- Speaker #0
Est-ce que comme moi, vous adorez manger au restaurant ou à Avre, mais trouver la bonne adresse, c'est toujours un peu compliqué ? Et bah ça tombe bien, puisque cet épisode est sponsorisé par Épicu le Havre. Épicu le Havre, c'est LE guide des bonnes tables à vraises. Pas de hasard, pas de belles photos trompeuses, chaque adresse est testée, validée et surtout cuisinée avec des produits frais. Du vrai, du local et du goût. Votre prochaine table au coup de cœur est peut-être à deux pas de chez vous. Retrouvez toutes leurs adresses sur Instagram. Épicu. point le havre point food. Le lien vers la page est à retrouver dans la description de cet épisode. Salut, un petit mot avant de commencer cet épisode, tout simplement pour vous dire merci. Eh bien merci parce que vous êtes toujours plus nombreux à écouter les épisodes dans le pot de yaourt. Alors si vous voulez soutenir le projet, n'hésitez pas à suivre, à commenter le podcast sur les plateformes d'écoute, sur Deezer, sur Spotify, sur Apple Podcast et puis n'hésitez pas non plus Merci. à suivre la page du compte Instagram dans le pot de yaourt. Sur ce, bonne écoute !
- Speaker #1
Bienvenue dans le pot de yaourt,
- Speaker #0
le premier podcast qui s'intéresse à toutes celles et ceux qui font le havre, à toutes celles et ceux qui sont le havre. Le plus souvent possible, je vais recevoir à ce micro des artistes, des sportifs, des entrepreneurs, des créateurs de contenu, des cuisiniers, des écrivains, bref... Tous ceux qui font briller notre chère et tendre ville et qui nous rendent chaque jour un peu plus fiers d'être à vrai. On parlera de leurs histoires et on verra en quoi le Havre a une place centrale et si particulière dans leurs projets. Saison 4, épisode 8. Pour Paris, le Havre est devenu hype.
- Speaker #1
C'est une ville où on voyage, le Havre c'est un bout du monde. Non,
- Speaker #0
le Havre n'est pas ma vie ! Je viens du Havre, je viens de coqueriller aux villes. Faire entendre à tout le monde que le Havre c'est une belle et grande ville. Le Havre. Little Bob, c'est the king. Un Havre de grâce. Je vais ramener la cage au Havre.
- Speaker #2
Au Havre les gens sont tous gentils. Ici, c'est le Havre, en Normandie.
- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue pour ce nouvel épisode dans le pot de yaourt, premier épisode en public, merci à tous d'être là, je suis super content aujourd'hui puisque je reçois un invité d'exception, vous ne connaissez peut-être pas son nom et pourtant dans quelques semaines il s'apprête à relever un défi complètement fou, traverser la Manche à la nage et en maillot de bain, ce sera au mois de juillet si tout va bien, une quarantaine de kilomètres entre Douvres et Calais, ils sont quelques-uns. à avoir tenté, à avoir essayé. Tous n'ont pas réussi, mais lui est déterminé. Je suis très heureux de recevoir Cameron Zakowski. Salut Cameron !
- Speaker #3
Salut Pierre, comment ça va ?
- Speaker #0
Ça va super. Cameron, effectivement, il y a plein plein de questions qu'on se pose, mais la plus grande question je pense que je me pose et que tout le monde se pose ici, c'est pourquoi ? Pourquoi tu fais ça ?
- Speaker #3
Bah écoute, parce que je suis avré que la manche, je la vois tous les jours. Et c'est la raison vraiment principale de ce défi-là. C'est que, en fait, heureusement que je n'habite pas en face de l'Atlantique. Ce serait plus compliqué. Mais c'est vraiment pour ça que j'ai envie de traverser à ça. C'est une idée que j'avais depuis longtemps. Je me suis dit que ce serait incroyable de rejoindre les côtes anglaises à la nage en partant du Havre de base. C'était ça le projet. C'était vraiment partir du Havre. Et je me suis rendu compte que ce n'est pas possible. Ceci dit, j'ai vu des champs.
- Speaker #0
J'ai regardé la distance entre Le Havre et Portsmouth. On est à peu près à 190 kilomètres.
- Speaker #3
Oui, c'est ça. Moi aussi, j'ai regardé.
- Speaker #0
Oui, j'imagine. Mais du coup, quand tu as vu la distance, ça t'a un peu freiné ? Oui,
- Speaker #3
c'est ça. En fait, c'est une traversée qui peut être faisable. Il y en a un qui l'a fait de Corse à Monaco. C'est à peu près la même distance.
- Speaker #0
C'est la Méditerranée, c'est plus chaud.
- Speaker #3
Mais pour le coup, ce n'est pas vraiment une traversée où il n'y a vraiment aucune aide extérieure. Là, il y a plus d'arrêts, il faut faire des arrêts, tout ça. Donc, ce n'est pas le même projet. Je me suis dit, non, vraiment, vraiment traversée, mais du point faisable. Sous aussi, il y a une organisation qui fait ça. On ne part pas comme ça, tout seul, en pleine mer, comme ça, c'est cadré en sécurité. Donc je me suis dit, en fait j'ai vu aussi des gens le faire, j'ai vu même des gens faire l'aller-retour, et je me suis dit, c'est incroyable, s'ils y arrivent, en vrai pourquoi pas moi ? Et c'est né comme ça en fait. C'est né en fait, bien avant j'avais cette idée de base qui était là, où je me disais, ça serait vraiment fou de rejoindre les côtes anglaises. Après j'ai vu qu'il y avait des gens qui le faisaient vraiment, mais du coup de ce point-là, de l'Angleterre à la France, de Douves à Calais, on ne peut pas le faire de la France à l'Angleterre, pour ceux qui se demandent.
- Speaker #0
Voilà. Moi, c'était la question. Justement, là, tu le fais de Douvres à Calais.
- Speaker #3
C'est ça. Calais, plus ou moins, ça dépend des courants. Parce que je ne sais pas où est-ce que je risque de débarquer. En Belgique ?
- Speaker #0
On ne sait jamais.
- Speaker #3
Si les courants sont trop forts, hop.
- Speaker #0
Et puis, c'est sympa aussi d'arriver à la maison, quelque part.
- Speaker #3
En vrai, oui. C'est trop, trop chouette. Mais en vrai, moi, je n'ai jamais été en Angleterre. Et je m'étais dit, ce serait fou d'arriver comme ça. Là-bas, finalement, ça sera l'inverse. Donc, j'irai avant pour la préparation et bam, on arrivera en France.
