- Speaker #0
Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Culture Cirque. Aujourd'hui, j'ai fait plus de 400 kilomètres pour vous emmener dans la Sarthe, à la Fontaine Saint-Martin, où j'ai pu échanger avec une personne dont ça me tenait vraiment à cœur d'enregistrer une émission avec elle. Alors, parlons de notre invitée. Elle est le sourire de l'offre VIP du Cirque Arlette Grusse. C'est le premier visage que l'on peut rencontrer au cirque. Lorsque l'on passe par la billetterie, vous l'avez reconnue ? Et bien maintenant, direction la maison de Sarah Odohero. Bonjour Sarah.
- Speaker #1
Bonjour Florent.
- Speaker #0
Merci de nous accueillir chez toi pour parler un petit peu de toi Est-ce que tu peux te présenter à quelqu'un qui par exemple ne te connaitrait pas Qui tu es, d'où tu viens
- Speaker #1
Oui bien sûr, je m'appelle Sarah Odoero Je suis actuellement au Cirque Carl Gruss Je travaille ici depuis 12 ans Anciennement j'étais trapéziste jongleuse Je suis d'une génération de cirque très ancienne Moi, je suis la huitième génération de ma famille. C'est une famille de cirque espagnole. J'ai été toujours en piste sur les routes de France. Et depuis 12 ans, je suis charlotte douce à la billetterie.
- Speaker #0
D'où la première personne que l'on voit quand on arrive au cirque. Le premier visage qui fidélise, quelque part. Oui,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
Du coup, tu es espagnole, ancienne artiste de cirque en piste.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais aussi couturière.
- Speaker #1
Oui. Oui, tout à fait. Donc moi, Charlotte Gruss, j'ai confectionné tous les rideaux que vous pouvez voir. Il y a un peu plus de 3 km de velours. Et j'ai confectionné ça avec plusieurs couturières en espace de 3 mois. Mais je ne fais pas que ça. Je fais également des costumes de scène. Je fais un peu des créations. Je peux faire un peu de tout. Mais bon, oui, je suis un peu multitâche, on va dire.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
on va dire ça.
- Speaker #0
Tu occupes aussi des VIP, l'offre ?
- Speaker #1
Je fais l'offre VIP, je fais les visites guidées, j'accueille les personnes. L'entracte aussi, c'est un moment de partage. Et que du coup, les clients viennent tous les ans et maintenant on se connaît, on est des amis, c'est super. On passe un très bon moment.
- Speaker #0
Carrément. Tu as aussi été couturière ailleurs que pour Charles-Égrus. Tu l'as à ton compte aussi ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Moi, j'ai une entreprise qui s'appelle le comptoir des artistes. Donc, je travaille également pour d'autres cirques. Et du coup, je fais des costumes aussi pour des personnes qui ne sont pas de chez Gruss.
- Speaker #0
D'accord. Donc, aujourd'hui, il y a la Sarah à la biétrie, la Sarah VIP, la Sarah professionnelle.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais il y a aussi la Sarah mère de famille.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Donc, tu as deux filles. Comment, par rapport à ton métier en tant que femme au cirque, comment est-ce que la maternité, ça a pu changer ?
- Speaker #1
Dans ta vie,
- Speaker #0
ton regard là-dessus ?
- Speaker #1
J'ai eu ma fille aînée qui a 19 ans aujourd'hui. J'étais artiste à l'époque. J'amenais mon bébé dans les coulisses, dans la poussette. Je sortais en piste et après je la récupérais. Il y a toujours quelqu'un dans les coulisses pour surveiller bébé. Quand je suis arrivée chez Gruss, ma deuxième fille avait à peine 6 mois. Maintenant elle a 13 ans. Elle restait souvent avec moi. La première année, j'étais maman en plein temps. Et après, j'ai pris le poste de billetterie. J'ai pris le poste de billetterie. Donc, entre mon mari et moi, on a toujours fait des horaires un peu différents. Du coup, c'était lui qui gérait le bébé quand c'était moi qui travaillais et vice versa.
- Speaker #0
Ok, toute une organisation.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Après, l'avantage de chez Grus, c'est qu'ils ont une école itinérante. Du coup, dès qu'elle était en période scolaire, elle faisait l'école de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h. Donc, comme un enfant...
- Speaker #0
Avec un rythme classique.
- Speaker #1
Oui, voilà.
- Speaker #0
Ce qui aidait aussi par rapport à la billetterie et les missions que vous aviez chacun.
- Speaker #1
Tout à fait. Ma première discipline, c'était l'antipodisme. C'était le jonglage avec les pieds, ça veut dire. Après, j'ai commencé par la force capillaire. Après, j'ai fait la corde verticale et ainsi de suite, le cercle arien. J'ai fait plusieurs disciplines, le numéro de tissu.
- Speaker #0
Donc là, au total, ça fait à peu près 13 ans que tu n'as pas pratiqué en piste ces disciplines-là ?
- Speaker #1
Non. En 2018, quand Gruss faisait la pause en période de Noël, j'étais travaillée dans un cirque en tant qu'acrobate. Ah,
- Speaker #0
cool ! Bon, du coup... Ma question marche toujours quand même. La sensation que tu as en travaillant en aérien, c'est une sensation, ça doit être comme le vélo un petit peu. Tu ne l'oublies pas, tu vois, ça reste...
- Speaker #1
Exactement, tu ne l'oublies pas. Après, c'est vrai qu'il faut quand même maintenir la forme physique, parce que bon, ça ne pardonne personne. Et du coup, non, ça ne s'oublie pas. Ça ne s'oublie pas, peut-être qu'au début, on va un peu galérer parce que la force physique n'est plus la même qu'il y a dix ans. Mais une fois en haut, ça va tout seul.
- Speaker #0
Ok, très bien. Parmi toutes les disciplines que tu viens d'évoquer, lequel te ressemble le plus à toi par rapport à ta personnalité ?
- Speaker #1
Alors, lequel me ressemble le plus ? L'antipodiste.
- Speaker #0
L'antipodiste. Oui.
- Speaker #1
C'était vraiment la discipline que j'avais choisie depuis toute petite.
