- Gilles
Bonjour à tous, bienvenue sur les podcasts Jingoo. Notre volonté, donner la parole aux photographes de métier qui ont réussi à bien en vivre. Que l'on soit un photographe chevronné ou arrivant dans la profession, même si vous en savez déjà beaucoup, cela peut vous inspirer. Photographe, c'est un métier. Ils vont vous dire comment ils l'appréhendent, les clés de leur réussite. Bonne écoute et à bientôt sur Jingoo. Bonjour mes amis photographes, c'est Gilles, votre ami photographe. Aujourd'hui, je reçois un photographe qui vit pleinement de son métier installé à Annecy, au cœur d'un studio structuré, solide, qui s'est développé au fil des années. Jérôme Morin est photographe depuis plus de 20 ans. Il travaille dans des univers très variés, portraits, mariages, corporate, événementiels, culinaires. Puis, le studio a grandi, Caroline le rejoint et s'occupe de la partie commerciale, en forçant ainsi l'organisation mise en place. Jérôme est client de la plateforme Jingoo depuis 2007. Il fait partie des premiers photographes à avoir fait confiance à l'outil, comprenant immédiatement l'intérêt d'une galerie en ligne. Aujourd'hui, il utilise aussi maclasse.photo pour la gestion et la vente de ses photographies scolaires. Dans cet épisode, on va parler de son parcours, de ses choix, de son virage vers la photographie scolaire en 2021, de la manière dont il utilise des galeries Jingoo classiques, de ce que cela lui apporte concrètement et de la façon dont il voit l'avenir du métier dans un marché qui a profondément changé. Bref, un entretien terrain, concret, sans filtre. Salut Jérôme, ma première question, elle est fondamentale. À part ça,
- Jérôme
Bonjour Bill.
- Gilles
Je vais être obligé de le garder ça. À part ça, ça va Jérôme ?
- Jérôme
Oui et toi ?
- Gilles
Très bien, impeccable. Alors tu découvres la photographie très tôt dans le labo photo de ton père. Est-ce que tu as un souvenir en particulier de cette époque ?
- Jérôme
Oui, carrément. Moi, je me souviens tout à fait de mon papa et moi, dans la salle de bain, en train de tirer les photos et développer les films qu'on avait fait dans la journée. Et il tirait des photos de moi, en fait. Alors, je n'ai pas les odeurs, mais aujourd'hui, mon papa m'a donné cette passion parce qu'il m'a dit un jour, les gens passionnés sont des gens passionnants. C'est une phrase que je sors souvent. Et il a fini sa phrase en disant, toi mon fils, tu n'as pas de passion. J'ai dit, dis donc papa, tu n'as pas le labo, quand j'étais petit, qui est dans le grenier, qu'il faudrait remonter. Aujourd'hui, le labo, il est au studio. Je ne m'en sers pas, il est en déco. C'est un vieux Durst. Donc voilà, j'ai quand même plein de souvenirs en tant que gamin, dans la photographie déjà.
- Gilles
Jérôme, tu vas donc nous parler de tes débuts en photofilmage. Tu peux expliquer le photofilmage ?
- Jérôme
Donc le photofilmage, c'est comme ça que j'ai commencé à travailler dans la photographie, à gagner ma vie avec la photographie. Donc à l'époque, on n'était pas en numérique, on était en argentique. Donc moi, mes premiers boîtiers, ça a été du Nikon direct. Pourquoi on prenait du Nikon ? Parce qu'il y avait une raison à ça en fait. C'est que dans le filmage, le soir, on travaillait dans les restaurants et on travaillait avec les flashs. Et les flashs Canon à l'époque, donc c'était il y a 25 ans, c'était pas terrible quand même les Cobra. Que Nikon avait vraiment un bon... Ah, ils étaient bien les flashs à Nikon. Donc moi j'ai commencé comme ça. Je suis toujours resté derrière sur Nikon. Par contre, qu'est-ce que c'est le filmage ? C'est tous ces photographes qu'on voit sur les pistes, les plages, les restaurants le soir, les stations balnéaire. Donc moi j'ai fait la Clusaz. J'ai fait le Lavandou l'été, la Clusaz à l'hiver. Et les hivers, j'ai fait aussi Chamonix, Serre-Chevalier. Et puis, j'ai aussi travaillé au Club Med en Guadeloupe pendant deux saisons d'hiver.
- Gilles
Alors, pour les gens qui ne savent pas, qui n'ont pas connu cette période, parce qu'on en voit beaucoup moins aujourd'hui, des gens qui vont sur les plages prendre en photo, ça existe toujours ?
- Jérôme
Ça existe toujours.
- Gilles
Parce que je me suis dit, avec le iPhone, ou les smartphones du moins, les gens font eux-mêmes les photos de leurs enfants.
- Jérôme
Oui, et alors... Les gens font aussi à manger chez eux, mais pourtant, ils vont au restaurant.
- Gilles
Excellent.
- Jérôme
Moi, j'ai toujours considéré que l'iPhone, c'est un outil pour faire des photos. Mais c'est tout, en fait. On n'est pas photographe parce qu'on a un appareil photo. On le voit encore aujourd'hui. Il y a beaucoup de "faux-tographes". Vous voyez, ils ont un bel appareil. Ils sont photographes. Non, ce n'est pas l'appareil qui fait les photos. C'est le photographe. C'est sa qualité de lumière. C'est ça. Voilà.
- Gilles
Quel était alors, pour revenir sur le photofilmage, est-ce que tu avais une technique pour aller voir les gens, pour ne pas qu'ils se sentent agressés pendant leurs vacances, pour qu'ils photographient leurs petits ?
- Jérôme
Technique, bah oui, ma sympathie. Ma sympathie de savoir donner envie aux gens de faire déjà des photos avec moi et de leur donner envie d'aller voir les photos. Parce qu'en fait, on fait des photos toute la journée, mais on ne sait pas s'ils vont venir les voir pour les acheter. Donc, il y a des petites techniques, des petites dernières phrases qui étaient très importantes, comme ma phrase qui était « Allez, passez les voir, ça me fera plaisir » . Moi, j'avais beaucoup de concurrence à l'époque sur les plages. Et la concurrence, moi, ça me motivait. Donc je me mettais au milieu de la concurrence pour aller travailler, en fait. Il y a des concurrents, je m'en vais. Non, non, j'y allais vraiment parce que ça me donnait envie de rentrer dedans, en fait.
- Gilles
Mais tu les laissais finir leur séance, quand même.
- Jérôme
Ah oui, toujours. Toujours dans le respect. Mais je passais derrière eux. J'aimais bien. C'est ce qu'on appelait la retape. Ça m'amusait. C'était aussi pour me motiver aussi. C'était pas pour... les embêter.
- Gilles
C'est comme ça que tu fais tes premières armes de photographe, que tu gagnes, si on peut dire, tes premiers cachets de photographe. Et tu vas arriver, tu t'installes à Annecy, on peut faire cette petite...
- Jérôme
Transition tout de suite ? Non, parce que...
- Gilles
J'ose plus te demander maintenant.
- Jérôme
On ne va pas la faire tout de suite, j'aimerais encore parler un peu de filmage, parce qu'aujourd'hui, le filmage, c'est en moi. Même si ça fait 18 ans ou 19 ans que j'ai arrêté le filmage. J'ai encore des amis dans des boîtes de filmage qui me demandent d'aller former leur photographe. J'aime ça, en fait. Il y a cette façon de travailler qui est ancrée en moi. Quand je fais des photos, je le vois. Je suis toujours en train de parler. Ça, c'est le fait que j'ai été filmeur.
- Gilles
Mais pourquoi on dit filmage ?
- Jérôme
Le filmage, au tout début, il y a deux trucs. Le filmage, ça a toujours existé, en fait. Dans les années 20, au début des boîtiers, tu avais les premiers photographes de rue qui prenaient les gens. C'était du photofilmage au final. Et après, l'après-guerre, il y a eu les photofilmeurs sur les marches de Montmartre. Ça a commencé comme ça. Et pourquoi filmage ? Parce que c'était de la pellicule. Donc en fait, il y avait le photographe sur une marche et à côté de lui, tu avais un petit bonhomme qui rembobinait les films. Et il faisait les photos. La première boîte de filmage, me semble-t-il, ça s'appelait Photo Montmartre. Et elle s'est retrouvée au Lavandou. Ça a été mes concurrents après. Donc c'est assez rigolo, mais le filmage, ça fait l'après-guerre. C'est vraiment l'après-guerre.
- Gilles
Donc maintenant, on peut dire Annecy.
- Jérôme
On peut parler d'Annecy.
- Gilles
Donc tu t'installes à Annecy. Comment ça se développe, ce beau studio dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui ?
- Jérôme
Alors, ça n'a pas commencé comme ça. Moi, je suis arrivé à Annecy parce que j'étais déjà un peu ancré dans cette région. Après le filmage, je me suis dit, je vais où ? Et tout de suite, c'était pour moi obligé de venir sur Annecy et la Clusaz parce que j'y ai habité. Et la transition, je faisais un peu de filmage, mais je ne faisais plus des saisons complètes. Je n'y allais que pour les grosses périodes, c'était à dire Noël et février. Donc là, j'ai fait deux ans comme ça. Et pour moi, je commençais à m'installer sur Annecy. J'ai eu la chance d'avoir des amis qui reprenaient un énorme complexe au bord de l'eau qui s'appelle la plage de l'impérial, où je faisais des soirées. Et je continuais un peu à faire du filmage aussi sur cette plage, qui était une plage privée. Et c'est un endroit vraiment bien branchouille, donc il y avait toutes les soirées possibles et imaginables. Donc en contrepartie, moi je leur faisais plein de photos de soirées. Et donc ça, c'était en 2007. Et tout d'un coup... Moi, pour mes photos soirées, il fallait que je les mette quelque part. Et je cherchais, je cherche sur Internet quelque chose qui dit galerie en ligne gratuite. Et tout d'un coup, je tombe sur Jingoo.
