- Speaker #0
Salut, un petit mot avant de commencer cet épisode, tout simplement pour vous dire merci. Eh bien merci parce que vous êtes toujours plus nombreux à écouter les épisodes dans le pot de yaourt. Alors si vous voulez soutenir le projet, n'hésitez pas à suivre, à commenter le podcast sur les plateformes d'écoute, sur Deezer, sur Spotify, sur Apple Podcasts. Et puis n'hésitez pas non plus à suivre la page du compte Instagram dans le pot de yaourt. Sur ce, bonne écoute ! Bienvenue ! Dans le pot de yaourt, le premier podcast qui s'intéresse à toutes celles et ceux qui font le Havre, à toutes celles et ceux qui sont le Havre. Le plus souvent possible, je vais recevoir à ce micro des artistes, des sportifs, des entrepreneurs, des créateurs de contenu, des cuisiniers, des écrivains, bref, tous ceux qui font briller notre chère et tendre ville et qui nous rendent chaque jour un peu plus fiers d'être à vrai. On parlera de leurs histoires et on verra en quoi le Havre a une place centrale et si particulière dans leur projet. Saison 4,
- Speaker #1
épisode 3.
- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans le pot d'yaourt. Quand j'ai créé ce podcast il y a maintenant trois ans, le but était tout simplement d'inviter celles et ceux qui font bouger le Havre. Mon invité, lui, fait bouger les Havraises et les Havrais au premier degré. Et oui, grâce à lui et tous ceux qui l'entourent, beaucoup d'entre vous peuvent se déhancher sur le dancefloor au rythme de l'électro, bien de chez nous. Apollo, La Base, Elios, La Frérie, tous ces grands rendez-vous de la teuf portent la marque de mon invité. Son nom, Victor Garbaccio. Salut Victor ! Merci Victor d'être là aujourd'hui dans le pot de yaourt. On va parler forcément de tout ce que tu fais depuis maintenant une bonne dizaine d'années. Ma première question est très simple Victor, alors comme ça on aime la teuf ?
- Speaker #2
On aime la teuf ouais carrément et ça fait un moment. Et plus on vieillit plus c'est difficile ou pas ? Évidemment, la fatigue se fait un peu plus compliquée qu'avant mais l'amour de la fête est toujours là. L'amour d'organiser des fêtes est toujours là, et de jouer évidemment aussi. Donc voilà, ça pallie un peu la fatigue.
- Speaker #0
Est-ce qu'il faut aimer la teuf pour en organiser ?
- Speaker #2
Je pense, ouais. Il faut comprendre la fête en tout cas pour en organiser, en tout cas essayer. Je pense qu'il faut aller en fête pour en organiser aussi, c'est important. On a peut-être nous un peu moins de temps d'y aller maintenant, mais c'est aussi quand on en organise, c'est ça le truc aussi. C'est le jeu de se dire qu'on ne peut pas aller à tel ou tel événement. Donc voilà, il faut s'enrichir de... de toutes les fêtes qu'on a l'occasion de voir quoi.
- Speaker #0
Et à quel moment on se dit : "Ouais j'aime la teuf, je comprends un peu ce qui s'y passe" ? A quel moment on se dit : "Tiens, j'aimerais moi aussi en organiser
- Speaker #2
Bah nous en fait, je dirais que l'envie elle est plus venue du fait qu'on jouait en fait à la base et que du coup pour jouer on a eu besoin d'organiser.
- Speaker #0
Quand tu parles de jouer, tu parles de mixer quoi.
- Speaker #2
Ouais de passer de la musique. Nous, avec le noyau dur qui a créé l'association il y a un peu moins de dix ans maintenant, on a tous commencé à jouer dans notre coin, dans des villes où on était partis faire nos études. Et on a commencé un peu à jouer à droite à gauche. Et en fait, le truc d'organiser des fêtes, c'est venu en se disant « nous, on a envie de jouer » . Et voilà, ça donnait un peu du poids au discours. On voyait que ça se faisait un peu à droite à gauche dans des villes comme Paris. Moi j'étais à Montpellier donc à Montpellier ça se faisait aussi pas mal. On voyait des open airs, les gens qui dansaient la journée et tout, ça donne plein d'idées à l'époque. Et donc on s'est mis à organiser pour se permettre de jouer en fait, tout simplement.
- Speaker #0
Cette volonté de vouloir organiser des événements c'est avant tout l'amour de la musique ?
- Speaker #2
Ouais, carrément, bien sûr.
- Speaker #0
Toi, tu es arrivé, tu dis que tu commençais à jouer, tu commençais à mixer. C'est vraiment comme ça que tu es rentré un peu dans cet univers ?
- Speaker #2
Oui, carrément. Au début, j'écoutais de la musique, comme beaucoup de monde. J'ai commencé à écouter de la musique électro à l'adolescence. Et puis du coup, à aller découvrir un peu ce que c'était la fête à Paris, puisque au Havre, des fêtes électro, il n'y en avait pas des masses quand on était ado. Et donc, du coup, on a été voir un peu ce qui se faisait à droite à gauche. De fil en aiguille, à force d'aller voir des DJs tous les week-ends, ça donne un peu envie de s'y mettre. Il y a 15 ans c'était moins facile qu'aujourd'hui, ça te paraissait un peu magique ce truc d'avoir des platines et puis de... Qu'est-ce qui se passe vraiment ? Qu'est-ce que le DJ entend dans son casque ? C'était un peu ça l'excitation du début de : "Mais comment ça marche en fait être DJ ? " Et puis du coup, un peu comme tout le monde, on s'achète un petit contrôleur au début, on essaye. Puis de fil en aiguille, ça finit par prendre et puis quand t'écoutes de la musique depuis déjà des années et des années, t'as déjà des trucs à jouer techniquement donc... Ce truc de se mettre à diguer et tout, ça commence pas quand on commence à jouer. Ça a commencé il y a bien longtemps déjà avant.
- Speaker #0
Tu parles des débuts, d'acheter du petit matos, s'inspirer de ce que tu connais. Comment on apprend à mixer ?
- Speaker #2
Et bah on apprend, moi en tout cas personnellement j'ai appris en regardant les DJs. J'allais en soirée et puis je regardais quoi, j'essayais de me mettre au frontereau et puis de regarder ce que les DJ faisaient et puis d'essayer de comprendre comment ça fonctionne, comment la table de mixage elle marche etc. C'est un peu la groupie quoi du DJ. Disons que maintenant c'est du matériel qui s'est quand même vachement démocratisé, qui a évolué etc. À l'époque c'était le début des contrôleurs, le matériel coûtait vraiment très cher, tu pouvais pas acheter des CDJ comme ça quand t'étais étudiant, c'était un budget quoi. Donc au début tu te débrouilles un peu avec les moyens du bord comme dans plein de disciplines. Et puis voilà, faut s'accrocher et puis au bout d'un moment t'as une opportunité de jouer dans les gens, puis voilà c'est parti, faut se lancer quoi !
- Speaker #0
Et en rentrant sur le Havre, toi là tu te rends compte qu'il y a plein de gens qui ont aussi cet amour de la musique comme toi, qui commencent un peu à mixer à droite à gauche. C'est à ce moment-là que tu te dis bon allez on va essayer de rassembler tout le monde ? On va essayer de faire un truc ?
- Speaker #2
Ouais carrément bah nous en fait quand on est rentrés sur le Havre, enfin quand on est rentrés c'est un grand mot parce qu'il y en a qui étaient encore un peu à Paris mais on était plusieurs à juste revenir à la maison en fait après nos études et puis on était restés un peu bosser dans nos villes respectives. Au Havre, il y avait la 329 qui faisait déjà des fêtes techno au Tetris et c'était un peu ça l'exemple qu'on avait au Havre nous. C'était la 329 qui existait depuis peu mais qui avait déjà aligné quelques belles fêtes. Il y avait un autre collectif qui s'appelait LH Musical Town à l'époque et pareil qui avait fait un ou deux Tetris je crois. Et puis nous on s'est un peu questionné avec les copains en se disant « Attends toi tu joues quoi ? Est-ce que ça a du sens ? On joue tous des trucs différents. » c'est pas grave on va créer un collectif où ça ajoute tout et puis on va y aller comme ça et puis à l'époque c'était au club W qu'on a fait notre premier événement, Feux Club W ouais mais bon qui était ce qu'il était mais qui était quand même un endroit qui a rassemblé beaucoup la scène à l'époque, qui permettait de passer de la musique électronique, c'était un des seuls endroits en tout cas pour nos générations où il y avait encore de l'électro en boîte et donc du coup voilà tout a commencé un peu là-bas, on a fait une première fête puis une deuxième là-bas et Puis tu te prends au jeu d'essayer de faire venir les copains d'abord, puis les copains des copains, et puis de donner envie aux gens de venir écouter la musique que tu proposes tout simplement.
