- Speaker #0
A A Z
- Speaker #1
Aujourd'hui j'accueille dans le studio de A A Z Tim Boll que ce soit durant sa carrière de surfeur pro ou par la suite, derrière les platines, en tant que DJ, Tim a toujours cultivé l'art du décalage et de la discrétion. Aujourd'hui, on va dépasser cette discrétion pour découvrir que Tim a plein de choses à nous raconter. Tim Boll, je suis ravi de t'avoir dans le studio de A à Z. Figure-toi que quand j'ai commencé ce projet, tu étais dans le tout premier nom dans ma liste de rêves d'invités. Ah ouais ? Je voulais avoir, donc voilà. Ce rêve se réalise aujourd'hui, je suis ravi de t'avoir.
- Speaker #0
Moi aussi je suis ravi d'être là et honoré d'être dans la liste.
- Speaker #1
Tous ces personnages illustres. Tu es surfeur professionnel, passionné de musique, d'art, de culture. On va commencer par les origines de Timbal. C'est assez trouble, n'est-ce pas ? tu as grandi entre les îles, tu as pas mal déménagé quand tu étais enfant.
- Speaker #0
Oui, j'ai pas mal déménagé. C'est assez trouble. À chaque fois que quelqu'un me demande d'où je viens, c'est assez trouble, même pour moi.
- Speaker #1
Je te dis ça en rigolant, mais après, à chaque fois que je t'entends en parler, j'apprends des nouvelles choses.
- Speaker #0
Moi aussi. Non, plus sérieusement. Je suis né aux Antilles, à Saint-Martin, parce qu'à Saint-Barth, il n'y avait pas de... D'hôpital, donc ma mère est née sur l'île d'à côté, mais on habitait à Saint-Barthes. Donc voilà, j'ai grandi là. Les premières années là-bas, après mes parents déménageaient, voyagent pas mal. On était un peu sur un bateau, sur terre aussi, dans des maisons.
- Speaker #1
Quand tu dis on était sur un bateau, c'est que vous avez vécu sur un bateau ? Par moment, ouais, par moment. Mais aussi, mes parents ont traversé deux ou trois fois l'Atlantique avant que j'aie un an et demi, donc avec moi à bord.
- Speaker #0
Ensuite, après les Antilles, un peu de Brésil, Australie et puis pour terminer en France, dans le sud-est.
- Speaker #1
Donc, ils étaient influenceurs voyage avant Instagram, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est les grands précurseurs.
- Speaker #1
C'est de là que vient mon amour pour ces choses-là. Pour Instagram, on va en parler plus tard. Donc, très rapidement, tu déménages en Méditerranée.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et comment ? Comment ça se fait que tu démarres le surf ? Parce que je crois qu'au début, tu étais à fond de voile, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, exactement, à fond de voile. Comme une fois que le surf est arrivé, vraiment passionné, que ça en tête, toute ma vie c'était ça.
- Speaker #1
Donc tu faisais des compétitions, tu étais en club, tes parents étaient à fond derrière toi.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais, beaucoup de route, les régates tous les week-ends, les entraînements, les trucs, ouais, ouais, beaucoup, ouais.
- Speaker #1
Donc là, t'as quel âge quand tu fais ça ?
- Speaker #0
De, on va dire de 8 à... Non, un peu avant même, de 6 à 12, quoi.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ouais, sachant que j'avais un petit peu navigué, enfin non, tu navigues pas seul avant, mais oui, Donc vraiment période optimiste, 6 à 12, quoi. Et le surf... J'avais un petit peu surfé, parce que j'ai des photos avec une planche aux Antilles quand même.
- Speaker #1
Mais tu t'en rappelles absolument pas ?
- Speaker #0
Non, je ne me rappelle pas. Et un jour, en rentrant d'un entraînement de voile, j'ai vu des gens surfer à Cannes. Et je me rappelle que c'était à ce moment-là dans ma tête, je me suis dit je veux resurfer et finir la voile du jour au lendemain. À l'instant même.
- Speaker #1
Comme ça ? Comme une évidence, comme une illumination.
- Speaker #0
radical ça t'est tombé dessus ouais ouais ouais je les ai vus je me suis dit c'est bon je vais resurfer et sachant que c'est peut-être pas aussi radical que l'idée à germer un peu avant je pense parce que je me rappelle que la fin d'un été on était allé faire une régate à Maubuisson et donc on était à Lacanau et j'ai des vagues souvenirs d'avoir été en contact un peu avec avec le surf, c'était sûrement mon premier contact. Mais après, donc, je suis parti de là et arrivé là. C'est là, le jour où j'ai vu les gens dans l'eau à Cannes, quelques mois plus tard, que je me suis dit, allez, je veux resurfer.
- Speaker #1
Et ça a été instantané comme décision ?
- Speaker #0
Instantané.
- Speaker #1
C'est-à-dire, ça s'est manifesté comment ? Tu as arrêté du jour au lendemain les compétitions de voile ou tu t'es un peu sabordé pour...
- Speaker #0
Je me suis complètement sabordé. J'ai dit à mon père que je voulais arrêter.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
je ne sais pas. Je pense que c'était un peu dur pour lui. Mais je gagnais régulièrement et après je faisais exprès de perdre. À partir de ce moment-là.
- Speaker #1
Donc déjà très jeune, dans la voile, tu avais un sens de la compétition.
- Speaker #0
Oui, quand même.
- Speaker #1
Qu'on va retrouver plus tard dans le surf. Donc là, tu as 12 ans et tu décides de te mettre à fond au surf en habitant en Méditerranée. Oui.
- Speaker #0
Pas évident. Pas évident, sachant qu'à l'époque, le surf, ce n'était pas ce que c'est maintenant. Là-bas, il y avait une communauté surf, mais pas énorme. Il n'y avait pas de prévision. Il n'y avait juste pas... Ça n'a rien à voir avec maintenant, le nombre de personnes qui surfaient, tout ce qui est autour, la culture surf et tout. Je veux dire, moi, à l'école, à partir de ce moment-là, puisque je suis direct que c'est ce que je voulais faire, et à partir de ce moment-là, même à l'école, je me rappelle, je parle... Si un prof me demandait ce que je voulais faire, je disais que c'était ça.
- Speaker #1
C'est un surfeur pro.
- Speaker #0
C'est comme si tu dis que tu veux être skieur alors que tu habites au milieu du Sahara.
- Speaker #1
Donc tu as la détermination, tu as la vision, tu y crois.
- Speaker #0
Il n'y a aucun doute. Souvent j'y pense et je me dis que ce serait tellement incroyable d'avoir ça toute sa vie. Ouais, je ne sais même pas si c'est de la détermination. La détermination, elle vient après, mais c'est juste d'avoir aucun doute. Quand tu es sûr et certain de quelque chose et au final, tu sais que tu vas y arriver. Je ne sais même pas pourquoi, mais je savais que ça allait finir comme ça et que ça allait marcher. Alors que j'étais là-bas et que je commençais juste à surfer, il n'y avait rien. Je veux dire, je n'avais aucun contact, même avec le sud-ouest pour commencer.
- Speaker #1
Alors que c'est là où tout se passait, entre les Landes et le Pays Basque. Toi, tu es dans ton coin, en Méditerranée. Donc, qu'est-ce qui fait que tu vas te retrouver à faire tes premières compétitions, à rencontrer tes premiers sponsors ?
- Speaker #0
À partir du moment où j'ai commencé en Méditerranée, mes parents m'ont soutenu. Avec mon père, j'allais du coup, après ça, les étés d'après, je venais à Biarritz et Anglette. Donc là, je commençais à regarder les compètes ici et tout. Et puis, petit à petit, je rencontrais du monde. Et voilà, je pense que c'était en deux ans. Parce qu'à 14 ans, je suis venu ici, au Pays Basque. J'ai été détecté sur une petite compète locale en Méditerranée. On m'a dit, ça serait bien que tu viennes faire les compètes dans le sud-ouest et tout ça. Donc, je suis allé. Et après, j'ai fini au sport-études à 14 ans.
- Speaker #1
D'accord. C'est très jeune.
- Speaker #0
Ouais, c'est jeune, ouais. à partir de vivre seul puisque mes parents étaient en Méditerranée donc j'étais d'abord en famille d'accueil et voilà donc seul à 14 ans qui est assez bon et c'est mauvais côté
- Speaker #1
Et tes parents ils te soutenaient énormément dans tous tes projets sportifs ton père t'amenait d'abord aux compètes de voile et après aux compètes de surf et là Pour te souvenir, ils sont obligés de te lâcher. J'imagine que ça va être très dur et pour eux et pour toi.
- Speaker #0
Je pense que ouais. Ça doit être dur, mais en même temps, ils n'avaient pas le choix.
- Speaker #1
Ils n'avaient pas le choix.
- Speaker #0
C'était sûr et certain. Et toi,
- Speaker #1
à 14 ans, tu le vis comme un trauma de te retrouver sans tes parents ?
- Speaker #0
Je ne me suis pas posé la question sur le moment. Après, mais... Avec le temps, non, pas comme un trauma, mais je ne sais pas si ça aurait été mieux d'avoir mes parents là, peut-être. Ils étaient séparés, mais au moins d'avoir un de mes deux parents, peut-être. Mais voilà, t'apprends d'autres choses aussi, en étant tout seul.
- Speaker #1
Toi qui as deux enfants qui ont 8 et 10 ans, aujourd'hui en tant que parent, tu les laisserais partir à 14 ans ?
- Speaker #0
Non, pas du tout. Et ce qui est fou, c'est que ça n'a jamais été aussi facile que maintenant. On a tout pour communiquer sur le moment et tout ça, et à l'époque, pas du tout.
- Speaker #1
Ouais, c'était quoi, un coup de fil de temps en temps ?
- Speaker #0
Ouais, vraiment de temps en temps, ouais. Ouais, ouais. Mais pas de portable, pas d'internet, rien quoi. Donc non, je le ferai pas Après le contexte est différent Moi je suis avec ma femme On est en famille On est pas séparés Moi le contexte était différent Mes parents étaient séparés Je prenais le train tout seul De 9 ans Ou 10 ans Je faisais 4 heures de train tout le week-end pour aller chez mon père Tout seul,
- Speaker #1
avec ma planche sous le bois En Mitterranée Donc en fait, la séparation de tes parents tu as rendu autonome très jeune. Oui, je pense, oui.
- Speaker #0
Plus autonome qu'un autre enfant de stage-là.
