- Speaker #0
Est-ce que pour vous aussi, c'est compliqué de trouver un endroit au Havre pour faire du sport et pratiquer le yoga qui vous correspond vraiment ? Et bien c'est exactement ce besoin qui a donné naissance au studio partenaire de cet épisode. Quand sa fondatrice a commencé à chercher un spot pour faire du sport, impossible pour elle de trouver un lieu alliant diversité et accueil premium. Résultat, elle a lancé Dose Studio. Dose Studio, c'est 150 mètres carrés baignés de lumière naturelle. Des coachs diplômés dans leur domaine respectif, 5 disciplines différentes, du yoga, du pilates, du fitness, du cardio et même de la danse, le tout avec un accueil hyper personnalisé, des vestiaires toutes équipées et même un coin coffee pour prolonger un peu le plaisir. Pour les offres, elles sont illimitées et sans aucun engagement. Alors si tu vis au Havre ou dans le coin et que tu cherches la perle rare pour te mettre au sport, Dose Studio n'attend plus que toi ! Salut, un petit mot avant de commencer cet épisode, tout simplement pour vous dire merci. Eh bien merci parce que vous êtes toujours plus nombreux à écouter les épisodes dans le pot de yaourt. Alors si vous voulez soutenir le projet, n'hésitez pas à suivre, à commenter le podcast sur les plateformes d'écoute, sur Deezer, sur Spotify, sur Apple Podcasts, et puis n'hésitez pas non plus à suivre la page du compte Instagram dans le pot de yaourt. Sur ce, bonne écoute ! Bienvenue dans le pot de yaourt, le premier podcast qui s'intéresse à toutes celles et ceux qui font le Havre, à toutes celles et ceux qui sont le Havre. Le plus souvent possible, je vais recevoir à ce micro des artistes, des sportifs, des entrepreneurs, des créateurs de contenu, des cuisiniers, des écrivains, bref, tous ceux qui font briller notre chère et tendre ville et qui nous rendent chaque jour un peu plus fiers d'être à vrai. On parlera de leurs histoires et on verra en quoi le Havre a une place centrale et si particulière dans leurs projets. Saison 4, épisode 6. Un havre de grâce. Je vais ramener la cage au havre.
- Speaker #1
Au havre, les gens sont tous gentils. Ici, c'est le havre. Normandie.
- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue pour ce nouvel épisode dans le pot de yaourt. En France, chaque année, 700 000 tonnes de vêtements sont jetées. Finalement, très peu sont récupérées, retapées et remises dans le circuit. Un constat qui ne plaît pas vraiment à mon invité qui a décidé il y a quelques années de s'attaquer au problème qui est très certainement l'un des... plus grands désastres écologiques de notre époque. Avec une équipe, elle a monté l'atelier de la matière, une association pour promouvoir le réemploi créatif. Si tout ça semble un peu flou, pas de panique, c'est pour ça qu'elle est là. Aujourd'hui, je reçois Pauline Vendôme. Salut Pauline.
- Speaker #2
Salut, merci de me recevoir.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Donc le réemploi, Pauline, l'économie circulaire, ce sont des mots qu'on entend de plus en plus, mais toi qui travailles dedans, concrètement. Est-ce que tu peux nous dire tout simplement ce que ça veut dire ?
- Speaker #2
On entend parler de réemploi et on entend souvent parler de recyclage. Donc on va dire que le réemploi arrive avant le recyclage. C'est un petit peu une manière de donner une seconde vie aux objets et de les utiliser matière pour matière, c'est-à-dire de ne pas utiliser la matière pour effectivement la recycler ou lui donner une vie qui n'a rien à voir avec la vie qu'elle avait avant. c'est justement essayer de... conserver, de continuer et de revaloriser la première vie qu'elle a eue.
- Speaker #0
Est-ce que ce sont des thèmes qui t'ont toujours tenu à cœur ?
- Speaker #2
On va dire que je pense que c'est profondément ancré dans mon identité. Depuis longtemps, je suis quelqu'un qui collecte énormément les choses pour leurs valeurs sentimentales, la beauté qu'elles peuvent avoir. Effectivement, j'ai toujours accumulé énormément de choses. Ce n'est pas le syndrome de Diogène. C'est plutôt... Fais attention. Non, non, c'est vraiment le fait d'essayer de se dire que ce qui ne plaît pas à quelqu'un, ce qui va être jeté, peut être la richesse de quelqu'un d'autre. Et donc, effectivement, la manière d'agencer ces choses ensemble peut devenir un art. Et donc, ça fait très longtemps, effectivement, que je collecte des choses aux grandes dames de mes proches. Et donc, effectivement, que je travaille dans la mode. Et puis, au bout d'un moment, je me suis dit, pourquoi pas allier, essayer de... de faire en sorte que toutes ces choses servent et pourquoi pas le faire à plus grande échelle et c'est là qu'est venue l'idée de créer l'atelier de la matière.
- Speaker #0
D'ailleurs avant de créer l'atelier de la matière, t'es issue du monde de la mode ?
- Speaker #2
Tout à fait, moi j'ai fait des études de stylisme à Lille, à Paris et donc j'ai vraiment travaillé dans des maisons de prêt-à-porter, dans des bureaux de tendance. Tout le monde de la mode, effectivement, où on fait des collections, on fait des tendances, on fait du shopping, on récupère des premiers samples qui sont invendables. Et du coup, on en récupère, si on fait 400 références, on a 400 produits que l'on récupère et qui ne sont pas vendables et qui vont soit à la poubelle, soit on essaie quand même de les revaloriser avec le personnel. Mais c'est vraiment une industrie captivante dans laquelle j'ai beaucoup travaillé pendant une quinzaine d'années.
- Speaker #0
Donc toi tu es passionnée par le vêtement ?
- Speaker #2
Je suis passionnée par le vêtement, par le textile, par le motif. Donc c'est vraiment, oui effectivement, c'est ma première casquette, le design.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te plaît toi dans le vêtement ?
- Speaker #2
Ce qui me plaît dans le vêtement, c'est déjà l'aspect social. Je trouve que c'est très intéressant depuis qu'on s'habille, depuis qu'on donne à voir la mode et c'est vraiment une manière de se montrer. Donc on donne à voir quelque chose de nous. Je trouve que c'est très intéressant sociologiquement, puisque ça permet effectivement de capter des identités, des personnalités extrêmement originales. Et puis, tout simplement, de dire, même si on n'est pas très original, ça dit énormément de nous. Je trouve que c'est une espèce d'apparat, une espèce de carapace qui est très importante socialement. C'est quelque chose qui m'attire énormément, de voir les personnes s'habiller, pourquoi elles font ces choix, qu'est-ce qui plaît. Quelles sont les couleurs qu'on va pouvoir porter, qui vont pouvoir nous aller, qui vont dire quelque chose de nous ? Aussi bien aussi les messages, puisque la mode est parfois politique. On a souvent des messages qu'on porte, qu'on donne à voir. C'est vraiment quelque chose qui m'a toujours intéressée. Et puis, c'est un travail extrêmement créatif qui vient du dessin. Nous, en tant que styliste, on pense une collection. On a souvent l'impression qu'il y a les couturières. Nous, on est vraiment dans le... On est vraiment dans l'amont, c'est-à-dire qu'on va penser la collection, on va savoir combien de pièces on va faire, on va essayer de la cibler, de savoir à qui elle s'adresse. Donc c'est vraiment des choses qui sont très intéressantes, je trouve, sociologiquement.
- Speaker #0
Tu me dis, si je me trompe Pauline, mais le monde que tu as connu avant, le monde professionnel que tu as connu avant, même si le thème est le même, est complètement différent avec celui que tu connais aujourd'hui.
- Speaker #2
Ah oui, ça n'a rien à voir, oui. Non, c'est vraiment pas du tout la même chose.