- Speaker #0
Tu n'auras pas l'honneur de faire ton Cameron le conquérant ? Il faudra que tu reviennes à la maison. Je le disais en intro, Cameron, tu t'es rajouté une difficulté dans ton défi parce que tu vas le faire en maillot de bain. Alors, comme ça, ça pourrait paraître pas si fou, mais ça a vraiment son importance de le faire soit en maillot de bain, soit en combinaison.
- Speaker #3
Oui, c'est la manière mythique que les premiers nageurs faisaient il y a 150 ans. Donc j'ai voulu perpétuer ça. Aussi, c'est aussi officiellement la vraie manière de le faire. Dans la réglementation, si tu le fais en combinaison, tu ne l'as pas officiellement. Tu l'as fait officieusement. Ce n'est pas homologué. Ce n'est pas homologué, exactement. C'est le bon terme. Excellent. Du coup, on ne peut pas le faire comme ça. Et je voulais aussi, par rapport à ce rapport, me dépasser, sortir de ma zone de confort et essayer de voir aussi ce que je suis un frileux de base.
- Speaker #0
Tu as bien choisi ton sport.
- Speaker #3
C'est ça. Et je me suis dit, en vrai, pourquoi pas mettre les choses en place pour déjà me prouver qu'on peut surpasser ça. Et puis même, je vais en apprendre énormément sur le chemin. C'est ce qui m'intéressait aussi beaucoup derrière ce projet.
- Speaker #0
A quelle température t'estimes la manche au mois de juillet quand tu vas te lancer ?
- Speaker #3
Au pire ? Au pire, au milieu généralement où les courants frais, on va être autour de 15-16 degrés je pense. Peut-être sur les bords j'aurai de la chance, 16-17 on espère. Donc ça se réchauffe quand même, on se rend compte. J'ai un copain qui l'a fait il y a 5 ans, c'était pas la même température au mois de juillet.
- Speaker #0
Ah les mers se réchauffent tu veux dire ?
- Speaker #3
Ouais. Oui, c'était lui qui m'a dit qu'il l'avait fait. Elle était autour de 13-14 pour le mois de juillet aussi, début juillet. Donc bon, après, c'est ce que j'ai vu au niveau des... sur l'aspect... enfin, la météo, j'ai vu que ça allait être... C'est vrai, et puis déjà, là, en ce moment, elle est à 12. Et puis elle est fraîche quand même, je me dis, finalement, jusqu'à 2°C de plus.
- Speaker #0
J'ai mis les pieds dedans la semaine dernière, je te confirme. Elle est froide. J'ai mis les pieds, juste les pieds.
- Speaker #3
Juste les pieds.
- Speaker #0
Ouais, et Cameron, comment on... On se prépare justement à faire face à des températures si fraîches. Est-ce que j'ai vu que tu t'entraînais à la piscine des Docs, elle n'est pas du tout à 15 degrés la piscine des Docs ?
- Speaker #3
Elle est à 26. Des fois j'ai des gens qui me disent qu'elle est trop froide.
- Speaker #1
Elle est loin d'être à 16 degrés.
- Speaker #0
J'ai vu que tu t'entraînais aussi dans la Manche, là ici au large du Havre. Elle n'est pas non plus ici à 16 degrés. Donc c'est quoi le truc ?
- Speaker #3
Alors l'aspect au froid, c'est un aspect entier pour traverser la Manche, c'est sûr. Donc moi ma préparation, elle a commencé par justement me dire, il va falloir aller toutes les semaines se mettre dans de l'eau froide. J'ai de la chance, on est au Havre, c'est la Manche, donc trop trop chouette. Donc moi même l'hiver en fait j'y allais, je ne faisais pas des sessions d'une heure, loin de là, parce qu'elle était au plus bas à 6 degrés. Mais il y a aussi, dans toute ma préparation, j'ai mis des échéances. Et il y avait une échéance qui était pour l'eau glacée. En gros, j'ai participé à une compétition de natation en eau glacée. Donc là, les températures en eau glacée, c'est inférieur à 5 degrés. Là, le jour de la compétition, elle était à 4 degrés, l'eau. Et j'ai fait des distances. J'ai augmenté les distances dedans. Et du coup, ça m'a vraiment rassuré sur, finalement, mon rapport au froid. C'est vrai que j'avais extrêmement peur, j'étais, je me rendais malade avant de devoir aller dedans. Je me suis dit 4 degrés, c'est, enfin, juste je mettais le pied, je me suis dit, wow, va falloir aller tout le corps. En plus, c'est un, bientôt dans mes vidéos, on en parlera de cette compétition-là, mais en fait, c'est assez...
- Speaker #0
Dangereux ?
- Speaker #3
Ouais, il y a tout un protocole, mais tout le monde peut le faire quand même. C'est pas, voilà, il y a un check médical, il faut faire un électrocardiogramme avant, mais du coup, j'y suis allé. Comme ça, pour découvrir, j'ai découvert bien plus que de l'eau glacée, finalement. Il y a toute une communauté d'entraide, de dépassement de soie que j'ai adoré. Et en fait, je me suis dit, ce projet-là, finalement, il me fait découvrir plein de choses en même temps. Mais du coup, le froid, toute l'année, pour revenir, généralement, tant que les températures n'ont pas dépassé 12 degrés, je vais y aller qu'une seule fois par semaine. Parce qu'en fait, le froid...
- Speaker #0
ça te fatigue énormément tu consommes beaucoup d'énergie il y a une consommation qui est incroyable et donc évidemment tu parles de ta préparation au froid mais il y a évidemment une préparation physique qui est complètement incroyable tu te prépares depuis presque un an maintenant ?
- Speaker #3
ouais on est sur un an et demi en tout quand on sera au mois de juillet c'est vrai que ça se prépare plus en un peu plus de temps généralement la manche je pouvais pas commencer de... Trop tôt ma préparation. Mais la préparation...
- Speaker #0
Pour cause de flemme ?
- Speaker #3
Non, j'étais dans les travaux, ce genre de trucs, donc compliqué de tout faire en même temps, avec le boulot, tout ça. Mais donc, ouais, elle a commencé par une claque, où je me suis lancé directement dans une très très longue distance pour savoir dans quoi j'allais m'embarquer. Donc c'était le mois de juillet dernier, c'était 25 kilomètres dans un lac, 10 boucles, c'était incroyable. Non, c'était ennuyant. Et j'ai pris une vraie claque parce que physiquement, en fait, je n'ai pas vraiment tenu. J'ai fini, j'ai fini, mais très, très mal avec des allures. J'ai ralenti complètement parce que j'ai une épaule qui a complètement sédé, complètement inflammée.
- Speaker #0
Et moralement, comment tu finis ?
