En fait, je me suis dit qu'il y avait quelque chose à faire avec le jongleur. Je peux répéter ça très longtemps. Je me suis vraiment impliqué dans cette discipline. Je me suis dit qu'il y avait quelque chose à faire. J'ai quand même appris un savoir-faire avec beaucoup de professeurs. Je n'ai pas eu que la famille Grusse, je n'ai pas eu que la famille... Cirque Kni. Et je me suis dit, pourquoi pas mélanger les deux une année ? Avec l'autorisation du cirque, avec l'autorisation de Gilbert, j'ai dit, ça ne te dérange pas, essaie de présenter quelque chose où on mélange les deux disciplines, qui est un peu de comédie et qui est surtout un peu de, comment dire, de savoir-faire, d'un vrai numéro. Oui,
- Florent
montrer que tu...
- Francesco
On sait faire quelque chose.
- Florent
On sait faire d'autres choses. Que tu maîtrises d'autres disciplines que... C'est ça aussi.
- Francesco
Là, c'est la troisième année. Et de montrer aux gens qu'il y a des talents cachés, peut-être aussi. Ah oui, c'est encore la même personne, mais en fin de compte, ah ben non, il sait faire autre chose. Et de les surprendre, c'est surtout ça qui est important. Oui,
- Florent
en tout cas, c'est surprenant.
- Francesco
Ben, c'est ce que j'essaye. Et surtout, de l'amener d'une façon originale. C'est pas juste jongler, c'est amener une petite histoire dedans et de savoir aussi gérer la partie jonglage. très stressante et aussi la partie comique parce qu'en plus là je fais venir quelqu'un dans la piste et de gérer quelqu'un qui est dans la piste qui sait pas ce qu'il doit faire et en plus de jongler là c'est très stressant mais je veux dire c'est un plaisir,
- Florent
si ça marche c'est un super plaisir ça rend bien merci et donc quand tu entres en piste aujourd'hui est-ce que parfois ça t'arrive de penser à A tes ancêtres ? Fratellini ? Tout le temps.
- Francesco
Mon père, il n'y a pas un moment... Juste d'en parler, ça me fait les frissons. C'est dur, ça a été très très dur de perdre son papa. Ça a été un moment compliqué pour pas mal de personnes chez nous. Mais c'est vrai que tout le monde a pris le cœur parce que moi j'étais un enfant, j'étais un bébé, j'avais deux ans. Et à l'époque, je ne comprenais pas. c'est vraiment ma soeur qui a souffert un peu plus parce qu'elle avait 12 ans elle comprenait ce qui se passait mais c'est en grandissant que j'ai compris ce qui se passait qu'est-ce que j'avais loupé en fait surtout en étant papa en étant devenu papa c'était compliqué mais le travail dans la piste une fois que j'ai commencé à devenir clown et que j'ai commencé à vraiment apprécier le travail de faire rire les gens là j'ai pris plaisir à regarder mon père travailler, à comprendre Les petits moments, les petits détails que lui a portés dans la piste. Après, je n'ai pas beaucoup de vidéos de mes autres ancêtres.
- Florent
Oui, forcément.
- Francesco
Mais c'est vrai que le travail de mon père, une fois que j'ai commencé à prendre goût à ce métier-là, il n'y a pas un moment où je ne pense pas à lui. Il n'y a pas un moment. Et puis, il y a beaucoup de gens qui me le rappellent en me disant que je lui ressemble. Pour moi, c'est un super compliment. Mais d'un côté, je me dis, je ne vois pas de quoi il parle parce que je ne l'ai jamais vu travailler. C'est ça qui est vraiment très dur. Je pense à une personne que j'adore, mais au fin de compte, je ne la connais pas forcément. Je ne pourrais pas vous dire sa couleur préférée, ni son plat préféré. Mais je sais qu'on partage la même passion, et c'est la piste. C'est ça qui était dur quand j'étais enfant, mais maintenant je me régale. Maintenant, il n'y a pas un moment où je ne pense pas à lui, ou même en famille. C'était quelqu'un d'important pour beaucoup de gens, mais moi, j'apprends à le connaître tout doucement.
- Florent
D'accord. C'est très beau en tout cas, ce que tu dis. C'est beau,
- Francesco
il n'y a pas un moment, même là, où en parler, c'est dur.
- Florent
J'arrête avec les questions. Non,
- Francesco
parce que tu vas voir que ça va revenir.
- Florent
mon père,
- Francesco
ma famille, c'est une importance incroyable pour moi et puis quelqu'un d'important par
- Florent
rapport à tout ce que tu disais effectivement après tu as intégré l'académie des arts du cirque de Véronne qu'est-ce que tu as appris d'important dans cette école-là ? Qu'est-ce qu'elle t'a apporté par rapport à ce que tu fais aujourd'hui et même dans tes premières expériences ?
- Francesco
Ça m'a appris certaines choses que moi, je ne pouvais pas apprendre tout seul. Comme je l'ai dit tout à l'heure, il y avait une partie d'acrobatie que j'ai toujours voulu apprendre. Je ne vais pas rester longtemps très acrobate, on va dire. J'ai beaucoup évolué avec le jonglage, ça c'est sûr. Il y avait certaines choses que je voulais apprendre là-bas et qui, en fin de compte, m'ont dit... Je suis arrivé à un certain âge aussi. Je suis arrivé, j'avais 15 ans. un petit peu tard, on va dire. Moi, je voulais répéter les équilibres, je voulais répéter certaines choses. Ils m'ont dit, non, non, tu as déjà un bon niveau de jonglage, continue là-dedans. Je faisais, on va dire, sur les quatre heures de répétition qu'on avait par jour, je faisais la moitié jonglage et l'autre moitié, c'était mélanger entre l'acrobatie et de la danse. On faisait tous au moins une heure de danse par jour.
- Florent
Ah oui, une heure par jour.
- Francesco
Ah oui, il fallait tout faire, il fallait tout répéter. On avait un mois pour essayer un peu tout. Et après, par contre, là, il nous disait, voilà, maintenant, on a vu que tu étais bon pour ça. Alors tu vas faire ça. Si tu as autre chose que tu voudrais essayer, tu peux. Mais après, il y avait certaines bases qu'il fallait qu'on ait tous. La danse, c'était un élément obligatoire. On a fait ça. Bon, il n'y avait pas de cours pour la comédie. Mais comme je t'ai dit tout à l'heure, je n'ai pas encore attiré par ça.
- Florent
Oui,
- Francesco
mais ça m'a appris certaines choses. Mais j'ai beaucoup plus appris une fois que j'ai commencé à travailler.
- Florent
Ok, d'accord. Tu as vraiment eu l'apprentissage technique et après, sur le terrain.
- Francesco
C'est ça. Parce que c'est triste à dire, mais l'école, c'est super. On a eu de la chance, c'est parce que tous les profs étaient des anciens artistes. Du coup, on avait vraiment des bonnes bases avec eux. Mais il y a certains éléments, tu l'apprends sur le terrain, on va dire. Et surtout avec le public, ça c'est le plus important.
- Florent
Et puis au niveau de l'école, dans ta promo, tu avais aussi pas mal d'autres enfants d'artistes de grande... Ça venait de partout en fait ?
- Francesco
En fait, ce qui était vraiment bien en Italie, à Véronne du coup, ils donnaient priorité aux gens de cirque. C'est-à-dire qu'eux avaient priorité, puis s'ils restaient de la place, il y avait des gens de l'extérieur qui restaient. Parce que moi j'étais en... Comment vous appelez ça ? Du coup, j'étais en résidence. En fait, je dormais là-bas.
- Florent
Oui, d'accord.
- Francesco
Il y a un nom pour ça, mais je ne vous rappelle plus.
- Florent
En internat.
- Francesco
En internat, exactement. J'étais en internat là-bas. On mangeait, on dormait là-bas, on vivait là-bas. Et c'est vrai qu'on avait d'autres familles de cirque qui étaient là. On avait la famille Tony, on avait les Rossi. On avait de tout. Il y avait des gens que je connaissais d'avant. Et c'est vrai qu'on était une belle promotion cette année-là. On a sorti quand même de beaux numéros. Oui,
- Florent
oui, oui.
- Francesco
Et l'école existe toujours. L'école est toujours là. C'est toujours le même système. Mais c'est vrai que cette année-là, on avait beaucoup de gens de famille, en tout cas.
- Florent
Oui. C'est ça qui est intéressant aussi, qui t'a permis de connaître d'autres personnes.
- Francesco
Et d'autres façons de travailler. Parce que, que ce soit le cirque qui est différent partout, même en France, je pense que tu le sais mieux que moi, mais c'est des façons de travailler. Dans chaque établissement, à chacun sa façon de travailler. Oui.
- Florent
Tu as du coup, par la suite, travaillé comme ton père chez Alexis Gruss.
- Francesco
Ouais.
