- Speaker #0
This is where, this is a new life, a new way,so...
- Ludivine
From Montreal, de Montréal, introducing people, je vous présente des gens, met on a, rencontrés sur un, dancefloor, pour parler de, to talk about, DANZ. Alors, nous en sommes déjà à l'épisode numéro 11 et aujourd'hui, on va parler avec Philippe. Philippe, c'est quelqu'un... Je me souviens clairement de la première fois que je t'ai vu, Philippe, et ça m'arrive pas avec tout le monde, ce premier moment-là, très clair, mais avec toi, c'est très clair. C'était à un Burning Sun et c'était mon premier Burning Sun. Et quand je suis arrivée, je suis arrivée très tôt. Et toi, t'étais là, dans l'espace, et on n'a pas eu un contact ce jour-là ou cette fois-là. C'était la fois d'après. Et les Burning Sun, pour ceux qui ne savent pas, c'est un événement mensuel habituellement. C'est ça, le cycle des événements. Et donc, c'est un mois plus tard que là, moi, je suis venue à toi. Parce qu'il s'est reproduit la même chose. On s'était retrouvés pas mal ensemble en début d'événement. Et là, je suis venue t'aborder. Puis, on a eu une première discussion à ce moment-là. Le contact a été établi. Moi, c'est mon souvenir de toi. Et je veux juste rajouter que si je suis venue vers toi la deuxième fois, parce que c'est pas... Je l'ai mentionné avec Mélissa dans mon entrevue précédente, mais moi, je suis de nature plutôt introspective. C'est-à-dire que je suis capable d'être avec les gens, mais je suis pas quelqu'un qui va aller vers les autres systématiquement. Si je vais vers les autres, c'est parce que... Mon intuition me dit de le faire. Et dans ton cas, c'est ce que mon intuition me dit de faire. Je t'avais vu danser, bien sûr, la première fois. Puis j'avais vu le plaisir que tu as à danser et à bouger. Et moi, je remarque beaucoup le mouvement des danseurs sur un dancefloor. Et je trouve que toi, ton mouvement est très unique. Bon, oui, on pourrait dire que tout le monde danse de façon très unique, mais il y en a que c'est moins vrai que d'autres. Puis toi, dans ton cas, je trouve que ton mouvement est très spécifique, très unique. Et je savais que tu étais un amoureux de la danse, que c'était quelque chose d'important pour toi. Et c'est pour ça que j'ai établi le contact la deuxième fois. Donc voilà, c'est comme ça que moi, je t'ai ancré dans ma mémoire, si on veut.
- Philippe L.
Bien, en fait, c'est certain que ça me parle, et puis j'ai des souvenirs que c'était un Burning Sun. Est-ce que c'était le deuxième, ça je n'ai pas nécessairement ce souvenir-là. Évidemment dans la scène, parfois il y a des moments qu'on rencontre des gens pour 3, 4, 5 fois. J'ai des histoires de gens qui me viennent en tête que même après 20 fois qu'on se présente ou quoi que ce soit, il y a des gens qui ne nous connaissent même pas, en meilleur puis en pour en pire. C'est super drôle ce genre de situation-là, mais oui, c'est clairement un Burning Sun, puis il y a une intensité, un amour de ça qui se ressent avec toi aussi, une passion claire là. Puis je pense que ça fait partie de pourquoi on connecte avec l'espace qu'on connecte et avec les gens qu'on connecte, certainement.
- Ludivine
Oui. Oui, ça, je l'ai déjà mentionné dans les épisodes précédents, ça aussi cette espèce de fait-là, comme tu viens de le décrire, que des fois, on va croiser des gens, tu sais, de nombreuses fois, puis il n'y aura jamais vraiment de contact qui va comme s'ancrer. Je parlais d'ancrage dans ma mémoire de ce moment-là avec toi, mais des fois, c'est tout le contraire. On dirait qu'on a beau rencontrer quelqu'un, un visage, puis ça va prendre vraiment du temps avant qu'il y ait un moment qui va vraiment plus s'installer dans l'espace-temps entre les deux personnes. Je ne sais pas. Mais il y a des gens dans ma liste parce que, bon, pour ceux qui ne connaissent pas le projet, je suis une liste que j'ai établie. en fonction de l'ordre dans lequel j'ai rencontré les gens. Mais bien sûr, tout ça est un peu aléatoire, parce que c'est assez difficile de reconstruire ce genre de liste-là. N'empêche que j'ai des gens dans ma liste que c'est justement ce genre de situation-là, que ça a vraiment pris du temps. On se croisait souvent, mais ça a pris du temps avant qu'on ait un réel contact qui m'a fait dire « OK, là, je vais mettre cette personne-là sur ma liste. » C'est intéressant. D'accord. Alors là, est-ce qu'on est à l'étape question ?