- Speaker #3
En pleurs. Je me suis dit, merde, dans quoi je me suis lancé ? La manche, ça va être complètement dingue. Et en fait, ça, ça a été la première claque qui m'a fait me rendre compte dans quoi je mettais les pieds vraiment. Et en fait, j'étais très, très, très loin d'être prêt. Parce que l'eau, elle était à 26 degrés en plus. Elle n'était pas froide.
- Speaker #0
Donc la grosse remise en question. Qu'est-ce que je fais ? Pourquoi je fais ça ? Où je vais ?
- Speaker #3
C'est ça. À ce moment-là, il a fallu encadrer beaucoup plus la préparation. Et donc là, j'ai rajouté la musculation, la prépa physique. J'en fais deux fois par semaine. Là, je ressors avec des entraînements de natation en plus. Et là, je peux le dire, j'ai l'impression d'être plus solide. D'ailleurs ce week-end, je pars faire un... Sur le papier, c'est un 44 km à la nage. Nous tous aussi.
- Speaker #0
On t'accompagne.
- Speaker #3
Alors sur le papier, je ne suis pas obligé de finir les 44, parce que je ne vais pas me cramer avant la Manche. La Manche, c'est environ 40, un peu moins. L'idée, c'est de faire plus que 25 dans une eau qui sera froide, et en plus, ça sera à Nantes, donc dans l'Erdre. donc ça va être une zone Natura 2000 ça va être trop cool et on va voir si finalement je suis devenu vraiment plus solide ou pas t'as parlé
- Speaker #0
Cameron de ton entraînement de ta préparation, concrètement aujourd'hui tes journées elles ressemblent à quoi ?
- Speaker #3
alors ça dépend les journées changent un peu mais très brièvement sur la préparation c'est de... Un premier entraînement de piscine. En ce moment, je morfle.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te demander. Quand tu dis un premier entraînement de piscine, on est sur combien de temps ? Quelle distance de piscine le matin ?
- Speaker #3
En ce moment, c'est 7 km par entraînement de piscine. Quasiment 7 à 8. Là, on a réduit parce qu'il y a la course ce week-end. Mais la semaine dernière, en ce moment, c'est devenu très intense. Pour vous dire... La semaine dernière, j'ai complètement craqué mentalement et physiquement parce qu'on arrive quand même au bout de la préparation. C'était très éprouvant physiquement et mentalement. Et puis en fait, il y a aussi les choses du quotidien qui rentrent en compte. Et c'est vrai que des fois, quand tout arrive en même temps, ça donne des moments difficiles. Et donc là, je ressors d'un moment un peu compliqué sur la préparation. Pour répondre à la question, généralement, dans ma semaine, je m'entraîne tous les jours, sauf le lundi. C'est mon jour de repos. Comme ça, le week-end...
- Speaker #0
Tu es sympa avec toi-même. Tu t'accordes d'un jour de repos.
- Speaker #3
Oui, c'est vraiment important, surtout dans un sport aussi redondant. On fait des allers-retours dans un bassin. Entraînement, tous les jours. J'en profite, du coup, le week-end pour faire des plus longues sessions parce que je ne travaille pas le week-end. Et puis, même faire des sessions en mer en plus. Donc souvent, je vais faire un deuxième entraînement où je vais aller en mer. Mais là, je m'écoute. C'est moi qui vois selon la température. Je ne vais pas m'obliger à rester forcément une heure ou deux dans l'eau. C'est un truc à me tuer physiquement parce que le froid, on en a parlé, c'est loin d'être simple. Et il y a deux entraînements de prépa physique en plus. Donc ça fait 9 à 10 entraînements par semaine à peu près.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a été le... Si on fait le bilan... un an de préparation, presque dix mois de préparation en tout cas, qu'est-ce qui a été le plus compliqué jusqu'ici dans ta préparation ?
- Speaker #3
J'ai l'impression beaucoup de choses. Ouais, c'était intense, mais en même temps en vrai il y a eu plusieurs milestones qu'il a fallu passer. Il a eu déjà le fait de nager longtemps, parce que moi je viens pas du milieu de la natation endurance, je faisais du sprint avant. même si j'ai fait de l'endurance après quand j'ai fait des triathlons, etc. Donc il y avait le fait de nager longtemps, qui était la première étape. C'est le fameux 25 kilomètres où j'ai pris une claque. Ensuite, il a fallu s'entraîner à nager de nuit. Nager de nuit, ça fait partie de l'entraînement parce que le jour J de la traversée, je ne sais pas quand est-ce qu'est le départ. Ça dépend des conditions. C'est le pilote qui choisit et qui me dit, OK, on part dans 24 heures. Et ça peut être un départ à 3h du mat, 20h, n'importe. Donc ça, c'est un aspect important. J'avais peur de nager de nuit. Tu n'as pas les mêmes repères, c'est ça. Donc il y a eu une préparation sur ça, où j'ai fait des entraînements de nuit et une course de 10 km où j'ai fini dans la nuit. Donc ça m'a rassuré. Je me suis dit finalement, ça le fait. Et il y a eu l'aspect au froid, qui était aussi un milestone début janvier, où j'ai fait mes courses en eau glacée. Et là maintenant c'est augmentation du volume et en fait je pense que c'est ça, c'est plus le temps passé à s'entraîner avec tout ce que ça demande à côté un projet comme ça parce que certes je suis tout seul à m'entraîner mais il y a tout un projet derrière, il y a la préparation et la traversée en elle-même mais il y a aussi toute la création du documentaire qu'on est en train de produire.
- Speaker #0
Oui parce que tu es en même temps créateur de contenu, tu documentes vachement ta préparation.
- Speaker #3
On documente tout ça sur les réseaux parce qu'on a beaucoup de questions à chaque fois sur comment ça se passe exactement. Et puis ça laisse une trace aussi pour ceux qui veulent voir ce que c'est de l'intérieur. Vraiment, on fait ça de manière très authentique. C'est vraiment le quotidien qu'on vit avec les aventures qu'on se lance. Quand on nage de nuit, quand on va nager en eau glacée, on rencontre plein de gens. Et donc ça, ça fait partie du cœur du projet. Mais donc il y a tout ça qui rentre en considération. Il y a aussi, tu le sais, la recherche de partenaires. Et pour ça, je suis bien entouré. Il y a quand même une équipe. Mais il y a quand même finalement autre chose que juste s'entraîner qui rentre en compte. Et en fait, des fois, mentalement, c'est là où tu vas saturer et tu peux te cramer. Et après, c'est le corps aussi qui est prend en fait. Donc, tu ne peux pas trop répondre, te dire un point exact sur c'est quoi le plus dur ou pas.