- Speaker #1
Et tu penses que c'est quelque chose qui, au final, t'a aidé à avoir ce moteur interne pour réaliser ton rêve ?
- Speaker #0
Je pense que ça a aidé, oui. Ça a aidé. Après, c'est comme tout, il y a le pour et le contre. Ça a aidé jusqu'à un certain point, mais ça aussi... D'autres effets, peut-être pas aussi bien, parce que quand tu es en famille ou que tu es un peu plus en groupe, ça t'apporte d'autres choses aussi. Donc, il y a du bon et du mauvais. Mais oui, oui, c'est clairement, c'était clairement un moteur.
- Speaker #1
OK, donc on revient à 14 ans. Tu intègres le sport-études à Biarritz, c'est ça ? Oui. Tu es en famille d'accueil ? Oui. Et là, c'est quoi les étapes suivantes ?
- Speaker #0
Voilà, c'est du coup beaucoup plus de surf pour moi par rapport à la Méditerranée.
- Speaker #1
C'est tous les jours quasiment ?
- Speaker #0
Ouais, quasiment tous les jours. Non, peut-être pas tous les jours, mais cinq jours par semaine. Les après-midi, donc l'emploi du temps aménagé, puis après les week-ends. C'était top, quoi. Vraiment plein de découvrir un peu ici, plein de nouvelles vagues, du coup.
- Speaker #1
Et puis surtout, t'es entouré de surf. c'est-à-dire que tu es avec d'autres étudiants surfeurs et j'imagine que tu commences à faire les compétitions aussi de manière régulière Oui,
- Speaker #0
les compétitions locales, après c'était les Coupes de France, les Championnats de France après au fil des années les Pro Juniors puis voilà jusqu'à 18 ans je suis resté au sport études J'ai eu mon bac et puis après, en gros, c'était parti. Plus la fin des Pro Juniors, parce que les Pro Juniors étaient jusqu'à 21 ans. Et en commençant un peu les EPSA à l'époque, les QS européens et tout ça.
- Speaker #1
Donc ça, c'est toutes les compétitions professionnelles qualificatives pour après accéder à l'élite mondiale. Les Pro Juniors, le circuit Pro Junior européen, c'est quelque chose qui est très important à cette période-là. Avant d'en parler, entre 14 et 18 ans, tu commences déjà à avoir des résultats. Est-ce que ça se passe, on va dire, comme tu l'as envisagé ?
- Speaker #0
Ouais, je n'ai pas vraiment de résultats. Je faisais souvent, après les grosses compétitions à cette époque-là, à cet âge-là, c'était les championnats de France, on va dire. Mais je n'ai jamais été trop, non, j'étais souvent deuxième. Après, pour les équipes de France, les championnats du monde, championnats d'Europe et tout, j'ai jamais eu de... J'ai fait championnat d'Europe, je crois que j'ai fait deuxième aussi. Championnat du monde, jamais fait de résultats particulièrement bons. Donc, c'était assez banal, on va dire.
- Speaker #1
Ouais, mais tu fais des podiums.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu fais suffisamment de bons résultats pour être repéré par tes premiers sponsors.
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
Et te qualifier en équipe de France, quand même.
- Speaker #0
Après, il y a un truc, on verra par la suite en discutant, mais même là, en en parlant, il y a quand même un truc assez récurrent. C'est marrant parce qu'en disant ça, je me dis que j'avais complètement oublié parce que je ne pense jamais à cette période. Mais d'avoir fini souvent deuxième, pareil en pro junior, c'est une blessure qui a fait que j'ai fini deuxième au classement ma dernière année junior ou l'avant-dernière, je ne sais plus. Et puis après, par la suite aussi, j'ai souvent fait deuxième. Voilà. Je pense que c'est la peur de perdre et la peur de gagner.
- Speaker #1
Ah, c'est intéressant. Donc, tu fais le circuit pro junior. Alors, ce qu'on disait, le circuit pro junior, c'est l'antichambre du surf professionnel. C'est là où, si tu arrives à un certain niveau, tes sponsors vont te dire, OK, on t'amène au niveau suivant, en gros. Parce qu'à ce moment-là, la décision de passer professionnel et d'intégrer le circuit européen... puis d'envisager l'objectif final qui est le circuit mondial et éventuellement un titre de champion du monde il faut que tu aies les partenaires derrière qui te suivent financièrement ouais ouais ouais c'est clair il faut surtout il
- Speaker #0
fallait de l'aide donc on a eu de la chance moi et les autres de mon âge qui performaient plutôt bien dans le groupe européen, d'être bien suivi, d'avoir l'opportunité de voyager, d'aller faire les compètes un peu partout, de commencer à aller faire les compètes à l'international. Ce n'était pas comme maintenant où il y a aussi beaucoup de... Je ne dis pas exclusivement parce que ce n'est pas que comme ça, mais il faut... Disons que maintenant, il faut un peu plus l'aide de la famille.
- Speaker #1
Donc là, on est début 2000. C'est une période où le surf business est encore en pleine explosion. Les marques, à ce moment-là, font le job des fédérations aussi, qui ne sont pas aussi puissantes que maintenant. En tout cas, en France, il n'y a pas encore eu l'effet olympique. Donc, c'est vraiment les initiatives des marques qui font le... supportent les carrières des surfeurs pro. Toi, à ce moment-là, t'es rentré déjà dans le team Quicksilver, c'est ça ?
- Speaker #0
Ouais. Ouais, ouais, à 14 ans, je pense. Ouais, 14 ans, ouais.
- Speaker #1
Donc, là, début 2000, le team Quicksilver, c'est le plus gros team qu'il puisse y avoir, et c'est le meilleur encadrement possible. Vous avez accès à des préparateurs physiques, c'est un peu les précurseurs de tout ce sport. D'amener le surf à un niveau professionnel avec... tous ces à-côtés sportifs, on va dire, qui existent déjà dans les sports plus classiques, mais qui sont encore très nouveaux dans le surf. Ils vous font des camps d'entraînement, par exemple, c'est ça ? Et toi, tu te retrouves dans cette dynamique-là ?
- Speaker #0
Oui, donc Quick, c'était clairement la marque qui mettait ça en place le plus. Il y avait les camps d'entraînement, il y en avait au Canary, en Australie, peut-être un autre, mais je veux dire... ils rassemblaient les jeunes les pros, les mecs du tour et ouais il y avait ça il y avait donc le préparateur physique on avait plein de conseils sur comment gérer les médias l'alimentation et tout après il faut savoir que c'était quand même le début de tout ça donc avec du recul les conseils n'étaient pas forcément très bons Mais la mise en place du processus, c'était quelque chose de vraiment top. Parce que sans ça, après, ça aurait mis plus de temps pour arriver à la suite. C'était les premiers, c'était quand même vraiment les premiers.
- Speaker #1
Puis t'es encadré, t'es pris en charge. C'est pas tout seul dans le temps.
- Speaker #0
Ouais, c'est clair. C'est clair, ce qui était énorme.
- Speaker #1
Et là, quand t'es dans ces camps, dans ces training camps, tu vois le niveau des autres. Tu te dis quoi ? Tu te dis que ouais, t'as le niveau pour... pour arriver au top, c'est quoi tes objectifs ?
- Speaker #0
Je crois que c'était par étapes. Moi, c'était vraiment, quand j'étais junior, je voulais gagner le tour pour junior. Après, passer au circuit européen et ensuite passer au circuit mondial. Parce que je pense que je voulais avoir la confiance de savoir que je pouvais faire quelque chose pour ensuite aller à l'étape d'après.
- Speaker #1
Donc vraiment, tu ne te projettes pas à très long terme,
- Speaker #0
c'est étape par étape. Pendant ces années-là, je ne me projette pas, mais j'ai toujours ce truc dont on parlait tout à l'heure depuis l'âge de 12 ans, de savoir que ça allait marcher.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
voilà.
- Speaker #1
Donc ce moteur interne, la flamme, elle est toujours là. Oui. Et après, tu as juste tes objectifs en fonction des années.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc justement, au circuit pro junior, c'est quoi ton meilleur résultat ? Tu ne le gagnes pas finalement ?
- Speaker #0
Non, je finis deuxième parce que blessure fin d'année et je loupe la dernière compète. Du coup, je finis deuxième. Et ensuite, le début des WQS européens. Même les WQS internationaux, mais plus forcément les européens. Il y avait plus de compètes à l'époque.
- Speaker #1
Donc là, à ce moment-là, le circuit est très chargé, je me rappelle. Il y a beaucoup de compétitions quasiment toutes les semaines. Et tu commences à voyager dans le monde entier. Tu as quel âge ?
- Speaker #0
19, 18. Je finis l'école à 18. 19, 20, je commence à faire les QS européens en même temps que les pro-juniors. Donc après, on va dire à partir de 20 ans, 21 ans. Et ça se passe comment ? Ça se passe bien. Je me rappelle, j'ai gagné un QS européen à Péniche, la première année.
- Speaker #1
Ça, c'est ta première grosse victoire ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Premier QS. Et après, à l'international, il y a quelques séries par-ci, par-là, mais rien de terrible.
- Speaker #1
Mais toi, tu ressens ça comment ? Tu te dis, je vis exactement ce que j'ai envie de vivre ? Tu trouves ça bien ? Tu trouves ça dur ?
- Speaker #0
Tu ne réfléchis pas trop parce que de tout petit, c'est ce que tu veux faire, c'est un peu ton rêve. Et puis tu te dis qu'au final, à l'époque, il n'y avait pas eu... Ce n'est pas comme maintenant où il y a 20 ans, 15 ans qui sont passés. Tu as quand même pas mal d'Européens qui sont qualifiés. À l'époque, il n'y en avait pas trop. Donc c'était un peu plus un objectif. Pas inatteignable, mais je pense que c'est pour ça qu'on a été autant à se qualifier en même temps. C'était vraiment un truc, c'était l'étape à passer pour un surfeur européen, pour se démarquer. Je pense que ça s'est fait un peu comme ça aussi.
