- Speaker #0
Bienvenue dans Dire Mama, le podcast qui tend le micro aux mamans de l'ombre. Le mois d'octobre se termine bientôt et je suis enchantée, honorée de recevoir une maman, de célébrer une maman qui a parcouru, qui a eu une étape de vie, qui nous racontera dans quelques minutes. Merci ma chère invitée d'avoir dit oui. Enchantée Christelle, bienvenue sur Dire Mama.
- Speaker #1
Avec un énorme plaisir. Je te remercie pour ton invitation. On va passer un petit temps ensemble et j'espère que ce que je vais apporter là pour toutes les mamans permettra d'avoir de la force et de continuer à profiter de la vie.
- Speaker #0
Trop bien. Merci beaucoup en tout cas. Christelle, si tu devais te définir sans ton rôle de maman, sans parler de ton travail, qu'est-ce que tu dirais de toi ?
- Speaker #1
Je suis quelqu'un de pugnace, je suis quelqu'un qui ne lâche pas, j'ai une force intérieure qui fait que ça me permet d'amener du soleil partout où je vais. Donc en général on me dit que je suis quelqu'un d'assez solaire et que je suis là pour être avec les autres et profiter des autres et des uns et des autres. Après j'ai un petit leitmotiv, une petite phrase que je me dis chaque jour.
- Speaker #0
C'est la prochaine question.
- Speaker #1
C'est la prochaine question. Je vais trop vite.
- Speaker #0
Non, mais c'est très bien. Je vois l'enthousiasme et l'énergie. C'est super. Alors, moi, je ne vais pas te demander de tout me raconter, Christelle, mais je vais plutôt te demander de nous raconter un parcours, un virage, un moment de vie qui t'a touchée, qui t'a marquée et qui peut-être fait de toi la personne que tu es aujourd'hui. Quel serait ce... On va y revenir. Mais en tout cas, dans l'idée, c'est... Pas forcément de tout partager, mais de nous parler de ce virage, de ce qui s'est passé, de ce moment.
- Speaker #1
Ben, 2020.
- Speaker #0
Ok, on y vient. On y vient. 2020, déjà, ça nous ramène au Covid, à l'appareil Covid. Exactement.
- Speaker #1
C'est la pandémie, c'est la Covid, et du coup...
- Speaker #0
On y vient.
- Speaker #1
C'est un moment qui va changer complètement ma vie.
- Speaker #0
D'accord. Ok, alors tu disais que tu avais une phrase peut-être ou un mantra qui drive un peu ta vie, une punchline peut-être ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Allez, dis-moi.
- Speaker #1
Chaque jour, ça peine. Chaque jour, ça vaine.
- Speaker #0
Ok. Qu'est-ce que ça veut dire pour toi ? Qu'est-ce que ça représente ?
- Speaker #1
Eh bien, chaque jour, on a notre petit loup à porter. Effectivement, des difficultés à surmonter. Effectivement, des choses pas très faciles à vivre. Mais chaque jour, ça vaine. Ça veut dire qu'on a la chance de pouvoir se lever, de pouvoir faire les choses et puis se donner les moyens pour, à un moment donné, le partager avec d'autres. Et c'est mon tête-motiv chaque matin. Ça me permet de me dire la chance que j'ai de pouvoir lever mes yeux et me dire qu'aujourd'hui, j'ai fait encore quelque chose de bien, surtout pour moi.
- Speaker #0
Ok. Alors Christelle, tu es maman. Combien d'enfants ? Est-ce que tu veux te présenter un peu à ce niveau-là après avoir parlé de ta pugnacité ? Est-ce que tu veux parler un petit peu de ta petite famille ?
- Speaker #1
Christelle, 52 ans, mariée, trois enfants. Sur le papier, c'est comme ça. Alors j'ai la chance. J'ai vraiment la chance d'avoir trois enfants. J'ai une grande de 26 ans. D'accord. J'ai un deuxième qui a 22 ans, Samuel. Et mon dernier qui a 19 ans, Pharell. D'accord. Tu as bien remarqué, tout rime avec Christelle.
- Speaker #0
On adore.
- Speaker #1
Des prénoms à six lettres. Voilà, on se donne des petits signes comme ça pour donner le plus de chance à nos amours. Donc, trois enfants. Alors, on pourrait dire que j'ai fait ça dans le désordre. Parce que c'est toujours comme ça que mes parents l'ont dit. Alors, tu as rencontré quelqu'un, tu as eu tes enfants et après tu t'es mariée et après tu as trouvé ta maison. Mais bon, il n'y a pas d'ordre pour cela.
- Speaker #0
On prend la vie comme elle vient.
- Speaker #1
Voilà, donc j'ai eu la chance d'avoir mes enfants. Après nous, on s'est mariés en 2008. Ça fait 31 ans que je connais mon mari et puis c'est parti encore pour de longues années.
- Speaker #0
Trop bien, génial. Bravo.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Alors quelle est la partie de vie ou de virage que tu souhaites partager avec nous Christelle aujourd'hui ? Comme tu l'as dit,
- Speaker #1
je suis une personne qui est en train de vivre.