- Speaker #0
Et c'est à ce moment-là que vous décidez de vous structurer, de créer une association ?
- Speaker #2
Exactement ouais, c'est à ce moment-là, comme je te disais, nous en fait on a vu des collectifs se créer il y a 10-15 ans, c'était l'époque du début des collectifs, les gens se ralliaient, se rameutaient en bande On disait "Ok, voilà ça c'est mon collectif, on vient jouer dans ta soirée" et tout ça. Donc on a eu un peu ces exemples-là d'autres villes en France où ça se faisait. Et on s'est dit : "Bah en fait, c'est trop cool comme principe, on est déjà potes." On n'a plus qu'à mettre une asso là-dessus, lui trouver un nom et puis c'est parti quoi.
- Speaker #0
- Donc d'où la naissance d'Elios ?
- Speaker #2
- Exactement, c'est né comme ça ouais.
- Speaker #0
- Elios concrètement tu peux nous raconter ce que c'est ?
- Speaker #2
- Carrément ouais bah du coup Elios c'est une association, c'est devenu notre collectif. Un collectif de musique donc bah... Au début, on s'est vraiment dit qu'on n'avait pas envie de trop cadrer l'ambiance musicale. On a choisi Elius aussi parce qu'il y avait un gros truc de saisonnalité dans la musique pour nous. L'été, on allait en open air et l'hiver, on allait en warehouse. Et puis l'été, on écoutait plutôt de la house et l'hiver, plutôt de la techno. Donc on s'est dit que le fait qu'on joue tous des trucs différents, c'est trop cool parce qu'on va pouvoir un peu adapter nos événements à la saisonnalité au Havre. Il y avait des collectifs qui étaient ciblés sur la techno, plutôt sur l'environnement. Chacun avait un peu sa marque de fabrique et on s'est dit qu'on allait faire un peu les saisons, ça allait être cool. Et puis l'été, on fera des fêtes en extérieur et l'hiver, des teufs en intérieur. C'était un peu l'idée de départ.
- Speaker #0
Et comment ça démarre ? Est-ce que tout de suite vous arrivez à avoir des soirées, des lieux où c'est un peu galère, où il y a le temps de se faire connaître ? Comment ça marche ?
- Speaker #2
Bah du coup nous au début, on a foncé vers le club W en se disant il y a un club, ils passent de la musique électro, c'est là-bas qu'on doit passer de la musique électro. Ça fait sens.
- Speaker #0
Évidemment.
- Speaker #2
Et donc du coup on s'était dit, on avait notre premier concept, je crois que ça s'appelait Versus. Et donc en fait l'idée c'est que comme tout le monde jouait des trucs différents dans le collectif, c'était de mettre une personne du collectif à chaque soirée en avant. C'était cette personne-là qui avait le set du milieu, du peak time et tout. Et tous les copains autour... faisait en sorte de mettre en valeur cet artiste-là. Donc c'était... qui avait au tout début... c'était ouais il y avait notre pote Théo qui a quitté après machin, qui jouait plus minimal techno et tout, bam tout le monde s'adaptait. Moi je jouais très très house disco au début et tout, bon tout le monde s'adaptait un peu aussi, enfin tu vois c'était un peu cool parce qu'en plus ça nous permettait d'aller diguer les musiques des potes et du coup d'élargir un peu le répertoire de tout le monde donc c'était chouette. Mais en fait le... Du coup, c'était cool parce qu'on arrivait à emmener nos amis là-bas. Mais bon, t'as connu le club W, ça pouvait pas donner forcément envie à tout le monde. C'était ce que c'était, quoi. C'était un peu... C'était l'underground, quoi, le club WP. Et en fait, moi, j'étais bien pote... Enfin, on était plusieurs à être bien potes avec les gars de la petite rade, en fait, avec Paddy, à l'époque, qui était responsable de bar à la rade.
- Speaker #0
Je m'embrasse,
- Speaker #2
Paddy.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #2
Et donc du coup, à un moment au bout de 2-3 fêtes, on avait joué aussi une ou deux fois à Paris je crois dans un petit bar qui s'appelait La Carambole. Et puis en fait il n'y a pas dit qu'il nous a proposé de jouer à la petite rade. Et en fait c'est intéressant parce que ça a été un peu comme un gros déclencheur où on s'est retrouvé à jouer devant des gens, soit qui n'avaient jamais entendu d'électro, mais le contexte était trop cool. Parce que t'es au soleil, t'es à la terrasse, tu joues de la house et tout, tu vois ? C'est un bon contexte pour ces musiques-là. Il y avait aussi toutes les générations au-dessus de nous, plutôt même de nos parents, qui avaient connu l'essor de la house dans les années 90-2000 en France et qui se sont dit « Mais attends, c'est trop bien, je connais ça ! » Et donc il s'est passé un truc à la petite rate vraiment où on a senti qu'on arrivait à plus toucher les gens que au club W où tu avais vraiment un noyau de passionnés qui écoutaient de l'électro à Havre et machin je trouve que la RAD ça nous a vraiment permis de nous ouvrir à plein de gens et il y a des gens qui n'écoutaient pas trop d'électro et qui se sont dit bon en fait dans ce contexte là c'est carrément cool L'été sur la terrasse, avec un verre T'as difficilement meilleur contexte surtout à Havre donc ça crée un peu des contextes de paradis où tu te retrouves à jouer devant la mer et tout donc trop bien Et c'est un peu là où ça nous a mis le pied à l'étrier de nous dire, bah ça répond en fait. Tu vois, il y a des gens qui viennent, qui ne viennent. On a bien vu sur Elio Surmer au bout de trois événements, ils ont revoyé les mêmes têtes. Et il s'est passé un truc très marrant aussi, c'est qu'au début, les gens n'osaient pas danser la journée. Tu vois, danser la journée, c'est quand même un truc. T'es au Havre, c'est un village, il y a des gens que tu connais et tout. Tu te retrouves sur la terrasse de la Rade à avoir envie d'un peu de danser et tout. Puis au début, c'était très timide. Nous les openers on a vu ça à Paris, à Montpellier où ça se fait beaucoup dans toutes les paillottes et tout. Où ça danse à 15h quoi. Et donc au bout de 3-4 événements on a commencé à voir les gens danser là. Quand le soleil n'était pas encore couché, première victoire tu vois. Donc ça c'était trop cool, c'était vraiment... On a vu un peu là sur les premières saisons de la petite RAD une vraie évolution en fait quoi dans les réactions du public et tout c'était chouette quoi. Et puis sachant que bah tu vois les fêtes qu'il y avait à côté de la 329 notamment c'était très techno Au début, on a apporté ce truc à Ousse qu'il y avait peu. Donc c'était cool, il y avait des gens qui ont bien réagi à ce moment-là.
- Speaker #0
On va reparler forcément de tous les événements qui font le succès d'Elios depuis maintenant 10 ans. Pour revenir un petit peu au début, le collectif tu le dis à 10 ans maintenant, il y avait ceux qui ont formé la base ? Et il y a ceux qui sont là aujourd'hui, le collectif a bien changé depuis.
- Speaker #2
Carrément, ouais.
- Speaker #0
Comment on rentre ? Comment on sort du collectif ? Comment ça se passe ?