- Speaker #0
On va continuer à parler évidemment de ton défi, de tous ces gens qui t'entourent. Tu le disais tout à l'heure, là, tout de suite, maintenant, je me sens plutôt bien. Tu as dit aussi que tu avais traversé des moments plus compliqués dans cette préparation. Il y a évidemment la préparation physique, mais il y a la préparation mentale aussi, j'imagine, à relever un tel défi. Comment tu te prépares mentalement ? Est-ce que tu te prépares seul ? Est-ce que tu es accompagné ?
- Speaker #3
Je suis accompagné d'Hélène Brival, qui est une super coureuse, je ne sais pas si on dit coureuse, mais une athlète qui a fait de l'athlétisme en plus du Havre et a fait de la préparation mentale. Elle me suit depuis que j'ai fait mes premiers triathlons à Ironman et c'est primordial. Là, je l'ai vue aujourd'hui en plus et ça m'a fait beaucoup de bien juste de la voir aujourd'hui. Je sais où je vais pour la course de ce week-end déjà. En fait, des fois, on sait tout. principalement, mais on ne leur donne pas, on ne pose pas forcément et on ne se rend pas compte de tout ce qu'on a fait et tout le chemin parcouru et c'est vrai que son aide est cruciale. Il y a aussi tout un aspect aussi de visualisation, il y a un vrai travail derrière, il y a des outils aussi qu'elle me donne pour ma vie personnelle aussi, c'est pas juste que le sport, même si le but c'est de tout organiser au mieux pour que le sport se passe bien. Et donc, en fait, pouvoir discuter, échanger et juste avoir un retour comme ça avec quelqu'un où tu peux parler librement de tes faiblesses, tout ça, ça fait trop du bien.
- Speaker #0
Elle fait office de psy.
- Speaker #3
En fait, c'est ça, mes versions avec ces outils. Et en plus, pour justement t'écuyer au mieux par rapport à ton projet. Mais c'est trop génial.
- Speaker #0
Mais elle ressemble à quoi ? vos discussions, elles ne te met pas devant la glace en mode champion, t'es un champion, répète-le répète-le dix fois, ça va aller non,
- Speaker #3
non,
- Speaker #0
non parce que c'est parfois vulgairement c'est comme ça qu'on imagine un peu la prépa mentale et bien c'est vrai qu'il n'y a jamais une séance qui se ressemble,
- Speaker #3
en fait on essaie de se voir à peu près tous les mois et souvent c'est juste une simple discussion parfois on va juste se mettre au calme et faire une visualisation en plus Ou juste une sorte de retour sur sa respiration, ce genre de choses que j'essaye d'implémenter aussi au quotidien. Mais j'ai un peu du mal. Donc là, Maro dit, il faut que tu le fasses vraiment, que tu déconnectes un peu. Parce que du coup, tu es un peu sur tous les fronts partout. Et il faut que tu te recentres et tout. Mais en soi, c'est juste un échange. Et elle, après, elle a, par exemple, des questionnaires. Tu vois, au début, je réponds. Et puis du coup, elle arrive à voir des choses. Et du coup, avec ces schémas-là, elle me dit, bon, tu vois, peut-être que ton besoin d'autonomie, là, il est bien ou pas. Enfin, ce genre de détails. Où on vraiment, tu vois, par exemple, l'organisation du jour J, les gens sur le bateau, pour moi, ça ne doit pas être une question qu'il y ait un doute au niveau de l'équipe. Tu vois, et donc, forcément, il y avait des choses que je n'avais pas pris en considération que, déjà, que toute l'équipe se rend compte que ça match et ce genre de petites... Un truc que tu sais au fond de toi, mais que tu vois, c'est... En fait, une séance, c'est juste une discussion. Ça ne se ressemble vraiment jamais. Et après, avec ces outils, on arrive à déceler des choses. Mais pour te dire, le 25 km, je me souviens d'une séance qu'on a faite. Et en fait, j'étais hyper prêt mentalement. C'est ce qui fait que je pense que j'étais au bout. Mais en fait, physiquement, je n'étais pas prêt. Parce que ça ne faisait que deux mois de préparation. Et c'est fou. Je me suis vraiment rendu compte de...
- Speaker #0
L'aspect mental a pris le dessus sur le physique, quoi.
- Speaker #3
C'est ça. Et là, ce week-end, je sais que je pars sur une distance de fou. En vrai, ça me fait très peur. Mais là, je ressors de la discussion avec. Et tu vois, j'ai pris du recul. Et je me dis, bon, en plus, je ne suis pas obligé d'aller au bout. J'ai fait ce devoir d'un peu structurer ma course, ce genre de choses. Et donc là, je suis beaucoup plus serein par rapport à dans quoi je me lance ce week-end. Et en fait, ça se fait avec une discussion de quelqu'un comme un psy finalement.
- Speaker #0
Cameron a deux mois du grand départ. Est-ce que tu es prêt physiquement, mentalement ? Tu te sens prêt ?
- Speaker #3
J'ai encore des progrès à faire, je pense, mentalement. Physiquement, on commence à... avoir des choses sympas. La dernière fois, j'ai nagé 5 heures en piscine et ça a été. Mais mentalement, je pense qu'il y a des choses qu'il faut que je fasse attention à ne pas trop partir un peu à gauche, à droite, tout ça. Que peut-être je prenne un peu de recul des fois sur les choses et peut-être essayer d'être un peu moins présent je pense, bientôt sur les réseaux. Je pense que je vais faire une coupure avant la traversée parce que je sens que ça...
- Speaker #0
T'as besoin de te mettre dedans ? Ouais, c'est ça.
- Speaker #3
Exactement. Mais là, c'est trop bien d'être là. Il n'y a aucun souci sur ça. Je ne dis pas ça du tout pour ça. Je dis vraiment ça pour l'aspect. Un mois avant la traversée, il va falloir travailler ça, se mettre dans sa bulle et être prêt pour le jour J. Parce que ça va être très mental,
- Speaker #0
la traversée. Quand tu te projettes sur ta traversée, sur ton défi, quel pourrait être... Les zones d'ombre, les moments de doute que tu as encore aujourd'hui à deux mois du départ ?
- Speaker #3
C'est drôle, c'est la question que je réponds avec ma préparatrice mentale. On pose les obstacles que je peux rencontrer.
- Speaker #0
Je suis moins cher.