- Philippe L.
Absolument. Je suis prêt. Je suis curieux, en fait, de quelle question que je ppogne, parce que ça peut aller dans tellement de directions.
- Ludivine
Ça peut, mais tu sais, c'est ça, c'est tout relié à la danse et à la danse sur des rythmes EDM. Fait qu'au moins, on a ça de général, mais en effet, ça peut aller un peu n'importe où. Donc, je vais lire la question en même temps que toi. Je ne la connais pas. Et donc, allons-y. C'est assez de base, je te dirais, Philippe, comme question.
- Philippe L.
Ah!...
- Ludivine
Fait qu'on peut... Non, mais c'est de base, mais on peut aller n'importe où, tu sais. On va se dire ça. Fait qu'on va l'aimer quand même, là, d'emblée, cette question-là. Qu'est-ce qui t'a donné envie de commencer la danse ? Pis tu vois, on n'a jamais eu cette conversation-là, toi et moi.
- Philippe L.
Effectivement, on n'a jamais eu cette conversation-là. Pis c'est drôle parce que c'est une conversation que les gens dans cette scène-là ont beaucoup. On a rapidement... c'est une des chose, un des « icebreakers » qui peut exister, c'est qui t'a amené ici? Parce que pour la majorité des gens qu'on va rencontrer, tu ne tombes pas nécessairement là-dedans tout de suite. C'est quelque chose que tu apprends, qui grandit. Tu peux arriver tôt. Il y a des gens qui font ce choix-là ou que la vie les amène là très tôt. Ou il y a des gens qui arrivent beaucoup plus tard. Moi, c'est un très bon ami à moi qui était anciennement un collègue de travail qui m'a amené à cet espace-là. Il m'a amené au Stereo après qu'on ait arrêté de travailler ensemble. Je n'avais vraiment jamais été exposé nécessairement de façon concrète à la musique électronique.
- Ludivine
Tu avais quel âge environ à ce moment-là Philippe ?
- Philippe L.
J'avais 29 ans.
- Ludivine
OK.
- Philippe L.
J'avais 29 ans la première fois qu'on m'a amené.
- Ludivine
Puis là, maintenant, tu as quel âge, juste pour situer les gens ?
- Philippe L.
J'ai 33 pour référence.
- Ludivine
OK. Ça fait que ça fait 4 ans, là.
- Philippe L.
Oui, exact. Ça fait 4 ans. Je venais de changer d'emploi. J'avais pris beaucoup de décisions de changer des choses dans ma vie parce que je sentais un besoin de vouloir connecter différemment avec l'expérience que je vivais. Puis ça a donné que j'ai dit oui à cet environnement-là. Je suis rentré là avec, ben pas de travers, je pense. C'est vraiment pas la bonne façon, mais avec une petite curiosité un petit peu nerveuse. Certainement.
- Ludivine
Là on parle du Stereo. C'est ta première expérience?
- Philippe L.
Du Stereo spécifiquement, exactement.
- Ludivine
Pourquoi tu étais nerveux ? Est-ce que tu avais entendu parler de l'endroit ? Tu avais-tu des idées préconçues ?
- Philippe L.
J'avais des idées très préconçues vis-à-vis la culture et l'environnement autour de la musique électronique.
- Ludivine
C'est-à-dire ?
- Philippe L.
Évidemment, c'est un subculture très fort. C'est un subculture que je n'avais jamais nécessairement connu. Évidemment, il y a des associations avec ça, avec la consommation, naturellement, avec le party aussi.
- Ludivine
Là, on parle de consommation, on va juste clarifier, on va sortir le chat du sac. On parle de consommation de drogue.
- Philippe L.
Ouais.
- Ludivine
Parce que EDM, je pense qu'il y a beaucoup d'idées de cette association-là, que les gens consomment de la drogue, moins de l'alcool. Parce que justement, comme dans un endroit comme le Stereo, il n'y a pas d'alcool, qui est vendu parce que c'est un all-nighter. Donc, c'est un peu l'idée de l'endroit, c'est qu'il n'y a pas d'alcool de vendu. C'est ouvert de minuit à peu importe l'heure le lendemain, que ce soit 8 heures le matin ou 1 heure de l'après-midi, dépendamment des DJ. Mais en gros, c'est des boissons avec des électrolytes qui sont vendues, des power drinks, de l'eau...