- Speaker #1
C'est-à-dire, toi, au moment où tu commences le circuit professionnel, donc le circuit qualificatif, il y a eu Eric Robière, franco-brésilien, qui se qualifiait en 2004. il y a Mickey qui va faire sa première qualification en 2006 et c'est tout ou 2007 même 2006, 2007 c'est Jérémy Flores et Mickey n'est pas qualifié en 2007 il se requalifie en 2008 mais donc effectivement il y a eu Russell Winter juste avant en 2001, c'est les deux seuls européens, Eric et Russell qui se sont qualifiés toi quand tu commences euh... c'est clair professionnel ouais ouais ouais ah ouais ouais c'est clair ouais donc la qualification à ce moment là pour l'élite mondiale c'est déjà un objectif en soi ouais et c'est venu à ça un peu parce que moi mon rêve je me suis pas dit il y a 12 ans ok je veux être sur le CT mais je me suis dit je veux faire partie d'un
- Speaker #0
groupe des meilleurs saffards du monde je veux faire partie du truc et puis faire partie du truc bah c'était c'était être sur le CT quoi Petit à petit, ça s'est fait comme ça.
- Speaker #1
Donc, combien d'années tu passes sur le circuit qualificatif avant de te qualifier ?
- Speaker #0
À plein temps, on va dire 2021, 2022, un petit peu. De 21 ans, 22 ans. Pas faire tout le circuit, mais ensuite, on va dire vraiment deux ou trois années. 2 ou 3 années à plein temps donc au final c'est assez rapide quand même ouais c'est assez rapide parce que au début tu perds beaucoup, tu fais que perdre puis après t'as une compétition où tu passes quelques tours ça te donne un peu confiance tu vois que tu peux y arriver et puis tu commences à comprendre un peu ce qu'il faut faire et tout ça et puis voilà puis après une année tu fais 2 ou 3 bons résultats
- Speaker #1
tu vois ce qui te manque et puis après l'année d'après c'est l'année où je me suis qualifié donc c'est ça t'as la première année c'est la découverte deuxième année tu commences à comprendre les rouages apprendre tes marques et la troisième année ça a été performant ouais ouais ouais c'était fait ouais et donc tu te qualifies pour le circuit mondial pour l'élite mondiale en 3 ans donc là on arrive en 2009 C'est ton année sur le World Tour, c'est une grosse année pour le surfeur européen, au sens où vous êtes, si je me rappelle bien, 7 surfeurs européens. C'est une première, c'est jamais arrivé, et c'est d'ailleurs pas arrivé depuis cette année-là. Donc il y a tout un contingent européen, avec Jérémy Flores qui a déjà sa troisième année, Mickey Picon, Aritz Aramburu, Marlon Liebk, l'allemand, Thiago Pires, le portugais.
- Speaker #0
Michel,
- Speaker #1
Michel Bourresse et toi. Voilà, donc welcome to ce qu'on appelle le Dream Tour. Tu arrives sur le Dream Tour et là, comment tu le vis ce Dream Tour ?
- Speaker #0
Je pense que déjà, par rapport à ce que je disais tout à l'heure, moi, mon rêve, c'était de faire partie du truc. Donc, j'étais un petit peu arrivé au bout.
- Speaker #1
J'avais atteint mon objectif. Est-ce qu'il fait vraiment rêver, ce Dream Tour ?
- Speaker #0
Il fait rêver. Si ton rêve, c'est... Je pense qu'il faut plutôt, il faut plus d'audir. Si tu arrives là, il faut plutôt que tu te dises, je vais être champion du monde. Parce qu'au final, c'est la motivation qui fait tout. Si tu n'es pas vraiment à 100% dedans, motivé, ça ne le fait pas.
- Speaker #1
Et c'est ce qui s'est passé pour toi ? Parce que justement, si ton objectif, c'était d'atteindre le circuit mondial, une fois que tu y es, c'est quoi ton moteur ? C'est quoi ta motivation ?
- Speaker #0
Ben ouais... Il manque un peu le moteur, tu ne sais pas trop pourquoi tu es là, c'est pour ça que je pense que c'est super important, avec tout ce qu'on a maintenant, tout le côté psychologique, mental et tout, qui est beaucoup plus important que ce qu'on pense. Et c'est vrai qu'avec le recul, c'est quelque chose qui m'aurait beaucoup apporté, mais pour savoir pas. apprendre à se connaître, savoir pourquoi on est là, pourquoi on fait ça, qu'est-ce qu'on veut vraiment, etc. Et au final, c'est des trucs que je n'avais aucune idée à l'époque.
- Speaker #1
2009, on est dans les prémices d'un virage vers un nouveau niveau de professionnalisation des surfers, au sens où justement, il y a de la préparation physique, mais aussi de la préparation mentale. Là, on en est vraiment aux prémices. On voit certains des meilleurs. qui se sont accompagnés de coachs toute l'année. Toi, à ce moment-là, c'est quoi ton entourage ? C'est quoi ta structure ?
- Speaker #0
Moi, j'avais un entraîneur, on va dire, plutôt pour la prépa physique, mais un peu global.
- Speaker #1
C'était Xavier ?
- Speaker #0
Oui, Xavier Huard.
- Speaker #1
Que tu partageais avec Michel Bourrez, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, oui. Donc, j'avais lui, j'avais aussi... Andy King de chez Red Bull et un peu après c'est venu après Richard March 3 personnes que je trouve vraiment incroyables et qui m'ont beaucoup apporté
- Speaker #1
Andy King c'est un ancien surfeur pro qui est devenu le coach attitré du team Red Bull Surf à ce moment là qui a travaillé avec les McFanning avec...
- Speaker #0
Même un an après, Medina.
- Speaker #1
Toute l'élite qui était chez Red Bull. Toi, tu as intégré le team Red Bull quand tu t'es qualifié ?
- Speaker #0
En 2006 ou 2007,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
L'année où je me suis qualifié, on voyageait. D'ailleurs, c'était un groupe d'athlètes Red Bull qui s'avaient choisi pour les QS des Australiens, des Américains, Européens, Français, et voilà.
- Speaker #1
Et à ce moment-là, Red Bull, ça t'a apporté beaucoup de choses d'un point de vue logistique, d'un point de vue préparation physique, parce que c'est un peu leur trait de marque, c'est d'amener tout cet accompagnement. Oui, pareil, c'était le début, donc oui, ça a apporté,
- Speaker #0
mais ça a plus apporté au niveau du coaching avec Andy et par la suite Richard.
- Speaker #1
Richard March tu l'as eu un petit peu après un petit peu après donc Richard March pareil ancien surfeur pro du début des années 90 qui est très vite passé dans le coaching et qui aujourd'hui au moment où on parle il est au top parce qu'il coache entre autres Léo Furavanti qui est numéro 1 mondial et puis il en a d'autres mais il fait du travail de fond avec plusieurs surfeurs qui sont aujourd'hui dans le top 10 mondial
- Speaker #0
c'est clair il avait déjà Léo à l'époque qui était tout jeune et d'autres donc Red Bull ils ont apporté je dirais principalement ça vraiment et ensuite avec Xavier c'était plus c'était un peu tout mais j'irais plus l'entraînement physique et pour en revenir à ce qu'on disait tout à l'heure, j'avais bien évolué physiquement au niveau de l'entraînement Mais c'est vrai que mentalement... il n'y avait pas ce qu'il y a maintenant. Il n'y avait pas autant d'informations, d'aides.
- Speaker #1
Donc, on va spoiler, tu fais un an seulement sur le One Tour. Et comme tu dis, physiquement, tu es prêt. Au niveau de surf, il est largement au niveau, il n'y a aucun doute là-dessus. Donc, c'est quoi qui a fait que c'est le mental qui t'a manqué ? te requalifier ?
- Speaker #0
Ouais, clairement. Je ne sais pas. Je ne me dis pas non plus que j'avais le niveau pour faire quoi que ce soit. Je ne me pose pas la question. Je me dis juste qu'avec le recul, je me rends compte que je ne me connaissais pas vraiment. Je n'avais pas les outils pour vraiment savoir ce que je faisais là. quel objectif je pouvais me mettre, me donner. Donc voilà, oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu ressens quand tu passes l'année et que tu vois que tu ne vas pas te requalifier ?
- Speaker #0
Entre un soulagement et... Déception et soulagement. C'est vraiment 50-50.
- Speaker #1
Il y a un soulagement quand même.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Et pourquoi ? Pour soulager de quoi ?
- Speaker #0
Parce que quand tu ne sais pas pourquoi tu es là, tu n'as pas d'objectif précis.
- Speaker #1
Mais tu n'es pas à l'aise ? Il y a quelque chose qui ne te suit pas bien ? Tu n'es pas à l'aise.
- Speaker #0
On a remarqué ce qu'on disait tout à l'heure. Peut-être peur de perdre, peur de gagner, peur d'être hyper... C'est clair, ça n'a rien à voir avec maintenant, mais d'être hyper... Tu t'exposes complètement au final. Au lieu d'être, je dirais, dans le moment de... Et juste de s'amuser, de profiter, d'essayer de progresser, etc. Donc un peu toutes ces choses-là, oui.
- Speaker #1
Hormis le côté résultat, tu es déçu de l'expérience du World Tour en tant que telle ? Je ne sais pas, de l'ambiance des compétitions, de la qualité des vagues, je ne sais pas. C'est quelque chose que, par rapport à tes attentes, c'est quelque chose qui a été à la hauteur de tes attentes ou qui t'a déçu ?
- Speaker #0
Non, l'année n'était pas particulièrement bonne pour les vagues. Mais bon, au final, c'est toujours comme ça. Il y a des années avec, des années sans. Et puis, c'est pareil pour tout le monde. Après, déçu, c'était une année particulière parce qu'ils ont changé le format en milieu d'année où il y avait des éliminations directes. Comme il y a pu y avoir ces deux, trois dernières années où ça change tout le temps. Tu as des mecs qui ne servent que la moitié de l'année. Ensuite, il y a un cut. Bon, il n'y avait pas de cut à l'époque, mais... Ils ont changé en cours de route, donc c'était un peu déçu. Mais bon, au final, déçu, c'est toi, ton approche du truc et ton attitude qui fait que tu acceptes d'être déçu aussi. Parce que si tu sais clairement ce que tu veux, tu fais avec. Et puis, c'est un truc qui se travaille, d'être prêt, d'être optimiste.
- Speaker #1
C'est de changer de prisme, par exemple.
- Speaker #0
Oui, d'avoir le bon état d'esprit.
- Speaker #1
Et ça, aujourd'hui, tu en es conscient ?
- Speaker #0
Oui, complètement. C'est clair. Je n'ai pas de regrets, forcément. Je me dis, c'est comme ça.