- Speaker #0
Ta discipline de cœur. Oui,
- Speaker #1
j'avais 7 ans quand j'avais décidé que j'aimais beaucoup faire ce numéro. Le matin, avant d'aller à l'école, parce que nous, on allait de 9h à 14h. On avait une école itinérante aussi. Et avant d'aller à l'école, moi, à 7h du matin, j'étais déjà sous le chapiteau toute seule, avec les ballons. Je n'avais pas de matériel professionnel comme maintenant. j'allais répéter toute seule. Et à 9-10 ans, je faisais ma première en piste.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
J'ai mis quand même pas mal de temps puisque j'étais toute seule et je n'avais pas les moyens, je n'avais pas du matériel professionnel, je n'avais pas quelqu'un vraiment qui m'apprenne. Et du coup, j'ai mis le temps que j'ai mis et à 10 ans, je faisais mes premiers pas en piste.
- Speaker #0
C'est top quand même.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu t'es construite toute seule sur cette discipline-là ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais du coup, en soi, ça ne m'étonne pas que ce soit cette discipline-là, parce que ça explique pourquoi on nous voit courir partout avec le sourire. C'est ça. Au cirque, tu sais. Moi, ça ne me surprend pas, mais c'est top.
- Speaker #1
C'est ma discipline préférée.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Franchement.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que, du coup, la piste en elle-même t'a appris sur toi, quand tu t'es retrouvée face à un public en piste ?
- Speaker #1
Alors quand on est face à un public, c'est un sentiment tellement particulier parce que c'est un moment vraiment unique. Donc du moment où tu rentres en piste, tu oublies tous les problèmes. C'est ton moment à toi, tu es dans une bulle et qui ne dure pas longtemps. Il peut être qu'il dure entre 3 à 4 minutes, 5 maximum. Mais c'est ton moment à toi et là, tu te sens la personne la plus spéciale du monde. Tu vois ce que je veux dire ? Oui. C'est génial. C'est un moment... C'est entre l'adrénaline et le plaisir de voir le public qui est merveilleux de ce que tu fais, les applaudissements, ça c'est incroyable.
- Speaker #0
Tu veux dire ça ? C'est le cadeau.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Quand tu parlais des cirques quand tu étais petite, c'était toujours le même cirque ou tu tournais avec ta famille ?
- Speaker #1
Non, en fait, mes parents avaient un cirque en Espagne. C'était notre cirque de famille. On tournait exclusivement avec le cirque de papa et maman.
- Speaker #0
C'était quel nom ?
- Speaker #1
Olympia, le cirque Olympia. Ah oui,
- Speaker #0
d'accord. Il était connu.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. À un moment donné, on a fait le cirque à trois pistes. C'est-à-dire qu'on avait trois numéros. À l'américaine ? Oui, exactement.
- Speaker #0
Cool. Je remets un coup d'applaudissement.
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #0
J'ai lu quelque part que ta grand-mère avait travaillé chez Dior.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. La partie de mon père fait partie du cirque, mais la partie de ma mère, non. Ma grand-mère travaillait chez Dior, était couturière chez Dior. Ça m'a toujours passionnée parce que j'aimais beaucoup ce monde de couture, de la mode, des costumes. Et du coup, j'ai appris beaucoup, beaucoup de choses par rapport à elle. Et ma mère, du coup, elle a connu mon père. par hasard, parce que ma mère était divorcée et elle allait faire des petits boulots à droite à gauche. Et elle a été mettre des affiches dans un cirque où il y avait mon père qui travaillait. Ils se sont connus là-bas. Et six mois après, elle était partie avec lui. Ah, c'est beau. Et me voilà. Evidemment, moi, je ne sais plus quoi. Voilà, qu'est-ce que tu veux que je te réponde ? Non, mais oui,
- Speaker #0
c'est... OK. Et donc, du coup, qu'est-ce que tu as... L'expérience de ta grand-mère, ça t'a transmis... Ça t'a donné la passion de la couture, à mon avis ?
- Speaker #1
Oui, oui, c'est ça. Parce que je la voyais faire depuis toute petite. Elle nous faisait des costumes à nous. Elle, elle faisait vraiment de la haute couture. Elle ne faisait pas un petit truc. S'il fallait faire quelque chose, elle le faisait bien du début à la fin.
- Speaker #0
C'était de la qualité.
- Speaker #1
Et je la voyais faire. Et ça m'a toujours, toujours plu la voir. Elle prenait un bout de tissu qui ne ressemblait à rien. Et à la fin, c'était un chef-d'oeuvre. Ça m'a toujours intriguée le fait de... de dire, bon, on a un carré de tissu, et elle a transformé ça en, c'est une robe, voilà, même, elle faisait des robes de mariée, elle a fait les vêtements de Madame Chirac, donc, oui, elle a fait beaucoup, beaucoup de choses, et ça, ça m'a toujours intriguée, j'ai toujours, quand j'ai commencé à coudre, j'avais six ans, j'avais fait une jupe, la première fois, oui, avec les rideaux de ma mère. elle a pas trop aimé mais elle était jolie elle était un peu en dentelle comme ça et du coup depuis je m'arrête pas je fais des costumes sans
- Speaker #0
les rideaux ça sera pas un rideau c'est mieux c'est mieux des beaux costumes en tout cas pour en avoir vu quelques-uns merci bravo bravo bravo Toute cette histoire-là, cet héritage familial, c'est quelque chose que tu as voulu transmettre aussi à tes filles ? Ou certains éléments plus que d'autres ? Ou alors tu t'es dit, on y va, on voit tout ?
- Speaker #1
Non, oui, exactement. Donc moi, ce que j'ai fait à mes enfants, c'est que je leur ai laissé libre choix et essayé plusieurs disciplines. Parce que le cirque, c'est vrai que ça se transmet de génération en génération. Quand on est dedans, on baigne dedans. Et on voit que ça. Et du coup, automatiquement, les enfants, depuis leur plus jeune âge, ils imitent les grands. Donc, ils vont choisir une discipline, un numéro. Donc, moi, j'aurais fait faire un peu tout pour voir ce qui leur plaisait. Et ma plus grande, elle aime beaucoup faire des acrobaties au sol et des numéros aériens. Et la toute petite, cet hiver, elle nous a surpris en choisissant de la contorsion.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ouais, donc franchement, je suis hyper fière d'elle parce qu'elle est très, très douée. Là, ils ont fait un spectacle de fin d'année. Ils ont fait un peu plus d'une heure et quart de spectacle que les enfants. Mais il y avait du niveau quand même.