- Speaker #0
On était... Avant, tu disais la mode un petit peu à l'état pur, où on parle souvent de surconsommation, de fast fashion. Là, l'atelier de la matière, c'est complètement différent, c'est même l'autre penchant.
- Speaker #2
Ça n'a plus rien à voir, on est toujours dans le design, c'est-à-dire qu'on donne toujours à voir des choses, on crée toujours des choses, mais alors ça n'est plus du tout dans une optique, on n'a plus de cible. Moi, je ne cible plus mes vêtements, je ne vais pas me dire, tiens... quelle est ma cible, quel est le marketing, comment je vais pouvoir... Voilà, exactement. C'est même plus couvert à tout le monde. Je dirais qu'aujourd'hui, nous, ce qu'on essaie de créer, c'est de montrer qu'en fait, n'importe quel vêtement peut être réinventé pour n'importe quel type de personne. Et puis, même dans les défilés qu'on fait, puisqu'on essaie de faire quand même des défilés de mode pour montrer ce que c'est que la mode upcyclée. Souvent, les gens s'attendent à des choses, un côté un peu patchwork. Ce n'est pas du tout des iguales tout le temps. Notre but, c'est vraiment de travailler sur le patronage, le design, et de faire en sorte de donner un vêtement à voir, mais qui ne soit pas forcément avec 50 tissus qui vont être agencés ensemble. Notre but, c'est d'essayer de travailler ce qui est fort dans le vêtement, ce qui fonctionne déjà bien, quelles sont la coupe, la couture, qu'est-ce qui va être résistant. Qu'est-ce qui, au contraire, a lâché avec le temps ? Et c'est là où on va venir essayer de réinventer le vêtement en conservant les propriétés qui sont intéressantes, mais en essayant de lui donner un design totalement différent.
- Speaker #0
Ce n'est pas juste des patches comme quand on était petit ?
- Speaker #2
Ce n'est pas juste des patches quand on était petit, ce n'est pas juste des petits trous qui sont rapiécés, on ne va pas coller des miquets un peu partout.
- Speaker #0
C'est dommage, c'est bien aussi. C'est sympa,
- Speaker #2
mais on sait qu'on a des grand-mères qui font ça super bien, on leur laisse.
- Speaker #0
Oui, j'imagine. Je le disais, tu viens effectivement du monde de la mode. Je parlais de surconsommation, de fast fashion, etc. Est-ce que toi, dans ton ancien univers, c'est quelque chose qui t'a marqué tout ça ?
- Speaker #2
Énormément, oui. Déjà, on peut dire qu'à 22 ans, j'ai travaillé d'abord à Lille. À Lille, on a toutes les marques de la vente par correspondance. Il y a Trois Suisses, il y a La Redoute et tout ça. Donc moi j'ai beaucoup travaillé dans ce bassin-là, du prêt-à-porter. Bon c'était assez intéressant mais c'est des milliers de références en fait. Et c'est de la production en Chine, c'est très peu de valorisation du travail des fournisseurs. Et moi j'ai voulu partir voir du coup le côté des fournisseurs. Et donc je suis partie en Inde, dans une entreprise de façon. Donc cette entreprise de façon c'est celle qui réalise les vêtements pour le marché européen. Et effectivement, ça a été un peu, donc j'avais 22 ans, ça a été un peu un choc. Un choc, ouais, un choc. Bon, déjà, l'Inde, c'est un vrai choc culturel, on peut le dire. Mais en plus de travailler dans une usine, de recevoir toutes les stylistes européennes et de travailler avec elles sur des collections et de réaliser la façon qui est faite en Inde, c'est incroyable. Enfin, je veux dire, à l'époque, c'était l'époque des jeans troués. Je ne sais pas si tu te rappelles. Et donc, on avait des trous un peu partout. Et donc, ça... C'est réalisé, donc les femmes qui travaillent dans ces usines-là, elles sont dans des cages avec 3, 4, 5 tonnes de jeans, dans des grandes cages métalliques. Elles sont assises sur les 5 tonnes de jeans et elles brossent de manière méthodique chaque trou sur le jean pour avoir un aspect assez usé, mais pas non plus trop. Et donc elles respirent toute la journée des fibres de textile qu'elles grattent. Et donc quand on sait comment le coton, parce que chaque jean est réalisé en coton, Quand on sait que le coton est un des plus grands consommateurs de pesticides au monde, on se dit que ces femmes-là... Elles respirent. Les pesticides, toute la journée, les fibres courtes qui viennent dans leur peau. Et donc, c'était ça pour tout, en fait. C'est-à-dire, quand on voit la manière dont on produit les choses, c'était aussi l'époque du tie-and-die. Donc, on avait des grandes démarcations de couleurs sur les vêtements. Et nous, dans notre usine, c'était un monsieur qui était multicolore, qui avait des bras à la tête, toutes les couleurs, et qui teignait chacun des vêtements dans des grands bains. Sur le toit, avec un tuyau de gaz qu'il allumait directement.
- Speaker #0
Il était multicolore par les couleurs ? Par les couleurs.
- Speaker #2
Il n'y avait aucune protection. Il n'y avait aucune protection. C'est un monsieur qui va passer sa vie en étant coloré.
- Speaker #0
Et tu as passé combien de temps en Inde ?
- Speaker #2
En Inde, j'y ai passé six mois. J'ai travaillé trois mois dans mon usine. Et puis après, j'ai voulu voyager un petit peu pour essayer d'aller voir les autres techniques comme le batik, la broderie, des choses un peu plus traditionnelles et un peu moins industrielles.
- Speaker #0
Et c'est à ce moment-là que tu as le déclic, justement, en disant que le monde de la mode tel que tu l'as peut-être fantasmé, ce n'est pas celui dont tu rêves, toi ?
- Speaker #2
Pas du tout. Non, non, pas du tout. Ça fait partie du chemin de la simulation. C'est-à-dire que, voilà, quand je suis rentrée d'Inde, déjà quand j'y étais, j'ai compris énormément de choses. Et puis, quand je suis rentrée, j'avais toujours cette grande envie de travailler dans la mode, pourquoi pas dans le luxe. C'est là où j'ai fait les bureaux de tendance et tout ça. Et c'est vrai que c'est vraiment... Donc ça a été un premier chemin, je pense, un premier cheminement. Mais bon, c'est très profondément ancré en nous. Moi, je suis née en 88. Donc dans les années 90, c'était l'avènement de toutes les marques de prêt-à-porter, de tous les logos. Enfin voilà, c'est vraiment quelque chose qui était vraiment ancré en nous. Donc je pense que ça met du temps à s'évacuer tout ça. Et donc, j'ai travaillé pendant une dizaine d'années. Par contre, c'est vrai qu'au bout d'un moment, je parlais des premiers échantillons qu'on récupère. C'est vrai qu'au bout d'un moment, je distribuais tous les premiers échantillons dans la rue. Donc, c'est là où je me suis dit, oui, effectivement, il y a peut-être quelque chose à faire d'un peu plus social. Et voilà. Et donc, c'est venu petit à petit, toute cette envie de travailler dans une mode plus durable. Et puis aussi avec la prise de conscience globale et commune qu'on peut avoir ces dernières années. c'est vraiment quelque chose qui nous est propre et on commence à en parler énormément de transition écologique et c'est là où ça m'a vraiment frappée et donc c'est venu petit à petit Et bien tout le sens de ma prochaine question justement,
- Speaker #0
comment on en arrive à l'atelier de la matière ?
