- Speaker #0
Bienvenue dans Dire Mama, ici on écoute les mères autrement, celles qui traversent, qui doutent, qui tombent parfois et qui trouvent la force de se relever. Dans Dire Mama on parle vrai, de résilience, de sororité, de célébration et de tout ce qu'une femme peut reconstruire en elle après les tempêtes. Aujourd'hui je reçois Amandine, on s'est rencontré une première fois en 2018 sur un événement qu'elle organisait et où moi j'exposais ma marque de vêtements en wax, d'ailleurs petite dédicace. Et puis nos chemins se sont recroisés plus tard autour de Dire Mama. Amandine est maman de deux filles et fondatrice de l'instant Aircare. Aujourd'hui elle vient nous partager un bout de son histoire, de son parcours et de la femme qu'elle est devenue. Amandine, merci d'être là.
- Speaker #1
Merci à toi. Installe-toi.
- Speaker #0
Respire. C'est parti.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
Bienvenue Amandine.
- Speaker #1
Merci. Ça va ? Ça va et toi ? Oui, ça va. T'es toute belle.
- Speaker #0
Merci toi aussi. Toi aussi t'es canon.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Ça a été pour venir ?
- Speaker #1
Oui, ça va. Un petit peu long parce qu'il a fallu que je m'organise avec mes filles. Là, elles sont à l'anniversaire. Elles font du trampoline.
- Speaker #0
Génial. Donc on a un peu de temps devant nous. Voilà, on a un peu de temps.
- Speaker #1
Parfait.
- Speaker #0
Alors Amandine, on va rentrer dans le vif du sujet, comme on dit. Si tu devais te présenter aujourd'hui en trois mots ou en trois vibes, tu dirais quoi ?
- Speaker #1
Alors en trois mots, je dirais que je suis une personne solaire, dynamique et entrepreneuse.
- Speaker #0
Et si on enlevait les étiquettes de la société, donc on a solaire, dynamique, ok. On enlève le fait que tu sois maman, on enlève le fait que tu sois entrepreneur. Qu'est-ce que tu pourrais... dire de toi ?
- Speaker #1
Je dirais que je suis une personne aujourd'hui, je peux dire que je suis une personne plutôt alignée également beaucoup dans la créativité et féminine, je dirais également.
- Speaker #0
Et canon ! Merci ! Ok, super ! Alors quel est le chapitre de ton histoire que tu voudrais déposer aujourd'hui sur Dire Mama, que tu voudrais partager avec nous ?
- Speaker #1
Alors je voudrais parler en fait de mon parcours avec l'anxiété, l'angoisse. Parce que c'est vrai que c'est quelque chose qu'on connaît en tant que maman, mais aussi entrepreneuse et en tant que femme tout court, ou même en tant qu'humain, tout simplement. Et je sais que c'est quelque chose qui est présent dans ma vie depuis mon adolescence et au final qui a fait la personne que je suis maintenant.
- Speaker #0
Donc tu as connu des états de stress extrêmes, si je comprends bien. Oui,
- Speaker #1
exactement. Des crises d'angoisse avec vraiment de la spasmonphilie, des sensations de jambes qui s'engourdissent, parfois même des malaises, baisse de tension, donc vraiment avec plusieurs symptômes. Et c'est quelque chose qui a vraiment, à un moment donné, créé un déclic en moi pour me dire qu'il faut que je sois vigilante. Certes, j'ai des projets. Certes, je suis maman, je suis femme, amie, sœur. enfant de quelqu'un, enfin de mes parents, mais il faut aussi que je n'oublie pas de faire attention à tout ce qui se passe à l'intérieur, de soigner pour du coup continuer à être qui je suis.
- Speaker #0
Avec du recul, comment tu décrirais cette période de ta vie ? C'était il y a combien de temps ?
- Speaker #1
Je dirais que ça a commencé depuis l'adolescence, parce qu'en fait j'ai toujours été une enfant qui avait de bonnes capacités grâce à Dieu et grâce à mes enfants. à mes parents, pardon. Donc du coup, c'est vrai que j'avais des facilités en sport, j'avais des facilités à l'école, j'étais créative, je chantais, je faisais vraiment beaucoup de choses. Et mes parents ont toujours été présents pour moi dans mon éducation et toujours en faire en sorte que tout se passe bien pour nous, qu'on manque de rien. Et c'est vrai que cette implication de mes parents, ça m'a porté aussi une certaine pression. Parce qu'en fait, ils avaient... envie qu'on soit des enfants modèles, la meilleure version de nous-mêmes, comme on dit un peu maintenant. Et aussi, ils avaient besoin de sentir qu'ils étaient de bons parents par rapport à eux, leurs blessures personnelles. Et donc, du coup, ça a créé effectivement une pression où tout ce qui me plaisait, tout ce que j'aimais faire, je le faisais avec plus de pression parce que je me disais il ne faut pas que je me rate, parce qu'on attend de moi que je sois... le modèle, que je sois la meilleure, que je continue à être la meilleure. Et en fait, petit à petit, ça s'est transformé en l'échec. C'est impossible. Je n'ai pas le droit d'échouer. Parce que... Comme j'ai ce côté aussi indépendant que j'ai toujours eu depuis toute petite, j'ai toujours fait des choix qui allaient à l'encontre de ceux de mes parents. Donc du coup, une fois que les choix sont pris, il faut les assumer. Je me dis, je n'ai pas le droit d'échouer parce que sinon, mes parents vont dire « Ah, tu aurais dû faire comme ci, tu aurais dû faire comme ça » . Et en fait, cette pression s'est transformée en crise d'angoisse, petit à petit. Il y a des périodes à l'adolescence, pas mal de conflits aussi avec ma mère notamment. Et c'est là que j'ai connu vraiment les premières crises où j'avais du mal à respirer.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Voilà, j'avais vraiment du mal à respirer. Quand je me disais, bon, je vais devoir rentrer à la maison, je sais que le climat est un peu tendu à la maison en ce moment. Donc du coup, je sentais que le souffle se coupait juste à l'idée de rentrer chez moi. Ce n'est pas quelque chose forcément facile à dire et à assumer. Et même une fois, je suis allée aux urgences après mon entraînement de sport. Et en fait, ma mère travaille à l'hôpital, donc elle était dans le même hôpital et j'ai demandé à ce qu'on ne l'appelle pas. Elle est venue quand même et c'est vrai que ça a créé un climat d'angoisse supplémentaire. C'était assez compliqué et puis mon père aussi ne savait pas forcément comment trop se positionner par rapport à ça. Il ne voulait pas se mettre en conflit avec ma mère non plus. Je me rappelle une fois, il m'a dit, je ne sais pas quoi te dire, si ça ne va pas, va dans ta chambre et pleure. Donc en fait... Ça m'a confortée, entre guillemets, dans l'idée que je devais répondre à mes besoins et me débrouiller toute seule pour atteindre mes propres objectifs. Et en fait, au fil du temps, je suis devenue adulte et cette pression s'est maintenue, que ce soit dans le couple...