- Gilles
Alors ça, on va en parler de Jingoo. C'est vrai que tu es un des, il faut le dire, tu es un des plus anciens photographes qui est arrivé chez Jingoo. Puisque tu es arrivé en 2007, ça fait 19 ans que tu te sers de l'outil. Évidemment que j'ai plein de questions à te poser là-dessus, mais c'est pour tout à l'heure. Alors ça y est, c'est ton métier, tu es récompensé, tu es installé à Annecy dans ton studio. D'ailleurs, si on entend sonner, c'est normal parce qu'il y a des gens qui ont pris rendez-vous pour des photos. Et puis, donc, tu vas avoir des médailles d'or au MPPF. Tu vas nous raconter ça en 2013, portraitiste de France et cette même année, objectif d'or. En 2019, mention excellence pour les portraitistes de France. Donc, tu as gagné plus de 20 médailles aux médailles de la photographie professionnelle française. Un petit commentaire peut-être ?
- Jérôme
26 médailles.
- Gilles
26 médailles.
- Jérôme
Alors les MPPF, oui, c'est un peu... Donc les MPPF, c'est les médailles de la photographie professionnelle française. C'est un concours qui a été inventé par Franck Lecronet. C'était donc en 2012. Et moi, ça m'a donné confiance en moi. Donc, c'était beaucoup basé sur mon travail personnel. Moi, j'ai beaucoup partagé avec d'autres photographes. On faisait venir, par exemple, un mannequin un week-end. Et ça nous permettait, tous les deux, de shooter, que ce soit un homme ou une femme.
- Gilles
Excuse-moi, cette première photo où tu gagnes, en 2013, tu m'avais dit que c'était un mannequin dans de la glace.
- Jérôme
Oui, c'était un mannequin dans la glace, c'était en 2012. Mannequin dans de la glace, quand il avait fait très très froid, donc c'était en 2012 qu'il faisait très très froid. Et sur Genève, c'était complètement gelé, en fait. Donc on est partis sur Genève pour shooter. Donc on a fait deux sets de 10 minutes, en gros. Oui, parce qu'après t'es mort. À moins 17 degrés. Elle avait même des collants en résille. Tu vois, on s'était vraiment éclatés. Elle est par là, je te la montrerai tout à l'heure dans le studio. Ça a vraiment été une image qui m'a donné confiance en moi. Et j'avais gagné donc une médaille d'or là. Et puis, je crois que j'avais eu deux autres, une de bronze et une d'argent sur deux autres portraits.
- Gilles
T'es une bête à concours. Tu en fais toujours. Tu aimes ça.
- Jérôme
Alors, il paraît que oui, je suis insupportable. Le dernier concours, c'était... au congrès de la FFPMI, donc Fédération Française des Métiers de l'Image, où on a fait le Top Chef. En fait, Top Chef, c'est 5 minutes de prise de vue, 10 minutes d'endos de touche, tout le monde le même modèle.
- Gilles
Ah, c'est Jean-François Guillon, non ? C'est pas ça ?
- Jérôme
Tout à fait. Il organise ça.
- Gilles
On le salue, Jean-François, si tu nous écoutes.
- Jérôme
Qui fait ça, et donc je l'ai fait, et c'est le dernier, et puis j'ai gagné quoi...
- Gilles
Ah bah c'est top.
- Jérôme
J'ai gagné un canon à... R6, que j'ai revendu. Par contre, j'étais très content du canon. Je l'ai essayé quand même. Je trouve que c'est un beau boîtier. Mais moi, je suis Nikoniste. Gros bisous à Nikon et à Roland Serviel, d'ailleurs.
- Gilles
Et gros bisous à Jean-François et son épouse. À quel moment tu vas arriver à structurer toute cette activité ?
- Jérôme
Alors, en 2013, je gagne mon objectif d'or. En plus, en l'espace de six mois, je commence à gagner pas mal de trucs. Donc, je me fais connaître. On me propose de faire des formations, chose que moi, je n'étais pas du tout structuré au niveau de formation. On m'a dit, vas-y Jérôme, ça va t'apprendre aussi à te structurer. Ma première formation, je m'en rappellerais tout le temps. Je la donnais, les gens me disaient, alors mais comment tu fais ça ? Et là, je les regardais, je leur disais, au feeling. Et tout était au feeling, quoi, en fait. Ça a fait rire beaucoup de mes amis qui sont venus. Et c'est vrai que j'étais beaucoup au feeling. Moi, je marche comme ça, en fait. J'essaye des choses. La lumière, je la maîtrise. Ça, depuis longtemps. À l'époque où j'étais dans le filmage, c'était la lumière extérieure. Après, quand j'ai eu mon studio, j'ai commencé à vraiment travailler ma lumière au studio. Moi, je mets pas 36 flashs, en fait. Je mets un flash. Pourquoi ? Parce qu'il y a un soleil. Donc, un flash, un soleil. Et avec un flash, je fais plein de choses. Donc, ça, c'était en 2013. Mon objectif d'or, ça a été vraiment quelque chose qui m'a... Alors, l'objectif d'or, je l'ai fait sur une série que j'ai appelée les... que j'ai appelé les grincheux. Qu'est-ce que c'est les grincheux ? C'est des enfants qui font la tronche. Parce qu'à chaque fin de prise de vue, j'aimais bien leur faire une photo où ils font la tronche.
- Gilles
Et on est entouré d'ailleurs des grincheux.
- Jérôme
Derrière, je l'ai appelé la fée pas chier. Quand tu la regardes, c'est vraiment la fée pas chier. La photo là, elle a 13 ans. C'était en 2013 que je faisais ce genre. Après j'en fais toujours mais maintenant, j'aime bien faire des décors, enfin des décors rapides. J'aime bien avoir d'autres images aussi, mais toujours en train de faire la tronche. Parce que j'aime bien les enfants, ils ne font pas toujours du sourire.
- Gilles
Si je peux me permettre de répondre à ça, c'est vrai qu'il y a beaucoup de parents "souris, souris", avec toujours le smartphone et les gosses, ils en ont ras le bol. Et je trouve très amusant justement cette idée que tu as, de leur dire non, mais tu souris pas, tu fais moi une bonne gueule, tiens, vas-y, allez, sois pas content. Et je pense que les mômes, qui sont des cabots quand même à la base aussi, ils adorent jouer ce jeu.
- Jérôme
Oui, surtout quand tu vois la photo d'après de la fée pas chier, elle est explosée de rire. Elle a joué le jeu. Et en fait, ils aiment les enfants pouvoir jouer. Et puis moi, j'aime bien jouer avec eux là-dessus. Pour moi, faire des photos d'enfants, ça fait combien maintenant ? 27 ans que j'en fais. Il faut que ça soit un jeu. Il faut que ça soit pas... Tu n'as pas envie de sourire ? Ben, souris pas, c'est pas grave. Moi, je m'en fiche. Un regard, c'est pareil, quoi, en fait. Tu vois, il y a quand même des choses... autre que le sourire dans les images. Donc voilà, cette série arrive. Donc ça, c'était en 2013. Et bien moi, Annecy, je commençais un peu à être connu, parce qu'en faisant toutes les soirées, mon studio qui était là, mais je n'étais pas du tout structuré. J'habitais dans le studio à l'époque. Et en 2014, il y a quelqu'un qui vient me voir, qui s'appelle Caroline, qui est aujourd'hui mon associée.
- Gilles
On va en parler, mais...
- Jérôme
Elle vient de voir, elle me dit, écoute Jérôme, moi les saisons, j'en ai marre, elle était vendeuse dans une boîte de photographes aussi. Est-ce que ça te dirait qu'on bosse ensemble ? Je dis, écoute, je ne sais pas comment on va faire.
- Gilles
Me permets juste de te couper, parce que l'arrivée de Caroline change quoi dans ton organisation ?
- Jérôme
Donc moi, Caroline arrive pendant deux mois, mais je ne savais pas quoi lui donner à faire, parce que je n'étais pas structuré, alors je lui donnais de la retouche. Puis un jour, on m'a présenté Marie Astridagas, donc AMA Conseils. Et elle me dit, je vais vous faire un audite et je vais venir là. J'ai dit, moi, je ne veux pas partir à faire des trucs, assis le cul sur une chaise, à vous regarder, il faut faire ça. Je lui ai dit, tu vas venir ici. Et moi, je veux que tu vois comment c'est Annecy, comment moi, je vois les choses à Annecy, que tu comprennes.
- Gilles
Donc, c'était une femme spécialisée dans l'audit et le conseil, c'est ça ?
- Jérôme
Voilà et AMA Conseils elle est venue structurer le studio pendant une semaine. Toi, Jérôme, tu vas faire ça et toi, Caroline, tu vas faire ça. Donc, on s'est complètement séparé les tâches. Et là, on a commencé à structurer un peu Fou d'Images. Et c'est la meilleure chose qui me soit arrivée de structurer Fou d'Images parce que j'étais un peu à la One Again. J'étais le photographe qui vivait dans son studio et tout ça.
- Gilles
Le poète de l'image ? Le Fou d'Images. Tu peux nous expliquer justement comment... Les affaires reprennent.
- Jérôme
Les affaires reprennent.