- Florent
Quelle a été ta réaction lorsque tu as foulé la piste du Cirque National pour la première fois ? Donc c'était en 2009, c'était Pampa le spectacle ? C'était ça,
- Francesco
c'était Pampa. Et en fait, moi j'étais censé rester une autre année en Italie à l'école du cirque. J'avais même laissé des affaires là-bas. Et du coup, j'ai eu l'autorisation de présenter mon numéro de temps en temps pendant le spectacle. Quand ils étaient dans le sud, du coup, à Puyolinc encore. Et puis un jour, Stéphane m'a proposé, il m'a dit si ça t'intéresse, on fait une nouvelle création. Il nous faut un artiste. Et puis moi, j'ai dit ça tombe bien, j'ai mon numéro de jonglage. Et puis il me regarde. Il me dit, mais tu sais que chez nous, on sait tous jongler. On n'a pas besoin de jongleur. Je dis, ah ok, mais c'est pour faire quoi ? Il me dit, c'est pour faire le clown. Je dis, mais j'ai jamais fait ça. Ah non, non, mais c'est lui qui m'a mis le pied à l'étrier. Et puis voilà, à la fin, ils m'ont mis un micro. On avait une seule blague. Et je crois, au bout de deux semaines, avec Firmin, qui m'a aussi beaucoup aidé, on a fait une demi-heure. Une demi-heure de sketch. à la fin Stéphane il me regardait il me disait non non il faut couper les gars après vous étiez parti c'était lancé après j'ai vraiment vraiment pris goût et surtout c'est que comme ils m'ont donné la confiance que j'avais besoin c'est là où ça a marché en fait c'est là où ça a marché après on est resté 7 ans 7 ans là-bas et j'ai présenté toujours la partie comique avec avec Firmin, avec Tony aussi, qui après s'est rajouté, et aussi toujours un numéro sérieux, on va dire.
- Florent
Oui.
- Francesco
Voilà, à côté.
- Florent
À côté.
- Francesco
J'ai fait le match chinois, j'ai fait un numéro de vélo, il y avait un numéro de trampoline aussi. Enfin, il y avait toujours une partie en moi qui était obligée de faire quelque chose un peu de sérieux quand même.
- Florent
La polyvalence qu'on connaît bien chez Alexis Grossoffi.
- Francesco
C'est ça. J'étais très bien entouré. Vraiment, c'est eux qui m'ont appris le le Savoir faire sur le terrain, comme je disais tout à l'heure, le montage, le démontage, s'occuper des chevaux. Parce que moi, j'allais répéter le matin avec Alexis Gruss, avec les chevaux. L'après-midi, on faisait le spectacle. Après, on répétait. C'est vraiment un rythme de vie intense. Et j'avais l'âge pour faire ça et j'avais la motivation. C'est ce que je rêvais de faire depuis tout petit. Toutes les années que j'avais perdu en étant à la maison, je récupérais à ce moment-là. Et c'était vraiment eux qui m'ont appris le plus important, la basse, qui m'ont presque tout appris.
- Florent
D'accord. Justement, la première fois que j'étais vu en spectacle, ce n'était pas ici, c'était chez eux, à Piolynk.
- Francesco
Pour quelle année ?
- Florent
C'était à l'été 2011 ou 2012.
- Francesco
D'accord. Du coup, tu as dû voir ma femme parce qu'elle est arrivée à ce moment-là.
- Florent
D'accord.
- Francesco
C'était en 2011-2012, elle est arrivée. Je crois que c'était pour le spectacle Empreinte.
- Florent
Oui, c'est Empreinte. En train, oui.
- Francesco
c'est ça qui était bien ce spectacle était incroyable on faisait un hommage aux traditions du cirque c'est à dire tout ce qui était militaire et la deuxième partie c'était complètement autre chose il n'y avait plus de chevaux c'était très moderne ça rendait hommage au spectacle dans le genre un peu flic flac moi je faisais un numéro de ma chinois avec un peu grunge tout ça rien à voir avec la première partie qui était très traditionnelle avec les chevaux et tout ça, qui était incroyable aussi, parce qu'il y avait du rythme avec les chevaux et tout ça, et ouais, j'avais beaucoup aimé ce spectacle-là.
- Florent
C'était sous le chapiteau avec les mâts maintenus au niveau de la toile et pas...
- Francesco
Je crois qu'ils ne l'utilisent plus maintenant à Pioling. Ils remettent le nouveau, enfin un des nouveaux chapiteaux.
- Florent
C'est ça. C'est le premier souvenir. que j'ai de toi en piste et même de la compagnie Alexis Grus d'ailleurs.
- Francesco
Piolynk, j'adorais Piolynk et le Vaucluse, j'adorais en fait, tous les moments où moi je partais en vacances, c'était à Piolynk j'ai appris, enfin Alexis avait une maison là-bas c'est là où on a tous appris à nager parce qu'il y a une piscine enfin c'est que des bons souvenirs il n'y a pas que le spectacle toute la partie famille surtout chez eux qui est importante c'est là où j'ai rencontré ma femme c'est la route Là où j'ai appris à connaître beaucoup de monde, à apprendre le métier. C'était que des bons souvenirs.
- Florent
C'était une bonne école.
- Francesco
Ouais, ouais, ouais. Je ne sais pas si toi tu t'en rappelles, à Piolinc, il y avait des spectacles pédagogiques.
- Florent
Oui, sous-tente, sous-tente annexe, ça je me rappelle.
- Francesco
Il y avait aussi dans le petit chapiteau, c'est-à-dire que Stéphane prenait le temps entre les numéros, expliquait les accessoires, expliquait le numéro, l'origine du numéro, l'origine des artistes qu'il présentait. Il expliquait ma famille, d'où je venais, tout ça. Et en fait, ça a duré, je crois, une heure et demie. Et le week-end, par contre, le samedi-dimanche, on présentait le grand spectacle.
- Florent
Moi, j'étais venu un samedi.
- Francesco
Du coup, c'est ça, en fait. La semaine, c'était les spectacles pédagogiques. Et là, parfois, on essayait des nouveaux trucs. On préparait le prochain spectacle. On se servait des spectacles pédagogiques un peu pour essayer. Mais le samedi-dimanche, c'était le grand spectacle qu'on allait présenter après à Paris, tous les jours.
- Florent
D'accord. Tu y es resté six saisons au total. Quel... de la... peut-être déjà évoqué, mais tu as peut-être un souvenir qui te... Là, si je te pose la question comme ça, un souvenir marquant que tu gardes de Pampa, Mélodie, Empreinte. Bon, Empreinte, tu m'as dit que tu avais beaucoup aimé ce spectacle-là. Mais voilà, si... En te posant la question-là, quelque chose qui...
- Francesco
Il y a un moment, parce que tu me demandais les premiers pas chez Alexis, je vais te dire exactement ce qui s'est passé à mon premier spectacle chez Alexis. Alexis vient me voir avant le spectacle, plaisanter, « Est-ce que tu es stressé ? » Moi, fierté, un peu jeune, un peu idiot. Il me regarde et me dit « Ça viendra avec le talent alors. » À partir de ce jour-là, j'étais stressé tous les jours de ma vie.
- Florent
Je crois que tout le monde le sait. Mais bien sûr,
- Francesco
il disait ça pour plaisanter. On rigolait, bien sûr. J'ai que des souvenirs, on va dire, de collaboration, que ce soit avec les jumeaux, que ce soit avec Stéphane, avec Firmin, avec ma marraine Gypsy. Il n'y a que des moments où chaque année, on se disait mais qu'est-ce qu'on va pouvoir présenter en fait ? Avec qui on va travailler cette année ? Parce qu'on est une grande famille, mais on est aussi des collègues. Et chaque année, on se disait, on ne va pas faire un truc avec... Avec Nathalie, le machinois, c'était avec Nathalie Gruss à l'époque. D'accord, oui. Une année, j'ai fait la ballerine à cheval, les cuillères à cheval, pardon. Et du coup, ça, c'était un hommage à mon père. Et ça, je l'ai présenté avec Maud. À l'époque, mon père le faisait avec Martine, avec la sœur Alexis. Oui,
- Florent
d'accord.
- Francesco
Il y a certains numéros vraiment où j'ai pris de l'importance à vouloir rendre hommage à ce que mon père avait fait 30 ans en arrière. Parce que moi, je suis arrivé 30 ans après.
- Florent
Oui.
- Francesco
Lui, il restait 10 ans. Et il y a même une année où j'ai rendu hommage à mon parrain, Angelo Balland, qui était acrobate sur vélo. Et j'avais décidé, j'avais dit, tiens, je vais reprendre ce numéro-là, qu'il avait présenté aussi au Cirque à l'Ancienne à l'époque.
- Florent
Oui, à l'époque. J'allexique. Ok. En fait, c'est exactement pour ça, dans les premières questions, j'avais choisi le mot transmission. Déjà,
- Francesco
c'est un mot que eux adorent.
- Florent
C'est ça.
- Francesco
Parce qu'il n'y a pas une meilleure école pour ça. Le mot... Et devrait même être écrit en dessous du nom Gruss. Soit ici, ou chez Alexis, pardon, ou chez Arlette. Ah oui,
- Florent
chez les deux.
- Francesco
Mais c'est vrai que moi, j'ai eu de la chance, c'est qu'ils m'ont ouvert leur porte, ils m'ont ouvert leur cœur. Et puis voilà, j'ai essayé de profiter de tout ce que j'avais besoin étant petit. Et j'essaie de leur rendre aussi hommage, même si ça soit ailleurs que dans leur piste, j'essaie de leur rendre hommage aussi à eux, à leur savoir-faire qu'ils m'ont appris.