- Speaker #3
Dans ces obstacles-là, il y a forcément l'aspect au froid. C'est ça principalement, c'est l'hypothermie. C'est ce qui peut me faire échouer littéralement. il y a aussi l'aspect au niveau des courants c'est quelque chose que je ne contrôle pas c'est une zone qui est particulièrement sensible au courant cette zone là il y a des courants qui se font être moi je vais nager droit et je vais me faire déporter par les courants de manière latérale donc ma trajectoire ce ne sera pas une ligne droite ce sera une sorte de C ou de S et donc forcément c'est ça qui va rentrer en compte il y a aussi les méduses Mais moi, depuis que je m'entraîne, j'ai jamais encore croisé vraiment de méduses. J'ai jamais été piqué par des méduses. J'ai déjà nagé sur des méduses, mais jamais piqué. En fait, je sais pas comment on réagit vraiment aux piqueurs de méduses. Et limite, j'aimerais bien, là, dans mes entraînements, me faire piquer pour voir ce que ça fait, pour pas être surpris le jour J. Mais donc, ouais, essayer que tous ces obstacles-là, ça le soit pas. Mais après, l'aspect au froid, je vais savoir très vite ce week-end. L'eau, elle est à 16 degrés, donc elle sera à la température de la Manche. On va voir comment ça se passe.
- Speaker #0
il n'y aura pas de méduse j'ai vu dans l'air des fois il y a des petits serpents il n'y a pas de méduse mais il y a d'autres trucs j'avais regardé ta vidéo quand tu expliques ton défi tu parlais aussi de potentiellement toucher un animal marin pendant la traversée quelque chose de massif ça te fait flipper aussi ?
- Speaker #3
Ah ouais, d'ailleurs j'ai nagé à Wavre avec un phoque.
- Speaker #0
Ah oui, il y en a un dans le port en ce moment.
- Speaker #3
Et c'est impressionnant parce qu'il était au niveau de l'arbre, tu vois, de la veste là-bas. Il était allé à 5 mètres et j'étais wow. C'est massif. C'est ça, et en plus quand il disparaît sous l'eau,
- Speaker #0
il disparaît.
- Speaker #3
Et tu ne sais pas, ça se trouve, il est juste en dessous de toi. Bon, après, j'étais accompagné d'un canoué. Je ne pars jamais tout seul sur mes sorties en mer. Il y a toujours une bouée, quelqu'un ou un canoué kayak. Mais oui, j'étais là en mode...
- Speaker #0
Le fox est devenu un pote ? Non, évidemment que non. Comment, concrètement, on se prépare à ces peurs ? Tu parlais des méduses, tu parlais du courant. C'est des choses, pour l'instant, effectivement... qui sont un peu inconnues dans ta préparation, des facteurs que tu ne connais pas encore. Est-ce que c'est quelque chose dont tu parles avec ton préparateur mental ? Ou alors est-ce que c'est quelque chose que tu imagines un petit peu la nuit quand tu n'arrives pas à dormir ?
- Speaker #3
En fait, dans ce projet-là, il y a une part d'incertitude qui est élevée. Déjà, je ne sais pas, le jour J du départ, ce n'est pas comme tu as le marathon samedi et tu vas te préparer. Je ne vais pas nager dans ma semaine parce que les conditions sont trop nulles et ce ne sera pas possible. Il y a beaucoup d'incertitudes et c'est ce qui change vraiment tout le projet. Il faut être très flexible. Après, pour tout ce qui est les animaux, j'espère peut-être nager avec des dauphins à côté, ce sera chouette. Mais après, on verra bien. surtout la nuit, le point qui me fait le plus peur c'est souvent les méduses remontent pour se nourrir de planctons donc c'est souvent là que t'as des grandes chances de croiser des méduses dans ta vidéo c'est très bien expliqué puis t'as choisi une belle image en plus d'un gars qui est en train de nager dans
- Speaker #0
un banc de méduses complètement horrible donc on a tout à fait l'image c'est un film qui est sorti sur Disney
- Speaker #3
Channel c'est la première femme qui a traversé la Manche et d'ailleurs elle a eu le record elle l'a fait en crawl le... C'était incroyable pour l'époque parce qu'il faut se dire qu'à ce moment-là, en plus, les femmes, il y avait une piscine homme et une piscine femme. Il y avait des maillots de bain, elle ne pouvait pas être en maillot de bain de pièce, tout ça. Et ce qu'elle a fait pour l'époque, c'est incroyable dans ce film-là. Petite parenthèse, mais j'ai pris les extraits de ce film-là et il est trop, trop bien. Et du coup, on se rend compte aussi... Plus que le défi en lui-même, de tout ce qu'il y avait à ce moment-là, dans l'époque, c'était super intéressant.
- Speaker #0
Cameron, qu'est-ce qui pourrait te faire renoncer à ce défi ?
- Speaker #3
Que je mette ma santé en péril, c'est tout. Je suis OK avec le fait de, si jamais je suis en hypothermie, qu'il y a forcément des points de vigilance. Avec la nage en eau glacée, justement, j'ai appris à reconnaître une hypothermie légère. Une hypothermie sévère, c'est manque de lucidité, c'est d'avoir les bras qui vont tourner moins vite et de faire des zigzags. Et si on me pose une question, que je réponds complètement à côté, là c'est extrêmement inquiétant. Donc là pour le coup c'est ma copine qui est là, Rose, qui va devoir me sortir de l'eau si jamais je ne veux pas sortir. Mais on a mis ça au point, le but ce n'est pas de tuer la santé. Pour un défi, c'est d'aller au plus loin de ce que je peux, puis on verra bien après.
- Speaker #0
Je ne sais pas si tu réfléchis à ça, mais à combien tu estimes tes chances de réussite ?
- Speaker #3
Oui, j'ai l'impression que tu penses à ça. Oui, c'est une très bonne question. Non, honnêtement, je pense à 80%. C'est peut-être optimiste. Après il y a 80% d'échecs quand même dans ce genre de défi, notamment avec le dernier courant, il y a un courant de face où là vraiment on appelle ça le cimetière des nageurs, je ne l'ai pas inventé et vraiment des gens se prennent un courant de face.
- Speaker #0
et ils sont juste là, ils voient les côtes c'est ça qui est fou, c'est qu'ils voient les côtes ils se disent, je suis arrivé, j'ai nagé 34 km il me reste peut-être 2 km et en fait ils se prennent un courant où ils n'arrivent pas à relancer suffisamment pour passer ce courant là et du coup abandon j'ai une anecdote d'un gars qui m'a raconté que quand il est arrivé dans ce courant là à un moment il a pris son ravito en 30 secondes, il a perdu 400 mètres et ces 400 mètres, il a pris une heure à les récupérer à cause du courant. Et là, il faut être solide mentalement pour tenir et se dire...
- Speaker #1
400 mètres de plus à quelques kilomètres de l'arrivée, ça peut faire une différence énorme.