- Gilles
Notre ami revient, il a raccroché. Bon, c'est ça, la vie de photographe. Il faut répondre au téléphone. Alors, on en était sur un truc très simple. Et c'était vraiment passionnant. C'est que Caroline arrive dans l'histoire de Fou d'Images. Et donc, cette femme conseille, dit, vous allez travailler de telle manière. Et c'est à ce moment où le téléphone sonne et tu nous dis, voilà comment Fou d'Images s'est structuré. Donc, comment s'est structuré Fou d'Images ? Quel travail tu fais ? Quel est le travail de Caroline ?
- Jérôme
Alors, moi, je m'occupe de toute la partie photo. Enfin de la prise de vue à la post-production, à la création des albums et tout ça. Et Caroline s'occupe de tout le reste. Et le reste est énorme. C'est-à-dire répondre aux mails, au téléphone, l'administratif, vendre mes photos aussi, parce que nous on fait des présentations, on ne les vend pas en ligne. On ne veut pas. On fait très très peu de galeries en ligne par rapport au studio. Pour moi, les galeries en ligne, c'est pour les mariages et bien sûr pour le scolaire.
- Gilles
On en parlera tout à l'heure.
- Jérôme
On en parlera après. Donc Caroline a fait vivre un autre moment aussi. Quand je fais une prise de vue, tu as le moment de la prise de vue et tu as aussi le moment de la découverte des images. Donc moi, je lui prépare les images qui ne sont pas retouchées. Donc j'en mets en couleur, en noir et blanc, avec Lightroom. Et après, elle, elle va présenter les photos et elle va vendre des supports d'images. Donc des box, des laminages, des tirages photos, parce que moi je fais mes tirages jusqu'aux 40-50. Et voilà, donc il y a quand même pas mal de choses en support à faire. Moi je travaille avec Loxley au niveau des supports, donc je suis même ambassadeur Loxley. J'ai travaillé avec Jingoo aussi pour les livres, après je voulais autre chose aussi, même si j'aime bien les livres. Je voulais une autre gamme de produits. De support d'image, pas de produit, parce que ce n'est pas des produits, c'est du support d'image.
- Gilles
Et donc, Caroline et toi, on peut dire que c'est une équipe qui tourne, qui marche. Cette association, elle existe depuis combien de temps maintenant ?
- Jérôme
On s'est associés en 2015, donc ça fait 11 ans.
- Gilles
11 ans, c'est bien.
- Jérôme
Et ça fait 12 ans qu'on travaille ensemble.
- Gilles
Alors, tu vas voir, là, je vais te faire une transition. Quand j'écoute ton histoire, j'ai envie de croire au Père Noël.
- Jérôme
Oui, tu peux y croire, parce que moi, j'y crois bien, au Père Noël.
- Gilles
Toi, tu es très pour la magie de Noël. On va expliquer à nos amis, aux photographes, pourquoi tu es très pour la magie de Noël. Et d'abord, c'est une très belle histoire que j'ai très envie que tu nous racontes.
- Jérôme
Eh bien, le Père Noël. Déjà, le Père Noël, faire des photos de Père Noël, on le fait tous les ans. Pour te dire, on commence même le 15 novembre à attaquer des photos tous les mercredis, tous les samedis, tous les dimanches, au studio, avec le Père Noël. Et en fait, je n'ai pas un Père Noël. J'ai LE Père Noël. Et j'ai eu la chance d'avoir un très beau Père Noël, avec qui je m'entends super bien depuis 2018.
- Gilles
Qui est un monsieur âgé, je crois.
- Jérôme
83 ans.
- Gilles
C'est beau.
- Jérôme
C'est beau. Je m'entends super bien avec lui. Et si tu veux, c'est aussi le Père Noël d'Annecy depuis 23 ans. Donc tout le monde le connaît. Et il y a des gens, des fois, ils viennent faire des photos d'eux, et ramènent la photo qu'ils avaient quand ils étaient petits. Et ça, je trouve que c'est magique. Parce que je ne prends pas que les enfants avec lui. Il y a des adultes qui viennent spécialement pour faire la photo. Donc le studio-là devient... la maison du Père Noël. C'est magique, on en a de partout. J'ai mis deux jours à tout ranger, on met une journée entière à tout mettre en déco. Moi j'ai un garage plein de déco de Noël. Mais il y a cette magie. Et si tu veux, mon fils a découvert cette année que le Père Noël n'existait pas. Je lui ai dit non. Il a 8 ans mon fils, il a pété un câble. Parce que papa, c'est le copain du Père Noël. Donc t'imagines un petit peu. Et je lui ai dit, mais Anatole, la magie de Noël, elle existe. Oui papa. Donc le Père Noël, il existe dans la magie de Noël. Oui papa. Mais cherche pas plus loin. Même s'il n'existe pas réellement, il existe dans la magie de Noël. Donc pour moi, il existe en fait. Parce qu'il y a cette magie-là. Et punaise, quand on arrive à la fin du 24 décembre, on arrête le 24 décembre à midi. Oh, cette boule que j'ai au bide, c'est plus pareil. C'est la fin. Et pendant un mois, on était là, on n'a pas arrêté de faire des photos de plein de gens. Moi, j'ai eu des gens cette année, j'entendais la maman pleurer derrière moi. Et tu vois, même là, ça m'émeut. Je lui dis, mais pourquoi vous pleurez ? Elle me dit, mais monsieur, vous êtes en train de me faire vivre un moment magique. Et ça, je me dis, mais c'est bon là. Mon métier, c'est là, c'est pour ça que je l'aime ce métier. C'est parce que je fais vivre à des personnes des moments plus que magiques. Et ça, c'est... C'est ça la magie de Noël aussi. Ce n'est pas que faire des photos avec le Père Noël.
- Gilles
C'est une belle histoire le Père Noël. J'imagine que tu fais ça tout le mois de décembre.
- Jérôme
Du 15 novembre.
- Gilles
Ah oui.
- Jérôme
Je commence tôt. Du 15 novembre au 24 décembre.
- Gilles
D'accord.
- Jérôme
En gros, cinq semaines. Mais c'est que les mercredis, samedis et dimanches.
- Gilles
Bien sûr.
- Jérôme
Et sur réservation.
- Gilles
Voilà ce que j'avais demandé. Donc, ils réservent leur séance.
- Jérôme
Ils réservent en ligne leur séance de 15 minutes. Et après, Caroline, dans une autre pièce, leur vend les photos que j'ai faites. Alors là, on fait sans retouches, sublimation thermique. Et elles sont très belles. Tu vois, après, de toute façon, une photo, on n'a pas besoin de la retoucher si déjà elle est bien faite.
- Gilles
Je vais parler de Empara parce qu'Empara, c'est une boîte de formation. Tu en fais partie. Je veux bien que tu nous en dises un petit mot parce que je sais que tu aimes bien la formation photo.
- Jérôme
Alors oui, Empara, c'était une super aventure. Donc ça c'était en 2020, donc il y a 5 ans quand même que ma formation est en ligne. Un parrain vient me voir, il me dit « Jérôme, est-ce que tu voudrais faire une formation ? » Je dis « Moi tu sais, je ne suis pas spécialisé dans quoi que ce soit, vous êtes spécialisé à chaque fois, votre formation c'est… » Il me dit « Justement, c'est pour ça que je viens te voir, parce qu'on veut complètement changer le truc en disant, même si on n'est pas que spécialisé dans le mariage, dans… » dans le corporate et tout, il y a des photographes comme toi qui tournent bien, qui y arrivent, et ça serait bien que tu nous montres comment tu gères ton studio avec ça. Donc on a fait deux tournages. Premier tournage en 2020. Ouais, c'est ça. Premier tournage en 2020, donc juste après Covid, enfin en plein milieu Covid. Et il y a eu plein de couacs pendant le tournage, en culinaire. Moi, je vais dans un restaurant, ça s'est pas très très bien passé, les plats étaient un peu pourris. Il y a eu plein de petits couacs. Donc ils sont revenus l'année d'après pour refaire un petit peu tout ce qu'on avait fait. Et là, ça s'est mieux passé et tout ça. Mais c'était une super aventure. C'est un boulot monstre de préparer sur Emparra. Et après, on est repartis à Nice faire trois jours en live. Et donc moi, j'avais deux jours de moi, de ma prise de vue, comment je vois les choses, comment je gère tout ce que je fais. Et une journée de Caroline qui expliquait un peu son métier et tout ça.
- Gilles
D'accord.
- Jérôme
Par rapport à la vente des photos, au suivi client, etc.
- Gilles
Alors justement, là, on va parler de Jingoo. Parce que donc, tu es client de Jingoo depuis 2007. Pourquoi tu as choisi Jingoo à l'époque ?
- Jérôme
Parce qu'en fait, j'ai juste cherché sur Internet en 2007. C'était même le début de Facebook. Et j'ai fait juste galerie en ligne gratuite. Et je suis tombé sur Jingoo. Donc je commence à m'inscrire et tout. Et peut-être dans l'heure ou l'heure et demie d'après, j'avais un monsieur qui m'appelait. Et avec qui, j'ai eu un super feeling. Voilà, il s'appelle Bertrand. C'est le boss. Et c'est vrai que j'ai eu un super feeling avec lui. On a beaucoup discuté. Et il m'a rappelé quelques semaines après en me disant « Mais pourquoi tu fais ces galeries en ligne ? » Moi, j'étais à la plage. Il me fallait des galeries, pas pour vendre des photos, mais pour me faire connaître. Et donc moi je faisais plein de soirées à Annecy. Les gens ils pouvaient les prendre ils faisaient des copies, j'avais mon logo Fou d'Images, ils s'en foutaient, dessus ils faisaient des copies d'écran et tout Ils les prenaient, je m'en fiche Mais il y avait mon nom partout en fait. Et mon nom a vachement tourné sur Annecy comme ça en fait. Donc c'était bien, pour ça. Après, le mariage, ça m'a facilité, parce qu'à ce moment-là, je ne faisais pas beaucoup de mariages, j'ai commencé à faire le salon du mariage à Annecy et tout, et à la fin, en 2011, trois ans plus tard, en 2010, je tournais à 40 mariages par été. Aujourd'hui, j'en fais entre 8 et 10, et ça me va bien. J'aime bien faire les mariages, j'aime bien parce qu'en fait, je raconte une histoire, c'est du reportage. Je suis dans ma bulle et puis je m'éclate. Et puis moi, même les photos de groupe, j'adore les faire. Parce que là, c'est le moment où je deviens animateur Club Med.