- Florent
Ça se ressent en tout cas. Tu as aussi participé à des numéros collectifs avec la famille Gruss et d'Akrobatsy et Kestre sur les spectacles des dernières saisons, c'est ça ? Oui. Ou Sylvia. Comment tu as préparé ça par rapport à ton entraînement quotidien, l'exigence aussi physique que ça a dû te demander par rapport ?
- Francesco
C'est simple parce que tout ce qui était collectif, bien sûr, Tant doute bien qu'on avait tous un créneau horaire où il fallait tous être présents. Et je n'étais pas le seul à apprendre. C'est ça qui était bien. Il y avait Charles et Alexandre avec qui j'ai le même âge. En fait, on n'avait pas forcément le même rôle. Parce que quand on a préparé les pyramides équestres, c'est-à-dire qu'on faisait des pyramides sur le dos de cinq chevaux, eux étaient les porteurs. Moi qui étais un peu plus léger, j'étais le voltigeur, j'étais au-dessus. J'étais sur les épaules à Alexandre une fois, après j'étais sur les épaules à Stéphane. Ce qui était bien, c'est qu'on n'était pas tout seul à apprendre. J'avais un des meilleurs profs, je crois, qui peut exister, c'est Stéphane. Stéphane prenait le temps de nous expliquer, que ce soit moi, que ce soit ses enfants. Et en fin de compte, on ne s'appelait plus les jumeaux, on s'appelait les triplés. Parce qu'on était tout le temps ensemble, à répéter ensemble. Et bien sûr, il y a certaines choses que j'ai apprises tout seul, où j'avais mon parrain avec moi. Quand j'ai commencé à faire du monocycle, c'est mon parrain qui m'a appris. Et bien sûr. j'ai plus le même âge, je ne vais pas vous cacher mais à cette époque là on courait dans tous les sens que ça soit derrière un cheval, que ça soit derrière du matériel de jonglage derrière mon monocycle, on n'arrêtait pas et en plus on avait l'exemple des autres on voyait l'autre génération qui eux aussi soit Alexis, que ça soit Gypsy qui eux n'arrêtaient pas non plus de nous plager c'est eux qui nous rythmaient notre journée presque c'est Alexis qui rythmait la journée de tout le monde mais ouais c'était un magnifique exemple et puis je pleure au lit et j'espère qu'ils m'entendront un jour je pleure d'oie beaucoup tu
- Florent
évoquais le monocycle t'en as refait encore il n'y a pas si longtemps que ça c'était sur les dîners spectacles d'Eternel la première année j'ai proposé à Gilbert que pour les dîners spectacles on fasse le numéro 2
- Francesco
de monocycle avec les tasses.
- Florent
Ça,
- Francesco
c'est un numéro que mon parrain m'a appris.
- Florent
D'accord.
- Francesco
Un peu à distance, au début, parce que moi, j'étais chez Alexis, et puis lui, il continuait à travailler, il était au paradis latin. Il a une carrière incroyable, Angelo, il a travaillé un peu partout. Et après, je pense que j'ai préparé ce numéro-là pendant deux ans. Et après, j'ai eu l'opportunité de le faire d'abord à PureLynk, dans les spectacles pédagogiques. Et après, une fois que je suis parti travailler ailleurs, j'ai pu continuer à faire ce numéro-là et puis l'améliorer, l'améliorer. C'est vrai que maintenant, bon bah... La comédie a pris une place un peu supérieure sur le reste, mais c'est vraiment un talent aussi que ça se trouve dans le futur. J'ai mélangé l'acrobatie sur monocycle avec de la comédie. On verra bien, ça sera toujours dans le coin de la tête. Ça sera la surprise. C'est ça.
- Florent
C'est en 2015, tu l'as évoqué tout à l'heure, que tu avais fait l'écuyer à panneaux aux équestriades.
- Francesco
Alors, on l'avait présenté déjà. à Empreinte, du coup, dans le spectacle Empreinte. Et puis, Alexis avait eu l'idée de faire les équestriades. Moi, j'ai participé à trois équestriades. La première année, c'était avec les Farfadés. La deuxième année, c'était avec le Cadre Noir de Saumur. Et c'est là où il m'a proposé de refaire le numéro avec le Cadre Noir. Je ne dis pas avec le Cadre Noir, c'est à mourir de rire. Parce que tu as tout le monde qui est au sérieux. On t'avoue. Puis Alexis, le travail d'Alexis, comme on connaît, qui est très sérieux. Et puis moi qui arrive déguisé en femme, en écuyer à panneaux. Et puis avec Maud, bien sûr, qui présentait. Elle le présentait sérieusement. Et puis après, moi, je passais et je faisais n'importe quoi. Je faisais des cascades. Et puis en plus, on était dans le théâtre antique d'Orange. Salle de 10 000 places quand même.
- Florent
C'était un beau moment. C'était quelque chose.
- Francesco
C'était un beau moment. Et je dois dire, de le faire autour du cadre noir, pour moi, c'était... C'était vraiment très drôle. Oui,
- Florent
je me doute bien que ça doit être quelque chose. Après, tu as une carrière aussi à l'international. Tu es parti, tu as travaillé au Danemark.
- Francesco
Au Danemark,
- Florent
oui. Chez Harley, chez Arena.
- Francesco
Arena, non. On a fait quelques galas pour eux.
- Florent
Alors,
- Francesco
on a eu la chance, c'est qu'ils nous ont emmenés jusqu'au Groenland.
- Florent
Ah oui ?
- Francesco
Il n'y avait pas Trump encore qui était là. Mais on a... On a eu de la chance, on est resté une semaine au Groenland. On l'a fait deux fois. Et c'était un super souvenir aussi. On n'était pas en chapiteau, on était dans des gymnases.
- Florent
D'accord.
- Francesco
On a travaillé sept ans au Danemark avec Harley. Et de temps en temps, on allait faire quelques galas avec Harénadio.
- Florent
Donc avec ta compagne Sarah Torres.
- Francesco
En fait, Sarah, je l'ai rencontrée quand on était chez Alex Lee. Elle, elle est restée quatre ans, moi je suis resté sept ans. Et on est tombés amoureux. Ça arrive. Et du coup, on a décidé une année. Je me rendais compte tout doucement que les Grusses n'avaient plus forcément besoin d'un clown. Ils étaient partis sur d'autres perspectives avec les Farfadés. Et du coup, la place du clown n'avait pas vraiment sa place. Et en plus, les spectacles étaient déjà assez longs comme ça. Je comprenais tout à fait qu'ils n'avaient pas besoin d'un clown. Ça n'avait pas sa place dans le spectacle qui était créé. Ce n'est pas du tout une critique. Ils n'avaient rien contre moi ou rien contre les clowns. C'est juste que... Le spectacle était déjà très bien comme ça. Et du coup, j'ai décidé de dire, bon, je voudrais continuer dans cette voie-là, sur la voie que vous m'avez mise. Et j'aimerais bien peut-être essayer ailleurs et puis revenir peut-être une autre année. Pour l'instant, ça, c'est parfait. Mais pourquoi pas dans le futur ? Et du coup, Sarah aussi a décidé de partir. On est partis ensemble. C'était important qu'on travaille ensemble. On a atterri chez Harley. On était très contents. On est restés sept ans là-bas. Et en fait, on a refait un peu la même chose qu'on faisait chez Alexis. ils nous ont proposé de rester. Je dis, bah, c'est aussi, pourquoi pas, on pourrait faire refaire du machinois, mais avec un autre style, parce que je le faisais chez Alexis, d'une façon, je ne voudrais pas refaire du copier-coller. Je dis, bah, on fait le machinois. Alors, ce qui était drôle, c'est que je l'avais fait en comique. J'arrivais en facteur et j'avais une lettre pour quelqu'un. Et en fait, la boîte aux lettres était en haut du mât.
- Florent
D'accord.
- Francesco
Chaque fois que je montais, je faisais retomber la lettre. Il y avait des gags. Il y avait toujours une partie un peu sérieuse, mais en comique. Après, on a fait des numéros de jonglage, on a fait toujours des numéros aussi comiques à côté.
- Vincent
Sarah, pareil, Sarah a présenté mon épouse, du coup, Sarah, elle a présenté des numéros aériens, elle a fait du jonglage avec nous, elle a fait des contorsions, on a fait de la contorsion comique aussi, on a fait la poupée de chiffon. On a vraiment partagé notre savoir-faire avec une autre famille.
- Nathalie
D'accord, oui, c'est ça qui est bien aussi, c'est que, en plus, ça vous a du coup permis à tous les deux de découvrir différentes cultures aussi au niveau du cirque, un autre format familial.
- Vincent
Ah bah oui, ils n'ont pas du tout la même façon de travailler que chez Alexis. Nous, on est arrivé de chez Alexis, où j'avais passé aussi 7 ans. Et on va aller monter le chapiteau, on va faire ci, on va faire ça. Non, non, non, nous, on a notre équipe à nous pour monter le chapiteau. Toi, tu es là pour faire un spectacle. On m'a un peu calmé. On dit, si, c'est très bien, tu es très motivé, tout ça. Mais il m'a dit, si, ça ne marche pas comme ça. Et en fin de compte, partout, partout où j'ai été, et j'en suis sûr, là, ça va continuer. Partout où je vais, j'apprends d'une autre façon de travailler. J'apprends à m'adapter surtout. Et Sarah aussi, du coup.