- Speaker #2
C'est des histoires de vie. Ouais, c'est des rencontres. Ouais, c'est des rencontres de vie. Et puis, tu vois, on a eu quelques départs au bout d'un ou deux ans, mais de gens qui étaient soit trop à Paris et puis qui ne pouvaient pas trop s'investir ou alors qui ne se retrouvaient plus trop dans le truc et puis qui avaient envie de jouer leur truc de leur côté. Après... les gens qui sont rentrés dans le collectif ça s'est fait assez naturellement tu vois, les premières entrées je crois, post-création il y a eu du coup Jules Mallard et Louis Leluyé qui deviendra plus tard Erkrank enfin qui était déjà Erkrank mais du coup qui est devenu le Erkrank qu'on connait aujourd'hui qui tourne énormément, qui a des super dates et tout moi à la base tu vois, eux deux je les connais parce que c'est des potes de ma petite soeur par exemple et que du coup je les voyais à l'anniversaire de ma petite soeur donc c'est des rencontres de vie comme ça qui se font Il y a Morgane, indiscret, qui est rentré aussi dans l'aventure parce qu'il passait tous les démontages à être là, à nous aider à rouler du câble et à ranger les enceintes. Donc forcément un moment de noueud, tu vois. Il y a un truc qui se crée quand tu es là dans la nuit à rouler du câble tous les week-ends. Il y a des amitiés qui se créent. Pareil, il y a Alban qui est rentré, qui est aujourd'hui notre chef de bar. Il y a Loli et Calypso qui ont travaillé avec nous en tant que stagiaires et alternantes. Et puis au final, avec qui on est devenus meilleurs potes et qui se sont mis à jouer et qui sont trop fortes et voilà tu vois donc au final ça se fait de fil en aiguille comme ça par les rencontres et puis le truc de jouer ensemble tu passes une bonne soirée puis deux et puis en fait tu te rends compte qu'en fait ça cale carrément et ça correspond à l'esprit du collectif mais le but c'est juste de rester motivé et puis tu vois les potes qui sont partis on est toujours potes et puis ça change pas grand chose juste voilà c'est quand même un investissement d'être dans une association tu vois que ce soit dans la musique électronique ou dans toute autre sorte de format associatif pour que ça marche, il faut que les gens soient présents et fassent des trucs donc voilà, ça se fait un peu aussi comme ça t'as cité des noms,
- Speaker #0
Ercran, Calypso pas mal de monde qui sont passés ou qui sont encore dans le collectif il y a aussi cette petite fierté d'avoir joué ce rôle de centre de formation pour des... des personnes qui vont un peu percer après. Oui,
- Speaker #2
c'est très marrant. Alors je ne sais pas si on peut vraiment dire qu'on a un centre de formation parce que tu vois par exemple Louis Erkrank, malgré l'assaut, malgré elle a un peu eu ce rôle-là. Parce que Louis, tu vois, il produisait déjà à la base. C'était déjà un bon producteur. Enfin, on sentait qu'il avait capté le truc et que du coup, il commençait à produire des trucs très intéressants. Et en fait, le rôle qu'Elios a eu à jouer... c'était de le placer dans des line-up qui étaient intéressants, notamment à Apollo ou sur des dates comme ça. On commençait déjà à inviter des artistes un peu de renommée nationale. La première fois qu'on a invité des gens sur Apollo, c'était l'équipe de Vrish, qui est devenu Chevrier Adjante 6 et qui est rentré plus tard. Il a joué entre Robianne Stupid Flash et Vitesse qui jouaient son live. qui était encore un très jeune artiste. Et tout le monde a bien vu qu'il faisait pas d'âge du tout, quoi. Qu'il avait carrément son truc à défendre. Et donc, du coup, bah lui, tu vois, il est rentré chez Chevry plus tard en booking et tout. Et aujourd'hui, bah ouais, il tourne à l'international et il continue de produire. Il a trouvé sa patte. Donc voilà, disons que c'est... Enfin nous, on est trop fiers de lui, tu vois. C'est un jeune du Havre qu'on connaît depuis qu'il est petit. Puis là maintenant, enfin tu vois, le premier Rex qu'il a fait à Paris, il y avait 30 à vrai devant le boost, on était trop fiers quoi !
- Speaker #0
Tout le monde a appris son petite intercité.
- Speaker #2
Bah c'est ça tu vois, puis après lui il était parti pour vraiment essayer d'être DJ donc il a joué son truc à fond. Il y en a d'autres dans le crew qui sont juste DJ par plaisir et qui ont des boulots à côté, qui n'ont pas décidé de faire carrière. Là tu vois par exemple en ce moment les filles elles cartonnent, Calypso et Loli elles commencent à avoir des dates de ouf à Paris. Elles ont fait des Miyamao dernièrement. Elles sont parties pour eux, pareil. Elles bossent dans la musique, elles bossent toutes les deux en club à Paris et tout. Donc elles c'est pareil, ça fait trop plaisir. Au début disons qu'on leur a donné la chance d'utiliser le matos, de machin. On les a épaulées mais même pas tant que ça en fait parce que c'est elles qui ont fait le truc, c'est elles qui étaient motivées de jouer du son, c'est elles qui ont été diguées des tracks de ouf et machin. Bah ouais, nous on a juste été un peu un support, tu vois, un truc où on les épaulait, machin. Moi j'ai toujours fait un peu l'admin, tu vois je fais des contrats de calypso, des trucs comme ça, mais c'est elle qui va faire des DJ Contests, qui se retrouve dans des dates de dingo, donc ouais, peut-être que malgré nous on s'est retrouvé à un peu faire ça, et c'est un vrai plaisir de voir que ça cartonne derrière, c'est trop cool quoi.
- Speaker #0
Au-delà de ce... Fake sound de formation. Tu as parlé déjà de pas mal d'événements que vous avez organisés avec Elios depuis maintenant plus de 10 ans, je parlais d'Apollo, La Base, Le Surmer. C'est des événements quand même différents mais qui ont un point commun, celui de diffuser de la musique électro. Pourquoi faire se diversifier dans les événements ?
- Speaker #2
Déjà parce que tu n'as C'est une crainte que le public finisse par s'ennuyer. Mais alors, si nous, on finit par s'ennuyer, c'est vraiment ça le problème. Du coup, il y a un gros sujet au Havre qui est le sujet des lieux à disposition, auquel on s'est tous sortés très rapidement. C'est que du coup, quand tu es DJ, tu as vite envie de faire du club. Une fois que le Club W a eu fermé, très compliqué. Les salles... à l'époque qui existait, c'était le Tetris, le Magic Mirror, mais ce n'est pas forcément des salles qui ont vocation à accueillir cette musique-là. Ou alors qui ont des conditions de location qui sont très compliquées pour des assos parce que c'est cher, que ça engage beaucoup d'argent, de moyens humains et tout. Donc notre jeu disons, mais c'était vraiment un jeu en fait, c'était du coup de se dire où est-ce qu'on fait la fête ? Et donc du coup c'est un peu parti de là aussi, c'était de se dire « Ok, la petite rade ça a l'air trop cool » . On arrive à faire danser les gens l'après-midi, qu'est-ce qu'on peut avoir d'autre comme Open Air ? À côté de ça aussi, qu'est-ce qu'on peut avoir d'autre comme lieu intérieur ? À l'époque, il y a eu la halle, la salle en bois au fort de Tourneville dans laquelle on a fait 3-4 fêtes qui étaient super. Mais l'idée c'était toujours d'aller chercher un peu des nouveaux lieux et de déverrouiller des lieux dans lesquels il n'y avait jamais trop eu la fête et puis de se dire « En fait là-dedans, il y a un truc, on peut mettre le DJ là. » Tu vois, tu as vite un truc où toi c'est hyper grisant d'aller réfléchir à un nouvel événement, une nouvelle fête, qu'est-ce que tu fais en lumière, machin. Donc, bah en fait c'était ça quoi, l'envie de se diversifier, elle est venue aussi de l'envie de s'amuser, de proposer des nouveaux trucs, de faire varier les plaisirs. Et puis en fait, faire varier les contextes, ça nous permettait de faire varier la musique aussi tout simplement, tu vois. Comme on disait tout à l'heure, la saisonnalité et le contexte de la musique, c'est un vrai truc, moi, auquel je suis intimement attaché. Comme les frêlées légumes ou quoi ? Ouais voilà, c'est ça tu vois. et où du coup la techno ça se joue dans une ambiance et la house ça se joue dans une ambiance et tous les styles qui en découlent la musique plus hard et la musique plus détente encore le jazz, le nu disco, les trucs comme ça faut trouver le bon contexte parce que si tu proposes la mauvaise musique dans le mauvais contexte, peut-être que ça va finir par marcher la soirée met tard tu sens bien qu'il n'y a pas la même énergie quand tout est réuni pour que ça fonctionne donc la grosse la grosse quête ça a été ça ça a été de trouver les bons contextes pour les événements qu'on voulait faire, qu'on avait en tête.