- Speaker #0
Ah oui, exactement, j'y venais, c'est-à-dire que concrètement, cette insécurité est se manifester en famille. par rapport à tes parents. Mais au travail, par exemple, dans ta vie de couple, comment ça se manifestait concrètement ?
- Speaker #1
Au travail, c'était que j'étais tout le temps sous pression. En plus...
- Speaker #0
Alors, tu étais sous pression, tu te mettais la pression. Mais est-ce que tu étais dans un environnement bienveillant, par exemple, au travail ?
- Speaker #1
Je pense que... En fait, moi, j'ai travaillé dans la cosmétique, donc c'est vrai que c'est très challengeant. Mais je ne pense pas forcément que j'étais constamment dans des situations qui appelait à la pression. Il y avait le challenge parce que voilà, on travaille, on a des objectifs. Mais je sais que je me mettais aussi parfois la pression parce que déjà, j'ai eu pas mal de postes où c'était des créations de postes. Donc du coup, tu as cette sensation. Et puis on te le dit aussi qu'il faut prouver que cette création de postes, elle sert à quelque chose. Et donc du coup, tu es obligé de donner plus de ta personne pour prouver que ça vaut le coup. Donc au final, c'était mes premières expériences, mais je devais donner plus. Enfin, moi et le service, on devait donner plus. d'un poste normal, parce que il fallait faire ses preuves. Et en fait, j'ai toujours été un peu habituée à cette pression-là, mais du coup, ce n'est pas une habitude normale de se dire qu'il faut ces limites de la survie où tu es tout le temps en train de donner à l'extrême. Le bouton urgence. C'est ça qu'on me disait. Le bouton urgence activé constamment. Tout le temps en alerte, tout le temps en train de trouver des solutions, essayer de réfléchir, d'anticiper. Enfin, c'était vraiment... Mon mode de fonctionnement, mais dans tous les domaines. Et en couple, comment ça se traduisait ? Alors là, je vais parler de ma relation avec le père de mes filles. On est séparés à présent, depuis trois ans. Et c'est vrai qu'on avait deux profils totalement différents. Lui, il était assez autoritaire, froid, avec ce besoin de prouver que c'est un homme qui domine, etc. Et en fait, moi, ça a juste fait ressortir mes insécurités, cette sensation de pression, parce que j'avais envie de prouver que j'étais à la hauteur d'être une femme, d'être la femme de quelqu'un, d'être la mère de ses enfants, etc. Et sachant que lui, il ne voulait pas se marier. C'était important pour toi ? Moi, c'était important. Pour toi ou pour tes parents ? Pour moi. Pour moi, c'était quelque chose d'assez important. Et en fait, j'ai vu que je me suis éteinte. Et j'ai tiré un trait sur cette chose qui était importante pour moi, en me disant, si on peut quand même avancer comme ça, bon, tant pis, je renonce. Et au final, j'ai vu que j'ai commencé à renoncer à pas mal de choses. Et du coup, la pression commençait à monter en moi, à grossir. Et avec les disputes, ça se transformait en crise d'angoisse, où des fois, je me mettais à bégayer. Alors que voilà, j'ai pas de soucis de bégayement, mais je me mettais à bégayer ou des fois dans des discussions, je parlais. Et en fait, à un moment donné, j'arrivais plus à finir mes phrases. Et voilà, même selon l'intensité de la dispute, ça pouvait arriver où une fois j'ai fait un malaise parce que c'était trop pour moi, trop d'angoisse, trop d'anxiété. Un trop plein d'émotions négatives. Donc c'est là que j'ai commencé à me rendre compte qu'il faut que je fasse attention. Ok,
- Speaker #0
on y vient. Avec du recul, encore une fois, parce que j'ai l'impression que ça fait partie de ta vie depuis un moment. Quand tu fais un pas de côté et que tu prends un peu de recul, qu'est-ce qui a le plus fragilisé ton sentiment d'insécurité ?
- Speaker #1
Avec du recul, je pense que c'est la place que je m'accordais dans ma propre vie. Tout simplement parce que c'est vrai que j'ai beaucoup été challengée, que ce soit dans ma famille, dans mes relations. Même en tant que mère, c'est la vie de maman, on est assez challengé quand même. Et je construisais pas mal de choses. Donc ma marque, j'ai fait des formations, j'ai essayé de me recentrer sur moi en faisant des bilans de compétences, pas mal de choses. La sophrologie et tout. Mais c'est vrai que je n'avais pas conscience de cette place que j'avais dans ma propre vie. Parce que je donnais tellement aux autres et pas assez à moi que ça nourrissait cette anxiété et cette angoisse.
- Speaker #0
Mais ça vient d'où ? Ce que j'aimerais comprendre, c'est que ça s'est installé d'un coup, petit à petit. Ça a été une accumulation. Comment est-ce qu'on se met la pression, justement, comme ça ? Alors, tu me disais, il y a tes parents. Je peux entendre que tes parents attendaient que tu sois une enfant modèle. Mais toi, qu'est-ce qui fait que tu te mets une pression aussi énorme ?
- Speaker #1
Je pense que c'est peut-être la volonté de toujours faire les choses bien. Toujours faire les choses correctement.
- Speaker #0
Mais pourquoi et pour qui ?
- Speaker #1
C'est une grande question parce qu'au final, je l'ai toujours fait. C'est comme si ça faisait partie de moi. C'est un mode de fonctionnement. Et je pense qu'au départ, oui, c'était pour que mes parents soient fiers de moi et pour être sûre que... Même si je prends ma décision, qu'il ne soit pas déçu et qu'il puisse se dire, bon, elle a quand même réussi, même si elle n'a pas écouté ce qu'on a dit. Et au final, c'est resté. C'est-à-dire que, bon, je suis en couple, je n'ai pas envie de décevoir la personne avec qui je suis. Je suis maman, je n'ai pas envie de décevoir mes enfants. En fait, c'est un mécanisme qui s'est mis en place un peu tout seul à l'enfance et qui a évolué avec moi.
- Speaker #0
D'accord. OK, donc selon toi, ça vient de l'enfance, d'abord.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Donc petit à petit. Oui,
- Speaker #1
exactement. Ça s'est installé. C'est ça, c'est devenu petit à petit. Et en fait, ça s'est modifié, ça s'est comme adapté avec le fait que je devienne adolescente, puis adulte, puis maman, puis entrepreneuse. Et en fait, ça a changé de forme pour être présente partout, dans toutes les sphères de ma vie.