- Nathalie
Oui, c'est ça qui est important. Et puis à travailler aussi avec d'autres partenaires aussi qui sont différents.
- Vincent
Du coup, là-bas, ils avaient un jeune garçon qui avait mon âge, qui était le fils du directeur, qui s'appelle Alex Harley. Alexandre Harley, pardon. Et avec qui, du coup, on a collaboré avec mon épouse ou avec moi. On a présenté plusieurs numéros. Oui, c'est toujours cool de pouvoir partager avec... avec le même état d'esprit. Parce que c'est ça qui est drôle, c'est que moi, j'ai grandi en région parisienne, lui, il a grandi en Scandinavie. Et en fin de compte, on a la même pensée, on a les mêmes plaisirs, on a les mêmes goûts parfois pour les musiques. Je l'ai eu au téléphone aujourd'hui. Je lui ai dit, tiens, t'as écouté cet album-là, ça serait super pour tel numéro, pour ça. Et on partage encore les mêmes goûts pour la piste.
- Nathalie
Le cirque, c'est universel.
- Vincent
C'est un langage universel. Parfois, tu tombes sur des gens qui n'ont pas forcément les mêmes goûts, qui ont la même passion de la piste, mais qui n'ont pas les mêmes goûts. C'est vrai qu'on a une connexion avec ce jeune homme. C'est rare.
- Nathalie
C'est beau en tout cas. Tu as travaillé aussi en 2019 chez Knie.
- Vincent
Chez Knie, oui.
- Nathalie
Pour le centenaire.
- Vincent
C'est ça. Bravo. Merci. Ce qui est drôle, c'est que partout où j'ai été, j'ai fait un anniversaire. Chez Alexis, c'était les 40 ans. Chez Harley, j'ai fait les 50 ans. Chikni j'ai fait les 100 ans et Charlotte j'ai fait les 40 ans pas mal beaucoup de bougies beaucoup de bougies à chaque fois tu as fait un équivalent avec le gâteau comme l'année dernière pas forcément parce que la Chikni sans bougies ça aurait été un gros gâteau mais non Chikni c'était une super expérience ce qui était drôle c'est que ma soeur a travaillé là-bas pendant 20 ans et en 2019 elle a décidé de quitter la tournée alors que moi c'était ma première année elle c'était sa dernière année
- Nathalie
D'accord.
- Vincent
mais on a partagé cette dernière année, c'était vraiment incroyable moi je suis devenu papa pendant cette saison là j'ai partagé la piste avec des super artistes, avec des grands artistes avec une grande famille de cirque et les CNI quand même alors c'est bien sûr c'était une autre façon de travailler mais le peu de moments que je pouvais partager avec Frédéric, Géraldine et Michael où on parlait de cirque, où on parlait surtout de clown, de comédie parce que j'étais là pour ça alors là j'avais les oreilles qui étaient grandes ouvertes le peu de conseils qu'on m'a donné chez eux Merci. et des conseils qui m'ont toujours servi. Ils m'ont vraiment toujours servi. Après, j'ai eu la chance aussi de partager la piste avec Yann Rossi, avec Davis Vassalo. Et là, on a créé un petit trio. On avait plus de passages en matinée qu'en soirée parce qu'il y avait d'autres comédiens aussi en soirée. Mais on arrivait quand même à se débrouiller pour avoir nos moments à nous dans le spectacle. Et des moments qui faisaient rire, c'est ça qui était bien.
- Nathalie
D'accord. Et puis en plus, chez les CNI, ils savent retrouver des bons comiques et des bons clubs.
- Vincent
Ils ont été intelligents. Ils ont vraiment compris. Même avec les comédiens. Moi, je n'ai rien contre les comédiens. Moi, je ne suis pas un clown ou comédien, c'est la même chose. Mais ils ont toujours eu un don pour regarder aussi ailleurs. Pas forcément que dans le monde du cirque, mais aussi aller voir dans les cabarets, dans les théâtres. Et quand ils m'ont proposé de venir faire une saison là-bas... C'est un honneur.
- Nathalie
Oui, c'est sûr.
- Vincent
Pour les 100 ans en plus. C'est un honneur.
- Nathalie
C'est beau, franchement. C'est un beau palmarès.
- Vincent
Oui, mais j'espère que ça va continuer dans ce sens-là. Oui,
- Nathalie
on te souhaite en tout cas. Tu nous fais rire au Cirque Arlette Grusse depuis trois saisons maintenant. Ça représente quoi pour toi de jouer dans cette maison-là qui est un des derniers grands cirques, si ce n'est même le dernier grand cirque français en tournée, itinérant ? et complète la question d'avoir joué avec Pierrick parce que je sais qu'il y a une petite anecdote par rapport à lui et ton papa, j'avais un reportage là-dessus et voilà, la question c'est vraiment ça qu'est-ce que ça représente pour toi de jouer ici ?
- Vincent
Je vais déjà répondre sur le fait d'être ici chez Arlène Russe c'est quelque chose d'incroyable Quand on a eu la proposition pour moi et pour mon épouse de travailler, j'étais très très très content. Et surtout, ce que j'ai apprécié, c'est que quand on est arrivé, on avait tout de suite un mot à dire pour la création de nos numéros. Gilbert a toujours son mot à dire, bien sûr. C'est lui qui a le dernier mot, ça c'est sûr. Il n'y a rien à dire. Mais je dois dire, il nous a toujours dit, regarde, qu'est-ce que tu penses de ça ? Il y a un moment où j'ai besoin de la piste. Qu'est-ce que toi, tu peux faire en dehors de la piste ? En fait, ça faisait très longtemps que je n'avais pas travaillé comme ça. où j'avais mon mot à dire pour mes passages.
- Nathalie
Pour tes passages,
- Vincent
oui. Et surtout, c'est qu'en fait, quand on est arrivé, il m'a dit, voilà, si tu as besoin de musique, je te donne le numéro de notre compositeur. Si tu as besoin des danseurs, il y a le chorégraphe qui est là. C'est presque un buffet à volonté. Oui, après,
- Nathalie
tu peux...
- Vincent
Voilà, tu montes tes numéros avec les moyens que Arlette Gruss a. Ce n'est pas juste, tu fais ça, on te donne ce costume-là. Non, il y a vraiment une collaboration, il y a vraiment une création. En tout cas avec moi et à l'époque avec Pierrick, bien sûr. La première année, on l'a monté ensemble. Il y a des passages que moi, j'avais inventés. Et puis, bien sûr, on a créé ensemble après, mais que je voulais faire à deux, que je ne voulais pas faire tout seul. Parce que Pierrick, bien sûr, je le connais depuis très, très longtemps. Il connaissait mon papa.
- Nathalie
Ils avaient travaillé ensemble.
- Vincent
Ils avaient travaillé ensemble. Lui est arrivé malheureusement un chouïa après chez Alexis, mais il se connaissait. Tout le monde se connaît un petit peu dans le métier. Mais eux se connaissaient un peu plus. Mais c'est vrai que j'avais beaucoup aimé le duo que je faisais avec Pierrick parce qu'on était complètement différents. Mais à la fin, ça matchait. Il ne va pas m'aimer quand je vais dire ça, mais lui, c'était le petit vieux qui était un peu perdu parce qu'il a une mouille, il a une gueule Pierrick. Il n'a même pas besoin de maquillage. Il a une gueule de clown. Et moi, le jeune geek, on va dire, qui est un peu énervé, qui veut... tout bien faire et que ça rate à chaque fois ça matchait tellement bien c'était vraiment vraiment bien c'était un beau duo ouais j'étais vraiment content de partager la piste avec lui je pense que je pourrais pas faire mieux je sais pas si ça se trouve j'aurais d'autres partenaires à nos jours mais je dois dire pour l'instant j'étais vraiment vraiment content de travailler avec la piste partager pardon la piste avec lui et puis et puis bien sûr pour mon épouse aussi parce que je pense que la première année ça a laissé un bel impact sur le numéro avec le livre avec la musique Merci. Je vous remercie encore le Cirque de nous avoir prêté un compositeur qui est extraordinaire, qui nous a donné des belles lumières, des beaux musiciens. Et voilà. Travailler ici, et je le redis à Gilbert, je le dis, c'est pas n'importe qui qui est au-dessus de notre tête. C'est à marquer à Arlette. C'est pas un petit cirque. C'est quelque chose d'important. Et tous les jours, il faut s'appliquer à donner de notre mieux.
- Nathalie
Tu l'as évoqué plusieurs fois, tu as la chance de travailler avec... c'est ta femme, ta compagne, Sarah Flores, qui travaille avec ses numéros aériens, parfois à seules, parfois en duo, comme cette année, je parlais avec Elea. Super numéro, d'ailleurs, au passage.
- Vincent
Je dirais.
- Nathalie
À côté de ça, comment s'organise la vie d'artiste et aussi la vie de famille autour du spectacle, autour de tous ces éléments-là ?