- Speaker #2
Comment on en arrive là ? On parle de la ville du Havre mais c'est vrai que le Havre c'est un peu une ville de tous les possibles Et moi, en 2007, quand je suis revenue habiter au Havre, pour moi, je suis styliste, donc je ne pouvais pas travailler au Havre. Donc dans ma tête, c'était clair que je devais être freelance, que je devais continuer à travailler à Paris. Et donc, j'ai commencé comme ça, en me disant, comme tous les expats, j'habite à Paris. Puis finalement, le Havre me manque, donc je reviens au Havre. C'est tout, je vais quand même travailler à Paris. Et puis, au fur et à mesure, je me suis intéressée à des initiatives locales. comme le Hangar Zéro, et puis la Mouette, le magasin coopératif. Et la Mouette, le magasin coopératif, c'est vraiment une initiative qui m'a énormément portée. J'ai rencontré une petite dizaine de personnes avec qui on avait vraiment, vraiment envie de créer ce magasin coopératif. Et donc, on s'est un petit peu relevé les manches et on a créé la Mouette, le magasin coopératif, qui était une expérience sociale captivante. On était vraiment plusieurs personnes de tout horizon. Et on est parti vraiment sur ces magasins coopératifs, sur le monde de l'économie sociale et solidaire. Et donc pour moi, ça a été un premier pas dans le monde de l'économie sociale et solidaire. Et puis surtout, dans le fait de se dire que tout est possible en fait. Tout est possible si on est assez convaincu déjà d'une. Et puis de deux, on a ici des structures sociales, économiques, administratives, qui nous permettent de faire ces choses-là, qui nous aident énormément. et comme on est dans une ville qui a à échelle plutôt Au grand nombre, à l'échelle humaine, on se rend compte qu'en fait, on a des interlocuteurs qui sont très intéressants et qui sont dédiés et qu'on peut rencontrer assez facilement. Donc, quand on a envie de monter un projet, la ville du Havre, elle est exceptionnelle pour ça, parce que vraiment, elle nous permet d'avoir toutes ces possibilités-là.
- Speaker #0
Et tu penses que la ville du Havre est peut-être plus ouverte d'esprit qu'ailleurs ?
- Speaker #2
En tout cas, sur ce genre d'initiative, je pense que ce n'est peut-être pas une ouverture d'esprit. Je pense que c'est des contacts et une facilité, une simplicité d'exécution. C'est assez facile, comme on n'est pas énormément forcément à vouloir rentrer dans tous ces dispositifs. C'est plutôt simple d'accès. peut-être là où parfois à Paris ça va être beaucoup plus bouché puisqu'énormément de gens veulent la même chose nous c'est vrai qu'il y a une simplicité d'accès et puis on est aussi ce que je disais en tant que trentenaire qui revenait sur le Havre j'ai aussi revu tout mon groupe, tous mes amis, tous les gens on dit toujours qu'au Havre tout le monde se connaît c'est bien vrai et donc le fait de revenir dans cette ville c'est un peu une manière aussi de... De se dire, en fait, on est à échelle humaine, tous les gens avec qui j'ai grandi, avec qui j'étais à l'école, maintenant, ils font des choses très intéressantes aussi, ils sont dans divers métiers. Et donc, en fait,
- Speaker #0
j'ai repris mon réseau là où je l'avais laissé.
- Speaker #2
Et c'est un réseau qui était effectivement dans le social, dans l'économie solidaire, dans l'art. Donc, en fait, ça donnait tout son sens.
- Speaker #0
On parle depuis tout à l'heure de l'atelier de la matière, mais tu ne nous as pas dit ce que c'était exactement. Raconte-nous, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #2
L'atelier de la matière, c'est... Aujourd'hui, une recyclerie textile, mais à la base, ça a été pensé, donc j'ai créé ça avec une personne qui s'appelle Elie, Elodie Michel. Et donc elle, elle était RH au Volcan à l'origine.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Et on a beaucoup parlé, moi je revenais sur le Havre, j'étais en freelance, en styliste, et j'avais vraiment cette grande envie de travailler le textile de manière beaucoup plus sociale et solidaire, et de travailler, donc de recycler la matière. Elle, elle avait cette envie de faire la même chose avec le bois. Et donc, au fur et à mesure de grandes discussions, ça a été vraiment une rencontre, un coup de cœur aussi bien commun que professionnel.
- Speaker #0
Le coup de poudre.
- Speaker #2
Le coup de poudre, voilà. Donc on a mis en commun nos idées, nos expériences, nos envies. Et puis, on a été catapulté, parce que comme je disais, au Havre, il y a beaucoup de structures qui existent, en tout cas en Normandie, pour faire sortir de terre tous ces projets sociaux. Et donc, il y a l'adresse. En Normandie, qui est une association dédiée à la réalisation des projets sociaux. Et donc, cette structure, on a répondu à un appel à projet avec notre petit projet de l'atelier de la matière. Après qu'on ait fait plusieurs réunions, on s'est vraiment creusé la tête sur ce qu'on avait envie de donner à voir. Et donc, ils nous ont un peu catapulté, ils nous ont aidé à créer ce projet. Et donc à l'origine, l'atelier de la matière, c'est pour ça qu'on l'a appelé l'atelier de la matière, c'était une recyclerie de la matière. Donc pour l'instant, Ellie souhaitait recycler le bois, moi je souhaitais recycler le textile. Donc on est vraiment parti sur ces deux matières d'origine. Moi, c'était mon métier depuis 15 ans, Ellie se reformait, donc après être RH, elle s'est reformée dans le travail du bois. Et donc moi j'ai tout de suite commencé, puisqu'effectivement j'étais déjà qualifiée. Elle a pris un petit peu plus de temps, elle a pris un an pour sa formation. Et puis, on a commencé toutes les deux à faire des ateliers, à essayer de travailler. Elle, le bois, moi, le textile. Et on s'est rendu compte, effectivement, que le textile, c'est beaucoup plus simple, puisque c'est beaucoup moins lourd. Le textile, c'est super, c'est qu'on a effectivement des machines à coudre. Bon, à part se piquer le doigt, on ne peut pas se faire grand-chose. Alors que le bois, c'est un peu plus violent. Et donc, elle... Elle a un petit peu mis le holà là-dessus, parce que pour elle, c'était énormément de contraintes, de sécurité. Pour pouvoir former quelqu'un sur une machine, il fallait qu'elle-même...
- Speaker #0
Tu peux dire que tu as imposé ta loi, tu vois.
- Speaker #2
Non, pas du tout, parce que vraiment, j'aurais adoré. Mais bon, on était chacune sur des structures différentes. Et puis, la vie fait que. Et donc, Ellie, aujourd'hui, elle a arrêté. Elle travaille toujours le bois, elle, de manière personnelle, mais plus... Elle ne donne plus de cours, elle ne veut pas continuer à transmettre sa passion de manière professionnelle, elle le fait de manière plutôt passionnée. Et donc moi je suis restée dans le textile et donc j'ai continué cette recyclerie textile. Et puis on a beaucoup de bénévoles qui se sont... Ellie est toujours avec moi, elle fait toujours plein de choses. Moi je l'ai formée à la couture, le deal c'était que moi je la forme à la couture, qu'elle elle me forme au bois. Et donc, échange de bons procédés, qu'on puisse assister chacune l'une et l'autre à nos ateliers. Ce qu'on a fait dans un premier temps. Et donc aujourd'hui, elle, elle fait toujours partie du projet. Elle m'aide énormément sur tous les événements. Elle garde tout ce côté événementiel. Et donc moi, je suis vraiment surtout le fond, le fait de transmettre du coup un savoir-faire. Donc l'atelier de la matière, qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? C'est une recyclerie textile où on collecte chaque année trois tonnes de vêtements.
- Speaker #0
C'est énorme.
- Speaker #2
C'est énorme, trois tonnes de vêtements. Il faut savoir qu'au début, on avait un partenariat avec Emmaüs. C'est le grenier, et que pour récolter chacun une tonne de vêtements, puisque chaque année ils donnent à l'incinération, puisqu'ils ne peuvent pas les revaloriser, tous ces vêtements qui sont abîmés, déchirés, où ils manquent un bouton.
