- Jingoo
Bonjour à tous, bienvenue sur les podcasts Jingoo. Notre volonté, donner la parole aux photographes de métier qui ont réussi à bien en vivre. Que l'on soit un photographe chevronné ou arrivant dans la profession, même si vous en savez déjà beaucoup, cela peut vous inspirer. Photographe, c'est un métier. Ils vont vous dire comment ils l'appréhendent, les clés de leur réussite. Bonne écoute et à bientôt sur Jingoo. Bonjour mes amis photographes, c'est Gilles et je me trouve aujourd'hui dans le Beaujolais à Anse. Il y a ici un studio photo que tous les gens du coin connaissent. Un endroit vivant, chaleureux où ça discute lumière, cadrage et café chaud. Derrière l'objectif, un type entier, curieux, passionné, je vous présente Mika Pollet. Autodidacte, débrouillard, un peu têtu, le genre de photographe qui aime comprendre avant d'appliquer. Avant d'ouvrir son studio, Mika tenait un vidéoclub. Mais voilà t-il pas que la VOD arrive et balaye tout ! VOD, pour ceux qui ne le savent pas, ça veut dire « vidéo on demand » . En gros, les films se louent désormais en ligne. Et donc, quand la VOD a tout balayé, Mika n'a pas baissé le rideau, il a pris la lumière. Aujourd'hui, Mika vit de la photo à sa manière, libre, ancrée et généreuse. Bonjour Mika !
- Mika
Bonjour Gilles !
- Jingoo
Ça va ?
- Mika
Ça va très bien !
- Jingoo
Mika, tu as grandi dans quel univers ? Parce que, est-ce que tu voulais déjà faire de l'image ou c'est venu plus tard ?
- Mika
Alors mes premières photos ont démarré quand j'ai eu mon premier appareil photo, j'avais 9-10 ans. Et j'ai toujours eu cette affection pour l'image et c'est vraiment venu de là.
- Jingoo
Donc tout petit, déjà faire de l'image ça te plaisait, mais c'est parce que tu as vu ton père faire de la photo, tes parents, non comme ça ?
- Mika
Absolument pas, non.
- Jingoo
D'accord.
- Mika
Non je pense que j'avais vraiment une affinité avec la création de l'image, la manière de voir les choses était... était peut-être différent de mes parents ou de mon frère. Et je ne sais pas, il y a vraiment ce côté en moi inné.
- Jingoo
D'accord. Mais alors, tu rêves d'école de photo, mais pourtant tu pars en électronique. Alors c'est un choix, c'est un détour imposé. Tes parents t'ont dit tu vas faire un bac d'électronique plutôt que photo.
- Mika
Alors, je suis originaire du Beaujolais, je suis né dans le Beaujolais. Mes parents se sont séparés, je suis parti de la région parisienne. Et après, donc la troisième, on devait faire des choix. Mon choix était de faire soit caméraman, soit photographe. J'étais à 80 km de Paris, pour plein de raisons, ce n'était pas possible de pouvoir partir là-bas, donc je me suis orienté vers une alternance en électrotechnique.
- Jingoo
Non, tu as aimé ? Ou...
- Mika
Oui j'ai adoré !
- Jingoo
Ah oui ?
- Mika
Je n'étais pas forcément quelqu'un de très scolaire, partir en filière générale ne m'intéressait pas, et moi ce que je voulais c'était de l'action, et l'électrotechnique c'était, je bricolais toujours un petit peu dans ma chambre, donc ça a été une voie. Ça m'a permis de me développer. J'ai fait en plus les concours du meilleur apprenti de la région, du département. Et donc, du coup, ça m'a vraiment élevé. Et ça m'a permis de rentrer dans le monde des adultes avec...
- Jingoo
Et puis alors, justement, tu parlais de rentrer dans le monde des adultes. Tu es rentré un peu, on peut même dire que c'est le monde des adultes qui te fracasse parce que tu as eu un accident de la route. Oui. Mais tu dis que ça a été un tournant. Oui. Et alors, qu'est-ce que ça t'as appris justement cet accident ?
- Mika
Mon accident de la route, il m'a appris à relativiser sur les choses, sur ma vie. Et en fait, je me suis rendu compte, j'étais obligé de réapprendre à marcher, de faire de la réadaptation fonctionnelle. Et en fait, tout ça, ça m'a permis, je pense, de devenir réellement un adulte et de me poser les bonnes questions. Je me suis engagé chez les pompiers. Et après, j'ai fait un boulot alimentaire pour pouvoir reprendre une vie normale. Mais au fond de moi, en fait, l'idée, c'était d'être entrepreneur.
- Jingoo
Voilà, parce que quand tu reviens, si je puis dire "sur pied", c'est justement ce que tu dis, tu n'as qu'une idée en tête, c'est être indépendant. Et alors, est-ce que c'est de là que naît ton côté, je fonce, je me débrouille, on voit où ça va ?
- Mika
Alors, je l'étais déjà avant, puisque quand j'étais en apprentissage, avec mon alternance, donc j'ai fait CAP, BEP, CQP, Bac Pro, et je me rappelle, mon maître d'apprentissage me disait, toi, quand tu seras adulte, tu seras soit mon chef, soit mon patron. Mon père est entrepreneur, il a été transporteur routier, il a eu deux sociétés, il a eu beaucoup de déboires aussi dans sa vie de professionnel. Et je pense que j'ai quand même eu cette culture de l'entreprise avec un travail où on ne compte pas forcément ses heures. Et ça, je pense que ça m'a aussi construit. Et ce n'était pas forcément un modèle dans lequel... Le modèle de mon père, en tout cas, n'était pas un modèle dans lequel je me retrouvais. Mais j'avais quand même cette culture-là. Et avec le caractère que j'ai... et que j'avais finalement aussi, je me suis dit en fait, ma voie, elle n'était pas dans le côté salarié toute ma vie.