- Speaker #0
Bon, on les applaudit.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu aimerais qu'elles retiennent de ta vie de cirque ?
- Speaker #1
Alors déjà, qu'elle vive à fond, qu'elle profite du moment présent, tant que ça dure, parce que voilà, ça on ne peut pas le savoir jusqu'à quand. Qu'elle profite pour voyager, pour découvrir le monde de cette merveilleuse vie. Parce que c'est vraiment, je me tiens chanceuse de vivre comme ça en itinérance. Parce qu'on connaît tellement de personnes, tellement d'endroits, on va visiter tellement de belles choses. Il faut vraiment le vivre, le vivre à fond. Et profiter. Profiter parce que ce n'est pas un métier, mais c'est une forme de vie.
- Speaker #0
C'est une vie, oui. En tout cas, tu es aussi une très bonne guide touristique. Je me rappelle de discussion en disant « Ah, si tu viens nous voir à tel endroit, il faut faire ça, il faut faire ça. C'est génial. Là, tu peux bien manger. Là, par contre, pas terrible. »
- Speaker #1
Exact. Dans une deuxième vie, oui, j'étais guide touristique.
- Speaker #0
C'est excellent. Donc après avoir été artiste, Merci. Tu es arrivée à Charlotte Gruss. Charlotte Gruss, à part en 2018, où tu m'as expliqué que tu avais été travaillée dans un autre cirque. Oui,
- Speaker #1
mais c'était pendant la pause des vacances de Noël.
- Speaker #0
Du coup,
- Speaker #1
c'était les trois semaines qu'ils ne travaillaient pas. Donc nous, on a été travailler dans un autre cirque pour ces trois semaines et on est revenus.
- Speaker #0
Hormis cette période-là, qu'est-ce que ça a représenté pour toi ? de passer d'artiste en piste à artiste de l'ombre en soi.
- Speaker #1
Donc, on l'a fait, Spray, parce que nous, on était artistes. Et on s'est dit, chez Gruss, on veut quand même rester longtemps. C'est un beau endroit. Du coup, les artistes, comme ils changent tous les ans, mais ce n'est pas possible de rester, on va dire, 10, 15 ans en tant qu'artiste. Donc, on s'est dit, la solution, c'est de venir en tant que personnel. Donc, on a postulé tel quel. Et on a été retenus, voilà, comme ça. Ça a été génial depuis 12 ans.
- Speaker #0
Oui, donc c'est devenu comme une deuxième famille, du coup, en soi.
- Speaker #1
Oui, oui, carrément. Donc Arlette Grusse, ça représente beaucoup de choses, beaucoup de souvenirs. D'un côté, on est toujours un petit bout du cœur qui restera blanc et rouge, tu vois.
- Speaker #0
Oui, pour ça, sur ton trophée, j'ai mis du blanc. le rouge c'était les cheveux ça détend sur moi le blanc c'était Arlette donc du coup tes deux filles elles ont toutes les deux grandies chez Arlette Gruss en soi, donc quels souvenirs gardent-elles du cirque d'Arlette Gruss tout court oui donc la plus grande elle avait 6 ans quand on est arrivée donc elle vraiment elle va garder des super bons souvenirs
- Speaker #1
Mais bon, elle avait déjà des souvenirs de quand elle était plus petite. Donc, elle n'a pas connu que Arlette Gruss. Par contre, la plus petite, elle est quasiment née ici. Donc, c'est un petit bébé Gruss, on va dire. Et elle, ça a été toute son enfance. Jusqu'à maintenant, ses copines, ses meilleures copines, l'école, ça a été toujours formé autour de la maison Arlette Gruss.
- Speaker #0
Oui, donc pareil, c'est la famille aussi.
- Speaker #1
Exactement, oui.
- Speaker #0
Très bien. Hormis Arlette Gruss et Bouglione en 2016 tu as travaillé dans d'autres cirques en France ou à l'étranger avant ?
- Speaker #1
Alors en France non, j'ai travaillé que chez Bouglione et chez Gruss mais à l'étranger oui j'ai travaillé en Belgique, on a travaillé en Italie, en Espagne et au Danemark aussi
- Speaker #0
Ouais donc ça crée ça donne de la bouteille Oui c'est ça,
- Speaker #1
on a un peu voyagé on va dire Bye bye.
- Speaker #0
Des maisons différentes, donc des ambiances différentes aussi, des façons de travailler ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait, que ce soit en itinérance ou pas, parce qu'au Danemark, c'était dans un parc d'attractions. Donc on est resté six mois sur place. Et c'était toute une autre chose, parce qu'on faisait un petit spectacle de 45 minutes. Donc tout le monde était en piste tout le temps. Et ce n'était pas que, par exemple, un numéro. C'était tout le monde participait au spectacle. Oui,
- Speaker #0
c'était différent, effectivement.
- Speaker #1
Oui, oui, c'était différent.
- Speaker #0
Donc voilà, bon ben... Avec ce qu'on a dit sur tes filles par rapport à leur expérience d'Arlette Grus, je pense que certains de nos auditeurs auront compris. On a une triste nouvelle pour tous les grands passionnés de cirque qui venaient chez Arlette Grus tous les ans. Aujourd'hui, tu pars du cirque. Qu'est-ce que tu comptes faire après, par la suite, même si potentiellement il n'y a rien de concret et de précis ? Est-ce qu'on aurait eu une chance de te revoir sur la route de France, par exemple ?
- Speaker #1
Oui, j'espère que oui quand même. Moi, je resterai à jamais liée au monde du spectacle. Du coup, je préfère bien sûr rester en France parce que mes enfants, voilà, on leur vit ici, à l'école. Mais ça, on ne le saura que bientôt.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu emportes avec toi en partant, en quittant la maison Arlette Gruss ?