- Speaker #0
Aller au bout du monde pour organiser un festival, vraiment un festival. Ça date de quand ça d'ailleurs ?
- Speaker #2
Apollo c'est 2017 la première année.
- Speaker #0
C'est complètement gratuit ?
- Speaker #2
C'était complètement gratuit. C'était complètement gratuit à la base. En fait à la base nous le truc c'était de se dire c'est un super terrain. Enfin tu vois on en a un peu rêvé en s'en parlant à l'apéro en se disant waouh mais le terrain du bout du monde tout le monde le connait. Quelle folie ! Tout le monde le connaît mais les gens n'y vont pas beaucoup. Parce qu'au final, tu vois, tu vois bien, maintenant que t'as des enfants et tout, tu vas te balader au bout du monde ! Mais nous même en tant qu'ado, jeune adulte, on se disait : "Mais c'est fou ce terrain, on y va jamais, c'est trop bien ! " Et donc on avait été gentiment demandé à la mairie de Saint-Adresse en mettant une chemise, en faisant un powerpunt et tout, on avait fait le truc sérieux quoi. Et en fait le maire de Saint-Adresse, qui est toujours maire aujourd'hui, nous avait super bien accueillis. Et donc en fait il nous avait dit mais enfin nous on voulait faire un truc pour la fête de la musique pour te dire à la base l'Apollo c'était un 21 juin 2017 on s'était dit allez on fait la fête de la musique ça va être trop cool et puis pas de pression on met une tireuse on met une petite scène par terre et puis let's go quoi. Et en fait c'est un peu le maire qui nous a mis en tête de se dire mais vous voudriez pas le faire tous les ans votre événement tu vois ? Et dès le premier rendez-vous, heureusement qu'on avait mis une chemise parce qu'on a pris la pression directe. Mais vu qu'ils avaient l'air de penser comme nous que c'était une bonne idée, on s'est dit ok vas-y ça va être cool. Et le premier Apollo c'était un pique-nique de 14h à 22h avec les bottes de paille, c'était cette année-là. Et où au final, je crois qu'il y avait eu quelque chose comme 600 ou 700 entrées en turnover. Donc sur le terrain, ça fait complètement vide. Mais c'était génial. Enfin nous, on s'est dit mais waouh ! Même gratuit, on arrive à mettre plus de 500 personnes sur ce truc. C'est génial et tout. Et puis c'était bon enfant. Enfin tu vois, tout le monde, les retours qu'on avait eus, c'était même pas tant par rapport à la musique. C'était plus par rapport au moment que les gens avaient vécu et au cadre de se dire... Profiter d'avoir un moyen de se retrouver avec une bière ou peu importe à la main sur ce terrain face à la Bézène, c'est incroyable. Même pour nous on avait pris une claque. Et donc du coup de là c'est vrai qu'Apollo on s'est dit direct là il y a un truc à faire quoi c'est sûr.
- Speaker #0
Et ça continue ?
- Speaker #2
Et ça continue ouais. Ça continue carrément. Il y a eu du coup... Qu'est-ce qui a changé ? Il y a eu des évolutions au fur et à mesure d'Apollo. Je crois que la deuxième année, on était encore sur ce même format, mais avec une disposition technique un peu plus importante. Il y avait une vraie scène et tout. Ensuite, on a essayé de faire deux scènes. On a mis une scène au bout de la promenade, sur la dalle de béton, vraiment quand on passe devant le bar du Boudumont en bas et qu'on va en bas. On l'a fait deux ou trois ans, ça je crois. Et ça, c'était incroyable. C'était très complexe, en vrai. C'était très complexe parce que tu vois en bas, du coup, c'est une zone de passage. Tu fais pas ce que tu veux en montage, en démontage. Les camions, un 20 m3, ça fait pas demi-tour en bas, donc t'es obligé de faire marche arrière. Enfin, c'est que des trucs logistiques. On va pas se mentir,
- Speaker #0
même le bout du monde, c'est complexe. Ouais, ouais. T'étais en haut de la falaise. C'est complexe, ouais. En termes de sécurité, tu vois. J'imagine que c'est des discussions que vous avez eues avec le maire de Sainte-Adresse. Ouais, ouais, bien sûr. Mais tu vois, l'endroit, c'est pas l'endroit dans lequel tu te dis « on va organiser un festival en toute sécurité » . Enfin, tu vois, au départ, c'est un peu chaud, quoi.
- Speaker #2
Ouais, ouais. En fait, ça le fait. À l'époque, c'était un peu les premières fois où on faisait des dossiers. Et du coup, on est direct passé en dossier de grand rassemblement parce que la préfecture nous avait un peu aiguillé vers ça. Et donc, un plan de grand rassemblement, c'est 5000 personnes. Donc, on n'y est pas du tout à l'époque. Et donc, de commencer en faisant ça, ça nous a juste permis d'être dans les clous et obligés à être dans les clous sur toutes les règles de sécurité, le personnel de secours présent, les agents de sécu tout ça. C'était très formateur et donc en fait on n'a jamais quitté ce plan de grand rassemblement. On l'a toujours même si on a jamais fait 5000 et on fera jamais 5000 personnes à l'instant T sur Apollo mais du coup ça nous a permis d'apprendre en fait comment ça marchait la sécurité et tout. Là en bas il y avait une question de sécurisation mais c'est surtout que c'est difficile de faire comprendre... qu'il y a une deuxième scène, c'est pas très visible. Enfin tu vois on s'était un peu raté sur cette visibilité de deuxième scène qui marchait très bien au soleil couchant parce que c'était là qu'il fallait être quoi. Mais du coup on montait un peu ça pour voilà que ça marche deux trois heures donc un peu complexe. Le format il est passé sur deux jours aussi. On a fait vendredi samedi ce qui était trop cool du coup parce que c'est vrai que sur une journée tu sens que t'es vite, oh t'as envie de proposer des trucs mais du coup ça fait pas beaucoup de de temps de jeu pour les artistes, si tu te retrouves à commencer à avoir des changements de plateau, machin avec les lives et tout. Donc le deux jours il était parfait ça on l'a conservé, on a juste enlevé la scène du bas pour arriver depuis deux ans à un format un peu stable là pour le moment où du coup on n'est qu'en haut on a re-tout concentré là-haut, on a retravaillé la scène pour qu'elle soit plus grosse retravailler un peu l'infrastructure globale pour que ce soit plus accueillant et tout et ce format là il nous plaît bien Là, pour le coup, depuis deux ans, on est trop content de ce que ça donne. On a évolué dans la manière de produire et tout. Et donc du coup, c'est chouette. Là, on est content de ce que ça rend.
- Speaker #0
Et si mes calculs sont bons ? Tu disais première édition 2017 ?
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
Donc 10 ans 2027 ?
- Speaker #2
C'était sans compter le Covid.
- Speaker #0
Ah c'est vrai, c'est vrai. Il n'y a pas eu d'édition pendant un an ?
- Speaker #2
Il n'y a pas eu d'édition pendant deux ans, je crois. 2020, 2021 ?
- Speaker #0
Bah ouais parce que ça fera les 10 ans de la première édition.
- Speaker #2
Ouais c'est ça, c'est ça, c'est ça. Je sais pas trop comment on va la jouer celle-ci.
- Speaker #0
Ouais vous y réfléchissez un peu ?
- Speaker #2
Oui oui on y réfléchit parce que là du coup cette année c'est les 10 ans d'Elios en 2026. Donc là c'est déjà un truc, c'est déjà quelque chose mais les 10 ans d'Apollo ça va être aussi quelque chose et du coup on est un peu en train de réfléchir comment on la joue. Enfin, Apollo, je pense que dans le collectif, et puis Apollo ça dépasse les frontières du collectif parce qu'il y a beaucoup de gens qui nous épaulent. Tu vois, toutes les équipes d'accueil, de bars, etc., c'est des gens avec qui on bosse depuis de nombreuses années. Donc en fait, Apollo, on n'est pas une dizaine, on est juste 50 quoi. Ce qui est trop cool. Et du coup, tout le monde a envie que cet event dure. Enfin tu vois, je pense que si on le fait encore dans 20 ans, on est trop content. Le but c'est vraiment de continuer ce festival qui nous tient à cœur et puis qui est trop cool. dans un lieu trop cool et qu'on continue de proposer de la découverte musicale. On se voit bien le faire encore pendant très longtemps cet événement.