- Speaker #1
Donc, tu as atteint cet objectif.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et derrière, 2010, tu es libéré du World Tour, on va dire. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
- Speaker #0
Il se passe que je refais un peu le QS. Mais pareil, sans vraiment savoir pourquoi, parce que tu te dis, tu as aussi des sponsors. Et puis le truc logique, c'est de se dire, OK, je ne suis pas requalifié, je vais essayer de me requalifier, etc.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
tu fais un peu en mode automatique. Et donc, je crois que pareil, il y a une ou deux places, je ne me requalifie pas. Et voilà. Voilà quoi.
- Speaker #1
Et voilà. Donc voilà, on le fait, 2011, tu ne te requalifies pas. Ouais. Donc tu refais une année sur le circuit qualificatif et après, tu arrêtes les compétitions. Ou tu en as fait quoi ? Une ou deux ?
- Speaker #0
Je crois que vraiment pas beaucoup. Peut-être quasiment plus, ouais. Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #1
Et là, tu décides d'être free surfer ?
- Speaker #0
Bah, free...
- Speaker #1
Tu restes surfer professionnel. Tu es encore... payé par tes sponsors.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais. Après, donc, je fais ça, oui. Bon, pas très sérieusement non plus, franchement. Mais ouais, voilà, quelques années. Et puis... Et puis après, c'est le début de tout ce qui est réseaux sociaux et tout ça. C'était pas trop mon truc.
- Speaker #1
Donc là, à ce moment-là, on est 2012-2013. Effectivement, le côté free surf devient une vraie carrière. Tu peux vivre du surf sans faire des compétitions, en faisant des images. qui jusqu'à cette période, c'est plus de la photo et de la vidéo. Et là, il y a effectivement l'apparition des réseaux sociaux où le surfeur pro devient aussi un créateur de contenu, doit gérer sa propre image. Ce ne sont plus les marques qui vont le faire pour lui ou elle. Et cette période-là, le côté réseaux sociaux, ce n'est pas ta cam ?
- Speaker #0
Non, pas du tout même. Déjà, ce n'est pas ma cas, mais après, il y a aussi ce truc. Je ne sais pas, c'était un peu bizarre. Tu arrives là, free surfer, déjà l'étiquette, et puis après, tu sors de dix années de compétition. Et ça se ressent dans ton surf. Il faut un peu de temps pour surfer un peu différemment. Et au final... Les meilleurs moments pour moi, c'était quand j'avais plus de sponsor après et qu'au final j'ai déconnecté complet. Et c'est là que j'ai pris le plus de plaisir à surfer jusqu'à maintenant.
- Speaker #1
C'est là où tu deviens un surfer corps. Où tu surfes juste pour toi. Ce fameux débat, qu'est-ce qui est corps et qu'est-ce qui ne l'est pas. J'ai quelque chose qui me vient à l'esprit là, c'est, dis-moi ce que tu en penses. Quand tu es free surfer... c'est pas ton truc, tu te sens bas à ta place t'es sur le World Tour mais t'as pas l'impression d'en faire partie est-ce qu'il y a pas quelque chose qui t'a suivi dans ta carrière où t'es toujours un peu t'as pas un outcast mais un peu outsider, t'as commencé le surf en Méditerranée alors que la Seine elle est plus dans les Landes et le Pays Basse tu vois tu viens des îles enfin t'as toujours t'as pas toujours été un peu en décalage avec ton environnement ?
- Speaker #0
Oui, carrément. Après, volontairement et involontairement, peut-être. Comme tu dis, il y a certains facteurs. Après, d'autres, on s'y met tout seul aussi.
- Speaker #1
Mais justement, il y a un facteur contextuel que tu ne maîtrises pas. Mais est-ce que tu n'as pas aussi une forme de recul par rapport à ça ? Je ne t'ai jamais vu sauter pieds joints dans tout un peu les clichés du système. Tu as toujours eu une espèce de défiance par rapport à tout. tous ces écosystèmes-là, non ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. C'est une nature quand même très timide, du coup, ça joue beaucoup. Peut-être pas forcément tout le temps les mêmes centres d'intérêt, donc, qu'on va dire, les groupes au milieu, on va dire. Mais tu es tellement dedans que forcément, tu es un peu influencé aussi. Et puis voilà, au final, tu peux faire la part des choses. T'entendrais avec tout le monde, tu vois, mais c'est pas forcément quelque chose que je faisais très bien, on va dire.
- Speaker #1
Socialisé ? Moi, écoute, cette théorie, j'ai l'impression que...
- Speaker #0
Mais c'est plus de la timidité à la base.
- Speaker #1
Ah ouais ? Ouais. Ok. Parce que moi, j'ai l'impression qu'il y avait aussi un côté quelque chose, peut-être que tu l'as cultivé, cette timidité pour aussi, toi, volontairement, avoir une distance par rapport à un peu l'aspect... grégaire et le mimétisme du milieu où tout le monde essaie de se ressembler j'ai l'impression qu'il y avait quand même une volonté de garder tout ça à distance ouais ouais ouais t'as
- Speaker #0
bien vu le personnage mais bon après ceci dit aussi maintenant avec le recul et les années en plus au final comme je dis Merci. L'un n'empêche pas l'autre. Tu peux aussi, c'est bien d'avoir des avis, des opinions, mais il faut aussi être ouvert à plus de choses possibles. Ok.
- Speaker #1
Et quand tu es encore surfer pro, c'est quoi ces choses possibles auxquelles tu vas t'ouvrir ? Comment ça ? Tu parles de s'ouvrir aux plus de choses possibles. C'est à ce moment-là que j'imagine que tu vas commencer à t'intéresser à d'autres sujets. Je pense au golf, je pense à la musique par exemple. Le golf, ça arrive assez rapidement. Pendant ta carrière pro, ça devient quelque chose d'assez obsessionnel, non ?
- Speaker #0
Ouais. Le golf, c'est arrivé la première fois en Australie. Et je me rappelle... C'est marrant, c'est un peu comme la première fois. J'en rappelle, arriver, mettre un premier coup, un bon coup. Le premier, on va dire que... que j'ai jamais tapé.
- Speaker #1
Comme toutes les bonnes drogues, le golf, c'est le premier coup qui te rend accro en général et te donne envie d'aller plus loin.
- Speaker #0
Là, c'était exactement ça. Et depuis, j'ai jamais eu... Ça n'a jamais été aussi bien. Malgré le temps passé et ce que ça implique. Mais... J'ai aimé avoir d'autres sans intérêt. Ça a... La musique, parce que j'ai eu plein d'influences différentes aussi dans ma famille petite.
- Speaker #1
C'est quelque chose qui a toujours été là ?
- Speaker #0
Ouais, quand même, ouais. Aux Antilles, déjà, beaucoup d'influences différentes. Après, du côté de mon père et plus de ma mère, vraiment beaucoup de musiques différentes. Et après, ma demi-sœur qui est allée partie jeune. de la maison, mais qui écoutait aussi beaucoup d'autres choses différentes. J'avais un peu curiosité, on va dire,
- Speaker #1
à ce niveau-là. Donc là, on revoyage dans le temps. On se retrouve vers 2013. Tu vois que ta carrière de surfeur pro commence. Ça y est, tu as envie de passer à autre chose. Et à ce moment-là, la musique va prendre une part importante de ta vie, puisque commence à te mettre au DJing, c'est ça ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Alors pour quelqu'un de timide, comment tu te retrouves derrière les platines ? C'est pas évident. Après, moi, je te pose cette question de manière tout à fait biaisée, puisque moi qui ai pratiqué le DJing pendant un petit moment, à la base, c'est comme prendre le micro pour des compètes. Moi, j'étais ultra timide quand j'étais gamin, et c'était une façon... complètement de me mettre en danger mais c'est moi qui décidais ah ouais ? à chaque fois que je te vois je me dis c'est fou d'être aussi à l'aise quand même ça a été une vraie lutte contre moi, je pense que c'était un moyen justement de m'affranchir de ma timidité et de me faire violence les premières fois je tremblais je me faisais des crises de panique ah ouais ?
- Speaker #0
moi je peux comprendre, c'est ce qui m'arriverait encore maintenant si je devais le faire donc qu'est-ce qui fait que tu te retrouves
- Speaker #1
Donc t'habites à Biarritz, et puis tu commences à passer des disques, c'est quoi la genèse de tout ça ?
- Speaker #0
C'était un ensemble de choses, déjà on sortait pas mal, puis on avait tout un groupe de potes, et puis on a voulu créer un... Collectif ? Ouais, non, ça s'est créé après, ça a évolué vers le collectif, mais c'était créer un endroit, on va dire, qui nous ressemble. Ok. Enfin, qui nous ressemble, en gros, on voulait un endroit où on pouvait sortir et qui...
- Speaker #1
En écoutant la musique que vous aimiez.
- Speaker #0
Ouais, voilà, parce qu'au final, c'est un peu du... C'est créer quelque chose parce qu'il y avait un besoin.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà. Et puis voilà, après ça s'est transformé en collectif, en soirée et tout ça.
- Speaker #1
Donc le collectif, c'est la Standard.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Qui va organiser des soirées biarrotes, inoubliables, avec une résidence sur le toit d'un des bâtiments de la Côte des Basques.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
qui deviennent des soirées cultes. C'est le Studio 54 de Biarritz pendant quelques années. Et toi, tu te retrouves aux manettes de tout ça. Oui,
- Speaker #0
vraiment. Il n'y avait rien de prévu. Et au final, je pense que c'est ça qui a fait que tous les bons côtés de... De ce truc-là, c'est tout ce qui était imprévu, justement. Qui n'était pas calculé. Et qui s'est fait comme ça, en fait. Ouais, c'est une énergie, on va dire.
- Speaker #1
Et ouais, ça se ressentait, c'est pour ça que ça marchait. Et donc, c'était moi, ce qui m'a fasciné au début, quand je suis allé à vos premières soirées, c'est que Biarritz, les soirées, c'était quand même quelque chose où il y avait une sélection, soit par l'argent, soit à l'entrée, soit le look, machin. et puis alors que vous, votre soirée, déjà, c'était gratuit. C'était des donations libres pour des assos. Ouais. Et tout, Tout était mélangé, tous les groupes étaient mélangés. Il y avait les surfers, les rugbymans, les gays, les hétéros, les jeunes, les vieux. Il n'y avait pas de VIP. Tout le monde était traité au même niveau. Y compris les DJ. Ouais. C'était super important. Et il y avait... Vous aviez plein de DJ invités, mais personne n'était à l'ancesté. On ne savait pas le line-up, on ne savait pas qui allait jouer.
- Speaker #0
C'était souvent une surprise.