- Speaker #1
Alors, j'en porte beaucoup de souvenirs. Beaucoup de très, très bons souvenirs. Ça a été 12 ans de beaucoup de travail, certes, mais des années qui sont vraiment très, très beaux, de partage avec des personnes qui, à la fin, ça devient une partie de famille, en fait. Un lieu qui est magique. Du coup, on ne pourra pas effacer ça facilement. Et je ne compte pas l'effacer. Parce que la maison à lait de grue, ça compte beaucoup pour moi. Et du coup, j'en porte la valise pleine de souvenirs.
- Speaker #0
Et on le voit que ça compte beaucoup pour toi. Déjà, on le voit là dans tes yeux, face à face, pour ceux qui n'ont pas la couleur. Mais on le voit aussi encore hier pour les VIP qu'on a fait aussi ensemble. Et c'est vrai qu'en tant que passionné de cirque, et je pense que dans les personnes qui nous écouteront, Beaucoup seront d'accord avec ce que je vais dire là, mais quand tu vas au cirque, quand tu es passionné de cirque en général et d'un cirque en particulier, tu n'es pas passionné que par le spectacle. t'es passionné par la famille, par l'ensemble et par des personnes que tu rencontres aussi, c'est moi qui va commencer à être... Tiens,
- Speaker #1
j'ai amené les mouchoirs.
- Speaker #0
C'était pour se moucher le nez au départ,
- Speaker #1
les mouchoirs.
- Speaker #0
Des personnes que tu rencontres aussi qui sont là, comme tu dis, tout le temps, qui durent dans le temps et que t'es à la fois content de retrouver des artistes en piste, des membres de la famille, que ce soit à la Grusse, que ce soit d'autres cirques, bien sûr, mais ça devient des piliers, des repères. Et c'est des gens à force. Tu discutes, tu échanges avec. Ça devient des discussions récurrentes tout au long d'une année, des échanges de nouvelles, des choses. Et c'est vrai que ça, quand tu es passionné, quand tu aimes le cirque, c'est important. Et c'est aussi quelque chose qui te donne encore plus envie de revenir et qui te fidélise.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Et ça, pour un cirque, honnêtement, c'est important. Très important. Donc voilà. tout ça pour dire que en tout cas Charlotte Gruss tu nous manqueras énormément merci merci beaucoup j'espère d'y retourner quand même oui on espère aussi et en tout cas peu importe où tu seras l'année prochaine on viendra te voir c'est sûr merci avec plaisir merci à toi si je te dis justement le fameux mot cirque qu'est-ce qui devient la première image ?
- Speaker #1
première image cirque famille quoi
- Speaker #0
Bonne réponse.
- Speaker #1
Voilà, c'est naturel.
- Speaker #0
Pour revenir sur les costumes, quel regard tu portes toi sur un costume ? Est-ce que tu l'envisages quand tu le crées ou quand tu vois un costume dans un spectacle ? Tu l'envisages juste comme une tenue d'apparat ou une tenue qui a une histoire ?
- Speaker #1
Non, la tenue, il faut qu'elle ait quand même une histoire. C'est très personnel. L'artiste qui le porte, il faut vraiment qu'il soit à l'aise avec. mais que ça le représente aussi. Donc moi, quand je fais les costumes, j'essaie de m'adapter le plus possible à la personnalité de la personne, mais en mettant toujours mon avis à moi et ma petite touche. Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Ok, très bien. Comment est-ce qu'une artiste de cirque, elle devient couturière pour les autres ?
- Speaker #1
Alors là, ça, ça dépend de la personne. Si on a la passion pour la couture et la création, oui, ça peut être possible, mais pas tout le monde peut le faire. Il y a des gens qui ont la passion de coudre, de créer des tenues. Et le talent aussi. Oui. Et il y a d'autres personnes qui ne savent pas coudre un bouton, du coup, ils ne pourront pas devenir couturiers.
- Speaker #0
Ça va être compliqué, oui. Pour toi, c'était naturel ?
- Speaker #1
c'était vraiment ce que tu fais quand tu t'es dit voilà je travaille plus en piste qu'est ce que je fais mais depuis toute petite je commençais à confectionner mes tenues donc après il y avait des artistes chez nous qui me demandaient mais tu fais des beaux costumes est ce que tu pourrais me faire un costume donc tout doucement j'avais jamais envisagé ça comme ça mais tout doucement mais j'ai commencé à créer des costumes juste pour rendre service parce qu'ils avaient pas Bye. et qualité pour le faire. Et après, tout doucement, je me suis dit, pourquoi pas le faire vraiment en tant que métier ? Et du coup, c'est comme ça que j'ai commencé.
- Speaker #0
Ok, logique.
- Speaker #1
Tout simplement.
- Speaker #0
Quand tu fabriques un costume, tu penses d'abord à la beauté ou au mouvement ?
- Speaker #1
Les deux, mais d'abord à la beauté. Le mouvement, c'est dans la matière, du tissu. Ça va être un matériel stretch. des crades, des trucs comme ça,
- Speaker #0
ça c'est du classique mais il faut toujours penser esthétiquement ce que ça va rendre sur la personne et ça t'arrive de créer des costumes en partant de zéro sans forcément de demande ou de personne derrière et d'arriver à le faire entre guillemets matché avec une personnalité oui,
- Speaker #1
oui, oui, ben là il n'y a pas longtemps j'ai... On va dire que j'en m'ennuyais un peu chez moi. Je me suis dit, j'ai du tissu, je vais faire un costume. J'ai créé un costume qui est couleur peau, noir, avec des strass et tout ça. Du coup, je l'ai mis en vente et il est parti de suite.
- Speaker #0
Ah oui ? Est-ce qu'il y a un costume dont toi, tu es particulièrement fière ? Parmi tous ceux sur lesquels tu as travaillé ?
- Speaker #1
Chez Gruss ou ailleurs.
- Speaker #0
Tout confondu.
- Speaker #1
Il y a eu celui de l'affiche de 2021, Extravagant, de Kevin Sago.
- Speaker #0
Ah oui, c'est OK.