- Speaker #0
Et on verra en 2037. C'est ça, rendez-vous en 2037 pour voir ce qui se passe. 20ème édition.
- Speaker #2
On espère que ce sera encore possible. Tu vois beaucoup d'articles qui fleurissent sur les festivals en danger etc. Enfin nous on est un peu passé aussi par là sur d'autres projets et donc tu te dis que Faut absolument protéger ces événements-là et de mettre
- Speaker #0
tous les moyens pour sécuriser les formats et que ça puisse perdurer parce que si demain on te coupe ta subvention qu'est ce qu'il arrive enfin tu vois il peut arriver plein de choses en fait quoi et puis c'est en extérieur et on est en fond de mer donc tu vois et au Havre qui plus est même s'il fait très souvent beau donc du coup il y a tout un tas de trucs qui font que là aujourd'hui le plus gros travail qu'on fait c'est réussir à sécuriser sur les années suivantes comment on fait évoluer le format pour s'il y a une après-midi de pluie, qu'on ne se retrouve pas dans une situation vraiment très pénible. Voilà, plein de réflexions très intéressantes.
- Speaker #1
Tu as commencé à l'évoquer, Elios, à 10 ans, cette année, en 2026.
- Speaker #0
À l'été 2026.
- Speaker #1
À l'été 2026,
- Speaker #0
bien. Oui. Oui,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
Ça va commencer un peu avant, mais...
- Speaker #1
Le hasard du calendrier fait bien les choses. Oui, c'est ça. Qu'est-ce qui va se passer en 2026, Victor ?
- Speaker #0
Et bah, il va se passer plein de choses. Il va se passer plein de choses. Là, à l'heure actuelle, il y a encore des trucs qui sont pas mal en réflexion. Parce que, en fait, là, toute l'année, on y réfléchissait un peu. Et qu'est-ce que tu fais ? Enfin, tu peux faire une seule fête, c'est compliqué.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Dire que toutes tes fêtes, c'est des fêtes des 10 ans, c'est pareil. Ça n'a plus trop de sens. Donc là, l'idée, c'est de limiter à 3 ou 4 événements, je pense, qui vont être labellisés 10 ans.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Il y aura très certainement... Deux gros événements festifs dans des lieux qu'on n'a jamais pour l'instant utilisés, on va dire. Enfin, vous voulez le dancefloor ?
- Speaker #1
Ok, des lieux intérieurs, extérieurs ?
- Speaker #0
Alors pour l'instant, on a un truc qui est sûr, c'est un lieu intérieur. Et comme c'est sûr, il n'y a pas de problème pour le dire, ce sera au Normandie, du coup, au Théâtre Normandie. Chez Jessie ? Chez Jessie, ouais, du coup, qui nous accueille en avril pour la partie 1. des 10 ans d'Elios.
- Speaker #1
Ça va arriver très vite, là.
- Speaker #0
Ça va arriver très vite.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ça va arriver très vite. Du coup, on a déjà la programmation, mais je ne la donnerai pas, évidemment. OK. Ça va faire un peu. Mais du coup, on est trop contents. On est trop contents d'amener la musique électronique dans ce lieu bardique devant lequel on est juste passé toute notre enfance en se demandant pourquoi c'était fermé, en fait. Je crois qu'on a tous ces trucs un peu communs quand on a grandi au Havre, de passer devant ce théâtre Prêt de se dormir. Quelle dinguerie !
- Speaker #1
C'est surtout avec les histoires de nos parents qui l'ont connue.
- Speaker #0
C'est trop cool. On voulait un peu marquer le coup. Ça fait des mois et des mois qu'on parle avec eux. C'était l'occasion absolument parfaite de se dire qu'il y a ce nouveau lieu qui est magnifique, qui vient d'être rénové. Il faut qu'on aille faire une fête dedans. Là, ça va commencer comme ça. On aimerait bien faire un autre event qui soit plutôt une réunion entre nous et le public où c'est cool, ça boit des coups. On fasse une expo, on aimerait beaucoup faire une belle expo photo, on est en train de travailler dessus là pour le début d'année, pour le printemps. Tu vois, un espèce de rétrospective, on pourrait appeler ça comme ça, un événement d'adulte comme nous on l'appelle dans la société.
- Speaker #1
Un événement de grand.
- Speaker #0
Un événement de grand où on fait une rétrospective photo, une petite expo d'affiches et tout. Il y aura un vernissage quoi. Il s'en est passé une chose, mais j'espère qu'il va y avoir un vernissage. tout en gardant bien sûr un peu de musique à côté mais du coup on est en train de travailler sur un événement comme ça et une partie 2 festive pareil qu'on est en train de travailler là par contre je peux pas en dire plus mais qu'on est en train de travailler voilà puis après on est pas à l'abri d'avoir des surprises sur l'année c'est ça aussi le truc c'est que t'es jamais à l'abri qu'on te propose un plan de fou pendant l'année donc voilà faut toujours garder une nouvelle édition d'Apollo cet été
- Speaker #1
Ça, c'est pas négociable.
- Speaker #0
Ça, c'est pas négociable. Ça, c'est déjà calé. Les dates sont déjà annoncées. C'est 26 et 27 juin. C'est le week-end après la fête de la musique. De toute façon, il faut multiplier les plaisirs.
- Speaker #1
Faut pas perdre le rythme.
- Speaker #0
Donc nous, fin juin, c'est comme ça maintenant. C'est chez Lili, fête de la musique. Apollo, le week-end d'après. Et puis voilà, on touche toujours du bois. Ça fait deux ans qu'on a du beau temps. Il n'y a pas de raison que ça change. C'est un week-end où il fait beau. Donc bien sûr, rendez-vous à Apollo. Rendez-vous à Apollo les 26 et 27. Et peut-être qu'il y aura des évolutions, on va voir. En termes d'horaire, le truc, c'est que sur Apollo, on est bloqué parce que c'est un quartier où il y a énormément d'habitations. Tu ne peux pas virer les voisins. C'est le jeu qu'on a accepté de jouer de toute façon avec la mairie, de se dire c'est une fois par an et c'est minuit et c'est comme ça. Donc du coup, là, on réfléchit un peu à des manières de faire un peu évoluer l'événement, rajouter un soir, à voir.
- Speaker #1
Il y a des acteurs ?
- Speaker #0
Il y avait un after au Regatte, et en fait, je ne sais pas si on va le refaire, les afters. Il y a déjà eu d'autres afters d'ailleurs. Historiquement, je crois que le premier Apollo, il y a eu After à Eau saison 2. C'était ça, donc c'était pas loin. Ouais, ouais.
- Speaker #1
Pour quand même, t'as un bon kilomètre. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
C'est de la descente. C'était par le vent. C'était par le vent. Après, on a fait des After à Club Calypso. On a fait des After... Bah, on a fait l'After au Regatte, pas cette année, mais l'an dernier. Sauf qu'en fait, le truc de l'After... C'est un peu, du coup, forcément, t'as envie que la nuit continue, tout ça. Mais en fait, tu vois, on se rend compte que les gens, s'ils ont vraiment profité d'Apollo, et nous aussi, c'est dur. Parce que du coup, tu vois, l'ambiance, elle n'est pas au max. C'est pas t'arrives au reggaet à 22h, t'es frais, viens faire ta teuf et tout.
- Speaker #1
Puis mine de rien, il y a une petite coupure.
- Speaker #0
Il y a une petite coupure, ouais, c'est ça. Et puis du coup, en fait, là, on essaye plus de mettre l'accent vraiment sur le festival et de dire aux gens attendez pas de venir à 19h parce qu'il ya un after apollo ça commence à qu'un ami qui a dit et du coup venez juste profiter de l'expérience complète parce que c'est une expérience musicale qu'on veut complète depuis l'ouverture il se passe des trucs à des activités l'aprem tu peux venir avec tes enfants il ya des stands et tout le monde fin c'est trop cool il ya des jeux d animations et tout donc du coup là la stratégie c'est ouais c'est de justement de se dire le festival n'a pas besoin d'after pour exister mais c'est ça l'événement il faut pas Il faut que les gens comprennent ça. Et là, par exemple, cette année, avec l'affluence qu'on a eue sur le samedi, les gens y sont bien compris. C'était trop cool, ça faisait trop plaisir de voir les gens arriver tôt, venir en masse. Cette année, c'était la première fois qu'on a annoncé le sold-out sur le samedi. Donc c'est super positif.