- Jingoo
D'accord, en fait, tu voulais être patron comme ton père, mais surtout pas dans le transport routier comme ton père. Mais tu n'avais pas encore trouvé ta voie apparemment.
- Mika
Je n'avais pas trouvé ma voie, j'étais jeune.
- Jingoo
Et alors, l'idée d'être un pompier volontaire, parce que tu as été pompier volontaire pendant des années. Oui, 18 ans. 18 ans de pompier volontaire.
- Mika
Alors, les pompiers, c'est... Mon père était pompier, mon grand-père était pompier. Et en fait, quand j'ai eu mon accident de voiture, les pompiers ont mis un peu plus de deux heures pour me désincarcérer de mon véhicule. Et je pense que ça a été aussi un déclic. Et ça m'a permis de me rendre compte de l'importance de la vie et de l'importance d'aller aider et secourir les gens. Et humainement, c'est une superbe expérience. Vraiment !
- Jingoo
En plus, ça... Tu es en mouvement perpétuel quand tu es pompier volontaire. Tu ne peux pas rester assis.
- Mika
On est toujours dans l'action, la réflexion. En fait, on apprend des gestes pour essayer justement de les ressortir de manière instinctive, sans être obligé de réfléchir. En fait, le fait d'être toujours dans l'action, moi, c'est ça qui m'anime.
- Jingoo
D'accord.
- Mika
Action et passion.
- Jingoo
Oui, c'est toujours pareil aujourd'hui. Quand j'ai regardé ton site, tes news, etc., il y a la van life.
- Mika
Oui.
- Jingoo
J'ai vu ton joli camion qui nous a emmenés jusqu'ici.
- Mika
Alors là, du coup, merci à mon papa, qui était transporteur routier. Et donc, du coup, j'ai passé beaucoup, beaucoup de temps avec lui dans sa cabine.
- Jingoo
Ah oui !
- Mika
À parcourir les routes de France et d'Espagne. Ouais.
- Jingoo
Et le camion, on voit qu'il est équipé un peu pour la photo quand même, puisque j'ai reconnu une batterie externe. Il y a la moto, donc tu es passé une moto. Il y a les routes de France, parce que tu aimes bien faire ça. Donc ça, c'est un mode de vie à part entière. C'est ton équilibre.
- Mika
C'est... Ma manière de souffler, j'ai la chance d'avoir une vie professionnelle riche. Je fais beaucoup de rencontres. J'aime rencontrer les gens, j'aime l'humain, j'aime le contact. Mais depuis quelques années, ce n'est pas oppressant du tout. Mais ça me demande tellement qu'en fait, j'ai besoin de me ressourcer. Et la meilleure manière de me ressourcer, ce n'est pas forcément d'aller chercher la solitude. J'essaie d'aller me ressourcer dans la nature.
- Jingoo
D'accord. Maintenant, on va parler de ton côté photographe, parce que c'est quand même ce qui nous anime. En 2007, c'est une transition un peu bizarre, mais en 2007, tu ouvres ton vidéoclub. Raconte-moi un petit peu cette période. C'était quoi ton quotidien ? Déjà, la rencontre des gens, parce qu'on a bien compris que tu aimes le contact humain. Puis, tu as la passion du film.
- Mika
Oui. J'avais déjà une expérience d'avant. J'ai des amis qui ont ouvert un vidéoclub en 2000. On était dans la fin de l'âge d'or du vidéoclub, il y avait le développement du DVD et après l'arrivée du Blu-ray. Donc j'ai participé à la création de leur vidéoclub. J'avais un ami d'enfance, son beau-père avait aussi un vidéoclub sur Villefranche. Du coup c'était un univers qui m'animait, j'ai toujours aimé le cinéma. Et donc, quand j'ai pu démarrer mon activité, j'ai acheté un vidéoclub qui fonctionnait encore un peu. Et l'idée, c'était de récupérer le fichier client du vidéoclub pour pouvoir développer la partie vente de matériel audiovisuel et de création de celle du cinéma privé.
- Jingoo
Ah oui, parce que ça aussi, ça a été un sacré business, les home cinéma, comme on appelait ça. Et d'ailleurs, plutôt que de subir la fermeture, parce que bon, ça se casse un peu la gueule, cette activité de location de vidéo. Tu passes à l'audiovisuel et ensuite à la photo. Ce que je voulais te demander, c'est réfléchi ou c'est instinctif ou c'est un mélange des deux ?
- Mika
Ce n'est pas réfléchi. C'est un mélange des deux. Après, la photo m'a toujours suivi. Je pense que tous les photographes ont eu des pics up and down. Et ça m'a toujours suivi. J'avais un espace commercial dans mon magasin. Au fur et à mesure du temps, La partie vidéoclub avait tendance à se rétrécir. Et la partie photo est arrivée après la naissance de mon fils, donc de mon premier fils. Quand il a été scolarisé, il a eu sa première photo de classe, entre 3 et 4 ans. Et cette photo de classe était d'une nullité intersidérale. La qualité de photo, la qualité du papier, le traitement était lavasse. Du coup, à ce moment-là, je suis allé voir la directrice de l'école et je lui ai dit, écoutez, moi, je me propose l'année prochaine de faire les photos de classe parce que là du coup ça ne me convient pas du tout et à ce moment là elle m'a dit ok et en fait c'est là de là que tout est parti
- Jingoo
Est-ce qu'on serait pas un peu en 2013 ? Donc là, c'est toujours la photo, tu l'as fait, mais en parallèle du vidéoclub, enfin, même s'il y a moins d'activités.