- Speaker #0
Ah oui, oui. En 30 secondes, on s'est fait quand même bien pousser. Et puis après, il va falloir que je relute avec le courant de face. Et puis surtout, les mecs sont à moitié en hypothermie à ce moment-là. Physiquement, ils n'ont plus d'énergie. Et puis il y a le mental qui te dit... Comment ça se fait que tu fais du surplace ? Il y en a un, il a réussi à passer ce courant-là, mais au bout de 4 heures, à faire du surplace. Et c'est grâce au pilote qui lui a dit, bon, écoute, on va faire des zigzags comme ça. Normalement, on ne le fait pas, mais il a fait des zigzags jusqu'à l'emmener dans les rochers, alors que de base, l'arrivée, ce n'est pas ici. Mais c'est vraiment parce que le mec, il s'acharnait. Mais donc, il y a ces choses-là qui font partie aussi du truc. Mais ça, je le travaille à l'entraînement. je sais que En fin d'entraînement, quand je suis bien sec, mon coach me met de l'allure pour finir plus fort. Mais entre guillemets, par rapport aux gens qui se mettent dans ces traversées-là, je suis un nageur qui est dit rapide parce que j'ai une bonne moyenne de nage sur des longues distances. Et généralement, c'est souvent les mecs qu'on voit qui font ça, ou les femmes. C'est des physiques assez imposantes, même si j'ai pris honnêtement du poids. C'est vraiment imposant et tu ne te dirais pas, ce gars-là, il te fait la traversée. Ce n'est pas des physiques... C'est le bide à bière, ce genre de trucs. Mais pour le coup, c'est des mecs qui sont hyper résistants au froid. Apparemment,
- Speaker #1
la graisse, ça tient chaud. Il faut en avoir un peu, déjà.
- Speaker #0
Quand je me suis lancé dans le projet, je faisais 67 kilos. Là, je suis près des 90. J'ai pris quasiment 20 kilos. Et je me souviens, quand je me suis lancé dans le projet, j'avais fait un 5 km à Ypres, dans la Manche, en fin d'été. Donc l'eau, elle était à 19. Et j'ai cru qu'au premier kilomètre, j'allais sortir de l'eau parce que j'étais fri... frigorifié. Finalement, j'étais au bout de ces 5 km et je suis sorti, on m'a mis une couverture de survie, j'ai pris énormément de temps à me réchauffer, j'étais en train de trembler dans tous les sens et je me suis dit je suis mal pour la branche. Et donc, il y a eu une prise de poids qui a été faite et on va dire que je sens toujours le froid, ça on le sent tout le temps. Mais pour le coup, je suis beaucoup plus serein quand je pars nager parce que je sens même au niveau de l'énergie, tu vois, ça te donne de l'énergie. malgré tout, et en plus ça protège les organes vitaux quand tu sens le frot au niveau des intestins c'est utile c'est bien,
- Speaker #1
ça rassure tout le monde est-ce que tu te fixes un temps pour traverser la manche ?
- Speaker #0
ton temps idéal le temps idéal franchement j'aimerais bien faire ça autour des 10h moins de 10h, ce serait cool, ce serait un signe comme mon premier Ironman mais je me suis dit de En vrai, entre 10 et 12 heures, parce que j'ai pas de chance, moi, j'aurais pas démérité, la traversée, je la fais sur les plus gros coefficients de marée. Dans ma semaine, j'ai regardé les coefs, parce qu'on peut les voir...
- Speaker #1
Ah, donc ça veut dire que tu te rajoutes de la distance.
- Speaker #0
Exactement, je vais faire un plus gros S, et j'ai vraiment des courants... Enfin, j'ai regardé les coefs, on est près de 100, ça va jusqu'à 120, donc c'est quand même des gros courants. Ils appellent ça la... Spring Tide. Après, vu que je suis une nageur rapide, on m'a dit que ça ne devrait pas être trop problématique. On verra.
- Speaker #1
Cameron, question pratique maintenant. Elle m'a été soufflée, ça n'est pas de moi. Comment on fait pour manger ? Comment on fait pour boire ?
- Speaker #0
Moi, je fais le choix de justement de pas forcément me nourrir. Après, on va voir. Parce que là, il y a des tests qui vont être faits. Mais ça va être juste, je pense, de l'hydratation avec de la boisson, avec du sucre à l'intérieur. En fait, des glucides, fructose et saccharose, du coup. Et en fait, ça va être un mélange de ça. Ça va être beaucoup plus simple pour moi, en fait, de juste prendre une gourde, d'ingérer. Voilà, ça va être combien à peu près ? 60 grammes de glucides toutes les demi-heures. Et puis de continuer. Parce qu'en plus, je vais pouvoir nager sur le dos en buvant. Relâcher la gourde et la récupérer.
- Speaker #1
Et comment on te la donne ?
- Speaker #0
On me la lance.
- Speaker #1
On te la lance, évidemment.
- Speaker #0
Avec une corde.
- Speaker #1
Comme un phoque.
- Speaker #0
Je sais qu'il y a des gens qui mangent, mais je ne sais pas comment ils font. En plus, quand tu vas en eau froide, tu as ces petits muscles de la mâchoire qui ne répondent plus. et mâcher dans ces conditions là c'est trop compliqué peut-être la banane je me dis je vais peut-être en prendre mais actuellement je suis sur une stratégie où ça va être juste hydrique
- Speaker #1
Kamon tu disais tout à l'heure la natation de distance c'était pas forcément ton truc à la base, c'était plus un sprinter Quel est ton rapport à la natation ? Quand est-ce que tu commences ? Est-ce que c'est une passion depuis toujours ou est-ce que tu t'y es mis là, tard, récemment ?
- Speaker #0
J'ai une anecdote sur ça, sur mes premières fois dans l'eau et c'est peut-être un signe. Quand j'étais petit, mes parents allaient souvent à la piscine et c'est eux qui m'ont raconté ça, je ne m'en souviens pas. Et à un moment, on était sur le bord du bassin avec mon père, mon père parlait avec un copain et moi j'ai sauté à l'eau. dans le Grand Bassin. J'avais 2 ans. Il ne s'est pas nagé, évidemment. Il m'a vu et du coup, j'étais sous l'eau. Il a plongé et en fait, il me cherchait sous l'eau et il ne me retrouvait pas. J'étais à la surface. Du coup, après, il m'a repris direct. Il m'a raconté ça, où c'était la peur bleue de sa vie. Je me dis que c'est drôle parce que j'ai l'impression qu'à posteriori, finalement, cette traversée, je me lance dans le Grand Bas aussi. C'est la même chose. Mais finalement, à ce moment-là, je ne faisais pas de la natation. Quand j'étais tout jeune, ce n'est pas mon premier sport. Ça est arrivé un peu tardivement pour un nageur. Je n'ai pas commencé à 6 ans, j'ai commencé à 11-12 ans. J'ai commencé en compétition très vite. Je ne me sentais pas mauvais.
- Speaker #1
Quel était ton niveau justement ?
- Speaker #0
Je n'ai pas eu un niveau national, j'étais juste en dessous, régional.