- Speaker #0
Et tu sais, je ne sais pas si tu te souviens de notre entretien qu'on a eu, tu parlais d'injonctions de la société, justement que tu voulais te détacher de ça. Ces injonctions, selon toi, elles venaient de la société, mais je veux dire, pourquoi elles te tenaient autant à cœur d'y répondre ?
- Speaker #1
Pourquoi ? Je pense que c'est... Je pense que ce n'est pas vraiment répondre à des injonctions, mais je pense que je savais que j'avais des capacités, que je savais faire des choses, mais je voulais faire les choses à ma manière. Et je ne voulais pas m'imposer de faire les choses pour rentrer dans un moule. Donc déjà, de choisir de faire les choses différemment, ça crée des obstacles supplémentaires. Parce qu'effectivement, tu vas être challengée, on va te demander... Est-ce que, du coup, c'est le bon choix ? Est-ce qu'il y a un intérêt de faire les choses comme ça ? Est-ce que ce n'est pas plus sécure de le faire autrement ?
- Speaker #0
Est-ce que tu as un exemple,
- Speaker #1
par exemple ?
- Speaker #0
De choses que tes parents ou je ne sais qui t'ont demandé de faire comme ça et que toi, tu as décidé de faire autrement ? Et du coup, qui t'a mis une pression supplémentaire ?
- Speaker #1
Je dirais à l'athlétisme. Parce que j'ai fait de l'athlétisme pendant plus de 15 ans. Et en fait, au tout début, mon père voulait que je fasse du cross. J'avais des capacités, j'ai eu des médailles, j'ai fait des podiums, mais ça ne me plaisait pas. Je n'étais pas épanouie dans cette activité-là. Et moi, ce qui m'intéressait, c'était le sprint, le saut en longueur et aussi le saut de haie. Et c'est vrai que ma mère, elle, ça lui faisait peur, la course avec les haies, les obstacles, tu peux tomber, etc. Donc ça, elle n'était pas forcément pour. Et du coup, mon père, lui, pensait que j'allais avoir plus de réussite. dans le demi-fond, le cross, les 800 mètres aussi, les 1000 mètres. Mais certes, quand je le faisais, je gagnais la course assez souvent, mais ça ne me plaisait pas. Et c'est vrai que quand j'ai décidé de m'orienter plus dans le sprint, de me spécialiser, de choisir le saut en longueur, je n'ai pas ressenti le même engouement, la même implication, et j'ai senti beaucoup plus d'opposition. C'est là que j'ai décidé aussi de faire sport-études. J'ai quitté l'île de France, je suis partie à Rouen. Et c'est vrai que c'était assez compliqué parce que ma mère, elle, elle était opposée à ça. Donc déjà, le fait que je quitte chez moi. Et à l'époque, je sortais avec quelqu'un et elle m'a dit oui, en gros, je vais à Rouen, c'est pour avoir des rapports avec mon petit ami. Et ça m'a fait mal parce que je me suis dit, mais je fais ça pour mes études. Parce qu'en plus, je faisais mes études de chimie et ça ne se passait pas bien à l'université sur Paris. Donc je m'en vais en soi pour mettre un cadre, pour pouvoir faire mes études, faire mon sport et continuer à avancer dans mes projets. Et en fait, c'est réduit à des rapports avec un homme. Et c'est vrai que ça m'a vraiment blessée. Et c'est là encore que je me suis dit, je vais prouver que si je pars, c'est pour une bonne raison. Et effectivement, j'ai fait des podiums, j'ai été en équipe de France Jeune, j'ai fait des podiums en championnat de France Elite. Donc, j'ai réussi en soi. Mais du coup, la question, c'est est-ce que j'ai réussi pour moi ou pour les autres ?
- Speaker #0
Ou juste pour montrer que tu avais raison.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Alors, tu as une réponse à cette question ?
- Speaker #1
Ce n'était pas que pour moi. Ce n'était pas que pour moi, malheureusement. Et je pense que c'est ça qui a rendu le chemin assez compliqué parce que je m'entraînais énormément. C'est-à-dire que déjà, je m'entraînais toute la semaine, plus les cours. Et en fait, après l'entraînement, des fois, je revenais. au stade le week-end quand je n'avais pas entraînement pour continuer, pour perfectionner mes gestes, etc. Et je sais que je faisais plus parce que je me disais il ne faut pas que je me rate. Et une des fêtes, si par exemple je faisais une compétition et que je faisais un mauvais score, je le vivais super mal, je me mettais à pleurer. Vraiment, ça prenait une ampleur pas possible parce que pour moi, c'était inimaginable et il ne leur est pas fallu que ça arrive. Et ce n'est pas normal que ça soit arrivé. Et en fait, je me démontais en disant mais je suis nulle. Je disais vraiment des choses super méchantes, mais je me les disais à moi-même énormément. En fait, j'ai vraiment essayé de travailler sur ça au fur et à mesure, en prenant conscience que toutes ces choses négatives, après, elles peuvent rester. Et je pense qu'aussi le fait d'avoir mes enfants, ça m'a aidée parce que je me suis dit, si par exemple je dis ça tout le temps à ma fille, comment elle va se sentir ? Et du coup, je me dis, si je ne le fais pas à mes enfants parce que je les aime, si je m'aime, je ne suis pas censée me dire ça également.
- Speaker #0
Ça a été quoi ton premier geste de résilience ou de rebond par rapport à cette situation ? Le moment où, même timidement, tu as commencé à revenir vers toi ou tu as commencé à te dire ce que mes parents pensent ou ce que XY pense. Je m'en fous, mais en tout cas, je vais faire les choses pour moi. Ça a été quoi ? Tu parlais de déclic tout à l'heure. Ça a été quoi le déclic ? Ça a été quoi le moment ? Et comment ça s'est traduit concrètement ?
- Speaker #1
Alors, en fait, il y a eu plusieurs phases. où j'ai commencé à faire de la sophrologie, donc ça m'avait pas mal aidée pendant quelques temps.
- Speaker #0
On est à quelle période ?
- Speaker #1
Alors ça c'était, la sophrologie ça a commencé après la naissance de ma deuxième fille.
- Speaker #0
Donc tu étais déjà maman ?
- Speaker #1
J'étais déjà maman.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc en fait je m'étais dit, je suis en arrêt, enfin en congé maternité, je vais devoir reprendre le travail. J'ai commencé à travailler sur les formules de ma marque. Après c'est vrai que le père de mes filles était là sans être là. Ce n'était pas vraiment une aide sur qui je pouvais réellement compter. Donc, dans ma tête, c'était je devais devoir gérer toute seule.
- Speaker #0
Encore ?
- Speaker #1
Encore, voilà. Enfin,
- Speaker #0
encore. En tout cas, l'idée, c'est de montrer que tu es capable. C'est ça.