- Mika
À ce moment-là, quand elle me dit « Ok » je sais que j'ai à peu près une année scolaire devant moi pour travailler un petit peu ma technique, travailler l'éclairage, c'est le côté autodidacte, fait que je me posais beaucoup de questions. Donc en fait, j'avais une partie de mon espace commercial du vidéoclub, en tout cas, que j'ai supprimé. Et c'est là que j'ai créé mon premier studio.
- Jingoo
Et alors justement, ça, ça m'intéresse parce que tu es autodidacte. Oui. Tu n'as pas fait de grande école de photo, etc. Mais par contre, il y a du matériel ici, il y a des projecteurs de studio, il y a des flashs de studio. Où tu as appris tout ça ? C'est en travaillant tout seul ou tu as quand même suivi des stages ? J'ai travaillé tout seul. Tout seul. Bon, tu as lu des bouquins un petit peu. Tu m'as dit que lire des livres, tu lis trois pages et après ça te saoule.
- Mika
Oui, on en parlait tout à l'heure, le fameux livre de John et Joko qui date du début des années 80, voire même fin des années 70.
- Jingoo
Oui, je confirme.
- Mika
On parle de la photo à argentique. Finalement, la technique aujourd'hui est la même, à part la partie péloche. Mais ça a été mon livre de chevet. Je l'ai ouvert un petit peu et puis finalement, je me suis rendu compte que c'était sur le terrain que j'apprenais le mieux.
- Jingoo
Ouais.
- Mika
Et donc, après, j'allais piocher des infos un petit peu à droite et à gauche. J'ai fait des tests, j'ai fait quelques collaborations au départ. En fait, tout a toujours été fluide. Je ne me suis jamais vraiment posé beaucoup de questions.
- Jingoo
Tant mieux, parce que tu vois, c'est ce moment dans ce podcast où je vais intervenir un peu à propos de John et Joko, parce qu'on a un peu les mêmes racines, si je puis dire. C'est un livre que mon père avait, parce que papa était passionné de photos, chez Canon. Voilà, donc nous sommes des hommes de goût puisque nous sommes chez Canon, c'est Canon. Mais plus sérieusement, en fait, il y avait ce livre de John et Joko, Initiation à la photo, etc. Je ne sais pas combien de temps j'ai passé à regarder les photos. Ça a façonné mon œil, cette histoire de John et Joko. Alors, je le lisais, puis comme le code de la route, je revenais à zéro et je recommençais. Tu sais pour m'en imprégner. Et finalement, je crois que ça m'a aidé à savoir ce que je voulais comme cadre très précisément. Donc voilà. C'est un très bon livre. Je ne sais pas si on le trouve sur le Bon Coin. John et Joko, qui était le photographe officiel de la Reine d'Angleterre. Je crois qu'il est mort, ce brave homme, aujourd'hui.
- Mika
On doit le trouver soit sur eBay, soit... Moi, à l'époque, j'ai trouvé sur Price Minister.
- Jingoo
Ah oui, Price Minister. Donc c'était dans l'antiquité, excuse-moi !
- Mika
C'est vrai qu'on remonte.
- Jingoo
Il a sorti une dernière édition.
- Mika
Édition 2, après celui-là. Oui.
- Jingoo
Et il y en a eu une que j'ai acheté il y a une quinzaine d'années où il parle un peu du numérique. Donc voilà. Puis je crois qu'aujourd'hui, il n'est plus là. Alors, on va 2017. On reprend le fil de notre petite discussion fort sympathique dans ce studio fort sympathique. En 2017, c'est vraiment l'année où tu lâches tout pour la photo à plein temps. Et alors, justement, la question que je pose toujours, est-ce que tu te souviens de ce moment, de ce déclic où tu t'es dit, allez, cette fois, c'est bon, j'y vais. Qu'est-ce qui a pu provoquer vraiment cette envie ?
- Mika
Il y avait plusieurs choses. Il y avait une vraie raison financière. Alors, j'aime prendre des risques. Mais il y avait une vraie raison financière où le local dans lequel j'étais, qui n'est pas très loin d'ici, il y a 500 mètres, me coûtait un petit peu trop cher en charge. Et j'avais besoin, du fait que l'activité photo, je sentais qu'elle prenait, mais j'avais besoin de me détacher de l'image du vidéoclub. Et j'avais besoin de me détacher de ces clients-là aussi. Ce vidéoclub avait été créé au début des années 80 et du coup les gens étaient vraiment attachés à ça. J'avais des clients en plus qui étaient vraiment très fidèles mais qui étaient trop attachés au vidéoclub et pas assez au reste de l'activité. Donc pour toutes ces raisons, j'ai cédé mon pas de porte et j'en ai trouvé un autre à côté de la mairie qui finalement au départ ne me plaisait pas plus que ça. Mais finalement, le fait d'être à côté de la mairie a changé beaucoup de choses.
- Jingoo
Ah bah oui, c'est extraordinaire, c'est la question que j'allais te poser. Parce qu'aujourd'hui, je lis ma question. Tu as un studio en face de la mairie d'Anse, et alors c'est presque un commerce de quartier. Parce que qui dit face à la mairie, dit photo d'identité. On ne va pas rêver mieux. Et moi, j'imagine très bien l'employé de la mairie dire aux gens, vous voulez des photos d'identité ? Mais il y a le photographe juste en face là. Est-ce que tu as une idée, Mika, du nombre de photos d'identité que tu fais à l'année ?