- Speaker #0
Suite à un petit souci technique, la partie où Christelle répond à ma question n'a malheureusement pas été enregistrée. Je me permets donc, avec toute la délicatesse possible, de poser ces mots à ma manière. Christelle avait choisi de nous parler de sa lutte contre un cancer du sein de stade 4 et de tout ce que cette traversée a bouleversé en elle, émotionnellement, physiquement, mais aussi humainement. Christelle, je te demande pardon pour cette interprétation. J'espère qu'elle restera fidèle à l'esprit de ce que tu m'as conçu ce jour-là. Merci encore pour ton courage, ta sincérité. et la lumière que tu partages avec nous. Je vous laisse, chère maman, avec la suite de notre conversation. Comment ça se passe ?
- Speaker #1
On nous dit que les séances de chimiothérapie vont commencer, donc il faut poser le cathéter.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est très rapide, c'est local, on pose le cathéter et puis ce cathéter va permettre d'effectuer... Du coup, l'injection chimio et de permettre ensuite de recevoir ce fameux produit qui va du coup tuer toutes ces cellules cancéreuses.
- Speaker #0
Le cathéter, c'est quoi ? C'est au niveau du bras ?
- Speaker #1
Non, ça se pose... Alors moi, c'était au niveau, en haut, à ce niveau-là, vers la clavicule, pour permettre du coup de faire l'injection. Et pour éviter, parce que j'en avais prévu pour 6 mois de chimiothérapie, donc pour éviter d'avoir une éjection directe d'eux et que ce soit moins douloureux, on pose un cathéter. Et comme ça, on a juste à appliquer dedans. Une petite chambre, on fait tout ça. Voilà, et appliquer dedans. Donc on pose une première fois le cathéter. J'ai dit une première fois parce que ça n'a pas fonctionné. Première chimiothérapie, ça ne se passe pas très bien. Je sens la piqûre, je sens le produit, il y a quelque chose qui ne va pas. Je sens tout. Et on me dit que ce n'est pas normal. Pas normal, madame ? Oui,
- Speaker #0
l'idée normalement, c'est de ne rien sentir.
- Speaker #1
Ne rien sentir.
- Speaker #0
Et tu sens tout, toi ?
- Speaker #1
Moi, je sens tout.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je sens tout, donc on revérifie. Et j'ai même eu une... Comment ça s'appelle ? Une ambrose ? En tout cas, il y a eu mes veines qui ont été bouchées à cause de cela. Et du coup, j'ai dû l'enlever et remettre un deuxième cathéter. Donc là aussi, ça a posé un petit peu de soucis. Et on me met un deuxième cathéter. C'est un peu mieux, mais en réalité, non. À chaque fois que je fais mes séances de chimiothérapie, j'ai mal. Je sens la piqûre, ce n'est pas normal. On me met cathéter, on me donne même une pommade pour anesthésier. Ça ne fonctionne pas. Je sens tout. Vraiment, je sens tout. Et la chimiothérapie, c'est l'injection, c'est le produit dans tout le corps. On sort. On s'en va, on se sent drogué.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te demander, comment on se sent après une séance de chimiothérapie ?
- Speaker #1
On se sent drogué et on se sent... Alors moi je me sens drogué, je savais bien entendu que j'allais avoir du coup toutes les mauvaises douleurs qu'on pourrait avoir et j'ai eu toutes les douleurs, donc c'est les muscles qui se rédissent, c'est l'impossibilité de marcher... pendant une semaine on peut rien faire je suis alité je ne peux rien faire je ne mange pas, je ne bois pas j'ai du mal à dormir et ça dure pendant 5 jours et puis c'est toutes les semaines la chimiothérapie Donc, deux jours où je me sens un petit peu mieux, mais je me sens... C'est deux jours après pour repartir. Et ces deux jours ne me permettent même pas d'avoir une pause. Je me sens mieux, mais j'ai déjà la peur de faire l'autre séance. Donc, en réalité, c'est six mois où je me sens pas bien, pas du tout. Et quand je dis six mois, c'est la période... de 6 mois de chimiothérapie, mais au bout de 3 ou 4 mois, je te le dis franchement, Annick, je n'en pouvais plus. Tu n'en pouvais plus ? J'en pouvais plus. Ça a commencé en juillet, octobre arrive, on voit, c'est national, on commence à faire les petites décorations pour les fêtes de Noël, et moi, j'en peux plus. Moi, je suis fatigué. Je commence à regarder. Oui, j'avais pris une assurance vie. On commence à regarder. On se dit, je regarde chaque geste de chacun de mes enfants.
- Speaker #0
Posez une question. La perte de cheveux, la perte de poids, tout ça, ça arrive à quel moment ?
- Speaker #1
Je commence à chez Mio en juillet. Je sais qu'il va avoir les effets secondaires. J'ai encore, au mois de juillet, cette force de me dire, parce que tout le monde, du coup, mon entourage est au courant, et je me dis, j'ai encore cette force de dire, il faut que je fasse bonne figure, je les vois tous inquiets, mon frère qui habite à 300 kilomètres se déplace, tout le monde est inquiet. Et je me dis, bon allez. Je garde cette force-là et on va y arriver ensemble. Et je me dis, je ne veux pas perdre mes cheveux, je vais couper mes cheveux.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc, je décide de faire des petits gestes comme ça en disant, voilà, ce n'est pas la maladie qui va prendre le dessus et je vais y aller. Je dis que je vais y aller, mais ce n'est pas aussi simple que ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je n'ai pas chez le coiffeur pour faire cela, que je n'ai pas envie. Moi, quand je vais chez le coiffeur, c'est plutôt pour être coquette. Et là, non, je ne vais pas aller chez le coiffeur justement pour retirer quelque chose qui est quand même important. Je ne sais pas si c'est pour vous, mesdames, que vos cheveux, c'est quelque chose d'important, mais en tout cas pour moi, ça l'était.