- Speaker #1
Du coup, je me suis dit, comment je vais faire ? Parce que quand mes deux filles commençaient à pleurer en même temps, celle qui venait de naître et celle qui avait deux ans, je sentais le stress monter et souvent, je faisais des gâteaux. Je me dis mais je ne vais pas passer mon temps à faire des gâteaux dès que je suis stressée.
- Speaker #0
C'était quoi le déclic, le moment ?
- Speaker #1
Ça a été cette période-là, où je voyais que le stress montait vraiment tous les jours. Et donc j'ai commencé à consulter une sophrologue. Mais ça ne m'a pas vraiment aidée. Parce que les crises d'angoisse étaient toujours là. L'anxiété, le bouton était toujours enclenché. Le bouton stress était toujours enclenché. Et ce qui a vraiment marqué un tournant, c'était il y a un an. Quand j'ai vraiment fait une crise d'angoisse au travail, où vraiment j'arrivais plus à respirer, ma tête commençait à tourner, j'ai fait une chute de tension, j'ai dû partir, quitter mon lieu de travail. C'est une période où j'attendais la première audience pour la demande de pension alimentaire, etc. par rapport à mes filles. Et j'allais faire le lancement officiel aussi de l'instant Aircare sur le marché afro-caribéen, donc ma première sortie. Et tout ça était en même temps. Plus un climat au travail qui était très anxiogène parce que ça se passait très mal avec la commerciale avec qui je travaillais, donc moi j'étais assistante commerciale. Et en fait ça faisait déjà plusieurs semaines, voire presque un mois, que je ne m'alimentais plus correctement. Je faisais des jus. Je considérais que faire des jus c'était suffisamment pour moi. Et en fait physiquement, moralement, tout a lâché. Ok, t'avais déjà tes deux filles ? J'avais déjà mes deux filles, donc il y a un an. Et du coup, à ce moment-là, j'ai été mise en arrêt. J'ai dû prendre des antidépresseurs. Et au final, je me suis dit non, je ne vais pas les prendre parce que je n'ai pas envie de rentrer dans ce mood-là. Et le premier pas en avant vers la libération, on peut dire, ça a été un ami qui m'a dit non, il faut que tu sortes, que tu marches, que tu marches, tu vas dans les parcs, tu commences à marcher. Ensuite, j'ai eu une autre amie qui, elle est extrêmement dans la foi, donc m'a aidée en fait. à retrouver ce chemin vers la foi. Donc, j'ai commencé à aller un peu plus à l'église, à prier un peu plus, à vraiment me confier au Seigneur par rapport à tout ce que je traversais. Et donc, du coup, petit à petit, les choses ont commencé à se mettre en place. J'ai recommencé la sophrologie aussi. Donc, tu as repris. Voilà, j'ai repris. Et j'ai fait, du coup, le lancement officiel de l'instant Erker alors que j'étais dans cette phase où je n'étais pas bien du tout. D'accord. Donc, en fait... Il faut que j'explique aussi que pendant cette période où je n'étais pas bien, j'avais des douleurs à la poitrine de manière constante. Donc ça, j'étais obligée de prendre des médicaments pour ça. Parce que j'avais toujours cette douleur-là et puis des fois des montées d'angoisse. Donc là, le bouton angoisse, il se déclenchait tout le temps. Et en fait, il n'y avait même pas de raison. Ça veut dire que des fois, je pouvais dormir et je me réveillais en sursaut angoissée. Donc sans raison valable. Sans raison apparente. Et lors du marché afro-caribéen, tout se passait bien. J'avais fait mon stand, les gens venaient, étaient intrigués. J'étais vraiment contente de ce moment-là. Et j'ai fait une crise d'angoisse, mais personne n'a vu. C'est-à-dire que d'un seul coup, j'étais debout et j'ai commencé à angoisser. Et donc, j'ai dû m'asseoir parce que j'avais la tête qui tournait. Et je souriais en même temps. Parce que dans ma tête, je me dis que les gens ne sont pas censés savoir tout ce qui se passe en moi. Et là, je suis en train de vivre un moment... heureux pour moi. Mais au fond, ça n'allait pas. Et c'est après ce salon que je me suis rendue compte que je faisais de belles choses. J'avais deux filles incroyables. J'avais réussi à lancer ma marque malgré tout. Et en plus, les retours que j'ai eus ont vraiment fait du bien. Conforté. Voilà, conforté. Je me dis que c'est concret et en plus, ça plaît et ça fonctionne. Et en fait, à partir de là, je me suis dit non mais... Il faut que je fasse quelque chose, il faut que je continue à avancer, quelle que soit la chose et le temps que ça prendra, mais petit à petit, il faut que je reprenne confiance en moi et que je ne laisse plus l'anxiété me mettre dans des états pareils.
- Speaker #0
L'anxiété, selon toi, qu'est-ce que c'est ? Est-ce que tu as pu consulter, voir d'autres personnes qui n'ont pas pu te donner une définition ? En tout cas, essayer de faire en sorte que tu comprennes pourquoi est-ce que tu te mettais dans cet état ? Est-ce que c'était une projection ? Parce que moi, ce que j'en ai un peu compris du stress et tout ça, c'est qu'on se projette dans le futur. Et comme on voit que des situations compliquées, du coup, ça nous stresse. Du coup, on est un peu moins dans le moment présent. Alors, est-ce que tu es passée par un psy ? Oui,
- Speaker #1
je suis passée par une psychologue. Je consulte encore aujourd'hui. Et en fait, ce qu'elle m'a expliqué, elle m'a donné un exemple qui est très parlant. C'est par exemple de se dire qu'on est dans cette pièce et on se dit, ah, il y a peut-être un serpent dans la pièce. Et on va commencer à stresser parce qu'on se dit, oh, il y a un serpent. Mais en fait, on ne le voit pas, on ne sait pas en fait. Donc du coup, on imagine qu'il y a quelque chose et que ça va nous faire peur. Donc on a cette réaction-là. Et en fait, c'est un peu ça que je produis un peu dans ma vie. C'est-à-dire que j'ai des situations où des fois, je n'en ai pas. Et en fait, je vais... imaginer une potentielle situation par rapport à une situation principale et je vais créer une anxiété, pas par rapport à la situation principale, mais à ce que j'imagine que ça pourrait créer. Voilà, donc, je dirais pas que c'est de l'imaginaire, mais en fait, il y a cette sensation de pas être dans l'instant présent, d'être trop focalisé, comme tu le disais, sur un potentiel futur. Qu'est-ce qui pourrait se passer ? Exactement.
- Speaker #0
Bah alors Amandine !
- Speaker #1
Bah alors ! Non, j'ai pas mal travaillé dessus et là, je vois la différence. Parce qu'en fait, travailler sur son anxiété, c'est pas juste voir un psychologue, c'est pas juste ça. C'est beaucoup de choses. C'est vraiment mettre... Plein de petites choses en place.