- Mika
Alors, j'ai eu les statistiques de l'année dernière. Donc, la mairie de Anse, tout confondu, donc passeport et carte d'identité, ont à peu près 3500 dossiers et moi, j'en récupère un tiers à peu près.
- Jingoo
Ah quand même !
- Mika
Enfin, j'en récupère un tiers... Pas forcément de la mairie, parce qu'après, il y a tout ce qui est visa, permis de conduire. Mais voilà, c'est à peu près dans les 1000 photos annuelles.
- Jingoo
Oui, parce que les photos du permis de conduire, maintenant, c'est tout un truc officiel. C'est numérique, protégé
- Mika
Oui t'es obligé d'avoir un logiciel agréé qui va être complémenté avec l'ANTS pour pouvoir envoyer des photos, des signatures.
- Jingoo
Alors, je vais te parler d'un copain photographe que j'ai eu la chance d'interviewer comme toi, qui s'appelle William Moureau. Et William aussi fait de la photo d'identité. Et c'est très important pour lui parce que, bon, déjà, il génère un joli chiffre d'affaires avec ça. Mais surtout, quand les gens attendent, ils sont comme je suis là actuellement, en train de regarder d'autres photos. Donc, on voit que tu fais du mariage. Elle est très, très belle, cette photo du mariage avec les 300 personnes qui sont tous impeccablement alignées. Il y a des jeunes filles qui posent un bébé. Et donc, est-ce que, comme William, les gens te regardent en disant... « Ah, mais vous faites ça et ça génère un nouveau business ou des nouvelles affaires du moins. » Pas un nouveau business, mais des nouvelles affaires.
- Mika
Alors, le fait d'avoir pignon sur rue permet d'ancrer un petit peu plus l'idée dans la tête des gens. Et je n'ai pas cette culture ultra commerciale à vouloir absolument vendre quelque chose. En revanche, même s'il n'y a pas forcément de mots, dans l'enveloppe dans laquelle je glisse les photos d'identité, il y a toujours un petit flyers avec. Il y a des jours où il va y avoir un petit peu plus de monde, où je n'aurai pas forcément l'occasion de vraiment discuter avec les clients. Mais en revanche, ils savent que je suis là. Ça peut arriver, notamment sur la photo d'iris. On est sur un marché qui est un petit peu porteur, donc les gens ont tendance à poser des questions. Donc évidemment, ça permet d'orienter après. Mais ça m'est arrivé, de client, la fameuse... photos de la petite fille qui s'exclame devant ses parents mariés. Ces gens-là, je les ai rencontrés pour faire des photos d'identité. La semaine d'après, ils se mariaient. Du coup, j'ai été leur photographe de mariage. Ce n'était absolument pas prévu. Donc ça, c'est la photo d'identité quand même qui les a amenés vers moi.
- Jingoo
Donc ça peut générer des affaires. C'est pas ce que tu cherches, mais bienvenue. Si ça arrive. Justement, tu touches à tout. Il y a le mariage, il y a les portraits, il y a le scolaire, il y a le corporette, il y a le nu. Calmon nous, il y a Miss France, il y a les conscrits, les conscrits, c'est ma question juste après. Tu as fait le choix de ne pas te spécialiser pour répondre à une demande, parce que tu es vraiment implanté au cœur du village, du bourg, de la petite ville. Donc ça te permet en fait de répondre à toutes les demandes.
- Mika
Alors après moi, dans ma définition du métier de photographe, en fait pour moi ça paraît, c'est normal de pouvoir répondre à toutes les activités et toutes les demandes en tant que photographe. Je n'ai pas envie de me spécialiser dans un domaine pour plusieurs raisons. La première, c'est que j'aime justement cette pluralité d'activités et le fait de changer justement de type de client, ça permet d'avoir aussi une forme d'ouverture d'esprit qu'on n'aura pas et ça permet systématiquement de retravailler sur sa créativité. Donc ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est aussi un choix stratégique en cas de crise. Quand on est spécialisé dans un domaine, On peut se retrouver, comme j'ai eu le cas dans mon histoire d'entreprenariat, le fait d'être spécialisé dans une chose en particulier. S'il y a un phénomène qui arrive, un phénomène de mode ou quoi que ce soit, qui va être la cause d'une baisse d'activité, moi je peux facilement rebondir sur autre chose. Alors qu'un photographe qui va être spécialisé aura beaucoup plus de difficultés parce qu'il aura une reconnaissance sur un secteur, mais pas sur les autres.
- Jingoo
En fait, tu ne veux pas avoir tes oeufs dans le même panier.
- Mika
Je ne veux pas avoir mes oeufs dans le même panier.
- Jingoo
Et d'ailleurs, on va parler des conscrits du Beaujolais. Alors, il y a un grand sourire, on ne peut pas le voir, mesdames et messieurs, mais il y a un grand sourire sur le visage de Mika. Qu'est-ce que c'est les conscrits ?
- Mika
Les conscrits, c'est une tradition militaire qui date à la fin du 19e siècle. Et en fait, on avait les hommes. Donc, c'est une tradition militaire qui concerne les hommes, puisqu'avant, les femmes n'allaient pas au service militaire. Ils faisaient leur tirage au sort pour partir au service. Au bout d'un an, ils fêtaient leur retour. Certains se sont dit pourquoi ne pas fêter cette nouvelle amitié. C'est une amitié quand on part au service militaire qui va se créer au fur et à mesure des mois qui passent. L'idée c'était de fêter cet anniversaire tous les 10 ans. Et en fait, ça s'est fait d'année en année. Et du coup, ça s'est ancré. Et donc maintenant, c'est une vraie tradition au sein de Villefranche qui garde cette tradition uniquement pour les hommes. Et puis après, autour des villages, aux alentours, qui ont aussi intégré les hommes et les femmes et les enfants.