- Speaker #0
Ils font déjà un tri, on vient leur donner des vêtements avec ceux qu'ils peuvent vendre, et ceux qu'ils ne pourront pas vendre. Et vous, vous récupérez ceux qu'ils ne peuvent pas vendre. Voilà,
- Speaker #2
ceux qu'ils ne peuvent pas vendre et qui vont à l'incinération. Donc c'est du recyclage, et comme je disais, avant le recyclage, c'est des toiles... Tout ce qu'ils récupèrent, c'est des toiles de coton qui sont parfaites. Donc plutôt que de reproduire et de remettre du carbone, de l'eau, pour reproduire, utilisons ces matières-là, plutôt que de les incinérer. Et donc nous, c'est ce constat-là qu'on a fait. On récupérait chaque année une tonne de vêtements d'Emmaüs et de Grenier. Et en fait, on a été identifiés par les habitants de la ville comme lieu de collecte. Et donc aujourd'hui, sans prendre ce qu'Emmaüs et de Grenier ne peuvent pas revendre, On a déjà trois tonnes de vêtements collectés par les particuliers.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, vous ne travaillez plus avec le grenier Emmaüs ?
- Speaker #2
Malheureusement, non.
- Speaker #0
Voilà, c'est les particuliers qui viennent directement vous voir pour recycler leurs vêtements.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #0
Et à partir de là, qu'est-ce qui se passe ? Vous recevez les trois tonnes de vêtements et qu'est-ce que vous en faites ?
- Speaker #2
Alors, on a un petit peu tout fait en même temps. Donc, on reçoit les trois tonnes de vêtements. On a créé avec un autre groupe, on aime les aventures sociales, et donc on a créé un lieu qui s'appelle le Val-Soleil, avec une autre communauté qui voulait sauver le Val-Soleil. Un lieu très connu. Un lieu très connu, le Val-Soleil. Et donc on a la chance d'avoir 200 mètres carrés d'atelier au sein du Val-Soleil, dans les anciennes salles de gym, parce qu'il y a beaucoup de gens qui connaissent ce lieu. Et donc on a une partie matériothèque où on range, on trie. les vêtements collectés, puisqu'on collecte effectivement des vêtements, mais on collecte aussi des tissus, on collecte de la mercerie, des boutons, des rubans, tout ce qui est inhérent au travail de l'art du fil et du textile. Et donc on essaie de ranger de la plus belle des manières. C'est vraiment une grande caverne d'Ali Baba. On peut trouver des vêtements de seconde main, du textile, des draps, de la dentelle, de la fourrure, des cuirs, des boutons, des fils, enfin vraiment tout ce qui est... Tout, tout, tout. Tout ça, c'est revalorisé pendant nos cours de couture. On fait vraiment des cours de couture traditionnels. Chaque personne peut venir apprendre à coudre, mais aussi apprendre la broderie, le patronage, l'upcycling, le fait de réinventer des vêtements, de transformer des vêtements, pendant nos cours. Pendant nos cours, ils peuvent se servir dans cette matériothèque 100% réemploi. C'est un premier pas où les habitants du quartier, ou pas du quartier d'ailleurs, viennent pendant les cours. Notre deuxième volet, ce serait plutôt de rentrer dans les écoles. Nous, notre but, c'est vraiment de faire en sorte que ce soit accessible au plus grand nombre l'apprentissage de ces savoir-faire un petit peu oubliés.
- Speaker #0
Donc vous, toi et Elie, qui se déplaceraient dans les écoles pour enseigner leur emploi ?
- Speaker #2
On va dans les écoles, on fait des conférences sur la mode durable, on fait des parcours scolaires autour de la couture, de l'apprentissage de savoir-faire comme la broderie, la peinture textile. Donc le but, c'est de se dire, voilà, chaque élève peut ramener... un vêtement qu'il adore, qu'il ne peut plus mettre. Souvent, on a aussi les vêtements des grands frères et des petits frères qui viennent aux petits frères. Ils ont envie de leur donner une nouvelle identité, de les customiser exactement. Ils peuvent aussi piocher dans les tonnes de vêtements qu'on a récupérés. On leur apprend à revaloriser, à réinventer tous ces vêtements et à en faire un nouveau. Ça va être de la couture. On va transformer un sweat, on va le couper, on va remettre un autre tissu, on va en mixer deux. Ça peut être de la broderie, on va aller broder notre manga préféré ou un logo. On adore le foot, on va plutôt faire nos équipes de foot préférées. Je dis ça parce qu'on en fait beaucoup.
- Speaker #0
Pour les amateurs de foot, vous pouvez customiser vos fringues avec des stickers foot.
- Speaker #2
Et surtout, souvent quand on arrive dans les classes, on va de 6 à 27 ans. Ah oui ? Donc, bah oui, on a... On rentre aussi bien dans les écoles primaires, le collège ou la fac. On a fait un semestre créatif avec Sciences Po aussi.
- Speaker #0
Ok, super.
- Speaker #2
Donc le but, c'est vraiment de se dire que ça peut toucher n'importe qui en fait et qu'en fonction de la cible et puis surtout que ça n'est pas genré. Parce que souvent, on a ce truc-là comme quoi la broderie, c'est un peu genré. C'est pour les filles, la couture, c'est plus quelque chose de féminin alors que pas du tout en fait. On aime tous s'habiller, on aime tous avoir du style, on aime tous donner, avoir une personnalité. et donc c'est important si on peut... rendre compte de notre créativité.
- Speaker #0
Tu m'inspires à une question. Justement, dans les cours que vous donnez, quelle est la part d'hommes et de femmes qui viennent assister à vos cours ?
- Speaker #2
Ce qui est chouette, c'est que dans les écoles, c'est mixte les classes. Oui, pas dans les écoles,
- Speaker #0
mais dans les gens qui viennent au ventre soleil.
- Speaker #2
Chez nous, effectivement, on a un bon 80% plutôt de femmes, mais on a quand même ce 20% auquel je tiens énormément, d'hommes et puis... même de personnes de tout genre, qui viennent à l'atelier pour faire des créations, apprendre à coudre, apprendre à broder. Donc c'est super parce qu'il y a vraiment une émulsion en fait aujourd'hui créative. Et puis il y a vraiment une passion chez les jeunes d'aller chiner des vêtements chez Emmaüs et Le Grenier aussi. Et donc ils viennent avec des choses qui ne leur vont pas forcément et puis qu'ils veulent effectivement customiser parce qu'ils adorent le style, ils adorent la matière, ils adorent le détail. Ce qui est assez chouette, c'est que j'ai eu pas mal de personnes, aussi bien garçons que filles, qui sont venues avec cette envie-là de transformer des choses qu'ils avaient chinées. Et donc ça, c'est extrêmement intéressant, puisqu'on a déjà un produit qui est très intéressant, qu'ils ont pris pour une grande particularité et qu'ils veulent remettre à leur taille, à leur goût. Et donc on vient, effectivement, pour moi qui est designer, c'est très intéressant de s'adapter à une idée et de faire en sorte que de l'idée, on arrive à avoir une réalisation quasiment identique.