- Gilles
Tu les mets sur Jingoo parce que pour toi, c'est l'outil pour montrer aux gens les photos facilement.
- Jérôme
C'est facile, encore aujourd'hui. Jingoo a beaucoup évolué. Les galeries sont très bien et tout ça. Mais pour moi, c'est une facilité de travail énorme. Je n'ai plus à me soucier de quoi que ce soit. Je pose mes photos sur Jingoo.
- Gilles
Comment tu utilises les galeries Jingoo classiques dans le quotidien ? Ce n'est pas tous les jours. Je sais que c'est pour le mariage ou avant, c'était pour tes photos de soirée. Mais comment tu les utilises ? Tu mets les photos, et basta ?
- Jérôme
Je publie, j'envoie les liens aux mariés. Ils ne peuvent pas télécharger les photos, moi. C'est interdit. Pourquoi ? Parce que j'ai mes raisons. Et ça, je leur dis à mes mariés. Moi, je suis invité à un mariage. Pourquoi Duschmoll que je ne connais pas ? pourrait télécharger les photos de ma tronche. Par contre, ils peuvent les acheter. Et au moment où ils les achètent, ils peuvent télécharger la photo. Voilà, d'accord. Moi, j'utilise comme ça.
- Gilles
Donc, tu découvres Jingoo en 2007, tu mets les photos des soirées. Tu vas après t'orienter, comme tu l'as dit, sur le mariage. Tu feras 40 mariages. Tu fais les mariages. Tu rentres chez toi à la maison. Le lendemain matin, les photos partent, je suppose, dans les galeries de Jingoo.
- Jérôme
Moi, c'est un mois. Exactement. Quatre semaines et trois jours après le mariage.
- Gilles
Pourquoi quatre semaines et trois jours après le mariage ?
- Jérôme
Ah, là est la question. Il y a quelques années, je n'avais pas d'enfant. Donc, le jour de la livraison, c'était lundi, quatre semaines après. Donc, le lundi. À ton avis, je faisais quoi le dimanche ?
- Gilles
Tu faisais les photos du mariage.
- Jérôme
Que ces trois jours-là ? Ça me reste trois jours pour les faire. Tu comprends ? Si tu veux, je ne fais pas que du mariage, donc quatre semaines, pour moi, j'ai plein d'autres choses à faire. Et puis, j'aime pas le lendemain d'un mariage. Moi, déjà, le soir du mariage, je télécharge toutes mes photos. J'arrive, je pose mon sac ici et la première chose que je fais, c'est hop, ça charge sur les disques durs, sur mon sino, je m'en vais et le lendemain matin, je remets sur un autre disque dur. Et ça, pour moi, c'est primordial. Et surtout, je ne formate pas mes cartes tant que mon truc n'est pas sur Lightroom, que j'ai bien vérifié, que tout est là. Voilà, je suis assez structuré.
- Gilles
Alors, tu as dit le mot « sino » . Je crois comprendre qu'on parle d'un Nas Synology. Oui, c'est un outil qui est de plus en plus dans le quotidien des photographes.
- Jérôme
Oui, comme ça, de chez moi, je peux récupérer des fichiers si j'ai besoin.
- Gilles
Quatre semaines et trois jours après, les photos sont prêtes. Et donc, tu envoies le lien au marié et à leurs amis.
- Jérôme
Alors non. Parce que le soir du mariage, en fait, moi, je laisse un petit coupon avec un code spécifique à leur mariage. Moi, je fais toujours des photos d'engagement à un mariage. Donc, engagement, c'est des photos avant le mariage, des futurs mariés, mais pas déguisés en mariés.
- Gilles
D'accord.
- Jérôme
C'est ce que je leur dis à chaque fois, pas déguisés en mariés. Parce qu'au final, dans un mariage, on est un peu déguisés quand même. Ah, le téléphone sonne. Non, c'est la sonnette...
- Gilles
Voilà, ça y est, Jérôme est revenu parmi nous. Donc, on parlait de ta technique Jingoo mariage, séance d'engagement. Voilà, on s'est arrêté là. C'est-à-dire que tu vas demander aux mariés de venir pour faire des photos avant le mariage. Ils ne sont pas déguisés, comme tu le dis. Je pense que c'est aussi pour établir un premier contact avec eux.
- Jérôme
Complètement ! Moi, je leur dis, ces photos sont hyper importantes parce qu'on va faire connaissance et comme ça, ça vous enlève le stress du jour du mariage. Et c'est vrai que quand j'arrive le jour du mariage, on se connaît déjà. Je suis ami avec eux. Des fois, on me dit à un mariage, mais vous faites partie de la famille ? Ben non, pas du tout. Ah bon, on dirait, vous êtes proche des mariés. Ben oui, parce qu'il y a eu cette séance d'engagement qui nous a vachement rapprochés. Et puis j'aime bien, parce qu'en fait, c'est un couple. Ils ne sont pas habillés en mariés. J'ai la chance aussi d'habiter dans une super ville. Donc moi, je suis à deux pas du centre-ville d'Annecy. Je suis dans le centre-ville, mais de la vieille ville d'Annecy. Je suis à 5 minutes du lac. Des fois, je le fais au bord du lac. Là, je prends mon vélo électrique. Je pars à 15 bornes en vélo pour faire des photos au bord du lac. J'ai la chance d'avoir ça. Le seul truc où on n'a pas de chance à Annecy, c'est qu'il pleut beaucoup. C'est le seul truc.
- Gilles
On le sait, on y est.
- Jérôme
On y est. Ça arrive même aujourd'hui. Mais il pleut beaucoup. Donc, des fois, tu organises des séances d'engagement. Je la reporte deux, trois fois. Ça, ça m'arrive régulièrement. Et c'est pour ça que je suis content d'avoir un studio ici. Que si je faisais beaucoup de photos en extérieur que j'adore faire, je serais vachement embêté parce que j'aurais plein de séances qui sont reportées. Moi, les séances au studio, par exemple, un samedi, mon prochain samedi, je crois que c'est au mois d'avril, de pouvoir prendre un samedi avec des gens.
- Gilles
Donc, la séance d'engagement, tu mets les photos sur la galerie de Jingoo, comment ça se passe à partir de ce moment-là ?
- Jérôme
Les photos d'engagement, je ne les mets pas sur la galerie.
- Gilles
D'accord.
- Jérôme
Parce que là, c'est intimiste. C'est pour les mariés.
- Gilles
D'accord.
- Jérôme
Donc, je ne les mets jamais sur la galerie. Je leur envoie. De toute façon, c'est compris dans mon package où je livre les fichiers HD, des photos post-traitées. Par contre, ils ont des albums. Ils ont plein de trucs. Moi, je ne livre pas que des fichiers. Moi, ils ont vraiment un support d'image qui est hyper important. Donc, mes albums, moi, je les prends chez Loxley Color. C'est hyper important.
- Gilles
Quand on parle d'album, c'est des livres en fait.
- Jérôme
C'est des livres. Moi, je m'en rappelle un curé dans une église qui dit aux mariés, qu'est-ce qui va vous rester de votre mariage ? Les souvenirs et votre album photo. J'ai été voir le curé à la fin du mariage, je lui ai fait un bisou. J'ai dit mais merci, c'est la réalité. J'ai dit oui, c'est la réalité. C'est le patrimoine familial d'avoir des supports d'image. C'est pas un fichier, un fichier c'est volatile. Donc ça, les engagements, on va revenir là-dessus. Moi c'est vraiment pour faire connaissance avec les mariés. Moi le soir du mariage par exemple, moi je laisse un coupon avec des codes spécifiques aux mariés. Comme ça, quatre semaines et trois jours après le mariage, les invités peuvent aller voir les photos. Ils ne peuvent pas les télécharger. Moi, c'est hyper important qu'ils ne peuvent pas les télécharger, car il y a un respect du droit de l'image. Pourquoi quelqu'un du mariage pourrait télécharger les photos d'une autre personne qu'elle ne connaît pas ? Trop facile. Et les photos appartiennent aux mariés. Donc, moi, vu que je leur livre les photos aux mariés, je leur dis, écoutez, si vous les distribuez à tout le monde, ça, c'est votre problème. Par contre, moi, la galerie... Vous pouvez acheter des photos, il n'y a pas de problème. Ils peuvent acheter un tirage et à chaque fois, ils auront leur fichier à télécharger s'ils ont envie. Mais par contre, ce n'est pas tout le mariage à télécharger, c'est vos photos à vous. Et ça, j'y tiens vraiment. Je leur explique pourquoi je fais aussi.
- Gilles
Il faut leur expliquer aux gens, mais ils comprennent, ils sont très réceptifs.
- Jérôme
J'ai eu un marié cette année qui m'a dit non, je veux que les gens téléchargent. J'ai complètement oublié de faire ça. Donc, il ne m'en a même pas reparlé là-dessus.