- Speaker #1
Oui. Ce costume-là... qui était en trois pièces, rouge, avec une cape, un chapeau. J'avais mis des rouages, des plumes.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. C'est le spectacle extravagant. L'affiche, c'est le show.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, j'avais créé ce costume-là pour Kevin Sago et qui allait à merveille. Oui, c'était... Et le voir sur l'affiche, parce qu'en fait, ça ne s'est pas passé. Voir mon costume sur l'affiche, ils ont fait une affiche. Et moi,
- Speaker #0
j'ai recréé le costume derrière.
- Speaker #1
Je voyais l'affiche et je me disais,
- Speaker #0
c'est mon costume.
- Speaker #1
Après, il y en a eu plusieurs créations que j'adore. Mais celui-là, particulièrement, il me tient à cœur.
- Speaker #0
Très beau costume.
- Speaker #1
Oui, merci.
- Speaker #0
Mais de rien. Toujours sur les costumes, quand tu vas voir un spectacle, que ce soit sur lequel tu as travaillé ou ailleurs.
- Speaker #1
J'ai l'œil critique.
- Speaker #0
Voilà, tu as l'œil d'experte et critique, forcément, parce que tu voyages beaucoup. Tu vas chez Kni, Krone, tu vois plein d'adresses. Et c'est super intéressant. Quand tu vois tout ça, est-ce que selon toi, du coup, un costume peut-il changer un numéro ?
- Speaker #1
Oui. comme une musique, comme n'importe quelle autre chose, un costume fait la différence dans un numéro. Parce que c'est vraiment... Bon, ça fait partie intégrale de l'artiste, donc ça représente l'artiste et ça fait vraiment la différence. C'est comme la musique, pareil. La musique, on met une musique ou une autre, ça peut être différent, le numéro. Mais oui, ça change.
- Speaker #0
OK. L'offre VIP, tu l'as fait dès le départ ?
- Speaker #1
Non. Dès le départ, j'étais en billetterie. Et l'offre VIP, j'ai commencé à la faire que l'année d'après. Donc la première année, j'étais que caissière. Et la deuxième année, j'ai commencé à faire les visites guidées. Donc je commençais déjà la première année, mais c'était juste pour donner un coup de main occasionnellement. Et après, bon, moi, j'adore ça, accueillir les gens. Moi, je parle même avec des cailloux, donc ça, c'est bon. Et ils ont dit que c'était le job idéal pour moi. et du coup voilà on m'a dit l'année prochaine tu feras les visites VIP du coup jusqu'à maintenant ok du coup c'est vraiment quelque chose que tu t'es approprié en tout honnêteté je te pose la question je la connais c'est plus pour nos auditeurs c'est
- Speaker #0
quelque chose que tu t'es approprié par rapport à ta personnalité à toi à ce que tu devais raconter oui tout à fait tu t'es fait une formule VIP à ton image exactement Donc,
- Speaker #1
je ne suis pas de... texte ou d'autres choses, sinon que je le fais vraiment à ma façon, à moi. Moi, je n'accueille pas un client, j'accueille un ami. Donc, que je leur montre comment on vit, notre mode de vie. Et voilà, à l'entraide, on prend l'apéro, donc c'est encore mieux.
- Speaker #0
Carrément, oui. Non,
- Speaker #1
c'est vraiment un beau moment de partage. Donc voilà, comme je dis, ce n'est pas le métier. C'est vraiment... J'accueille un ami et on fait une visite et moi, je montre vraiment... Toutes les facettes du cirque. Et voilà, c'est montrer le mode de vie merveilleux qu'on a. Oui,
- Speaker #0
montrer l'envers du décor, montrer toutes ces choses-là. Donc, tu montres le mode de vie. Oui, c'est ça. L'envers du décor, mais ça, même en passant énormément de temps au Cirque Arlengrus, je pense que je fais partie de ces gens-là, mais depuis du coup 12 ans, toutes ces années que tu as travaillé sur les... différents postes que tu occupais au Cirque Arnette Grusque, qu'est-ce qu'on ne voit pas, par exemple, de ton travail ?
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas, qu'est-ce qu'on ne voit pas ? Après, des fois, oui, voilà, il faut courir un peu. Quand je fais les visites guidées, qu'il faut tout préparer, se retrouver l'entracte, je dis ça comme ça, mais tout près, les apéros et tout. Mais des fois, c'est vrai que je cours. Vous arrivez tranquille du spectacle et moi, je suis encore là. je dis bon mais ça y est j'ai réussi et bon après il y a d'autres choses mais bon ça c'est un petit aspect aussi que des fois je me dis mon dieu il faut que je cours là ouais bah oui on t'a vu courir hier avant le VIP aussi quand on est arrivé c'est
- Speaker #0
la magie du cirque oui c'est ça c'est les aléas du direct très bien parmi toute ta carrière Merci. l'ensemble. On ne s'arrête pas car l'église aujourd'hui, c'est vraiment axé sur toi. Tu as rencontré des artistes, des familles, des habitués. Est-ce qu'il y a... Une ou deux, pour t'éviter un gros dilemme. Ou trois. Allez, trois, si tu veux. Tu vas nous faire du Vincent. Trois, mais dans les trois, il y aura des... C'est ça. Des rencontres qui t'ont marquée.
- Speaker #1
Alors, des rencontres qui m'ont marquée. Oui, oui, il y en a plein de rencontres qui m'ont marquée.
- Speaker #0
Sachant que pour ceux qui écoutent, il ne faut pas se vexer si vous n'êtes pas citée. Je ne vais citer personne. Je vais citer personne.
- Speaker #1
Je ne vais citer personne. Mais je pense que les personnes vont se reconnaître, notamment des personnes qui n'ont rien à voir avec le cirque également, qui font partie de ma vie aussi, de mes amis, de mon entourage proche, et qui vont rester à jamais gravées dans le cœur. Et des fois, ça se passe par une rencontre casuelle comme ça. On vient acheter un billet, un bonjour ou un renseignement. Et ces gens-là, ils restent. Et ça finit dans une belle amitié. Donc oui, j'ai eu beaucoup de rencontres. Pas une, deux ou trois, mais plusieurs rencontres très spéciales.