- Speaker #1
Ce qui est pas mal déjà.
- Speaker #0
Oui, c'est cool. après moi j'y allais je faisais de la compète pour être avec les copains rigoler et j'ai jamais été sérieux en fait dans ma pratique je ratais les entraînements t'as jamais eu envie d'être pro ? ouais j'avais pas cette envie je me suis jamais dit que je pourrais en fait moi c'était pour le kiff avec les copains, même des fois honnêtement on sait chez les entraînements on n'allait pas on joue au baby Des fois, on restait juste sous la douche pour faire genre à nos parents qu'on avait été à l'entraînement avec les affaires mouillées. En vrai, je n'ai jamais été très sérieux. Mais je suis devenu sérieux. J'ai toujours aimé le sport, par contre. Mais un peu à gauche, à droite. Après, je me suis lancé dans le triathlon vers mes 22 ans.
- Speaker #1
Tu as toujours été sportif ?
- Speaker #0
Oui, mes parents étaient sportifs aussi. On a tous traîné dans le monde du sport. Mais pour le kiff, tout simplement, par passion. Des fois, j'allais courir, je suivais mon père courir. J'ai fait aussi un peu de musculation, du crossfit. J'ai touché un peu à plein de sports. Souvent aussi, quand on était petit, je ne sais pas si c'était toujours le cas à l'école, mais on pouvait découvrir des sports à l'école. Et du coup, mes parents m'inscrivaient.
- Speaker #1
Le multisport ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et pendant les vacances, tu pouvais aller faire... Moi j'ai adoré faire ça, j'ai découvert plein de sports comme ça, ça c'est trop cool, je ne sais pas si c'est toujours le cas.
- Speaker #1
Faudra vérifier. Cameron, on parlait de ton rapport à la natation, tu es un sportif, tu es une famille de sportifs, comment ils ont tous réagi, ta famille, tes amis, quand tu leur as dit je vais traverser la Manche ? Est-ce qu'on t'a cru déjà ?
- Speaker #0
Ma mère en panique. Déjà en panique, elle m'a dit mais quoi ? C'est n'importe quoi. Tu vas faire comment ? Tu vas être tout seul. C'est dangereux. C'est son mot, c'est dangereux.
- Speaker #1
Est-ce qu'elle a tort ?
- Speaker #0
C'est pas dangereux. T'es encadré. Il y a un pilote. Moi, j'ai des personnes qui sont MNS, donc mètre nageur-sauveteur. Il y a des précautions qui sont prises. Je suis suivi médicalement. En vrai, je ne pense pas que ce soit si dangereux que ça. Certes, on va toucher aux limites du corps, mais après, je ne suis pas bête, je ne vais pas aller me ruiner la santé. Je sais que je suis OK avec ça. Mais oui, effectivement, il y a quand même eu des problèmes et tout. Il y a déjà eu des malaises, des disparitions en mer, c'est vrai. Mais après, je sais que j'ai un des très bons pilotes, pour le coup, avec qui je le fais. Donc, je suis assez rassuré sur ça. Je pense qu'il faut que je me dise que je suis rassuré de toute manière mentalement. Mais ouais, ma mère un peu en panique, posait 20 000 questions. Et mon père, mon père, normal en fait. Impassible. C'est ça. En fait, il avait ce rapport au sport, lui il avait fait un marathon, et c'était vraiment un défi énorme pour lui, il avait vraiment galéré, même s'il ne courait pas de base. Il avait eu le mollet qui était remonté pendant sa course, enfin, très très dur. Et il avait vu des gens faire des Ironman. Il s'était dit, tu finis ton triathlon par un marathon. Et il disait, c'est impossible. Et moi, justement, c'est ce qui m'a donné envie de faire un Ironman, en mode pour prouver à mon père. Et j'en ai fait un. Et à ce moment-là, en plus, il était venu, tout ça. Et il était trop, trop fier de moi. Et donc, finalement, je lui ai dit, maintenant, je me lance dans un truc aussi gros. Comme ça, je pense qu'il a un truc qui fait l'habitude.
- Speaker #1
Cameron, il y a un défi comme celui-là. Évidemment, tout le monde ne peut pas le faire comme ça. On ne peut pas, là, demain, partir à Calais et décider d'aller en face ou inversement. Il y a un cheminement à respecter. Il faut s'inscrire, quelque part. Comment ça se passe si moi, demain, si nous, là, aujourd'hui, on veut traverser la Manche demain ?
- Speaker #0
Alors, c'est vrai que c'est un très gros projet, que j'ai quand même un bon passif. mais il y a des personnes qui ont réussi avec une préparation sans forcément être nageur de base parfois même sans bras sans jambes à faire des gros projets des gros défis comme ça donc c'est sûr que ça demande une préparation, on se lance jamais au hasard en fait il faut avoir ce grain un peu de folie mais tout en prenant du recul sur les choses et bien se questionner le projet il est né depuis longtemps dans ma tête Et il a été concret il y a deux ans, parce que pour avoir un pilote, maintenant, c'est très compliqué. Il n'y a pas beaucoup de personnes qui sont aptes. Je crois qu'il n'y a que 12 ou 10 bateaux pour faire cette traversée-là.
- Speaker #1
Pour qu'on comprenne bien, en fait, quand tu parles de pilote, c'est effectivement des capitaines de bateau qui sont homologués pour justement accompagner celles et ceux qui veulent traverser la Manche.
- Speaker #0
Exactement. Eux, ils connaissent la Manche et cette traversée comme leurs doigts. Ils ont aussi les certificats qu'il faut. Ils sont reliés aux associations qui font ça. Il y en a deux. Il y a celle qui est la CSPF et la CSA. Et en fait, ils ont leur pilote. Et en gros, toi, ton job, ce n'est pas de t'inscrire auprès de l'association. C'est de trouver ton pilote et ton contrat, le signer. Et une fois que tu l'as, tu vas voir l'association. Tu dis bon, c'est bon. Là, je suis dedans. Je suis dans les papiers finaux. En gros, là, il me demande d'avoir un certificat médical quand même, tu vois encore. Il me demande de faire mon test en 6 heures, de 6 heures dans une eau sous les 15 degrés, validée, en mer. Donc là, je le fais un mois avant la traversée. Ça sera ma dernière grosse sortie, ma séance clé, on va dire.
- Speaker #1
Il y a quelques checkpoints à valider, quoi.
- Speaker #0
C'est ça. Et donc forcément, on ne peut pas se lancer comme ça, forcément. Et oui, il y a toute une préparation, comme on en a parlé.
- Speaker #1
Qui va t'accompagner lors de cette aventure ? Parce que voilà, bateau, qui dit pilote dit bateau, qui dit bateau dit personne sur le bateau.