- Speaker #0
Ça faisait partie en tout cas de ta féminité, de ta coquetterie. Donc ça a été énorme de devoir... C'était énorme. Oui.
- Speaker #1
Et j'ai mon deuxième, j'ai Samuel qui me dit, t'inquiète maman, je vais faire ça pour toi.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc il me dit qu'il va me couper les cheveux.
- Speaker #0
Il va s'en occuper.
- Speaker #1
Il va s'en occuper. Donc j'ai ma grande qui est là, qui m'accompagne. J'ai mon deuxième qui dit, t'inquiète pas, je vais m'en occuper. Ok. Encore une fois, on était en juillet, août. Prendre vraiment le rendez-vous pour aller chez le coiffeur en pleine pandémie. On a préféré rester.
- Speaker #0
Le faire en famille.
- Speaker #1
En famille.
- Speaker #0
Ok. Alors, au bout de 3-4 mois, tu disais, t'en peux plus. T'es fatigué.
- Speaker #1
Je lâche prise.
- Speaker #0
Ouais. Tu commences à... Je lâche prise. Ouais.
- Speaker #1
J'abandonne.
- Speaker #0
D'accord. Ça se traduit comment, j'abandonne ?
- Speaker #1
Je veux en finir. J'en ai marre. Je suis fatigué.
- Speaker #0
T'es éprouvé. Vraiment, vraiment.
- Speaker #1
Vraiment, j'en peux plus. Donc, je n'en peux plus. Et je commence à avoir des messages. J'envoie des petits messages subliminaux, par-ci, par-là. Les garçons, ils n'ont pas compris tout de suite. Ils se disent, maman, elle est fatiguée.
- Speaker #0
Mais Rachel... Il y en a une qui a compris. Il y en a une qui a compris.
- Speaker #1
Je souris, mais je souris jaune. Oui,
- Speaker #0
oui, oui.
- Speaker #1
Il y en a une qui a compris et qui me dit, non maman, hors de question. Tu t'es battue jusqu'à maintenant, tu es là pour nous. Je lui dis, je vous ai élevés, je vous ai donné tout ce qu'il fallait, vous avez les armes, moi j'ai confiance en vous. Mais là, je suis fatiguée. Donc, on passe les bons moments, on se crée des bons souvenirs. Mais ne vous inquiétez pas, même absent, je serai toujours présente. Je lui explique que j'ai confiance et j'ai confiance en lui. Et elle me dit, tu ne me comprends pas. C'est maintenant que j'ai besoin de toi. C'est maintenant que j'ai besoin. que tu me montres que c'est important de se battre, tu nous dis tout le temps qu'il faut travailler, qu'il faut se battre, qu'il ne faut pas abandonner. Donc c'est maintenant que j'ai besoin de toi et c'est maintenant qu'il faut que tu me montres que tout ce que tu nous disais, qu'il faut le faire. Et elle me dit non, tu ne comprends pas. J'ai besoin de toi quand je vais avoir mon diplôme. J'ai besoin de toi quand je vais vivre des moments de femme. Donc, tu ne peux pas m'abandonner maintenant.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En tout cas, tu ne peux pas prendre cette décision de m'abandonner, de ne pas prendre la décision.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ce qui doit arriver, doit arriver. Mais toi, tu ne peux pas prendre cette décision.
- Speaker #0
D'accord. Ça t'a redonné un coup de fouet ?
- Speaker #1
J'ai regardé ma fille dans les yeux et je me suis dit, ah ouais, c'était pas des mouvins. J'ai éduqué mes enfants, on se dit oui, on les apprend à être polis, on leur fait passer des messages. On se dit, oh, lève-toi, fais ta chambre, mais ils font jamais la chambre. Donc on se dit que pour d'autres messages, ça passe pas non plus, et en réalité, si. Quand on éduque nos enfants, quand on fait passer des messages, ils le retiennent.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et elle m'a fait voir à ce moment-là précis que...
- Speaker #0
Que ce que tu lui disais, ce n'était pas tombé dans les oreilles d'une sourde. C'était à toi de lui montrer maintenant.
- Speaker #1
Et l'exemplarité, pour moi, c'est quelque chose aussi d'important. Et je crois que je l'avais perdu à ce moment-là précis. Et Rachel a su me dire, attends... Qu'est-ce qui est passé dans ta tête ? Pourquoi ? Alors oui, t'es fatiguée, c'est vrai. Oui, c'est dur, c'est vrai. Oui, ça fait mal, c'est vrai. Mais oui, non. Tu ne peux pas abandonner le combat comme ça.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc voilà, c'est reparti.
- Speaker #0
C'était reparti. Donc il est resté à ce moment-là 2-3 mois de séance ? De docteur.
- Speaker #1
Et je dois faire mes séances jusqu'en janvier.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et on programme l'opération pour l'ablation au mois de février.
- Speaker #0
Ok, donc on arrive à la fin du traitement. Quand c'est la fin du traitement, qu'on a fait 6 mois de chimiothérapie, qu'est-ce que les médecins disent ? Est-ce qu'il y a un résultat peut-être ? On te dit, ça y est, elle a été éliminée, maintenant on passe à... Qu'est-ce qu'on te dit ?