- Speaker #0
Tu nous as fait une réponse très belle, mais à la Suisse. C'est bien. Alors, je reviens sur le VIP. Je vais avoir un boulot de dingue sur le monde.
- Speaker #1
Tu vas le voir.
- Speaker #0
Tu vas mettre un mot entier. J'arrive avec un truc hyper carré. Là,
- Speaker #1
c'est à mon image.
- Speaker #0
J'ai faim à la Sarah.
- Speaker #1
Allez, on jette les questions dans ça. C'est pas grave.
- Speaker #0
On jette comme ça, on y va. Et puis, on voit ce que ça donne. Qu'est-ce qu'un VIP ne voit jamais, mais que toi, tu vois tous les jours ?
- Speaker #1
Oh mon Dieu, c'est quoi cette question ? Que ne voit jamais, mais que je vois...
- Speaker #0
Tous les jours.
- Speaker #1
Tous les jours.
- Speaker #0
Tu peux dire la galère.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que je pensais. Oui, la galère. Les contraintes de la vie itinérante. Les contraintes de la vie itinérante, sachez que c'est une très belle vie, mais des fois, il fait froid, on arrive sur la place, il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas de chauffage, il n'y a pas d'eau, on se lève à 3h30 pour aller faire le voyage, donc on n'a pas dormi la journée entière. Oui, ça, c'est un aspect que le VIP ne voit pas. Heureusement, parce que peut-être les gens partent en courant.
- Speaker #0
C'est ça. Le tuyau aussi, t'expliquais hier une anecdote sur les tuyaux d'eau l'été, comme ça.
- Speaker #1
Oui, ça arrive des fois, quand on met les pinces au chapiteau, si on nous donne des plans du sous-sol de la ville qui ne sont pas bons, une fois, à Charlotte, ils ont mis des pinces à Huescal et on a endommagé un conduit d'eau. Du coup, il y avait un jet de 30 mètres d'auteur. C'était des fontaines.
- Speaker #0
Je pensais aussi à l'eau dans les caravanes. L'eau dans les caravanes.
- Speaker #1
Oui, alors, les tuyaux d'eau. Nous, ce n'est pas comme dans une maison que les tuyaux passent sous le sol. Nous, on a des tuyaux qui sont tirés. Même le sol, comme ça, par-dessus, quand il fait chaud, les tuyaux sont réchauffés. Et quand on ouvre le robinet, même s'il est dans l'eau froide, l'eau est chaude. Et c'est pour ça aussi qu'on ne boit pas l'eau des tuyaux, normalement, parce qu'elle a un goût de plastique. Et ça, c'est un truc que je déteste. C'est horrible, c'est horrible.
- Speaker #0
Vive la bouteille d'eau.
- Speaker #1
Oui, vive la bouteille cristalline. Voilà,
- Speaker #0
pendant que tu parlais, quand tu expliquais le VIP, que tu recevais, tu partais du principe. En fait, c'est la chaise qu'on entend.
- Speaker #1
Oui, je crois.
- Speaker #0
La chaise de ton grand-père. Il ne faut pas que tu bouges. Il ne faut pas que je participe à la discussion, sèche-le.
- Speaker #1
On l'entend. C'est ça.
- Speaker #0
quand tu fais les visites VIP tu considères les personnes qui sont là comme des amis tu leur expliques la vie j'entends la vie ça va le faire sur toutes de toute façon c'est pas grave moi la mienne elle fait pas on fait pas le même pot aussi quand tu racontes la vie du cirque il y a un truc moi qui m'a bluffé pour avoir fait plusieurs fois les VIP, c'est qu'à chaque fois, tu arrives à raconter des choses différentes pour que quand des gens reviennent, ils ne soient pas, entre guillemets, lassés du truc, même s'ils ne se lasseront pas parce qu'ils reviennent par passion. Mais en même temps, tu gardes l'essentiel, c'est-à-dire que quelqu'un qui vient pour la première fois n'aura pas un manque d'informations sur d'autres. Et alors ça, pour ça... Et puis une sacrée mémoire pour se rappeler. Oui,
- Speaker #1
c'est des années et des années d'expérience. C'est ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ton expérience chez Arlette Gruss t'a donné humainement ?
- Speaker #1
Humainement ? Beaucoup de choses, bien sûr. Déjà, je suis arrivée, j'avais 26, 27 ans. Là, aujourd'hui, j'en ai un peu plus.
- Speaker #0
On ne me dira pas.
- Speaker #1
Non, vas-y, j'ai 40 ans aujourd'hui. Donc, humainement, ça m'a donné beaucoup, beaucoup de choses. Beaucoup d'enrichissement, déjà dans ma vie personnelle, mais aussi dans le travail. Ça m'a appris vraiment beaucoup de choses. Donc, c'est quelque chose que je n'oublierai jamais.
- Speaker #0
je sais pas ce que je peux dire non mais c'est bien il n'y a pas de mauvaise réponse et donc ça c'est ce que le cirque t'a apporté toi qu'est-ce que tu penses avoir laissé au cirque ?
- Speaker #1
donc qu'est-ce que j'ai apporté à la maison Arlette Gruss mon petit grain de sable pour je pense que permettre dans tous les cas à améliorer la qualité de service également de la billetterie du service VIP j'ai fait ça pas comme un métier, mais vraiment avec le cœur. Surtout les VIP. Les VIP, c'est un truc que j'adore. Si ça serait à refaire, je signe encore pour 30 ans.
- Speaker #0
Et nous, on reprend des VIP pour 30 ans.
- Speaker #1
Voilà, on fera une carte abonnée.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Ok, très bien. Donc toi qui as grandi dans la 8e génération, Ta famille est propre au cirque, tu travailles en Espagne, un peu partout en Europe, en France. Tu as grandi avec les tigres. Quelle vision tu as du cirque aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je t'avoue, si ta question se déporte sur les animaux.
- Speaker #0
En général, animaux ou pas, mais le cirque aujourd'hui en général, bien sûr il y a forcément l'animal dedans, mais pas que.