- Speaker #0
Effectivement, il y aura du coup ma copine Rose.
- Speaker #1
Salut Rose !
- Speaker #0
Heureux ! Il y aura aussi mon ami Willy qui est kiné du sport sur le Havre et qui aussi anciennement en... nageur et lui son job ça va être de venir toutes les heures 20 minutes à côté de moi nager à côté de moi pour me mettre la bonne allure parce que tout est une question aussi d'allure que tu donnes au pilote quand tu lui dis que tu vas traverser la manche parce que lui il va calculer avec les courants le trajet idéal et donc il faut que je tienne du coup ma vitesse et donc lui il sera là pour venir, il peut faire ça au bout de 3h il peut pas le faire tout le temps Donc il y a Willy, il y a forcément, comment on s'appelle, mon coach, Julien, le coach du hack natation. Donc lui, il va surtout faire attention à ma technique de nage, il va regarder ma cadence de bras pour voir que ça diminue pas. Il va me donner des conseils, des placements techniques. Je lui ai demandé de ne pas dire c'est bien, mais de me dire des choses techniques. Je trouve que c'est plus encourageant et du coup, tu déconnectes plus parce que... Quand tu fais de l'endurance comme ça, c'est sur ça que tu te rattaches, sur ta technique de nage, sur tout ça. Et il y aura aussi un ami vidéaste qui viendra pour filmer. En fait, deux amis vidéastes, du coup.
- Speaker #1
Combien ça coûte, Cameron, de traverser la Manche ?
- Speaker #0
Ça coûte cher. Les prix ne font que d'augmenter en plus. Là, j'ai payé 5000 euros pour juste le pilote. la réservation du bateau. Ensuite, il y a un supplément pour l'association autour de 300 à 600 euros. Je ne sais pas, je vais le payer quand j'aurai confirmation. Et ensuite, il y a forcément la logistique autour du projet. Les gens qui viennent pour me soutenir, j'essaie de tout leur défrayer. C'est pour ça qu'on a monté une association. On a essayé de trouver des partenaires. C'est pour ça qu'on fait parler du projet aussi sur les réseaux sociaux.
- Speaker #1
Si nous, on veut t'aider, on fait comment ?
- Speaker #0
En vrai, parler du projet, partager les vidéos, regarder les vidéos sur YouTube. Après, on a une cagnotte aussi, si jamais. Mais déjà, si vous faites ça, ce serait génial.
- Speaker #1
Cameron, quel est le message que tu as envie de véhiculer à travers ce défi ? Est-ce que tu veux te prouver quelque chose à toi, à quelqu'un ?
- Speaker #0
Alors... Moi j'y vais principalement pour tâter mes limites, voir ce dont je suis capable. Mais sinon je le fais aussi pour une asso. C'est extrêmement important pour moi de le faire pour l'association chaîne qui protège justement mon terrain de jeu, qui est la Manche. Donc c'est cette vertu écologique qu'on s'efforce de faire et du coup de les mettre en avant avec tout ce qu'on fait sur les réseaux sociaux en plus. Et sinon, ce que je veux véhiculer, c'est juste de faire attention à mon terrain de jeu, à la manche, mais en général à tout, à la faune et la fleur. Mais aussi, du coup, si ça peut inspirer des gens à se lancer dans leur propre petit projet, grand projet, n'importe. Moi, il y a deux ans, je n'étais pas prêt. La semaine dernière, j'étais en pleurs. Le projet, je n'étais pas prêt du jour au lendemain. et ça se trouve... Je me suis quand même lancé, j'ai pris confiance et je me suis dit « Ok, on va mettre les choses en place pour » . Et en fait, ça m'a apporté beaucoup de choses, des rencontres. C'est surtout ça que je retiens beaucoup de ce projet et tout le chemin parcouru. Je sais que c'est ce qu'on entend beaucoup, mais pour le coup, quand je regarde tout ce que j'ai parcouru, les rencontres, je ne m'attendais pas à faire un podcast non plus. C'est des choses que je ne m'étais jamais dit que je ferais. C'est génial.
- Speaker #1
J'imagine comme tous les grands sportifs, tu prends un peu les étapes les unes après les autres. Mais après ce défi, c'est quoi le prochain ?
- Speaker #0
Alors moi, mon but, ce n'est pas de faire toutes les traversées et tout ça. Honnêtement, c'est parce que c'est vraiment la manche.
- Speaker #1
Ça peut être un défi plus modeste, entre guillemets, mais un défi qui tient à cœur.
- Speaker #0
Un défi qui me tient à cœur, je pense que ce serait... Il y aura un autre défi qui va venir directement après, c'est la création du documentaire. Tout le montage, tout ça, je pense que ça, ça va être aussi énorme. Et en fait, ça, ça va être un des points clés. Et je pense que je m'étais dit qu'il y aura aussi un petit défi perso, ça sera ma perte de poids, parce que je n'ai pas envie de rester avec 20 kilos en plus. Donc ce sera certainement le petit défi. Mais en plus, j'en ai parlé avec ma préparatrice mentale. Elle m'a dit, voilà, ce n'est pas l'ultime défi, finalement, la traversée. Il y a toujours des trucs derrière.
- Speaker #1
Cameron, on arrive à la fin de cet épisode. Il y a une dernière question que je pose à tous mes invités. Tu es libre d'y répondre comme tu veux. Je sais que tu t'es préparé à cette question, parce que tu me l'as dit avant d'arriver. Cameron, cette question, la voici pour toi. Le Havre, ça représente quoi ?
- Speaker #0
Je dirais, ça représente un ancrage qui est très, très fort pour moi. Parce que ce projet-là... il ne serait jamais né déjà. Moi, mon rapport à l'eau aussi. Mon rapport aussi, du coup, au froid. Parce qu'on a de la chance au Havre, on est servi pour le coup des fois. Donc, je pense que c'est ça qui m'inspire finalement le Havre.
- Speaker #1
Merci beaucoup Cameron, merci, vos applaudissements pour Cameron, ce petit gars du Havre qui va traverser la Manche au mois de juillet, merci d'avoir été là. Je profite qu'on est entre nous pour effectivement remercier les équipes du THV qui nous accueillent gentiment, merci, on a été super bien accueillis, que ce soit les équipes d'accueil, les équipes techniques, ça a été génial. J'ai deux, trois anciens invités, j'en ai qu'une en fait. Elodie, Elodie de Campus Coach. Voilà, merci à toi, merci à tous les autres qui sont passés derrière ce micro. Et puis merci à vous d'être venus, d'avoir pris trois quarts d'heure de votre temps pour assister à une discussion. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode dans le pot de yaourt. Merci beaucoup. Ciao.