- Gilles
En 2021, tu prends un virage très important, dans ton activité de photographe professionnel, tu vas aller vers la photographie scolaire. Alors, on va en parler de tout ça, mais je crois que le meilleur témoin avec qui on pourrait en parler, qui est notre invité exceptionnel dans cette interview aujourd'hui, c'est notre ami Bertrand, qui est là. Bertrand, toi, tu as envie de poser des questions sur le scolaire parce que tu connais bien le travail de notre camarade, donc je te laisse le micro.
- Bertrand
OK, Jérôme, c'est à nous.
- Jérôme
Salut, Bertrand. Ça va ?
- Bertrand
Bon. Vous l'aurez compris, on se connaît depuis très longtemps. Merci pour ta fidélité déjà. 19 ans de bouteille avec nous, à nos côtés. C'est remarquable. Fidélité absolue. Absolue. De toutes les batailles, dans l'ombre et dans la lumière. Merci Jérôme pour ça. Je voulais te parler. J'interviens rarement dans les podcasts. Mais là, c'est important. Parce que tu t'es mis à faire de la photo scolaire, ce n'est pas du tout ton univers. On vient de le voir, c'était tout autre. Et on peut penser que la photo scolaire, ce n'est pas très fun, très funky, rock'n'roll, etc. Mais quand Jérôme, quand Fou d'Images, se met à faire de la photo scolaire, il y a photo scolaire. Et donc, moi, je veux que tu me parles de comment tu l'as abordé. Comment tu t'es dit, tiens, je vais faire de la photo scolaire. Est-ce que c'est une nécessité ? Parce que financièrement, c'est un marché qui rapporte. Est-ce que c'était une envie ? Une opportunité, les trois. Comment tu te dis tiens, j'y vais ?
- Jérôme
Alors, ça a plutôt commencé par une opportunité. Moi, au début, je ne voulais pas en faire parce que c'était compliqué, en fait. Il n'y avait pas de plateforme. Je ne sais pas en quelle année tu l'as montée.
- Bertrand
2021.
- Jérôme
Pareil,
- Bertrand
On a mis deux ans à la développer avant. Mais voilà, la plateforme, effectivement, ça amène un soutien logistique.
- Jérôme
Pour moi, ça a été... Ça, mais en fait, pourquoi j'ai commencé ? C'est que mon fils est rentré à l'école, en petite section. J'ai acheté la photo de classe. Enfin, c'est sa maman qui l'a achetée. Quand j'ai vu la photo et la qualité de la photo, je me suis dit, non, c'est pas possible. J'ai été voir le directeur de l'école, je lui ai dit, vous voulez pas changer de photographe, quoi. Et tout de suite, il m'a dit, si, on aimerait bien. J'ai dit, par contre, moi, je vais pas partir sur la même chose que vous, ce que vous avez déjà. Moi, je veux un décor, je veux quelque chose de réel, je veux quelque chose de vintage. Est-ce que ça vous plaît ? Il m'a dit, on va faire un essai l'année prochaine, avec plaisir.
- Bertrand
Et ils bossaient déjà avec un photograph.
- Jérôme
Oui, je pense qu'ils étaient en ligne, mais pas sur toi. Pas sur la même plateforme. Voilà, mais ils étaient déjà en ligne, il me semble. Et je dis, on essaye. Donc, j'ai essayé. J'ai fait mes premières. Ça a plu. Il me dit, j'ai une deuxième école où je suis directeur. Donc, l'année 2021, je commence ma première école.
- Bertrand
Et la première école, tu la mets en ligne chez nous, sur ma classe.ma photo, direct, de ton fils. OK, tu la mets.
- Jérôme
Je la mets. Sur l'école je crois que la première année je fais plus de 5000 euros de chiffres sur l'école.
- Bertrand
On va en reparler après de tes chiffres parce que c'est stratosphérique !
- Jérôme
Je m'y attendais pas ! Merci ! Sur cette école là, même si ça fait, cette année sur le même nombre d'évêve je crois que j'ai fait 6700 euros donc j'ai fait un panier moyen qui a explosé cette année. Moi j'aime bien les thèmes aussi, je demande toujours à l'école vous faites quoi comme thème ? c'est quoi votre thème cette année ? Alors là, cette année, l'école de mon fils, ils m'ont dit, c'est les quatre éléments. Vas-y pour trouver une idée de décor. Donc je leur ai dit, on va faire un thème musique. Donc j'ai sorti des vieux vinyles, des vieux postes et tout. On a fait un super... Et j'ai cartonné. Il y avait des disques, des Beatles, des trucs comme ça. Les parents, ils ont kiffé.
- Bertrand
Ce que j'aime dans ce que tu as, tes décos tous les ans. Alors 2021, première école, l'école de mon fils. 2022, une deuxième.
- Jérôme
Deuxième et 2023, là, j'explose. Parce que j'ai deux écoles qui me contactent, surtout une de 2000 élèves.
- Bertrand
Mais pourquoi ils te contactent ? Parce qu'ils ont vu que tu faisais une déco à thématique chaque année ? Comment ça se passe, le fait que tu n'ailles pas forcément voir des écoles, mais que des écoles viennent à toi ?
- Jérôme
Je ne démarche pas les écoles.
- Bertrand
Donc c'est bien eux qui vont venir chez toi parce qu'ils ont un collègue. C'est des parents d'élèves qui rabattent.
- Jérôme
C'est beaucoup. Sur Saint-Michel, c'est différent. Ils se sont excusés du photographe qu'il y avait avant, car ils n'étaient pas livrés au mois de mai. Ils avaient fait les photos au mois de septembre. Donc, il y avait eu un gros couac avec le photographe. Et donc, ils recherchaient un photographe. Donc, moi, ma voisine du dessus, elle me dit, Jérôme, Jérôme, j'ai reçu ça. Va les voir. Direct, j'ai appelé. Ils m'ont rencontré. Il y a eu un feeling. Je n'avais jamais fait une école de 2000 élèves.
- Bertrand
2000 élèves, c'est chaud!
- Jérôme
2200 cette année. Quatre photographes le premier jour, trois le deuxième jour. Il y a une organisation.
- Bertrand
Ça, j'admire parce qu'on connaît ta grande organisation légendaire. Tu es stable dans ton instabilité. C'est une phrase que j'aime bien, qui te correspond bien. Une école de 2200 gamins, si tu n'es pas organisé...
- Jérôme
Je l'ai fait en deux jours.
- Bertrand
Tu viens avec plusieurs personnes ? Comment ça se passe ?
- Jérôme
Comment ça se passe ? Le premier jour, on est quatre photographes. Il y en a deux qui font les photos de groupe. Les maternelles, les primaires et tout ça, c'est une photographe. Moi je fais les portraits des petits. Donc là j'ai les individuels, là j'en ai 400.
- Bertrand
Avec ta petite déco donc des situations scolaires mais avec une déco
- Jérôme
Je vais toujours dans un décor un peu vintage Parce que là C'est super joli, j'ai plein de petits trucs vintage au studio donc décor un peu vintage
- Bertrand
Donc t'as 2 photographes aux photos de groupe
- Jérôme
Et Caro qui fait les portraits des grands
- Bertrand
Toi tu shoote les petits en indiv et Caro, là-dedans ?
- Jérôme
Elle shoote les indiv des collèges, lycées, qui restent sur un fond neutre aussi.
- Bertrand
OK. Donc là, c'est le studio Fous d'Images qui se déplace.
- Jérôme
Là, c'est le studio Fous d'Images. Le lendemain, on refait le même set que Caroline. Ouais. Et moi, j'attaque les grands aussi. Donc le premier jour, moi, j'ai fait les petits. Donc tout fait, mes 400 enfants, les photos de groupe des petits. Et là, on n'est plus que trois photographes parce qu'il n'y en a qu'un qui fait des photos de groupe. Et nous, on sépare les classes à chaque fois. On est dans deux salles différentes. Et on attaque toute la journée comme ça. Et cette année, j'ai commencé à faire les fratries. Compliqué. Dans une école de 2000. Mais on l'a fait après les cours, sur rendez-vous. Et peut-être que l'année prochaine, ce qu'on aimerait, parce que sur rendez-vous, ça a été pris. On a fait 90 familles. Sur 2000, ce n'est pas beaucoup. Sur 2000 élèves. Alors que je pense qu'on aurait pu faire 400 familles, mais il n'y avait plus de créneau. Donc l'année prochaine, on va se prendre tout un mercredi sur rendez-vous. L'année prochaine, je vais faire les fratries avec un troisième jour.
- Bertrand
Ok, ok, ok.
- Gilles
Et c'est en plus les 100 ans de l'école l'année prochaine. Donc, j'espère qu'ils vont me garder parce que j'adore cette école. Et là, je veux vraiment qu'on fasse du très lourd sur les 100 ans. Donc, mon décor va être basé sur ces 100 ans. Ça me plaît. Tu vois, faire des photos, ça m'amuse. C'est rigolo. Moi, je ne trouve pas ça... Faire du scolaire, ce n'est pas...
- Bertrand
Et en 4-5 ans, tu arrives à avoir maintenant 9 établissements. 9 établissements scolaires, 85 000 euros de chiffre d'affaires, des paniers à 42, 43 sur certains établissements, et un panier moyen global à 30, 32. Bon, c'est stratosphérique.
- Jérôme
Mais 85 000, ce n'est pas que pour moi.