- Speaker #1
Bien sûr. Donc non, le cirque aujourd'hui, ça reste quand même un très beau spectacle. Certes, ça se modernise avec, voilà, ils enlèvent les animaux sauvages, mais ça reste quand même le cirque traditionnel, mon préféré. Donc oui, j'aurais préféré le cirque traditionnel. Si c'est ça ta question.
- Speaker #0
Oui, oui. Voilà. Cirque traditionnel avec animaux.
- Speaker #1
Exactement. Exactement.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
avec la piste en sueur. Donc vraiment, vraiment traditionnel.
- Speaker #0
Oui, vraiment. Oui. OK. C'est pareil, on en discutait l'autre jour. Tu aimais beaucoup les vieilles pieds à l'époque avec les éléphants, du temps où il y en avait encore chez Arlene Gruss.
- Speaker #1
Oui, parce qu'on faisait une partie du VIP, mis à part la visite. On allait visiter le zoo, parce qu'on avait un zoo, on n'avait pas que des chevaux. On voyait tous les animaux. Et après, on avait un petit moment réservé avec les éléphants. On a appelé ça l'apéro avec les éléphants. Donc on venait avec des seaux de carottes et tout le monde pouvait donner des carottes aux éléphants. Et ça, c'était vraiment un très beau moment parce que tout le monde participait. Et on était vraiment très, très proches de l'animal. Et lui nous touchait. C'était vraiment un très joli moment de partage.
- Speaker #0
Ok, très bien. Tu ne l'as jamais fait,
- Speaker #1
toi ?
- Speaker #0
Non, ça, je ne l'avais pas fait. Je n'avais pas les sous à l'époque. Tu étais pauvre. Littéralement, c'était ça. J'étais pauvre à l'époque. Toi, en tant que huitième génération de famille de cirque, tu as travaillé partout, tu as vu partout. Tu m'as raconté l'été dernier que tu avais visité un musée du cirque. Je ne sais plus dans quel pays.
- Speaker #1
C'était en Hongrie.
- Speaker #0
En Hongrie, voilà. Merci. Qu'est-ce que tu penses des... des associations comme nous, Musée du Cirque, parce qu'à un moment donné, il faut quand même parler de nous dans le podcast. On essaie de transmettre cette culture-là de ville en ville. Je crois que tu n'as jamais eu l'occasion de visiter. Non, je ne suis pas jamais.
- Speaker #1
Je ne suis jamais venu chez vous.
- Speaker #0
Mais surtout maintenant qu'on est itinérants, c'est plus compliqué. Mais voilà. En tout cas, tu es toujours la bienvenue. Merci. Si l'occasion se présente, merci. Mais du coup, qu'est-ce que toi tu penses en tant qu'artiste de toutes ces structures-là, qu'elles soient associatives ou institutionnelles ? Quel est ton avis là-dessus ?
- Speaker #1
Je pense que c'est bien parce que ça permet aux gens de connaître l'histoire du cirque. Parce que c'est pas qu'en regardant un spectacle qu'on va connaître l'histoire du cirque. C'est bien venir voir un spectacle, venir voir le cirque, applaudir les artistes, mais aller voir un musée C'est complètement différent parce qu'un musée, on apprend vraiment l'histoire. On a des costumes qui sont en exposition de grands artistes. On a vraiment beaucoup, beaucoup de choix. Donc, je pense que ça rapporte beaucoup à la société et voilà, faire connaître ce merveilleux monde.
- Speaker #0
Ok, très bien. Merci. Bien, bien. En impro totale.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Et sans bug. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Tout rodé.
- Speaker #0
Tout rodé, oui, c'est ça. OK, très bien. Et donc, pareil, même question du même style. Qu'est-ce que tu penses ? Tu connaissais déjà le podcast avant que l'on enregistre aujourd'hui. Oui. Qu'est-ce que tu penses de ce genre d'initiative qui est à la fois identique mais différente d'un musée fixe ? puisque là c'est de l'audio qui du coup est accessible à tout le monde et gratuitement aussi, ça on tient à nous à le rester mais voilà toi ça t'apporte en tant qu'artiste est-ce que c'est quelque chose qui t'intéresse est-ce que c'est quelque chose que tu vois plutôt comme c'est bien que ce soit fait ou oui,
- Speaker #1
non non je trouve que c'est intéressant parce que bon Pas tout le monde a les moyens d'aller au musée, que ce soit gratuit ou pas gratuit, mais ça dépend où on habite. Peut-être qu'on n'a même pas un musée à côté du cirque, donc ça peut être très très loin. Et les gens de cette forme, ils peuvent connaître déjà des personnalités, comme vous avez déjà eu Francesco Fratellini, vous avez d'autres personnes en podcast. Et ça permet aux personnes de faire un petit suivi des artistes de cirque et de connaître un peu plus ce monde. Je trouve ça super cool, franchement c'est bien.
- Speaker #0
Merci. De rien. Et c'était pour ça qu'on voulait en faire un avec toi.
- Speaker #1
Oui, voilà.
- Speaker #0
Aussi, faire connaître d'autres métiers, d'autres personnes du monde du cirque aussi, que l'on ne soupçonne pas forcément. Oui, tout à fait. Donc voilà, en tout cas, merci à toi. Si tu ne pouvais garder qu'un seul objet de toute cette vie de cirque, ça serait lequel ?
- Speaker #1
Un objet ?
- Speaker #0
Oui. Oh,
- Speaker #1
attends.
- Speaker #0
Tu peux prendre le temps de réfléchir.
- Speaker #1
Un objet, ça doit être un objet.
- Speaker #0
Du coup, tu t'es perdue toute seule. Un objet et après, ce sera un souvenir.
- Speaker #1
Attends, laissez-moi réfléchir une seconde. Le souvenir que je garderai, ça serait la première fois que je suis sortie en piste.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ça, ça serait le souvenir que j'emporterai toujours. La sensation d'être sur la piste. La première fois, en tout cas, c'est une sensation tellement bizarre. C'est un mélange entre la peur, le plaisir. Voilà. Donc oui, ça, ça va être le souvenir que j'emporterai. Et l'objet que j'emporterai, j'ai une petite idée. Mais bon, après, vous me dites si ça fait l'affaire ou pas. Mais oui, sans doute, j'emporterai ça. Donc comme objet, j'emporterai... Donc mon papa, il faisait un numéro de fauve. il se collait une tresse dans la tête parce qu'il était chauve mais c'était avec ses vrais cheveux et du coup c'est cette petite tresse que j'emporterais avec moi c'est génial ouais ça fait vraiment sans doute j'ai pensé de suite à ça mais je me suis dit je vais chercher une autre chose mais si t'as pensé à ça c'est que c'est ça ça serait vraiment ça que j'emporterais avec moi donc ton papa était dresseur de fauves Oui, au début, il était verticaliste.