- Jingoo
Par contre, tu me dis, les conscrits, c'est tous les 10 ans. Oui. C'est-à-dire qu'en fait, tous les ans, c'est une promotion différente ou c'est… voilà, c'est ça, d'accord.
- Mika
Donc moi, je suis né en 6, donc en 1976. Donc l'année prochaine, je vais fêter mes 50 ans. Je vais retrouver mes amis d'enfance avec qui j'étais à l'école, qui ont le même âge que moi. Et donc il y en a certains qui sont partis à l'autre bout de la France ou dans d'autres régions. Ça permet aussi de se retrouver tous les dix ans. On se voit pas forcément... D'accord. Et donc cette année, c'était l'année en cinq. Et en fait, tous les ans, on a la fête des conscrits. D'accord. Et donc chaque conscrit va inviter sa famille, ses amis pour pouvoir faire cette fête tous ensemble.
- Jingoo
Donc ma question, c'était cette tradition pour toi, elle est importante. Donc elle fait partie plus que... C'est plus que de la photo.
- Mika
Ça coule dans notre sang, les conscrits. Cette tradition, elle est ancrée. J'ai fait les conscrits de mon père, de mon grand-père.
- Jingoo
Ah oui ?
- Mika
Les conscrits, c'est quelque chose de familial. Tous les ans, on a toujours un conscrit dans la famille.
- Jingoo
Et alors, comment tu fais des photos de ces événements ?
- Mika
Alors, moi, je participe en tant que conscrit tous les 10 ans pour faire la fête. Et puis après, je travaille aussi en tant que photographe pour couvrir l'événement. pas sur Villefranche parce que Villefranche a déposé le nom conscrit d'ailleurs et donc les conscrits de Villefranche ne font travailler et c'est normal que les photographes de Villefranche mais après moi je gravite sur les villages alentours
- Jingoo
Alors maintenant on va parler d'un truc qui va plaire à tout le monde on va parler des Miss oui parce que ça fait 10 ans que tu bosses sur les sélections régionales Alors, est-ce que c'est pour le réseau ? Est-ce que c'est pour la passion ? Est-ce que c'est pour le fun ? Et enfin, ma dernière question, est-ce que tu as besoin d'un assistant ? Je pense que celle-là, on te la fait souvent.
- Mika
Alors, l'assistant, je crois que je vais voir une liste d'attente qui va être assez longue. Donc non, je ne prends pas d'assistant. Alors après, je ne suis pas le photographe officiel des Miss pour plein de raisons. Ça nécessite d'être très présent tout le temps. Moi j'ai mon activité avec le studio qui me demande déjà beaucoup de temps. Je fais pas mal d'événementiels, autres que les Miss. Et donc pour le coup ça demande d'être présent les soirées, les week-ends, les dimanches. Et mon activité de location de borne photobooth me fait travailler quasiment tous les dimanches. Donc je peux pas être présent pour les Miss tout le temps. Et donc je les suis depuis très longtemps parce que j'ai été partenaire... Avant d'être photographe, mais au sein de mon magasin que j'avais avant, j'étais partenaire des Miss Beaujolais, je pense, à partir 2007-2008, vraiment quand j'ai démarré. Et puis naturellement, la présidente du comité Miss Beaujolais m'invitait à chaque élection lorsque je suis passé avec mon activité de photographe. Et puis en fait, ça a permis de réseauter, ça a permis de développer quand même mon image de photographe, arriver comme ça, un petit peu comme le cheveu sur la soupe. Je suis arrivé sur le marché, j'avais aucune connaissance de ce secteur. Donc ça m'a permis de travailler un petit peu plus sur mon image et de me montrer. Mais l'idée c'était vraiment, voilà, j'aime l'univers des Miss. Je pense que j'ai jamais raté une élection de Miss France. Ma mère était une fan de Miss aussi, donc je pense que c'est depuis ma tendre enfance.
- Jingoo
Et alors, quand tu photographies les Miss, tu fais le spectacle, les sélections, les défilés. Est-ce que tu vas faire les coulisses, les maquillages, les changements de robes ?
- Mika
Non parce que je ne suis pas le photographe officiel.
- Jingoo
Ah oui, OK.
- Mika
Et par principe, il y a un photographe officiel qui est sur place. Donc, ce n'est pas mon rôle d'aller sur la partie backstage.
- Jingoo
Alors, je voulais qu'on parle un tout petit peu, parce que c'est une activité qui est en plein essort, je le vois un peu partout, c'est l'iris. Alors quand je dis l'iris, c'est les fameuses photos sur l'iris d'un œil, puisqu'ils sont tous uniques. Et donc, on le voit beaucoup dans les stations balnéaires, chics et branchées. Comment tu es arrivé à ce genre d'activité ? Est-ce que déjà, il faut faire une formation ? Il faut acheter un matériel spécial, je suppose ?