- Philippe L.
Du café, du Gatorade, des Red Bull, des choses comme ça.
- Ludivine
C'est ça. C'est ça.
- Philippe L.
Exact.
- Ludivine
Puis donc, toi, c'est ça, on revient au fait que tu avais cette idée-là, comme beaucoup de gens ont, qu'il faut consommer ou les gens qui sont dans cette sous-culture-là consomment de la drogue.
- Philippe L.
Oui. Puis l'association qu'on a, l'éducation culturelle que l'on a, c'est que les gens qui font ce type de consommation-là, c'est des gens qui n'ont pas d'avenir, qui n'ont pas de vie. C'est leur obsession.
- Ludivine
Oui, c'est des losers.
- Philippe L.
Des losers, exactement.
- Ludivine
C'est des losers qui consomment de la drogue et qui vont danser toute la nuit. Définitivement, je pense qu'il y a beaucoup de gens dans la société qui ont cette idée-là de la culture ou de la sous-culture. C'est très réel comme idée préconçue, en effet.
- Philippe L.
Puis, très drôlement, ben, drôlement, on met après, avec le temps, c'est pas drôle, ça me surprend même plus, au contraire, je suis arrivé là et les gens que j'ai rencontrés, même dans cette première soirée-là, c'était des gens qui avaient une profondeur, qui avaient une ouverture pour discuter, même avec des inconnus, de sujets que je n'avais jamais nécessairement eu l'opportunité ou pris le temps d'avoir, même avec des gens qui étaient proches de moi, qui étaient des gens que je considérais... des gens de, entre guillemets, « higher class » , des gens qui, moi, je trouvais qu'ils étaient des bons citoyens, et ainsi de suite. Des gens qui n'avaient pas cette réflexion-là préalable. Donc, j'ai eu, ça a été un très gros choc de rencontrer des gens qui avaient, dans cet environnement-là, disons à 6 heures du matin, qui avaient une profondeur, et qui étaient capables d'avoir une profondeur comme ça dans un environnement-là, où est-ce que tu as une infinité d'autres choses à vouloir faire, mais ils étaient capables de se « grounder » et de venir avoir une conversation profonde, intéressante avec soi dans ce space-là.
- Ludivine
OK. Là, je suis super curieuse, OK ? Je te pose la question. Est-ce que tu te souviens d'une de ces conversations-là et où ça a eu lieu dans le Stereo et avec qui ? Et là, je te rajoute une autre question. Est-ce que tu es encore en contact avec cette personne-là ? Est-ce que c'est encore quelqu'un que tu revois à ce jour dans la scène ?
- Philippe L.
Donc, je n'ai pas nécessairement... Je ne sais pas, je ne pourrais pas dire si c'est la première soirée. Évidemment, l'ami qui m'a amené là, Mo, avait contact avec certaines des personnes que l'on connaît mutuellement aujourd'hui. Donc, il y a Pawel et Melissa que tu as déjà interviewées. Il y a Wafa aussi qui est une des personnes, Joël et des gens comme ça. Donc, il y a une multitude de gens comme ça que j'ai rencontrés rapidement. Je sais pertinemment que Wafa et Pawel, ce sont deux personnes avec qui j'ai parlé dans les premières fois que je suis allé. Est-ce que c'est la première fois ? Première fois, non. Mais une des personnes qui m'a marqué, puis ce qui a été quand même surprenant, c'est quelqu'un qui s'appelle Xavier. Aujourd'hui, c'est un flight attendant qui voyage beaucoup, qui n'habite plus vraiment à Montréal.
- Ludivine
Oui!
- Philippe L.
Il connaît plein, plein, plein de monde, en fait, dans la scène.
- Ludivine
Moi je l'ai rencontré totalement par hasard à un set de Julie-Anne.
- Philippe L.
Ok, oui, tout à fait.
- Ludivine
Il était venu voir un set de Julie-Anne à Cosmo Vision.
- Philippe L.
Ouais.
- Ludivine
Puis c'est ça, on s'est rencontrés là. Donc je sais de qui tu parles.
- Philippe L.
Exact. C'était très anodin. Il n'y avait aucune... Mais, il n'y a rien de plus, mais c'est quelqu'un qui a démontré une gentillesse et une ouverture.
- Ludivine
Ah oui, il est sweet, sweet, ça là, c'est...