- Speaker #0
Alors concrètement, je suis très intéressé pour venir faire des cours de couture chez toi. Comment je m'y prends et est-ce qu'il faut que j'ai un petit niveau à la base ? Est-ce que je peux être totalement amateur ? Comment ça se passe ? Raconte-nous. Nous, vraiment, c'est du débutant jusqu'à une personne qui est un peu plus qualifiée, qui a envie d'aller plus loin dans ses savoir-faire. Nous, on est à même de vous accompagner aussi bien de la couture de base, donc vraiment couture droite, apprendre qu'est-ce que c'est qu'une machine à coudre, comment on l'utilise, comment on l'enfile, comment on fait une couture droite, jusqu'au patronage, à la broderie, à la confection de vêtements. Donc c'est ça qui est assez intéressant. Et nous, ce que je trouve intéressant et ce que j'ai vraiment mis un point d'honneur à développer dans nos cours, c'est à ne pas faire des cours de débutants intermédiaires et confirmés. De mélanger tout le monde ? Oui, on s'ennuie beaucoup dans ces cours-là. Souvent, les gens se limitent parce qu'ils sont débutants. Ils vont se dire, je vais faire plutôt ça. Et puis, en plus, les gens n'évoluent pas de la même manière. On n'a pas du tout les mêmes ressentis, les mêmes envies. Et donc, moi, ce que je trouve hyper intéressant, c'est de mixer tous les cours, tous les âges, tous les... tous les genres et d'avancer ensemble. Comme ça, il y a vraiment une émulsion créative à l'atelier. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui vont faire de la broderie. Ça va inspirer ceux qui sont débutants en couture, qui se disent « Ah, mais c'est super, moi aussi j'ai envie de faire ça » . En même temps, il y a les débutants en couture qui vont essayer de faire des petites réalisations et qui sont aidés et inspirés aussi par les personnes plus anciennes de l'atelier. Ils vont leur dire « Moi, la dernière fois que j'ai fait ça, je m'y suis pris comme ça, mais tu vois, je suis partie plus tôt » . Et donc, en fait, ça donne une émulsion créative. Et c'est vraiment ça qui est intéressant à l'atelier de la matière, c'est que En fait, on vient à l'atelier aussi bien pour apprendre des choses, mais aussi bien pour s'imprégner d'une espèce d'essence créative.
- Speaker #1
Quand ont lieu ces cours et combien ça coûte ?
- Speaker #0
Alors, les cours ont lieu le mardi après-midi, le mercredi matin, le mercredi après-midi, le vendredi après-midi et le samedi une fois par mois. Le cours, ça coûte 25 euros les 2h30, sachant que vous avez quand même toute la matière qui est comprise, ce qui vous fait qu'il coûte très très cher.
- Speaker #1
Et la machine à coudre, évidemment.
- Speaker #0
Et la machine à coudre, effectivement. On a plus d'une dizaine de machines à coudre en libre-service à l'atelier. On a une surjeteuse.
- Speaker #1
Si on est un puriste, on peut ramener sa propre machine à coudre ?
- Speaker #0
Bien sûr. J'ai même conseillé parfois, quand vous avez une machine à coudre et que vous ne savez pas vous servir, si vous venez apprendre la couture, c'est vrai que c'est chouette de pouvoir, quand on rentre à la maison, pouvoir se servir de sa machine à coudre. Donc moi, j'encourage les personnes qui ont une machine à coudre et qui ne savent pas trop l'utiliser à au moins la ramener sur un ou deux cours. Pour vraiment bien la prendre en main, que je leur explique comment l'enfiler, quels sont les détails du montage, quels sont les défauts qui peuvent arriver. Et puis comme ça, au moins, quand elles arrivent à la maison, elles ne sont pas en train de se casser la tête à se dire « mais ça ne marche pas du tout comme à l'atelier » .
- Speaker #1
Concrètement, comment on débute la couture et qu'est-ce qu'on apprend en premier ?
- Speaker #0
Concrètement, comment on débute la couture, ça c'est une vraie question. Parce que moi, en études, j'ai commencé la couture sur couture droite, petit assemblage, essayer de coucher nos coutures, essayer de monter des pièces. mais concrètement moi c'est pas vraiment ce que j'ai envie d'apprendre concrètement comment on commence la couture c'est qu'est-ce que t'as envie de faire c'est quoi ton point de départ toi est-ce que t'as envie de te faire des vêtements est-ce que t'as envie de customiser est-ce que t'as envie de savoir faire des petits accessoires est-ce que t'as envie de faire plutôt de la peinture textile d'en mettre partout, de faire des patches donc en fait c'est toi qu'est-ce que tu veux moi je pars plutôt de là je passe assez de temps à faire des cours de couture dans des écoles de couture à côté où on est effectivement très scolaire Je crois que ce qui me définit, c'est plutôt l'anticonformisme. Ce que j'aime, c'est partir de toi, qu'est-ce que tu as envie ? Une fois qu'on sait toi, qu'est-ce que tu as envie, j'essaie de m'adapter à comment on va faire en sorte que tu y arrives. Forcément, quand on a envie d'apprendre à coudre, ça passe par comment faire une couture droite. On va commencer par un sac tote bag, une petite trousse, faire des réalisations comme des chouchous, des rubans, des choses plutôt simples. Après, on va aller là où toi, tu veux aller. Si tu veux faire de la confection de vêtements, On va aller sur la confection de vêtements, aller sur le patronage. Nous, à l'Atelier de la matière, on a une grande bibliothèque de patronage en libre-service. Ce qui est chouette, c'est qu'on récupère des patrons. On récupère aussi beaucoup ce qui dort dans les greniers de nos grands-mères. Et une fois qu'elles sont parties, les petits-enfants ont envie de revaloriser. Souvent, c'est des savoir-faire qu'ils n'ont pas forcément. Et donc, on a récupéré énormément de livres de patronage, aussi bien des années 50 où on a des tailleurs new look. plutôt actuel avec des petits vêtements plutôt contemporains. Mais ce qui est chouette, c'est qu'on peut vraiment réadapter tous ces patronages. Donc ça, pareil, c'est en libre-service à l'atelier. On apprend aussi bien la broderie. Et vraiment, la broderie, ça peut être un travail très, très minutieux où tu apprends à perler, où tu apprends à venir faire différents points. Donc moi, je dis que ce n'est pas du tout scolaire. Il faut vraiment partir du besoin, de l'envie. Et c'est là où on s'éclate un petit peu plus à être créatif.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui est le plus... compliqué à faire ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qui est le plus compliqué à faire ? Le montage des pieds de colle, des soupons, des pantalons. Ça, c'est des choses qui sont assez compliquées à faire. C'est des choses où on rentre dans le modélisme pur.
- Speaker #1
Ok. Et justement, vous arrivez à transmettre ça ?
- Speaker #0
En général, la personne, quand elle vient pour approfondir le patronage et le vêtement, c'est là où on essaie d'être un peu plus scolaire. On essaie de lui apprendre à monter le t-shirt de base, le buste de base, la jupe de base, ensuite la chemise de base. Et donc, là, c'est beaucoup plus protocolaire, parce qu'on ne commence pas tout de suite à remonter une chemise hyper compliquée. Bien que j'en ai qui veulent essayer. Pour y aller progressivement. Oui, pour y aller progressivement, comme tout. Donc ça, nous, c'est notre... Voilà, on essaie d'expliquer tout ça. Et puis après, il y a des gens qui arrivent directement. Moi, j'ai des couturières qui arrivent, qui n'ont jamais cousu un vêtement et qui arrivent avec des patronages et qui ont envie de se lancer dans le challenge. Moi, j'aime bien les challenges, donc je trouve ça hyper intéressant. Maintenant, il faut savoir que c'est comme tout. On n'en prend pas à courir avant de savoir marcher. Donc, il y a toujours des petites étapes un peu intermédiaires où on va forcément passer beaucoup plus de temps sur des coutures droites à se tester. Et puis, on peut faire des toiles aussi. Ce qui est assez intéressant, c'est avant de couper un tissu qui est super beau, on va monter ça dans un drap qu'on a trouvé, qu'on va revaloriser le drap et on va monter une première pièce en toile, ce qui permet effectivement de s'essayer avant de faire la vraie pièce définitive.
- Speaker #1
Vous donnez des cours, vous intervenez dans les écoles, il y a un gros gros volet transmission en fait dans ce que vous faites, c'est même l'un des plus grands volets. Pour toi c'était important justement de transmettre ?