- Speaker #1
Et toi, tu te permettais le droit de virer des platines, des grosses stars du DJing, s'ils passaient des morceaux trop commerciaux, c'est ça ?
- Speaker #0
Peut-être que s'ils n'avaient pas compris le principe de la... Ouais, peut-être. Et donc, c'est quoi le principe ? D'après toi, c'était quoi le principe des standards ? Le principe, c'est que... Bon, on va dire avec le recul, c'est pas d'aller dans la facilité, dans le sens où... Souvent, je pense à ça, je me dis au final, parce que t'as plein de gens qui se disent « Ah ouais, non, mais tu peux pas faire ci, tu peux pas faire ça, c'est hyper risqué et tout. » Mais au final, tu te dis, c'est de la... C'est de la musique. Il n'y a rien. Il ne va rien se passer. Tu ne prends pas de risques. Tu t'essayes juste de communiquer avec les gens avec des morceaux. Et surtout quand tu viens du surf, où il peut y avoir des risques.
- Speaker #1
Physique, pour pas personne.
- Speaker #0
Dans certaines vagues, etc. Là, il n'y a vraiment pas de risque. Le seul risque, c'est de te planter. Dans le pire des cas, tu peux te faire huer, j'en sais rien. Mais c'est tout. Donc, éviter la facilité.
- Speaker #1
Toi, tu avais ce qu'on appelle un dealer. C'est-à-dire que toi, tu aimes bien aller chercher des morceaux. que personne ne connaît, que tu vas trouver déniché, on ne sait pas trop où. Tu avais un côté très explorateur dans les morceaux que tu choisissais. C'est un set de Timbal, s'il ne ressemble qu'à un autre set.
- Speaker #0
Oui, je sais, peut-être. Je ne dirais peut-être pas tout le temps, parce que des fois, il y a des trucs bien, il y a des trucs moins bien aussi. Au final, je pense que ce n'est pas vraiment différent, sauf que tu as des gens devant, mais ce n'est pas différent quand c'est bien en tout cas. C'est juste de trouver une musique qui colle au moment et au final, ce n'est pas différent de quand tu es dans ta voiture et qu'il y a un paysage, une lumière ou un truc comme ça. Et que tu trouves le morceau qui va pile avec ce moment-là et que du coup, tu n'as plus de... tu penses à rien d'autre, tu es juste dans le moment et tout colle parfaitement.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
je vois très bien. Au final, ce n'est pas vraiment différent quand tu joues. C'est pour ça que j'ai énormément de respect pour les... Après, c'est triste l'image du DJ maintenant, mais pour des DJ, les vrais, on va dire. pas les vrais DJ parce que ça veut rien dire mais je veux dire les diggers collectionneurs etc il y en a qui font ça incroyablement bien et c'est dommage que ce soit presque un terme péjoratif maintenant le terme DJ ? c'est comme surfeur C'est pas corps de DJ. Il y a un côté transmission pour toi dans ce partage de musique. Enfin, oui, il y a un côté partage, en tout cas. Ouais, ouais, ouais, carrément, carrément. Je trouve que c'est... C'est hyper gratifiant de pouvoir arriver, parce que tu peux arriver et mettre des trucs. Tu es en soirée, OK, tout le monde veut danser, tu mets des trucs super dansants, bon, ça va être cool. Mais d'arriver à la même chose, avec des morceaux différents, et de faire attendre les gens, de vraiment créer une énergie.
- Speaker #1
C'est marrant ce que tu dis, de faire attendre. On est dans une culture de l'immédiateté, d'avoir du résultat tout de suite. Moi je pense que c'est une des raisons pour lesquelles j'ai commencé à prendre moins de plaisir dans le DJing, c'est que même moi je me sentais me formater vers quelque chose où tu joues plus des morceaux que tu sais qui sont des bangers, tu sais qui vont marcher, tu veux choper le dancefloor plus vite, et puis t'as moins cette envie de faire découvrir des morceaux. Je pense que c'est quand t'arrives à ce moment où... t'as plus le côté tiens je vais prendre des risques justement alors qu'il n'y a aucun risque comme tu le dis mais je vais mettre un morceau que vous ne connaissez pas et le côté de faire attendre et aussi je t'ai vu faire par exemple peak time, tout le monde est à bloc tu joues la techno à 130 bpm et puis d'un coup tu vas poser un reggae toi je t'ai vu faire ça plusieurs fois et ça rend les gens au lieu de le de casser le rythme, ça a l'air encore plus hystérique, en fait.
- Speaker #0
Je pense que tous les morceaux ont une... C'est pareil, tous les morceaux ont une énergie et une atmosphère, une énergie. Dans tous les styles, tu peux avoir un morceau de reggae qui est plus fort qu'un morceau de house, on va dire, qui est peut-être hyper ennuyeux ou hyper répétitif. Puis au final, c'est juste... Ouais, c'est juste essayer, je pense, de sentir ça. Mais c'est sûr que c'est comme on disait tout à l'heure avec l'exemple de la voiture. C'est un truc qui se fait avec le temps parce que tu fais attention à ça aussi. Par exemple, je suis dans ma voiture, je sais que je fais tout le temps attention à ça. Ou si j'écoute avec mes écouteurs, je suis dans un avion ou peu importe, en train de marcher. Je cherche toujours, mais je me pose toujours la question de savoir si le morceau colle avec le moment. Et s'il ne colle pas avant que je change, j'essaie de trouver un... Je vais toujours vers ça. Peut-être que ça a joué.
- Speaker #1
Les premières années de la Standard, tu fais beaucoup la fête.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu te perds un peu là-dedans, peut-être ? Ouais, ouais. En tout cas, tu... Tu fais beaucoup la fête. C'était un vrai besoin de casser avec ta vie d'avant, de vraiment tourner une page. Tu surfes moins à ce moment-là ?
- Speaker #0
Un peu moins, mais pas autant. Je pense qu'il y a eu une petite période, mais j'ai vite resurfé, beaucoup surfé. D'ailleurs, jusqu'à maintenant, c'était les meilleures années de surf de ma vie. Donc la période n'est pas aussi longue que ce qu'on pense à ma vie. Parce que je ne me montre pas en train de surfer non plus. Je n'ai pas de sponsor, pas d'obligation.
- Speaker #1
Mais tu as eu besoin quand même de breaker un peu du surf.
- Speaker #0
Oui, carrément.
- Speaker #1
De te perdre un peu, quitte à te perdre un peu ailleurs, avant de retrouver le surf et de te retrouver toi et de rééquilibrer tout ça.
- Speaker #0
Oui, énormément. Mais même, on en revient à ce qu'on disait tout à l'heure, tu sors de 10 ans de compète. Même au niveau de la façon de surfer. C'est un break, je ne sais pas si, on va dire, je ne sais pas si consciemment c'était nécessaire, mais ça s'est fait. Donc oui, ça devait l'être.
- Speaker #1
Et donc, le retour au surf, justement, c'est aussi par le plaisir et par surfer des planches différentes, peut-être avoir des attentes différentes.
- Speaker #0
Oui, j'avais eu plein de planches différentes, déjà juste après, même pendant la... Même pendant la dernière année sur le QS. Et ensuite, après ça, beaucoup de planches différentes. Après, il y a eu le break. Et après, j'ai continué. Après, j'aime toutes les planches. Mais c'est vrai que j'ai voulu même apprendre à faire du longboard. Longboard, plus grande planche. C'est bien d'être un bon kooks aussi. Tu te rends compte ? C'est vrai, c'est hyper... Surtout le longboard, quoi. Pas pour en faire bien, mais juste pour... Tu peux te faire plaisir avec tout.
- Speaker #1
On va revenir encore à la musique avant de reparler du surf. Les années standards, ça va durer de quoi ? En gros, 2013 à ce que tu partes habiter au Canary ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est-à-dire 2021. Tu en as tiré quoi de cette expérience d'avoir ce collectif, d'organiser des événements, de créer des web radios ? Tu en as tiré quoi ?
- Speaker #0
Déjà, le fait d'avoir fait un truc à plusieurs, d'avoir créé ça à plusieurs, et de l'avoir vécu pendant plusieurs années, avec toi aussi, c'est des super souvenirs, parce que ce n'est pas un truc que tu peux faire tout seul déjà, c'est complètement différent. Et puis le fait... d'organiser les événements, c'était cool aussi. Le côté créatif, surtout au début, je veux dire, limite le meilleur souvenir, c'est les flyers qu'on faisait au début. On collait des bouts de papier, des trucs à droite, à gauche, des collages, on prenait en photo, on faisait un PDF, c'était le flyer. Ça, et puis... Et puis, de petit à petit aussi... Découvrir autant de musique, c'est quand même une énorme partie du truc. Donc non, c'est tout positif. Et puis de voir que, comme on disait tout à l'heure, au final, je pense que ça peut marcher autrement aussi, mais de voir ce qui peut arriver quand rien n'est préparé, rien n'est prémédité. C'est juste l'énergie de plusieurs personnes qui crée quelque chose.
- Speaker #1
C'est un projet qui est resté très spontané et amateur au bon sens du terme.
- Speaker #0
Après, tu te rappelles, on a fait le mini-festival qui était bien cool. Après, pourquoi pas, on aurait pu continuer ça. Ça ne s'est pas fait, mais c'était aussi quelque chose de... parce que là aussi du coup c'était un peu c'était un peu la deuxième partie tu vois où c'était un peu plus plus organisé, plus carré et tout ça et puis c'était vraiment intéressant de faire une programmation différente comme ça on l'a monté en deux mois au final en plus en deux mois, oui il y avait une bonne programmation et mais ouais c'était top il y avait vraiment le début où c'était Tout était rassemblement d'énergie, on va dire. Et la deuxième partie, c'était plus un petit peu structuré.
- Speaker #1
Ça te manque aujourd'hui ?
- Speaker #0
Il y a des moments quand j'écoute. Quand je me retrouve dans ces moments-là, tu vois. Quand je me retrouve dans ces moments où... où tu écoutes de la musique qui colle parfaitement à un moment et qu'au final, tu as envie de la partager. Donc ça, ça me manque. Après, il faudrait vraiment que ce soit dans un contexte particulier parce que, comme on disait tout à l'heure, tu n'as pas envie de... Tu t'adaptes au public, mais t'as envie aussi d'avoir des gens intéressés. Qui sont pas là juste pour...