- Speaker #1
Et combien la capacité ?
- Speaker #0
Alors là, cette année, on a coupé à 3 500 dans l'implantation telle qu'elle était. Parce qu'en fait, on peut mettre plus de monde. Mais tu vois, là, au bar, il commençait à y avoir de l'attente et tout. Le but, ce n'est pas de faire rentrer pour faire rentrer et que du coup, tout le monde à l'intérieur vive un mauvais moment. On s'est dit du coup, pour la première fois, là que vu comme tout fonctionnait, les flûtes de trucs, les bars, l'entrée et tout, c'était cool de se dire juste...
- Speaker #1
Ça marche bien comme ça.
- Speaker #0
Non, c'est bien. Les gens qui ont pris leur place, ils ont eu raison. Ils ont prévu à l'avance. Et puis, désolé pour... Je ne pense pas qu'il y ait eu des centaines non plus de gens qu'on a refusés. Mais tu vois, désolé. Mais la prochaine fois, il faudra prévoir parce que là, du coup, ça commence à plus être agréable à l'intérieur. Et nous, on ne veut pas ça, en fait. Clairement, tu vois. On veut que ça reste un bon moment, que tu ailles la place de danser, que tu n'ailles pas 45 minutes d'attente au bar. Quand ça commence à devenir ça, ce n'est pas cool. Donc, voilà. Là, nos solutions, c'est justement d'améliorer l'événement pour faire en sorte que ce soit fluide. Peut-être accueillir encore un peu plus de monde parce qu'il reste de la place sur le terrain. Mais du coup, réfléchir qu'est-ce qu'on fait des bars, qu'est-ce qu'on fait de la restauration et tout, pour que ce soit plus accueillant.
- Speaker #1
Tu parlais tout à l'heure d'une rétrospective, peut-être photo, de ces 10 ans d'expérience d'Elios. Qu'est-ce que tu as appris, toi, en 10 ans ?
- Speaker #0
Que l'événementiel, ce n'est pas facile. Non, en fait, le truc, c'est que ce n'était déjà pas facile avant le Covid et puis il y a eu le Covid. Ce n'était pas facile avant parce que tu vois l'événementiel.
- Speaker #1
C'est marrant parce que tout le monde dit ça. Ça a été vraiment... Il y a eu vraiment un avant-après.
- Speaker #0
Oui, carrément. Parce que tu vois, avant, ce qui n'était pas facile, c'était déjà le boulot en lui-même. C'est d'arriver le jour J, arriver à tout réunir, que ta prod fonctionne pour avoir tout ce dont tu as besoin et ouvrir ton événement à l'heure, que ça joue, que ça serve et que ça ferme à l'heure. Déjà, tout cet exercice-là, il n'est pas évident parce qu'il y a plein de choses qui rentrent en compte. Tu as plein de sujets logistiques, de stockage, de machin. Quand est-ce que tu peux arriver sur site et tout, ça dépend des lieux. Et organiser un événement, c'est déjà pas facile. Et du coup, Covid. Et du coup, Covid, en gros, t'as des aides pendant le Covid. Et puis en fait, quand le Covid s'arrête, il n'y a plus d'aide. Sauf que du coup, pour nous comme pour plein d'autres activités, il faut un peu de trésorerie pour recommencer à travailler, tu vois. Et puis recommencer à payer des accomptes et des trucs. Et sauf que du coup, nous comme plein de gens, on a recommencé à travailler sans argent. Et puis, ce que tu plantes, tu te plantes. Et là, il n'y a pas d'argent de côté. Donc voilà, ça a été un peu ça. Ça a été apprendre... Enfin, la grosse leçon, ça a été apprendre à se sécuriser, pas avoir les yeux plus gros que le ventre, et puis apprendre aussi à temporiser sur des événements que tu rêves de faire, mais que peut-être faut pas faire. Et que du coup, faut garder pour toi un temps, et puis les faire plus tard. Le Covid, ça a joué beaucoup sur le public, en fait. Le truc, c'est ça, c'est que... Bon, nous, quand on commence à bosser sans argent, enfin la France entière, c'était comme ça, puis pour nous d'ailleurs, le monde entier, tout le monde a galéré. Mais tu vois, dans la tête des gens, c'était du coup, n'importe quel événement peut s'annuler au dernier moment. Tu peux être malade au dernier moment, donc ça a eu une influence sur les billetteries qui a été terrible. Tu sortais des billetteries, les gens achetaient 24h à l'avance, c'était vraiment est-ce qu'il fait beau, est-ce que j'ai pas le Covid, est-ce qu'il n'y a pas des nouvelles règles ? Donc ça a été un peu ça, et du coup grosse méfiance de la part du public.
- Speaker #1
Oui, qui n'avait pas forcément envie de se rassembler.
- Speaker #0
Ben non, moins d'envie de sortir, tu vois il y a des gens à qui le Covid s'est arrêté et puis ils étaient juste en mode la vie reprend. Et en fait, il y a plein de gens, ça n'a pas du tout été le cas. Tu vois, ça peut être stressant. Si tu as eu un Covid long, si tu as été à l'hôpital, si tu as eu des gens dans ta famille qui ont été touchés par la maladie, ça peut vite être traumatisant. Et donc, du coup, nous, on a bien vu que... Il y avait un truc que... Pas que nous, dans le secteur global, tout le monde a fait ce postulat que, waouh, c'était compliqué en billetterie. Jusqu'à, je dirais que jusqu'à l'année dernière, c'était vraiment anxiogène, quoi. Depuis l'année dernière, tu sens que les gens se relâchent un peu, que ça refait la fête, qu'il y a de l'ambiance ça fait aussi longtemps toi Bah, je pense, ouais. Pour l'instant,
- Speaker #1
pour relancer un peu la machine. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Et puis après, encore une fois, moi, je parle de mon expérience personnelle, mais quand tu parles avec des gens qui tiennent des clubs à Paris, des machins et tout, ils sont toujours dedans. C'est fait, ils perdurent, quoi. Donc déjà, on est trop contents d'avoir survécu à ça parce qu'on a recommencé à faire des events et même si ça n'a pas été facile, il y a eu des trucs qui se sont passés. Et donc, voilà. Même s'il y a des trucs qu'on n'aurait peut-être pas dû faire. À un moment aussi, c'est comme ça, t'es à la fougue, ça fait deux ans que t'es chez toi.
- Speaker #1
Ouais, exactement.
- Speaker #0
C'est difficile de se dire, non, vas-y, on attend l'an prochain et tout. Mais ouais, t'apprends à être plus raisonné, t'apprends à être moins impatient et à plus construire les projets à l'avance, à plus anticiper les trucs. Et en fait, ça a été plein de leçons, que ce soit au niveau légal, administratif et tout, de s'arrêter du jour au lendemain.
- Speaker #1
attention quoi tu en as parlé tout à l'heure tu disais que des fois tu te mettais un peu des freins sur les lieux dans lesquels tu rêverais d'organiser quelque chose bah justement quels sont les lieux dans lesquels tu rêverais d'organiser
- Speaker #0
quelque chose bah il y en a plusieurs au Havre c'est vrai que bah Enfin, un lieu, c'est pas vraiment un lieu, mais tu vois, le port, ça a toujours fait rêver tout le monde. Parce que warehouse, parce que hangar et tout. Maintenant, c'est plus trop... Enfin, je sais pas s'il reste des hangars vides au port, je sais pas comment c'est.
- Speaker #1
Moi non plus.
- Speaker #0
Mais c'est ultra sécurisé, c'est très dangereux, parce que proximité des bassins avec l'effet d'hiver récurrent qui est un vrai tout. Donc ça, le port, ça nous a fait rêver. Le square Saroc, c'est un rock. Plain centre-ville. C'est une nuisance de l'enfer. Une nuisance de l'enfer. Donc ça, le soir Saint-Roch, je ne sais pas, peut-être que quelqu'un le fera un jour et j'aurais beaucoup de respect. Vous avez essayé. C'est un peu complexe. Non, on en a déjà discuté. Mais bon, après, tu vois, logiquement, je crois que la règle, c'est que déjà dans les espaces verts, tu n'as pas le droit de mettre de débit de voie son. Enfin, tu vois, tu rentres direct dans des négociations.