- Mika
Alors, j'ai démarré les photos d'iris dans mon idée. J'ai démarré en 2019. J'ai démarré mes premiers tests en 2019. Sur cet oeil là, c'est l'oeil de Phoebe, ça a été mon oeil test, c'est le seul oeil sur lequel j'ai travaillé pour pouvoir voir l'évolution, parce que si on travaille sur plusieurs yeux, on ne peut pas voir l'évolution. Donc j'ai travaillé sur cet oeil là en 2019, avec une stagiaire d'ailleurs, ça a été un des sujets de son stage, puis finalement je me rendais compte que quelque chose ne me convenait pas. J'ai mis ça à couvert et ça s'est mis naturellement à couvert en 2020 lorsque le Covid est arrivé. Et puis c'est ressorti en 2023, après Covid, évidemment. La photo d'Iris, c'est de la photo de proximité, c'est de la macro. Donc du coup, on est très proche des gens. Donc la période Covid ne permettait pas de faire de la macro avec les gens. Il y avait une vraie barrière, on a créé une vraie barrière en fait entre humains. Ils avaient du mal justement à se lever pendant les premiers mois, une fois que tout le monde a pu reprendre ses activités. J'ai repris mes tests, c'était mieux, mais ce n'était pas encore assez. Et donc j'ai découvert un de mes confrères qui est sur Bourg-En-Bresse, qui s'appelle Romain Bebon. Et en fait, Romain fait des stages qui permettent justement d'apprendre la photo d'iris. Et en fait, c'est lui qui m'a justement ouvert ces dernières barrières qu'il me manquait et qui m'a donné ces informations. Les dernières infos qui me manquaient. En termes de matériel, c'est un boîtier réflexe. On peut travailler avec un réflexe classique. On peut travailler avec soit de l'APS-C, soit du plein format.
- Jingoo
Mais un objectif macro, je pense, par contre.
- Mika
Et un objectif macro. Alors, je sais qu'il y en a certains qui le font sans. C'est quand même beaucoup plus complexe de faire sans macro. Mais après, il n'y a pas besoin d'avoir un matériel spécifique sauf dans les galeries qu'on va trouver dans les zones ultra touristiques où les gens qui travaillent là-bas ne sont pas des photographes. Et là, ils ont du matériel rendant spécifique qui coute une blinde et tout est automatisé. Alors que nous rien n'est automatisé, tout est fait à la carte.
- Jingoo
Et alors, dernier chapitre de la photo, tu proposes aussi des initiations photo pour les amateurs. Alors, quelle est l'idée de tout ça ? Raconte-moi ça.
- Mika
L'idée, c'était... Alors, ça permet aussi de développer mon offre commerciale. On est photographe par passion, mais on a aussi besoin de gagner sa vie.
- Jingoo
Ah bon ?!
- Mika
Oui, il paraît. Et donc, en fait, ça permettait, déjà d'une part de développer une nouvelle offre et de me réconforter un petit peu dans le fait que je me sois autoproclamé... Photographe professionnel, ça a été très difficile les premières années de sortir du syndrome de l'imposteur. Et ça a été un petit peu aussi la clé qui m'a permis de pouvoir montrer ce savoir. Et pourquoi je le fais uniquement avec les gens qui n'ont pas d'expérience du tout. Parce que beaucoup de gens aujourd'hui ont encore des boîtes reflex qui coûtent quand même relativement cher, même un premier pack de base, c'est minimum 400-500 euros, et de les voir uniquement sur leur mode auto, je trouve ça plutôt dommage. Et donc l'idée, c'était vraiment d'échanger avec eux et de leur montrer qu'en fait, tout est possible avec un minimum de savoir. J'aurais aimé, quand j'ai démarré, avoir un mentor, quelqu'un sur lequel je puisse m'appuyer et qui me montre vraiment les bases, éviter de faire des erreurs, des erreurs on en fait toute notre vie mais ça aurait peut-être j'aurais peut-être eu un cheminement un cheminement pardon qu'ils soient moins tortueux mais bon voilà c'est je pense que c'est un petit c'est un petit coup de pouce pour pour les gens qui veulent un petit peu sortir de ça
- Jingoo
Mais c'est vrai ce que tu dis quand on fait pas d'école de photos je sais de quoi je parle quand on est autodidacte on n'a pas le réseau on n'a pas le pote ou les potes ou la bande de potes pour échanger. Tiens, j'ai fait comme ça, ça me fait toujours penser à Paul McCartney qui allait faire 10 kilomètres, je parle des années 60, mais qui allait faire 10 kilomètres pour apprendre un accord de basse. Il y avait cette émulsion. Et c'est vrai qu'entre potes d'école de photo, il y a cette émulsion que tu as cherchée et ça a été plutôt tortueux à le retrouver. Ça, je te comprends complètement. Et puis, c'est vrai que de partager, je retrouve Mika Pollet parce que tu es aussi beaucoup dans le partage, ne serait-ce que par tes... Tu as eu le métier de pompier, tu vas vers l'humain et tu as besoin de partager. C'est agréable et puis surtout, il y a une vraie relation chaleureuse qui se crée entre toi et tes sujets. Alors là, maintenant, on va parler, je suis venu pour eux, on va parler de Jingoo. Voilà, alors Jingoo, tu es chez Jingoo depuis tes débuts en 2014. Pourquoi Jingoo au départ ? Qu'est-ce qui t'a plu chez eux ?
- Mika
Jingoo, c'est la seule plateforme que j'ai trouvée. Quand j'ai trouvé Jingoo, c'était la seule plateforme française qui était claire dans ce qu'elle disait. J'arrivais à faire un vrai parallèle entre ma manière de voir la photo et eux, leur manière de travailler et de pouvoir m'offrir un service qui correspondait à ce que je voulais vendre.
- Jingoo
C'est joliment dit ça, ça va leur faire plaisir. Et alors aujourd'hui, justement, chez Jingoo, tu utilises tout. Les galeries Jingoo classiques, la centrale tirage scolaire, évidemment, les tirages classiques, les livres, même le module de tirage perso sur ton site. Donc ça, ça t'apporte quoi dans ton quotidien ?
- Mika
Je vais prendre l'exemple de la photo scolaire. Ça demande beaucoup de séries de tirages. Et avoir un labo ici, tu vois, le studio n'est pas très, très grand. Il faut avoir quand même du volume pour investir dans ce genre de machine. Ça demande du temps. Jingoo, en fait, m'offre tout ça. En fait, pourquoi se priver ? Ça permet aussi de générer des emplois. Ils sont en France. Moi, j'ai tout à gagner, en fait, à travailler avec eux.