- Speaker #1
Non, il y avait ces 4 étapes de... Le protocole pour eux, c'est qu'on a fait la première étape, on va passer à la deuxième étape. Il y a ce suivi, on se donne tous les moyens, on voit que ça se passe bien, mais tout le monde reste prudent.
- Speaker #0
D'accord, c'est à la quatrième étape qu'on peut dire qu'on est en rémission, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
D'accord, donc avant tout ça, avant la quatrième étape, c'est vraiment on suit le protocole ?
- Speaker #1
Il faut suivre le protocole.
- Speaker #0
Ok, donc là on en est à l'étape 2, il faut l'ablation ?
- Speaker #1
Il faut faire l'ablation.
- Speaker #0
Ok, tu fais l'ablation.
- Speaker #1
Je vais poser la question plusieurs fois pourtant en disant, c'est vraiment nécessaire ? C'est nécessaire, on a fait la chimiothérapie, est-ce que c'est vraiment nécessaire ? Mais oui, c'était nécessaire. le sein était infecté.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, je passe sur la table, je fais la greffe, parce que c'est une greffe,
- Speaker #0
c'est une greffe. C'est une ablation ou une ablation ? Oui.
- Speaker #1
Je parle de greffe parce que j'ai fait l'autre étape de reconstruction. Oui. D'abord, c'est une ablation. D'abord, c'est l'ablation.
- Speaker #0
D'accord. Comment tu te sens ? Comment tu vis cette étape en tant que femme ?
- Speaker #1
C'est catastrophique. On a beau s'y préparer, tout au début, on sait qu'il s'est passé quelque chose, parce qu'il y a les pansements. Donc, on ne voit que les pansements. C'est impressionnant, d'ailleurs. Mais on ne voit pas encore. Ensuite, j'ai été accompagnée. Avant de faire l'opération, il fallait donc choisir sa prothèse. Et tout le long de ce parcours, l'air de rien, on fait des belles rencontres. La gynécologue qui m'annonce que j'ai un cancer, c'était déjà une belle rencontre. Parce que ça s'était bien passé, qu'elle était avenante. Ça s'est bien passé.
- Speaker #0
Tu t'es sentie vraiment bien prise en charge et écoutée dans l'hôpital où tu as été suivie ? Oui,
- Speaker #1
il y a eu une belle prise en charge. Donc c'était la première belle rencontre. Une deuxième belle rencontre, c'est Sarah. Avec la prothèse.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc, qui m'explique les choses, qui m'explique les différentes étapes d'émotion sur lesquelles je vais passer. D'accord. Et elle vient à l'hôpital. Donc, on n'a pas le droit, on n'a le droit qu'à une personne à l'hôpital. Mais elle, elle a cette entrée aussi et elle vient me voir à l'hôpital. Donc... Et on découvre ensemble du coup... On enlève les pansements et on découvre ensemble cette cicatrice. Donc l'absence du sang, la cicatrice. Elle revient le lendemain, elle revient pendant 3 ou 4 jours.
- Speaker #0
Elle est là.
- Speaker #1
Et elle est là.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il n'y avait qu'une personne qui pouvait venir. J'ai dit à mon mari de venir. Donc il est venu. Il vient, mais c'est pour être présent. C'est tout. C'est une présence. Mais Sarah, elle, c'est plus qu'une présence.
- Speaker #0
Émotionnellement ?
- Speaker #1
Elle est en train de... Oui, elle est en train de réellement me penser. Elle est là, et je pense que comme elle le dit, elle me fait... Elle me fait, Christelle, c'est très rare. En trois ou quatre jours, j'arrive quand même à accepter que la cicatrice.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'arrive à accepter à me regarder dans le miroir.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Elle me dit, c'est rare que les personnes arrivent à se regarder dans le miroir. Mais je ne perds pas de vue ce qu'elle m'a dit, ma fille. Donc, j'ai ça en tête.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'ai ça en tête. Si je ne passe pas par-dessus cela, personne ne le fera pour moi. Donc, il va falloir se regarder. On se regarde dans le miroir, mais on ne se regarde pas. Oui.
- Speaker #0
En fait, on voit ce qui se passe,
- Speaker #1
mais le miroir doit faire partie de mon quotidien. Parce que si je ne fais pas ça, les cheveux qui tombent, qui sont tombés... La fatigue, on est creusé, on perd du poids, en plus là, le sang en moins, si on ne se regarde pas dans le miroir, on ne pourra rien faire pour faire attention à soi.
- Speaker #0
Oui, si on ne remarque pas la dégradation du corps physique, la dégradation physique, du coup, on ne s'en aperçoit pas et puis on tombe plus bas.
- Speaker #1
Et le pire, c'est de le voir à travers les yeux des autres.
- Speaker #0
Oui. Les gens ne te reconnaissent pas.
- Speaker #1
Les gens ne te reconnaissent pas, ils te voient malade, tu vois la pitié, tu sens, tu vois dans leur regard que tu es malade.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça te fait de voir ça dans le regard des autres ?
- Speaker #1
Tu évites le regard des autres, donc tu es reclus, tu risques toi.
- Speaker #0
D'accord. Donc il y a eu une période où tu ne sortais plus ?
- Speaker #1
Je ne sortais plus, on est en février, l'opération s'est bien passée. Il y a un accompagnement au niveau de l'hôpital, il y a des forums, mais il y a aussi un accompagnement où on te donne des séances de manécure, de maquillage. Ah oui, c'est ça, des ateliers. Alors ça,
- Speaker #0
ça te fait du bien ?