- Bertrand
Non, c'est 85 000 euros de photos vendues. Tu fais 50 % de plus minimum que n'importe quel autre photographe scolaire qui se situe dans la moyenne, qui est à 20, 22 euros de panier moyen. Et sur certains établissements, tu arrives à faire 42, 43 euros. de panier moyen sur l'établissement. Tu tiens quelque chose, et moi c'est le message que je veux faire passer aux autres photographes scolaires, les écoles demandent de plus en plus. Elles ont de moins en moins de moyens, elles demandent de plus en plus. Donc le réflexe souvent du photographe, c'est de lâcher X% de plus. Et à l'arrivée, quand il fait ses comptes, s'il a donné 50% à l'école, ses tirages, la plateforme, à un moment donné, c'est pas top pour ses revenus. Toi, t'as pris une autre démarche. C'est, je vais maximiser mes paniers moyens, et comme l'école va avoir, par exemple, 30% des revenus, il vaut mieux avoir 30% de 40 euros que 30% de 20 euros. Si elles marchent ces photos, c'est que les gens les aiment. Le fait de faire autant de différentiels de panier moyen, c'est que là, il y a vraiment "j'en prends plus". Un, parce qu'il y en a un peu plus, tu vas nous expliquer combien t'en fais à peu près d'individuels. Chaque maman ou papa peut trouver la photo de son enfant, il y en a toujours une de bonne. C'est linéaire, ton travail, il est propre, c'est linéaire, il y a du piqué, ça donne envie, ça donne envie d'en prendre plus. Techniquement, sur place, combien tu fais de dupliques après, combien tu en mets en ligne en individuel, combien tu mets de photos de groupe ?
- Jérôme
C'est mon secret, ça. C'est un secret. Je ne peux rien dire. Photos de groupe, très simple. Sur les petits, on en fait plein. Moi, je travaille toujours sur pied. En tant que filmeur, j'ai toujours trouvé des solutions à chaque problème. Et pour moi, ce n'était pas un problème. C'était comment optimiser mon travail sans trop me fatiguer. Donc, je travaille sur pied. J'ai mon boîtier. Je travaille tout en horizontal. Parce qu'après, je peux croquer pour faire du vertical. Je travaille en haute def. Moi, je travaille aux Z8. Je travaille aux 50 mm même, pour te dire les portraits. En horizontal, portrait. Et après, cette photo horizontale, je peux la mettre en vertical.
- Bertrand
Tu la mets, tu dupliques horizontal, vertical, du noir et blanc ?
- Jérôme
Ben oui. Et on va dire que cette photo-là, elle sera en horizontale et verticale, en couleur et en noir et blanc. Donc sur une photo, j'ai quatre photos.
- Bertrand
Et j'ai deux poses différentes.
- Jérôme
Donc en fait, je livre, j'ai huit photos.
- Bertrand
Huit photos individuelles, achetables.
- Jérôme
Et ça depuis que l'année dernière, tu vois, je fais comme ça. Dans le sens où avant, je faisais des photos différentes. Donc j'allais chercher trois, quatre photos différentes par gamin. Mais monsieur, celle-là, on peut l'avoir en noir et blanc. Donc je me suis dit, écoute, on va faire très simple. Maintenant, c'est... Je choisis deux photos, je les duplique, couleur noir et blanc, verticale, horizontale. Et là, bizarrement, je fais plus de panier moyen. Et je n'ai plus la question, est-ce qu'on peut l'avoir en couleur ?
- Bertrand
Tu mets des promos ?
- Jérôme
Je mets des petites promos, oui.
- Bertrand
À partir de tant d'euros ?
- Jérôme
Moi, je crois que je suis à partir de 40 euros, ils ont 5%. 60 euros, 10%. Plus de 100 euros, ils ont 15%. Et je fais des belles ventes à 100 euros. J'en fais. Cette année, ma plus belle, je crois que c'était 250 euros. Et j'ai mis les fichiers. Mais par contre, j'ai mis les fichiers à 35 balles. Parce que j'ai calculé qu'un fichier, je voulais le mettre au niveau de mon panier moyen.
- Bertrand
Oui, bien sûr. je n'en vends pas beaucoup.
- Jérôme
Je n'en vends pas beaucoup mais je n'ai plus la demande : Bonjour, monsieur. Est-ce que vous faites les fichiers ? J'en vends. Les fichiers, j'en ai vendu peut-être une dizaine cette année. Mais je m'en fous. Je les mets pour ne pas avoir la commande. La demande, est-ce que vous faites les fichiers ? Donc, il faut le mettre au niveau d'un bon panier moyen. Un fichier, ça a une valeur. Il y a plein de photographes qui disent, non, il ne faut pas mettre les fichiers. Il faut être à l'air du temps quand même. Le fichier, les gens, ils en ont envie.
- Bertrand
Non mais tu le proposes à 35 euros, c'est bien. Il est disponible. Tu le veux, c'est 35. Sinon, tu te rabats sur des tirages.
- Jérôme
Mais même au studio tu sais quand je vois plein de photographes dire, ah non, nous, on ne fait que du tirage, pas de fichier. Nous, il a un prix, le fichier. Et s'ils le veulent, ils peuvent l'avoir. Pourquoi aller dans le sens inverse de ces clients ?
- Bertrand
Non, non, tu ne peux pas aller contre un phénomène sociétal.
- Jérôme
Mais faut leur donner une valeur.
- Bertrand
Au bon prix, bien sûr. Sur le terrain, sur les grosses écoles, vous êtes plusieurs. Et en dehors de cette grosse école où vous déboulez à tous, tu y vas seul ou avec Caro ?
- Jérôme
Caro vient m'aider le matin. C'est elle sur certaines écoles quand on est sur Annecy. Parce que je vais sur Lyon moi aussi. J'ai Annecy et Lyon. Sur Annecy, elle vient m'aider un petit peu le matin pour faire juste les photos de groupe. Donc moi je fais la première photo de groupe. Et pendant qu'elle continue les photos de groupe, moi j'attaque déjà les portraits.
- Bertrand
Ca veut dire quand tu t'attaques à la saison scolaire, t'en as pour deux mois ?
- Jérôme
Un mois de prise de vue.
- Bertrand
Après, tu as un mois de post-production.
- Jérôme
Moi, j'essaie de tout livrer.
- Bertrand
Un mois après ?
- Jérôme
Non. Au niveau des vacances de la Toussaint.
- Bertrand
D'accord.
- Jérôme
On disait les coupons avant les vacances.
- Bertrand
C'est bien.
- Jérôme
Et comme ça, 15 jours. Généralement, moi, je leur laisse 3 semaines à un mois pour choisir leur photo. C'est peut-être trop. Je vais peut-être baisser.
- Bertrand
3 semaines, c'est bien. Parce que surtout quand tu peux avoir la commande groupée bis.
- Jérôme
Oui.
- Bertrand
Donc, tu peux réduire un peu la première période. 3 semaines. La première vertu, c'est que les gens, plus ils ont rapidement les photos, meilleur c'est, eux, ils ont envie de les voir. 80% vont acheter tout de suite.
- Jérôme
Ou même plus. 90%.
- Bertrand
Ouais, voilà. La commande groupée s'arrête. Ça part chez nous au tirage pour un certain temps. On te livre.
- Jérôme
Ouais vous êtes rapide.
- Bertrand
Tu livres l'école. Alors, on est rapide à la pointe quand c'est vraiment pour livraison de décembre. On est en 3-8, c'est pas compliqué. 27 Minilab. 3-8 non-stop. Donc, on pourrait être plus rapide, mais c'est des procédés qu'on utilise, c'est plus rapide qu'à travailler à la main. Parce que toi, tu nous fais bosser, alors on fait tes tirages. Je pense que c'est aussi pour ça que tu as fais le choix du scolaire, c'est qu'une plateforme, ça apporte des solutions logistiques que tu n'as peut-être pas, même si tu tires ici. Au vu des volumes, c'est un autre domaine. Donc, cette facilité qu'on t'amène en traitant et en te rangeant tout dans des petits cartonnages. prêt à livrer, on va dire, ça t'enlève toute cette partie-là. Donc toi, tu shootes tant de journées, post-production tant de journées, tu mets en ligne trois semaines.
- Jérôme
Le soir, en post-prod, je bosse de chez moi. De chez moi, oui.
- Bertrand
Parce que le problème de la photo scolaire, entre guillemets, s'il y en a un, c'est comment tu gères le reste de l'activité en même temps que le scolaire. Parce que là, c'est tendax.
- Jérôme
Alors, j'évite de bosser le scolaire au studio. C'est-à-dire tout ce qui est post-prod, je les fait chez moi ou le matin en me levant en mode machine ou le soir, je peux bosser jusqu'à 1h du matin, je m'en fous. Mais tout ce qui est au studio, c'est au studio. Bien sûr, à la fin, quand je vois que je suis un peu à la bourre, je me mets au studio, mais tout le mois de septembre, j'évite de retoucher ici les images.
- Bertrand
La mise en ligne sur la plateforme, c'est toi qui la fait ?
- Jérôme
Oui.
- Bertrand
C'est un peu de taf,
- Jérôme
Moi, je passe par Lightroom, j'exporte. Aujourd'hui, on a un super outil qui s'appelle Evoto aussi, les reflets de lunettes.
- Bertrand
Bien sûr.
- Jérôme
Là, ça m'a servi au reflet. Les boutons, non. Les boutons, au bout d'un... Il faut vraiment qu'il en ait beaucoup pour que je l'enlève. Mais ce n'est plus lui, en fait. Parce que si j'en fais un, il faut que je les fasse tous. Donc, les retouches, à part les reflets de lunettes, qui pour moi, pour les petits, maintenant avec Evoto, on a une facilité de les enlever qui est magique.
- Bertrand
Evoto, c'est de l'IA ?
- Jérôme
C'est de l'IA. Il y en a d'autres mais moi c'est Evoto.