- Jingoo
Et ce qui est curieux et amusant en même temps, c'est que tu fais pas mal de scolaire et pourtant, tu n'utilises pas trop maclasse.photo, qui est un bel outil de Jingoo dédié justement à tous les photographes scolaires. Ça viendra ?
- Mika
On va probablement y venir. J'en discute avec les écoles avec lesquelles je travaille depuis deux ans. Moi, ce sont des petites écoles. Je ne travaille pas sur des grosses écoles. C'est essentiellement... Ce ne sont que des écoles maternelles et des écoles primaires. Ils ont besoin, les écoles ont besoin de prendre le temps de la réflexion. La photo scolaire, eux, c'est... une journée, voire une demi-journée dans leur année scolaire. Du moment que tout fonctionne bien comme ça, ils n'ont pas forcément d'intérêt de changer. On va certainement migrer à terme sur toutes les écoles. Probablement, sur cette année scolaire, on arrivera à en faire une. Moi, j'ai besoin aussi de me former, parce que ce n'est pas la même manière de travailler non plus. Mais Jingoo, après, on en a déjà discuté avec eux, donc c'est quelque chose qui se fera forcément. Mais à terme, ça sera forcément sur... sur l'essentiel des écoles.
- Jingoo
Et alors, on a parlé du Covid qui a été un drame pour les photographes. Avant le Covid, pour les conscrits, tes fameux conscrits, tu faisais tout à la main. Les affiches, les bons, tout ce qui était commerçants, etc. Maintenant, tout est en ligne. Quelle différence aujourd'hui pour toi ça a apporté ?
- Mika
Alors là, du coup, je parlais tout à l'heure du gain de temps. Alors là, c'est encore plus... plus pour les conscrits donc on a le jour j où les jours j sur lesquels on va être présents pour l'événement on va faire les photos après donc il ya toute la partie post-traitement après donc je faisais tous les tirages au format homothétique de vente donc là du coup c'est Jingoo qui me qui me les imprimait donc je préparais des panneaux en bois qu'on mettait après qu'on affichait dans la rue on les laissait pendant trois ou quatre semaines je retournais récupérer mes panneaux Les bons de commande étaient à disposition d'un commerçant qui lui prenait les commandes. Je récupérais les commandes et je revenais encore quatre semaines après pour lui livrer les photos. Donc en l'espace de deux mois, on avait la prise de vue, la présentation des panneaux, les prises de commandes et après la livraison des photos chez le commerçant. C'était long, ça prenait beaucoup de temps, beaucoup de temps de route. Je ne suis pas forcément quelqu'un d'ultra écolo, mais à terme, on fait de la protection vinyle transparente pour pouvoir protéger de la pluie. En fait, tout ça, c'est des choses, en fait, on gâche du papier, on gâche de l'encre, parce que tout ça, après, ça part à la poubelle. On y passe du temps. J'y passais des soirées, voire des nuits, à préparer tous ces panneaux. Le jour où je suis passé sur les bons, avec la mise en ligne via la plateforme de Jingoo, tout a été beaucoup plus simple et tellement plus rapide que c'était aujourd'hui en fait, c'est tellement important de passer par ça que je ne reviendrai certainement pas en arrière.
- Jingoo
C'est ce que j'allais dire, tu ne peux plus t'en passer de Jingoo.
- Mika
Non, clairement.
- Jingoo
Et même cette année, tu as battu ton record sur les galeries Jingoo classiques, 8000 euros de vente en ligne. Bravo. Est-ce que tu imaginais ça possible quand tu as commencé la photo ? Tu le rêvais ?
- Mika
Non, clairement. Mais après, je ne me projette jamais dans mon chiffre d'affaires. Je fais tout de manière fluide. Et après, je fais les choses avec le cœur. Et je suis un entrepreneur. J'ai besoin de gagner ma vie grâce à mon métier, qui aujourd'hui est 100% photo. Mais voilà, je ne me projette pas à me dire à l'année prochaine, il faut que je fasse plus. En fait, je laisse faire les choses naturellement. Et si on fait notre métier correctement, ça le fait forcément naturellement.
- Jingoo
Alors, il y a beaucoup de plateformes étrangères aujourd'hui. Mais toi, tu es fidèle à Jingoo, qui est 100% français. Alors, on en a parlé tout à l'heure, donc je te repose la question. Pourquoi ? Qu'est-ce que ça représente pour toi, Jingoo ?
- Mika
Sans parler déjà de Jingoo, le fait de travailler avec la France, là, du coup, on met nos œufs dans le même panier. On a besoin d'avoir une économie, ce n'est pas d'aller donner de l'argent en Espagne ou en Roumanie ou je ne sais où, qui va faire avancer les choses. Donc le choix de Jingoo, il est réfléchi, je suis quelqu'un de fidèle, je n'ai aucun intérêt d'aller passer par une autre plateforme, dans la mesure où Jingoo répond à tout, et c'est quand même beaucoup plus facile de dire à mes clients que moi en fait j'externalise ce service, mais que ce service il est 100% français, et qu'en plus il est écolabelisé. Et que quand on travaille avec Jingoo, en plus, on plante des arbres.
- Jingoo
Ca c'est beau ça. Et on en a planté des arbres.
- Mika
Oui, bien sûr, on en a planté. Et pourquoi aller voir ailleurs ? Ça n'a aucun sens.
- Jingoo
Alors, en plus, tu dis souvent que Jingoo, c'est simple et humain. Alors, qu'est-ce que tu aimes chez Jingoo ?