- Speaker #0
Concrètement, c'est quoi ? Une petite chose ou deux, par exemple ?
- Speaker #1
Une petite chose ou deux.
- Speaker #0
À part la psy ou la sophrologie, où tu vas voir des gens, où tu es accompagnée. Qu'est-ce que toi, concrètement, dans ta vie, t'as mis en place pour essayer de travailler là-dessus ?
- Speaker #1
Alors, déjà, dans ma propre vie, ça va être le fait d'aller à l'église. Ça m'a énormément aidée. Parce que j'allais à l'église avant, mais pas de la même manière. c'est-à-dire que j'y allais mais sans savoir pourquoi donc en fait je dirais que c'est un peu donner du sens à ce qu'on fait faire tout ce qu'on fait avec conscience pourquoi on le fait, est-ce que c'est pour quelqu'un ou est-ce que c'est pour nous et en fait j'ai un peu continué à faire ce que je mettais en place mais dans un sens un peu différent c'est-à-dire que ma marque que j'ai lancée c'est pour moi mais aussi pour transmettre à des personnes pour aussi partager du bien-être parce que du coup moi Merci. C'est ça qui m'a touchée, l'angoisse, l'anxiété, etc. Donc je me suis dit, il faut s'accorder du bien-être. C'est ce que je véhicule à travers l'instant RQR. On va en parler. Et c'est vraiment ça. Donc travailler sur ce que je fais avec elle.
- Speaker #0
Donc faire les choses avec intention. Avec intention,
- Speaker #1
exactement. Et avec mes filles, passer des moments de qualité.
- Speaker #0
Est-ce que vraiment tu as un... Alors aller à l'église, est-ce que tu as un autre point mais vraiment précis qu'une maman par exemple pourrait mettre en place, tu vois ? Que je pourrais mettre en place en cas... d'anxiété ou de stress extrême ? Vraiment un point concret.
- Speaker #1
S'accorder des moments de pause, vraiment, c'est essentiel. Donc il y a les moments de pause avec les enfants, donc passer des moments de qualité. C'est-à-dire que c'est vrai que quand on est maman, en général, on enchaîne pas mal de choses. Si on est maman entrepreneuse, on travaille, on fait beaucoup de choses en même temps. Mais donc, j'ai appris en fait à fragmenter ou à comment on dit ?
- Speaker #0
Compartimenter.
- Speaker #1
Pour vraiment, en fait, faire en sorte que chaque chose que je fais, ça va être fait avec qualité. Donc ça veut dire qu'à la fin de la journée, je vais être contente parce que je vais me dire « Ah ben j'ai passé un bon moment avec mes filles, j'étais pas en train de faire mes stories, faire ceci en même temps. J'ai bien travaillé sur ma marque, j'étais pas en train de faire X choses en même temps. » Donc vraiment en fait, compartimenter pour que tout ait une valeur et soit fait avec intention. Donc moi je sais que... que j'aime bien avoir des moments où c'est un peu silencieux, pour du coup avoir le temps de réfléchir, mais aussi de reposer mon esprit, parce qu'on est tout le temps en train de réfléchir. Tu es tout le temps en train de réfléchir ? Oui, oui ! Parlons de vous,
- Speaker #0
madame !
- Speaker #1
Je suis tout le temps en train de réfléchir.
- Speaker #0
Tu as un gros stress quand même pour l'avenir ? Tu es encore dans cette dynamique-là ? Non. Ça va beaucoup mieux.
- Speaker #1
Ça va beaucoup mieux parce que, en fait, moi, comment je fonctionne, c'est que j'ai acheté un grand tableau blanc et j'écris tout ce que je dois faire. Mais ce n'est pas parce que j'ai écrit tout ça que je dois le faire dans la journée. Parce qu'avant, oui, je faisais les to-do list et je me disais « Oh là là, je n'ai pas fait ça, je n'ai pas fait ça, je n'ai pas avancé. » Et à la fin, le soir, j'avais une boule d'angoisse. Je me disais « Oh, je n'ai pas assez avancé, je n'avance pas assez. » Et ensuite, du coup, on commence à se dénigrer, à dire qu'on est nul, on n'avance pas. Donc là, je fais mon tableau et ensuite... Juste le fait d'effacer, ça me fait du bien parce que j'ai l'impression que ça s'efface dans mon corps. Et je me dis, là, c'est bon. On avance petit à petit. On avance. Donc, vraiment, laisser le temps au temps et être dans une temporalité réelle. De ne pas se dire qu'il faut à tout prix tout faire tout de suite. Mais plus se dire, au moins, j'ai fait aujourd'hui. Vraiment relativiser. J'ai fait un peu, mais j'ai fait bien et j'ai fait. Voilà, exactement. T'as tout dit.
- Speaker #0
Ok. Et dans ce chemin de reconstruction, parce qu'on est toujours en cours, même si ça va beaucoup mieux, je pense que tu y es toujours encore, quelle place ont eu les autres femmes ? Tu disais que tu avais eu une amie qui t'a emmenée, qui t'a remise un peu dans la foi. Si je comprends bien.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu d'autres femmes ? Oui. Ou est-ce que tu veux parler un petit peu de cette amie ? Et comment est-ce qu'elle t'a aidée à te reconstruire ?
- Speaker #1
Alors malheureusement, on n'est plus en bons termes maintenant. Enfin, on n'est plus en contact. Mais je suis quand même très reconnaissante parce que, par sa propre foi, elle a su m'accompagner avec douceur pour, pas forcément me forcer à tout prix d'aller à l'église, mais me dire que... ça m'aiderait en fait de me rapprocher du Seigneur, de recréer une relation, ça m'aiderait. Et elle l'a fait vraiment dans la joie et dans l'accompagnement. Et c'est quelque chose que j'ai vraiment apprécié parce que du coup, je me suis fait baptiser à nouveau en juillet de l'année dernière. Et du coup, je fréquente toujours cette église et j'ai retrouvé une nouvelle communauté qui m'apporte beaucoup de bienveillance. Et je disais à une amie d'ailleurs en ce début d'année que 2026 c'est l'année de la sororité. Parce que pour moi c'est essentiel. C'est essentiel de s'entourer de femmes en fait. Pas forcément de femmes ambitieuses etc. Mais de femmes vraies qui du coup comme nous partagent des hauts et des bas mais qui du coup ne vont pas être dans le jugement et avec qui on va pouvoir partager des choses. Donc on va pouvoir s'accompagner un peu à tour de rôle j'ai envie de dire. J'ai une amie qui m'a beaucoup boostée sur l'appréciation de moi-même. C'est-à-dire qu'elle me dit « mais t'es encore jeune, t'es maman, t'as deux enfants, regarde comment t'es, t'es belle, etc. » Et en fait, elle me boostait tout le temps.