- Vincent
C'est une bonne question, très bonne question. Il faut aussi imaginer qu'on a une petite fille. qui a 6 ans, ne me trompe pas. Ce qui est super ici au Cirque-Carré-Deux, c'est qu'on a une école itinérante avec nous, qui accueille tous les enfants de chaque artiste, de chaque personne qui travaille ici. Et la vie de famille, une vie normale. La seule chose, c'est que le papa, il fait rire 1300 personnes par jour, et puis maman, elle travaille à 5-6 mètres de haut. Pour moi, c'est presque banal. C'est une vie qui s'organise autour des spectacles. C'est sûr que le spectacle a une place primordiale dans nos vies. C'est la préparation, le maquillage, les échauffements, les répétitions, les voyages, suivre le cirque, le montage. C'est vrai que ce n'est pas une vie facile, mais c'est une vie qui, quand tu la partages avec quelqu'un qui a la même passion, et puis bien sûr maintenant avec notre fille, c'est une vie extraordinaire. C'est pas... Un savoir-faire presque. Dans notre métier, c'est un savoir-vivre. Un savoir-vivre, oui.
- Nathalie
C'est dans l'ADN.
- Vincent
C'est ça.
- Nathalie
D'accord. Oui, parce que Sarah, du coup, vient aussi d'une famille de cirques. Oui,
- Vincent
elle aussi, elle vient d'une grande famille de cirques. Son papa est Flores et sa maman est Micheletti.
- Nathalie
D'accord.
- Vincent
Du coup, c'est aussi une grande, grande, grande famille.
- Nathalie
Oui, oui.
- Vincent
Je dois le dire parce qu'on s'est mariés il n'y a pas très longtemps. J'ai dû inviter toute la famille. C'était 150 ans.
- Nathalie
J'avais vu passer des photos. Oui,
- Vincent
oui. Et du coup, non, c'est une grande famille de cirques. et puis... On a de la chance d'être en ce moment au Cirque Arlette Grousse, on en profite. Même si c'est la troisième année, on profite encore.
- Nathalie
Oui, vous avez parfaitement raison.
- Vincent
Il faut.
- Nathalie
Oui, carrément. Votre fille ? à tous les deux. Elle, par rapport à l'univers du cirque, même si elle est encore petite, elle se positionne comment ?
- Vincent
C'était très compliqué. C'était la première fratélinie qui avait peur des clowns. Elle avait peur de mes reprises. Je faisais une reprise avec un bébé l'année dernière. Je ne sais pas si tu te rappelles. Elle a traumatisé quand elle était petite. J'ai un cousin à moi qui fait des reprises avec des ballons qui éclatent. Je ne te dis pas, dès qu'il y a un ballon, maintenant, c'est de la panique. Mais... Elle prend goût. Elle prend goût tout doucement. Là, elle adore danser en ce moment. On ne veut pas l'obliger. On voudrait quand même lui apprendre la base. Et puis, une fois plus grande, c'est elle de choisir. Moi, j'ai toujours eu le choix. En étant sédentaire, j'ai toujours eu le choix. Ma mère m'avait obligé de passer un diplôme. En fin de compte, je n'ai même pas passé de diplôme. Mais je n'obligerai pas ma fille à faire du cirque. Je ne lui en voudrais pas. Et c'est vrai que... Une fois que tu choisis cette voix, par contre, il faut s'y donner à 100% et c'est du travail. Et à certains âges, elle n'a pas dépassé aussi. Pour certains numéros, je parle.
- Nathalie
Oui, bien sûr. Mais,
- Vincent
comment dire, elle est encore jeune, elle a encore du temps devant elle.
- Nathalie
Ok, oui, forcément. D'accord, mais c'est une bonne réponse. Du coup, tu as un costume quand même qui est identifiable par rapport à plein d'autres clowns, plein d'autres artistes. Il vient d'où ? Parce que j'ai déjà entendu Coban t'appeler Monsieur Ikea.
- Vincent
Alors j'ai eu de tout. J'ai eu de tout et de n'importe quoi. De n'importe quoi. Monsieur Ikea, le mignon.
- Nathalie
C'est pour ça. Moi, je vais savoir en fait.
- Vincent
C'est tout bête. Ça revient à l'époque d'Alexis. De chez Alexis, on avait fait un gala au Grand Palais pour le gala d'équitation Hermès.
- Nathalie
D'accord.
- Vincent
Le Grand Palais, le bâtiment est magnifique. Et ils avaient décoré la salle en bleu et jaune. Ça m'étonne. toujours resté dans la tête, j'ai dit ces deux couleurs-là se matchent terriblement bien. C'est incroyable. Et du coup, j'avais essayé plusieurs choses. J'avais essayé de rester un clown un peu plus traditionnel, mais tout doucement, je perdais le goût à ça. C'était plus moi. J'admire les autres qui le font, qui continuent à le faire. Il faut des clowns pour tout le monde. J'avais dit, j'aimerais vraiment continuer à faire évoluer un peu le personnage. C'est ce que... que tous les autres fratellini avaient fait un peu avant moi. Et en fin de compte, je suis tombé sur cette idée de short. Ça a évolué, le costume, parce que ce n'était pas comme ça. Au début, je n'avais pas de lunettes, je n'avais pas ça. Et en fin de compte, ça évolue tout doucement et je pense que ça se trouve, il y a encore des choses qui vont changer. Je pense que les couleurs vont rester les mêmes. Et je fais un point d'honneur à vraiment un truc que je veux garder, c'est ces couleurs-là. Parce que je trouve que les gens m'identifient à ces vies grâce à ces couleurs-là.
- Nathalie
Tu as même ton logo maintenant, je le vois. Oui, j'ai tout.
- Vincent
J'adore.
- Nathalie
C'est excellent.
- Vincent
C'est même presque bizarre quand je m'habille normalement. Normalement ? Oui.
- Nathalie
C'est excellent. Le costume est vraiment identifiable. Mais du coup, il n'a rien à voir avec... Ah non. C'est ça qui est drôle.
- Vincent
C'est vraiment ça qui est bizarre, puisque tout le monde le compare à plein de trucs différents. Moi, ça me fait rire de savoir ce que c'est. Oui, parce que les mignons, c'est vrai que je n'ai pas fait gaffe. Oui, tiens, les mignons. Ah, Monsieur Ikea, l'Ukraine, au début, parce qu'il s'est passé malheureusement. Ils m'ont dit, tiens, c'est les couleurs de l'Ukraine. Je dis, tiens, je ne l'ai même pas fait exprès. Ce n'est pas venu du tout de ça. C'est deux couleurs que j'aime beaucoup. Et j'ai dit, tiens, on va bien les partager avec le public. Le costume est venu d'une idée dans la tête, quoi, en fait. Juste ça.
- Nathalie
Au moins, maintenant, on sait. Oui, je te dis,
- Vincent
le costume a évolué. Ça se trouve, il va encore changer, mais ces couleurs-là vont rester.
- Nathalie
D'accord. C'est bien aussi parce que, du coup, tu as réussi à te créer ton identité. Parce que, comme on le dit depuis tout à l'heure, tu as l'héritage Fratellini derrière toi. Ils ont fait énormément de choses pour le monde du cirque, notamment pour le clown. Et du coup... malgré tout ça, tu n'es pas resté dans la facilité de faire comme eux. Tu t'es approprié, tu t'es créé ton personnage.
- Vincent
La seule chose, c'est un peu dur ce que je vais dire, mais quand j'ai perdu mon papa, j'en ai voulu à beaucoup, beaucoup, au monde entier. Mais je me suis rendu compte d'un truc aussi. C'est que ça m'a permis d'être, moi, une page blanche. Je vois beaucoup de gens de cirque. qui continuent la tradition des clowns mais j'ai l'impression que les gens commencent à se lasser, de voir les gens faire les mêmes gags les mêmes sketchs les mêmes morceaux de musique presque à la note près que les grands-parents, que les parents avant Je vois même des gens qui ne prennent pas forcément de plaisir parce qu'en fin de compte, ils font du copier-coller. Et malheureusement, en perdant mon papa, ça se trouve, c'est aussi une bonne chose. C'est que moi, je suis parti d'une pince blanche. J'ai appris, bien sûr, en regardant des vidéos de mon papa. Mais je lui ai toujours dit que je n'allais pas faire du copier-coller. Alors oui, bien sûr, j'ai des inspirations. J'ai des inspirations qui viennent de partout. Charlie Chaplin, je crois que c'est l'inspiration de chaque queen. un clown qui ne connait pas Charlie Chaplin pour moi c'est pas un mauvais clown c'est un mauvais clown mais comment dire de créer une identité c'est super important je crois que c'est la chose la plus compliquée et je dois dire je ne sais pas si tu arrives à comprendre ce que je veux dire mais en perdant mon papa malheureusement j'ai créé cette page blanche et j'avais le droit de faire ce que je voulais à partir de là j'ai eu aucune personne qui m'imposait à faire des choses alors que bien sûr j'ai appris en faisant des reprises classiques comme la boîte à musique, comme le rond de lumière qui me rend plaisir à refaire maintenant mais à ma sauce,
- Nathalie
avec mon identité à moi dessus c'est ça le plus dur c'est ça le plus dur mais en tout cas tu arrives vraiment bien et je sais en fait je me rends compte aussi avec les années c'est
- Vincent
que si tu te forces les gens se marrent pas cette année vraiment moi je me marre à faire mes reprises, à prendre du plaisir à faire travailler les gens avec moi parce que je prends beaucoup de gens du public cette année. Et en fin de compte, c'est ça aussi la clé du succès. Et je me rends compte aussi que les autres clowns que j'apprécie, en fait, ils se marrent. Pendant deux heures, ils font un spectacle, ils se marrent. Et cette année, c'est pareil pour moi.