- Speaker #1
Pour se démonter. Ouais, ça ! Pour se décoller. Ouais,
- Speaker #0
ouais, ouais. Après, ça fait partie du truc. Ça fait partie du côté passif, ouais. Mais qui sont là... Ouais. Qui consomment de la musique comme quelqu'un, qui s'en fout, qui va dans sa voiture, qui met la radio, et ça va très bien. Ce qui est cool aussi.
- Speaker #1
Est-ce que... Justement, le fait que toi, ça fait plusieurs années maintenant que tu es sobre, que tu ne bois plus du tout. Est-ce que justement, tu t'arriverais à te projeter dans une soirée ? Voilà, tu es à deux heures du mat, tu as quand même beaucoup de gens alcoolisés autour de toi. Tu es en train de passer de la musique encore.
- Speaker #0
Oui, je pense que je le ferais. Je le ferais, ça dépend peut-être où. Je le ferais... Masqué peut-être Masqué j'aimerais bien T'as toujours voulu jouer caché
- Speaker #1
T'as toujours voulu faire le DJ Tu voulais mettre Andra T'as essayé de jouer Dodo plusieurs fois Ouais De couper les lumières Ouais T'avais ce côté un peu
- Speaker #0
Un DJ c'est différent d'un groupe Un groupe je comprends qu'il soit sur scène Un DJ je vois vraiment pas l'intérêt Surtout que ça incite les gens à...
- Speaker #1
À le regarder.
- Speaker #0
À le regarder. Je veux dire, moi, pour moi, idéalement, tu devrais être complètement isolé, quoi. Tu devrais pouvoir voir, mais eux, ils ne devraient pas pouvoir te voir. Peut-être un petit peu, j'en sais rien. Ça se discute. Après, c'est mon avis. Moi, dans l'idéal, c'est vrai que on ne devrait pas pouvoir te voir.
- Speaker #1
Alors que maintenant, on scénarise les DJ stars qui poussent... qui ont des écrans géants, qui ont leur tête sur des écrans géants alors qu'il se passerait une spéciale. Et c'est souvent ceux qui dansent le plus puisque tout le monde est en train de les filmer au téléphone.
- Speaker #0
Entertainer. Ouais, c'est clair.
- Speaker #1
Putain, ça sonne bien vieux con.
- Speaker #0
Après, il y a un temps pour tout. Ce qui est cool, c'est aussi qu'il y a des endroits qui sont comme ça. Mais heureusement.
- Speaker #1
Donc là, on arrive post-Covid. Ça y est, t'es père de famille, t'as deux enfants. Et là, avec Elodie, ta femme, vous prenez la décision de partir vous installer au Canary.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'est ça ?
- Speaker #0
Ouais. Après le Covid, ouais.
- Speaker #1
C'était déjà avant ? Non.
- Speaker #0
Non, l'année du Covid. L'année du Covid, on est parti fin d'année du Covid, ouais. Parce qu'après le Covid, juste beaucoup de monde, envie de changer, envie de vivre un peu différemment. Nos enfants avaient 3 ans et 5 ans. On se disait aussi que c'était cool pour eux d'être dans un endroit, passer plus de temps en extérieur. Un bon climat, système scolaire un peu différent, l'école que le matin.
- Speaker #1
Une vie simple.
- Speaker #0
Une vie simple, ouais. Et puis, moins de monde qu'ici. Mais voilà, je pense que c'était les raisons principales, ouais.
- Speaker #1
Et le surf, ça rentre en compte dans cette décision ?
- Speaker #0
Le surf, ça rentre en compte. Il n'y aurait pas de vague, on ne serait jamais allé là-bas. Donc, ça rentre complètement en compte. C'est un énorme facteur aussi. Mais vu qu'on surfe tous, les petits ne surfaient pas encore à l'époque. Ils ont commencé là-bas. Ma femme surfe, moi je surfe. On avait déjà passé pas mal de temps là-bas. Moi j'avais passé pas mal de temps aussi, même avant elle. Donc ouais, c'était un gros facteur aussi. Et donc suivant tous les critères que tu viens d'énumérer, les Canaris, ça a coché toutes ces cases. Ouais, ça a coché toutes ces cases. Non, c'était vraiment top et on ne regrette pas parce que pour les enfants, c'était quand même génial. Demi-journée d'école, les après-midi libres, tout le temps dehors, bon climat. Pour le surf, génial aussi, vraiment je pense,
- Speaker #1
les meilleures années de ma vie aussi. Et puis, ouais, voilà. T'en parles au passé, parce que tu... Vous arrivez à la fin de ce cycle-là ?
- Speaker #0
On arrive à la fin, peut-être. Oui, certainement. Les enfants sont un petit peu plus grands. Ils sont un peu aussi en demande de voir autre chose. C'est un endroit qui sera toujours super important pour nous. On est encore là-bas pour l'instant, mais c'est vrai qu'on réfléchit un peu à la suite.
- Speaker #1
Est-ce que justement, pour quelqu'un comme toi, qui écoute beaucoup de musique, qui aime aller faire des concerts, qui est très sensible à l'art, est-ce que c'est un élément qui manque quand tu habites sur une île comme ça ?
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais, clairement, ouais. Même s'il y a beaucoup de... parce que c'est pas... je veux dire, il y a beaucoup de culture locale. toute la culture locale, mais au niveau de la musique et tout, c'est vrai que c'est pas... C'est pas assez... Ouais. Culturellement... Niveau musique et art, c'est sûr que ce n'est pas aussi riche, mais ce n'est pas aussi varié que ce qu'on peut trouver ailleurs. Que ce soit ici ou parlons d'une grande ville, entre guillemets, ou sur le continent, on va dire. Et puis, ils ont leur culture locale, mais après, c'est vrai que c'est jeune. Ça a été beaucoup de... Même les gens qui s'installent, le tourisme de masse et tout, ça n'a pas encore apporté tout ce mélange, même si ça commence.
- Speaker #1
Donc, tu l'as dit, pendant un moment, tu as pris pas mal de recul par rapport à tout l'aspect professionnel du surf. Mais tu n'as jamais perdu la passion du surf, on a bien compris. Mais pendant que tu es au Canary, tu commences à... te réimpliquer d'une certaine façon. Et justement, il y a quelqu'un qui a une question à te poser là-dessus. Ok, tu sais, c'est une des traditions de ce podcast. On a des invités surprises qui vont te poser des questions.
- Speaker #2
Tim, on en a parlé un peu l'autre soir, mais c'est un sujet qui m'intéresse et que je voulais développer. Depuis quelques années, tu prodigues tes conseils à des jeunes surfeurs. qui veulent faire carrière ou qui s'orientent vers la compétition. C'est des conseils principalement techniques ou des conseils stratégiques liés à la compétition. Je sais que tu ne te vends pas comme coach et que ce n'est pas une fonction que tu endosses pour le moment, mais c'est très concrètement du coaching. Je voulais savoir ce que ça t'apporte à toi personnellement. Je sais déjà ce que ça apporte aux surfers. On en a eu des échos, on a pu voir déjà des retours concrets. Mais je voulais savoir, toi, personnellement parlant, ce que ça t'apporte de pouvoir transmettre ton expérience et ton bagage technique.
- Speaker #1
Alors, avant de répondre à cette question, qui est l'auteur de cette question ? Alors, c'est Vincent Kardazic, fameux réalisateur de nombreux multi-primés des festivals films de surf, dos au mur sur Jérémy Flores, Bagadam avec Benjamin Sanchez. Producteur exécutif de 100 Food Wave, la série sur Nazaré, sur HBO, entre autres. Ouais. On a cité quelques faits d'armes et qui a cofondé la société de production El Cartel avec sa compagne Julie Carnasic. Exactement. Donc Vincent, c'est qui pour toi ? Alors,
- Speaker #0
Vincent, on s'est connus quand j'avais 16, 17, 18 ans. Lui commençait dans la vidéo en même temps que je commençais dans le surf. La groupe avec Fabrice Jules, Alain Rioux. Donc on avait tous à peu près le même âge. Et on a fini par commencer les premières années ensemble. Puis on voyageait pas mal ensemble en Australie, Hawaï.
- Speaker #1
Oui, vous étiez le... Il y a quelque chose de générationnel. Vous étiez tous du même âge.
- Speaker #0
Oui, exact. C'est quelqu'un pour qui j'ai énormément de respect. Déjà en tant qu'ami. Et puis après, c'est beau de voir ce qu'ils ont fait avec Julie. Parce que déjà, jeune, son exigence, sa façon de travailler. C'était vraiment... C'est super beau de voir ce qu'ils ont fait. Et j'aurais dû m'inspirer de lui pour ma carrière.
- Speaker #1
Est-ce que vous ne partagez pas un petit côté socially au court, tous les deux ? C'est clair. Il est plus à l'aise que moi, quand même. Donc, cette question autour du coaching, tu lui réponds quoi ? Alors... Donc explique-nous pourquoi il te pose cette question déjà.
- Speaker #0
Alors il me pose cette question parce que, en étant au Canary, j'ai quelques parents qui ont su que j'étais là-bas, qui m'ont demandé si je pouvais entraîner leurs enfants. Et voilà, je ne l'ai pas fait tout de suite. Et puis maintenant, ça fait un petit moment, ça fait 2-3 ans. que j'entraîne quelques jeunes et... Et voilà, donc un peu de tous les niveaux. Certains qui surfent bien, d'autres qui surfent très très bien. Voilà. Donc après, dans la question... Qu'est-ce que tu en retires, toi ? Qu'est-ce que j'en retire ? Qu'est-ce que ça m'apporte ? Déjà, j'espère que ça leur apporte plus à eux qu'à moi. Parce que... Parce que... Moi, je suis... Ça m'apporte le plaisir de transmettre, principalement, parce que je ne pense pas que ce soit une position dans laquelle on s'attend à ce que ça nous apporte quoi que ce soit. Je pense vraiment que c'est vraiment juste ça. C'est le plaisir de transmettre. Par la force des choses, on apprend des choses. Par exemple... Ce dont on a parlé au long de la conversation, moi, je me suis rendu compte de certains trucs aussi sur ma carrière en coachant les jeunes. Mais ça, c'est, on va dire, avec le recul, ce que j'ai appris. Mais je veux dire, je ne pense pas que le coaching, ça doit apporter quoi que ce soit à l'entraîneur. La satisfaction. De bien faire et de savoir que tu transmets quelque chose d'utile. C'est déjà énorme quand même. Oui, c'est ça. C'est déjà énorme. Voilà, c'est ça. Et surtout de ne pas dire n'importe quoi, de ne pas inventer des trucs. De ne pas dire des choses juste parce que tu es là et que tu te dis qu'il faut dire quelque chose. Ce qui, à mon avis, peut arriver. Souvent.