- Speaker #1
On te dit, voilà, vous n'êtes pas seul, on se trouve tous ensemble. Bon allez, je joue le jeu, je vais au premier rassemblement où on va parler un peu de cela. Mais je ne fais que le premier parce que non, ça ne m'intéresse pas. Pourquoi ? J'ai envie de me retrouver avec les autres. Je me retrouvais avec des personnes malades comme moi, c'est vrai. Mais... C'est dans la complainte qui était extrêmement triste. Je le suis aussi, mais ce n'est pas ça que j'ai besoin. J'ai besoin plutôt d'avoir une autre force. J'ai envie d'aller de l'avant, même si c'est difficile. Je me retrouve avec des personnes qui sont en train plutôt de parler de leur vécu, où elles ne se sentent pas bien et qui expriment uniquement leurs problématiques.
- Speaker #0
ça ne me convenait pas d'avoir envie de joie ou en tout cas d'avancer autrement de force pas forcément de joie mais de force de soutien pas de joie et pas d'espoir de la force quel
- Speaker #1
moyen on va se donner pour se dire que demain c'est un autre jour et je fais un petit pas de plus d'accord oui du soutien plutôt de la force et non pas C'est dur, c'est difficile, j'ai mal et de camoufler ça avec de la manicure, du maquillage, de la coiffure, ça ne m'intéressait pas.
- Speaker #0
D'accord, donc ça t'a lâché l'affaire.
- Speaker #1
L'affaire très très rapidement. Et j'ai plutôt pris en compte ce que disait la nutritionniste, ce que disait l'oncologue. Voilà, il faut aller marcher. Il faut marcher, il faut faire attention à ce que l'on mange. Il faut essayer d'avoir le plus de pensées positives.
- Speaker #0
Voilà, en fait, c'était comment sortir de cet état. Comment aller à l'étape 2.
- Speaker #1
En tout cas, ce n'est pas fini. La chimiothérapie, c'est difficile. Cette opération, c'est difficile. La radiothérapie va être difficile. L'hormonothérapie va être difficile. Il va falloir vivre avec. Donc, quel moyen je me donne de vivre avec au mieux ?
- Speaker #0
Le mieux possible.
- Speaker #1
Le mieux possible.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'ai tellement souffert que je ne veux pas revivre cela.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, il faut que je m'y prépare. Et c'est ce que je me dis réellement. Je dois m'y préparer. Je ne veux pas subir comme j'ai subi ces six mois avec la chimiothérapie. Ce n'est pas possible. Je l'ai toujours dit. Je ne le ferai même pas vivre un an pire et demi. Réellement, ces six mois. Ok,
- Speaker #0
donc là, tu as eu l'ablation. Étape 3, radiothérapie.
- Speaker #1
Radiothérapie, chaque semaine. Il faut y aller, ça fait moins mal que la chimiothérapie.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'allais te poser comme question. C'est moins douloureux, c'est moins éprouvant ?
- Speaker #1
C'est moins douloureux, c'est moins éprouvant, mais on n'est pas en forme, on est fatigué. D'accord. Voilà, on a des nausées, effectivement. Mais comme j'ai connu pire, du coup, tous ces facteurs pour moi... C'était rien. Je sentais que j'étais droguée, mais ce n'était pas grave. Je voyais des rougeurs, mais ce n'est pas grave. Ça me brûlait un peu, mais ce n'est pas grave. Il fallait se lever le matin pour faire son rituel, petit déjeuner. On se met en tenue, on va marcher, on revient, on fait la sieste.
- Speaker #0
Et ça dure combien de temps ? la radiothérapie il y a combien de séances ?
- Speaker #1
chaque semaine pendant 3 mois chaque semaine pendant 3 mois donc 12 séances oui une dizaine de séances pendant 3 mois d'accord donc tu passes ces 3 mois on a
- Speaker #0
commencé en juillet dernier oui on est à la presse au mois de mai juin, petite année est passée une petite année est passée d'accord
- Speaker #1
Une petite année est passée, la dernière séance de radiothérapie fin mai, début juin, et je demande, on est encore en Covid, mais c'est moins strict qu'auparavant, et on me dit qu'après la radiothérapie, je vais passer du coup à l'hormonothérapie.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et on m'explique comment va se passer l'hormonothérapie, le comprimé et cette injection toutes les 12 semaines. Sauf que je suis tellement fatigué et que j'en ai marre moi de me lever le matin et d'aller marcher sur le même trottoir. Moi je suis en région parisienne, marcher sur le même trottoir, traverser, aller... rencontrer les mêmes personnes qui promènent leur chien, les voitures qui passent.
- Speaker #0
C'est bon, quoi.
- Speaker #1
Je suis fatiguée. Et je demande à mon oncologue s'il n'y a pas la possibilité que je puisse voyager. Et elle me dit, c'est l'hormonothérapie. Tant que vous trouvez une infirmière là-bas pour vous faire l'injection, moi, je vous donne votre traitement. pour les trois mois qui vont suivre. Et vous pouvez y aller. Et donc, je décide de partir avec ma maman. On prend nos billets et on part aux Antilles. Parce que je suis d'origine martiniquaise. Et on part en Martinique. Et je sais que ça va me faire du bien. Il faut me redonner un autre élan de vivre les choses au mieux. Et pas mieux que le soleil.
- Speaker #0
Donc voilà. Il est plein aussi le soleil.