- Speaker #0
Non mais encore ?
- Speaker #1
Oui ! Mais oui !
- Speaker #0
Pardon, mais on a juste 10 ans d'écart en fait. Plus, même 12 ans je crois. Donc tu es plus que jeune ! Oui, parce que tu as du vécu, tu as un beau parcours. Je veux dire, quand on se rencontre en 2018, tu organises des événements, etc. Donc, tu as fait plein de choses. J'ai fait plein de choses. Avec ton âge, ton jeune âge. Donc, bien sûr que tes jeunes ont encore la vie devant toi.
- Speaker #1
Mais en fait, je doutais tellement de moi sur tellement de choses. Et en fait, c'est vrai que j'ai pas mal de copines qui ne comprenaient pas, en fait. Et j'avais des copines qui ne comprenaient pas comment j'arrivais à faire tout ça. Et d'autres qui ne comprenaient pas comment je n'arrivais pas à voir que je faisais tout ça. Et en fait, je pense qu'à force de le répéter, mais toujours avec bienveillance et accompagnement, du coup, j'ai pu finalement, petit à petit, me rendre compte que ah oui, c'est vrai que j'ai lancé ma marque, que j'ai fait ça, que j'ai fait ça toute seule. Le logo, la formule, tellement de choses que j'ai mis en place. Je me disais, c'est vrai que c'est moi qui l'ai fait. Et j'ai même ma tante qui me l'a dit la semaine dernière. Tout ça, c'est sorti de ta tête et conscience que ça vient de toi. Donc, tu as les capacités. Et c'est vrai qu'au fur et à mesure, ça a pris des années pour que je m'en rende compte, mais c'est vrai que ces femmes qui sont autour de moi, mes amies, qui m'ont beaucoup encouragée, qui m'ont soutenue dans les moments difficiles, qui m'ont rappelé que j'avais toutes les ressources en moi, ça m'a permis d'en être là aujourd'hui, de me sentir beaucoup plus apaisée. Parce que j'ai toujours des, je dirais pas des problèmes, mais des situations difficiles que je vais devoir gérer. Notamment avec mon ex-conjoint, parce qu'on a une audience à nouveau le 2 avril, donc très prochainement. On a encore des choses à régler par rapport à la maison et j'ai d'autres combats. Mais je me mets pas la pression, comme avant. Je me dis, je vais devoir passer par là. Je vais mettre les choses en place. J'ai conscience que je ne suis pas seule, mais j'ai aussi conscience que... j'ai la force aussi en moi et aussi je peux puiser ma force dans ma foi. Donc en fait, je ne me sens pas seule. Alors qu'avant, j'étais entourée, mais je me sentais seule. Et là, c'est différent. Voilà.
- Speaker #0
C'est beau, c'est bien.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Ok, donc les femmes autour de toi ont participé à ta reconstruction.
- Speaker #1
Oui, vraiment. J'ai vraiment un beau cercle d'amis et je sais que c'est des femmes aussi qui traversent des choses. pas facile, pas évidente et on s'est vraiment soutenus entre nous et ça a toujours été avec bienveillance, sans jugement mais un accompagnement pas où on te booste, mais si, go, vas-y etc, enfin prendre le temps aussi un accompagnement où tu apprends à t'écouter c'est ça, pas un accompagnement en tout cas un soutien et des fois c'est pas facile parce qu'il y a des moments où je me disais mais j'ai pas envie de leur prendre la tête ou de les étouffer avec tous mes problèmes, mes soucis, mes grosses réflexions. Parce que j'aime bien réfléchir et faire des audios de 10 minutes. Désolée les filles. Et en fait, des fois tu te dis, surtout quand tout commence à s'accumuler, que tu te dis, waouh, là il y a beaucoup. Et ça m'est arrivé au mois de novembre où j'avais vraiment beaucoup de choses difficiles en même temps. En fait, je n'ai pas communiqué sur ça. J'en ai pas parlé autour de moi, j'allais moins à l'église aussi parce qu'en fait je me dis j'ai pas envie d'exposer ça, d'embêter les gens avec ça.
- Speaker #0
Par pudeur ou juste pour pas embêter ? C'était toi qui voulais pas t'exposer ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ou c'était ces femmes-là, tes amies, que tu ne voulais pas déranger ?
- Speaker #1
Je voulais pas les déranger et oui je voulais pas les déranger. Et parce qu'en fait je me disais aussi c'est mes problèmes, c'est mes combats, donc c'est à moi de gérer. Et au final, c'est à ces moments-là aussi que je me fais engueuler. Du coup, on se dit, mais comment ça se fait que tu n'en as pas parlé en fait ? Comment ça se fait que tu as laissé accumuler tout ça sans en parler ? Et là, j'ai reçu vraiment un soutien supplémentaire où vraiment mes copines m'appelaient pour parler, etc. Même l'église, elles se sont vraiment mobilisées et tout. Et je me suis dit, merci en fait. Merci parce qu'elles sont là. Elles sont là, j'ai un entourage vraiment bienveillant. Et en fait, j'ai cette chance, grâce aussi à l'Instant Aircare, de rencontrer beaucoup d'inconnus bienveillants. C'est-à-dire, sur mon stand, il y a des gens qui viennent, des fois qui ne viennent pas forcément pour le produit, mais pour échanger avec moi. Et des fois, c'est des discussions avec des inconnus qui te reboostent, qui me reboostent, parce que, en fait, ça arrive au bon moment. C'est vraiment, ça arrive au bon moment, ou ce moment où tu as envie d'avoir cet échange. Je ne dirais pas intimiste, mais c'est un échange particulier. Là, on ne parle pas business. On parle vraiment avec profondeur. Et voilà, c'est hyper touchant. Voilà.
- Speaker #0
Très bien. OK, merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Alors, encore le fait d'être maman de deux filles canon. On a changé ton regard sur toi-même.
- Speaker #1
Alors, ça a changé mon regard sur moi-même. Parce que pour moi, je devenais un peu un exemple. Enfin, comment dire ça ? C'est-à-dire que je n'étais plus juste Amandine, je vais être Amandine avec des responsabilités, qui doit être un exemple. Et au départ, ça me mettait la pression. Et maintenant, je le vis différemment. Parce que j'ai la chance d'avoir deux petites filles adorables et vraiment bienveillantes, qui sont à fond dans tout ce que je fais. On est très proches, toutes les trois. Et du coup, maintenant, je sais que je fais, comme je disais, les choses avec beaucoup plus d'intention. Parce que c'est comme ça que j'ai envie qu'elles fassent plus tard, quel que soit leur choix. Donc, je ne suis pas du genre à imposer une direction. Je suis plus à l'écoute et je regarde beaucoup comment elles fonctionnent, par quoi elles sont intéressées. Et du coup, ça m'a appris aussi à être patiente, à accepter aussi que tout ne se passe pas forcément comme prévu. Parce que voilà, les enfants, il y a beaucoup... Voilà, pour savoir s'adapter. Mais j'ai appris avec le temps à m'adapter sans pression. Et du coup, ça fait qu'à la maison, on a vraiment une atmosphère ultra positive, bienveillante, où elles se sentent libres d'être elles-mêmes. Et du coup, moi, ça me donne encore plus envie d'être libre, d'être moi-même.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu voudrais qu'elles apprennent de toi en te voyant vivre comme ça ?