- Speaker #1
Ouais, qui dépassent le cadre du rêve.
- Speaker #0
En fait, tu as ce cadre du rêve de je rêve de faire ça. Et en fait, tu as combien ça coûte et c'est quoi le budget de mon événement ? et est-ce que c'était viable en fait ? et du coup le post-covid et tout ça nous a juste appris ça nous a appris d'y aller si c'est viable et à pas y aller si c'est pas viable donc t'as des trucs qui font rêver mais en fait une fois que t'es à tout mis bout à bout tu te dis mais là faut mettre des places à 45 euros sinon on s'en sortira pas et puis bah c'est le havre quoi tu vois genre on connait le public tu peux pas t'aligner sur des prix de Paris parce que ça suivra pas t'as beau parfois aligner des progrès qui te semblent incroyables au final t'as une personne sur 5 qui connait fin. Donc, tu as tout un jeu comme ça d'arriver à anticiper les problèmes et tout.
- Speaker #1
Et la forêt de Mongeon.
- Speaker #0
La forêt de Mongeon, grave. Il y a à penser beaucoup. Mais la forêt de Mongeon, c'est pareil. Qu'est-ce que tu fais en fait ? Si tu fais un truc payant, il faut barriérer. Mais du coup, ton truc, ça devient un festival de barrières erases où tu as des kilomètres de barriérage. Donc voilà, c'est un peu complexe. Ou alors, tu fais un événement gratuit, mais du coup, qu'est-ce que c'est ta rentabilité dessus ? dans ces cas là il faut aller chercher de la sub si tu fais pas d'entrée mais les subs il y en a plus c'est long ouais c'est un sudoku où je mets mes trucs il y a des cases à cocher obligatoire ouais c'est ça là il y a pas mal de collectifs qui ont fait le stade Océane tu vois l'année dernière qui ont fait les salons et tout nous c'est vrai que le stade on regarde ça un peu de loin pour l'instant mais on s'y intéresse parce que Tu vois, t'as des collectifs à Grenoble qui ont fait un truc dans les coursives, en fait, tout simplement. Et là, ça prend une dimension architecturale de dingue, machin. Mais pareil, ça s'improvise pas. Faut au moins faire un moyen gros truc pour que ça fonctionne, parce que tu dois privatiser un bout des coursives.
- Speaker #1
Y'a déjà eu une scène électro dans les coursives, si même mémoire est bonne.
- Speaker #0
Bah, je sais pas. Parce que les événements de... C'était Associé Assemble qui faisait les... qui faisait les salles de réception un peu à mi-tribune. Là, il y a Eclos qui a fait un hack fan il n'y a pas longtemps, mais moi, je n'ai jamais vu personne mettre de scène dans les coursives, en tout cas de mémoire. Mais si ça a été fait, je serais curieux de voir. Mais en tout cas, tu vois, c'est des plans comme ça, où du coup, il faut aller rêver sur des lieux. sont privatisables mais où du coup bah voilà faut réfléchir derrière un projet qui est viable et se dire est-ce qu'on vous laçoit la tuile ou pas ouais il ya plein de comme nous comme on disait il ya plein de cases à accrocher et jamais et c'est évident ça coule jamais de source quoi c'est ça c'est ça donc c'est pour ça là quand tu as un lieu comme le normandie qui s'ouvre pas trop cool c'est quoi c'est ça faut foncer parce que tu vois le magic je crois qu'ils ont carrément réduit voire interdit la fête depuis quelques temps enfin tu vois c'est trop compliqué pour rien gérer. qui se veut organisateur de fêtes. Donc voilà, il faut un peu moduler avec les nuisances que ça peut occasionner. Tout ça, c'est un grand casse-tête.
- Speaker #1
Tu as parlé, Victor, des bons côtés de ton métier. Tu as parlé des côtés un peu plus compliqués. Qu'est-ce que, dans cet univers, tu aimes un peu moins ?
- Speaker #0
Dans la musique ?
- Speaker #1
Dans le kéroscholique ? Dans l'événementiel ? Qu'est-ce que tu aimes un peu moins ? Qu'est-ce qui n'est pas trop ton truc ? Mais avec lesquels tu es obligé de dealer ? Parce que c'est ton métier.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui n'est pas trop mon truc ? Tu vois, tout le suivi administratif, tout ça, tout ça. En fait, je m'y suis mis, mais à la base, c'était un truc, ça me brasse, tu vois. Moi, je fais de la programmation, de la direction artistique et tout. Je suis grave à l'aise avec ces sujets-là. Mais alors, par contre, j'ai vraiment dû me mettre des coups de pied aux fesses pour aller remplir des tableaux Excel. et maintenant c'est cool parce que ça roule, parce que t'as l'habitude en fait c'est comme tout Après, ce qui peut me brasser aussi un peu, c'est les côtés un peu politico-discussions où il ne faut pas froisser personne, il faut laisser la parole aux riverains parce que c'est important, il faut que tout le monde aille son mot à dire. Les relations avec les institutions, souvent elles sont très bonnes, mais parfois il faut quand même bien s'écraser. Tu vois, en période électorale, t'as rien le droit de faire. Enfin, tu vois, c'est ce qu'on a vu pendant le Covid, en fait, tout simplement. Ils ont appuyé sur un bouton, l'événementiel, c'était fini. Et c'est un des secteurs qui a pris le plus cher parce qu'on s'est dit non, vous n'avez pas besoin de vous amuser. Et en fait, du coup, c'est un peu ça qui me brasse parfois, c'est que du coup, les gens ne se rendent pas compte de l'implication qu'il faut donner. pour organiser un événement c'est ça tu vois nous on fait une fête le samedi mais en fait tu remplis des camions jeudi et vendredi tu prépares ton kit tu montes machin t'as toute la com en amont le booking et tout et en fait parfois tu te sens pas trop épaulé et encore que nous tu vois on a rarement été trop demandé d'argent parce qu'on a bien compris que c'était un game vraiment complexe que c'était un métier à temps complet de demander de la sub on a plus demandé des autorisations de faire et Et c'est compliqué parce que souvent, tu te heurtes à des murs alors que ton projet, il n'est pas abusé. On n'a jamais proposé des trucs inimaginables, ou en tout cas, je pense. Mais du coup, c'est ça un peu qui peut être démoralisant. C'est que parfois, tu montes des projets, tu essayes, tu essayes. Et puis, il y a des gens parfois qui ne comprennent rien à ce que tu fais, qui te disent non. Et tu es un peu en mode, les gars, attendez, non, on ne vous demande rien. On fait juste vivre le truc. Enfin, tu vois, nous, on est... Je ne sais pas si on est pris d'une mission de faire vivre ça au Havre, mais en tout cas, oui, quand on a créé Elios, on s'est dit, on va le faire au Havre parce qu'à Paris, ils n'ont pas besoin de nous. Il y a déjà mille lieux, mille collectifs, c'est trop cool. On est trop content d'y aller jouer de temps en temps parce que tu te confrontes à un autre public, tu joues dans des lieux cools et tout. Mais nous, le Havre, on a entendu toute notre adolescence, il ne se passe rien au Havre. C'est un truc. Du coup, parfois, tu sens que le soutien, ce n'est pas facile, si ça n'arrange pas. à ce moment-là et tout, bah c'est non, désolé, ça va pas être possible et tout, et du coup ça c'est hyper dangereux parce que tu vois tu peux tuer des initiatives dans l'œuf démotiver des jeunes assos ou machin, alors que t'as plein de gens qui sont de bonne volonté et qui ont envie de faire plein de trucs et tout donc ça, ça peut être le truc un peu frustrant, tu vois, de se dire aïe ouais,
- Speaker #1
mais Ça ne t'empêche pas de bosser depuis 10 ans. C'est ça,
- Speaker #0
ça ne nous empêche pas de le faire. Mais il y a vraiment des fois... Enfin, tu vois, moi, j'ai ce truc de mettre beaucoup de sentiments quand même dans ce que je fais. Beaucoup d'affect. Beaucoup d'affect. Et ça ne m'a pas toujours servi positivement, tu vois. Mais du coup, quand on te dit non, tu es barré de ton truc. Mais vas-y, dis-moi pourquoi, parce que là, je ne comprends pas. Mais voilà, il faut faire avec. Après, dans mon boulot de tous les jours, tu vois, dans vraiment les émissions et tout, je suis passionné par ce que je fais, il n'y a pas de problème. Tu sais que c'est du boulot, qu'il faut se lever, qu'il faut se coucher tard, que machin. Mais ça, après, tu l'as choisi. Sinon, tu changes de boulot. C'est comme tout le monde. Si tu en as marre de ton travail, tu changes de travail. Tu vas faire autre chose. À la base, je viens plus de la communication. Ça pourrait être aussi un truc pour plus tard, je n'en sais rien. Non, non, j'aime mon boulot. c'est juste que du coup c'est pas toujours facile Tu te bats un peu contre des trucs que tu peux pas contrôler, donc...