- Nathalie
Nous, on se marre aussi.
- Vincent
Tant mieux.
- Florent
Par rapport à ce que tu dis, effectivement, je vais reciter un autre clown. Je ne sais pas si tu le connais, si tu l'apprécies. Il y en a un qui a travaillé ici aussi, qui a dit une phrase qui m'a marqué quand j'ai entendu. Il a dit, le cirque, c'est l'école de l'honnêteté. Tu ne peux pas tricher face au public et encore plus quand tu es clown. Quand tu le fais, il faut que tu l'aimes et il faut que ça te fasse rire toi aussi.
- Francesco
Bien sûr. Je peux savoir qui a dit ça ?
- Florent
Grégory
- Francesco
Bellini. C'est l'école de la vie, en fait. Oui, c'est ça. Si tu fais quelque chose dans la vie, que ce soit clown, que ce soit autre chose, que ce soit un autre métier, c'est pour le plaisir. Si tu te lèves le matin avec la boule au ventre, tu ne sais même pas pourquoi tu continues. Mais c'est vrai que ce qui est compliqué quand tu es clown, c'est que ce n'est pas toi qui décide. Moi, je me lève le matin, je fais comme un gosse qui va à l'école. C'est-à-dire que moi, ma cour de récré, c'est la piste du Cirque d'Hérlès de Brousse. C'est que dès que j'ai un moment, je fais une bêtise. Et par contre, mon professeur à moi, c'est le public. Parce que c'est eux qui me disent si c'est bien, si ce n'est pas bien, si c'est trop long, si c'est trop court. En fait, c'est vraiment ça. Et j'ai passé du temps parfois. fabriquer du matériel, à dépenser aussi de l'argent pour du matériel. Et les reprises, elles ont duré deux semaines parce que ça ne marchait pas. Parce que ce n'est pas toi qui décides, c'est le public qui rigole ou pas. Il a raison dans le sens où l'honnêteté, oui, parce que c'est le public qui décide, c'est eux qui rigolent. C'est eux qui doivent être honnêtes avec toi.
- Nathalie
Oui, c'est ça. On passe à la suite. Je cite une autre phrase qui m'a été dite sur toi. Vas-y. Il y a des artistes qui ont travaillé avec toi. Une artiste. Qui m'a dit De tous les clowns que je commence à connaître C'est le clown le plus juste Dans son jeu Dans son travail Et dans sa façon de concevoir ses numéros Ah oui ?
- Vincent
Elle devait être bourrée je crois Elle devait être bourrée ? Non mais
- Nathalie
Non mais la plus juste dans le jeu Dans le jeu d'acte
- Vincent
La seule chose, c'est qu'on a chacun notre logique. De tous les clones que tu as pu voir ici, chez Arlette ou ailleurs, on a tous notre logique. Parfois, ce n'est pas logique pour tout le monde. C'est vrai. Parfois, j'en parlais avec Pierrick, et Pierrick était de super bons conseils. Il avait toujours une bonne façon de le dire. Parce que ce n'est pas juste d'être méchant. Ça ne sert à rien d'être méchant, en fait. Lui, il me dit, regarde, est-ce que tu n'as jamais pensé à faire ça comme ça ? Et il était toujours de bons conseils. Mais c'est vrai que... Moi, j'aime bien qu'il y ait du sens. Un début, un milieu et une fin. Et voilà, après, si ça plaît aux gens, tant mieux. Ce qui me fait toujours plaisir, c'est de me dire, j'avais cette idée-là dans la tête, j'ai réussi à la monter grâce à l'aide du cirque aussi, grâce à l'aide de Gilbert. Et en fin de compte, pour le remercier, pour remercier toutes les personnes qui m'ont aidé, voilà. Je le présente devant tout le monde et ça marche, je suis content. Et je touche du bois que ça marche encore.
- Nathalie
Je te le souhaite en tout cas. Du coup, tout ça amène la question, qu'est-ce que tu aimerais que les enfants qui viennent au cirque retiennent de toi ?
- Vincent
Des rires. Juste des rires. Pour moi, c'est la chose la plus importante. C'est que oui, il y a des numéros où je me dis, bon, c'est un peu plus poétique, mais un clown doit faire rire. Et à un moment dans le spectacle, vous devez tous rire.
- Nathalie
Oui.
- Vincent
Ce n'est pas une menace. Non,
- Nathalie
non, non.
- Vincent
Mais c'est vraiment, pour moi, c'est la base. J'adore voir des clowns musiciens, j'adore voir des clowns poétiques, j'adore voir. Mais j'aime rire. Je dois te dire, je le dis à toi, je le dis à tous ceux qui nous écoutent. Il n'y a pas un moment quand je suis dans les coulisses ou quand je parle avec quelqu'un que je n'essaie pas de faire rire. Ce n'est pas le même genre d'humour, bien sûr. Il y a des mythes à avoir dans la piste que je n'ai pas à l'extérieur. Mais je passe mes journées à essayer de faire rire. Je te jure, c'est maladif. Presque.
- Nathalie
C'est bien, on ne s'ennuie pas.
- Vincent
Non, mais ce n'est pas facile tous les jours de demander à ma femme. Je te le dis, ce n'est pas facile.
- Nathalie
On lui demandera. Toutes les reprises que tu as faites, peut-être te concentrer sur celle de cette année.
- Vincent
tu les as conçus de quelle manière tu as une part où Gilbert te demandait un peu ce que tu pouvais lui proposer mais tes inspirations toutes ces choses là qu'est-ce que ça je m'inspire de tout de tout ce que je peux voir mais que ça soit sur des vieux films comme je te disais tout à l'heure Charlie Chaplin comme Roberto Benigni j'adore aussi c'est ça qui est ouf c'est que j'ai eu l'inspiration du côté italien de mon papa mais aussi l'inspiration du côté anglais de ma maman Oui. Le mot anglais est très spécial, mais moi, j'adore. Il n'y a pas de limite. C'est absurde. Et aussi de tout ce que tu vois sur les réseaux sociaux maintenant. Parce que j'essaie aussi d'un côté de me mettre dans des situations que les gens pourraient se mettre tous les jours. Genre avec le bébé ou avec un livreur Amazon. Avec un conteur que d'un coup, l'histoire te prenne vie. C'est une histoire que tu pourrais raconter à un enfant et qu'en fin de compte, elle prend vie. C'est des inspirations qui viennent de partout. Vous faites tout ce que... Plus c'est bête, plus ça va marcher. Et plus les gens vont comprendre. C'est surtout ça. C'est que je n'ai que 5 minutes pour faire comprendre mon idée. Parfois, même moins. Et parfois, je n'ai pas la piste. Parfois, je n'ai que le gradin. Mais tu as une limite de temps pour faire tout ce que tu veux. Et ce n'est pas évident. Et surtout, qu'il y ait une logique. C'est surtout ça le plus important.
- Nathalie
Puis tu arrives en plus à marier l'actualité. Parce que moi, je l'ai vu, le spectacle, ce soir, ce sera la cinquième, sixième fois que je le vois. depuis le début de la tournée. J'ai vu que des fois, tu ressors des phrases d'actualité. Aras, tu nous as fait un for sure.
- Vincent
For sure, il fallait le faire. Oui, c'est sûr. Mais à Nancy, c'était autre chose. Le livreur Amazon, c'est lui qui a livré Sarkozy en prison. Alors là, ce n'est pas du tout drôle quand je le dis comme ça. Mais en fait, parfois, les gens adorent ça. Vous prenez un truc pour cible que eux connaissent ou qu'il faut avoir la référence ailleurs. je ne sais pas si tu te rends compte aussi toutes les petites musiques que j'ai pendant le compteur c'est que des références quand il dit tu pars à l'aventure, il y a la musique d'Injana Jones parce que tout le monde connait Injana Jones mais pour moi c'est des petits détails mais qui ont leur plus grande importance pareil pour le jonglage il y a plein de petits détails que tu te dis pour toi c'est peut-être bête mais pour les gens ça a beaucoup d'importance et ça leur rappelle je l'ai vu ce film là, je connais ça Et l'actualité, ça marche toujours. En plus, quand vous parlez de politiciens, pour moi, c'est mes rivaux presque. C'est mes clowns aussi, on va dire. Je sais qu'il y a certains points que les gens aiment beaucoup et il faut s'amuser avec ça. Et puis, il faut tester aussi. Parfois, il y a des trucs, tu vas dire, moi, ça me fait rire et puis ça ne va pas faire rire les gens. Oui,
- Nathalie
après, il faut tester. Quand tu n'es pas sous le chapiteau, ton quotidien, tu l'as évoqué, c'est faire rire. Tu as d'autres passions ? À part celle de faire rêver des choses. Alors,
- Vincent
je vais t'expliquer un truc sur lequel j'insiste chaque année. C'est que j'adore la musique. Je voudrais apprendre à jouer un instrument de musique. J'ai fait sept ans de conservatoire et arrivé chez Alexis, quand j'ai commencé à apprendre mon métier, j'ai mis ça de côté. Et je m'en veux énormément. Mais par contre, j'ai un autre problème. C'est dès que je commence à jouer devant quelqu'un, j'ai le trac. C'est quelque chose. Ah oui ? Oui, oui, oui. Peu importe l'instrument que je joue. Alors, la première année, j'avais joué un morceau de cloche. Ça, c'est différent parce que c'est quelque chose que j'ai travaillé pendant des années. En fait, en fin de compte, c'est le seul numéro musical que je fais. Mais c'est vraiment un truc que je voudrais apprendre à faire, c'est jouer de la musique correctement. Et en fait, chaque matinée, j'essaye de me prendre une petite heure pour jouer de la musique. Après, le reste de la journée, c'est comme je t'ai dit tout à l'heure, ça se base autour du spectacle. Tu sais qu'à telle heure, tu dois être prêt. À telle heure, tu dois aller traser. Voilà. C'est à peu près ça, la journée normale d'un clown, on va dire.