- Speaker #1
Je pars en loin avec ma maman et après je fais venir mon dernier, parce qu'à l'époque c'était lui qui était encore... mineur et après ses cours il me rejoint pour les vacances au mois de juillet.
- Speaker #0
Ok, tu fais trois mois là-bas ?
- Speaker #1
Je fais deux mois.
- Speaker #0
Deux mois là-bas ?
- Speaker #1
Juin et juillet.
- Speaker #0
Ok, juin et juillet en Martinique, tu prends ton traitement sur place ? Mon traitement. Tu as trouvé une infirmière normale, enfin pas de suivi particulier ? Non, ça va. Oui, ça se passe bien ?
- Speaker #1
Ça se passe... Ça se passe bien après, dès qu'il y a l'injection, encore une fois, pendant une semaine, je suis chaotique. D'accord. Mais bon, ça fait partie du traitement.
- Speaker #0
Donc là, on est sur l'hormonothérapie, on est sur la quatrième étape. Exactement. La reconstruction du sein, elle arrive à quel moment ? Est-ce qu'il y en a une d'ailleurs ? Est-ce que c'est envisagé ?
- Speaker #1
C'est envisagé et effectivement, je le fais en 2022.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, un an après... L'ablation, en février 2021, je fais l'ablation. Et en juillet 2022, je fais la première étape, parce qu'il y a trois étapes au niveau de la reconstruction. Je fais la première étape.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je fais la première étape, donc la greffe, effectivement. Alors la greffe,
- Speaker #0
c'est-à-dire ? Expliquez-nous.
- Speaker #1
Ils prennent une partie du ventre. pour pouvoir du coup refaire ce sein. Et on le prend avec le sourire, parce qu'il me dit, vous allez tout gagner, du coup ce ventre de maman de trois enfants, qui a subi... Voilà. Des choses, elle va être tout lisse, tout bien. Donc, allez, une pierre deux coups.
- Speaker #0
Oui, donc on fait une petite abdominoplastie plus... Voilà. D'accord. Donc ça, on va dire que c'est le prendre du bon côté.
- Speaker #1
On va le prendre du bon côté. Allez, je commence à en plaisanter. On est en 2022. Je commence à passer au-dessus de cela. Il n'y a plus ces moments de doute, ces questions. qui se sont ressassées, pourquoi moi, et pourquoi ceci, pourquoi cela.
- Speaker #0
Et toutes ces études-là, vécues avec ton ablation, ton mari te soutient à ce niveau-là ? Est-ce que toi, dans le miroir, tu arrives un petit peu plus à accepter ton image ou pas ?
- Speaker #1
Ça, c'est la période difficile.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est la période la plus difficile. Parce que le corps a changé. Le corps change. Et mon mari est dans le déni. Il était dans le déni. Et il a découvert mon corps au moment de la reconstruction.
- Speaker #0
Avant ça, il n'avait pas vu pendant un an. Oui.
- Speaker #1
Pendant un an, je suis Christelle, je suis une maman, mais je ne suis pas une femme. En tout cas, je ne suis pas sa femme.
- Speaker #0
Tu n'es pas sa femme.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est comme ça. Mais je le comprends. Face à la maladie, je le comprends. Je ne le comprends pas tout de suite, mais je le comprends. Allez, février 2021, au moment où je décide de faire la reconstruction en janvier 2022, je comprends que face à la maladie, chaque personne voit les choses à leur façon. Je peux comprendre que pour lui, il voit les choses autrement. Et même si moi j'avais besoin qu'il me voit, qu'il me regarde, qu'il me touche, dans les premiers temps je lui en voulais, mais je finis par comprendre que... Chacun face à la maladie réagit différemment.
- Speaker #0
D'accord. Donc là tu fais la première étape, je fais un peu des allers-retours, mais là tu fais la première étape de reconstruction. Donc on en est à abdominoplastie greffe de peau, pour pouvoir accueillir la prothèse si je comprends bien. Donc on en est là. Donc tu fais cette greffe.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ensuite ?
- Speaker #1
Ensuite,
- Speaker #0
l'ormonothérapie, ça s'est arrêté ?
- Speaker #1
Non, j'en ai pour 5 ans. L'ormonothérapie,
- Speaker #0
c'est pendant 5 ans ?
- Speaker #1
L'ormonothérapie, c'est pour 5 ans, donc 2021 à 2026.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
Voilà, 2021-2026.
- Speaker #0
On tient le processus, t'as la greffe ?
- Speaker #1
J'ai la greffe.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'ai la greffe et ça se passe bien et on me dit oui, est-ce que vous avez prévu de faire la deuxième et la troisième étape ?
- Speaker #0
Ils sont ?
- Speaker #1
La deuxième étape, c'est du coup donner la même forme au sein. Parce que j'ai quand même une greffe, mais la greffe n'est pas aussi grosse que le sein. Et donc, c'est pour faire une réduction mammaire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et la troisième étape, c'est l'équilibrage.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà. Mais non.
- Speaker #0
Toi, tu fais l'étape une.
- Speaker #1
Et ça me suffit.
- Speaker #0
Ça me convient.