- Speaker #0
Oui je pense que c'est une des choses qui m'a le plus animé la transmission. Déjà par le voyage en Inde, c'est vrai qu'en Inde il y a eu énormément cet échange, le fait que moi j'arrivais dans une entreprise où il n'y avait que des personnes qui étaient indiennes. et donc moi j'étais styliste pour certains il y en a qui étaient modélistes il y en a qui étaient couturiers et il y a eu vraiment cet échange de compétences où eux m'ont appris énormément, moi je leur ai plus appris l'infographie donc le fait de dessiner sur Illustrator et Photoshop et donc c'était vraiment un mélange de compétences qui était très intéressant, qui m'a énormément plu et donc c'est un peu ce petit écosystème qui m'intéresse de recréer aujourd'hui C'est la transmission de savoirs, c'est se dire que moi quand j'interviens dans des structures, j'apprends aussi des élèves, mais je leur apprends aussi mon savoir-faire. Donc c'est cet échange qui est hyper intéressant. Et puis c'est surtout le fait de revaloriser, le fait de se dire qu'il n'y a pas de fin de vie pour le vêtement, qu'il est transformable quasiment à l'infini. Puisque nous, un jean, on peut le retravailler en tant que jean. Une fois qu'il a fini sa deuxième vie de jean recyclé. Il peut être travaillé en tant que tissu. Donc, on va reprendre le tissu pour faire un sac, pour faire une pochette, pour faire autre chose. Et puis, on va y aller jusqu'à la fibre, par exemple. On peut même revaloriser les fibres pour faire du rembourrage, pour faire des watts, pour faire du flocage. Donc, c'est se dire que la matière, elle est là et on peut la valoriser pour énormément de choses.
- Speaker #1
Ça fait 3-4 ans que l'atelier de la matière existe.
- Speaker #0
Ça a été créé en 2022, oui.
- Speaker #1
Donc, 4 ans, qu'est-ce que tu as appris en 4 ans à travers cette aventure ?
- Speaker #0
Que monter des projets sociaux ? C'est super chronophage et en même temps extrêmement intéressant. Qu'on ne se rémunère pas tout de suite, et pas comme quand on est styliste et qu'on travaille pour une grande maison. Mais qu'en même temps, plus on pousse des portes, plus les portes s'ouvrent. Et donc ça, c'est vraiment chouette. Qu'il ne faut pas hésiter à taper aux portes des collectivités, de la mairie, parce qu'on a vraiment une mairie qui a envie de faire des choses, mais qui n'a pas le temps. d'aller découvrir les initiatives. C'est là où nous, on passe un temps énorme à se faire connaître. C'est pour ça que merci de mettre en lumière des initiatives comme les nôtres, parce que c'est vraiment ça. On apprend énormément de chaque structure, des besoins que font chaque structure. Moi, je peux travailler aussi bien avec des associations. Aujourd'hui, on fait par exemple les t-shirts du Havre de Verre, qui est une association qui travaillent sur le lombrico poste et l'anti-gaspillage. Donc, on va leur faire leur logo, leur t-shirt logotypé. Et donc, eux nous ont connus grâce au salon. Et donc, en fait, ce qu'il faut se dire, c'est que nous, on a vraiment une expertise où on peut travailler des goodies, de la RSE, revaloriser les textiles des entreprises. En fait, on peut toujours aller plus loin et que c'est en poussant des portes qu'on arrive à se dire, on peut travailler ensemble, on peut faire telle ou telle chose ensemble. Ou avec le volcan, par exemple, on a commencé à faire des... des costumes ou de la scénographie pour des artistes qui étaient en résidence.
- Speaker #1
C'était bien parce que tu bosses avec tous mes anciens habités, avec Sciences Po, avec le volcan. Parfait. Super, bah oui, tu vois.
- Speaker #0
Tout ça a du sens. Et puis, encore une fois, le Havre, c'est un vrai lien, en fait. C'est vraiment une ville où c'est possible, en fait, de se rencontrer, de se parler, de se dire, bah tiens, comment on peut faire, comment on peut travailler ensemble. Donc, voilà, il ne faut jamais baisser les bras. Il faut toujours se relever les manches. Ne pas hésiter à parler de nos initiatives, à les mettre en lumière. Et en fait, après, on découle de superbes partenariats et des choses hyper intéressantes.
- Speaker #1
Tu es à la tête de cette association. J'imagine qu'en quatre ans, tu as découvert aussi les différentes facettes d'un dirigeant d'association et que tu exerces plus ou moins plusieurs métiers.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Voilà, en même temps, quels sont ces métiers justement que tu exerces ? C'est un métier officieux ?
- Speaker #0
C'est un métier officieux. Le premier, c'est bien sûr couturière, modéliste et porteuse de projet. Puisqu'effectivement, c'est un projet, c'est une vision. Notre vision, c'est qu'est-ce que le réemploi, comment faire en sorte qu'il soit accessible au plus grand nombre, comment on transmet. Donc ça, toute la vision de porteuse de projet, je dirais que c'est la plus principale des casquettes, puisque ça permet... C'est ça qui fait que je suis devant toi aujourd'hui. En fait, c'est l'envie de promouvoir un projet, de donner une vision et puis de la partager avec des personnes ou non. Les autres casquettes qui ne me plaisent pas du tout, moi, c'est la comptabilité. J'ai beaucoup de mal, parce que je suis une créative, donc forcément, c'est un peu dur. Heureusement, j'ai des personnes qui m'aident énormément, puisqu'effectivement, une association, on n'est pas tout seul.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc, j'ai pas mal de bénévoles, d'adhérents, de personnes qui sont au bureau de l'association. Ellie aussi qui reste beaucoup avec moi et qui m'aide parce qu'elle a un côté très cartésien de par son métier de RH et donc c'est super. J'ai des bénévoles qui sont géniaux, enfin je veux dire Marthe que j'ai rencontrée à la Mouette qui est bénévole aussi à la Mouette qui vient m'aider énormément sur tous mes ateliers. La gestion des humains aussi puisque forcément toutes ces personnes-là il faut les passionner, en même temps il faut les inclure. Il faut les valoriser puisque chacun a des compétences. Il ne faut pas les mettre en difficulté en leur donnant des choses qui ne vont pas du tout leur correspondre. Donc, c'est vraiment cette casquette-là un peu de porteuse de projet. Mais en même temps, c'est un peu comme un manager. Je ne sais pas trop ce que c'est dans les entreprises conventionnelles. Mais c'est ce côté-là, en fait, de lier les personnes, de savoir valoriser les compétences.
- Speaker #1
Les compétences et les personnes.
- Speaker #0
Tout à fait. Et puis, après, il y a tous les réseaux sociaux. C'est un vrai travail de community manager. Aujourd'hui, j'ai beaucoup de chance.
- Speaker #1
Comme en règle générale.
- Speaker #0
Ah ouais, la com en général, c'est un travail hyper important, c'est ça qui fait qu'on donne à voir, qu'on passionne les gens. Je me suis rendu compte les deux premières années que j'étais la tête baissée dans ma structure, et que du coup j'avançais sans montrer. Des fois je rencontrais des gens et ils me disaient « mais c'est super ce que vous faites, mais comment ça se fait qu'on ne connaît pas ? » Je me disais « c'est vrai ça, comment ça se fait qu'on ne connaît pas ? » Aujourd'hui, c'est ça où je me dis que c'est hyper important que j'arrive. à ne pas baisser les bras sur cet aspect-là, même si c'est aussi hyper chronophage.
- Speaker #1
Ça prend beaucoup de temps.