- Speaker #1
Tu as le droit de dire je ne sais pas. Hein ? Tu as le droit de dire je ne sais pas.
- Speaker #0
Tu as le droit de dire je ne sais pas. Il n'y a pas une seule façon de faire les choses non plus. il y a des fondamentaux mais après moi je suis complètement et puis trop de coaching c'est pas bon non plus et puis une séance de coaching je pense pas que tu sois là pour dire à quelqu'un comment surfer t'es là pour guider je pense plus que autre chose après il y a des aspects techniques oui c'est sûr mais trop de coaching c'est pas bon trop de coaching c'est le coaching Trop de coaching tue le jeune, surtout à mon avis.
- Speaker #1
Il y a la notion de plaisir qui est importante.
- Speaker #0
Plaisir, et puis il faut que sa personnalité ressorte. Parce qu'il ne faut pas qu'ils servent tous pareil au final. Le truc de, il faut avoir la main là, il faut faire ci comme ça. Non, tu as 10 000 exemples de 10 000 mecs qui le font de façon différente, qui sont des surfers incroyables. Donc je pense qu'il faut vraiment adapter à chaque jeune et pas vraiment juste guider.
- Speaker #1
Donc tu l'as dit, il y a plusieurs niveaux dans les jeunes avec qui tu travailles aujourd'hui. Oui. Il y en a un qui sort du lot ? Oui. Tu peux en parler ? Oui. moi ? ouais donc le jeune Rocco
- Speaker #0
Rigliaco ouais qui serve très bien ouais ouais je l'ai pas toute l'année mais quand il vient au Canarie qui est un jeune italien qui est un jeune italien qui habite à Bali et qui une partie de l'année donc est au Canarie et que je dis ouais sur les 31 années et qui sort du lot vraiment au niveau international même dans les jeunes de son âge c'est un peu le ouais les
- Speaker #1
médias diront que c'est le nouveau Léo Ferravanti par exemple ouais Merci. Mais il est très très fort.
- Speaker #0
Oui, très très fort techniquement. Très très fort. Très à l'aise dans les grosses vagues déjà. Depuis l'âge de 10-11 ans. Et voilà, c'est un plaisir.
- Speaker #1
Et donc avec un jeune comme ça, tu vas travailler comment ? Quand tu fais des sessions avec lui, tu vas le voir surfer ? Tu le regardes surfer ? Et c'est quoi ce que tu vas lui apporter ?
- Speaker #0
Après, s'il y a des trucs vraiment flagrants, tu dis, mais en règle générale, c'est beaucoup sur le placement, le choix de vagues, les endroits où tu veux surfer dans la vague, essayer de nouvelles choses, tomber. Et puis... Surtout, ça va essayer de nouvelles choses et tomber. Parce que l'impression que j'ai, c'est que les jeunes sont trop pressés. devoir être fort très jeune et de finir du coup surfer tous de la même façon ok ils veulent tous se rassembler non mais ils veulent gagner la compète à 11 ans ils veulent gagner la compète parce que la compète est importante celle-là et celle-là et la prochaine et au final au final après moi mon avis c'est que je pense que c'est beaucoup plus important de se développer en tant que surfeur, la compète ça vient C'est le plus facile à apprendre. Mais je dirais que ça, vraiment tomber, essayer des choses, surfer des vagues différentes et se focaliser, donc ça, ce n'est pas mon rôle, mais se focaliser sur tout ce qui est mental et psychologique. C'est quasiment plus important. Je mettrais plus d'efforts là-dedans.
- Speaker #1
Tu dis que ce n'est pas ton rôle, mais quand même, il y a quelque chose que tu as mentionné tout à l'heure que je trouve intéressant. C'est qu'il y a une espèce de réflexion de toi, ton parcours sportif, quand tu coaches, qui te fait penser à toi, des erreurs que tu as pu faire. Donc du coup, est-ce que tu le partages avec les jeunes que tu encadres ?
- Speaker #0
Ah ouais, c'est clair. Mais je le partage parce que je vais partager ce que j'ai vécu, le bon et le pas bon. Le bon et le moins bon, on va dire. Enfin non, pas le bon et le moins bon. Ce qui a marché et les erreurs. Parce que du coup, j'ai appris de ça.
- Speaker #1
Mais c'est là où tu es crédible. C'est ton parcours à toi.
- Speaker #0
Je pense, je ne suis pas là pour dire si je suis crédible ou pas.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas de la théorie. Non, ce n'est pas de la théorie.
- Speaker #0
Et après, c'est pour ça que je dis, je n'irai jamais dire quelque chose à un jeune si j'y couche.
- Speaker #1
Tu n'iras jamais répéter quelque chose que tu as lu.
- Speaker #0
Non, voilà.
- Speaker #1
Par contre, tu dis, moi, j'ai fait cette erreur, ça m'a coûté tel titre.
- Speaker #0
Oui, ça, et puis aussi, non, même le fait de... J'écoute énormément de trucs sur... J'écoute énormément de... de... de choses sur... sur tout ce développement-là, sur la vie de sportif et tout, et puis tu colles un peu les morceaux du... Du puzzle et puis t'apprends comme ça aussi. C'est pour ça que je pense qu'il y a des choses hyper importantes. Comme on disait tout à l'heure, la peur de gagner, la peur de perdre. Ok, le stress. Qu'est-ce que tu fais les choses pour toi ? Est-ce que tu ne veux pas décevoir les autres ? Enfin, plein de choses.
- Speaker #1
Alors justement, la peur de gagner, tu l'as mentionné plusieurs fois. Mais on est resté en surface. Donc, qu'est-ce qui... Est-ce que tu as compris pourquoi tu avais cette peur de gagner ? Est-ce que tu l'as vraiment eu ? Oui, aujourd'hui, c'est un fait. Tu le reconnais ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Moi, je savais qu'à l'époque, déjà, quand je gagnais, je n'avais aucune envie de monter sur un podium. C'était vraiment une satisfaction personnelle, mais rien d'autre. Si je pouvais gagner et partir,
- Speaker #1
c'est parfait. Mais donc, tu avais peur de gagner parce que tu avais peur d'être exposé ?
- Speaker #0
Exposé et puis exposé inconsciemment les responsabilités qui viennent avec aussi.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Parce que je pense que les mecs qui arrivent à des très hauts niveaux et qui gagnent beaucoup, déjà, ils sont exposés. Ils ont des grosses responsabilités. Et puis donc, ça d'un côté, la peur de gagner, la peur de perdre parce que de penser aux conséquences. Et au final, ça paraît tout bête de penser à tout ça. Mais si tu n'y penses pas avant, si tu te cites. tu te dis pas avant, ok, le pire des cas, c'est quoi ? Je vais perdre. Voilà ce qui va se passer. Bon, ok, je suis à l'aise avec ça. Juste ça, si t'arrives à te dire ça, tu pars beaucoup plus à l'aise, quoi.
- Speaker #1
Donc ça, c'est faire des exercices de visualisation, en fait.
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
Ce sont aujourd'hui des pratiques très communes dans tous les sports professionnels. Visualiser. Ouais,
- Speaker #0
maintenant, ça paraît banal de dire ça, mais à l'époque, il n'y avait pas. Et puis tout ça, c'est un entraînement aussi, en fait. C'est pour ça que je dis, un jeune, à mon avis, le plus important, c'est qu'il apprenne ça tôt, parce que c'est pas quelque chose de compliqué à apprendre. Et puis au final, le sport... C'est des habitudes, quoi. C'est des habitudes à prendre. J'ai pas le mot. Des habitudes, mais des routines.
- Speaker #1
Des routines.
- Speaker #0
Et donc, si t'as une bonne routine, on va dire, de préparation mentale, psychologique et tout ça, c'est énorme, quoi. C'est énorme. Tu pars avec...
- Speaker #1
Tu pars avec des bases beaucoup plus solides que d'aller surfer. et de dire bon ok je veux gagner quoi est-ce que Elodie t'accompagne, t'as sensibilisé à tout ça aussi ? ouais ouais beaucoup,
- Speaker #0
énormément c'est son activité ouais son activité le mental physique aussi mais ouais tout ce qui est holistique ouais, nutrition tout ça euh... Donc ouais, même elle m'avait beaucoup aidé à l'époque, sauf que j'étais moins ouvert à ça.
- Speaker #1
Tu n'étais pas encore réceptif ?
- Speaker #0
Je n'étais pas réceptif, je l'étais, mais justement, je n'ai pas... En fait, l'année où je me suis qualifié, si justement on parlait de routine, c'est vraiment l'année où j'avais la meilleure routine de ma vie de surfeur, on va dire. Et je pense que ce n'est pas un hasard, tu vois. Et après, je ne sais pas... Pourquoi ? Parce qu'après, j'ai eu une blessure à la fin de l'année. Enfin, pas une blessure, une maladie auto-immune qui s'est déclarée à la fin de l'année dans laquelle je me suis qualifié. Et je pense que... Là,
- Speaker #1
on parle de 2008, juste avant de qu'elle atteigne le circuit mondial.
- Speaker #0
En septembre, j'étais premier du QS. Donc, j'étais sûr d'être qualifié. Et là, j'ai eu une maladie auto-immune qui s'est déclarée, une spondylarthrite ankylosante, qui a fait que je n'ai pas pu finir l'année. Et au final, je finis... dixième ou un truc comme ça, parce que j'ai loupé un tiers de l'année. Mais tu vois, on en revient au truc, c'est pas un hasard. Pourquoi ça s'est arrivé à ce moment-là ? Ça peut être un hasard ou pas un hasard. Moi, je le vois pas comme un hasard. C'est vraiment énergétique.
- Speaker #1
Il y a des blessures qui arrivent à des moments parce que ton mental envoie un mauvais message à ton corps.
- Speaker #0
Je pense que limite, j'étais peut-être en panique d'être premier du QS.
- Speaker #1
Je suis presque inconvaincu. Il y a des blessures qui doivent arriver pour casser des choses ou les remettre en question.
- Speaker #0
Alors que tu vois, si tu arrives préparé et que tu dis OK, tu es promis du QS ou tu es... Peu importe, mais tu vois, si j'avais été dans cette situation-là avec beaucoup plus de connaissances de soi, ça aurait peut-être été complètement... complètement différent.