- Speaker #1
À un moment donné, je suis assez coquette. Donc, des subterfuges, on en trouve. Et puis, ça fait partie de moi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je n'ai pas envie d'en faire plus. Je ne cherche pas du tout à ce que ce soit beau et joli. Comme si de rien n'était, que ce soit effacé ou quoi que ce soit, ça fait partie de moi. Ça fait partie de toi. Voilà. C'est des petites cicatrices. Je suis tombée, j'ai une petite cicatrice parce que je me rappelle que je suis tombée. Là, c'est pareil.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je me rappelle que j'ai un cancer et je n'ai pas envie que ce soit effacé. Je me le garde pour moi et je dirais que c'est ma force.
- Speaker #0
D'accord. Alors qu'est-ce qui se passe avec l'hormonothérapie ? Parce qu'à un moment donné, tu commences à beaucoup t'informer à comment manger mieux, comment vivre mieux, etc. Et l'hormonothérapie, à un moment donné ?
- Speaker #1
Je prends de la force. Au niveau du travail, je change de fonction. Et je me dis... J'ai des rêves, j'ai envie de prendre de plus en plus de responsabilités et je prends un poste qui nécessite d'avoir un diplôme. Je prends un poste de direction d'un centre social. Il peut l'exercer, il me faut un diplôme à DES.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc, j'y vais, je me dis, ok, je pars, je vais prendre ce diplôme et je vais jusqu'au bout, je prends cette formation et je le couple avec un master. Ok. Donc, juillet 2024, je décide de retourner sur les bancs de l'école et de passer cette formation et de le coupler avec un master en sociologie et politique sociale, stratégie de direction.
- Speaker #0
Donc, tu as besoin de toute ta tête ?
- Speaker #1
J'ai besoin de toute ma tête.
- Speaker #0
En l'occurrence, et l'hormonothérapie ?
- Speaker #1
Eh bien, je décide de l'arrêter.
- Speaker #0
Grosse, grosse décision.
- Speaker #1
Grosse, grosse décision
- Speaker #0
Ok
- Speaker #1
Alors je ne sais pas si c'est bien ou si ce n'est pas bien Je ne sais pas si vraiment il faut le faire ou pas faire En tout cas moi j'ai pris cette décision, pourquoi ? Parce que l'hormonothérapie comme tout le reste Avec l'injection toutes les 12 semaines C'est une petite chimio D'accord Et du coup je suis quand même fatiguée Je suis tout le temps fatiguée Et je le vois bien au niveau de mon travail Que ce que je fais mais... En une heure de temps, d'habitude, ça me prend trois heures, quatre heures, que je suis quand même irritable.
- Speaker #0
Ok. Tu décides d'arrêter ce traitement. Tu pallies. Comment ? Comment est-ce que tu te dis, j'arrête l'hormonothérapie, je fais autre chose ? Qu'est-ce que tu fais à la plage ?
- Speaker #1
L'autre chose, je me renseigne, je vois les plantes. J'avais déjà commencé avec un nutritionniste en disant qu'il était bon, ce que je devais manger, ce que je devais faire attention, je cuisine beaucoup. En même temps, je suis à la maison, donc je cuisine. J'ai une fille qui a ce côté un petit peu bio aussi, donc on va souvent chez le primeur. Ok, donc tu palies avec la nourriture. Avec la nourriture, je palie aussi avec des plantes, je palie aussi, voilà, je prends des compléments. Mais alors, des compléments, je fais très attention aussi dans les compléments parce que moi, tout ce qui est comprimé, je n'aime pas trop non plus. Donc, je fais mes petites potions magiques.
- Speaker #0
Ça fait combien de temps que tu as arrêté l'hormonothérapie ?
- Speaker #1
On est en 2025, ça fait un an et demi maintenant.
- Speaker #0
Comment tu te sens ?
- Speaker #1
Alors, je suis en pleine forme.
- Speaker #0
Tu es en pleine forme.
- Speaker #1
En 2024, je n'ai pas fait mes examens médicaux, donc je n'ai pas fait mes suivis médicaux.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je venais juste d'arrêter et je ne voulais pas entendre. Je n'avais pas encore cette force d'entendre dire « Madame, vous ne pouvez pas faire cela. »
- Speaker #0
En gros, tu as fait un rejet là-dessus ?
- Speaker #1
J'ai fait un rejet là-dessus. Tu as dit stop. Je prends la décision, mais je ne suis pas encore prête à faire face pour justifier.
- Speaker #0
À ce qu'on te dise, Madame, ce n'est pas…
- Speaker #1
Je n'ai pas envie. Je ne suis pas encore assez forte pour me battre pour cela.
- Speaker #0
C'est une décision que tu as prise, mais que tu n'assumes pas totalement.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Ok
- Speaker #1
Mais franchement, janvier 2025 arrive, j'ai mon petit ange qui est là. Alors Rachel, elle est là, elle me fait « Maman, t'es gentille, t'es bien sympathique. Mais va quand même voir, on va quand même contrôler. » Faire ton suivi. Oui. Et parce qu'elle s'inquiète. Elle se dit « C'est bien, il faut prendre des décisions, etc. » Vérifions quand même. Vérifions quand même. Et du coup, effectivement, je décide de vérifier. Et je fais mes examens, et mammographie, IRM, tout va bien. Et tout va bien. Tout va bien.
- Speaker #0
Bravo.
- Speaker #1
Tout va bien.
- Speaker #0
On va... comment dire ça... Aujourd'hui, si je comprends bien, tu as arrêté la quatrième étape ? Donc tu as arrêté l'hormonothérapie, tu t'es arrêtée à juste la greffe par rapport à ta reconstruction.
- Speaker #1
Oui, aussi.