- Speaker #1
Il y a assez de vies festives au Havre ?
- Speaker #0
Jamais assez. Jamais assez. Jamais assez.
- Speaker #1
Tu parles à un professionnel de la teuf.
- Speaker #0
Ce serait ça ma réponse, mais évidemment que ça n'a plus rien à voir. Enfin tu vois, on se disait, et peut-être toi t'as connu ça aussi quand t'étais jeune, tout le monde disait « Oh non, il se passe rien, on s'ennuie et tout » . Tu vois, nous les fêtes qu'on a connues quand on était ados et auxquelles on arrivait à aller, c'était les fêtes du Serpate, les Fonky Fresh, les Fonky Fresh et le Volcan. Moi, c'est vraiment ça. L'image de fête au Havre de mon adolescence, c'est 2000 personnes en bas du coin. Je ne sais combien de personnes rentraient au chausse-pied dans le cabaret en bas. Et puis, le duplex et tous ces trucs-là.
- Speaker #1
Moi, je n'étais pas très compliqué. Tu fais une bonne soirée au duplex, ça m'allait très bien.
- Speaker #0
C'est ça, tu vois. Un petit kangourou duplex. Il y avait des très bons trucs.
- Speaker #1
Pour avoir l'entrée gratos d'un truc qui était déjà gratuit.
- Speaker #0
Il y avait un truc. Mais... En termes de propositions culturelles, c'était pas dingo. Il fallait bouger du havre pour avoir ces propositions-là. Nous, quand on est revenus et qu'on a lancé Elios, comme je te disais, il y avait 329, il y avait la Shemizik El Tand. Mais bon, on n'a pas été beaucoup pendant longtemps. Et en fait, c'est aussi à partir du Covid, où il y a plein de collectifs qui sont nés derrière. Ou un an ou deux après le Covid, on est en mode ça a l'air terminé, allons-y. Et de là... ça a été l'effervescence totale et là c'est dingue enfin en tout cas alors je connais moins les autres styles musicaux mais tu vois pour le rock et tout ça tu as le flow weather qui marche très bien qui fait venir du monde de loin avec une programmation pointu et tout et nous en électro c'est pareil ça s'est diversifié mais c'est très impressionnant quoi tu as plein de jeunes collectifs qui se sont montés tu vois au havre ouais bien sûr
- Speaker #1
Ça c'est cool !
- Speaker #0
Que ce soit Echo, Eclos, Bunker, plutôt côté hard music. Ouais, Magma. Tu vois, Magma, où c'est très éclectique, mais du coup elles, elles sont que des filles, elles défendent leurs trucs et c'est trop bien, elles font les CNO, le V-Ging et tout. Enfin c'est ouf quoi, tu vois, ce genre d'initiative. Et puis t'as les Si ou Sand, enfin tu vois, t'as plein de collectifs qui se sont montés, qui proposent des trucs différents, qui ont grave ouvert le sujet en fait. Parce que tu vois, moi quand j'étais à Montpellier, je suis resté 5 ans à Montpellier, et j'ai tout le monde vraiment découvert la fête là-bas et les premières fois que j'ai joué devant des gens c'était là-bas mais je trouvais qu'il y avait trop peu de promoteurs que c'était un peu toujours les mêmes gens qu'organisés et puis qu'au final tu te retrouvais vite avec la même soirée dans un lieu différent et ça pour une scène c'est vraiment le plus dommage je trouve parce que c'est bien, il se passe des trucs mais rien de nouveau et là avec l'arrivée de tous les collectifs c'est trop cool parce que déjà Bah par exemple Thomas de Echo, il a créé un groupe, on est tous dessus, t'as tous les collectifs qui se parlent, ça se prête du mal. Ouais voilà,
- Speaker #1
c'est ce que j'allais vous demander, vous arrivez à bosser ensemble quoi.
- Speaker #0
Carrément tu vois, et nous c'est un truc que ça existait pas avant quoi, enfin tu vois, oui tu te croises, tu te dis bonjour et tout, mais là par exemple Echo ils ont rassemblé tout le monde en mode, mais attendez on est combien de collectifs, venez on se fait des apéros et on discute ensemble et tout. Il y a des superbes initiatives qui sont en train de se monter un peu en off tu vois de leur côté et tout. Et donc, du coup, c'est trop cool de voir ça. Et puis, nous, ça nous a reboosté aussi. Tu vois, après un peu la période post-Covid qui a été compliquée, où tu essaies de faire des open airs, ça galère, tu en as un qui marche sur cinq, enfin machin. Ça nous a carrément reboosté de se dire, « Waouh, mais là, c'est reparti, quoi. » C'est reparti comme en 40. Donc, je pense que le post-Covid, il a été aussi agréable pour sa WAF. C'est que le nombre d'initiatives qui se sont montées et où là, tu ne peux plus dire qu'il ne se passerait rien en WAF. parce qu'en fait, à l'année, ça vit. Nous on a un calendrier où on met toutes les dates de tout le monde dans l'électro pour voir un peu qui programme quoi, pas se marcher sur les pieds et tout, c'est dingue, tous les week-ends il se passe des trucs, donc c'est trop bien.
- Speaker #1
Victor, ça fait 50 minutes à peu près qu'on parle, j'ai une dernière question à te poser. Ma question c'est toujours la même, tous les épisodes se terminent comme ça. Cette question tu peux y répondre comme tu veux, me faire une longue tirade ou être plutôt concis. Cette question, la voici, Victor, pour toi, le Havre, ça représente quoi ?
- Speaker #0
C'est la maison. C'est évidemment la maison, mais une très belle maison. Une maison où ça fait plaisir à inviter du monde, pour qu'ils se rendent compte que c'est incroyable. Tu vois, nous, c'est une ville qu'on a toujours défendue, et on a toujours un peu donné cette réponse-là, mais le Havre, c'est chez nous, c'est la maison, et c'est trop bien. Et à chaque fois, tout le monde a un peu ses idées. Et t'es en fait juste, vas-y, viens, je t'invite à la petite rade. On boit un coup, on se pose sur un épi en bas. Puis tu me dis ce que t'en penses du jardin,
- Speaker #1
tu vois. Si tu veux avoir une maison, la petite rade est son jardin.
- Speaker #0
Je pense, en tout cas, la plage est son jardin. La plage est son jardin. Et puis que t'habites à la plage ou que t'habites à Danton ou à la gare ou à Graville, t'es à moins de 25 minutes de la mer. Donc ça, je trouve ça complètement fou. Moi, c'est la maison que j'ai aimé quitter et que j'ai adoré retrouver aussi parce qu'en fait, on est juste trop bien. Mais il ne faut pas trop le dire parce que là, tu vois, il commence à y avoir du monde et tout déjà. Par la vie cachée. Il faut qu'on garde un peu notre paradis caché encore quelques années.
- Speaker #1
On va essayer. Merci beaucoup. Avec grand plaisir. D'être venu dans le pot de yaourt. On le disait, Elios, 2026, les 10 ans, il va se passer beaucoup de choses. Tu l'as annoncé. première soirée au Normandie, ce sera en avril. Il y aura d'autres surprises tout au long de l'année. Apollo, évidemment, fin juin, chez Lili à la fête de la musique. Il y a déjà quelques rendez-vous qui sont calés, qui sont prévus. Et évidemment, plein d'autres surprises pour cette année qui s'annonce chargée. Voilà, en tout cas, merci encore une fois, Victor, d'être passé.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Merci de m'avoir invité, c'était trop cool.
- Speaker #1
Avec grand plaisir et quant à nous on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode dans le pot de yaourt. Ciao !