- Mika
Il y a la simplicité, la proximité, même s'ils ne sont pas forcément juste à côté de moi. Mais on a une plateforme qui est relativement bien faite, qui est fluide,
- Jingoo
Qui est réactive aussi.
- Mika
Lorsqu'on a un problème d'une commande, ça peut arriver, pas forcément lié ni à Jingoo ni à moi, mais un problème de transport, le service client va réagir très rapidement derrière. Ils vont réexpédier, ils vont refaire les tirages sans trop sourciller. Donc tout ça, en fait, ça n'a pas de prix pour moi.
- Jingoo
C'est simple, c'est pour reprendre ton terme que tu aimes tellement citer, c'est fluide. Tu aimes la fluidité.
- Mika
Moi j'aime la fluidité.
- Jingoo
J'ai entendu ça. Au-delà de la technique, qu'est-ce que ça te fait, c'est ma dernière question, qu'est-ce que ça te fait, toi, Micka Pollet, de vivre encore de ce métier, de cette passion, après toutes ces années ? Parce que ces années, elles n'ont pas dû être faciles au début. Comme tu le disais, tu as travaillé énormément tout seul, les flashs, la lumière, la technique. C'était tortueux, mais aujourd'hui, ça ne l'est plus. Tu as quand même une belle expérience. Je vois toutes tes photos autour de moi dans ce studio. Il y a des bébés, il y a des femmes qui posent sur des voitures absolument magnifiques. Il y a des enfants, il y a cette ancienne gendarme devenue policière que je vois devant moi. On ne va pas citer son nom, mais c'est une très jolie séance aussi. Maintenant que tu es arrivé à tout ça, que tu as accompli tout ça, qu'est-ce que ça te fait de vivre encore ? de ce métier, d'en vivre tout simplement, de ce métier, de cette passion.
- Mika
Alors déjà, je n'ai presque plus, presque plus le syndrome de l'imposteur. Je commence, c'est quand même un vrai cheminement d'être photographe, autodidacte, c'est d'avoir la reconnaissance de ses pairs. Et aujourd'hui, je commence un petit peu, alors pas forcément de tous évidemment, mais je commence à avoir un petit peu cette reconnaissance de certains de mes pairs. Et surtout cette reconnaissance des clients. Et ça, du coup, c'est cette passion qui m'anime et qui continuera à m'animer du moment que j'ai... Je ne cherche pas forcément la reconnaissance, mais on a besoin quand même un petit peu, et ça quand même, il ne faut pas le cacher, de flatter un petit peu son égo. Je ne suis pas quelqu'un d'égocentrique, mais le fait d'avoir la reconnaissance de nos clients et de ses pairs, on se dit, bon, on a quand même un petit peu le tiercé gagnant. Il faut continuer à persister, il faut continuer à travailler. Je suis quelqu'un de têtu, de passionné, je suis quelqu'un d'engagé. Et je veux que ça continue. Je m'investis au maximum de ce que je peux. J'investis mon argent, j'investis mon temps. Il faut continuer parce que ça fait partie du métier, ça fait partie de l'entrepreneuriat. Et si on veut continuer à y arriver, et si on veut continuer à aller jusqu'au bout des choses, et bien en fait, il faut continuer à travailler. Vraiment.
- Jingoo
C'est ma toute dernière question. On a parlé beaucoup, en général, de la photographie. Moi, j'aimerais que tu me donnes un souvenir très précis, qui t'a le plus marqué, ça peut être il y a 25 ans, comme ça peut être hier, d'une photo où c'est un excellent souvenir. C'est un souvenir extraordinaire, ou peut-être un peu moins, mais c'est un souvenir que tu as toujours quand tu te lèves pour faire de la photo. Tu as souvent ce souvenir avec toi.
- Mika
Alors, ce n'est pas forcément une photo en particulier, mais tu sais, tout à l'heure, quand tu es arrivé au studio, tu as découvert cette jeune femme.
- Jingoo
Oui.
- Mika
J'ai la chance d'avoir connu quasiment depuis le début des gens avec qui j'ai travaillé régulièrement. Enfin, pas forcément régulièrement, mais elle fait partie justement de ces gens. Avec qui j'ai un vrai attachement parce que finalement maintenant je connais très bien ses parents. Elle va à l'approche de ses 20 ans, j'ai commencé à travailler avec elle, elle avait 11 ans. Et ça pour moi en fait c'est ce qui fait partie de ces belles histoires. On revient justement dans l'histoire humaine. On arrive à créer de belles choses, mais on arrive à créer de belles choses avec des belles personnes. Et ça, c'est génial.
- Jingoo
Voilà, mes amis photographes, c'est déjà la fin de ce podcast. Alors, merci, Mika. Et j'espère que vous avez, comme moi, découvert Mika Pollet comme il est, c'est-à-dire un photographe libre. Oui, mais pas que, parce que Mika, c'est aussi un artisan fidèle à sa région, comme vous l'avez découvert, à ses outils. Et à cette idée simple que la photo, ce n'est pas qu'un clic, c'est aussi et surtout un métier. Un métier fait de curiosité, de lumière, de rencontre. Et dans son studio d'Anse, A.N.S.E, on ne vient pas seulement se faire tirer le portrait, on vient chercher un regard. Celui de Mika, un photographe qui a réussi à transformer sa passion en chemin de vie. Je l'aime bien cette phrase. Merci beaucoup Mika.
- Mika
Merci.
- Jingoo
Et à bientôt pour de nouvelles aventures.
- Mika
Avec plaisir. Merci beaucoup Gilles.
- Jingoo
Je t'en prie. Goodbye.
- Mika
Ciao.