- Speaker #1
Alors, qu'elles apprennent à tout donner pour leurs rêves. pour leurs rêves, pour leurs ambitions, pour la direction qu'elles veulent prendre. Quelle que soit la direction, de toute façon, je serai là pour les épauler. Je les épaulerai, mais sans pression, bien sûr. Mais vraiment, qu'elles se donnent à fond. Moi, par exemple, quand elles essayent de faire quelque chose, ou je leur demande « Trouve tes lunettes » , elles me disent « Ah, ben, je ne trouve pas » , mais elles n'ont pas cherché. Je dis « Au moins, essaye. Essaye de chercher. Si vraiment, tu ne trouves pas, là, je vais t'aider. » Mais c'est vraiment quelque chose que je leur apprends depuis petite, depuis qu'elles sont en âge, de pouvoir le faire. d'essayer, au moins d'essayer à chaque fois. Et elle voit, quand j'avance sur l'Instant Aircare, elle voit que je travaille et tout. Et ma petite qui me dit, bon, t'as vendu combien de pots aujourd'hui ?
- Speaker #0
C'est bien, t'es dans le business, elle. C'est ça.
- Speaker #1
Donc en fait, elle me voit avancer. Elles sont contentes et elles essayent de participer. Et elles sont fières de voir que maman essaye et met des choses en place. Donc c'est vraiment ça que j'ai envie qu'elles comprennent, que je ne leur demande pas de réussir à tout prix, mais au moins d'essayer.
- Speaker #0
Ok, de tenter.
- Speaker #1
De tenter, voilà.
- Speaker #0
Il y aura bien quelque chose qui prendra un moment donné. Voilà,
- Speaker #1
c'est ça, tu tentes. Moi j'ai tenté, j'ai tenté un peu de tout. J'ai même chanté à un moment, j'ai fait des clips. On s'est connus sur des événements, donc j'ai tenté l'événementiel. J'ai toujours fonctionné comme ça. Et c'est quelque chose aussi que je conseille à mes copines ou même autres personnes autour de moi d'essayer. Parce que j'ai beaucoup de personnes qui ont vraiment des qualités, du potentiel autour de moi. mais qui n'osent pas essayer. Donc, on ne demande pas forcément de sauter d'un grand bain tout de suite, mais au moins chaque jour, de faire une petite chose qui va te rapprocher de ton objectif ou de ton ambition, etc.
- Speaker #0
Essayer, c'est peut-être le mot qu'on va retenir. Oser, je dirais. C'est même un petit peu, même petit, mais exhaler quand même.
- Speaker #1
Et essayer, même si les jambes tremblent. Même si les jambes tremblent, même si le stress est là, même si la boule au ventre est là, il faut essayer. Je pourrais donner comme exemple pour finir. On n'a pas fini. On n'a pas fini. On continue.
- Speaker #0
Donne-moi un exemple. Voilà,
- Speaker #1
un exemple. Alors, je suis allée... Merci. un événement d'entrepreneur, c'était au mois d'octobre. Et en fait, l'animateur disait, est-ce que quelqu'un a une idée d'entrepreneuriat ou a déjà lancé quelque chose qu'il considère comme innovant ou qui pourra vraiment changer les choses et tout. Et en fait, j'ai levé la main et au fond de moi, je tremblais. Je me disais, mais tu lèves la main, tu vas sûrement aller. sur le podium pour parler devant tout le monde. Toi, tu lèves la main, tu n'as rien préparé. Et je ne sais pas, il y a une partie de moi qui tenait ma main en l'air. Il répétait et tout. Il ne me voyait pas. J'ai commencé à agiter les mains en l'air. Et dans ma tête, j'ai dit, mais qu'est-ce que tu fais ? Et quand il m'a appelée pour parler, j'ai traversé. En plus, j'étais tout au fond de la salle. J'ai traversé l'allée principale. Je tremblais. J'étais sur la salle, je continuais à trembler. J'ai dit, mais qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi je cherche à... autant m'exposer. Et j'ai parlé de ma marque, j'ai parlé de moi. Et ça s'est bien passé. Et ça s'est bien passé. Et au final, quand il y a eu un peu le moment où tout le monde résote un peu, il y a des personnes qui sont venues parler avec moi. Au final, il y a eu... T'es sortie un peu de ta zone de confort. C'était pas facile. Beaucoup, hein ? Vraiment. Mais je l'avais senti le matin qu'il allait se passer quelque chose d'intéressant pour moi. Donc j'ai foncé.
- Speaker #0
Et à quel moment t'es venue l'idée d'Instant Aircare ? C'est né à quel moment ?
- Speaker #1
Alors en fait j'ai toujours voulu créer ma marque de produits capillaires depuis que je suis jeune parce que ma mère est assez coquette donc elle utilisait pas mal de produits et tout et je me suis dit moi aussi je veux créer ma marque de cosmétiques qui sera utilisée etc. Et du coup quand je suis arrivée au lycée j'ai très vite demandé à la conseillère d'orientation quel parcours je devais faire pour... faire des produits cosmétiques plus tard. Et elle m'a dit licence de chimie, master, etc. Et en fait, j'ai vraiment suivi les conseils qu'on m'avait donnés à l'époque. Après, je les ai adaptés par rapport à ce que je pouvais faire pour pouvoir créer ma marque. Et en fait, en même temps, j'avais cette phase qu'on a toute un peu connue, je pense, où on ne connaissait pas vraiment nos cheveux. On a des frises et fait des colorations, pas mal de choses. Par des cheveux texturés. J'ai eu cette reconnexion avec la nature de mes cheveux. Et donc là, j'ai lié dans un premier temps les deux. Je fais une pause.