- Philippe L.
Exactement, il est vraiment sweet. Ça avait été vraiment marquant de recevoir cette connexion-là avec des gens très rapidement. de façon que je ne savais pas qu'il était nécessairement possible.
- Ludivine
Mais en même temps, je trouve ça beau ce que tu dis, parce que tu dis, je ne savais même pas que c'était possible, mais en même temps, c'est comme si cet événement-là ou cette expérience-là, justement, t'a fait comprendre que ce l'était.
- Philippe L.
Oui!
- Ludivine
Donc est-ce que tu dirais que ça l'a motivé la suite des choses pour toi, de revenir, d'y retourner ?
- Philippe L.
Absolument, absolument. il y a eu... Cet aspect-là a certainement motivé la chose. Ça l'a ouvert une certaine curiosité vis-à-vis de l'expérience humaine, qui est une profondeur que je n'étais peut-être pas nécessairement conscient qu'elle était là. Donc, ça l'a motivé d'être une curiosité de dire, bien, m'exposer à ça, m'exposer à ces gens-là, va peut-être m'apporter quelque chose qu'il me manque, right? Ou d'apprendre quelque chose qu'il me manque. La deuxième couche à pourquoi je suis resté, par contre, puis je ne veux pas... absolument pas l'oublier, parce qu'on s'est évidemment ce qui t'a attiré à venir me parler la première fois, c'est la danse elle-même.
- Ludivine
Hmm-hmm...
- Philippe L.
Je n'aurais jamais eu connaissance de cette habilité-là que j'ai, cet intérêt-là, cette motivation-là, cette sensibilité-là que j'ai, si je n'avais jamais été emmené dans cet environnement-là.
- Ludivine
Est-ce que le premier soir, tu as dansé ?
- Philippe L.
Oui!
- Ludivine
Est-ce que tu te souviens de ton corps ? Dans l'espace, puis de la réaction de ton corps?
- Philippe L.
Oui... Est-ce que je suis capable de me souvenir directement ? Non...
- Ludivine
Non, non, mais tu sais, comme je veux dire, vaguement là.
- Philippe L.
J'avais de l'inspiration de la part de Mo, qui lui étant quand même un danseur qui a du cran, il a de l'énergie quand il danse.
- Ludivine
OK.
- Philippe L.
Lui aussi.
- Ludivine
Je l'ai sûrement déjà vu là...
- Philippe L.
Sûrement...
- Ludivine
Je dois t'avouer que je ne peux pas le replacer juste avec ce surnom-là.
- Philippe L.
D'avoir eu ce modèle-là, d'une certaine façon, puis lui, c'est pas quelqu'un qui va nécessairement sur le dancefloor comme bien des gens. Il reste en arrière. Il reste dans son espace, un petit peu plus isolé, il fait ses affaires, il danse, il danse, il va aller sur le fumoir, il fait sa petite soirée, d'une certaine façon. Donc, c'était une façon sans trop être overwhelming d'être introduit à ça. De pas nécessairement aller comme ce... pitché dans le dancefloor au milieu de la foule par quelqu'un qui était nerveux, qui avait beaucoup de difficultés avec des foules, avec des environnements un petit peu plus populés. D'avoir été avec lui... Ça a fait l'espèce d'introduction assez soft...
- Ludivine
En douceur, exact.
- Philippe L.
Exactement.
- Ludivine
Oui, puis c'était un safe space.
- Philippe L.
Exact.
- Ludivine
Tu sais, comme une personne, pour moi, ça peut être un espace. Parce que justement, on revient au tout début, quand j'ai utilisé le terme « ancrer » , ancrer quelque chose dans la mémoire. Mais on a des points d'ancrage aussi dans la vie. Puis nos safe spaces, qui sont nos personnes clés, mon Dieu, que ça fait du bien. Puis comme tu dis, c'est tellement un beau cadeau de la vie. Tu sais, que tu aies eu cette introduction-là tout en douceur, pour que tu y ailles à ton rythme, pas d'être complètement plongé dans le cœur d'une foule immense, parce que le Stereo a quand même aussi ça comme avantage: c'est un bel espace où on peut circuler, même quand il y a foule, on peut trouver un espace pour être en tranquillité. Un peu plus en retrait, comme tu expliquais avec Mo. Bon, écoute, on arrive bientôt. En fait, je pense qu'on est déjà arrivé à notre 15 minutes, Philippe.
- Philippe L.