- Speaker #0
Ça prend beaucoup de temps, puis c'est un métier. Moi, je suis partie de la création du design. Ce n'est pas forcément mon métier. Il y a des automatismes que je n'ai pas. Puis quand on fait, on ne peut pas se filmer. C'est là où les bénévoles sont toujours hyper importants. Ma petite Marthe, qui est photographe, elle donne beaucoup à voir ce qu'on fait. Elle prend des photos. J'essaie de publier la plupart du temps.
- Speaker #1
Elle a l'air essentielle, Marthe.
- Speaker #0
On l'embrasse. On l'embrasse, on lui fait un gros bisou. Ainsi que Julie, Nelly, Greg, tous les autres.
- Speaker #1
Quels sont les projets de l'atelier de la matière dans les mois, dans les années qui viennent ?
- Speaker #0
Alors, à court terme, ça va être des projets, par exemple, pour cet été. Cet été, j'ai rencontré Leïla, qui est une étudiante au Beaux-Arts, hyper intéressée, très intéressante. à cette idée un peu non conventionnelle pour les beaux-arts de travailler le textile. Eux, ils sont plutôt dans différents médiums, comme la peinture, la vidéo et tout ça. Donc elle, elle est passionnée par le textile. Donc elle a trouvé l'atelier de la matière et elle est venue me voir pour effectivement faire un stage chez nous. Et son profil assez créatif, vraiment dans la texture, dans l'univers un peu onirique, ça m'a beaucoup parlé. Et donc ensemble, on a essayé de créer un projet. autour de la réalisation d'une petite connexion autour des animorphes. C'est-à-dire de créer des vêtements comme si c'était des vêtements pour des créatures qui viennent des rêves les plus fantastiques, qui mélangent les animaux, les humains, différents types d'animaux. Et donc, on va essayer de créer une petite collection capsule qu'on aimerait présenter. Alors, dans nos rêves les plus fous, ce serait au musée d'histoire naturelle du Havre.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Voilà, on ne les a pas encore contactés. On finit d'abord la collection et après, on va aller les voir. Ils vont être prévenus rapidement. Évidemment,
- Speaker #1
parce qu'ils écoutent dans le pot de Diegurt. Donc, ils seront prévenus.
- Speaker #0
Voilà, on a aussi le Festival Soleil. Puisque comme je te parlais du lieu, le Val-Soleil, c'est un lieu qu'on est en train de réhabiliter. C'est un tiers lieu qui va être dédié aux...
- Speaker #1
Tu anticipes mes questions, mais vas-y, fonce.
- Speaker #0
J'y vais ?
- Speaker #1
Fonce.
- Speaker #0
Allez. Donc, le Val-Soleil, il y a quelques années de ça, on a voulu... Enfin, le Val-Soleil devait être détruit. La mairie a décidé de détruire le Val-Soleil et de faire un grand immeuble à la place. C'est vrai que dans la rue Louis-Blanc, ce n'est pas ce qui manque, les immeubles. Et on voit que ça ne fonctionne pas vraiment. Et donc, les habitants du quartier se sont dit, mais en fait, on ne peut pas détruire un lieu aussi emblématique, un lieu de vie sociale, un lieu de vie culturelle. Et donc, il y a une pétition qui a recueilli plus que 6000 signatures, qui a été réalisée par les habitants du quartier. Et c'est là où la mairie a dit, bon, d'accord, vous avez cette pétition. Nous, on veut... On peut bien lancer un appel à projets autour du lieu, mais il nous faut un projet qui tient debout. Le Val-Soleil est à racheter, donc il faut quelqu'un qui rachète le Val-Soleil. Et il faut aussi un projet qui a du sens dans l'économie sociale solidaire. Et donc là, c'est là où les habitants du quartier ont été hyper intéressés et intéressants. Ils ont essayé de lancer des perches à toutes les activités, les associations, les bailleurs sociaux. les structures déjà en place. Et donc, il y a l'OGO, qui est un bailleur social, qui est venu, qui a dit, moi, ça m'intéresse énormément de travailler dans un projet social, en même temps de faire des habitations, et puis d'essayer de mêler ça ensemble. Il y a la Ligue Avraise. La Ligue Avraise, c'est une association qui porte des projets pour les personnes handicapées, des projets d'inclusion, d'habitation, et puis d'insertion. Donc la Ligue Avraise a dit « Nous aussi, ça nous intéresse, on cherche à avoir un projet de co-living pour des personnes qui sont en situation de handicap mais qui sont en cherche d'autonomie. » Et puis ils nous ont contacté, nous l'atelier de la matière, on était en début de projet, ils nous ont contacté les thérapeutes qui sont de la médecine douce pour le plus grand nombre. Et donc, plusieurs associations ont commencé à graviter autour du lieu et à créer un projet. On a présenté le projet à la mairie et donc on a gagné l'appel à projet avec l'OGO, la Ligue Avraise, l'Atelier de la Matière, le Cloval Soleil, qui est une association qui regroupe toutes les associations du lieu, les Thérapeutes, Graines en Main, Graines d'Odyssée. Enfin voilà, on est vraiment plusieurs associations qui gravitaient autour du lieu.
- Speaker #1
Tout le monde s'entend bien.
- Speaker #0
Tout le monde s'entend bien. C'est une émulsion, en fait. C'est comme dans toutes les créations de projets. Il y a des moments où il y a des crispations. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'on ne s'arrête pas sur ces crispations et qu'on essaie toujours de trouver des solutions qui conviennent à tous. Et c'est comme la mouette. C'est une expérience sociale, démocratique, hyper intéressante. On met en place quelque chose. En plus, là, on travaille avec l'OGO et la Légavresse, qui sont des structures déjà en place, plutôt économiquement... qui ont des attentes économiques. Nous, on est là dans un but totalement 100% social avec des attentes économiques forcément puisque nous aussi, on a besoin de survivre.
- Speaker #1
Oui, c'est bien de manger.
- Speaker #0
C'est bien de manger, ça fait toujours du bien à tout le monde. Mais ce qui est chouette, c'est que tout le monde se porte, tout le monde essaie de respecter les envies, les attentes de chacun dans le projet et puis surtout de ne pas dévoyer le projet de base. Donc, on a notre vision de base, on essaie toujours d'y coller et là, on est dans la phase 2. Parce qu'effectivement, il y a la première phase, ça a été un peu l'occupation pré-travaux. Ensuite, la deuxième phase, c'est la destruction des bâtiments qui sont vétustes au Val-Soleil. Et ensuite, la reconstruction et la pérennisation des bâtiments qui sont encore utilisables. Et reconstruire des petits logements d'habitation pour des primo-accédants. Donc ça, c'est l'OGO qui s'en occupe pour que tout ce petit monde vive ensemble. Et donc, au Val-Soleil, il y aura l'atelier de la matière. qui est la recyclerie textile. Il y aura un espace de co-living, pourquoi pas un espèce de petit restaurant où les personnes handicapées travailleront au sein du restaurant, mais aussi dans les différentes associations et initiatives locales qui seront au sein du lieu. Le Cloval Soleil qui permet à toutes les associations qui en ont besoin et qui sont dans la transition écologique de venir trouver un lieu, un lieu de réunion, un lieu de réception, un lieu de travail. Et donc, on est aujourd'hui plus d'une vingtaine d'associations au sein du lieu qui gravitent pour faire des projets, faire des animations, répondre à des appels à projets ensemble. Et donc, on est vraiment, en tout cas, avec autant d'associations, c'est un des seuls lieux sur le Havre qui permet cette agitation sociale.
- Speaker #1
Pauline, toi, tu es havraise, évidemment, tu nous l'as dit. Tu es donc partie, tu es revenue créer cette structure. chez toi, au Havre, ça avait un sens particulier pour toi ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Oui, quand même, c'était... Je ne sais pas si ça fait ça à beaucoup de personnes. Moi, je sais qu'à 18 ans, j'étais partie pour partir toujours.