- Speaker #1
Tu te sens plus aligné aujourd'hui ? Oui, beaucoup plus. Oui,
- Speaker #0
beaucoup plus aligné.
- Speaker #1
Et tu as toujours des doutes, des choses qui te mettent en colère ?
- Speaker #0
Ah ben oui, oui.
- Speaker #1
À part les réseaux sociaux.
- Speaker #0
C'est la vie, quoi. Oui, mais les réseaux sociaux, c'est pareil. Je te dis, je ne suis pas pour. Enfin, je ne suis pas pour. Ce n'est pas que je ne suis pas beau, c'est qu'il y a du bon, du moins bon, je ne sais pas. Je comprends certaines choses, d'autres je ne comprends pas. Ce n'est pas trop au moment, j'y suis, je regarde un peu ce qui m'intéresse. Mais je ne vois pas l'intérêt de mettre la tête, de mettre des enfants de 7-8 ans, préparer une carrière. Je peux comprendre le truc, parce que tu le fais en pensant à ton petit plus tard. À la limite, si le petit n'est pas au courant, c'est cool. Mais déjà, qu'il soit conscient de ça tôt et tout ça, je pense que c'est tellement... Enfin, je veux dire, il y a un truc que je ne comprends pas, c'est qu'on sait que c'est quelque chose qui n'est pas bon du tout, qui est malsain, et que l'industrie, pas que le surf, mais l'industrie le pousse. L'industrie du sport le pousse. parce que c'est ça maintenant qui fait l'échange de la valorisation de l'athlète donc en gros t'as une marque qui sait que c'est nocif pour un enfant de faire ça mais qui va lui demander de le faire quand même donc je sais pas j'ai pas de réponse à ça mais j'ai du mal
- Speaker #1
Tu crois que tu devrais en avoir une si jamais ton fils Noah est détecté et commence à être sponsorisé et qu'il commence à avoir cette pression-là ?
- Speaker #0
La question se poserait. Après, est-ce que... Est-ce que... Imaginons. Imaginons qu'il surfe bien et que...
- Speaker #1
Il surfe déjà bien.
- Speaker #0
Non, mais... Imaginons que j'ai à faire ça. Je pense que... Je sais pas. Il faut voir. Peut-être que je le ferai, mais en tout cas, il ne serait jamais au courant jusqu'à je ne sais pas quel âge. Je ne sais pas quel âge, mais bon, jusqu'à un certain âge. Parce que tu vois, tu es un peu... T'es entre deux. Parce que tu te dis, si au final, maintenant, c'est un peu le seul moyen, tu te sens un peu obligé de le faire, mais il faut aussi le protéger. Je pense que, je sais pas, je suis pas au courant de tout, mais il y en a qui doivent bien le faire. Je sais pas, j'en sais rien. Mais il y en a d'autres, clairement pas. Et puis je vois aussi certains jeunes, après c'est des générations différentes, je sais pas, ils le voient pas comme ça, mais c'est le temps passé dessus et... Et tu vois comment, en tant qu'adulte, déjà, ça a du mal à gérer. C'est même pas une question de temps, mais le... Le rapport à l'écran,
- Speaker #1
tout ça. Ouais, ouais, ouais. C'est très addictif.
- Speaker #0
Ouais, c'est clair.
- Speaker #1
Si demain, ton fils, il dit, je ne peux pas, je vais être sur Farpro. Donc là, il a 8 ans. S'il a 9 ans, il dit, ouais, ça y est, c'est ce que je veux. Comme Tim a 12 ans. Tu fais quoi ? Tu l'encourages ?
- Speaker #0
Ouais, je l'encourage. Franchement, ouais, je l'encourage. Je l'encourage.
- Speaker #1
Tu le fais surfer tous les jours, déjà ? Mais ça, c'est un plaisir partagé ?
- Speaker #0
Ouais. Au début, non. Pour être honnête, au début, avec Elodie, avec ma femme, vu qu'on est tout le temps à la plage et qu'on surfe tout le temps, je les ai mis au surf. Je leur ai pas demandé s'ils voulaient ou pas, en fait. Donc, je les ai mis. Des fois, ils voulaient. Des fois, ils voulaient pas. C'est normal. Ils étaient petits, quoi. Et puis... Mais je pense qu'on pensait plus à l'aspect familial et de pouvoir partager ça à quatre et tout. Et puis au final, ils ont accroché, ils adorent ça. Et oui, c'est vrai que Noah, il serve pas mal. Il est à fond, donc ouais, je sais pas. Je l'encouragerai et j'essaierai d'appliquer ce que j'ai appris, autant pour le côté surf que pour le côté... C'est dans ton parler là de tout ce qui est réseau et tout ça.
- Speaker #1
Tu l'as dit, tu entraînes des jeunes aujourd'hui. Tu surfes, pas plus que jamais, mais tu surfes énormément.
- Speaker #0
Moi, là, j'ai un peu mal au dos, mais sinon, je surfe tous les jours.
- Speaker #1
Mais tu prends énormément de plaisir à surfer. Oui. Puis, j'ai vu que tu recommençais aussi à t'impliquer avec des marques comme la marque de Belly. Léo et Mathieu au fur et à mesure, sur les shapes aussi, des boards, sur des choses comme ça. Tu considères que tu as encore des choses à apporter au surf ?
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #1
Et tu as l'envie ?
- Speaker #0
Ouais, j'ai carrément l'envie. C'est comme que ce soit ça, le coaching et tout. Ouais, ouais, je pense que j'ai des choses à apporter. Après, en toute humilité, je ne vais pas non plus faire ma pub. pour quoi que ce soit non mais c'est moi qui l'ai fait pour toi laisse les autres la faire pour toi mais non c'est vrai c'est ouais j'adore le surf au final c'est ce que je connais de mieux et j'adore partager ça et faire partie du truc après ouais que ce soit constructif que ce soit pas pour rien Enfin, pour rien dans le sens où... Voilà, on en revient à ce que tu disais tout à l'heure. Pas pour rien dans le sens où... Ouais, non, juste que ce soit utile et sincère et honnête, quoi. Voilà.
- Speaker #1
Tu penses qu'il y a encore des choses à faire dans la surf industrie ?
- Speaker #0
Ouais, il y a des choses à faire, ouais. Ouais, ouais, ouais. Bah, je sais pas, après... L'industrie dans l'état actuel des choses, je ne sais pas. Je pense que c'est des hauts et des bas. Je ne sais pas si ça reviendra comme c'était avant. C'est déjà arrivé dans les années 80. Il y a eu un peu la même chose. Je ne sais pas. Il y a quand même énormément de gens qui surfent. Après, c'est vrai qu'il y a tout. Maintenant, il y a les piscines qui arrivent. Je pense que... Il y aura quelque chose dans les piscines qui aura sa place, peut-être dédiée... Pour moi, c'est presque deux sports différents. Donc ça peut apporter des choses en plus. Mais après, je ne sais pas. Je ne suis pas spécialement bien placé pour dire qu'il manque quelque chose dans l'industrie du surf. C'est dur. C'est dur à dire. Je ne sais pas. Je m'intéresse juste au surf. J'aime bien voir les gens surfer, bien surfer, du beau surf. J'adore les planches, j'adore savoir être au bon endroit au bon moment, quand il y a des bonnes vagues, profiter de ça, et puis au final, c'est l'essentiel, juste vraiment ça. Et quand il y a une bonne ambiance dans l'eau, c'est encore mieux, quoi.
- Speaker #1
C'est une bonne définition du surf, ça. Ouais, c'est une très bonne définition.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Est-ce qu'on va pas en rester là-dessus, d'ailleurs ? Voilà. Ça donne envie, en tout cas, de se remettre à l'eau. Tim, merci beaucoup de rien, merci à toi et on mettra en lien quelques vidéos de toi en train de surfer aussi quelques podcasts que tu aimes écouter parce qu'on en a pas parlé mais je sais que t'es très friand de podcasts tu m'en as fait découvrir certains et puis quelques sets de Timbal à l'instant que j'ai gardé que
- Speaker #0
vous aurez l'occasion d'écouter Merci beaucoup Tim. Attends, je vais juste dire un truc. Je veux juste faire une petite... Pas dédicace parce que je ne suis pas de là-bas, mais je veux juste dire que quand même, je veux parler de quelques surfers méditerranéens parce qu'il y en a un qui est quand même le numéro 1 mondial maintenant. C'est vrai. Il y a pour moi un de mes surfers préférés et pour moi le meilleur longboarder, Antoine Delperot, méditerranéen. C'est son frère aussi qui est champion du monde. Donc voilà.
- Speaker #1
Ok, donc le numéro 1 mondial, c'est Léo Firavanti.
- Speaker #0
Ouais. qui est italien et les frères Nalpero qui sont à l'origine avant d'être billardos d'adoption qui sont nés à Marseille et qui ont commencé le surf là-bas c'était juste c'était marrant on ne l'a pas dit tout à l'heure donc je voulais le préciser maintenant mais c'est assez marrant il y en a sûrement d'autres désolé si je les ai oubliés mais je ne les ai pas tous mais c'est vrai c'est
- Speaker #1
une communauté de surfers passionnés acharnés corps au sens où ils n'hésitent pas à faire des kilomètres parce que les conditions de surf ce n'est pas comme dans le Pays Basque ou dans les Landes Voilà, tu vas sur un spot, t'es quasiment sûr d'avoir des vagues, là-bas, il faut aller les chercher. Les conditions sont plus difficiles et ils ont de très très beaux spots quand ça marche.
- Speaker #0
Ça marche, ouais. Et après, ça t'apporte aussi un côté vraiment, je pense, de surfer dans des petites vagues un peu moyennes la plupart du temps. Un côté technique vraiment bon. Et tu le vois avec les mecs de Floride aussi. Même si c'est quand même plus régulier en Floride. Mais la comparaison est la même avec la Calif ou Huawei. et donc l'autre côté c'est que t'as pas forcément la même expérience que des gens qui grandissent dans des endroits où il y a vraiment des bandes vagues des vagues puissantes mais ça t'apporte aussi un autre côté et c'est pour ça que c'est d'autant plus incroyable ce que fait Léo parce que lui qui est complet partout et qui est impliqué à 100% qui part carrément habiter à Hawaii c'est assez hallucinant ouais c'est vrai voilà
- Speaker #1
Donc la conclusion de cet épisode, ça sera que la Méditerranée, c'est la Floride de la France.
- Speaker #0
Exactement, voilà. Allez, parfait, on reste là-dessus. Merci Tim. De rien, merci à toi. Musique