- Florent
D'accord. Selon toi, l'avenir du cirque, tu le vois comment ? Ta vision à toi ?
- Francesco
À moi du cirque ?
- Florent
Oui.
- Francesco
Il y a toujours des pessimistes qui vont dire que le cirque, ce n'est pas comme avant. Mais il y a une raison pour ça. C'est que le public n'est pas comme avant. C'est normal. Ce n'est pas une critique, ce n'est pas de leur faute. Les choses évoluent. Le cinéma a évolué, la peinture a évolué. Toutes les formes d'art ont évolué. C'est normal que le cirque évolue aussi. Il y a certaines origines, quand même. Je me rends compte que les gens adorent. Les gens adorent les vrais clowns. Les gens adorent les clowns avec un nez rouge. Parfois, les gens me posent la question, même pourquoi tu n'as pas de nez rouge, tout ça. Je vois qu'il y a cette forme-là que les gens apprécient beaucoup. Mais je pense que, et c'est ce que font le cirque Arlette Grousse, c'est ce que font pas mal de grands, grands cirques, on va dire, c'est qu'il faut quand même se servir de la modernité qu'on a autour de nous. Vous voyez le travail qu'il y a avec les Lumières ici, qu'il y a le travail avec l'orchestre, les costumes, la façon de tous mes dessins ensemble. Je veux dire bravo Gilbert parce que... C'est quand même du travail. Je ne suis pas le seul à le faire. Mais je veux dire, c'est quand même beaucoup de travail. Et puis lui, il a le courage de le faire. Et c'est comme ça que je vois le cirque dans le futur. C'est-à-dire que vraiment, il faut garder nos origines, il faut garder nos traditions. Il y a des gars que j'ai vus depuis des années qui, pour moi, ne me font pas forcément rire, mais que j'ai repris en disant, tiens, je vais essayer ça. Et les gens adorent. Il y a les lunettes qui pleurent pendant le numéro du compteur.
- Nathalie
Les gens sont étonnés par ça,
- Vincent
alors que moi, c'est depuis du gosse qu'ils voient ça. Mais si vous l'amenez d'une autre façon, un peu plus moderne, et si tu l'amènes avec les bons gags, les bons trucs, c'est sûr que ça marche.
- Nathalie
Comme le pouce qui est pris aussi dans la boîte.
- Vincent
C'est bête, mais ça marche. C'est simple et efficace. Il faut savoir à ne pas devenir ringard.
- Nathalie
C'est juste ça.
- Vincent
Le cirque n'est pas ringard. Du moment que toi, tu le présentes d'une autre façon, d'une façon qui n'est pas ringard, ça marche. C'est comme tout. C'est comme les émissions de télé. On a maintenant, je ne sais pas si toi, tu as le même ressenti que moi, mais personne n'invente de trucs. Ils te ressortent la roue de la fortune, ils te ressortent le big deal. Ah ben oui. Non, d'un moment, ok, c'est bien. Il y a beaucoup de gens qui se sont inspirés de la roue de la fortune, il y a beaucoup de gens qui se sont inspirés du big deal. Mais il faut quand même essayer d'être innovant. Oui,
- Nathalie
carrément. Tu es d'accord. C'est une bonne réponse. Merci. Tu fais rire les autres.
- Vincent
Oui.
- Nathalie
Mais du coup, toi, Qu'est-ce qui te fait rire ?
- Vincent
Tout et n'importe quoi.
- Nathalie
Tout et n'importe quoi.
- Vincent
Ah ouais. Je peux être mort de rire à voir quelqu'un tomber dans la rue, que, je sais pas, il y a tellement de choses qui me font rire. Ça devient maladif. Parfois, c'est n'importe quoi qui me fait rire. Et parfois, j'essaye de faire rire avec n'importe quoi, ça marche pas.
- Nathalie
On peut pas y arriver à tous les coups. Ah non,
- Vincent
J'adore chamailler les... Arthur, il vous dira. J'adore le chamaillé, j'adore... Lui, il rigole aussi, je ne dis pas que... Mais je n'arrête pas, je suis une pile électrique derrière.
- Nathalie
Moi, tu m'avais... C'était à la dernière, à Reims, l'année dernière. Il y a des moments où tu nous avais tués. Ah ouais ? Et même, il y avait Clara Poréu qui nous avait dit, au moment du numéro de Cliotonie, qu'en fait, elle avait dû chanter les yeux fermés parce que quand elle t'a vu arriver... Avec les plusettes. Avec les canapés chez les plusettes. Sinon, je n'aurais jamais réussi à chanter. Moi,
- Vincent
j'adore ça. C'est hyper rire. Là, encore à Reims, je crois que j'avais fait une blague parce qu'on est sur le stade à Reims. On est sur le parking du stade. Il y a eu un souci. Le club de Reims s'est fait reléguer en Ligue 2. Et le soir où nous, on avait joué... le PSG venait de gagner la Ligue des Champions. Et bien sûr, nous, pendant le spectacle, on voyait le score qui est 3-0, 4-0, 5-0. Et à la dernière reprise, je l'ai dit, j'ai crié, « Ici, c'est Paris ! » Et Arthur me dit, « Mais non, mais attends, on n'est pas à Paris ici. Et puis en plus, ce n'est pas le foot. Ici, c'est un spectacle de cirque et on est à Reims. » Et moi, je prends le micro, je dis, « À Reims ? » Il dit, « Ah, bienvenue en Ligue 2 ! » et là t'as tout le public qui commence à me huer en rigolant j'adore faire ça, j'adore faire des trucs où ça n'a pas vraiment de sens dans le spectacle mais que ça me fait rire moi et que ça fait rire les autres aussi c'est important ça se ressent en tout cas j'avais une question mais je pense que tu as déjà répondu le clown est-il différent de l'homme ? je dois dire quand même un petit peu oui c'est vrai que ça va casser tout ce que j'ai raconté avant mais c'est important Je m'en rends compte avec ma fille. Je ne peux pas faire le clown toute la journée, parce que sinon,
- Nathalie
elle est invivable,
- Vincent
surtout pour mon épouse. Mais... Je dois dire, quand je rentre dans le chapiteau du monde, je rentre dans le chapiteau, je suis un clown.
- Nathalie
D'accord.
- Vincent
Peu importe que je sois à maquiller, que je sois en costume. Et en plus, on a vraiment une bonne ambiance. Je dois dire, je traîne toujours avec Eros ou avec Alexis. Et eux aussi sont friands de me faire rire. C'est ça qui est bon, en fait, c'est de se transmettre ce rire.
- Nathalie
C'est ça.
- Vincent
Mais c'est vrai qu'à bout d'un moment, tu dois arrêter. Tu ne peux pas rentrer chez toi. Oui, c'est ça. Voilà, il y a tes pères de famille. Tu ne peux plus faire n'importe quoi non plus. En fin de compte, à force de parler avec toi, je me dis qu'est-ce que j'aurais fait si je n'avais pas fait clown.
- Nathalie
C'est beau ça. C'est très beau de l'entendre. On sent vraiment la passion.
- Vincent
Je prends plaisir à parler avec toi. C'est super agréable. C'est pour ça que je suis vraiment content que tu sois venu aujourd'hui. Mais ouais, c'est une passion. Comme je te disais tout à l'heure, ce n'est pas un savoir-faire, c'est un savoir-vivre. Le cirque, c'est un savoir-vivre. Et savoir s'adapter, un conseil pour les gens qui veulent devenir clowns, savoir s'adapter et ne pas perdre cet enthousiasme, même si c'est compliqué, même si c'est dur. On a certaines villes, on reste à Bordeaux, par exemple, on reste un mois et demi. À chaque séance, c'est un public différent. Ce n'est pas parce que ça a marché à la première séance qu'à la deuxième, ça va marcher. On a de la chance, c'est que Bordeaux, c'est une ville incroyable. Un mois et demi, c'est plein tous les jours. Bon, ben ouais, on a de la chance, tu vois. Ça, je touche du bois tous les jours pour que ça se passe comme ça. Mais à chaque séance, c'est différent. Et à chaque séance, il faut être à 100% dans son métier et kiffer le moment que tu as dans la piste.
- Nathalie
Oui, alors tes plus grandes joies, tu en as évoqué plein déjà. Les rires, les échanges que vous avez, les blagues que vous faites dans la troupe. Des plus grandes difficultés dans cette vie ? Tu évoquais certaines places des fois qui peuvent être...