- Bertrand
Mais le traitement proprement dit des photos, la post-prod. Tu l'as automatisé avec de l'IA ou c'est tes presets Lightroom ?
- Jérôme
Alors j'ai essayé. J'ai voulu cette année essayer. Je me dis, allez, je vais essayer AfterShoot
- Bertrand
Il y a Imagine IA. Il y en a plein.
- Jérôme
Voilà. Je voulais qu'il me trie mes images ?
- Bertrand
Oui, pour le tri. OK. Oui, mais ça, ça ne marche pas très bien.
- Jérôme
Je vais plus vite que lui, en fait. Parce que moi, je sais ce que je veux. Après, sur Lightroom, moi, je ne me mets pas photo par photo. Je les vois en grand. je sais que j'ai fait 10 photos par gamin, en gros 5 et 5, à la fin j'arrive à ma classe, c'est bon, j'ai au moins mes deux photos par gamin, je fais une collection dans mon Lightroom, CM1-1, voilà, cette classe elle est choisie, à la fin où j'ai toutes fait mes classes de tri, là je vais resélectionner les images, c'est-à-dire dans ma classe, j'en veux que deux par gamin, donc maintenant avec Lightroom, Ce qui est bien, c'est que si je mets 6 photos, tu me comprends, donc il y a 3 gamins par ligne, je regarde si je suis bien, et puis j'en enlève si j'en ai sélectionné un peu trop. Après avoir fait le premier tri, après je vais post-traiter mes images. Donc là, c'est ce que j'expliquais tout à l'heure, vertical, horizontal, noir et blanc, couleur. Et moi, j'ai mes presets Lightroom, en gros, qui sont faits. Après, moi, je travaille au flash dans les écoles. Des fois, ça change un petit peu. Chaque école n'a pas les mêmes presets aussi. Le décor va changer dans une école aussi.
- Bertrand
Ok, donc post-prod, tu mets en ligne et après tu... ça vend et toi tu vas faire d'autres écoles tu t'enchaînes et comme ça jusqu'à fin octobre, t'as fini tes prises de vue en gros,
- Jérôme
Fin octobre, oui tout est fini c'est en ligne et c'est parti,
- Bertrand
Là tu reprends ton job de photographe hors scolaire t'attaques le Père Noël le 15 novembre,
- Jérôme
En gros c'est simple j'arrive le 1er septembre, on se dit à l'année prochaine, Aujourd'hui mon gros de l'année c'est 1er septembre - 24 décembre.
- Bertrand
Je te rassure, Jingoo, c'est ça aussi, ça suit.
- Jérôme
Moi, au final, mes photos, aux vacances de la Toussaint, tout est en ligne. Et pendant les vacances de la Toussaint, je commence à regarder le logiciel et je vois les sous rentrer.
- Bertrand
Aujourd'hui, t'as 9 établissements scolaires, tu en veux un peu plus ?
- Jérôme
Oui, parce que... Franchement, j'aimerais monter à 10. Là, en fait, je viens d'avoir même 10 cette année. Je viens d'en récupérer un. J'ai encore 2-3 écoles que j'aimerais essayer d'avoir à Annecy et après stop, Parce que je suis tout seul avec Caro si un jour je me dis allez on attaque encore du gros là je vais prendre des équipes mais il faudra que ça reste dans mon style aussi d'image.
- Bertrand
Nous on a développé la plateforme pour qu'il y ait un minimum de questions, que ça vous embête pas parce que c'est vite là ils sont beaucoup les parents donc toi aujourd'hui là dessus, la plateforme le fait bien ?
- Jérôme
Oui après moi tu sais j'ai 3500 élèves en tout. Il y en a toujours quelques-uns qui arrivent à choper mon numéro de téléphone pour savoir où est le photographe. Après Annecy, le truc, je suis un peu connu quand même. Ça fait 19 ans que je suis là, donc on me connaît. J'ai beaucoup de parents d'élèves qui sont des amis ou des clients, tu vois. Donc c'est comme ça que je chope les écoles.
- Bertrand
Donc tu vas aller jusqu'à 13 écoles, quoi. 13, 14.
- Jérôme
13, 14, ouais. Voilà, dans ma tête, j'ai un chiffre que je veux atteindre. Ah ! Ça sonne,
- Bertrand
Ça sonne. Les affaires reprennent. Donc tu vas aller vers 13, 14 écoles. C'est ce que tu veux faire. Tu peux le faire parce qu'il y a aussi derrière la logistique que l'on traite nous.
- Jérôme
C'est une évidence. Même le scolaire, je te le dis, s'il n'y avait pas eu vous ou d'autres plateformes, je ne l'aurais pas fait. La logistique d'avant, où il fallait faire des planches, machin, truc, les paiements, pour moi, c'était mort. Et c'est pour ça que je ne le faisais pas avant.
- Bertrand
Hier soir, je t'ai montré quelques photos de clubs sportifs. Et là, j'ai vu une certaine excitation dans ton regard. Il y a une interface pour les clubs sportifs. Ça se passe un peu comme le scolaire. C'est les mêmes leviers. Photos d'équipe, photos de groupe, photos individuelles avec le ballon, etc. Ça, à la lumière dans tes yeux, je me dis, lui, il va y aller un peu.
- Jérôme
Je vais y aller. Oui, je veux y aller. De toute façon, on en parle déjà depuis un petit moment. Mon métier change. Donc, il y a des choses. Je me suis rendu compte, même en faisant le Père Noël, que les gens aiment les choses simples et rapides. Aujourd'hui, ils ont besoin de commander pas Internet. Là, cette année, sur le Père Noël, on s'en est rendu compte que les gens nous disaient « Ah, c'est bien votre système de pouvoir prendre rendez-vous par le net. » Et la simplicité d'une plateforme comme ça, de pouvoir vendre en ligne. En plus, vous ne prenez pas un pourcentage énorme.
- Bertrand
Ah non, non, on prend très très peu. J'en profite. On prend très très peu pour vous en laisser un maximum.
- Jérôme
T'es à 3%.
- Bertrand
C'est ça.
- Jérôme
Voilà, c'est que dalle, en fait. Les tirages. Je suis désolé, qu'on ne me dise pas qu'ils sont chers chez vous. Un 18-24, c'est 0,80.
- Bertrand
Ouais, c'est ça.
- Jérôme
TTC.
- Bertrand
On fournit du super tirage.
- Jérôme
Je vais en face de mon labo, je crois qu'il doit être à 4 euros. Tu vois, après...
- Bertrand
Il faut que vous puissiez avoir de la marge.
- Jérôme
Et c'est du 310 grammes. En fait, c'est du beau papier.
- Bertrand
Beau procédé d'impression.
- Jérôme
J'adore, que je connais, et j'adore. Franchement, moi, je suis bluffé à chaque fois que je reçois vos tirages. Je suis content.
- Bertrand
Comment un photographe qui doit vivre de son métier comme tu le fais depuis 25 ans et que tu veux continuer à le faire, ça passe par quoi ? La diversité ? Pour toi, comment tu vois le futur ? Comment tu t'organises par rapport à ça ?
- Jérôme
En fait, si tu veux, moi, la concurrence, je ne m'en occupe pas. Je m'en fous. Mais royalement. Ce n'est pas eux qui vont me faire gagner de l'argent. Ils vont surtout me faire perdre.
- Bertrand
Et du temps.
- Jérôme
Perdre mon temps, à se plaindre d'eux. Ils sont là, ils sont là. Aujourd'hui, je sais, je suis arrivé il y a 19 ans à Annecy, on était beaucoup moins de photographes. Ils se mettent à faire des photos de bébés. Ils se mettent à faire du mariage. Ils sont un peu partout.
- Bertrand
Oui oui c'est ça.
- Jérôme
Mais pourquoi s'en occuper ? Il faut sortir, trouver des idées pour sortir de tous ces gens-là, en fait. Moi, j'ai la chance d'avoir un studio. On a beau dire, le studio, pour moi, il est hyper important.
- Bertrand
Oui, parce que quand t'es en freeride tout seul de chez toi, t'as pas forcément un studio et des choses que tu peux pas faire.
- Jérôme
Voilà, même si des fois je me dis, pourquoi on arrêterait pas le studio pour faire de l'extérieur ? Mais je suis tellement tributaire du temps à Annecy.
- Bertrand
Oui, c'est compliqué.
- Jérôme
C'est compliqué, mais il y en a qui y arrivent très bien. Ils ont pas de charge, ils risquent rien. Mais je vais pas m'en occuper en fait. Moi, quand j'étais filmeur, j'avais de la concurrence. On était collés dos à dos.
- Bertrand
Ouais, donc...
- Jérôme
On y allait à coups de boîtier. Non, mais c'était ça.
- Bertrand
Et c'est un bon aiguillon la concurrence.