- Speaker #0
Donc tu as repris un peu le dessus sur les décisions médicales, sur les médecins, des choses comme ça.
- Speaker #1
Oui, parce que je me dis que, et après c'est uniquement ma vision, je tiens à le dire.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Mais tout ce qui est chimique... Ça te guérit sur quelque chose, mais ça te détruit sur autre chose. Et moi, la chimiothérapie, effectivement, m'enlevait les cellules cancéreuses, mais en même temps détruisait mes ovaires. Donc, j'ai dû faire aussi une opération sur mes ovaires en même temps que... J'ai eu ces petits trucs-là. Et puis, à un moment donné, oui, ça te guérit d'un côté, mais ça te détruit de l'autre. Et je le vois autour de moi. Voilà, c'est mes parents, mes parents qui prennent, ce sont des personnes âgées, ils commencent leur petit déjeuner avec leur vingtaine de comprimés, parce que c'est un comprimé pour l'attention, mais un autre comprimé parce qu'il faut faire attention pour que l'attention...
- Speaker #0
Ok, donc tu as fait un rejet là-dessus, tu t'es prise, c'est pas forcément ce que tu recommandes, mais en tout cas toi tu as fait ce choix-là pour toi.
- Speaker #1
J'ai fait le choix de dire que... Le chimique,
- Speaker #0
on stoppe.
- Speaker #1
Stoppe. Et qu'on peut voir les choses autrement.
- Speaker #0
Ok. Qu'est-ce que tu voudrais dire à Rachel si elle tombait sur le podcast ? Parce qu'elle est en âge, elle a 27 ans. Qu'est-ce que tu aimerais lui dire à Rachel et aux autres ? Mais en tout cas, quel message tu voudrais faire passer à tes enfants ? Sur la femme, la maman que tu es devenue. Tu vois, ce que tu as appris de cette épreuve. Mais particulièrement à eux, qu'est-ce que tu aimerais leur dire ?
- Speaker #1
Si je devais dire quelque chose à Rachel, c'est que je suis tellement fière de toi. Je suis tellement fière de nous. Et ce que je veux dire à toutes les mamans et toutes les femmes, c'est vrai qu'on est pluriel. On est des femmes, on est des mamans. On est des actives, on travaille, on s'occupe de la maison, on éduque nos enfants. Mais je vous assure, quand je vois mes enfants, quand je vois Rachel, c'est notre force. C'est vraiment notre force. Et oui, je suis tellement fière d'elle, tellement fière d'eux, tellement fière de moi. et franchement profiter de chaque petit moment vraiment profiter de chaque petit moment c'est ce que je fais je prends chaque jour vraiment merci
- Speaker #0
beaucoup Christelle pour C'est moi, franchement,
- Speaker #1
merci pour ces petits moments, je suis née avec l'alarme parce que j'ai réussi à retenir pendant tout le long. Voilà, j'essaie de prendre ça avec... Aujourd'hui, je le prends avec le sourire parce que j'ai encore cette chance, encore une fois, de me lever chaque matin. Donc voilà, que ce soit un cancer, que ce soit la vieillesse, que ce soit la maladie, que ce soit les difficultés. Elles seront là et ça fait partie de la vie, c'est nos épreuves. Mais ça ne reste que des épreuves. C'est-à-dire que nos moments de bonheur, ces épreuves, c'est pour justement ressentir ces moments de bonheur. Et ces moments de bonheur, on les a. On a nos enfants, c'est déjà des moments de bonheur.
- Speaker #0
D'accord. Voilà quoi.
- Speaker #1
On arrive à respirer, c'est déjà des moments de bonheur. On a des rencontres comme toi, c'est pour les moments de bonheur.
- Speaker #0
Une très belle rencontre Christelle, merci à l'univers de t'avoir mis sur mon chemin. Notre échange touche à sa fin parce qu'à un moment donné il faut qu'on clôture. Bravo pour ce parcours, même si ce n'est pas fini. Le fait de faire un rejet parfois sur le corps médical et de se dire j'en ai marre, j'en peux plus, je l'ai subi, j'ai eu cette chose-là aussi. Je comprends totalement qu'à un moment donné tu te dises j'ai pas envie et j'irai quand je l'aurai décidé ou quand ça ira mieux ou quand j'accepterai. je trouve ça très courageux de se dire Non, non, je ne veux plus de traitement chimique. Je vais essayer d'aller mieux dans ma tête. Je vais peut-être mieux manger, mieux prendre soin de moi. En tout cas, ça mérite d'être célébré. Donc bravo Christelle. Je vais rendre l'antenne, entre guillemets. Si cet échange t'a plu, si cet échange t'a un peu secoué, remué, n'hésite pas à le partager à une maman autour de toi qui pourrait en avoir besoin. qui pourraient s'inspirer aussi, écouter, qui peuvent avoir la curiosité aussi de se demander comment ça se passe, parce que le cancer du sang, on le voit à la télé, mais on n'a pas vraiment de personnes. Moi, je n'avais personne autour de moi qui avait vécu ça. Donc, je suis très contente que tu sois venue nous en parler.
- Speaker #1
J'ai vraiment envie de plaisir, ne pas hésiter.
- Speaker #0
Ok. Si je peux être là. Et si on peut échanger, je suis extrêmement disponible. Parfait. Merci, Dear mama, d'avoir écouté. Je vous souhaite une très belle journée. Je vous dis à très bientôt. Ciao. Au revoir.