- Speaker #1
Moi aussi.
- Speaker #0
Voilà, pour faire ma vie, pour aller découvrir le monde et tout ça. Et puis, je ne dis pas que j'ai tout fait non plus, mais une fois qu'on a commencé à faire tout ce qu'on avait envie, moi, quand je suis revenue au Havre, c'était une bouffée d'air, en fait. C'était vraiment, le cadre de vie est idéal, on a la mer juste à côté. Quand on a grandi, je pense, à côté de l'eau, c'est dur de s'en défaire. Et puis, le fait de me dire qu'en fait, c'est une ville de tous les possibles et que moi, avec ce que j'ai appris, le peu de moyens que j'ai, je peux le mettre au service culturel de cette ville. Et puis se dire que voilà, moi, ce qui me manquait quand j'avais 18 ans, c'était une culture beaucoup plus imprégnée, des concerts, de l'art. Et aujourd'hui, on voit qu'énormément de gens reviennent à ces valeurs-là et ont envie d'égrener ces valeurs-là. Même la transition écologique, quand on est revenu, de voir toutes les initiatives locales que la ville porte, c'est génial. Que les habitants portent, puisque c'est pas forcément que la ville, c'est beaucoup les habitants. Et la ville essaie de les aider comme elle peut, même si on peut toujours plus. Plus message. Plus message. Vraiment, c'est une ville de tous les possibles en fait. Et que moi, en tant que styliste, en tant que... que personne qui a envie de s'inclure dans la vie sociale et écologique de sa ville, et bien ici c'est vraiment possible.
- Speaker #1
Tu parlais tout à l'heure effectivement de l'oreille attentive de la ville au projet que tu as porté. Est-ce que justement cette oreille attentive, c'est quelque chose qui t'a surpris dans le bon sens ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. C'est vrai qu'au début, on a un peu du mal à se dire quand on va aller rencontrer l'adjoint au maire. Et en fait, c'est possible. Bon, c'est... parfois plus facile dans certains cadres, parce qu'effectivement, on voit que les calendriers politiques, c'est quelque chose qui est très prenant pour eux aussi. Et donc, il y a des moments où ils ont beaucoup plus de temps que d'autres. Mais en tout cas, quand ils ont le temps, il y a une vraie curiosité sur les projets, il y a une vraie envie d'aider. Et donc, ça, c'est une richesse pour nous, puisqu'effectivement, ce n'est pas coincé. Et puis, surtout, aujourd'hui, la région Normandie, le département, la ville, met en place énormément de subventions, d'appels à projets auxquels les associations peuvent répondre. Et ça, c'est vital. C'est-à-dire que c'est vital pour la ville, c'est vital pour les associations, puisqu'effectivement, la ville ne peut pas le faire forcément d'elle-même, puisqu'elle n'a pas les structures, les moyens. Et donc, elle met à disposition des associations et des structures les moyens de le faire. Et donc, nous, c'est là où nos structures doivent être toujours aux aguets et vraiment en communication constante avec les différents services de la ville pour pouvoir prétendre à ces subventions. Merci. Et nous, l'année dernière, on est rentrés par exemple dans les écoles Valmy, Georges Sand, qui sont des écoles des quartiers prioritaires, grâce à la Cité éducative, qui est un dispositif mis en place par la Ville, qui permet effectivement aux écoles des quartiers prioritaires de bénéficier d'interventions des associations sur différentes thématiques, et justement pour valoriser, aujourd'hui, nous, c'était la transition écologique et la transmission des savoirs. Mais c'est très grand. C'est-à-dire qu'il y a énormément d'associations qui répondent à ces dispositifs pour travailler avec les écoles. Et donc, pour donner à voir au plus grand nombre.
- Speaker #1
Tu parlais tout à l'heure des structures avec lesquelles tu travaillais. Tu as cité le volcan. Qu'est-ce que tu as cité encore ?
- Speaker #0
L'Université du Havre. On travaille avec la communauté d'Aglo.
- Speaker #1
Voilà, c'est ma question. Effectivement, vous travaillez quand même avec un tissu local. Assez fort ?
- Speaker #0
Oui, de toute façon, on ne peut pas faire sans. Aujourd'hui, si on collecte trois tonnes de textiles, il faut les revaloriser. Notre but, ce n'est pas de les collecter et de les regarder tous les jours que ça prenne la poussière. Notre but, c'est que ça tourne, qu'il y ait un turnover, que notre message soit transmis. Quoi de mieux que cela que d'aller voir les structures locales qui sont en charge de transmettre ces messages sur la transition écologique ? La communauté d'Aglo, ce qui est génial, c'est qu'ils organisent chaque année le salon du réinventif. Et donc vraiment, notre but, c'est de faire partie de toutes ces animations autour du réemploi, autour de la création, autour du vivre ensemble, autour de la transition écologique. Donc le salon du réinventif, on essaie de faire les défilés du salon du réinventif pour donner à voir de manière créative ce qu'on peut faire. Il n'y a pas si longtemps, il y a l'ADEME qui avait fait une exposition au Carré des Docs sur la maison du futur, l'habitat écologique. donc là aussi nous on était partie prenante de ces trois jours autour de l'invita écologique pour effectivement dire qu'est-ce qu'on peut faire avec nos vêtements, quelle est la deuxième vie, combien faire une conférence sur la mode durable aussi, parce que nous, on a aussi une expertise, moi en tant que styliste, c'est une expertise sur... Qu'est-ce que c'est la mode ? Qu'est-ce que c'est le constat aujourd'hui ? Et comment on peut faire en sorte d'aller plus loin, de changer les modes de consommation, d'aller plus loin dans le recyclage, dans le surcyclage, dans le réemploi ? Et donc voilà, en fait, on sent bien que les structures de la mairie, toutes les grandes structures qui s'intéressent à ces sujets, elles sont en recherche de personnes qui sont qualifiées pour pouvoir en parler.
- Speaker #1
Donc votre message est bien accueilli.
- Speaker #0
Notre message est bien accueilli et on espère qu'il sera encore plus accueilli et qu'il va être plus présent. Parce qu'effectivement, on espère que ce n'est pas un sujet qui va tomber à l'eau puisqu'il est essentiel aujourd'hui.
- Speaker #1
Pauline, on arrive à la fin de cet épisode. Il y a une question que je pose toujours à mes invités. La dernière question de cet épisode, c'est carte blanche. Cette question, la voici. Pauline, pour toi, le Havre, ça représente quoi ?
- Speaker #0
Pour moi, le Havre, je l'ai déjà dit, mais je crois que ça représente une ville de tous les possibles. Une ville qui a été complètement ruinée après guerre, qui s'est reconstruite, qui a été complètement dévalorisée par les personnes parce que c'est du béton. Et puis aujourd'hui, le béton fait notre force. On est en train de faire rayonner cette ville. Et donc en fait, c'est une ville de warriors. C'est des gens qui veulent se battre, c'est des gens qui ont des convictions. et pour avoir habité dans plusieurs villes, notamment Lille, Paris. C'est une ville qui a une vraie identité. On se parle énormément, nous ici. On va dans la rue, on milite. Il y a beaucoup de salons, de choses qui sont faites. Si on a envie de faire des choses, c'est extrêmement possible ici. Pour moi, c'est vraiment la ville de tous les possibles.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Pauline Vendôme. Je vous pourrai retrouver, bien sûr, à l'atelier de la matière au clos. Val-Soleil,
- Speaker #0
12 rue Horace-Vernay.
- Speaker #1
Voilà, prendre des cours de couture directement, même dans les écoles de vos enfants. Voilà, n'hésitez pas, vous serez évidemment bien reçus. Merci Pauline d'être venue aujourd'hui dans le pot de yaourt. Merci à vous d'avoir écouté cet épisode et on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode dans le pot de yaourt. Ciao !