(Rires)
- Ludivine
Tu vois, ça va super vite à toutes les fois. Puis je suis super contente, encore une fois. Moi, j'en suis, bon, c'est toujours comme une brique de plus à mon projet. Mais c'est ce que je réalise, c'est que même, tu vois, c'est moi qui ai eu la réaction parce que... il y a un épisode où c'était Stéphanie, puis elle n'a pas trop tripé sur la question d'emblée. Puis là, tu vois, cette fois-ci, c'est moi qui trouvais la question... je dois avouer que je manquais moi-même de Love envers la question. Je la trouvais trop ordinaire. Puis encore une fois, regarde, on est allé, je trouve, à un très bel endroit. Tu as amené plein de belles informations, une belle richesse, des subtilités nouvelles qu'on n'avait jamais abordées encore jusqu'à cette étape-ci du projet. Donc... très, très fertile comme entretien. Donc, je te remercie et je ne suis pas surprise, bien sûr. Comme mon intuition me l'avait dit quand je suis venu t'aborder.
- Philippe L.
Ben absolument.
- Ludivine
Tu recèles plein de trésors dans toi et je te remercie.
- Philippe L.
Merci beaucoup de m'avoir invité. Vraiment, ça a été un honneur quand tu m'avais parlé du projet à l'origine. J'avais en tête... Il me semblait que tu m'avais dit que j'étais numéro 5 sur la liste, donc la liste a changé avec le temps.
- Ludivine
Oui, ça a bougé.
- Philippe L.
C'est correct, il n'y a vraiment pas de stress. J'ai fait comme quand tu as dit 11 tantôt, j'étais comme, ah, l'ordre a changé.
- Ludivine
(Rires)
- Philippe L.
C'est correct, il y a des gens qui étaient plus importants, je comprends.
- Ludivine
Ah, ce n'est pas l'importance, ce n'est pas l'importance.
- Philippe L.
(Rires)
- Ludivine
C'est juste l'ordre dans lequel... Non, c'est ça.
- Philippe L.
Non, non, je sais...
- Ludivine
En fait, je vais être très honnête avec toi, c'est qu'il y a beaucoup de gens du... Piknic Electronik qui sont venus s'insérer parce que j'ai repensé à des gens que j'avais rencontrés avant Pawel. Et j'ai décidé de les inclure.
- Philippe L.
Ah!... OK.
- Ludivine
Donc Pawel, tu sais, pour moi, Pawel, c'est un peu ce que Mo a été pour toi.
- Philippe L.
Oui!
- Ludivine
Tu sais, c'est la personne qui m'a... Tu sais, comme tu expliquais souvent, on a comme une personne qui nous amène dans le milieu. Il y a des gens qui vont tomber dans le milieu un peu par hasard, peut-être par eux-mêmes, parce que par intérêt pour la musique, pour les événements, pour un DJ ou peu importe.
- Philippe L.
Absolument.
- Ludivine
Mais souvent, je suis d'accord avec toi, je pense que c'est comme une espèce de... pas un secret bien gardé, mais tu sais, c'est ça. Il y a comme une passation de connaissances qui se fait
- Philippe L.
Hmm-hmm.
- Ludivine
Et ça revient à l'idée de la communauté et ça revient à l'idée de ce projet-là. C'est pour ça que le projet est né. C'est parce que je suis convaincue qu'il y a quelque chose de spécial dans la ville qui se passe.
- Philippe L.
OK.
- Ludivine
Et l'exercice de ce projet-là, pour moi, ne fait que le confirmer. Voilà. Tu fais partie de cette confirmation-là. Et c'est d'ailleurs ce que toi-même, tu disais dans tes réponses.
- Philippe L.
Absolument.
- Ludivine
C'est qu'il y a de la profondeur et une richesse humaine insoupçonnée et insoupçonnable.
- Philippe L.
Oui.
- Ludivine
Les gens ne peuvent pas... Puis en fait, je pense que chaque humain est riche en soi. Mais je pense honnêtement que les paramètres de la communauté EDM à Montréal font en sorte que... Cette richesse-là, elle est plus accessible ou plus facilement accessible, un peu comme ce que tu as vécu la première fois au Stereo.
- Philippe L.
Absolument.
- Ludivine
Eh bien merci Philippe, encore une fois.
- Philippe L.
Ça me fait plaisir.