- Vincent
Certaines difficultés, c'est quand il faut faire comprendre aux gens que moi, je sais que j'ai certaines idées qui marchent. Parce que ça fait des années que j'ai travaillé dessus, que j'ai eu la chance de pouvoir les présenter plusieurs fois. Mais quand tu arrives dans un nouvel endroit, c'est dur de faire comprendre aux gens, regardez, faites-moi confiance, je sais de quoi je parle. Ce n'est pas de la vanité, ce n'est pas pour... la flamber ou je ne sais pas comment tu pourrais le dire, mais de dire, voilà, je sais que ça marche, faites-moi confiance, ça mérite le temps de répétition qu'il faut pour les Lumières, pour l'orchestre, tout ça. C'est ça qui est compliqué. Et aussi, même de se vendre. Une fois que tu as fini de travailler ici chez Arlette Gauss, que tu dois chercher du travail, tu te dis, voilà, je vous envoie une vidéo, mais bien sûr, ça n'a pas le même rendu quand tu vois une vidéo que quand tu vois en vrai. Mais c'est ça qui est... La difficulté, c'est ça, de se vendre sans pouvoir être dans la piste, sans pouvoir... t'expliquer ou montrer ton savoir-faire. Ça, c'est la plus grosse difficulté. C'est une partie de notre métier que je n'aime pas forcément, c'est de devoir se vendre. Et c'est la partie la plus compliquée pour moi.
- Nathalie
D'accord.
- Vincent
Ce n'est pas quelque chose que j'ai forcément appris quand j'étais à l'école de cirque, quand j'étais chez Alexis. C'est de savoir se vendre, c'est de toujours être actif sur les réseaux sociaux, de toujours être actif à appeler des gens importants qui sont importants pour notre métier. C'est-à-dire, voilà, je suis dispo à de telles dates, à telles dates. C'est une partie qui est complètement invisible aux yeux du public. mais qui n'est pas forcément facile.
- Nathalie
C'est quelque chose que tu gères toi-même avec Sarah ou alors vous... Parce qu'il y a certains artistes qui ont des agents ou des choses comme ça.
- Vincent
J'ai quelques contacts d'agents, mais c'est vrai que la plupart du temps, c'est quand même Sarah et moi qui s'en occupons. Et puis, on prend toujours les décisions ensemble parce que parfois, les décisions ne tombent pas forcément dans les plans que nous, on avait. Mais on essaie de prendre les décisions ensemble. Et c'est vrai que... C'est une partie, je dois dire, je pense que vous pourrez demander ça à plein d'artistes, c'est pas la partie la plus facile du métier. Non,
- Nathalie
c'est sûr. Dernière question avant de passer sur la dernière partie, tes projets d'avenir, si tu peux en parler, si tu souhaites en parler aussi, où est-ce que tu seras l'année prochaine par exemple ?
- Vincent
Alors j'ai une exclusivité pour toi.
- Nathalie
Wow.
- Vincent
Attention. Malheureusement, je ne serai plus là l'année prochaine. Je ne serai pas au Cirque Arles.
- Nathalie
Alors là, c'est parce que j'ai pas l'accès, mais j'ai le bouton Tu connais le bouton. Voilà,
- Vincent
c'est ça.
- Nathalie
Mais bon.
- Vincent
Non, malheureusement, on ne sera pas là. Et pour l'instant, on ne sait pas exactement où est-ce qu'on va atterrir. Il est encore un peu tôt pour ça. Oui. Mais j'en suis sûr, en tout cas, qu'il sera là de retour l'année prochaine au Cirque Arlette-Gauss, dans les places, en tout cas. J'en suis sûr que le spectacle va être incroyable. Et je pense que nous, on va refaire un saut, du coup, quand on ne sera pas très loin de la maison. Quand le cirque ne sera pas très loin de la maison. pour venir voir le spectacle, et peut-être pourquoi pas pour reparler, pour refaire une autre année avec d'autres reprises, mais en tout cas, ça ne sera pas l'année prochaine.
- Nathalie
Merci. Tous nos éditeurs, si vous voulez voir Francesco au Cirque Angus et Sarah Flores, c'est avant la fin de la tournée 2026. On va parler un petit peu du musée du cirque et de culture cirque, si ça ne te dérange pas. Le regard que toi tu portes sur ce qu'on fait, nous au niveau de l'association, je ne sais pas si tu nous connaissais avant d'arriver chez Arlette, ou le regard que tu as sur les initiatives qui cherchent à préserver la mémoire du cirque.
- Vincent
Alors moi, je ne vous connaissais pas avant d'arriver au Cirque Arlette Russe, mais je vous ai rencontrés sur les podcasts, sur Internet, sur YouTube. J'ai adoré. J'ai adoré parce qu'en fin de compte, parler d'un spectacle, ça ne fait pas seulement de la pub, mais c'est votre avis à vous. Et puis pour un clown, c'est important. J'espère que vous dites la vérité,
- Nathalie
pas juste nous flatter pour pouvoir revenir l'année d'après. Non, non,
- Vincent
mais c'est quelque chose de super important. Et puis de préserver, on va dire. Pas seulement préserver l'histoire du cirque, mais aussi les ressentis du public. C'est ça aussi. Sans public, nous, on n'est rien. Alors nous, on a notre histoire à nous, mais vous, vous avez votre histoire à nous. C'est ça aussi. De se dire, qu'est-ce qu'on a préféré à ce moment-là ? Tiens, il y a ça qui ne marche plus. Maintenant, c'est ça qui marche. C'est ultra important. Moi, je n'étais pas fan d'histoire géographée à l'école, mais l'histoire du cirque, j'adore ça. J'essaie déjà d'apprendre toute l'histoire de ma famille. qui n'est pas forcément évident.
- Nathalie
C'est chargé.
- Vincent
Mais je dois dire, de parler avec des gens, même s'ils ne sont pas du métier et qu'ils connaissent, ça m'intéresse. Ça m'intéresse parce qu'ils ont une autre vision, parfois qui n'est pas forcément commune avec la mienne, mais bon, c'est une vision. Et puis voilà, moi j'adore ça.
- Nathalie
Ok.
- Vincent
Et bravo à vous.
- Nathalie
Merci. En tout cas, je suis super content de ce que tu viens de dire parce que c'est exactement ce que tu as dit. C'est pour ça qu'on...
- Vincent
Oui.
- Nathalie
On passe beaucoup, beaucoup de temps à monter des expos pour le musée ou à faire ce podcast-là.
- Vincent
Je te jure qu'à chaque ville qu'on fait, comme je t'ai dit tout à l'heure pour le costume, les gens, ils ont d'autres avis, ils ont d'autres images qui leur tombent dans la tête. Moi, quand j'écoute certaines musiques, c'est comme ça aussi. J'écoute certaines musiques, tu te dis, tiens, ça me rappelle mon enfance, tiens, ça me rappelle ça. Vous, c'est les spectacles.
- Nathalie
C'est ça.
- Vincent
Tiens, ça me rappelle ce spectacle-là. Ah tiens, je me rappelle, j'ai vu ça là-bas. Ah tiens, ça c'était mieux que là-bas. Ça c'est à écrire, c'est à ne pas oublier. Des émotions. En fait, vous êtes amusé d'émotions.
- Nathalie
C'est beau. Merci.
- Vincent
Ça, il y aura un petit prix sur ça, si tu l'écris quelque part. Un droit d'auteur.
- Nathalie
Un droit d'auteur. Et donc pour finir, parce qu'il faut que tu te prépares quand même pour... Qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un pour lui donner envie d'écouter notre podcast, par exemple, et... accessoirement d'aller au cirque aussi.
- Vincent
Bon, alors déjà, écoutez, le podcast qu'on vient de faire aujourd'hui, parce que je pense qu'on va rigoler. Je ne suis pas sûr qu'on va apprendre beaucoup de choses.
- Nathalie
Moi,
- Vincent
j'ai appris beaucoup de trucs. Bon, ça va alors. J'espère que j'étais quand même assez intéressant aujourd'hui. Je n'aime pas parler de moi, normalement, mais j'aime bien parler, mais pas de moi. Ouais, en fait, le podcast, et surtout le vote, sert à partager des émotions. Et c'est bien de voir des gens qui prennent du plaisir à partager des émotions. que ce soit positif ou négatif. J'écoute que ce soit les bons avis que les mauvais avis. Même parfois, les mauvais avis ont plus d'impact que les bons.
- Nathalie
C'est pour ça qu'on tient vraiment à garder cette partie-là. Parce que pour nous, c'est l'essentiel. Toujours, c'est bien, c'est génial. C'est bien, mais ça ne fait pas avancer et évoluer les choses.
- Vincent
Et comment dire ? Si tu le fais à fond et si tu le fais avec le cœur, C'est là où tu prendras du plaisir. Je suis sûr que vous, vous le faites avec le cœur.
- Nathalie
On prend beaucoup de plaisir, oui. Carrément. Merci.
- Vincent
Merci à toi. Merci.
- Florent
Un immense merci à Francesco pour ce magnifique moment de partage.
- Francesco
Et oui, une huitième génération d'une famille mythique, héritier d'un nom qui fait partie de l'histoire du cirque, mais surtout un artiste d'aujourd'hui, qui fait vivre la poésie du clown avec finesse, élégance et une grande sensibilité. En tous les cas, on espère que ce format spécial vous plaît. N'hésitez pas à nous le dire, posez vos questions. Et on y répondra dans un prochain épisode.
- Florent
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- Francesco
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- Florent
A bientôt !