- Speaker #0
Tu peux expliquer ce que c'est un verticaliste pour nos auditeurs ?
- Speaker #1
Alors, c'est comme faire le poirier sur ses mains. Et il faisait des figures. Après, il faisait des équilibres sur la tête. Il posait sa tête au sol. Et il sautait dans une barre qui faisait 4 cm d'épaisseur. Il avait une passerelle et il sautait jusqu'à la fin. C'est des numéros qu'on ne voit plus maintenant.
- Speaker #0
Mais qu'à l'époque,
- Speaker #1
on voyait souvent et ça, c'était sa discipline à lui. Depuis qu'il avait 8 ans.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Oui, il avait 8 ans quand il a commencé. Il était très très jeune.
- Speaker #0
Ah oui ? Oui. Ok.
- Speaker #1
Et après, quand nous, on a ouvert le cirque, on a eu des fauves et c'était lui qui faisait le numéro de fauve. Et il le faisait un peu habillé en mongole, avec des vêtements traditionnels que ma grand-mère avait fait. et du coup comme il était chauve il avait coupé sa couette avant de se raser la tête et il avait préparé sa petite tresse pour pouvoir se recoller la tresse tous les soirs avec du super glue c'était incroyable, avec du super glue avant de sortir en scène donc ouais ça serait cette petite tresse que j'amenais avec moi ok c'est top c'est top ton papa en groupe de fauve il avait
- Speaker #0
Tigres, lions, lions... Quatre tigres. Quatre tigres. En plus, les tigres, c'est...
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Quatre tigres, il avait. Mais nous, quand on était petits, on avait les petits tigres qui étaient sur le lit. C'était nous qui leur donnait le biberon. des souvenirs incroyables.
- Speaker #0
Bah oui, du coup, oui. Et ta maman, du coup, elle faisait quoi dans le cirque ?
- Speaker #1
Alors, ma mère, au début, elle ne savait rien faire parce qu'elle ne faisait pas partie de ce monde-là. Quand elle est arrivée, elle ne savait même pas marcher avec des talons. Donc, on regarde un peu comment... Et elle a fini par faire le numéro de corde verticale. Donc, c'était un numéro aérien. Elle a fait les équilibres avec mon papa. Elle a fait le clown. Elle a fait plein de choses. C'est une femme qui est passée de pas savoir faire, on va dire, en piste rien.
- Speaker #0
En piste, un couteau suisse. Voilà,
- Speaker #1
à savoir faire un peu de tout. Donc, comme quoi, pour amour, vraiment, on peut faire des choses.
- Speaker #0
On peut faire des belles choses, carrément. Ok, et t'as des frères et sœurs ?
- Speaker #1
On n'est que des sœurs. Que des sœurs ? Oui, on n'est que des filles chez nous.
- Speaker #0
Que des filles ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qui sont aussi encore toutes les deux dans le monde du cirque ? Non,
- Speaker #1
alors mon autre sœur ne fait plus partie du monde du cirque. Et la toute petite, elle n'a jamais fait partie du monde du cirque. Donc la seule survivante dans l'affaire, c'est moi.
- Speaker #0
Celle qui n'est pas lâchée.
- Speaker #1
C'est ça, moi je ne lâche pas la prise.
- Speaker #0
Et tes sœurs, qu'elles ne soient pas dans le monde, c'est par choix ? Enfin, c'est choisi ou c'est à...
- Speaker #1
Alors là... Ma soeur, on va dire la plus grande. Moi, je suis la plus grande, celle qui est au milieu, par choix. Donc, elle a voulu arrêter le monde du cirque. Elle est boulangère maintenant.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Oui, et la plus petite...
- Speaker #0
C'est bien pour le petit-déj, ça. Oui, c'est ça, c'est ça.
- Speaker #1
C'est pas à peine fait. Et la petite, elle a 17 ans. Donc, c'est issu du nouveau mariage de ma maman. Et du coup, elle connaît le monde du cirque par rapport à moi, mais elle n'a jamais vécu. l'expérience qu'on a eue, nous, en tant que circassienne.
- Speaker #0
D'accord. Ok. Très bien. Merci beaucoup, Sarah. Moi, j'ai passé un bon moment à échanger avec toi sur ton parcours. Merci. J'ai appris des choses encore.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Malgré les discussions. C'est génial. Merci. Et puis, pareil, je me sens quand même obligé de le dire. Avec... ton départ et je pense que je le dis au nom des passionnés de cirque, on ne te dit pas au revoir mais à bientôt.
- Speaker #1
A très bientôt. C'est sûr.
- Speaker #0
Alors encore un grand merci à Sarah Odeiro de m'avoir reçu. J'ai pris vraiment beaucoup de plaisir à enregistrer cet épisode avec elle qui, je pense, ne sera pas le dernier. Vu les fourrières que l'on s'est pris pendant l'enregistrement, même si vous n'avez pas tout entendu. On a aussi failli mourir dedans. Il faudra bien écouter après le générique. Et si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à commenter, partager. vous abonner sur nos plateformes et nos réseaux sociaux afin de faire grandir notre communauté. On se retrouve au mois de juin pour un nouvel épisode, cette fois-ci avec Nathalie et Vincent, promis, qui sera, lui, consacré au Cirque Krone. A bientôt, les amis ! Du coup, avec... Je vais la reprendre.
- Speaker #1
On va mourir.
- Speaker #0
On ne va pas réussir à finir le podcast.
- Speaker #1
Non, on va mourir les deux.
- Speaker #0
On est tous les deux allergiques aux pollens, c'est un peu compliqué.
- Speaker #1
C'est ça.