- Ludivine
Selon Philippe, accéder aux événements EDM est souvent rendu possible par initiation, par invitation. Un membre de la communauté suggère à un nouvel individu de venir tenter le coup de vivre cette expérience de réceptivité musicale, comme Mo l'a fait pour lui il y a quatre ans. Philippe nous raconte comment il fut ce nouvel individu, appréhendant cette expérience avec nervosité, mais également comment il était alors un individu socialisé, animé de préjugés. Comme beaucoup d'humains socialisés, ces réunions d'humains pulsant au rythme de sons électroniques, il les jugeait du haut de sa perspective d'humain socialisé qui avait son shit together, qui suivait un parcours établi et entendu et évitait de fréquenter des endroits où les participants étaient réputés pour consommer des substances illicites. Philippe dit de cette soirée initiatique que cela le marqua de vivre des connexions qu'il qualifie de profondes avec des étrangers et qu'il ne pensait même pas qu'une telle chose était possible. Il confirme aussi que ce constat fut l'une de ses motivations à répéter l'expérience. Fait intéressant dans l'épisode précédent, nous avons abordé le sujet des choix que nous faisons en tant qu'humains quand vient le temps de vivre les 24 heures qui constituent chacune de nos nouvelles journées sur cette planète. Nous avons vu que la théorie de la motivation de Maslow classe les besoins humains en cinq niveaux, si pas sept en réalité. Clairement, quand Philippe nous explique sa surprise liée à la qualité humaine qu'il a rencontrée lors de sa première expérience sur un floor EDM, il décrit un mélange des besoins d'appartenance et d'amour, ceux de l'estime et aussi ceux en lien avec l'accomplissement de soi. Le facteur humain qui l'attendait la nuit de cette initiation l'a rendu curieux vis-à-vis la nature humaine, vis-à-vis celle des autres le voyant lui pour qui il est, mais également curieux vis-à-vis de la sienne de nature humaine, par le fait même. Au contact de ces étrangers si accueillants, il aperçut le potentiel de ce que j'appelle le Love, cette valeur universelle qui vibre dans chacun de nous, toujours. Le Love qui est nul autre que cette fréquence spirituelle qui apaise, qui relie, qui connecte, qui nous fait ressentir la sécurité émotionnelle, qui nous nourrit de cette source lumineuse qui nous habite tous et toujours, mais qui est enfouie sous nos couches d'oignons accumulées au fil de nos années à évoluer dans notre société. Reprenons ici un terme évoqué par Philippe, celui de « sous-culture » . Si je sers à l'entité IA les mots « sous-culture EDM » dans sa barre, voici ce qu'iel m'offre en retour, en s'appuyant principalement sur un article intitulé « EDM Rave Culture » disponible sur le site Internet pédagogique du Grinnell College dans la section « Sous-culture et sociologie » . Née dans les communautés queer, noires et latines des années 1980, la sous-culture EDM gravite autour de la philosophie rave et de l'acronyme PLUR, paix, amour, unité, respect. Autrefois mouvement contestaire underground, elle s'est muée en une industrie commerciale mondiale tout en conservant ses valeurs fondamentales d'inclusion et d'évasion. Les fondements de la culture, origines et inclusion. Historiquement ancrée dans les clubs underground de Chicago et de New York, elle offre un espace de liberté et d'expression sans barrière de genre ou de classe. Le code moral PLUR. Ce principe directeur encourage la tolérance, le respect et la bienveillance sur les lieux de fête. L'expérience sensorielle. Les événements reposent sur une fusion immersive de musique et de visuels, lumière, laser, souvent amplifiée par une forte communion de groupes. Quand Philippe a vécu son premier Stereo, permettez-moi cette expression, il a goûté à l'élixir de cette inclusion, à cet espace de liberté et d'expression, sans barrière de genre ou de classe. Les humains autour de lui lui ont ouvert les bras, et son corps a déverrouillé le mouvement dans ses membres, liberté et expression, dans un climat de tolérance, de respect et de bienveillance. Le Love, chacun le porte, toujours, mais dans nos train-train quotidiens, il est facile de l'oublier, d'avoir de la difficulté à se syntoniser à cette fréquence universelle qui patiente dans notre cœur. En contexte EDM, en contexte de cette sous-culture ayant comme principe fondateur le PLUR, Peace, Love, Unity, Respect, chances are que notre fréquence s'éveille et nous irradie, de notre cœur vers ceux des humains qui partagent l'espace avec nous, de ces humains qui irradient ce Love également, de leur cœur au nôtre, disposés à le faire, dans ce setting intentionnel qu'est un dancefloor de musique électronique. Comme le dit un track célèbre, « Open up your heart, what do you feel ? »