- Speaker #0
Donc, tu as toujours voulu créer ta marque. C'est une marque de produits capillaires. Ok, entendu. Est-ce que tu reviens au lycée, à tes études ? Très bien. L'instant Erker. L'instant Erker. Est-ce que ça a été une manière de reprendre un peu le pouvoir sur toi ? Est-ce que... Ce moment-là, bien précis, parce que l'Instant Air Care, ça fait combien de temps ? Alors,
- Speaker #1
j'ai lancé officiellement il y a un an, mais j'ai travaillé sur les formules, ça fait sept ans. D'accord. J'ai pris sept ans. Ok, donc ça fait un moment. Voilà. J'étais enceinte de ma première fille quand je commençais à formuler ma formule avec mes matières premières à Romazone. Donc, je pense que l'Instant Air Care est venu même après ça. L'Instant Air Care, je pense que c'est venu quelques temps avant... Un an avant, même deux ans avant le lancement, quand j'ai commencé à faire le logo, parce que j'ai pris conscience que le bien-être, c'était quelque chose d'important, par rapport à tout mon parcours lié à l'anxiété, à la place que je me donnais dans ma vie, le temps que je m'accordais. C'est là que l'instant s'accordait. C'est exactement ce que j'allais te demander.
- Speaker #0
Pourquoi l'instant Aircare ? Moi, j'ai compris que c'était une marque de produits capillaires pour cheveux texturés, mais aussi une marque de... Holistique ? Voilà. Est-ce que tu veux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #1
C'est une marque de produits capillaires holistiques à destination des cheveux texturés et loxés qui permet d'allier efficacité et bien-être. L'efficacité, c'est lié à mon expertise en tant que chimiste, spécialisée en cosmétique. Je me spécialisais aussi dans le choix des actifs. J'ai vraiment choisi des actifs qui ont une action spécifique sur le cuir chevelu ou bien sur la fibre capillaire. Et le côté holistique, bien-être, c'est par rapport à l'état d'esprit déjà dans lequel on va se mettre quand on prend soin de nous. Donc c'est se dire que là, on va le faire avec intention et on va vraiment se dire c'est mon moment de bien-être, c'est mon instant de bien-être. Ensuite, il y a aussi dans le choix... des matières premières. Dans ma première formule Upcycle, j'utilise de l'améthyste. L'améthyste qu'on connaît en lithothérapie pour ses différentes vertus, donc le recentrage sur soi, aussi pour aider au niveau de l'anxiété. Moi, je l'ai utilisé aussi quand je faisais de la méditation. C'est un petit clin d'œil à cette idée qu'il faut prendre soin de soi, mais pas seulement avec des produits capillaires, on va dire l'aspect extérieur, mais aussi le petit rappel de prendre soin de soi à l'intérieur, faire attention à l'anxiété, mais aussi au stress et à d'autres choses. Parce que ça a un impact sur la peau, sur les cheveux, sur tout ce qui est aspect extérieur. Et le fait de prendre soin de soi à l'intérieur, ça se verra à l'extérieur et inversement. Voilà. Merci.
- Speaker #0
Merci à toi. Est-ce que tu es consciente aujourd'hui du chemin parcouru ? Même si tu n'es pas. Encore jeune ? Est-ce que tu es consciente de tout ce chemin accompli ?
- Speaker #1
En en parlant, oui. En en parlant de plus en plus, oui.
- Speaker #0
Bravo.
- Speaker #1
Et c'est vrai que là, je vais le dire, et ce n'est pas quelque chose que je dis facilement, mais je suis fière de moi. Ce n'est pas quelque chose que j'arrive à dire facilement. Là, je le dis, mais je sens qu'une partie de moi me dit « Oh,
- Speaker #0
calme-toi quand même ! »
- Speaker #1
« Doucement, doucement ! » Il y a du chemin encore ! Mais c'est vrai que oui. Je le dis un peu timidement, mais oui, je suis fière de moi parce que j'ai essayé. Et ce n'est pas fini, je vais continuer à essayer. Mais pour tout ce que j'ai fait jusqu'à présent, c'est le fruit du fait d'avoir essayé.
- Speaker #0
Bravo Amandine !
- Speaker #1
Merci beaucoup !
- Speaker #0
Bravo pour avoir désactivé le bouton. Oui, c'est ça, là le bouton,
- Speaker #1
on l'enlève.
- Speaker #0
Même s'il est encore de temps en temps.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, mais je gère beaucoup mieux. C'est-à-dire que grâce aussi à la sophrologie... Et le fait d'avoir consulté une psychologue, je sais comment réagir quand j'ai cette phase de stress. Donc, j'ai des petits tips, c'est-à-dire travailler sur ma respiration. Et en fait, à côté de ça aussi, je fais une formation de naturopathe. Donc, du coup, j'apprends d'autres choses aussi sur la relaxation, sur ces choses-là, sur l'alimentation. Toutes ces choses qui vont me permettre de pouvoir réguler cette anxiété-là au quotidien.
- Speaker #0
D'accord. Super. Si t'es fille ? pouvait écouter, si elles tombent sur ce podcast demain ou après-demain, quand elles auront l'âge d'écouter des podcasts, qu'est-ce que tu aimerais leur dire ? Qu'est-ce que tu aimerais leur laisser en tant que trace de ton vécu ou en tant que venue sur ce podcast ? Qu'est-ce que tu aimerais leur transmettre ? Même si tu leur transmets beaucoup de choses, mais là, particulièrement ?
- Speaker #1
Alors, je leur dirais de continuer à croire en elles. Parce qu'elles ont plein de belles choses à l'intérieur qui demandent de continuer à s'exprimer et de jamais s'éteindre pour rentrer dans une case. Si elles ont envie de briller et si leur lumière prend de la place, il faut laisser cette place. Parce que c'est que comme ça qu'elles pourront se sentir alignées avec elles-mêmes et vraiment garder des bons souvenirs de tout ce qu'elles ont parcouru.
- Speaker #0
même si c'est pas facile voilà c'est ça super et bien voilà notre échange touche à sa fin merci merci Amandine quelle douceur c'est vrai t'es toute douce toute sincère merci beaucoup en tout cas d'avoir partagé un bout de ton histoire et j'espère que ça parlera ça inspirera d'autres mamans à se dire qu'on peut faire des choses contre le stress, on peut lutter contre le stress. Moi je suis une grande stressée aussi. C'est vrai ? Moi je suis plutôt stressée. Je ne suis pas une grande stressée, ce n'est peut-être pas le bon terme. J'ai beaucoup d'énergie. Et effectivement ça peut parfois se traduire en accès de plein de choses. Donc c'est vrai que je médite, je médite aussi. Alors je n'ai pas forcément consulté. Je prends des petites demi-miches, je prends des choses. Ok, il y a pas mal de choses qui aident. J'espère que ça inspirera une maman. Merci à toi, Dire Mama, d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si ce format te plaît, pense à laisser 5 étoiles sur les plateformes de streaming. C'est une petite action qui aide énormément le podcast à grandir. Et bien sûr, retrouve-moi sur Instagram si tu souhaites échanger sur l'épisode. A très vite pour un nouvel épisode de Dire Mama. Et comme j'aime le dire, souviens-toi qu'il n'est jamais trop tard pour écrire un nouveau chapitre. Ciao ! A bientôt !