- Jérôme
Moi je vais dire, comme je disais tout à l'heure, les concurrents, moi quand j'étais pas bien, j'allais sur la plage où il y avait le plus de concurrents. Pourquoi ? Parce que ça me redonnait du boost. La concurrence je m'en occupe pas, mais je m'y intéresse. J'ai toujours un oeil sur eux. Mais au final c'est des confrères. Je sais qu'aujourd'hui on doit être 50 photographes à Annecy. En mariage ils sont 49. Pourquoi je fais pas de com' sur le mariage ? Parce qu'il y en a trop. À un moment il y avait très peu de photographes qui faisaient des culinaires. Aujourd'hui, tout le monde en fait. Pourquoi ? Pourquoi tout le monde le fait ? Parce qu'il y avait une niche. Et oui. Et pourquoi ? Parce que tout le monde donne beaucoup de formations. On forme beaucoup de gens aujourd'hui. Moi, j'ai formé. Aujourd'hui, je n'ai plus envie de former. J'ai une formation en ligne. C'est très bien, mais je n'ai plus envie de former. Parce que je vais former des gens qui, en face, je vais les avoir. On me demande des formations sur le scolaire. J'ai dit non. Je n'ai pas envie, en fait. Parce qu'il y en a trop de formations partout. Pour moi, il y en a trop. On allume son truc, le photographe qui a un an, il fait des formations le mec. Oh, il faut arrêter les conneries en fait. C'est du n'importe quoi. Quand je vois des photographes qui se lancent dans le mariage et que tu vois les mariés qui viennent pleurer parce qu'ils ont eu vulgairement de la merde, je leur dis mais vous l'avez payé combien votre photographe ? 500 euros. Mais hé, vous ne plaignez pas ? Vous l'avez eu pour 500 euros. Vous l'avez eu pour 500 euros. Ils sont en train de tuer notre métier. Et ça me fait mal au cœur. Alors la FFPMI fait... Tout pour essayer de sauver Amélie. Elle est super top. Pour rehausser, même Thibault Chappe. Tout ça, on essaye. On a de la chance aujourd'hui.
- Bertrand
Il faut sensibiliser. Après, tu n'arrêtes pas un phénomène sociétal.
- Jérôme
Non, on ne peut pas. On ne peut pas. Sur les identités, c'était à l'époque, le GNPP s'est battu pour que les photographes le gardent et qu'il n'y ait pas de photomaton dans les mairies. C'est nous quand même, c'est le GNPP de l'époque qui s'est battu. Enseignement le GNPP, c'est l'ancêtre de la FFPMI. Mais s'il n'y avait pas tout ça, notre métier aujourd'hui, je pense qu'il serait complètement mort. Moi, ce que j'aimerais dans mon métier, c'est qu'avant qu'on puisse se mettre, pourquoi les coiffeurs, ils doivent avoir un CAP avant de se mettre coiffeur, ça serait pas mal en fait d'avoir au moins un an à deux ans d'expérience avant de se marquer photographe professionnel.
- Bertrand
Ce serait pas mal.
- Jérôme
Ça serait pas mal. Mais ça on ne peut rien y faire.
- Bertrand
C'est le domaine du rêve. Là, je vais repasser le mic à Gilles, comme on dit, le micro, parce que c'est lui qui va conclure. Merci, Jérôme, encore une fois pour ta fidélité.
- Jérôme
Merci pour le génèp' d'hier soir.
- Bertrand
Ta sympathie légendaire et ton rire.
- Gilles
Merci, Bertrand. Je voudrais terminer cet entretien, parce que malheureusement, on arrive à la fin de cet entretien qui a été plus que riche. Alors Jérôme, comment tu vois les prochaines années ? Est-ce que tu as un objectif en particulier ? Et ma dernière question, toi je te fais un package, est-ce que tu as un rêve professionnel ?
- Jérôme
Alors comment je vois l'avenir ? Donc là je vais partir me faire une petite formation. Donc je ne peux pas révéler ce que je vais faire. C'est secret ? Pour l'instant c'est secret parce que je ne l'ai pas mis en place.
- Gilles
D'accord.
- Jérôme
Tant que je n'ai pas mis en place ça, je ne veux pas en parler. Donc ça. Ensuite, moi déjà les photos... de clubs sportifs. Ça, je peux en parler parce que je pense que c'est quelque chose que je vais vraiment...
- Gilles
Tu vas vraiment jeter un oeil sérieux ?
- Jérôme
Je vais jeter un oeil, ça me plaît. Ça me plaît parce que ça revient un peu au scolaire. Ça va être les enfants encore et voilà. Et puis j'ai beaucoup, beaucoup de clients qui, leurs enfants sont dans des clubs sportifs.
- Gilles
Est-ce que tu penses qu'on peut s'amuser plus à photographier des enfants dans un club sportif ? Je pense par exemple à faire des décalages d'accessoires, de choses comme ça. avec du scolaire qui est peut-être un peu plus strict.
- Jérôme
Le scolaire, c'est quand même... Il y a des normes, il faut les respecter. Malgré tout, même si je fais des décors et tout, je respecte quand même les normes par rapport à ça. Après, en club sportif, tu fais un peu ce que tu veux. Du moment que tu fasses des belles images, que tu sais qu'elles vont être vendues, parce que moi, je ne fais pas que des images pour qu'elles ne soient pas vendues. Donc ça, c'est important. Donc ça, ça va être vraiment... Je pense quelque chose que je vais mettre en place. D'ici cette année, j'aimerais bien commencer cette année. J'attends quand même toutes les élections municipales à Annecy, qui a une très grande importance, comme dans beaucoup de villes qui sont passées écolo. Et une fois que... Voilà, je vais quand même mettre en place ça. L'autre truc qui est secret... On le verra très prochainement parce que je pars au mois de mars faire cette formation et j'ai de la chance derrière d'avoir un réseau où je peux concrétiser un peu ce projet.
- Gilles
Et donc ton rêve professionnel ?
- Jérôme
Mon rêve professionnel, alors je ne vais pas en parler de ça. Je vais d'abord parler de certains objectifs aussi que j'ai envie. Encore, on va parler de concours. Et là, j'aimerais de faire un QEP et un Master QEP. Le QEP, c'est Quality European Photographer. Et Master Quality European Photographer. Donc, le QEP, c'est 12 images d'une série. et le master QEP c'est 20 images mais d'abord il faut avoir le quep pour passer le master QEP. Mon QEP je sais pas encore sur quoi je vais le faire, j'aimerais essayer de le faire sur du culinaire peut-être j'ai mes idées, j'ai déjà commencé à faire quelques images par contre mon master QEP je sais sur quoi je veux le faire aussi moi j'aime les gens donc je vais faire un truc dans la rue, après les grincheux j'envierai des bonnes gueules d'Annecy. Parce qu'en fait, quand tu t'assoies dans la rue, tu observes les gens. Il y a de la gueule, quoi. Et je veux pas faire un truc, tu vois, juste faire la photo. Je veux être là avec mon flash, déporté, avec un optique, que le même, tout le temps. Je pense que je prends un 50 mm. Et une dame qui sort du marché avec plein de trucs. Tu vois, c'est ça que j'ai envie de faire. Avoir des vraies personnes. Parce qu'il y a des gueules, quand même. Et mon rêve... plus grand rêve. Ça, c'est un rêve depuis... J'aimerais faire un festival photo à Annecy. Ouais, j'ai la chance aussi de connaître beaucoup de marques, de faire quelque chose de gantesque. C'est mon rêve. J'ai envie de laisser une empreinte, si tu veux, aussi dans le métier.
- Gilles
T'as envie de rendre à Annecy ce qu'elle t'a donné ?
- Jérôme
Mais complètement. Tu me donnes même les larmes aux yeux en me disant ça. C'est vrai que j'ai envie de rendre à Annecy ce que la région m'a donné. Tu vois, rentrer en Haute-Savoie, c'est compliqué. Moi, j'ai même eu la chance d'habiter à la Clusaz. Et quand tu arrives à la Clusaz après neuf ans d'être parti, que les chaves, donc les chaves, c'est les gens de la Clusaz, te disent « Bienvenue à la maison » , ben tu te dis « Ok, je suis chez moi, quoi. » Et je sens, je me sens chez moi ici.
- Gilles
Écoute, moi je te souhaite vraiment que les élections municipales aillent dans le sens de l'organisation d'un festival, parce que tu... Tu fais ça aussi avec la ville, je pense.
- Jérôme
Je ferai ça avec la ville, bien sûr. Et avec le département.
- Gilles
Évidemment.
- Jérôme
Aujourd'hui, étant à Annecy, connaissant beaucoup de monde, j'ai un peu de réseau aussi dans tout ce qui est politique.
- Gilles
Donc, je crois qu'on peut dire qu'on arrive malheureusement à la fin de cet entretien. C'est triste, mais c'est comme ça. On a parlé d'un studio ici à Annecy avec Jérôme qui s'est structuré, d'un virage stratégique vers la photographie scolaire et d'un outil, Jingoo, qui accompagne l'évolution. On a parlé de choses simples qui créent des ambiances. On a parlé du Père Noël. Moi, je trouve ça magnifique. On a parlé de ces enfants, à qui enfin on arrête de dire souris. Et avec Bertrand, on a parlé photos scolaires aussi. Mais qu'on soit en studio ou dans une cour d'école, c'est toujours la même chose avec toi, Jérôme. C'est un regard. Et comme l'a écrit Henri Cartier-Bresson, et alors là, mes amis photographes, si vous ne savez pas qui c'est, Il est urgent d'aller vérifier. Comme l'a dit Henri Cartier-Bresson, photographier, c'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'œil et le cœur. Alors, si nous devions retenir une chose de cet épisode avec Jérôme, c'est peut-être ça. Durer dans ce métier, ce n'est pas faire du bruit, c'est faire du vrai. Merci Jérôme.
- Jérôme
Merci à toi et j'aimerais faire une dernière phrase.
- Gilles
Oui.
- Jérôme
Plus qu'un métier, un art, une passion, un fou d'images. Eh oui, c'est mon slogan.
- Gilles
Eh ben, on va la garder comme ça.
- Bertrand
Moi, j'ajoute,
- Gilles
Oui, vas-y.
- Bertrand
Une bonne photo, c'est aussi une photo vendue.
- Gilles
Voilà. Avec Jingoo, ça vaut le coup. Ah oui c'est ça. Merci à tous les deux. Et à la prochaine fois.